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Au rythme de l'année liturgique - Page 89

  • Quand Jésus multiplie les pains (17e dimanche du temps ordinaire)

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    Multiplication-des-pains.jpgLe dimanche 29 juillet 2012, avant l'Angelus, Benoît XVI a commenté l'évangile de ce 17e dimanche du temps ordinaire :

    Chers frères et sœurs,

    Ce dimanche, nous avons commencé la lecture du chapitre 6 de l’évangile de Jean. Le chapitre s’ouvre avec la scène de la multiplication des pains, que Jésus commente ensuite dans la synagogue de Capharnaüm, se désignant lui-même comme le «pain» qui donne la vie. Les actions accomplies par Jésus sont parallèles à celles de la dernière Cène: « Il prit les pains, et, après avoir rendu grâce, les leur distribua» - écrit l’Evangile (Jn 6,11). L’insistance sur le thème du «pain», qui est partagé, et sur l’action de grâce (v.11, en grec eucharistesas), rappellent l’Eucharistie, le Sacrifice du Christ pour le salut du monde.

    L’évangéliste observe que la Pâque, la fête, était proche (cf. v. 4). Le regard s’oriente vers la Croix, le don d’amour, et vers l’Eucharistie, la perpétuation de ce don : le Christ se fait pain de vie pour les hommes. Saint Augustin commente ainsi : « Qui, sinon le Christ, est le pain du Ciel ? Mais pour que l’homme puisse manger le pain des anges, le Seigneur des anges s’est fait homme. S’il ne s’était pas fait tel, nous n’aurions pas son corps; en n’ayant pas son propre corps, nous ne mangerions pas le pain de l’autel» (Sermon 130,2). L’Eucharistie est la grande rencontre permanente de l’homme avec Dieu, dans laquelle le Seigneur se fait notre nourriture, se donne Lui-même pour nous transformer en Lui-même.

    Dans la scène de la multiplication, la présence d’un jeune garçon est rapportée, qui, face à la difficulté de rassasier tous ces gens, met en commun le peu qu’il a: cinq pains et deux poissons (cf. Jn 6,8). Le miracle ne se produit pas à partir de rien, mais à partir d’un premier partage modeste de ce qu’un simple jeune garçon avait avec lui. Jésus ne nous demande pas ce que nous n’avons pas, mais il nous fait voir que si chacun offre le peu qu’il a, le miracle peut toujours s’accomplir de nouveau : Dieu est capable de multiplier notre petit geste d’amour et de nous rendre participants de son don. La foule est touchée du prodige: elle voit en Jésus le nouveau Moïse, digne du pouvoir, et dans la nouvelle manne, l’avenir assuré, mais elle s’arrête à l’élément matériel, qu’elle a mangé, et le Seigneur, « sachant qu'ils étaient sur le point de venir le prendre de force et faire de lui leur roi, se retira, tout seul, dans la montagne » (Jn 6,15). Jésus n’est pas un roi terrestre qui exerce la domination, mais un roi qui sert, qui se penche sur l’homme pour satisfaire non seulement la faim matérielle, mais surtout la faim plus profonde, la faim d’orientation, de sens, de vérité, la faim de Dieu.

    Chers frères et sœurs, demandons au Seigneur de nous faire redécouvrir l’importance de se nourrir non seulement de pain, mais de vérité, d’amour, du Christ, du corps du Christ, en participant fidèlement et avec grande conscience à l’Eucharistie, pour être toujours plus intimement unis à Lui. En effet «ce n'est pas l'aliment eucharistique qui se transforme en nous, mais c'est nous qui sommes mystérieusement changés par lui. Le Christ nous nourrit en nous unissant à lui; il nous attire en lui » (exhortation apostolique Sacramentum caritatis, 70). Dans le même temps, nous souhaitons prier pour que ne manque à personne le pain nécessaire pour une vie digne, et pour que soient abattues les inégalités, non pas au moyen de la violence, mais par le partage et l’amour.

    Confions-nous à la Vierge Marie, alors que nous invoquons sur nous et sur ceux qui nous sont chers son intercession maternelle.

  • Ils étaient comme des brebis sans berger...

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    L'évangile du 16e dimanche "ordinaire" (Marc (VI 30-34) trouve un écho saisissant dans ces paroles de l'homélie prononcée par Benoît XVI, le 24 avril 2005, lors de la messe inaugurale de son pontificat :

    "... La sainte inquiétude du Christ doit animer tout pasteur: il n’est pas indifférent pour lui que tant de personnes vivent dans le désert. Et il y a de nombreuses formes de désert. Il y a le désert de la pauvreté, le désert de la faim et de la soif; il y a le désert de l’abandon, de la solitude, de l’amour détruit. Il y a le désert de l’obscurité de Dieu, du vide des âmes sans aucune conscience de leur dignité ni du chemin de l’homme. Les déserts extérieurs se multiplient dans notre monde, parce que les déserts intérieurs sont devenus très grands. C’est pourquoi, les trésors de la terre ne sont plus au service de l’édification du jardin de Dieu, dans lequel tous peuvent vivre, mais sont asservis par les puissances de l’exploitation et de la destruction. L’Église dans son ensemble, et les Pasteurs en son sein, doivent, comme le Christ, se mettre en route, pour conduire les hommes hors du désert, vers le lieu de la vie, vers l’amitié avec le Fils de Dieu, vers Celui qui nous donne la vie, la vie en plénitude. Le symbole de l’agneau a encore un autre aspect. Dans l’Orient ancien, il était d’usage que les rois se désignent eux-mêmes comme les pasteurs de leur peuple. C’était une image de leur pouvoir, une image cynique: les peuples étaient pour eux comme des brebis, dont le pasteur pouvait disposer selon son bon vouloir. Tandis que le pasteur de tous les hommes, le Dieu vivant, est devenu lui-même un agneau, il s’est mis du côté des agneaux, de ceux qui sont méprisés et tués. C’est précisément ainsi qu’il se révèle comme le vrai pasteur: «Je suis le bon pasteur... et je donne ma vie pour mes brebis» (Jn 10, 14 ss.). Ce n’est pas le pouvoir qui rachète, mais l’amour ! C’est là le signe de Dieu: Il est lui-même amour. Combien de fois désirerions-nous que Dieu se montre plus fort! Qu’il frappe durement, qu’il terrasse le mal et qu’il crée un monde meilleur! Toutes les idéologies du pouvoir se justifient ainsi, justifient la destruction de ce qui s’oppose au progrès et à la libération de l’humanité. Nous souffrons pour la patience de Dieu. Et nous avons néanmoins tous besoin de sa patience. Le Dieu qui est devenu agneau nous dit que le monde est sauvé par le Crucifié et non par ceux qui ont crucifié. Le monde est racheté par la patience de Dieu et détruit par l’impatience des hommes." ...

    source : www.vatican.va

  • Jésus, le vrai berger dont a besoin l’humanité déboussolée (16e dimanche B)

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    Homélie de l'abbé Christophe Cossement sur son blog  :

    Montrer le cœur du Père

    16e dimanche B (archive du 18 juillet 2021)

    Jésus, c’est lui le vrai berger. Il est le berger que le peuple d’Israël attendait. Il est le berger dont a besoin l’humanité déboussolée, l’humanité qui est soumise aux décisions de ceux qui cherchent surtout leur intérêt, celui de leur parti, de leur clan ou de leur multinationale. Jésus est le berger qui sait où il doit nous conduire et comment : il nous conduit vers le Père, il est le chemin, la vérité et la vie.

    Voici le but : notre Père, la source de notre vie, de notre joie, lui notre espérance, lui que nous cherchons. Aller vers Lui, c’est vivre. L’aimer, c’est trouver le bonheur. Lui unir notre vie, c’est avancer dans la paix, c’est avancer vers la victoire finale, quand il aura achevé son œuvre en nous, quand son amour nous aura rendus éternels, unis à Lui pour toujours.

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  • Quand l'amour cherche des témoins (15e dimanche du T.O.)

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    De l'abbé Christophe Cossement sur son blog :

    L’amour cherche des témoins

    homélie du 15e dimanche B (archive du 11 juillet 2021)

    Dieu a créé le monde, l’univers entier, par amour. Il veut que nous le sachions, il veut que nous soyons guidés vers lui, vers son cœur. Comment peut-il faire sans nous contraindre ? Comment peut-il faire pour que ce soit par amour que nous allions vers lui, et non par peur ou par opportunisme ? Il a choisi d’envoyer des prophètes, c’est-à-dire des hommes qui acceptent de le servir en disant la parole qu’il leur inspire. Des hommes qui agiront par la persuasion plutôt que par la force, ce qui est une méthode qui correspond à l’amour qu’ils sont chargés d’annoncer. Et si parfois ils annoncent des malheurs et des punitions de la part de Dieu, ce n’est pas sous forme de contrainte, mais d’avertissement. Avertissement que ce n’est pas sans frais que l’on ferme le robinet de la vie et de la vérité, que l’on se détourne de la justice pour choisir l’injustice et le profit aveugle, que l’on met de côté la raison pour se lancer dans la course aux plaisirs passagers.

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  • Défends-moi, Seigneur, comme la prunelle de l'oeil (graduel du 15e dimanche du T.O.)

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    Graduale Graduel
    Ps. 16, 8 et 2 Ps. 16,8 et 2
    ℟. Custódi me, Dómine, ut pupíllam óculi: sub umbra alárum tuárum prótege me. ℣. De vultu tuo iudícium meum pródeat: óculi tui vídeant aequitátem. ℟. Défends-moi, Seigneur, comme la prunelle de l'oeil, protège-moi à l'ombre de Tes ailes. ℣. Que mon jugement procède de Ta face ; que Tes yeux voient l'équité.
  • Jésus est-il accueilli pour qui il est ou pour ce que nous voulons bien qu’il soit ? (14e dimanche du TO)

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    Homélie de l'abbé Christophe Cossement pour le 14ème dimanche du temps ordinaire :

    Un Christ mis en boîte ou un Christ rayonnant ?

    archive du 4 juillet 2021

    Jésus est-il accueilli pour qui il est ou pour ce que nous voulons bien qu’il soit ? Voilà la question que cet évangile pose à toutes les générations au long de ces 2000 ans d’histoire de l’Église.

    Les habitants de Nazareth pensent qu’ils connaissent bien Jésus. Et ils ont en partie raison. Ils le connaissent bien comme homme, ils peuvent parler de sa famille, du métier qu’il exerça au milieu d’eux. Leur témoignage nous est précieux pour nous éviter de tomber dans une vision mythologique de Jésus. Jésus n’est pas un personnage à l’historicité douteuse, né on ne sait trop quand, ayant vécu on ne sait trop comment, mort on ne sait trop dans quelles circonstances. Il y a de plus en plus de gens pour dire très facilement : Jésus n’a jamais existé. Mais cela reflète davantage le progrès de l’idéologie que le progrès de la science. À leur façon, les contemporains de Jésus nous font toucher le concret de sa vie.

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  • 13e dimanche du temps ordinaire : la résurrection de la fille de Jaïre

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    Une homélie du Père Simon Noël pour le 13e dimanche du temps ordinaire :

    Résurrection de la fille de Jaïre, homélie

    L'évangile de ce dimanche nous rapporte deux miracles opérés par Notre-Seigneur : la guérison de la femme qui souffrait d'une perte de sang et la résurrection de la fille de Jaïre. On définit habituellement le miracle comme une intervention extraordinaire de la puissance divine et qui suspend le cours naturel des choses. Le miracle est un signe que Dieu fait à notre foi pour nous faire connaître sa puissance et son amour. Le miracle n'est perçu généralement que par celui qui a la foi. Celui qui refuse la foi cherchera toujours à nier le miracle en cherchant une explication rationnelle à celui-ci. C'est d'autre part la foi qui suscite le miracle, comme le Seigneur le dit si souvent dans l’Évangile : Ta foi t'a sauvé. Parfois, c'est le miracle qui fait naître la foi chez quelqu'un qui a l'âme ouverte et qui cherche loyalement la vérité. Dans ce cas, le miracle opère la conversion, mais le vrai miracle n'est-il pas alors la conversion elle-même ?

    Mais pour celui qui croit en Dieu, la nature elle-même n'est-elle pas un miracle quotidien ? Pour quelqu'un qui sait adorer, le lever du soleil chaque matin ou la poussée des arbres au long des années ne sont-ils pas un signe permanent de la providence et de l'action divines, toujours à l’œuvre dans la création ? Cette belle création n'est-elle pas le premier des miracles ? Pour celui qui croit tout devient signe de l'amour divin.

    Grande est l'audace de la foi de la femme atteinte d'un flux de sang ! Elle était en effet dans un état d'impureté légale. Se mêler à la foule et oser toucher la frange du manteau de Jésus n'était rien d'autre qu'un sacrilège aux yeux de la loi juive. Cette audace lui venait de sa foi profonde et de sa confiance aveugle en Jésus. Il y a dans le geste de cette femme quelque chose qui relève de la religion populaire, comme lorsque de nos jours des pèlerins cherchent à toucher des reliques. La religiosité populaire n'est nullement contraire à l’Évangile, car le Seigneur a toujours manifesté une grande estime pour les pauvres, les petits et les humbles. L’Église a pour principe d'accompagner la religiosité populaire, en l'évangélisant de l'intérieur.

    Jésus ensuite en se rendant chez Jaïre rencontre sur le chemin des personnes qui viennent dire à ce chef de la synagogue : Ta fille est morte. A quoi bon importuner encore le maître ? Or précisément Jésus veut être importuné. Il demande de notre part que notre prière soit toujours insistante, que nous persévérions à demander inlassablement les grâces dont nous avons besoin, même et surtout lorsque les apparences se font contraires.

    Entré dans la maison de Jaïre, Jésus dit cette parole énigmatique : L'enfant n'est pas morte mais elle dort. Pourtant de toute évidence la fillette était bel et bien morte et tout espoir était perdu. Mais le Seigneur nous enseigne ainsi que pour le croyant la mort n'est pas un anéantissement mais un sommeil en attente de la résurrection. C'est pourquoi une prière eucharistique nous fait prier pour les défunts, comme ceux qui se sont endormis dans l'espérance de la résurrection. Et le canon romain dit encore mieux: Souviens-toi de tes serviteurs qui nous ont précédés, marqués du signe de la foi et qui dorment dans la paix. Rappelons ce que la foi nous enseigne à ce sujet. La mort ne concerne que le corps physique, car notre âme spirituelle est immortelle, et au moment de la mort, elle se sépare du corps pour aller au ciel, au purgatoire ou en enfer, selon l'état dans lequel elle se trouve au moment de la mort : état de grâce ou état de péché mortel. Mais à la fin des temps notre corps ressuscitera pour partager le sort de notre âme pendant l'éternité. On raconte que don Bosco avait lui aussi ressuscité un de ses élèves, mort en état de péché mortel et qui se voyait au bord de l'enfer. Revenu à la vie, l'enfant se confessa et fut remis en grâce avec Dieu. Il aurait ensuite souhaité mourir pour de bon afin d'aller vers la vie éternelle.

    Jésus ressuscite la petite fille en lui donnant l'ordre : Je te le dis, lève-toi. La résurrection est en effet le fait de se relever d'entre les morts. Les premiers chrétiens parlaient souvent de la résurrection du Christ comme d'un lever, d'un relèvement d'entre les morts. Telle est la manière traditionnelle de parler de la résurrection, qui met bien en valeur que la mort n'est pas un retour au néant ou au nirvana des bouddhistes mais un sommeil et un passage vers la vie éternelle.

    Une dernière chose. Jésus ordonne enfin de donner à manger à l'enfant. Cela nous rappelle que notre baptême est pour nous déjà une résurrection et que la vie du baptisé doit être nourrie par la méditation de la Parole de Dieu, la prière et l'eucharistie. Toutefois si nous ne pouvons communier sacramentellement, pour quelque raison que ce soit, l'assistance à la messe est à elle seule capable de nous nourrir parce que par elle-même la messe nous imprègne des grâces et des bénédictions divines, car elle est le sacrifice du Christ sur la croix, qui a sauvé le monde par sa mort, et qui nous communique dans l'eucharistie les fruits de sa rédemption, à partir du moment où nous assistons à la messe avec foi et piété.

  • Je te le dis, lève toi ! (13e dimanche du temps ordinaire)

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    Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 5,21-43.

    Jésus regagna en barque l'autre rive, et une grande foule s'assembla autour de lui. Il était au bord du lac. 
    Arrive un chef de synagogue, nommé Jaïre. Voyant Jésus, il tombe à ses pieds et le supplie instamment : « Ma petite fille est à toute extrémité. Viens lui imposer les mains pour qu'elle soit sauvée et qu'elle vive. »Jésus partit avec lui, et la foule qui le suivait était si nombreuse qu'elle l'écrasait. [...]

    Comme il parlait encore, des gens arrivent de la maison de Jaïre pour annoncer à celui-ci : « Ta fille vient de mourir. A quoi bon déranger encore le Maître ? » 
    Jésus, surprenant ces mots, dit au chef de la synagogue : « Ne crains pas, crois seulement. » 
    Il ne laissa personne l'accompagner, sinon Pierre, Jacques, et Jean son frère. 
    Ils arrivent à la maison du chef de synagogue. Jésus voit l'agitation, et des gens qui pleurent et poussent de grands cris. 
    Il entre et leur dit : « Pourquoi cette agitation et ces pleurs ? L'enfant n'est pas morte : elle dort. » 
    Mais on se moquait de lui. Alors il met tout le monde dehors, prend avec lui le père et la mère de l'enfant, et ceux qui l'accompagnent. Puis il pénètre là où reposait la jeune fille. 
    Il saisit la main de l'enfant, et lui dit : « Talitha koum », ce qui signifie : « Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! » 
    Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher - elle avait douze ans. Ils en furent complètement bouleversés. 
    Mais Jésus leur recommanda avec insistance que personne ne le sache ; puis il leur dit de la faire manger.

    Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

     

    Commentaire extrait du Discours adressé par Jean-Paul II aux jeunes du Chili en avril 1987 (trad. DC 1939, p. 481):

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  • Le Christ dans la tempête : son sommeil même est une leçon de foi

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    Du sur The Catholic Thing :

    In sinu Patris

    Or, force est de reconnaître que le premier soupçon est fondé. Dieu nous éprouve et nous met à l’épreuve. Il a permis que les apôtres soient assaillis par la tempête sur la mer de Galilée. Ce n’était pas non plus la seule fois. Après la multiplication des pains et des poissons, Jésus envoya les apôtres traverser la mer sans lui pendant qu'il se retirait sur la montagne pour prier. Plus tard, regardant la mer, « il vit qu’ils étaient secoués en ramant, car le vent était contre eux ». (Marc 6:48) Le Tout-Bon et Tout-Puissant a permis à ses amis les plus proches de subir cette épreuve.

    En fait, c’est ainsi que Dieu traite ceux qui lui sont les plus proches et les plus dévoués. La vigne fructueuse doit être taillée. (cf. Jean 15 :2) Ainsi, il a éprouvé son propre peuple Israël dans le désert. Il a laissé le mystique Saint Paul être battu par un ange de Satan (cf. 2 Corinthiens 12, 7). Il a permis que sa propre épouse, l'Église, soit assaillie par des tempêtes qui semblent l'accabler. Il permet à chacun de nous d’être mis à l’épreuve. Sainte Thérèse, une de ses intimes durement éprouvées, lui a plaisanté : « Si c'est ainsi que vous traitez vos amis, ce n'est pas étonnant que vous en ayez si peu !

    Nous devons donc reconnaître avec sobriété que Dieu permet les tempêtes dans nos vies et nous permet d’être éprouvés. Cette vérité apparemment dure nous affranchit du culte moderne d’un dieu thérapeutique dont le seul rôle est de nous apporter du réconfort. Si tout ce que vous voulez, c'est du réconfort, trouvez un autre Dieu.

    Pourtant, il y a cet autre soupçon. Si Dieu nous met à l’épreuve, où est-il entre-temps ?

    "Jésus était à l'arrière, endormi sur un coussin." C'est une question séculaire : pourquoi Dieu semble-t-il inactif lorsque nous sommes au milieu de difficultés et d'épreuves ? S’Il est tout-puissant, pourquoi n’utilise-t-Il pas ce pouvoir immédiatement ou, mieux, pour empêcher que cela se produise en premier lieu. Pourquoi semble-t-il ne rien faire pendant que nous luttons contre la tempête ? Pourquoi Dieu semble-t-il ne rien faire alors que son Église est fouettée par le vent et les vagues ?

    Le Christ dans la tempête sur la mer de Galilée par Ludolf Backhuysen [Musée d'art d'Indianapolis à Newfields]

    Pour nous aider à grandir dans la foi. Il se retire non pas pour nous abandonner mais pour nous inviter à lui faire davantage confiance. La vigne fidèle est taillée pour porter de plus grands fruits. Ainsi, après avoir réprimandé le vent et la mer, il réprimande les Apôtres comme pour expliquer son sommeil : « Pourquoi avez-vous peur ? Gens de peu de foi ? »

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  • Pourquoi avoir peur ? Comment se fait-il que vous n’ayez pas la foi ? (12e dimanche du T.O.)

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    P2420374.JPGHomélie du Père Joseph-Marie Verlinde (homelies.fr - archives)

    Rien ne distingue physiquement Notre-Seigneur d’un autre homme. A en juger au programme de ses journées et aux nuits passées en prière, il est certes particulièrement résistant ; mais il a néanmoins besoin de repos comme tout le monde. La journée de prédication l’a épuisé ; aussi s’endort-il sans tarder sur le coussin - à vrai dire très dur - dont se servaient les rameurs dans les barques de pécheurs de l’époque. Il dort même si profondément, que ni le hurlement du vent soufflant en tempête, ni le fracas des vagues malmenant le frêle embarquement, ne troublent son mystérieux sommeil.

    A bout de ressources, craignant d’être à chaque instant engloutis par cette mer déchaînée, « ses compagnons le réveillent » tout angoissés, et lui crient leur détresse : « Maître nous sommes perdus : cela ne te fait rien ? ». Etonnement et reproches se mélangent dans ce cri qui semble l’ultime recours de ces hommes, pourtant habitués à affronter les tempêtes subites et redoutables de ce lac au microclimat capricieux. Répondant aussitôt à leur appel de détresse, Jésus se lève, et avec une autorité souveraine, « il interpelle le vent avec vivacité ». Saint Marc vient d’utiliser le même verbe que celui par lequel il décrivait la prise de pouvoir de Jésus sur les démons. Poursuivant son action, Jésus s’adresse également à la mer comme à une altérité personnelle, pour lui imposer le silence. Et les éléments obéissent instantanément, comme s’ils reconnaissaient la voix de leur Maître. On imagine sans peine la stupeur de ces pécheurs ! Non seulement les démons, mais même « le vent et la mer lui obéissent ! ».

    En évoquant cet épisode, la liturgie de ce jour nous encourage à découvrir nous aussi par la foi, celui qui est présent à l’ordinaire de nos journées si souvent bousculées. Certes sa présence est à ce point discrète qu’il semble dormir ; pourtant lui seul a autorité sur les forces du mal qui nous accablent. Comme le rappelait le pape Benoît XVI lors de sa récente visite pastorale en Pologne : « Jésus se tait, mais il agit ». Comment en effet celui qui « retient la mer quand elle jaillit du sein de l’abîme », qui la « lange de nuage » comme une mère le ferait pour son enfant, qui « fait de la nuée son vêtement et lui impose des limites » (1ère lect.), comment pourrait-il être menacé par une bourrasque, aussi impressionnante fût-elle à nos yeux ? « C’est au cœur des tempêtes qu’il nous cherche le plus » écrivait Saint Thérèse d’Avila en guise d’encouragement, à des carmélites soumises à de rudes épreuves. Mais comme il nous est difficile de discerner la présence rassurante de Notre-Seigneur, dans nos barques ballotées sur les flots en furie de nos vies en proie à tant de difficultés !

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  • Le Sacré-Cœur, une dévotion qui unit l'affection et la raison

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    De Nico Spuntoni sur la NBQ :

    Le Sacré-Cœur, une dévotion qui unit l'affection et la raison

    Le monde offre "une vision superficielle et illusoire de l'amour", où le sacrifice n'est pas envisagé. "Mais l'amour chrétien est plus profond et signifie imiter le Christ". Dans la spiritualité du Sacré-Cœur, l'affection, l'intelligence et la volonté travaillent ensemble. La Bussola s'entretient avec le cardinal Collins.

    19_06_2024

    Juin est le mois consacré au Sacré-Cœur de Jésus. Un culte qui a apporté de grands fruits de sainteté à l'Église et dont la diffusion est particulièrement due à sainte Marguerite-Marie Alacoque (1647-1690). Benoît XVI a rappelé que "dans le cœur du Rédempteur, nous adorons l'amour de Dieu pour l'humanité, sa volonté de salut universel, son infinie miséricorde". Cette dévotion profondément eucharistique est particulièrement chère au cardinal Thomas Christopher Collins qui, lorsqu'il était archevêque de Toronto, a écrit une belle lettre pastorale sur le Sacré-Cœur de Jésus intitulée "Le cœur parle au cœur". Le cardinal canadien revient sur l'importance de ce culte, surtout aujourd'hui, dans cet entretien accordé à la Nuova Bussola Quotidiana. 

    Cardinal Collins, que peut enseigner la couronne d'épines avec laquelle est représenté le Sacré-Cœur de Jésus à une société comme celle d'aujourd'hui où la souffrance fait peur ?

    L'amour véritable implique le sacrifice, et cet amour généreux et sacrificiel implique souvent la souffrance. Nous lisons l'amour sacrificiel de Jésus dans la lettre aux Philippiens (2,6-11), où saint Paul dit que la deuxième personne de la Trinité ne s'est pas accrochée à son égalité avec Dieu, mais qu'elle s'est vidée d'elle-même et est venue dans notre monde, jusqu'à accepter la mort sur la croix. Une couronne d'épines entoure donc le Sacré-Cœur de Jésus, comme lors de sa crucifixion, car l'amour qu'il offre n'est pas autoréférentiel, mais généreusement sacrificiel, comme devrait l'être le nôtre si nous vivons à l'imitation du Christ. Nous partageons la souffrance des autres, et parce que nous vivons dans un monde qui se détourne de Dieu, aujourd'hui comme dans la vie du Christ sur Terre, ceux qui sont fidèles peuvent faire l'expérience de la souffrance. Il y a plus de martyrs aujourd'hui qu'au premier siècle. Notre monde offre souvent une vision superficielle et illusoire de l'amour qui évite la possibilité d'une couronne d'épines ; mais l'amour chrétien est plus profond et signifie imiter le Christ ; il a offert un amour généreux dans un monde de gens au cœur dur, et cela a conduit à une couronne d'épines. Nous, chrétiens, ne devons pas essayer d'éviter le risque de souffrance que courent ceux qui offrent l'amour du Christ dans ce monde parfois froid.

    Un cœur blessé pour symboliser l'amour véritable, l'amour divin. Pourquoi ne s'agit-il pas d'une contradiction ?

    La blessure dans l'image du Sacré-Cœur nous rappelle le fondement biblique de cette dévotion, qui n'est pas un simple exercice de piété, mais qui, comme la dévotion à l'Eucharistie et la dévotion à Marie, a un solide contenu doctrinal enraciné à la fois dans l'Écriture et dans la tradition. En Jean 19, 34, nous lisons qu'un soldat a transpercé le côté de Jésus avec une lance et qu'il en est sorti du sang et de l'eau. Cette blessure au cœur physique de Jésus sur la croix a été considérée à juste titre comme représentative non seulement de sa souffrance, au même titre que la couronne d'épines, mais aussi de la grâce sacramentelle qui découle de la souffrance, de la mort et de la résurrection du Christ. La grande encyclique du pape Pie XII sur le Sacré-Cœur s'intitule Haurietis aquas, d'après le verset du prophète Isaïe (12, 3) : "Vous puiserez avec joie l'eau aux sources du salut". L'amour du Christ se déverse sur nous et, surtout à travers les sacrements, en particulier le baptême et l'eucharistie, nous offre une source de salut dans notre voyage à travers le désert séculaire, dans ce territoire hostile à notre foi, dans lequel nous sommes en route vers la terre promise. L'amour chrétien s'enracine dans la réalité et non dans l'illusion, et cette réalité implique à la fois la lutte contre le mal et la réalité encore plus grande de l'expérience de la grâce de Dieu.

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  • La Parole qui nous est annoncée (11ème dimanche du temps ordinaire)

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    Evangile du jour : Marc 4, 26-34

    Parlant à la foule en paraboles, Jésus disait : « Il en est du règne de Dieu comme d'un homme qui jette le grain dans son champ : nuit et jour, qu'il dorme ou qu'il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D'elle-même, la terre produit d'abord l'herbe, puis l'épi, enfin du blé plein l'épi. Et dès que le grain le permet, on y met la faucille, car c'est le temps de la moisson. » 

    Jésus disait encore : « A quoi pouvons-nous comparer le règne de Dieu ? Par quelle parabole allons-nous le représenter ? Il est comme une graine de moutarde : quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences du monde. Mais quand on l'a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ; et elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre. »

    Par de nombreuses paraboles semblables, Jésus leur annonçait la Parole, dans la mesure où ils étaient capables de la comprendre. Il ne leur disait rien sans employer de paraboles, mais en particulier, il expliquait tout à ses disciples.

    Homélie du Père Joseph-Marie Verlinde (Archive 2009) (homelies.fr)

    « Jésus leur annonçait la Parole » : l’expression peut surprendre. Lorsque nous annonçons un message, nous communiquons à nos interlocuteurs un discours composé d’un certain nombre de paroles. Ici par contre, l’objet de la communication est constitué d’une seule Parole. Pourtant Notre-Seigneur est obligé de raconter de nombreuses paraboles pour transmettre l’information contenue dans cette unique Parole.

    Nous pressentons le caractère mystérieux de cette Parole qu’il est impossible de prononcer, délivrer, communiquer en tant que telle, mais qui ne peut être que désignée, suggérée, dans un discours parabolique. Or, comme son nom l’indique, la para-bole veut nous élever de ce qui est décrit dans le récit, vers ce qu’il annonce ; ou encore : de ce qui est perceptible et donc susceptible d’être formulé dans le langage, vers ce qui est présent de manière imperceptible et qui demeure dès lors indicible, ineffable. La parabole veut donc nous mettre en route vers une destination inconnue, qui est précisément cette fameuse Parole que Jésus annonce et qu’il désigne également comme étant le « Règne de Dieu ».

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