Sur son blog, Jeanne Smits publie les graves accusations que Mgr Vigano formule à l'encontre du pape François.
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Du site Aleteia.org :
Divorce, genre, homosexualité : la Commission pontificale biblique répond aux enjeux contemporains
17 décembre 2019
Dans un document paru en italien le 16 décembre 2019, la Commission théologique pontificale biblique propose une vision anthropologique de l’homme à partir des Écritures. Une étude « systématique » qui aborde de front les grands sujets contemporains tels que l’homosexualité, le divorce ou encore l’adultère…
« Qu’est-ce que l’homme » ? C’est la question à laquelle la Commission théologique pontificale biblique vient de proposer une réponse, dans un ouvrage paru en italien le lundi 16 décembre. Ce document, intitulé : « Qu’est-ce que l’homme (Ps 8, 5), un itinéraire d’anthropologie biblique » rassemble les données de la Bible sur l’être humain, de la Genèse à l’Apocalypse. Construit en quatre parties, il se veut un « instrument » à destination des experts, catéchistes ou encore formateurs, explique Pietro Bovati, membre de cette commission, dans le communiqué de présentation du document.
Si ce livre aborde de multiples thématiques, c’est parce qu’il est voué à devenir un « texte de référence » sur des thèmes sensibles, au « centre du débat social et civil », explique-t-il. Le divorce, l’adultère, l’homosexualité, le célibat sacerdotal, le mariage ou encore les violences familiales en font évidemment parti. Abordant frontalement ces problèmes avec « délicatesse » dans le troisième chapitre, le document évite cependant l’écueil des « réponses ponctuelles » et s’enracine dans les principes du magistère biblique, poursuit Pietro Bovati.
Lorsque certaines questions n’ont pas de réponse « immédiate et précise » dans la Bible, car les « situations culturelles des temps anciens n’étaient pas les nôtres », l’ouvrage respecte le « niveau d’information » contenu dans les Écritures, explique le membre de la commission biblique. Néanmoins, le document formule toujours certains « principes » et « indications » pouvant aider théologiens, moralistes ou pasteurs à formuler une réflexion. C’est le cas par exemple du principe de la différence sexuelle sur les questions de genre, illustre-t-il.
Une méthode « systématique »
Outre ce troisième chapitre, les deux premiers de l’ouvrage, sont quant à eux dédiés à la conception de l’être humain et à sa relation avec la Création. Ainsi, la nutrition, « question anthropologique très importante », ou encore le travail y sont abordés. Enfin, le quatrième chapitre évoque le lien complexe de l’homme avec la Loi.
Si la « tradition chrétienne » a été préservée, explique Pietro Bovati, la commission théologique a voulu d’abord utiliser une méthode « systémique » afin d’offrir « un chemin sur ce que la Bible dit sur toute la complexité de l’être humain ». Il s’agit donc de montrer que l’Écriture n’est pas un « répertoire de déclarations isolées » mais que chaque passage doit être abordé à la lumière de son contexte. Une méthode qui offre « une compréhension de l’homme plus complexe », « plus conforme à notre tradition biblique », conclut-il.
Lire également : https://www.vaticannews.va/fr/vatican/news/2019-12/qu-est-ce-que-l-homme-document-commission-pontificale-biblique.html
Quelle place pour les femmes dans l'Église ?
Le Club des Hommes en Noir

Le Club des Hommes en Noir revient pour une deuxième saison et un nouveau format. Cette émission fondée en 2012, sur une radio bien connue, par Philippe Maxence, a un concept simple : l'actualité de l'Église décryptée par des prêtres et un laïc, sans langue de buis ! Vous pouviez les entendre, grâce au studio vidéo de L'Homme Nouveau vous pouvez maintenant les voir ! Désormais les nouveaux épisodes sont disponibles chaque vendredi.
Cette semaine, Le Club se penche sur la place des femmes dans l'Église. L'institution est-elle misogyne ? L'absence de femmes ordonnées est-elle la preuve d'une haine de la conditio. féminine? Pour y répondre, Philippe Maxence recevait Daniel Hamiche, l'abbé Barthe et l'abbé Celier.
Commentaire théologique d'Arnaud Dumouch :
Marie se dit moins que disciple. Elle se dit "servante" (Luc 3). Le pape ne va pas assez loin pour décrire son attitude humble.
Mais ce n'est pas Marie qui s'établit Reine des anges, corédemptrice à la croix et médiatrice de toutes les grâces.
C'est Jésus.
Il est vrai que le titre de corédemptrice, Marie ne l'a jamais demandée durant sa vie. C'est le Christ qui le lui a donné. En effet, le Christ, seul Rédempteur, a voulu que la rédemption soit une ALLIANCE.
Ainsi, comme dans un mariage, il y a le "oui" du Christ et, en réponse à notre place; le "oui" de Marie (c'est-à-dire de l'Eglise). Ainsi donc, comme il l'a demandé à l'apparition de ND de tous les peuples, ce dogme viendra un jour.
Voici une vidéo bilingue Français/flamand sur ce grand mystère et ce cinquième dogme marial demandé par Jésus lors des apparitions d'Amsterdam (reconnues par l'Eglise) :
L’apparition de Notre Dame à Amsterdam 2/2 : Notre Dame, la corédemptrice (52 mn). https://youtu.be/Tlc31Bd3_JQ
Les 27 dernières apparitions : Quand Notre Dame demande un dogme de sa corédemption, de sa médiation universelle, de son rôle d’avocate. Comment comprendre ce dogme à l'intérieur de la foi catholique ?
De verschijning van Onze Lieve Vrouw te Amsterdam 2/2: Onze Lieve Vrouw als medeverlosseres
De laatste 27 verschijningen: Onze Lieve Vrouw vraagt het dogma van haar mede-verlossing, van haar bemiddeling en rol als voorspreekster.
Le pape a affirmé jeudi soir que "Marie ne s'était jamais présentée comme corédemptrice". Mais qu'en est-il vraiment ? Voici un article publié dans Famille Chrétienne en juin 2015 sous la plume du Père Nicolas Buttet qui aborde cette question :
Peut-on dire que Marie est corédemptrice de l’humanité ?
CHRONIQUE | Une foi, mille questions | 17/06/2015 | Numéro 1953 | Par Père Nicolas Buttet
Les titres donnés à Marie, tant par la théologie que par la piété populaire, sont nombreux. L’Église a défini quatre dogmes mariaux : la maternité divine de Marie (en 431, à Éphèse) ; sa virginité perpétuelle (en 649) ; l’Immaculée Conception (1854) et l’Assomption (1950).
Le titre de Marie corédemptrice fait partie des nombreux vocables sous lesquels Marie est priée et aimée, en lien avec sa mission particulière dans l’Église et dans le monde. Ce titre n’est pas utilisé comme tel dans les documents du concile Vatican II, bien qu’une discussion assez intense ait eu lieu à ce sujet. Le Concile précise : « La bienheureuse Vierge est invoquée dans l’Église sous les titres d’avocate, auxiliatrice, secourable, médiatrice, tout cela cependant entendu de telle sorte que nulle dérogation, nulle addition n’en résulte quant à la dignité et à l’efficacité de l’unique Médiateur, le Christ ». Le Concile tenait en effet à replacer la dévotion mariale dans le mystère de l’Église et à présenter clairement le Christ comme unique Sauveur du genre humain. Les Pères du Concile ont donc rappelé que Marie est elle aussi rachetée de façon radicale par son Fils.
Il ne fait cependant aucun doute que Marie participe de manière suréminente à l’œuvre de la Rédemption de son Fils Jésus. Tous les théologiens ne franchissent néanmoins pas le pas d’attribuer à Marie le titre de « corédemptrice ». Parmi ceux-ci, le cardinal Ratzinger : « Le concept de corédemptrice s’écarte aussi bien de l’Écriture que des écrits patristiques. Tout vient [du Christ], comme le soulignent les épîtres aux Éphésiens et aux Colossiens. Marie aussi est tout ce qu’elle est par Lui. Le terme de corédemptrice obscurcirait cette donnée originelle. Une bonne intention s’exprime dans un mauvais vocable. Dans le domaine de la foi, la continuité avec la langue de l’Écriture et des Pères est essentielle ».
Le cardinal Journet reconnaît pour sa part qu’il y a une « participation corédemptrice » de chaque baptisé à l’œuvre de l’unique Rédempteur Jésus, selon la parole de saint Paul : « Ce qui manque aux souffrances du Christ, je l’achève en ma chair, pour son corps, qui est l’Église » (Col 1, 24).
En Marie, l’Église devient corédemptrice de tout ce dont le Christ est l’unique rédempteur.
Cette participation à l’œuvre du Salut ne concerne pas, répétons-le, l’acquisition de la grâce, mais la diffusion de celle-ci dans l’Église et dans le monde. Le cardinal Journet ajoute : « La médiation corédemptrice personnelle de la Vierge est plus haute que celle de l’Église entière. Elle s’étend à tous les hommes de tous les temps ; elle est antérieure et enveloppante par rapport à toute médiation corédemptrice, fût-ce celle même de l’Église. En Marie, l’Église devient corédemptrice de tout ce dont le Christ est l’unique rédempteur, à savoir de tous les hommes, qu’ils le sachent ou qu’ils l’ignorent ».
On le voit, la question est encore « ouverte » quant au vocable « corédemptrice ». ll est donc possible d’appeler Marie « corédemptrice » dans la mesure où l’on confesse fermement l’unique Rédempteur qui est son Fils Jésus. Laissons, pour finir, la parole à saint Jean-Paul II : « Marie, qui a été conçue et est née sans péché, a pris part de façon éminente aux souffrances de son Divin Fils pour être ainsi Corédemptrice de toute l’humanité » (8 septembre 1982).
Père Nicolas Buttet
Ajoutons que, dans une prière adressée à Notre-Dame de Lourdes, le pape Pie XII s'est adressé à Marie en la désignant comme "notre Corédemptrice"...
Mais... : https://archives.leforumcatholique.org/consulte/message.php?arch=2&num=451640
Lu dans le mensuel « La Nef » du mois de décembre 2019
« Le cardinal Gerhard Ludwig Müller, théologien dogmatique, a été évêque de Ratisbonne (2002-2012), en Allemagne, puis préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi de 2012 à 2017. Il a été chargé par Benoît XVI de l’édition de ses œuvres complètes. Il nous parle ici du synode sur l’Amazonie et de la situation de l’Église en Allemagne. Entretien exclusif.
La Nef – Le synode sur l’Amazonie vient de s’achever : quel bilan en tirez-vous ?
Cardinal Müller – Un synode est une assemblée d’évêques appelés à témoigner de l’Évangile en leur qualité de successeurs des apôtres. Or, s’agissant de thèmes comme le climat ou la protection de l’environnement, qui relèvent des sciences empiriques et donnent lieu à des décisions politiques selon « l’autonomie des réalités terrestres » (Vatican II, Gaudium et spes, 36), le Magistère ne peut que proposer des principes éthiques, et non prescrire des solutions pratiques. Jésus n’exhorte pas les disciples à discerner « les signes du futur à partir de la pluie, du vent et des nuages », mais à prendre une décision en faveur ou contre Dieu, en croyant en Lui. « Hypocrites ! Vous savez interpréter l’aspect de la terre et du ciel ; mais ce moment-ci, pourquoi ne savez-vous pas l’interpréter ? » (Lc 12, 56). Lorsqu’on tire le bilan d’une assemblée ecclésiale, le critère doit être de savoir si, par le message qui en ressort, le Christ, seul Sauveur du monde, est entré plus clairement dans la conscience des chrétiens.
Vous avez indiqué à plusieurs reprises que le synode sur l’Amazonie répondait à un « agenda européen », en particulier à un « agenda allemand » : qu’entendez-vous par là ?
Les thèmes développés lors du synode sur l’Amazonie sont identiques à ceux du « processus synodal » engagé par l’Église allemande, qui se déroule sous la direction de la Conférence épiscopale allemande et du Comité central des catholiques allemands (ZdK). En Amérique latine, où, au cours des cinquante dernières années, l’Église catholique a perdu près de la moitié de ses membres au profit des sectes protestantes et des mouvements évangéliques, l’accent doit être mis sur une nouvelle évangélisation. Parallèlement, depuis 1990, en Allemagne, 8 millions de protestants et 5 millions de catholiques ont quitté l’Église. Ce n’est que par la proclamation et le témoignage que nous pourrons reconquérir ces personnes au Christ et non par des changements structurels comme l’exigent les médias éloignés de la foi. Les partisans de la laïcité, qui sont très loin de Dieu, préféreront toujours une Église faible et divisée à une Église unie dans la foi, l’espérance et la charité. Ils n’accepteront l’Église que s’ils peuvent l’intégrer à leur propre agenda en faveur d’une « société ouverte », que si elle se plie à la volonté de richissimes fondations qui promeuvent l’avortement et l’euthanasie au prétexte de sauver l’environnement des conséquences de la surpopulation. En aucun cas, le Vatican ne devrait accepter des dons provenant de ces fondations, puisque leur versement est soumis à des conditions incompatibles avec l’éthique chrétienne.
Pensez-vous que le synode sur l’Amazonie – qui a d’ailleurs proposé l’introduction d’un rite amazonien – puisse également être vu comme un nouvel épisode de la fameuse « querelle des rites », épisode cette fois-ci remporté par les jésuites ?
La « querelle des rites », qui a concerné la Chine du XVIIe siècle, est intervenue dans un contexte historiquement et théologiquement différent de celui que nous connaissons en Amazonie. S’agissant de la question générale des rites, il importe de rappeler que ce sont seulement les sacrements en leur substance qui sont confiés à l’autorité de l’Église. Les prêtres ne transmettent pas eux-mêmes la grâce des sacrements, ils sont seulement chargés d’administrer les sacrements porteurs de grâce. Autrement dit, l’autorité ecclésiastique n’a compétence que sur la forme liturgique. Les différents rites de l’Église catholique n’ont pas été inventés par une commission papale dans un bureau quelconque, mais remontent loin dans la tradition apostolique. Quant à l’Amérique latine, elle appartient au rite latin. Ici, les mentalités locales, les chants et les coutumes populaires peuvent être intégrés sans changer le rite lui-même ou en créer un nouveau.
Un silence de tombe a entouré la publication du message de Benoît XVI pour le 50ème anniversaire de la CTI. L’honneur est sauf pour la presse, au moins en Italie, puisque « La Verità » (un quotidien qui porte décidément bien son nom!) lui a consacré une manchette en première page, suivie d’un article important en page intérieure.
Traduction du site "Benoît-et-moi":
www.laverita.info/joseph-ratzinger-risale-in-cattedra-per-difendere-il-ministero-di-wojtyla
Le retour de Ratzinger: ne touchez pas à Wojtyla et à son magistère.
Un autre cadeau au monde de la part de Benoît XVI.
Le Pape émérite a écrit un message pour l’anniversaire de la Commission théologique: un manifeste qui réaffirme le poids du Magistère de Wojtyla et de son encyclique, Veritatis Splendor.
La Verità - Giorgio Gandola - 1er décembre 2019
Joseph Ratzinger monte en chaire pour défendre le ministère de Wojtyla
Dans le message pour le 50e anniversaire de la Commission théologique internationale, le Pontife émérite réaffirme l’importance de l’Institut JPII et de « Veritatis Splendor« . Deux barrages contre la dictature du relativisme.
« Seule l’humilité peut trouver la vérité, fondement de l’amour ».
Quand la complexité revient à l’Évangile, tout devient clair et la brume de la journée d’automne est balayée par le vent. C’est le cas dans les églises paroissiales de montagne très loin des intrigues du Vatican, c’est le cas dans les missions les plus pauvres construites par l’homme en soutane avec ses mains. C’est le cas à chaque fois que parle ou écrit le plus âgé et le plus éclairé des héritiers de Pierre, Benoît XVI, gardien discret de la doctrine assiégée par les instincts New Age de l’Église inspirés par la commercialisation de la foi.
Peu de médias ont accordé une place au salut de Joseph Ratzinger à l’occasion du cinquantième anniversaire de la création de la Commission théologique internationale, inaugurée par saint Paul VI en 1969 pour accompagner le magistère pontifical dans les tensions légitimes de la modernité. Et c’est dommage, parce que dans les paroles du Pape Émérite, on peut à nouveau identifier la route principale et ces murs de pierre sèches manzoniens [1] qui définissent un chemin au-delà duquel il n’existe qu’un « tous libres » générique.
Benoît reconnaît d’emblée l’importance de la Commission (aujourd’hui dirigée par le Cardinal Luis Francisco Ladaria Ferrer) et de son travail au cours du dernier demi-siècle, même si « elle n’a pas réussi à réaliser l’unité morale de la théologie et des théologiens dans le monde. Ceux qui s’y attendaient avaient de fausses attentes quant aux possibilités d’un tel travail. Et pourtant, sa voix est devenue une voix écoutée, qui indique en quelque sorte l’orientation fondamentale qu’un effort théologique sérieux doit suivre en ce moment historique ».
C’est une manière raffinée de réaffirmer l’importance fondamentale des valeurs non négociables pour qu’elles ne deviennent pas un jour – dans la fièvre de suivre les impulsions politiques d’un progressisme sans but – ce que le Père Antonio Spadaro (conseiller du Pape François) appelle « certaines questions morales », assignant un périmètre de marginalité aux pierres angulaires de la foi du peuple. Ce sont les sacrements, la famille, la fin de vie, le travail, la doctrine, aujourd’hui dépassés pour plaire au relativisme prédominant de l’euthanasie, de l’avortement, des unions et adoptions gay, des mères porteuses, de la procréation hétérologue…
Parmi les théologiens qui ont fait partie de la Commission, Benoît XVI cite quelques géants comme Jorge Medina Estevez, Carlo Colombo, Hans Urs von Balthasar, Raniero Cantalamessa, Johannes Feiner et Carlo Caffarra, ce pilier de l’Institut Jean-Paul II d’études sur la famille et le mariage, un corps récemment emporté par la destitution des enseignants, pour le transformer en une sorte de département de sociologie et psychologie. Comme si la théologie morale pouvait être heureusement remplacée par les sciences humaines pour lesquelles le Pape François a un faible.
Ratzinger réévalue pleinement l’une des pierres angulaires de cet institut réduit en miettes, l’encyclique. Veritatis Splendor de Karol Wojtyla, et la cite comme éclairage nouveau. En particulier sur le sacrement du mariage, il rappelle les débats et les tensions au sein de la Commission: « L’opposition des fronts et l’absence d’une orientation de base commune, dont nous souffrons encore aujourd’hui autant qu’alors, à ce moment-là m’est apparue d’une manière inédite. Je pense que la Commission devrait continuer à garder le problème à l’esprit et poursuivre fondamentalement ses efforts pour trouver un consensus ».
Consensus, pas révolution. Veritatis Splendor reste aujourd’hui le dernier rempart contre le relativisme, le lieu des certitudes et de la doctrine traditionnelle, où l’Église aide l’homme à trouver la réponse sur « ce qui est bien et ce qui est mal ». Un rôle fondamental, sans lequel régnerait l’auto-certification morale du « le bien, c’est ce que je pense être bien ». Et alors, même Eugenio Scalfari pourrait devenir évêque.
Humble comme la vérité, le texte de Benoît XVI touche deux autres points essentiels.
Le premier concerne la force motrice du Tiers Monde dans la définition des nouvelles frontières du catholicisme. « Dans la Commission, la voix des jeunes Eglises, comme celles d’Afrique et d’Inde, s’est également fait entendre de plus en plus fortement », avec la remise en question de la tradition occidentale dominante et l’enrichissement culturel dans la confrontation des idées.
« Le travail à la Commission théologique internationale m’a donné la joie de rencontrer d’autres langues et d’autres formes de pensée. Mais ce fut avant tout pour moi une occasion continue d’humilité, qui voit les limites de ce qui nous est propre et ouvre ainsi la voie à la plus grande Vérité ».
Le deuxième point est celui, plus ancien et plus ambigu de l’Evangile lu et interprété sous certaines latitudes: l’exploitation du message du Christ par l’athéisme communiste. « Dans ce contexte s’imposa inévitablement le thème de la Théologie de la Libération, qui n’avait rien d’un problème purement théorique à l’époque, mais déterminait de façon très concrète et même menaçait, la vie de l’Église en Amérique du Sud ».
Ici, il n’y a absolument rien de crypté: il menaçait la vie de l’Église, au bout du monde.
NDT [1] Il semble que ce soit une allusion non pas (ou pas directement) au grand écrivain italien Alessandro Manzoni mais aux antiques « murs de pierre sèche » que l’on trouve en Sardaigne: à San Pantaleo , il y a un sentier de « trekking » qui traverse ces sites antiques, et dont le point de départ est un lieu-dit nommé Stazzu Manzoni
De Philippe Keulemans sur kerknet (traduction automatique) :
L'Eglise catholique allemande entame sa Voie synodale
PUBLIÉ LE DIMANCHE 1 DÉCEMBRE 2019
L’Église allemande entame un processus de réflexion sur la structure du pouvoir ecclésiastique, le célibat obligatoire des prêtres, la morale sexuelle et le rôle de la femme dans l’Église.
Aujourd'hui, premier dimanche de l'Avent, la Voie synodale , le processus synodal de deux ans , commence à l'initiative de la Conférence des évêques allemands (DBK) et du Comité central des catholiques allemands (ZdK). De plus, les évêques allemands entament un dialogue avec les laïcs sur les défis les plus importants auxquels l’Église catholique en Allemagne est confrontée. Le but ultime est le renouvellement de l'église. Rome semble prudemment positive, mais aussi avec une certaine méfiance vis-à-vis de l'expérience. Le cardinal Robert Sarah , préfet de la Congrégation pour la religion divine et la discipline des sacrements, a récemment souligné que les Allemands ne devraient pas rêver de pouvoir prendre lors de cette réunion synodale des décisions contraires à la doctrine ecclésiastique. Il s’agit en particulier d’un avertissement pour les partisans de résolutions de grande portée sur la bénédiction ecclésiastique des relations des couples homosexuels, le diaconat des femmes et les viri probati (hommes mariés dont la vie a été prouvée et qui peuvent être ordonnés prêtres) et le groupe rêvant d'abolir le célibat obligatoire des prêtres. Sous la pression du Vatican, il a été décidé que les décisions sur des questions morales et ecclésiastiques ne seront pas contraignantes.
Le pape François a appelé les Allemands à ne pas oublier l'importance de l'évangélisation au cours du processus synodal.
Les évêques allemands espèrent que la Voie synodale pourra donner une nouvelle impulsion à l'évangélisation et contribuer à la vitalité des communautés ecclésiales. La réflexion sur l’Église de demain devrait également contribuer à faire face aux conséquences des abus sexuels. Le mouvement Maria 2.0 , qui a fait la une avec sa grève dans l'Eglise et qui pousse les femmes à avoir plus de voix et de responsabilité dans l'Église, ne participe pas à l'exercice. Thomas Sternberg , président de la ZdK , souligne que l'importance de la route synodale s'étend au-delà de l'Allemagne et est également importante pour les communautés ecclésiales ailleurs en Europe et pour l'Eglise mondiale.
Selon les évêques allemands, la crise est tellement profonde à cause du scandale des abus que les réformes ne peuvent plus être retardées.
Avec la célébration eucharistique et l’allumage de bougies synodales , c’est aujourd’hui à la Frauenkirche, la cathédrale Notre-Dame de Munich, où le cardinal Reinhard Marx est archevêque. Ce n'est pas une coïncidence. L'ancien président de la COMECE, qui est également conseiller du pape, a pleinement soutenu cette initiative car il est convaincu que les responsables d'Eglise et les laïcs doivent s'unir pour donner une nouvelle dynamique à l'Église catholique allemande. Comme ailleurs, l'Eglise allemande a été assommée par la succession de scandales d'abus. (...)
De l’abbé Christian Guyaud (Totus Tuus) sur le site web du mensuel « La Nef » :
« Remise en cause du célibat sacerdotal dans l’Église latine et « ministères féminins » sont deux thèmes du synode sur l’Amazonie qui soulèvent questions et inquiétudes. Analyses :
Si l’accès aux sacrements – comme l’Eucharistie – dans une situation objective de péché – comme celle dans laquelle se trouvent les personnes divorcées remariées – est ce qu’on retiendra du synode sur la famille, l’accès à l’ordination sacerdotale de personnes mariées et au ministère de femmes devrait constituer les « avancées » du synode sur l’Amazonie.
Le célibat mis en cause
Ces questions étaient en ligne de mire dès l’Instrumentum laboris (IL). Pour passer d’une « pastorale de visite » à une « pastorale de présence », le document de travail mentionnait en effet sans ambages que « tout en affirmant que le célibat est un don pour l’Église, on se pose la question de savoir si, pour les zones les plus reculées de la région, il ne serait pas possible de procéder à l’ordination sacerdotale de personnes aînées, préférablement autochtones, respectées et acceptées par leur communauté, même si elles ont une famille constituée et stable, dans le but de garantir la possibilité d’offrir les sacrements qui accompagnent et soutiennent la vie chrétienne » (IL n. 129).
De fait, dans le document final, dont la synthèse a été distribuée à la demande du pape, « le synode réaffirme l’appréciation du célibat comme don de Dieu dans la mesure où il permet au prêtre de se consacrer pleinement au service de la communauté et renouvelle la prière pour qu’il y ait beaucoup de vocations dans le célibat, bien que “cette discipline ne soit pas requise par la nature même du sacerdoce”, et il considère la vaste étendue du territoire amazonien et la pénurie des ministres ordonnés ». Il est donc proposé « d’établir des critères et des dispositions par l’autorité compétente, d’ordonner des prêtres appropriés et reconnus de la communauté qui ont un diaconat permanent fécond et reçoivent une formation adéquate pour le sacerdoce, pouvant avoir une famille légitimement constituée et stable, pour soutenir la vie de la communauté chrétienne par la prédication de la Parole et la célébration des sacrements dans les zones les plus reculées de la région amazonienne ». Il est précisé qu’à cet égard, « certains se sont exprimés en faveur d’une approche universelle du sujet ».
On remarque que le célibat est considéré comme un don de Dieu et non comme une exigence liée au sacerdoce. On cite le Décret conciliaire Presbyterorum ordinis (PO) sur la « discipline » du célibat qui n’est « pas requise par la nature même du sacerdoce » (PO n. 16). Vatican II entendait certes ne pas mettre en cause la praxis différente des Églises orientales mais était loin de réduire le célibat ecclésiastique à un pur impératif positiviste puisque le même Décret soulignait les « multiples convenances » du célibat avec le sacerdoce.
Le document final donne bien une raison au « don de Dieu » que représente le célibat, mais c’est sans doute la moindre des raisons, avec l’ambivalence du terme « consacrer » qui renvoie ici à la simple disponibilité requise aussi dans d’autres professions. Rien sur la haute convenance que constitue la configuration sacramentelle au Christ/Époux. Rien sur la radicalité de l’engagement requis par la sequela Christi de tout quitter, y compris sa femme (cf. Lc 4, 34). Si, tactiquement, le document final restreint l’accès au sacerdoce des fameux viri probati, souhaité par le document de travail, aux diacres permanents, il joue encore sur le mot « fécond » qui peut s’entendre à la fois de l’apostolat et de la progéniture. Il y a même une contradiction dans les termes puisque le diaconat permanent est précisément un diaconat qui, bien qu’étant un degré du sacrement de l’ordre, n’est pas une participation ministérielle au sacerdoce du Christ mais un service à l’épiscopat et au presbytérat. Enfin, et surtout, rien sur la continence parfaite, exigée dès le deuxième concile de Carthage (390) de la part du clergé marié « afin de pouvoir obtenir en toute simplicité ce que [les prêtres] implorent du Seigneur et afin qu’ainsi nous gardions ce que les Apôtres nous ont enseigné, et qu’a conservé une coutume ancienne » (1). Au-delà de la fonctionnalité de couvrir un vaste territoire, le sacerdoce trouve dans la continence son pouvoir d’intercession et son origine apostolique.

De Jean-Pierre Snyers :
Le purgatoire
On le sait, les mots "Trinité" ou "Purgatoire" ne figurent pas dans l'Ecriture. Mais de là à conclure qu'il s'agit de tardives inventions humaines, voilà qui serait faire l'impasse sur le fait que la réalité que recouvrent ces deux mots est, elle, bien présente dans la Bible. Ne voulant m'en tenir qu'à ce dogme qu'est le Purgatoire, voici donc quelques éléments susceptibles de montrer que celui-ci est conforme à ce qui a toujours été cru par les chrétiens...
1) La prière pour les morts a toujours été pratiquée dans l'histoire de l'Eglise. En témoignent les inscriptions que l'on trouve dans les catacombes et dans les écrits des tous premiers pères de l'Eglise (tels Tertulien, Origène ou Grégoire de Nysse). Cette prière pour les défunts ne peut avoir de sens que s'il existe un "lieu", un état intermédiaire entre l'enfer et le Paradis. En effet, si seul, l'un deces deux mots constitue l'aboutissement définitif d'un trépassé, pourquoi prier pour lui?
2) Déjà dans l'Ancien Testament, on peut lire: "Car s'il n'avait pas cru que les morts dussent ressusciter, il était inutile et sot de prier pour eux...Voilà pourquoi il fit ce sacrifice expiatoire pour les morts, afin qu'ils fusssent délivrés de leurs péchés (2 Machabbées 12: 44-46)
3) Ce que dit le Nouveau Testament. Dans sa deuxième épître à Timothée, chapitre 1, versets 16 à 18, saint Paul écrit: "Que le seigneur fasse miséricorde à la famille d'Onésiphore et qu'il lui donne d'obtenir miséricorde auprès de Lui" A l'époque où il écrit ces lignes, Onésiphore était déjà mort et en implorant Dieu pour le salut de celui-ci, il prie pour un défunt. Autre verset du même saint Paul: "S'il en était autrement, que gagneraient ceux qui se font baptiser pour les morts? Si les morts ne ressuscitent pas, pourquoi donc se fait-on baptiser pour eux?" (1 Corinthiens: 15, 29). Deux remarques à ce sujet. Cette pratique qui existait en son temps impliquait inévitablement des prières pour les défunts à la place de qui on se faisait baptiser. De plus elle nous montre aussi qu'il est possible aux vivants d'aider ceux qui sont dans l'au-delà.
Dans la première épître de Pierre, il est dit par ailleurs que le Christ "est allé prêché aux esprits en prison" (1 Pierre: 3, 19_20). Où étaient ces "esprits en prison?", sinon dans un autre lieu que le Paradis ou l'Enfer? Et dans l'Evangile de St Mathieu (chapitre 12, verset 32) on lit que "le péché contre le Saint Esprit ne sera pardonné ni dans ce monde, ni dans l'autre" De cela, on peut en conclure qu'il y aura des péchés qui seront pardonnés dans l'éternité. Mais où dans l'éternité? Au Paradis où rien de souillé ne peut entrer, où aucun péché ne peut trouver refuge, sous peine de transformer ce Paradis en un lieu ou coexistent le pur et l'impur?
Je pourrais bien sûr continuer en invoquant d'autres arguments qui nous montrent que dès le tout début du christianisme, les chrétiens ont compris le lien qui existe entre l'Eglise triomphante et celle de cette terre, entre eux qui sont vivants dans l'autre monde et ceux qui le sont dans ce monde. Et ce lien, je le crois, nous révèle que défunts ou vivants, nous sommes unis à jamais dans la prière à ce Dieu qui est le socle de notre existence temporelle et éternelle.
De George Weigel sur le site First Things en traduction française sur le site "Benoît-et-moi" :
La synodalité « mascarade »
13 novembre 2019
Lors du Synode des évêques de 2001, le cardinal Francis George de Chicago, qui avait subi au fil des ans de nombreux discours synodaux et de discussions en petits groupes, a fait une observation tranchante : « Jésus-Christ ne voulait pas que son Église soit gouvernée par un comité. »
Certes.
Les mécanismes de consultation qui existent dans l’Église – des conseils paroissiaux aux conseils pastoraux diocésains en passant par le Synode des évêques – existent pour renforcer la gouvernance de l’Église par ses pasteurs: prêtres dans leurs paroisses, évêques dans leurs diocèses, évêque de Rome en termes d’Église universelle. Les Synodes de 2014, 2015, 2018 et 2019, toutefois, suggèrent que le modèle de comité déploré par le Cardinal George s’est transformé en quelque chose de pire encore: le modèle de la mascarade, dans lequel un « processus synodal » de « marcher ensemble » fournit une couverture pour effectuer de sérieux changements dans la compréhension et la pratique catholique pour lesquels il n’y a que peu, ou pas, de mandat doctrinal, théologique ou pastoral.
Dans le document final du récent synode amazonien (traduction « non officielle » de Zenit), ce modèle de mascarade a été décrit dans un langage farci de clichés :
Pour marcher ensemble, l’Église d’aujourd’hui a besoin d’une conversion à l’expérience synodale. Il est nécessaire de renforcer une culture du dialogue, de l’écoute réciproque, du discernement spirituel, du consensus et de la communion pour trouver des espaces et des modes de décision commune et répondre aux défis pastoraux. De cette manière, la coresponsabilité dans la vie de l’Église sera encouragée dans un esprit de service. Il est urgent de cheminer, de proposer et d’assumer les responsabilités pour surmonter le cléricalisme et les impositions arbitraires. La synodalité est une dimension constitutive de l’Église. On ne peut pas être Église sans reconnaître un exercice efficace du sensus fidei de tout le Peuple de Dieu (n. 88).
Si l’on laisse de côté la question de savoir comment mesurer et encore moins « exercer » le sensus fidei de 1,2 milliard de catholiques, que signifie ce charabia? Les confusions sur ce front ont été amplifiées par un célébrant éminent du culte de la synodalité, dont la prose analyse mais dont la compréhension de la réalité des récents synodes semble déficiente. C’est ainsi que Massimo Faggioli, de Villanova, écrivant dans La Croix International, a récemment fait plusieurs affirmations sur la synodalité, dont aucune ne résiste à ce que les tribunaux appelleraient un « contrôle strict » par ceux qui étaient présents à Rome lors des derniers synodes:
Balivernes. Les synodes dirigés par le Cardinal Lorenzo Baldisseri, choisi par le Saint-Père comme secrétaire général du Synode des évêques, ont été au moins aussi orchestrés que leurs prédécesseurs. Et après un sérieux rejet de la manipulation du Synode-2014 par le secrétariat général du Synode, les synodes de 2015 et 2018, ainsi que le récent synode régional amazonien, ont veillé à ce que les voix qui auraient pu perturber les projets des responsables synodaux ne soient pas en évidence parmi les invités.
De Bevil Bramwell, OMI sur le site thecatholicthing.org en traduction française (Bernadette Cosyn) sur le site de France Catholique :
Des femmes prêtres ?
20 novembre 2019

Ils pensent l’Eglise de la même manière que la Gauche considère les institutions sociales. Pour la Gauche, les institutions existent principalement pour atteindre des buts politiques. Ainsi, par exemple, un secrétariat d’état existe pour aider les membres du parti à trouver de l’emploi, pour étendre le pouvoir du parti, et seulement en dernier pour remplir ses fonctions statuaires. Y a-t-il du temps pour tout cela ? De la même manière, le mariage est une affaire de pouvoir, et ainsi de toute autre relation. Alors, à leurs yeux, la prêtrise catholique est affaire de politique et de pouvoir, non de grâce et de communion.
Il est clair que le système de pouvoir de la Gauche n’offre aucun moyen de décrire la prêtrise catholique. C’est comme essayer de décrire la navette spatiale, mais uniquement en utilisant des mots commençant par la lettre A. Ce que les révolutionnaires oublient, c’est qu’aucune organisation humaine – pas même un ambitieux parti politique – ne peut concevoir une religion entièrement valable.
Le mieux qu’un tel parti puisse imaginer, c’est le parti lui-même (et dans de nombreux pays, sa police secrète). Par exemple, quand Martin Luther a conçu une nouvelle religion, il a pris des morceaux du catholicisme, en a violé d’autres, par exemple ses vœux ; il a épousé une religieuse ; il a laissé tomber la tradition ; laissé tomber la prêtrise ; etc. Ce qu’il a créé était en grande partie une entité politique. Il a choisi des enseignements populaires et était protégé par l’empereur contre le pape.
Une meilleure explication de la prêtrise masculine, une vraie, provient de ce que Dieu a fait et continue de faire dans notre histoire. Nous apprenons de Dieu ce qu’est la religion. Nous ne Lui enseignons pas quelle religion nous allons accepter.