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Au rythme de l'année liturgique - Page 91

  • 4e dimanche de l'Avent : "Voici que tu vas concevoir et enfanter un Fils"

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    L'Annonciation par Simone Martini (Sienne - XIVe s.) (Florence, Uffizi)

    Missel.free propose l'évangile du jour opportunément enrichi et expliqué par des commentaires (en bas de page) empruntés à d'importants maîtres spirituels:

    Suite du saint Évangile de notre Seigneur
    Jésus-Christ selon Saint Luc (I 26-38).

    L'Ange Gabriel[1] fut envoyé par Dieu[2] dans une ville de Galilée, appelée Nazareth[3], à une jeune fille, une vierge[4], accordée en mariage[5] à un homme de la maison de David, appelé Joseph[6] ; et le nom de la jeune fille était Marie.

    L'Ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce[7], le Seigneur est avec toi[8]. »

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  • La maternité de Marie - 4e dimanche de l'Avent

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    4582851e.jpgHomélie du Père Joseph-Marie Verlinde (fsJ) (Homelies.fr - Archive 2008)

    Après Jean-Baptiste, la liturgie de ce jour introduit la seconde figure clé de l’Avent : la Vierge Marie. Plus encore que le Précurseur, elle est le modèle pour l’Eglise durant le « grand Avent » préparant le retour glorieux du Seigneur, mais aussi pour l’accueil du même Epoux dans ses venues quotidiennes, sous le voile des différentes formes que revêtent sa présence réelle au milieu de nous. Jour après jour, l’Eglise doit être cette terre vierge qui se laisse féconder par la « pluie bienfaisante » qui descend des nuées, afin de « donner naissance au Sauveur » (Or. ouv.) dans les âmes des fidèles. L’Eglise, c'est-à-dire l’ensemble des baptisés rassemblés dans une même foi, mais aussi chacun d’entre nous, dans le face à face personnel qui constitue l’essence même de notre vie spirituelle. Car Dieu veut habiter parmi nous, faire en nous sa demeure éternelle : tel est « le mystère qui est maintenant révélé : il était resté dans le silence depuis toujours, mais aujourd’hui il est manifesté » (2nd lect.). Et ce mystère, c’est que tout être humain est prédestiné à accueillir « la germe impérissable, la Parole vivante de Dieu » (1 P 1, 23), afin de collaborer à la naissance du Christ en lui.

    On ne peut dire plus clairement que la femme en sa maternité, est l’archétype de l’humanité dans le plan de Dieu. La Vierge enceinte nous révèle la capacité de la nature humaine à recevoir Dieu en sa chair. A l’heure où la société cherche légitimement à trouver la place spécifique de la femme au sein de la culture, il est bon de se souvenir que la finalité de toute vie humaine est de participer à un mystère d’enfantement : « afin que le Christ soit formé en vous » (Ga 4, 19). Ce qui suppose que face à Dieu, la dimension spirituelle de l’être humain est essentiellement féminine. « A la paternité divine comme qualificatif de l’être de Dieu, répond directement la maternité féminine comme spécificité religieuse de la nature humaine, sa capacité réceptive du divin » (Paul Evdokimov).

    C’est pourquoi l’annonciation dépasse l’événement de l’incarnation du Verbe dans le sein de la Vierge : il est l’annonce de la maternité de l’Eglise tout entière, c'est-à-dire de chacun des croyants, qui tous sont appelés à participer à l’enfantement du Corps du Christ, né de la Vierge Marie. Nous imaginons sans peine que pour accueillir un tel hôte, il y aura besoin de quelques transformations intérieures, disons d’un certain rafraîchissement des peintures et des papiers peints. Heureusement, le Seigneur nous fait dire « qu’il nous fera lui-même une maison » dans laquelle nous pourrons vivre avec lui « des jours tranquilles, délivrés de tous nos ennemis » (1ère lect.). Ce que Dieu a accompli en Marie par une grâce prévenante, il veut l’accomplir également en nous par une grâce purifiante qui nous rende digne de devenir son Temple. En fait ce grand œuvre est déjà commencé : depuis le jour de notre baptême, nous sommes « le Temple de Dieu et l’Esprit de Dieu habite en nous » (1 Co 3, 16). Nous aussi, « la puissance du Très-Haut nous a pris sous son ombre » afin d’enfanter en nous le « Fils de Dieu ».

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  • Comment la spiritualité franciscaine a joué un rôle fondateur dans la dévotion envers l'Enfant Jésus

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    De Guillaume Daudé sur le Figaro Vox :

    «À la crèche, Dieu se dépouille entièrement pour se faire connaître et aimer des hommes»

    Fresque de Giotto dans la basilique supérieure d’Assise sur «Le miracle de la crèche de Greccio» (1296-1299).
    Fresque de Giotto dans la basilique supérieure d’Assise sur «Le miracle de la crèche de Greccio» (1296-1299). © Luisa Ricciarini / Bridgeman Images

    ENTRETIEN - Il y a 800 ans, Saint François d’Assise créait la première crèche à Greccio. Pour l’historien André Vauchez, la spiritualité franciscaine joue un rôle fondateur dans la dévotion envers l’Enfant Jésus en approfondissant le mystère de l’Incarnation.

    André Vauchez est historien médiéviste, membre de l’Institut de France. Spécialiste de l'histoire de la sainteté et de la spiritualité au Moyen Âge, il a notamment publié une biographie de référence sur François d'Assise (Fayard, 2009). Dernier livre paru: Sanctuaires chrétiens d'Occident, IVe-XVIe siècle (Le Cerf, 2021).

     

    LE FIGARO. – Il y a 800 ans, dans la nuit de Noël 1223, Saint François d'Assise créait une crèche vivante à Greccio. Est-il l'inventeur de la crèche ? Quel sens lui a-t-il donné ?

    André VAUCHEZ. – Il existe une dévotion à la crèche depuis les origines du christianisme, notamment à Sainte Marie Majeure, l'une des cinq basiliques majeures de Rome, où sont vénérées des reliques de la crèche dans une des nombreuses chapelles – quelques morceaux de bois censés évoquer la maison du Christ. Cette dévotion n'est pas centrale dans la vie religieuse des chrétiens de l'époque ; elle va le devenir avec Saint François qui joue un rôle fondateur dans le culte de l'Enfant Jésus.

    Dans les Vies de Saint François d'Assise de Thomas de Celano, écrites deux ans après la mort du saint, l'auteur raconte que François demande au seigneur de Greccio de préparer dans ce petit village une mangeoire et du foin, un bœuf et un âne pour mettre en place une crèche vivante. Cette mise en scène est tout à fait originale ; elle s'appuie seulement sur un passage du livre d'Isaïe dans lequel il est dit que lorsque Dieu visitera son peuple, celui-ci ne le reconnaîtra pas au contraire de l'âne et du bœuf. Cette référence assez vague devient très concrète avec François, à l'origine de la tradition selon laquelle les animaux soufflent sur le bébé de leur haleine chaude, lui offrant réconfort et chaleur.

    Face au spectacle de la crèche, François, après la lecture de l'Évangile, se met à prêcher sur un thème novateur : la nudité du Christ. Le Christ, vrai Dieu et roi de l’univers, se dépouille de ses ornements pour venir nu parmi les hommes en signe de pauvreté, explique-t-il. Sa manière de parler de l'enfant de Bethléem est si lyrique et exaltée qu'un homme du pays croit voir un enfant endormi dans la crèche, puis François s'approcher de celui-ci qui ouvre alors les yeux. Quelle est la signification de cette vision miraculeuse ? François a réveillé le message évangélique, il l'a ravivé dans le cœur de l'homme et a remis la figure du Christ au cœur du monde en exaltant la pauvreté de l'enfant de Bethléem.

    Saint François d'Assise, qui développe la dévotion envers l'humanité du Christ sans pour autant diminuer sa divinité. Son humanité est pour lui le prolongement de sa divinité, car Dieu veut se faire connaître et aimer des hommes.

    André Vauchez

    La nativité est un des épisodes de la vie du Christ le plus représenté. Pourquoi figurer la naissance du Christ ?

    La nativité est surtout représentée dans l'art médiéval et moderne mais pas vraiment dans les catacombes des premiers siècles, où l'on représente plutôt le Christ ressuscité, adulte, dans sa toute-puissance divine. Avec François et à partir du XIIIe siècle, l'humanité du Christ est redécouverte et se développe une vision plus sensible de sa personne. L'accent est mis sur la nativité, c'est-à-dire la venue de Dieu dans la chair, et corrélativement l'iconographie de la crèche se développe.

    En quoi la spiritualité franciscaine a-t-elle renouvelé la compréhension du mystère de l'Incarnation fêté à Noël ?

    L'Incarnation est un dogme fondamental dans le christianisme depuis les origines, mais il est approfondi et popularisé par Saint François d'Assise, qui développe la dévotion envers l’humanité du Christ sans pour autant diminuer sa divinité. Son humanité est pour lui le prolongement de sa divinité, car Dieu veut se faire connaître et aimer des hommes. Son message pourra ainsi être reçu par l'humanité. François représente en quelque sorte le passage d'un christianisme théologique à un christianisme sensible.

    Noël a-t-il toujours été une fête familiale ? Comment l'a-t-on fêté au Moyen-Âge et à travers les âges ?

    À partir de la crèche de Greccio, les franciscains ont développé cette pratique à travers la dévotion à l'Enfant Jésus. À partir de la fin du Moyen Âge et au XVIe et XVIIe, se multiplient les représentations de Jésus enfant. Noël devient la fête de l'enfance du Christ, et par extension celle de tous les enfants. Ce thème est très présent dans les Évangiles : «Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent» (Matthieu, 19, 14). Pourquoi ? Car l'enfant est totalement dépendant de son créateur et de ses parents ; c'est un être pauvre. Il est un symbole de dépouillement et en ce sens doit inspirer les chrétiens. François tient beaucoup à ce thème de la nudité. Quand il sent la mort approcher, il demande à ses disciples de le mettre par terre, dépouillé de ses vêtements, en signe de retour à Dieu, comme le prophète Job l'a exprimé «Nu je suis sorti du ventre de ma mère, et nu j'y retournerai. Le Seigneur a donné, le Seigneur a ôté».

    La crèche est un hommage au Christ enfant et à travers lui à tout enfant. Il ne faut pas oublier que la crèche est aussi devenue une œuvre d'art. Cette polysémie de la crèche fait qu'on n'a pas de raison d'y être hostile : croyants et non-croyants peuvent s'y rencontrer.

    André Vauchez

    Si Jésus, Marie et Joseph sont déjà présents dans le texte de Saint Luc, c'est à partir du XVIIe siècle que l'accent est mis sur ce qu'on appelle dès lors la Sainte Famille, donnée ensuite en modèle à toutes les familles au XIXe siècle lorsque le pape Léon XIII en fait une véritable dévotion.

    En 2019 dans la lettre apostolique Admirabile signum , le pape François a invité à renouer avec une lecture spirituelle de la crèche. N'est-elle aujourd'hui qu'une tradition culturelle ?

    Cette question se pose aujourd'hui de manière brûlante à cause des attaques en Justice contre l'installation des crèches dans les municipalités. La crèche devient une dimension fondamentale de la piété catholique à partir du XVIe et XVIIe siècle, alors que la crèche n'est plus l'apanage des franciscains. Elle devient une manifestation extérieure de la dévotion et fait partie de la culture chrétienne.

    Aujourd'hui la question est plus compliquée : si beaucoup en parlent aux enfants comme une tradition culturelle, pour certains la crèche reste une référence religieuse. Cette pratique n'est en tout cas pas ostentatoire, et n'est pas une occupation prosélyte du terrain. Elle est un hommage au Christ enfant et à travers lui à tout enfant.

    Il ne faut pas oublier que la crèche est aussi devenue une œuvre d'art, notamment en Italie du Sud – le musée de la crèche à la Chartreuse de San Martino au-dessus de Naples en est le plus bel exemple. L'art de la crèche s'est aussi développé dans les pays germaniques au XVIIe et XVIIIe siècle chez les Luthériens – le fameux marché de Noël de Strasbourg s'appelle « le marché de l'enfant de Jésus » en alsacien. Cette polysémie de la crèche fait qu'on n'a pas de raison d'y être hostile : croyants et non-croyants peuvent s'y rencontrer.

  • Liège, église du Saint-Sacrement (Bd d’Avroy, 132) lundi 25 décembre 2023 : Fête de la Nativité

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    Inauguration de la crèche de Noël

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    Messes du Jour de Noël

    10h00 : messe célébrée en latin (missel de 1962), chants grégoriens (schola du Saint-Sacrement), Carol « have yourself à Merry christmas » et « Shalom aleikem qui est un chant de paix en hébreux (soprano solo), adeste fideles (hymne traditionnel, XVIIIe s.) et orgue (Patrick Wilwerth).

    11h15 : messe célébrée en français (missel de 1970), motets et hymnes de Noël, chants grégoriens et orgue (sœur Marie-Elie)

  • Sur la signification de la crèche de Noël

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    Lettre apostolique du pape François sur la signification de la crèche de Noël

    archive 2019

    (CNS photo/Vatican Media)

    Voici la lettre apostolique du pape François, "Admirabile signum", sur la signification et la valeur de la crèche de Noël. Document signé lors de sa visite au sanctuaire de la crèche, à Greccio, le dimanche 1er décembre 2019:

    1. Le merveilleux signe de la crèche, si chère au peuple chrétien, suscite toujours stupeur et émerveillement. Représenter l'événement de la naissance de Jésus, équivaut à annoncer le mystère de l'Incarnation du Fils de Dieu avec simplicité et joie. La crèche, en effet, est comme un Évangile vivant, qui découle des pages de la Sainte Écriture. En contemplant la scène de Noël, nous sommes invités à nous mettre spirituellement en chemin, attirés par l'humilité de Celui qui s'est fait homme pour rencontrer chaque homme. Et, nous découvrons qu'Il nous aime jusqu’au point de s’unir à nous, pour que nous aussi nous puissions nous unir à Lui. Par cette lettre je voudrais soutenir la belle tradition de nos familles qui, dans les jours qui précèdent Noël, préparent la crèche. Tout comme la coutume de l'installer sur les lieux de travail, dans les écoles, les hôpitaux, les prisons, sur les places publiques... C'est vraiment un exercice d'imagination créative, qui utilise les matériaux les plus variés pour créer de petits chefs-d'oeuvre de beauté. On l’apprend dès notre enfance : quand papa et maman, ensemble avec les grands-parents, transmettent cette habitude joyeuse qui possède en soi une riche spiritualité populaire. Je souhaite que cette pratique ne se perde pas ; mais au contraire, j'espère que là où elle est tombée en désuétude, elle puisse être redécouverte et revitalisée.

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  • Le chemin de la vraie joie (homélie pour le 3e dimanche de l'Avent)

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    L'homélie de l'abbé Christophe Cossement pour le 3e dimanche de l’Avent (B) (archive 2017) :

    le chemin de la vraie joie

    Aujourd’hui c’est le dimanche du Gaudete, de la joie, et nous redécouvrons cette réalité fondamentale : nous sommes faits pour la joie. C’est Dieu qui a mis en nous le désir d’être comblés de joie. Quand on lit le récit de la création de l’homme et de la femme (Gn 2), on comprend que cette joie se trouve dans l’amitié avec Dieu, et dans la confiance avec laquelle on va dépendre de lui.

    Mais l’histoire de la création nous raconte aussi le péché originel (Gn 3), c’est-à-dire ce mouvement intérieur de l’homme qui dit : je ne veux pas dépendre, je veux me débrouiller tout seul et vivre comme je le décide.

    À partir de cela, notre recherche de joie va se fracasser sur les limites et les peines de la vie (Gn 3,16). Et nous serons devant une alternative : ou bien nous débrouiller pour mettre la main sur quelques petites joies de la vie, tous les plaisirs modernes ou anciens, et tirer plus ou moins bien notre épingle du jeu. On peut même le faire en étant un peu généreux, juste ce qu’il faut pour avoir bonne conscience. Mais notre cœur est quand-même assez loin de Dieu, et il ne le regarde que comme un accessoire spirituel pour la vie de l’honnête homme. Et nous sentirons aussi amèrement que nos joies sont fragiles, qu’elles ne reposent que sur des circonstances incertaines. En réaction, nous pourrions dire que nous ne mettrons notre joie que dans ce qui dépend de nous… Mais comment serions-nous par nous-mêmes une source de joie suffisante ?

    Ou bien nous disons : je veux vivre la grande joie, la joie pleine et débordante pour laquelle tout mon être est fait. Je ne me contente pas des joies que je peux prendre, mais j’espère la joie que Dieu me promet. C’est cela que nous célébrons aujourd’hui : la joie que Dieu promet. Car Dieu ne reste pas insensible à l’homme, il ne lui dit pas : tu veux partir, eh bien débrouille-toi ! A contraire, il pense à une alliance, il l’annonce par des prophètes, il la prépare avec Jean-Baptiste, il la scelle avec Jésus. Et aujourd’hui nous recevons de la bouche de saint Paul ce commandement de la joie : « soyez toujours dans la joie… c’est la volonté de Dieu à votre égard ! » (1 Th 5,16) Dieu vient à Noël et il dit : ne restez pas tristes au milieu de tous vos désirs inassouvis, venez chanter avec la Vierge Marie : « mon âme exalte le Seigneur » (Ps), et avec Isaïe : « je tressaille de joie dans le Seigneur » (Is 61).

    C’est très instructif de voir qu’au moment où Dieu veut réjouir notre cœur de façon très simple par sa venue, par son sourire au fond de nous, qui peut nous remplir de reconnaissance, c’est le moment où dans la rue on nous propose de nous réjouir pour tout ce qui passe, tout ce qui casse, tout ce qui lasse. Il ne faudrait pas s’étonner qu’après il y ait une vague tristesse qui traîne dans nos cœurs. Mais si vous voulez payer le prix de la vraie joie plutôt que celui des joies éphémères, heureux êtes-vous ! Nous achetons la vraie joie en renonçant à quelques futilités, et aussi à ces désirs qui nous jettent hors de nous-mêmes et nous font perdre la paix. Et même en acceptant quelques humiliations qui nous libèrent de notre amour-propre. Alors nous pouvons passer du temps pour penser à Dieu, à sa présence en nous, pour lui dire notre amour. Bref, pour entrer plus avant dans la prière. Cela nous pousse à nous engager aussi, par amour de lui et des autres, dans tel service, telle visite, tel coup de main, tel pardon. Peu à peu une joie imprenable grandit en nous, parce que nous pouvons dire : Dieu est grand, son amour est puissant, et je vis dans l’amitié du Christ chaque instant de ma vie. C’est la joie qui naît de l’amour.

    Et si cette amitié vous semble loin, n’est-ce pas le moment de vivre le sacrement de réconciliation ? Une bonne confession sans chichis, sans retenue, quel coup de soufflet sur les braises de l’amour ! Notre vocation est de goûter la Lumière qui, d’en haut, est venue dans le monde et qui y vient maintenant. Nous sommes tant aimés !

  • Troisième dimanche de l'Avent, dimanche de la Joie

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    Gaudete.jpegHomélie du Père Joseph-Marie Verlinde fsJ (homelies,fr - archive 2008)

    L’antienne d’ouverture donne le ton à toute la liturgie de ce jour : « Soyez dans la joie du Seigneur, soyez toujours dans la joie, le Seigneur est proche ». Cette invitation pressante à la joie, a donné le nom à la Messe de ce troisième dimanche de l’Avent : « Gaudete », c'est-à-dire réjouissez-vous. La couleur liturgique adaptée à cette tonalité eut été le rose, mais cette pratique traditionnelle est tombée quelque peu en désuétude.

    Quelle est la cause de cette joie ? « Le Seigneur est proche ». Nous n’attendons pas un Dieu lointain dont la venue serait encore hypothétique, un Messie annoncé pour un temps reculé : non, notre joie est toute entière dans la paisible certitude de la présence au milieu de nous de celui qui est venu dans l’humilité de la crèche, qui viendra dans la gloire au dernier Jour, et qui dans l’entre-deux, continue de venir visiter les siens pour les secourir de sa grâce, les instruire de sa Parole, les fortifier de son Eucharistie.

    Cette joie est donc celle de sa présence, cachée certes, mais bien réelle : « le Seigneur est proche ». Ne nous a-t-il pas déjà « enveloppé du manteau de l’innocence et revêtu des vêtements du salut » (1ère lect.) ? Il est donc juste de « tressaillir de joie » dans l’Esprit qui repose sur nous, « parce que le Seigneur nous a consacrés par l’onction » (Ibid.). C’est pourquoi Saint Paul nous exhorte à « être toujours dans la joie, à prier sans relâche, à rendre grâce en toute circonstance » (2nd lect.), dans la fidélité au don reçu : « n’éteignez pas l’Esprit ».

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  • « Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas : c'est lui qui vient derrière moi »

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    "Evangile au Quotidien", pour ce 3e dimanche d'Avent, propose une homélie de Saint Grégoire le Grand (v. 540-604), pape et docteur de l'Église
    Homélies sur l'Évangile, n°7 (trad. Le Barroux rev.)

    « Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas : c'est lui qui vient derrière moi »

    « Moi, je baptise dans l'eau ; mais au milieu de vous se trouve quelqu'un que vous ne connaissez pas. » Ce n'est pas dans l'esprit, mais dans l'eau que Jean baptise. Impuissant à pardonner les péchés, il lave par l'eau le corps des baptisés, mais ne lave pas l'esprit par le pardon. Pourquoi donc baptise-t-il, s'il ne remet pas les péchés par son baptême ? Pourquoi, sinon pour rester dans son rôle de précurseur ? De même qu'en naissant, il avait précédé le Seigneur qui allait naître, il précédait aussi, en baptisant, le Seigneur qui allait baptiser. Précurseur du Christ par sa prédication, il le devenait également en donnant un baptême qui était l'image du sacrement à venir.

    Jean a annoncé un mystère lorsqu'il a déclaré que le Christ se tenait au milieu des hommes et qu'il ne leur était pas connu, puisque le Seigneur, quand il s'est montré dans la chair, était à la fois visible en son corps et invisible en sa majesté. Et Jean ajoute : « Celui qui vient après moi a passé devant moi » (Jn 1,15)...; il explique les causes de la supériorité du Christ lorsqu'il précise : « Car il était avant moi », comme pour dire clairement : « S'il l'emporte sur moi, alors qu'il est né après moi, c'est que le temps de sa naissance ne le resserre pas dans des limites. Né d'une mère dans le temps, il est engendré par le Père hors du temps ».

    Jean manifeste quel humble respect il lui doit, en poursuivant : « Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de sa sandale ». Il était de coutume chez les anciens que si quelqu'un refusait d'épouser une jeune fille qui lui était promise, il dénouait la sandale de celui à qui il revenait d'être son époux. Or le Christ ne s'est-il pas manifesté comme l'Époux de la sainte Église ?... Mais parce que les hommes ont pensé que Jean était le Christ -- ce que Jean lui-même nie -- il se déclare indigne de dénouer la courroie de sa sandale. C'est comme s'il disait clairement... : « Je ne m'arroge pas à tort le nom d'époux » (cf Jn 3,29).

  • Le Mystère de Noël, du grégorien au jazz

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    https://fb.watch/oFjDRkKCS6/

    lien pour acheter les billets :

    https://rcf.be/concert-mystere-de-noel

    - Samedi 16/12 : Rhode-Saint-Genèse
    - Dimanche 17/12 : Bruxelles, église de la Viale
    - Vendredi 22/12 : Beauraing

    Achetez ou offrez des places en cliquant ici

  • BXL (Sainte-Catherine), 16 décembre : "Gardez vos lampes allumées"; concert de chants de Noël et veillée d'adoration

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    Gardez vos lampes allumées

    Unir les voix

    La première intuition de ce projet était de réunir des chorales pour chanter ensemble à l’occasion de Noël. Au fil des années, il s’est avéré que bien plus que de réunir des voix, ce projet réunit aussi l’Église en faisant intervenir de nombreux groupes, paroisses, communautés, missionnaires…

    Lors de cette veillée, nous travaillons ensemble, chacun selon son charisme, et c’est une belle grâce.

    Chanter Noël

    La venue de Jésus est une telle joie, qu’il est presque impossible de ne pas la chanter. Cette joie déborde, et notre chant doit être entendu. C’est pourquoi la grande chorale chante dehors sur les marches de l’Église. Une attention particulière est mise pour la sonorisation et l’éclairage, et c’est la ville qui s’en occupe depuis quelques années pour le plus grand bonheur des participants du marché de Noël, qui se font plaisir de chanter avec nous ces chants qui ont bercé leur enfance.

    Entrer dans la crèche

    A la chorale, s’ajoute aussi une crèche vivante. Il y a l’ange, tout en haut de l’Église qui joue de la trompette et qui annonce: « n’ayez pas peur…voilà que je vous annonce une grande joie… »
    Et puis il y a Marie, Joseph et l’âne qui traversent la foule depuis le fond de la place accompagnés des bergers. Ces derniers distribuent des cierges à toute la foule, si bien que depuis la torche de Joseph, la lumière se répand et bientôt toute la place est illuminée. Enfin, la chorale s’ouvre pour laisser entrer la Sainte famille, les bergers et la foule.

    Adorer Jésus

    S’en suit une veillée d’adoration, où l’on alterne chant et texte pour aider à prier. De nombreux prêtres sont présents pour donner le sacrement de réconciliation, les missionnaires invitent, accueillent, offrent une bougie à déposer devant le Saint Sacrement et pendant deux heures c’est plus de deux milles bougies qui vont être déposées aux pieds de Jésus.
  • L'influence de saint Jean de la Croix sur Karol Wojtyła

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    D'Antonio Tarallo sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    "J'explique l'influence de saint Jean de la Croix sur Wojtyła".

    "Le travail de jeunesse de Karol Wojtyła sur les œuvres de saint Jean de la Croix a duré environ huit ans" et a abouti à la thèse de doctorat consacrée à la doctrine de la foi du saint espagnol. La Bussola s'entretient avec le père Andrzej Dobrzyński.

    14_12_2023

    À Rome, un espace de mémoire est dédié à Karol Wojtyła : il s'agit du Centre de documentation et d'étude du pontificat de Jean-Paul II, une institution qui appartient à la Fondation Jean-Paul II, créée le 16 octobre 1981. L'objectif du centre d'étude est de collecter et de conserver des documents et des objets ayant appartenu au pape polonais, afin d'en faire un sujet de recherche et d'étude. Parmi les nombreux documents de valeur conservés dans les archives figure la thèse de doctorat du jeune Wojtyła sur saint Jean de la Croix. À l'occasion de la journée de la mémoire liturgique du saint espagnol, La Nuova Bussola Quotidiana a interviewé le père Andrzej Dobrzyński, directeur du centre d'études de Rome, pour comprendre à quel point la théologie de saint Jean de la Croix a influencé la pensée de Wojtyła.

    Père Dobrzyński, pourquoi Wojtyła a-t-il choisi Saint Jean de la Croix comme sujet de sa thèse de doctorat ?

    À Wadowice, il y avait un couvent de carmélites : Karol Wojtyła avait l'habitude de se rendre dans ce lieu pour prier. C'est là qu'il a reçu le scapulaire de Notre-Dame du Mont Carmel, et c'est également dans ce couvent qu'il se confessait tous les mois. C'est probablement à cet endroit qu'il entendit parler pour la première fois de saint Jean de la Croix. Lorsqu'il a déménagé avec son père à Cracovie, il a rencontré le vénérable Jan Tyranowski (1901-1947), économiste de formation et tailleur de profession. Jan menait une vie spirituelle profonde et a présenté à Wojtyła la figure de saint Jean de la Croix. C'est à cette époque que Wojtyła est entré en contact étroit avec les pères carmélites de Cracovie. L'un d'entre eux fut son confesseur. Un autre frère avec lequel il s'est lié d'amitié était le traducteur de l'œuvre de saint Jean de la Croix en polonais. Un autre encore était un père carme espagnol, théologien. La Seconde Guerre mondiale est alors en cours et Wojtyła doit travailler dans une usine et une carrière. Contre l'interdiction des occupants nazis, il entre dans un séminaire clandestin, mais n'exclut pas de passer chez les carmélites à la fin de la guerre.

    À la fin de ses études de théologie, dans le cadre de sa spécialisation en théologie dogmatique, sous la direction d'un professeur, Wojtyła rédige sa thèse Le concept de moyen d'union avec Dieu dans les œuvres de saint Jean de la Croix. Tout en rédigeant cette thèse, il commence à apprendre l'espagnol afin de lire les œuvres du mystique espagnol dans la langue originale. Le sujet de sa thèse de doctorat à l'Angelicum de Rome est donc La doctrine de la foi chez saint Jean de la Croix, rédigée sous la direction d'un théologien de renom, le dominicain Réginald Garrigou-Lagrange.

    Quels sont les points les plus importants de cette thèse ?

    La thèse de doctorat se compose d'une partie analytique et d'une partie synthétique. Wojtyła concentre son attention sur le rôle de la foi comprise comme une vertu théologale, infusée dans l'union avec Dieu. La raison joue un rôle important dans ce processus de rapprochement avec Dieu, tout comme la grâce : la foi est un pont qui relie deux rives, l'homme et Dieu. Cette union ne conduit pas à une confusion entre la nature divine et la nature humaine, mais donne à l'homme la possibilité de participer à la vie de Dieu. Ce processus démontre la capacité de l'homme à se transcender. En même temps, le rôle de la raison, soutenue par la lumière de la foi, et des autres capacités humaines, à savoir la volonté et les affections, est souligné. La foi ordonne l'action de l'homme et lui permet de faire l'expérience de Dieu.

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  • Les paroles fortes du cardinal Zen pour le temps de l'Avent et le temps d'aujourd'hui

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    De OnePeterFive :

    Le cardinal Zen parle de Dubia et de la synodalité pendant l'Avent

    12 décembre 2023

    Le temps de l'Avent et de Noël a toujours été l'un des moments les plus intenses de l'année liturgique, car nous nous souvenons de l'Incarnation du Fils de Dieu qui vient nous sauver. L'évêque émérite de Hong Kong, le cardinal Joseph Zen, nous offre un beau témoignage en proposant dans un nouveau livre ses méditations sur ce temps liturgique.

    Nous avons récemment interrogé Son Éminence sur son nouveau livre et sur bien d'autres sujets.

    Aurelio Porfiri : Votre Éminence, comment allez-vous ?

    Cardinal Zen : Je dirais que je vais plutôt bien, ma santé n'est pas trop mauvaise pour mon âge, j'approche les 92 ans et je suis donc très reconnaissant à Dieu qui m'a permis d'arriver jusqu'à aujourd'hui en assez bonne forme. En toute chose, nous devons être reconnaissants à Dieu pour ce qu'il nous offre. Après des moments difficiles, je sens que je reprends des forces et j'espère que je pourrai bientôt reprendre mes activités antérieures, comme la visite des prisonniers, un apostolat qui me tient à cœur et que j'exerce maintenant depuis plus de 20 ans.

    Vous tenez-vous informé de l'actualité ?

    Il est certain que je me tiens très au courant des nouvelles, surtout celles qui concernent l'Église et qui, naturellement, m'intéressent et me concernent d'une manière toute particulière. Aujourd'hui, avec les moyens de communication modernes, il est très facile de se tenir au courant de tout ce qui se passe. Il faut savoir en faire bon usage et naturellement, s'agissant de nouvelles qui nous parviennent de sources multiples et disparates, il faut savoir en faire une lecture critique, en faisant preuve d'une saine prudence. Pensons aux informations contradictoires qui nous parviennent, par exemple, sur les guerres en cours, qui ne sont pas seulement des guerres de territoires, mais surtout des guerres de propagande.

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