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  • Où mène la bataille entre Rome et l'Allemagne sur la question des bénédictions ?

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    De Luke Coppen sur The Pillar :

    Où mène la bataille entre Rome et l'Allemagne sur la question des bénédictions ?

    Après avoir été pris de court pendant des années, le Vatican a-t-il décidé de s'aligner sur les Allemands ?

    6 mai 2026

    Le cardinal Víctor Manuel Fernández, responsable de la doctrine au Vatican, a intensifié mercredi la pression sur les évêques allemands avec une nouvelle déclaration concernant les directives du pays sur les bénédictions pour les couples non mariés et de même sexe.

    Les évêques allemands attendent la messe d’ouverture de leur assemblée plénière de printemps à la cathédrale de Würzburg, le 23 février 2026. Crédit : Deutsche Bischofskonferenz / Marko Orlovic.
    Fernández a déclaré à Vatican News le 6 mai que sa lettre de novembre 2024 critiquant un projet de lignes directrices allemandes sur les bénédictions — publiée plus tôt cette semaine avec l’accord du pape Léon XIV — s’appliquait également au texte final publié en avril 2025.

    Le cardinal argentin a expliqué que la lettre de 2024 constituait la « seule et unique réponse définitive » du dicastère de la doctrine au document allemand sur les bénédictions, tant dans sa version préliminaire que dans sa version finale.

    « Ce qui a été dit dans cette lettre s’applique également au texte du Vademecum [directives] actuel, qui n’a pas reçu l’approbation du Dicastère pour la doctrine de la foi », a-t-il commenté.

    À quoi le Vatican s’oppose-t-il précisément dans les deux versions des lignes directrices allemandes ? Pour y répondre, il est utile de connaître un peu l’histoire des bénédictions de couples en Allemagne et de comprendre pourquoi cette pratique a pris une telle importance symbolique dans le pays.

    Brève histoire des bénédictions

    Il est difficile de déterminer avec précision la date à laquelle les bénédictions pour les couples non mariés et les couples de même sexe sont devenues un sujet majeur au sein de l’Église allemande. Mais le 9 mai 2015 est une date qui s’impose.

    C'est ce jour-là que les membres du Comité central des catholiques allemands — l'influente organisation laïque connue sous son acronyme allemand, ZdK — ont adopté une déclaration appelant à « la poursuite du développement des formes liturgiques, en particulier les bénédictions pour les partenariats entre personnes de même sexe, les nouveaux partenariats impliquant des personnes divorcées et les étapes importantes de la vie familiale ».

    C’est sans doute à ce moment-là, deux ans après le début du pontificat du pape François, que les bénédictions sont devenues ce que les catholiques allemands appellent une question « politico-ecclésiastique » (kirchenpolitische). On pourrait traduire cela en gros par un débat de politique interne à l’Église : un sujet qui fait l’objet d’une lutte, qui enflamme les militants et suscite des résistances.

    La réaction à la déclaration du ZdK est intéressante avec le recul. Le cardinal Reinhard Marx de Munich — qui a sans doute déclenché la dernière intervention du Vatican en approuvant les lignes directrices de 2025 — a vivement critiqué cette déclaration.

    « L’appel à la bénédiction des partenariats entre personnes de même sexe et d’un second mariage non reconnu par l’Église est incompatible avec la doctrine et la tradition de l’Église », a déclaré Marx, alors président de la Conférence épiscopale allemande.

    Pendant des années, avant la déclaration du ZdK, certaines paroisses catholiques allemandes proposaient déjà des cérémonies de bénédiction destinées aux couples non mariés et aux couples de même sexe. Mais l’aval officiel de cet organisme laïc a attiré davantage l’attention des médias sur cette pratique, lui donnant un nouvel élan en tant que question de politique ecclésiastique.

    Cette pratique a également attiré l’attention de Rome, ce qui a conduit le bureau doctrinal du Vatican à déclarer en 2021 que l’Église n’avait pas le pouvoir de bénir les couples de même sexe.

    En réponse, des prêtres et des agents pastoraux allemands ont organisé une journée de protestation, au cours de laquelle ils ont célébré des cérémonies de bénédiction en présence de couples de même sexe.

    Parmi les détracteurs de cette initiative figurait Mgr Georg Bätzing, successeur de Marx à la présidence de la conférence épiscopale, qui a déclaré qu’il ne s’agissait pas d’un « signe utile », bien qu’il soutienne les cérémonies de bénédiction en principe.

    Les bénédictions des couples de même sexe ont été l’un des thèmes centraux du « chemin synodal » allemand, une initiative pluriannuelle qui a réuni les évêques du pays et certains laïcs pour discuter de changements radicaux dans l’enseignement et la pratique catholiques.

    En mars 2023, les participants au « chemin synodal » ont adopté une résolution sur les « cérémonies de bénédiction pour les couples qui s’aiment », qui appelait à l’introduction officielle de ces cérémonies dans toutes les paroisses allemandes.

    La résolution indiquait que la conférence épiscopale et le ZdK préparaient un document qui inclurait « des modèles suggérés pour les célébrations de bénédiction adaptées à différentes situations de couples (couples remariés, couples de même sexe, couples après un mariage civil) ».

    La résolution faisait valoir que cette mesure était nécessaire en raison de la demande de bénédictions émanant des couples remariés civilement et des couples de même sexe.

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  • Les «valeurs» de l’Union européenne sont-elles celles du wokisme?

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    De Nicolas Bauer sur le site de l'ECLJ :

    Les «valeurs» de l’Union européenne sont-elles celles du wokisme?

    7 Mai 2026

    La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a condamné la Hongrie pour non respect des valeurs de l'Union européenne. En cause: la loi protégeant les mineurs contre le wokisme. Par cette décision, la CJUE se pose en juge des lois et identités constitutionnelles nationales à l’aune d’une interprétation très idéologique des valeurs européennes.

    À propos de l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne contre la Hongrie : Commission européenne c. Hongrie, aff. C-769/22, 21 avril 2026.

    Les valeurs de l’Union européenne (UE) sont listées à l’article 2 du Traité sur l’Union européenne (traité UE): respect de la dignité humaine, liberté, démocratie, égalité, État de droit, respect des droits de l’homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités. C’est notamment sur le fondement de cette disposition que la Commission européenne avait attaqué la Hongrie devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), par un recours en manquement introduit le 19 décembre 2022. La Commission européenne a été soutenue dans cette procédure par 16 États membres, dont la France.

    La législation hongroise litigieuse interdit d’exposer les enfants à des contenus qui banalisent certaines pratiques, comme le transgenrisme, le changement de sexe ou l’homosexualité. Ainsi, d’après l’article 6/A de la loi de 2021 sur la protection de l’enfance: «afin de garantir les [...] droits des enfants, il est interdit de mettre à [leur] disposition [...] des contenus pornographiques, ainsi que des contenus qui dépeignent la sexualité pour elle-même, ou qui promeuvent ou représentent la divergence par rapport à l’identité personnelle correspondant au sexe à la naissance, le changement de sexe ou l’homosexualité». D’autres lois hongroises contiennent des dispositions similaires, notamment la loi sur les médias, la loi sur la publicité et la loi sur l’éducation publique.

    Ces dispositions ont été jugées contraires au droit de l’UE par la CJUE, dans l’arrêt rendu le 21 avril 2026 en Assemblée plénière, c’est-à-dire la formation la plus solennelle de la Cour. Cet arrêt a donc une grande portée juridique, y compris pour l’avenir, et soulève au moins deux problèmes majeurs. Le premier relève de la relation entre le droit de l’UE et le droit national, y compris constitutionnel; le second touche à l’interprétation contestable des valeurs de l’UE par les juges. Cette actualité nous donne également un aperçu de la relation entre les institutions de l’UE et le futur gouvernement hongrois, dirigé par Péter Magyar.

    Le mépris de l’identité nationale et constitutionnelle hongroise

    Devant la Cour, la Hongrie avait rappelé que sa législation se fonde sur son identité nationale et constitutionnelle. En effet, l’article XVI § 1 de la Loi fondamentale de la Hongrie «protège le droit des enfants à s’identifier selon le sexe qui est le leur à la naissance, et garantit une éducation reposant sur des valeurs fondées sur l’identité constitutionnelle de notre patrie et sa culture chrétienne». Or, l’article 4§2 du traité UE dispose que «l’Union respecte l’égalité des États membres devant les traités ainsi que leur identité nationale, inhérente à leurs structures fondamentales politiques et constitutionnelles». La CJUE a écarté l’argument du gouvernement hongrois en indiquant que «cet article 4, paragraphe 2, ne protège qu’une conception des identités nationales [...] qui est conforme aux valeurs [de l’UE]» (§562).

    Ces valeurs de l’UE sont générales, voire abstraites, mais la CJUE en tire des conséquences juridiques concrètes. Elle les a même érigées pour la première fois en fondement autonome pour contrôler la compatibilité d’une loi nationale avec le droit de l’UE. Ces seules valeurs peuvent donc conduire les juges européens à déclarer une législation contraire au traité UE.

    Cette orientation de la jurisprudence était loin d’être une évidence. D’une part, d’autres textes européens suffisaient à considérer que la législation hongroise était incompatible avec le droit de l’UE. Il n’était donc pas nécessaire de développer un raisonnement distinct sur les valeurs de l’UE pour condamner la législation hongroise. D’autre part, une «valeur» renvoie habituellement à une source d’inspiration ou un objectif à atteindre. Elle se distingue d’un principe, qui s’impose comme une norme.

    En développant un raisonnement sur le terrain des valeurs de l’UE, les juges européens envoient un message à toute l’Europe. La CJUE s’érige en gardienne de ces valeurs morales, qu’elle interprétera et pourra utiliser pour apprécier les lois nationales et les Constitutions. Elle n’est pas qu’une juridiction, mais exerce une forme de magistère supra-constitutionnel et moral. La Cour s’octroie le pouvoir de juger toute législation reposant sur un choix de valeurs, c’est-à-dire politique.

    Une jurisprudence et un langage fondés sur l’idéologie woke

    D’après l’arrêt Commission européenne c. Hongrie, la législation hongroise «conduit [...] à la stigmatisation et à la marginalisation des personnes non cisgenres ou non hétérosexuelles, pour le seul motif de leur identité sexuelle ou de leur orientation sexuelle», ce qui revient «à établir, maintenir ou renforcer l’«invisibilité» sociale d’une partie des membres de la société» (§§ 554-555). C’est la première fois que la CJUE emploie ainsi le lexique woke, alors qu’il n’a aucun fondement juridique. La majorité, la normalité et la nature deviennent des catégories parmi d’autres, imposant ainsi de fausses équivalences.

    La CJUE oblige ainsi les États à autoriser des contenus banalisant auprès des enfants le transgenrisme, le changement de sexe et l’homosexualité, en se fondant sur les valeurs de l’UE. Un tel arrêt woke, s’il avait été publié avant les élections législatives hongroises, aurait probablement favorisé la campagne électorale de Viktor Orbán. Bien que ce soit les derniers jours de son mandat de Premier ministre, celui-ci a tenu à indiquer que son gouvernement n’exécutera pas cet arrêt de la CJUE.

    Son successeur Péter Magyar, qui sera investi Premier ministre le 9 mai 2026, a au contraire l’intention de s’y soumettre. Il prévoit d’abroger la législation litigieuse et de construire un pays où «personne n’est stigmatisé pour aimer autrement ou d’une manière différente de la majorité». Les enfants hongrois ne bénéficieront plus d’une protection légale contre la propagande woke et pourraient subir les mêmes lectures et spectacles que dans certaines écoles et médiathèques publiques européennes.

    Sur ce sujet, voir la dernière chronique de Nicolas Bauer dans la matinale de Frontières :

  • La vérité est modulable dans le rapport « doctrinal » du Synode

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    De Stefano Fontana dans la NBQ :

    La vérité est modulable dans le rapport « doctrinal » du Synode

    L'enseignement de l'Église réduit au silence pour donner la parole aux revendications des militants homosexuels. Et pas de jugements définitifs, recommande le groupe d'étude 9. C'est la méthode de la nouvelle synodalité, qui déclenche des processus en les orientant vers les conclusions dictées par l'agenda.

    7_05_2026

    Foto Vatican Media/LaPresse
    Photo Vatican Media

    Le 5 mai dernier, le secrétaire général du Synode, le cardinal Mario Grech, a rendu publics les rapports finaux des groupes d'étude 7, sur la sélection des évêques, et 9, sur les critères théologiques et les méthodologies synodales pour le discernement partagé des questions doctrinales, pastorales et éthiques émergentes. Des travaux de ce dernier groupe (nous omettons ici le groupe 7 car son rapport n’a pas été rendu public dans son intégralité), au cours desquels ont également été entendues certaines expériences de personnes homosexuelles croyantes, ont émergé de nouvelles positions – un « nouveau paradigme » – concernant le jugement à porter sur la relation homosexuelle : une révision de son caractère de « péché », la condamnation des « thérapies réparatrices » visant à rétablir l’hétérosexualité par la chasteté, la possibilité d’ouvrir le mariage aux couples homosexuels.

    Le principe directeur des travaux du groupe est que la vérité sur l’être humain ne peut être déterminée une fois pour toutes, car lorsqu’on entre en relation avec une personne, il faut toujours tenir compte de l’œuvre que l’Esprit accomplit déjà en elle. D’où la nécessité de ne pas donner d’indications doctrinales ni de porter de jugements définitifs, mais d’entreprendre un cheminement de discernement de la complexité. C’est ce que devraient faire, selon ce rapport, les Églises locales.

    Ce qui ressort du rapport du groupe 9 confirme les prévisions de La Bussola concernant la légitimation progressive de l’homosexualité en lien étroit avec le nouveau critère dit « pastoral » du Synode, spécialement conçu pour obtenir ces résultats.

    Il convient de rappeler que la nouvelle synodalité s'entend comme une manière d'agir, une méthode pour cheminer ensemble, d'où devrait émerger une manière d'être, plutôt que l'inverse. Sa méthode consiste à se réunir en assemblée, à discuter en petits groupes puis tous ensemble, à échanger ses opinions personnelles ou celles de son groupe, à écouter des témoignages, à présenter des demandes et des propositions, à interpréter sous différents angles les nouveautés que l'histoire propose, puis à voter un rapport final. Tout cela est le fait d’un groupe de personnes non hiérarchisées, placées sur un pied d’égalité comme c’est le cas précisément dans une assemblée sociologique, réunies et jouissant toutes de la même autorité pour être entendues, qu’il s’agisse d’évêques, de religieux consacrés ou de fidèles laïcs, toutes ces caractéristiques étant en l’occurrence comme annulées.

    L’ensemble du processus d’assemblée est dirigé par un secrétariat spécialement choisi pour s’adapter à la méthode et soucieux que le processus aboutisse à certaines conclusions déjà prévues. À cette fin, un ordre du jour délibérément orienté est établi, et l’on intègre parmi les participants des personnes et des groupes aptes à faire émerger de nouvelles prises de position qui seront ensuite qualifiées de « tournants historiques ». De cette manière, la méthode induit des changements significatifs de doctrine, tant dans le domaine ecclésial que moral, qui sont posés par l’autorité de la méthode elle-même, c’est-à-dire par le fait de les avoir posés en cheminant ensemble. Les conclusions insérées par l’assemblée dans le rapport final sont des vérités vécues par l’assemblée elle-même.

    Les deux philosophies qui guident de l’intérieur le processus de la nouvelle synodalité sont l’existentialisme et l’historicisme. Cette perspective considère l’existence (l’être-là) et l’histoire (le temps) comme des lieux où l’on fait l’expérience de l’action de l’Esprit à travers les « questions émergentes », y compris dans la confrontation dialectique entre les positions. Le parcours est conçu comme une expérience, au sens d’une communauté qui est au cœur des processus qu’elle examine et qui est investie par ceux-ci au moment même où elle se les pose. Les questions que l’assemblée synodale doit examiner ne se trouvent pas devant elle et ne doivent pas être envisagées à la lumière antérieure de la tradition et de la doctrine, mais elles sont en elle et elle est en elles. L’assemblée est immanente à l’histoire qu’elle interroge, elle ne la regarde pas de face ou d’en haut comme si elle disposait d’une sagesse à mettre en œuvre.

    Si l’on examine les conclusions du Synode concernant l’homosexualité, que nous avons brièvement exposées au début, on y trouve une large confirmation de ces caractéristiques d’une méthode qui devient substance, excluant toute autre substance en dehors d’elle-même. Le Synode, au lieu de parler de l’homosexualité à la lumière de la doctrine de l’Église, a laissé l’homosexualité s’exprimer par la voix d’individus et de groupes de chrétiens militants sur ce front. L’homosexualité a ainsi été présentée comme une exigence de l’histoire et une expérience qui n’est pas étrangère à l’Église. Tel était dès le départ l’objectif de l’appareil qui a organisé le Synode, mais il devait être atteint par la méthode de la nouvelle synodalité, c’est-à-dire à partir de la pratique existentielle de l’assemblée synodale et tout au long du temps historique des événements synodaux. Aujourd’hui, les « documents » s’écrivent ainsi, non pas comme le début d’un parcours que l’on souhaite orienter, mais comme son aboutissement final.

    Pendant les travaux du Synode, de nombreux autres événements liés à la question de l’homosexualité se sont produits à l’extérieur. Il suffit de rappeler les diverses initiatives du père Martin à ce sujet ou la participation au jubilé de groupes LGBT organisés. C’est aussi pour cette raison que le Synode revêt une dimension existentielle et historique : ses discussions s’inscrivent dans une pratique plus large qui les conditionne selon un projet. Le rapport final des travaux de groupe, tel que communiqué par le secrétaire Grech, n’avait pas besoin d’exprimer une majorité en faveur de nouveautés révolutionnaires. Il suffisait simplement que ces instances aient intégré la pratique ecclésiale, sa manière d’agir, qui, à ce stade, aurait coïncidé avec sa manière d’être. La perspective, comme nous le répétons, est existentielle, vitaliste et historique : le processus est déjà le résultat.

    Une fois le résultat du vote annoncé, voici le silence de la majorité et le tambour-batteur d’une minorité. Mais les opposants sont-ils vraiment si nombreux ? Et les partisans sont-ils vraiment si peu nombreux ? Dans la perspective d’un cheminement commun, les processus engagés ne s’arrêtent pas aux portes des salles de réunion, mais se poursuivent et vont même au-delà de certains documents officiels du Magistère qui pourraient, à un moment donné, tenter de clarifier les choses.

  • La communauté des jésuites de Liège bientôt fermée

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    Après Mons, Charleroi, Verviers..., c'est à présent la communauté jésuite de Liège qui va fermer ses portes. Cette page qui se tourne ne devrait pas laisser indifférents tous ceux qui ont été formés par les "bons pères" au Collège Saint-Servais. C'est sans doute une fatalité à laquelle on a du mal à se résigner mais la réalité est là avec des vocations qui se raréfient et des effectifs qui vieillissent... On ne peut pourtant que déplorer l'extinction de ces communautés dont l'enseignement a produit tant de fruits chez de nombreuses générations d'élèves mais qui ont aussi participé à la vie intellectuelle et culturelle des cités où elles étaient établies. Faut-il considérer que leur disparition est aussi un des fruits du "nouveau printemps de l'Eglise" ?

    De Vincent Delcorps sur cathobel :

    Les jésuites s’apprêtent à fermer une nouvelle communauté en Belgique…

    Les communautés jésuites belges francophones appartiennent à la Province d'Europe Occidentale Francophone (EOF). Le provincial, le Belge Thierry Dobbelstein, a pris la décision de fermer la communauté de Liège. "Mais la tradition pédagogique jésuite continue", insiste-t-on.

    Le 13 juin prochain sera une date importante pour la Compagnie de Jésus: ce jour-là, un temps d'action de grâce se tiendra pour rendre hommage aux jésuites qui, au fil des siècles, ont assuré une présence dans la ville de Liège. Dans la foulée, la communauté de Liège sera fermée.

    Une présence séculaire

    C'est loin dans le passé qu'il faut se plonger pour trouver trace des premiers jésuites dans la Cité ardente. "Pierre Canisius [religieux néerlandais, l'un des premiers membres de la Compagnie de Jésus, ndlr] y résida un certain temps et un collège fonctionnait en 1582"relit André Moreau, actuel supérieur de la communauté. "En 1616, les jésuites anglais en exil y fondèrent le 'Collège des Anglais'. Saint Servais, premier évêque de la principauté de Liège, fut choisi comme patron d’un collège que les jésuites reprirent en 1838. En 1892, fut créé le collège Saint-Louis, avec une église riche en fresques de saints jésuites."

    Au fil des siècles, et jusqu'à aujourd'hui, la mission des jésuites dans la ville s'est particulièrement exprimée dans trois types d'engagement : l'éducation (en particulier à travers l'Institut Gramme et le Centre scolaire Saint-Benoît-Saint-Servais), la mission spirituelle et l'engagement social.

    Un temps d'action de grâce

    Le 13 juin, l'invitation est large: élèves, anciens élèves, membres du corps enseignant, habitués de l’espace Loyola et fidèles de la chapelle Saint-Joseph... Tous sont invités à rendre grâce. A 18h, une messe d'action de grâce se tiendra en l'église Saint-Christophe. S'ensuivra une séance académique ("L’éducation jésuite d’hier à demain – Plus de 450 ans d’histoire à Liège") au 104 de la Rue Saint-Gilles.

    Si les jésuites s'apprêtent à quitter Liège, "la tradition pédagogique jésuite continue", insiste-t-on dans les rangs de la Province EOF.

    Encore six communautés

    La fermeture de la communauté jésuite de Liège intervient cinq ans après la fermeture de la communauté jésuite de Charleroi. Les jésuites restent toutefois encore bien implantés en Belgique francophone. Ils seront ainsi encore présents à Bruxelles (Saint-Michel, La Viale et La Colombière), Namur (Communauté Notre-Dame de la Paix), Wépion (La Pairelle), et Louvain-la-Neuve.