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Spiritualité - Page 8

  • Là où le Christ n'est pas roi, le chaos règne (Mgr Robert Mutsaerts)

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    Ci-dessous la traduction du discours de Mgr Robert Mutsaerts (évêque auxiliaire de Bois-le-Duc aux Pays-Bas), prononcé le 23 octobre 2025 lors de la Conférence sur l'identité catholique (C.I.C) qui se tient chaque année à Pittsburgh (source) :

    Là où le Christ n'est pas roi, le chaos règne .

    "On parle beaucoup des crises de notre époque : divisions politiques, incertitudes économiques, menace de guerre. Pourtant, sous ce tumulte se cache une crise plus profonde, souvent négligée : une crise spirituelle. Comme l'observait mon héros Chesterton, nous avons tendance à nous préoccuper des mauvais dangers. Nous craignons les guerres et les effondrements financiers, alors que la véritable menace est la corruption morale et spirituelle qui ronge l'âme.

    À la base, notre monde moderne a négligé la dimension spirituelle. Ce n'est pas tant le chaos qui nous entoure que le vide intérieur qui déstabilise la société. Les gens se perdent car ils ne savent plus pourquoi ils sont là – un problème profondément spirituel. Nous avons besoin d'idéaux plus élevés et d'une boussole morale, et non de simples slogans politiques. Lorsque l'humanité détourne le regard de Dieu, un vide se crée, comblé par des substituts : idéologies, modes et obsessions qui masquent le malaise sans jamais le guérir.

    À une époque où la foi était encore vivante, l'impossible se produisit : le christianisme conquit l'Empire romain, édifia des cathédrales, engendra l'art, la littérature et des systèmes juridiques. Mais le monde moderne, qui se prétend rationnel et éclairé, a abandonné les miracles et vit dans une pauvreté spirituelle. Il nie le surnaturel et se plaint ensuite de son absence. C'est là la tragédie du monde moderne. Il dit : « Montrez-moi un miracle, et alors je croirai. » Mais en réalité, c'est l'inverse : croyez, et alors vous verrez le miracle. Le miracle n'est pas que Dieu apparaisse dans toute Sa splendeur et Sa majesté ; le miracle, c'est qu'Il Se soit tenu dans un atelier, en train de scier des planches.

    « L'idolâtrie ne se commet pas seulement en érigeant de faux dieux, mais aussi en érigeant de faux démons ; en faisant craindre aux hommes la guerre, l'alcool ou les lois économiques, alors qu'ils devraient craindre la corruption spirituelle et la lâcheté. » – G.K. Chesterton

    Cette remarque spirituelle de 1909 résonne aujourd'hui comme une prophétie. Nous identifions toutes sortes d'ennemis terrestres – du changement climatique aux épidémies virales – et nous nous mobilisons contre eux, tout en ignorant les ennemis invisibles de l'âme : l'absurdité de la vie, la décadence morale et le désespoir. C'est comme si l'humanité s'affairait à éteindre un petit feu dans le jardin, tandis que les fondations de la maison – le socle spirituel – s'affaissent lentement.

    L'un des aspects les plus remarquables et radicaux de l'envoi des apôtres par Jésus est son commandement : « Si quelqu'un ne vous reçoit pas et ne vous écoute pas, secouez la poussière de vos pieds en témoignage contre lui. » Nous voyons ici quelque chose de presque impensable de nos jours : la certitude absolue de la foi. C'est un point crucial : le catholicisme n'est pas une opinion parmi d'autres sur Dieu et le monde. Il est la vérité, toute la vérité et rien que la vérité (je connais cette réplique d'une série télévisée américaine). Et la vérité n'est pas sujette à débat, à synodalité ou à compromis. Les apôtres n'ont pas reçu l'ordre de débattre, de négocier indéfiniment ni de s'adapter aux désirs de leurs auditeurs. Si quelqu'un n'accepte pas ce que proclament les apôtres, il passe à autre chose.

    C'est tout le contraire du christianisme moderne, qui s'excuse souvent lui-même et se contorsionne par tous les moyens pour rester acceptable et pertinent aux yeux du monde séculier. L'injonction de secouer la poussière de ses pieds n'est pas un appel au mépris, mais un signe de la vérité objective de la foi. Refuser le Christ n'est pas une question d'interprétation, mais un rejet tragique de la réalité elle-même. Un avertissement retentit ici pour l'Église occidentale : n'ayez pas peur d'être impopulaire. Les apôtres ne l'étaient pas non plus. Et pourtant, ils ont changé le monde.

    Les apôtres appellent à la repentance, à la conversion. Non pas à une spiritualité vague, ni à un message général d'amour, de paix et de compréhension, mais à la conversion – l'appel à un mode de vie radicalement nouveau. La religion n'est pas une simple préférence personnelle sans conséquences. Le christianisme n'est pas un mode de vie spirituel optionnel. C'est le chemin du salut. Et c'est pourquoi la mission des apôtres est la mission de l'Église à travers les âges. L'Église n'est pas une institution neutre qui préserve le patrimoine culturel. Elle est une défenseure de la vérité, une Église qui ne se soumet pas aux caprices du temps mais accomplit sa mission sans compromis. L'Église qui prend sa mission au sérieux sera persécutée. L'Église qui cherche à plaire au monde sera ignorée.

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  • Pourquoi les catholiques ne fêtent pas Halloween

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    De Marie de Varax sur Famille Chrétienne :

    Pourquoi les catholiques ne fêtent-ils pas Halloween ?

    28/10/2025

    Un héritage païen

    Il y a plus de deux mille ans, les Celtes célébraient le 31 octobre leur nouvel an, au moment de la fin des récoltes et du changement de saison. Cette cérémonie festive permettait de communiquer avec l'esprit des morts. Ce jour-là, les portes entre le monde des vivants et des morts s'ouvraient. Surgissaient alors des hordes d'esprits maléfiques qui pouvaient emporter un vivant dans le monde des morts. A l'approche de la nuit, des rituels organisés par des druides costumés éloignaient les mauvais esprits, apaisaient les esprits des morts et les puissances surnaturelles. De grands feux étaient allumés, et les druides allaient de maison en maison distribuer le feu sacré pour protéger le foyer. En contrepartie, ils réclamaient des offrandes et en cas de refus, proféraient des malédictions sur maisons et habitants.

    « En réalité, cette fête celte de Samain a cessé très tôt d’être célébrée, dès le premier siècle avant Jésus-Christ, mis à part en Irlande où elle survit sous une forme populaire, éclaire le Père Jean-Christophe Thibaut qui scrute depuis vingt ans les Nouveaux visages de l’ésotérisme (Artège). C’est un mensonge de dire que l’Eglise catholique a voulu au Moyen-Age la remplacer par la Toussaint. Cette fête a été instaurée au 1er novembre parce que c’était la date de la dédicace d’une chapelle à Rome dédiée à tous les saints. » Halloween, comme son étymologie l’indique : « all hallows’ eve » était donc simplement à l’origine « la veille de la fête de tous les saints », le 31 octobre, où l’on priait pour les défunts, avant que l'on place cette prière spécifiquement au 2 novembre.

    D’où vient alors le glissement de la fête d’Halloween vers une fête flirtant avec l’ésotérisme et l’occulte ? Pour le Père Thibaut, « c’est au XIXe siècle qu’il y a une résurgence ésotérique qui répand le mythe que les sorcières sont en réalité des prêtresses de la religion druidique ou des religions pré-chrétiennes, bien sûr persécutées par les méchants catholiques qui les accusent de sorcellerie. Des cartes postales à leur effigie se répandent pour fêter le « vrai » passage à la nouvelle année, le 31 octobre… Le Halloween actuel est né. Il se répand néanmoins en France et en Europe surtout un siècle plus tard, dans les années 1980, avec les marchands de bonbons qui veulent relancer la consommation à une période creuse de l’année. »

    Même s'il s'agit aujourd’hui de sorcières pour rire, l'univers du paganisme reste donc toujours présent dans cette fête avec deux éléments :

    • la présence plus ou moins importante de forces occultes qui dominent le monde, de puissances secrètes qui interviennent dans le monde des vivants. « Le principal danger d’Halloween est le développement d’une vision païenne de la mort et de la vie après la mort, éclaire le Père Thibaut, avec les fantômes qui n’ont rien à voir avec l'idée des âmes du purgatoire qui se purifient pour rejoindre le ciel. Il y a un amalgame entre les âmes des morts et les esprits errants, les entités spirituelles, les démons, voire les anges. Le risque est aussi la banalisation de concepts occultes mis à hauteur d’enfants : la communication avec les esprits – donc le spiritisme, les malédictions et les sorts jetés en cas de non rétribution, etc. »
    • La communication avec les esprits : or la communion des saints dans la religion catholique n’a rien à voir avec la communication avec les morts par les techniques de la médiumnité. Même du point de vue chrétien orienté vers la vie éternelle, la mort reste une séparation. Invoquer les morts revient à les appeler « et à chercher à obtenir des connaissances, car le spiritisme est toujours très intéressé », confirme le père Thibaut. À l’inverse, solliciter l’intercession des âmes du Purgatoire ou des saints consiste à leur demander d’intercéder auprès de Dieu, dont ils sont les amis au Ciel. On n’attend donc pas une réponse des défunts, mais une réponse de Dieu. Là où l’évocation des morts est un chemin qui conduit à la mort, ouvrant la porte à un être dont on n’est pas sûr de l’identité (cela peut être un démon), l’intercession des saints, elle, conduit vers la vie et rapproche de Dieu. « La communion des saints se réalise par le coeur, dans l'amour et par l'amour, car l'amour est plus fort que la mort », note le Père Thibaut.

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  • Sacré Coeur : un film qui dépoussière, décloisonne et dépolitise cette vérité centrale et vitale du christianisme : Dieu s’est fait Cœur.

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    De Pascal Ide en tribune sur le site du journal La Croix :

    « Le film Sacré-Cœur dépoussière, décloisonne et dépolitise une vérité centrale du christianisme »

    Extrait du film Sacré-Cœur
    Extrait du film Sacré-Cœur  SAJE
    Docteur en philosophie et théologie, le père Pascal Ide livre son enthousiasme après avoir vu le film de docu-fiction Sacré-Cœur. Il se montre particulièrement touché par la proximité de Jésus dans le long-métrage et se réjouit des échanges nourris entre spectateurs après la projection.

    Que j’étais heureux en sortant du cinéma hier soir ! Heureux de cette salle de 175 fauteuils, tous occupés par des spectateurs dont certains me disaient qu’ils avaient dû parfois essayer plusieurs cinémas avant d’en trouver un où il restait des places disponibles. Heureux de la qualité du silence, le silence d’attente avant, d’attention pendant, de méditation après.

    Heureux de voir les spectateurs longuement demeurer sur le trottoir comme à une sortie de messe – j’ai d’ailleurs retrouvé des paroissiens, sauf que, si ceux-ci y parlent rarement de l’évangile et de l’homélie, ici, ils échangeaient sur leurs impressions (faudrait-il passer des extraits de film pendant la prédication ?)… Heureux d’entendre que chacun était rejoint par un ou des passages différents du long métrage, signe s’il en est de sa richesse et de sa variété.

    Heureux, plus encore, de percevoir que les spectateurs étaient des expérimentateurs qui ne se contentaient pas de donner un avis extérieur, mais parlaient à la première personne et osaient confier que tel ou tel aspect du documentaire les avait rejoints : « Je n’avais jamais compris le lien si étroit entre l’Eucharistie et le Sacré-Cœur » ; « D’avoir vu tous les députés du San Salvador se consacrer au cœur du Christ, cela m’a reboosté dans mon espérance pour notre pays » ; « D’entendre les paroles de l’absolution, cela m’a rendu la confession plus proche » ; « Waouh ! Je l’ai vu deux fois ! Passer ainsi de Jésus qui a vécu il y a deux mille ans aux témoignages de Rodrigue à Bondy ou des détenus à vie dans ce quartier de haute sécurité, cela me le rend tellement actuel ! » ; etc.

    Jésus si proche

    Et je continue à être heureux quand je me souviens des multiples scènes qui se sont engrangées dans le « trésor de ma mémoire ». Si je devais sélectionner, parmi beaucoup d’images et de paroles, ce qui m’a le plus touché, c’est assurément la personne de Jésus, je veux dire son intense désir de rejoindre personnellement chacun au plus intime, de vivre un intense Cœur à cœur.

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  • Pourquoi avons-nous tant de mal à penser à la fin de notre vie ?

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    De Petra Lorleberg sur kath.net/news :

    « Une question centrale pour Peter Seewald est la suivante : pourquoi avons-nous tant de mal à penser à la fin de notre vie ? »

    28 octobre 2025

    « La réflexion de Seewald sur l'idéologie anti-vieillissement comme « rupture culturelle monstrueuse » est d'une grande actualité et mérite vraiment d'être lue. » - Critique du nouveau livre de Peter Seewald : « Die Entdeckung der Ewigkeit » (La découverte de l'éternité).

    Une fois de plus, c'est un journaliste – mais pas n'importe lequel – qui écrit sur un thème central qui est de plus en plus occulté dans notre culture religieuse.

    La découverte de l'éternité...

    Y a-t-il donc réellement quelque chose à redécouvrir ? Oui, car l'« éternité » est devenue un sujet que non seulement la société dans son ensemble, mais aussi les théologiens et théologiennes évitent.

    Ce n'est pas le cas de Peter Seewald. Dans son livre, il offre un panorama coloré d'expériences personnelles et de faits brièvement disséminés sur le thème du vieillissement et de la mort. Extrêmement varié, avec humour et créativité, mais aussi avec une honnêteté personnelle. Il apparaît clairement à quel point nous en savons peu en général sur un processus existentiel qui nous attend tous.

    Seewald, quant à lui, invite à « mettre la charrue avant les bœufs ». Autrement dit, à penser et à organiser sa vie en partant de sa fin. Pour illustrer son propos, il cite de courts extraits non seulement de philosophes, poètes et écrivains antiques, mais aussi de compositeurs tels que Mozart ou Mahler, ou encore de personnalités de notre époque comme Steve Jobs ou même notre voisin d'à côté. Une aide-soignante en hospice, une accompagnatrice de fin de vie ou un pénaliste le montrent clairement : ce n'est pas tant ce que nous avons fait, mais plutôt ce que nous n'avons pas fait qui nous préoccupera à la fin. Le chapitre se termine par une liste de contrôle en 12 points qui pourraient véritablement représenter un changement de perspective.

    Une question centrale pour Seewald est la suivante : pourquoi avons-nous tant de mal à penser à la fin de notre vie ? Et pourquoi les Églises se retirent-elles de cette partie pourtant centrale de leur message ?

    En effet, le besoin d'un « salut personnel » après la mort semble aujourd'hui de plus en plus embarrassant, même pour les personnes engagées dans l'Église... Car depuis les années 60, les Églises considèrent de plus en plus l'avènement du royaume de Dieu comme un « processus politique » dans l'ici et maintenant. Le royaume de Dieu est recherché ici sur terre. L'espoir de salut, en revanche, apparaît comme un « désir infantile de protection paternelle déplacé vers le transcendant » (Freud).

    Seewald montre qu'à l'époque du coronavirus, nous n'avions pas grand-chose à opposer à la vulnérabilité, à la fragilité et au besoin de rédemption des êtres humains : « Les attentes de salut des experts en philosophie et en sociologie, associées à l'idéalisme et au romantisme communautaire » (71) se sont rapidement effondrées. Et : « En fermant leurs portes dans une obéissance précipitée, les Églises ont donné l'impression de ne plus croire elles-mêmes au message central du Christ. » (72) Cela a conduit à ce que « ce que les gens n'entendaient plus de la part de l'Église était désormais prêché par des pasteurs sans col romain... » (68)

    Comme souvent dans la vie, le plus précieux dans ce livre se trouve à la fin. La réflexion de Seewald sur l'idéologie anti-vieillissement comme « rupture culturelle monstrueuse » est d'une grande actualité et mérite vraiment d'être lue. Il écrit : « Ce qui est répréhensible chez les idéologues anti-vieillissement, c'est qu'ils dénoncent la vieillesse, la considèrent comme sans valeur, comme si elle devait faire honte. Et lorsque les prophètes de la longévité définissent la vieillesse comme une maladie, cela s'accompagne d'une rupture culturelle monstrueuse, d'un changement de paradigme qui transforme le respect et l'estime d'une phase importante, voire unique, en quelque chose comme une vie sans valeur qu'il faut éliminer. » (196) 

    Oui, il y a plus fort encore : Seewald explique que la « révolte contre la biologie humaine » favorise précisément ce qu'elle cherche à empêcher : le vieillissement, car les sentiments négatifs contribuent à accélérer la dégradation du corps.

    Mais alors, quel est le meilleur qui reste à venir (selon le sous-titre du livre) ? Dans la dernière partie de l'ouvrage, Seewald décrit l'espoir chrétien, ses racines philosophiques, mais surtout bibliques. 

    Mais attention : le clou du spectacle, c'est le langage, l'univers de pensées, les expériences personnelles dont il parle. Ici, un journaliste écrit de manière créative et avec humour, dans un langage qui vous captive. C'est ainsi que quelqu'un pourrait me parler dans un café tout en reliant la terre au ciel. Une chose reste vraie : ce que tu ne peux pas « expliquer » en phrases claires, tu ne l'as pas compris toi-même. La vérité brille dans la clarté de l'exposé. 

    C'est avec joie et un espoir renforcé que je referme le livre : hé, il y a encore quelque chose, il y a encore quelque chose. Quelque chose ? Non, IL, IL vient, Jésus-Christ !

    Peter Seewald
    La découverte de l'éternité : de la vie sur terre et du ciel au-dessus

  • 1er novembre, BXL (église des Carmes) : Fêtons les Saints

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    Pour sa 2ème édition, "Fêtons les saints!" veut permettre au plus grand nombre de (re) découvrir la fête de la Toussaint et la puissance de la communion des saints!

    Samedi 1er novembre 2024

    A partir de 15h

    Eglise du couvent des pères Carmes

    Avenue de la Toison d'or 45 1050 Ixelles (métro Louise)

    Au programme:

    - Village des saints et témoignages 
    - Ateliers et animations 
    - Parcours et animations enfants/ados
    - Goûter convivial…

    A 17h: Adoration et grande litanie des saints.

    Pour faire de cet après-midi une grande fête, nous cherchons des bénévoles pour accueillir et guider les gens, servir le goûter...

    Merci de votre aide précieuse!

    Je veux être bénévole

  • Priorité aux pauvres et à l'environnement : la lettre de Leon XIV sur l'éducation

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    De Nico Spuntoni sur la NBQ :

    Priorité aux pauvres et à l'environnement : la lettre de Leon XIV sur l'éducation

    La lettre apostolique « Tracer de nouvelles cartes de l’espérance » a été publiée hier . Elle aborde notamment la centralité de la personne, la formation spirituelle des enseignants et la contribution de l’Église à l’histoire de l’éducation. Elle met également l’accent sur la justice sociale et environnementale.

    29/10/2025
    Le roi Léon XIV signe un document sur l'éducation le 27 octobre 2025.

    Soixante ans après la déclaration conciliaire Gravissimum Educationis (28 octobre 1965), la lettre apostolique de Léon XIV, intitulée « Tracer de nouvelles cartes de l’espérance  », est consacrée à l’éducation et a été publiée hier, le 28 octobre. Elle évoque notamment le prévôt privé, rappelant « avec joie (…) les années passées dans le cher diocèse de Chiclayo, à visiter l’Université catholique de San Toribio de Mogrovejo ». L’évêque de l’époque s’adressait à la communauté universitaire, affirmant qu’« on ne naît pas professionnel ; toute carrière universitaire se construit pas à pas, livre après livre, année après année, sacrifice après sacrifice ».

    Dans sa nouvelle lettre apostolique, le pape Léon XIV souligne la place centrale de la personne dans l'éducation. « L'école catholique, écrit-il, est un milieu où la foi, la culture et la vie sont intimement liées. » Dès lors, « elle n'est pas simplement une institution, mais un lieu de vie où la vision chrétienne imprègne chaque discipline et chaque interaction », et « les éducateurs sont appelés à une responsabilité qui dépasse leur contrat de travail : leur témoignage est aussi précieux que leur enseignement. » Ce n'est pas un hasard si le pape évoque le rôle crucial de la formation spirituelle des enseignants, au-delà des seules formations scientifiques, pédagogiques et culturelles. Ce document, à l'instar de son introduction (l'exhortation apostolique Dilexi te), met l'accent sur la sollicitude envers les pauvres et la protection de l'environnement. Le Pape tire la sonnette d’alarme : « Oublier notre humanité commune a engendré divisions et violences ; et lorsque la terre souffre, les pauvres souffrent davantage. » Il ajoute : « L’éducation catholique ne peut rester silencieuse : elle doit unir justice sociale et justice environnementale, promouvoir la sobriété et des modes de vie durables, former des consciences capables de choisir non seulement ce qui est commode, mais aussi ce qui est juste. » Réaffirmant la dimension écologique de son enseignement, Mgr Prevost déclare : « Chaque petit geste – éviter le gaspillage, faire des choix responsables, défendre le bien commun – est une forme d’éducation culturelle et morale. »

    Confirmant le rétablissement de la tradition – abandonnée par François – de la signature publique des documents, Léon XIV a signé la nouvelle lettre apostolique le lundi 27 octobre, peu avant la messe du Jubilé mondial de l’Éducation, aux côtés du cardinal José Tolentino de Mendonça, préfet du Dicastère pour la Culture et l’Éducation. Le Pape, empreint de douceur et louant la bienveillance, exhorte les communautés éducatives à apaiser leurs tensions par les mots, car « l’éducation ne progresse pas par la polémique, mais par la douceur de l’écoute ». Léon XIV a rendu hommage à l’histoire de l’éducation catholique, évoquant également « son » saint Augustin qui, en intégrant la sagesse biblique à la tradition gréco-romaine, « a compris que le véritable maître éveille le désir de vérité, éduque la liberté de déchiffrer les signes et d’écouter sa voix intérieure ». Une tradition perpétuée par le monachisme dans les lieux les plus reculés, « où, pendant des décennies, les œuvres classiques ont été étudiées, commentées et enseignées, à tel point que, sans ce travail discret au service de la culture, tant de chefs-d'œuvre n'auraient pas survécu jusqu'à nos jours ». Il s'agit là de la reconnaissance d'une contribution souvent négligée dans l'histoire de l'éducation, à l'instar de celle de l'Église dans la naissance des premières universités.

    Se tournant vers des périodes plus récentes, Léon XIV cite  saint Jean Bosco qui, « par sa méthode préventive, a transformé la discipline en raison et en proximité », ainsi que des figures féminines. Le document cite Vicenta Maria López y Vicuña, Francesca Cabrini, Giuseppina Bakhita, Maria Montessori, Katharine Drexel et Elizabeth Ann Seton, reconnues pour avoir « ouvert des portes aux filles, aux migrants et aux plus vulnérables ». Le guide, écrit le pape, demeure la déclaration conciliaire Gravissimum educationis , qui « désigne la famille comme la première école de l’humanité » et enseigne que « l’éducation ne mesure pas sa valeur uniquement à l’aune de l’efficacité : elle la mesure à l’aune de la dignité, de la justice et de la capacité à servir le bien commun ». Cette vision anthropologique globale « doit rester la pierre angulaire de la pédagogie catholique » et renvoie à la pensée de saint John Henry Newman, également citée par Léon XIV, qui le proclamera Docteur de l'Église le 1er novembre.

  • Les saints apôtres Simon et Jude (28 octobre)

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    Le mercredi 11 octobre 2006, lors de l'audience générale, le pape Benoît XVI a consacré sa catéchèse aux apôtres Simon et Jude : 

    Simon le Cananéen et Jude Thaddée

    Chers frères et soeurs,

    Nous prenons aujourd'hui en considération deux des douze Apôtres:  Simon le Cananéen et Jude Thaddée (qu'il ne faut pas confondre avec Judas Iscariote). Nous les considérons ensemble, non seulement parce que dans les listes des Douze, ils sont toujours rappelés l'un à côté de l'autre (cf. Mt 10, 4; Mc 3, 18; Lc 6, 15; Ac 1, 13), mais également parce que les informations qui les concernent ne sont pas nombreuses, en dehors du fait que le Canon néo-testamentaire conserve une lettre attribuée à Jude Thaddée.

    Simon reçoit un épithète qui varie dans les quatre listes:  alors que Matthieu et Marc le qualifient de "cananéen", Luc le définit en revanche comme un "zélote". En réalité, les deux dénominations s'équivalent, car elles signifient la même chose:  dans la langue juive, en effet, le verbe qana' signifie:  "être jaloux, passionné" et peut être utilisé aussi bien à propos de Dieu, en tant que jaloux du peuple qu'il a choisi (cf. Ex 20, 5), qu'à propos des hommes qui brûlent de zèle en servant le Dieu unique avec un dévouement total, comme Elie (cf. 1 R 19, 10). Il est donc possible que ce Simon, s'il n'appartenait pas précisément au mouvement nationaliste des Zélotes, fût au moins caractérisé par un zèle ardent pour l'identité juive, donc pour Dieu, pour son peuple et pour la Loi divine. S'il en est ainsi, Simon se situe aux antipodes de Matthieu qui, au contraire, en tant que publicain, provenait d'une activité considérée comme totalement impure. C'est le signe évident que Jésus appelle ses disciples et ses collaborateurs des horizons sociaux et religieux les plus divers, sans aucun préjugé. Ce sont les personnes qui l'intéressent, pas les catégories sociales ou les étiquettes! Et il est beau de voir que dans le groupe de ses fidèles, tous, bien que différents, coexistaient ensemble, surmontant les difficultés imaginables:  en effet, Jésus lui-même était le motif de cohésion, dans lequel tous se retrouvaient unis. Cela constitue clairement une leçon pour nous, souvent enclins à souligner les différences, voire les oppositions, oubliant qu'en Jésus Christ, nous a été donnée la force pour concilier nos différences. Rappelons-nous également que le groupe des Douze est la préfiguration de l'Eglise, dans laquelle doivent trouver place tous les charismes, les peuples, les races, toutes les qualités humaines, qui trouvent leur composition et leur unité dans la communion avec Jésus.

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  • Simon et Jude, apôtres obscurs

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    StsSimon-Jude28-10.jpgSource : Missel.free.fr

    Plût à Dieu, écrivait saint Jean Chrysostome, qu'il y eût eu quelqu'un pour nous transmettre soigneusement l'histoire des apôtres ! Ce vœu ne s'est pas réalisé pour saint Simon ni pour saint Jude dont l'Evangile ne nous a guère conservé que les noms.

    L'obscurité qui enveloppe saint Simon a semblé autoriser quelques historiens ecclésiastiques à le confondre avec saint Syméon, qui, après saint Jacques le Mineur, fut évêque de Jérusalem. Néanmoins il paraît plus probable qu'il faut distinguer l'un de l'autre les deux saints, rapprochés seulement par le nom.

    Dans la liste des Apôtres que nous ont transmise les évangiles de saint Matthieu et de saint Marc, Simon est nommé à l'avant-dernier rang, avec le surnom Cananæus. Beaucoup ont affirmé que ce surnom marquait peut-être le lieu de sa naissance, Cana ; de là à penser qu'il était l’époux des noces de Cana, il n'y avait pas loin, et certain n’ont pas manqué de le suggérer. Cependant, il semble bien que saint Luc donne le vrai sens de ce surnom, lorsqu'il qualifie Simon (placé par lui au dixième rang des apôtres), de Zelote, c'est-à-dire plein de zèle : en hébreu Qan'ani, d'où la transcription Cananæus.

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  • Seuls ceux qui vivent leur vie tournée vers le Ciel peuvent construire la Terre

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    De Mgr Antonio Suetta* sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    Un regard droit vers Dieu qui guérit les blessures du monde

    Discours de Mgr Antonio Suetta lors de la Journée de la Bussola, samedi 25 octobre, à Oreno di Vimercate (MB). Dans la confusion actuelle, lever les yeux est vital, a rappelé l'évêque de Vintimille-San Remo, car « seuls ceux qui regardent vers Dieu peuvent véritablement contempler l'humanité. Seuls ceux qui vivent leur vie tournée vers le Ciel peuvent construire la Terre. »

    27_10_2025

    Chers amis,

    merci pour cette invitation qui me permet aujourd'hui de passer une journée « en famille », car pour moi, La Nuova Bussola Quotidiana est non seulement un excellent cadre pour un journalisme ecclésial et civil sain, un vecteur opportun et nécessaire de transmission et de promotion de la culture chrétienne, mais aussi, et surtout, une famille, composée de visages que j'apprends peu à peu à connaître et à chérir dans ma vie.

    Merci également pour votre confiance et votre soutien dans mon ministère.

    « Regarder droit vers Dieu » n'est pas seulement le thème ratzingerien de cette journée, mais représente aussi l'orientation constante donnée par le bon travail de cette Bussola .

    « Lever le regard » est bien plus qu'un geste physique : c'est une attitude intérieure , un style de vie. L'Écriture est imprégnée de cette invitation : « Lève les yeux », « Regarde vers le haut », « Garde le regard fixé sur Dieu ». Quand l'homme cesse de regarder vers le haut, son horizon se rétrécit, son cœur s'affaiblit, son espoir s'évanouit : tel est le triste résultat du déclin de la présomption moderne d'exclure Dieu de la vie humaine, dont nous sommes témoins aujourd'hui avec l'espérance chrétienne, mais aussi avec l'inquiétude des tristes conséquences qu'elle a eues sur la vie quotidienne. Cette époque historique de changements rapides et profonds est si floue que nous ne savons même pas comment la décrire précisément.

    Je souhaite d'emblée explorer une probable origine étymologique du verbe contemplare (contempler ), qui représente une attitude spirituelle non pas réservée à quelques privilégiés (les soi-disant contemplatifs), mais une dimension essentielle de l'expérience chrétienne.

    Lorsque les Latins païens décidèrent de construire un temple dédié à une divinité, afin de déterminer où et comment en tracer le périmètre, ils interrogeèrent le ciel en scrutant soit les constellations, soit le vol des oiseaux. C'est peut-être de là que vient le verbe contemplare, une intuition splendide selon laquelle, pour donner une forme complète à la terre, il faut regarder vers le ciel.

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  • Les fidèles ont assisté nombreux à la célébration de l' "ancienne messe" dans la Basilique Saint-Pierre

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    De kath.net/news :

    Affluence remarquable à l' « ancienne messe » dans la basilique Saint-Pierre

    26 octobre 2025

    Pour la première fois depuis 2019, le cardinal Burke a célébré une messe selon la forme extraordinaire du rite romain à l'autel de la chaire de la basilique vaticane - Le sermon du cardinal Burke dans son intégralité !

    Pour la première fois depuis plus de cinq ans, une « messe traditionnelle » selon le rite romain extraordinaire a été célébrée samedi à l'autel de la Chaire de Saint-Pierre. L'affluence était importante pour cette messe célébrée dans le cadre d'un pèlerinage de fidèles de la liturgie préconciliaire : plus d'une demi-heure avant le début, toutes les places assises entre le baldaquin du Bernin et l'autel de l'abside étaient occupées, plusieurs centaines de personnes se tenaient debout sur les côtés ou s'asseyaient par terre. 

    Le cardinal américain Raymond Leo Burke, préfet émérite de la Signature apostolique, a célébré la messe en grande partie en latin. Dans son homélie prononcée en italien, en espagnol, en français et en anglais, il s'est montré reconnaissant de pouvoir faire découvrir « la beauté de cette forme de messe » à tant de personnes. 

    Des personnes de tous âges et de différentes nationalités ont participé à la messe. De nombreuses femmes ont couvert leurs cheveux avec des foulards en dentelle noirs ou blancs. Avant la messe, les prêtres, les religieux et les fidèles ont défilé en procession depuis la vieille ville de Rome jusqu'à la basilique Saint-Pierre, accompagnés de prières et de chants.

    À la fin de la messe pontificale, le cardinal Ernest Simoni a récité la prière à saint Michel Archange. Aujourd'hui âgé de 97 ans, il a passé 18 ans en prison pendant la dictature socialiste en Albanie et, même après sa libération en 1981, il n'a pu exercer son ministère sacerdotal que dans la clandestinité, jusqu'à la fin de la dictature socialiste.

    Dans le journal télévisé du soir de la chaîne publique italienne RAI, Burke a déclaré : « Nous rendons grâce à Dieu que, grâce à Summorum Pontificum, toute l'Église parvienne à une compréhension toujours plus profonde et à un amour toujours plus grand pour le grand don de la sainte liturgie. »

    La dernière célébration remonte à plusieurs années à la basilique Saint-Pierre

    Le cardinal Burke (77 ans) était l'un des opposants les plus éminents et les plus virulents aux décisions du pape François (2013-2025). Selon ses propres déclarations, il a plaidé auprès de son successeur, le pape Léon XIV, en faveur d'un assouplissement des restrictions actuellement en vigueur pour la célébration de la messe selon le rite extraordinaire (« messe tridentine »).

    En 2019, les participants à ce pèlerinage annuel ont célébré une liturgie dans la forme extraordinaire à l'autel de la cathèdre, situé dans l'abside derrière le maître-autel de la célèbre basilique vaticane. Il est organisé depuis 2012 par l'association « Coetus internationalis summorum pontificum ». Dès samedi soir, le cardinal italien Matteo Zuppi avait célébré une messe avec les participants au pèlerinage de trois jours dans la basilique romaine San Lorenzo in Lucina.

    Un conflit de longue date

    Le nom de l'association fait référence à une lettre du pape Benoît XVI (2005-2013) datant de 2007. Dans « Summorum Pontificum », il autorisait à nouveau la célébration plus fréquente de messes selon le rite qui avait été progressivement remplacé par une liturgie renouvelée dans l'Église catholique après le concile Vatican II (1962-1965).

    Le pape François a largement retiré ces concessions en 2021. Avec son décret « Traditionis custodes » (« Gardiens de la tradition »), il a de nouveau fortement restreint l'ancienne forme de la liturgie et a établi la « forme ordinaire » de la messe, telle qu'elle a été établie dans la réforme liturgique après Vatican II, comme « seule expression » du rite romain. Depuis 2023, les évêques locaux ne peuvent plus agir sans l'accord de Rome sur cette question. Depuis plusieurs années, il était pratiquement impossible de célébrer une messe selon l'ancien rite dans la basilique Saint-Pierre.

    Le pape Léon souhaite de nouvelles consultations

    Dans une interview publiée en septembre sur le portail américain « Crux », le pape Léon XIV s'est prononcé en faveur de nouvelles consultations sur le sujet et a annoncé des discussions avec ceux qui défendent le rite tridentin. Le sujet est malheureusement entré dans un « processus de polarisation », a déclaré le nouveau chef de l'Église. Certaines personnes auraient « abusé » de l'ancienne forme de liturgie pour atteindre d'autres objectifs. Cela n'aide pas « ceux qui recherchent, à travers la célébration de la messe tridentine, une expérience plus profonde de la prière et un contact avec le mystère de la foi ».

    « Nous devons nous asseoir ensemble et en discuter », a déclaré le pape. Actuellement, le sujet est tellement polarisant que les personnes ayant des opinions divergentes ne sont plus disposées à s'écouter les unes les autres. Cela montre qu'il ne s'agit « plus seulement d'idéologie, mais aussi de communauté ecclésiale ».

    Photos : https://www.ncregister.com/cna/cardinal-burke-celebrates-latin-mass-in-st-peter-s-basilica

    kath.net documente l'intégralité du sermon du cardinal Burke du 25 octobre 2025 dans la basilique Saint-Pierre (trad. avec deepl) :

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  • Que se réjouisse le coeur de ceux qui cherchent Dieu (introit du 30e dimanche du T.O.)

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    Laetetur cor quaerentium Dominum:
    quaerite Dominum, et confirmamini:
    quaerite faciem eius semper.
     
    Que le cœur de ceux qui cherchent le Seigneur se réjouisse :
    cherchez le Seigneur, et soyez affermis:
    cherchez sans cesse sa face.
     
    Ps.  1
    Confitemini Domino,
    et invocate nomen eius:
    annuntiate inter gentes opera eius.
     
    Acclamez le Seigneur,
    et invoquez son nom:
    annoncez ses œuvres parmi les nations.
  • La vraie prière (30e dimanche du temps ordinaire)

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    Une adaptation de l'évangile de ce jour, la parabole du pharisien et du publicain, proposée par notre aml Pierre René Mélon :

    La vraie prière

    Deux hommes s’en furent à l’église pour prier ; l’un était fidèle à la tradition catholique, l’autre moderne.

    Le fidèle traditionaliste, debout, priait ainsi en lui-même : « Mon Dieu, je vous rends grâce de n’être pas comme ces chrétiens post-conciliaires qui trahissent le dépôt sacré, détruisent la sainte liturgie, inventent de nouveaux rites, suivent l’esprit du monde et minent la sainte Eglise de l’intérieur, il vaudrait mieux qu’ils fondent leur propre secte au lieu de subsister comme des tumeurs malignes au sein de l’institution divine ! Je vous remercie, mon Dieu, de n’être pas comme ces malappris qui ne s’agenouillent même pas pendant la consécration, communient dans la main et organisent des cocktails au fond de l’église. Dans vos églises, les chants grégoriens m’émeuvent, le son des guitares m’irrite, le bruit des tamtams me rend fou. En cinquante ans, ces renégats ont vidé les églises, détruit le scoutisme de mon enfance, répandu le relativisme et entraîné des millions d’âmes en enfer ! Dieu tout puissant, comment pouvez-vous supporter tout ce mal ? Pourquoi tardez-vous à punir ceux qui vous trahissent ? Je sais que vous êtes un Dieu patient et miséricordieux, mais là je ne vous comprends plus… Regardez vos vrais fidèles, ayez pitié de ceux qui forment la maigre cohorte de vos élus, le petit troupeau rescapé des horreurs de la modernité ! Ainsi, moi, je jeûne deux fois par semaine, je récite mon chapelet tous les jours et je donne volontiers de l’argent aux fraternités sacerdotales fidèles à Rome. Je fais l’aumône à quelques pauvres sympathiques et je soutiens financièrement un séminariste sud-américain qui porte le col romain. Chaque année, pendant mes vacances, je vais en pèlerinage dans un site marial ou dans un lieu d’apparition reconnu par l’Eglise. Mes enfants ont été scolarisés dans le réseau de l’enseignement catholique, je suis affilié à une mutuelle chrétienne et je fais du bénévolat dans une maison de retraite gérée par des religieuses voilées. Toute ma vie, je suis resté fidèle à vos préceptes. Me voici au soir de ma vie. Le monde me dégoûte, la corruption est partout, la tiédeur universelle. Je suis las et découragé. Donnez-moi, Dieu très bon, la récompense que vous avez promise à vos élus. »

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