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Eglise - Page 847

  • Chercher le pauvre Lazare couché à notre porte - 26e dimanche du temps ordinaire

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    Homélie du Père Joseph-Marie Verlinde (homelies.fr - Archive 2007)

    Lectures du jour : messe,26e.dimanche.du.temps.ordinaire

    « Cet homme, c’est toi » (2 Sm 12, 7). Ces paroles par lesquelles le prophète Nathan accuse le roi David, pourraient fort bien m’être attribuées à moi, qui me scandalise devant l’indifférence de ce mauvais riche faisant bombance, tout en ignorant le pauvre Lazare, mendiant sur le pas de sa porte. Comme David qui se scandalisait du comportement de ce riche propriétaire égorgeant l’agnelle du pauvre pour épargner son cheptel, alors que lui-même venait de prendre la femme de Uri le Hittite, ainsi moi aussi je me fais l’accusateur des riches de ce monde, en refusant de voir que j’en fais partie. « Esprit faux ! Enlève d’abord la poutre de ton œil, alors tu verras clair pour retirer la paille qui est dans l’œil de ton frère » (Lc 6, 42). Ne faisons-nous pas partie de « ceux qui vivent bien tranquilles et se croient en sécurité » (1ère lect.) alors que tant de nos frères sont aux aboies, tourmentés par la faim, la maladie, le dénuement ; pourchassés sur les routes de l’exil, exposés à toutes sortes de violence ? Nous sommes tellement habitués au spectacle de la misère du monde, que nous finissons par la regarder de loin, de très loin ; en tout cas d’assez loin pour ne pas en être dérangés. 

    En disant cela je ne cherche pas du tout à culpabiliser qui que ce soit ; d’ailleurs je parle à la première personne, et si nous sommes tant soit peu honnêtes, nous n’aurons nulle peine à nous reconnaître dans ce comportement qui affecte globalement la grande majorité des pays occidentaux, croyants et non-croyants confondus. 

    Pourtant nous savons fort bien que cette inertie nous accuse : « le Seigneur », lui, « protège l’étranger ; il soutient la veuve et l’orphelin ; il fait justice aux opprimés ; aux affamés il donne le pain » (Ps 145). C’est-à-dire qu’il attend de nous que nous lui permettions d’accomplir ces œuvres élémentaires de compassion, en nous rendant disponibles à son Esprit de charité. Jésus nous a enseigné - et nous a surtout montré - le comportement de Dieu à notre égard : c’est par compassion pour notre misère que le Verbe a pris chair de notre chair ; « lui qui était riche, il est devenu pauvre à cause de nous, pour que nous devenions riches par sa pauvreté » (2 Co 8, 9). Aussi notre vraie richesse est-elle de consentir à nous appauvrir pour nos frères, comme lui, le Christ, l’a fait pour nous.

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  • L'excellente lettre ouverte de Jean-Jacques Durré à la députée Sophie Rohonyi sur l'avortement et la laïcité

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    De Jean-Jacques Durré sur facebook :

    Lettre ouverte à Sophie Rohonyi, députée

    Chère Sophie,

    Permettez-moi de vous appeler par votre prénom puisque nous habitons la même commune et que vous étiez venue sonner à ma porte pour tenter de me convaincre de vous apporter ma voix lors des élections communales d'octobre 2018. Vous voilà donc aussi, depuis mai dernier, siégeant au Parlement fédéral comme députée. Dans cette prestigieuse enceinte, vous avez pris à bras le corps les problèmes liées à la laïcité et à la bioéthique. C'est à ce titre que je vous écris cette lettre ouverte, non pour contrer vos idées, mais parce que je pense que vous vous trompez de combat.

    Vous vous dites athée. Je suis croyant pratiquant. Nous partons donc de postulats différents, mais notre objectif est le même, du moins je l'espère: à savoir contribuer à la construction d'une société plus juste, où l'équité devrait être prépondérante.

    Venons-en à vos récentes interventions. D'abord celle sur la dépénalisation totale de l'avortement et partant de transformer l'intervention volontaire de grossesse en simple "acte médical". C'est un dossier complexe et douloureux, dans lequel tant de critères entrent en ligne de compte. Comme tous, y compris les chrétiens, je comprends la détresse de certaines femmes face à des situations qui sont catastrophiques. Mais, ce qui me gêne dans votre proposition, c'est que vous prévoyez que le délai maximum de douze semaines pour pouvoir avorter, prévu par la loi, soit prolongé à dix-huit voire vingt-quatre semaines. Ne sauriez-vous pas que le cœur est le tout premier organe fonctionnel du corps humain, dès les débuts de la vie utérine? Le cœur d'un embryon humain se forme à partir du seizième jour de grossesse et les premiers battements apparaissent moins d'une semaine plus tard, dès le vingt-deuxième jour. Et qui dit battement de cœur, dit aussi "vie". Voilà pourquoi l'Eglise entend protéger cette vie en construction. Soi-dit en passant, car vous semblez bien mal connaître cette Eglise qui me porte, elle condamne l'acte car il met fin à la vie, mais JAMAIS la personne! Si vous connaissiez le nombre de jeunes femmes ayant recours à l'IVG qui viennent consulter ensuite un prêtre, un diacre ou même un évêque! Car c'est aussi un fait que les partisans de l'IVG occultent: la détresse de ces mères en devenir, qui interrompent leur grossesse. Comme toute militante pro-IVG vous mettez en avant "le droit des femmes à disposer de leur corps". Un droit que personne ne conteste, puisqu'ici il ne s'agit pas de cela. Ce dont il s'agit, c'est le droit à la vie d'un enfant à naître! C'est tout! Le reste n'est que sémantique.

    Vous allez plus loin encore en voulant réduire le temps de réflexion laissé pour prendre la décision d'avorter ou non. Selon la loi, un délai de six jours de réflexion au moins doit être respecté entre l’entretien préalable et l’intervention en elle-même sauf s’il existe une raison médicale urgente. Vous voulez le ramener à… 48h! Pourquoi? De peur que la patiente ne change d'avis? Pensez-vous que ce soit une décision facile à prendre? Enfin, cerise sur le gâteau si vous me permettez l'expression, vous demandez que soit aussi supprimée l’obligation d’information par rapport à l’adoption, partant du principe que "c’est infantilisant". Certes, les femmes savent que cette possibilité existe, mais lorsqu'on est dans la détresse d'une grossesse non voulue, y songent-elles? Par ailleurs, votre projet veut aussi instaurer un délit d’entrave pour ceux qui empêcheraient un médecin de pratiquer une IVG, je lis par-là que certaines institutions hospitalières d'obédience chrétienne pourraient se voir condamner pour empêcher que l'on mette fin à la vie de l'enfant en leur sein. Est-ce là votre conception de la démocratie et de la liberté de conscience de chacun(e)?

    Votre deuxième combat est celui d'inscrire le principe de laïcité dans le Constitution belge. Un thème que revient fréquemment. En Belgique, l'Etat est neutre et la séparation entre l'Eglise et de l'Etat est bien réelle. Si je m'oppose à l'inscription de la laïcité de notre Constitution, c'est parce que dans notre pays, la laïcité organisée est reconnue comme organisation philosophique non confessionnelle, à l'inverse de la France, et que ses conseillers sont payés par le ministère de la Justice, tout comme les prêtres. Pour avoir interviewé plusieurs fois Hervé Hasquin, historien, ancien parlementaire et ministre, secrétaire perpétuel honoraire de l'Académie Royale de Belgique, qui ne cache pas son appartenance à la franc-maçonnerie et ses convictions laïques, voici ce qu'il déclare: "Le principe de laïcité n'est pas nécessaire pour la bonne conduite de notre pays. La nôtre (c-à-d la laïcité) en Belgique, n’en déplaise à quelques têtes mitrées du courant laïque, est vraiment plurielle. Dès lors, à quoi servirait-il sur le plan juridique de la couler dans notre charte fondamentale ?". Et de poursuivre: "Le contexte conflictuel qui ne manquera pas de se renforcer pourrait surtout donner du grain à moudre aux islamophobes de toute espèce."

    Dans son livre intitulé "Inscrire la laïcité dans la Constitution belge ?" (Académie royale de Belgique, 140 pp., 7 €) – que je vous conseille vivement de lire -, Hervé Hasquin, se retourne contre les laïques car il estime que "le risque est réel que le combat des démocrates contre les barbares ne soit perçu comme un combat chrétien contre l’islam. Et la laïcité pourrait être instrumentalisée par les extrémistes. Le conditionnel n’est plus de mise Outre-Quiévrain : la radicalisation de certains laïques a ouvert une brèche dans laquelle s’est engouffrée la droite extrême et l’extrême droite de l’Hexagone qui ont récupéré la laïcité" (SIC). Si vous désirez réécouter les interviews radio de Hervé Hasquin, dans l'émission "En débat", vous pouvez vous rendre sur le site de Cathobel (vous ne risquez rien) ou sur rcf.be (pas de danger non plus). Elles y figurent en podcast et vous noterez au passage l'ouverture qui est la nôtre. Sa conclusion est claire (et ce sont ses mots): "Il ne faut pas inscrire la laïcité dans la Constitution!"

    Je terminerai cette missive en abordant le dernier de vos "combats": le financement des cultes. Dans l'émission CQFD, sur la RTBF en radio et en télévision - qui fut un beau moment de journalisme biaisé et trompeur dans la mesure où on interroge Caroline Sassegesser, présentée à juste titre comme chercheuse au CRISP mais en omettant de préciser qu'elle est chargée de cours à l'ULB et qu'elle a publié différents ouvrages par l'intermédiaire du Centre d'Action Laïque! – vous partez d'un chiffre pour justifier une modification du financement des cultes, à savoir celui de la fréquentation régulière des messes dominicales, soit 5%. Si on s'en tenait effectivement à ce seul pourcentage, je pourrais vous comprendre. Mais c'est faire fi de tous ces animateurs pastoraux qui ne comptent pas leur temps pour visiter les prisonniers, les malades, les personnes âgées dans les homes, les isolés, les personnes en fin de vie, les plus fragiles de notre société. Que ce soit ici ou à l'étranger. Avez-vous pensé à cela? Voilà aussi à quoi sert l'argent versé à l'Eglise de Belgique: à soulager les maux et douleurs de notre monde. Cela semble vous échapper. La fréquentation des messes et lieux de culte ne sont que la face émergée d'une immense masse de solidarité, qui se pratique sans faire parler d'elle mais dont l'importance est vitale.

    Mon âge me permet de vous donner un conseil: avant de s'attaquer à un dossier, il faut en connaître toutes les composantes. Vous ne connaissez pas l'Eglise, ni l'Evangile. C'est un droit de chacun de suivre ou non le Christ. Mais avant de vous en prendre à elle, essayez de découvrir la beauté de son message, la réalité quotidienne de ce que pratiquent les clercs et autres laïcs engagés: aimez-vous les uns les autres! C'est tout ce que je vous souhaite.

    Jean-Jacques Durré

  • Chine : des enseignants et des élèves fustigés en raison de leur foi

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    De site Bitter Winter :

    Des enseignants et des élèves fustigés en raison de leur foi

    27/09/2019

    Forcés de choisir entre la fidélité à leur foi et la loyauté au PCC, ceux qui choisissent la première option paient un lourd tribut : la suspension, l’expulsion et des répressions à vie.

    Les universitaires et enseignants d’école en Chine ont la responsabilité de former les « héritiers du socialisme » et sont astreints à lutter sans relâche pour la cause éducative du Parti » ; à l’instar des militaires, des membres du Parti communiste et des fonctionnaires, il leur est également interdit d’avoir des convictions religieuses. D’autre part, les étudiants subissent sont menacés d’être expulsés s’ils ne renoncent pas à leur foi.

    Un enseignant d’université suspendu

    Un membre du personnel enseignant d’une université de la province septentrionale du Shanxi, titulaire d’un doctorat, a d’abord été rétrogradé et plus tard suspendu en raison de ses croyances religieuses.

    Au mois d’avril, après avoir été dénoncé pour participation aux rassemblements religieux, l’enseignant a été suspendu par l’école au motif de « soupçon de violation de la loi ».

    Avant la suspension, l’école a fait pression sur l’enseignant à maintes reprises pour qu’il renonce à sa foi, lui faisant comprendre que sa qualité de fonctionnaire ne lui permettait pas de participer aux rassemblements religieux et qu’il avait intérêt à se tenir à l’écart des « lieux illicites ». Suite à son arrestation, l’administration de l’école a menacé de retenir son salaire et de le suspendre de ses fonctions pendant la durée de l’enquête.

    Ce n’était pas la première fois que cet enseignant avait des ennuis avec les autorités. Il y a deux ans, sous la pression de l’équipe d’inspection centrale, l’école l’a blâmé pour « conduite des activités missionnaires illégales ». Peu de temps après, il a écopé d’un abaissement de grade et a été suspendu de ses fonctions d’enseignant, avec une paye réduite au salaire de base.

    Bien qu’ayant repris son service après deux mois de suspension, on ne lui confie plus que des tâches de moindre importance. En outre, il est considéré comme une « personne sensible sur le plan politique » et doit soumettre un rapport idéologique à l’école chaque mois.

    « La croyance religieuse traverse un temps de crise en Chine », a-t-il déclaré à Bitter Winter, en ajoutant qu’il est depuis longtemps préparé à être licencié à tout moment.

    En novembre 2017, un maître de conférences d’une université du Shanxi a été suspendu en raison de sa foi et a écopé d’un blâme administratif d’une validité d’un an. Bien que la période de validité de la sanction disciplinaire soit arrivée à son terme, il n’a toujours pas été rétabli dans ses fonctions d’enseignant.

    Un élève de l’école militaire expulsé

    En Chine, dans plusieurs cas, ceux qui choisissent de suivre leur conscience et de vivre leur foi religieuse paient le prix de leur décision.

    Un élève de 22 ans d’une académie militaire spécialisée dans les technologies de sécurité nationale a été expulsé de l’école pour avoir refusé de renoncer à sa foi chrétienne. Un avis d’expulsion lui a été notifié au mois de juillet, à la suite d’une enquête minutieuse menée par l’école sur les croyances religieuses des élèves, ouverte suite à un ordre de la Commission militaire centrale publiée au début de l’année 2019.

    La décision de l’académie militaire d’exclure l’élève en raison de sa foi.

    La décision de l’académie militaire d’exclure l’élève en raison de sa foi.

    D’après certaines sources, l’école savait que l’élève était religieux avant son enrôlement, mais l’avait tout de même admis en raison de ses excellentes notes. Par l’« éducation idéologique », l’école a essayé de pousser le jeune chrétien à abandonner sa foi pendant ses études, lui faisant entendre clairement que les chrétiens ne sont pas autorisés à fréquenter cet établissement, et qu’un soldat ne peut bien évidemment pas avoir des convictions religieuses. On lui a donné le choix : soit il quittait l’école, soit il renonçait à sa foi.

    « La foi est plus importante pour moi que ma vie », a déclaré l’élève chrétien en toute franchise. « Sans ma foi je n’aurais pas de vie ».

    Un croyant d’une église de maison âgé de 25 ans, originaire de la ville de Yantai dans la province orientale du Shandong a eu une expérience similaire. Il s’est enrôlé dans l’armée, mais a été expulsé de son unité en 2017 en raison de sa foi.

    Reportage : Wang Yong

    Et, pendant ce temps, à Rome, on s'autocongratule d'avoir signé un accord avec cette Chine intolérante et roublarde.

  • L'Assemblée synodale allemande : c'est parti et ce n'est pas sans risques...

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    D'Ed Condon sur le site du National Catholic Register :

    Les évêques allemands votent en faveur de l'adoption des statuts de l'Assemblée synodale

    FULDA, Allemagne - Les évêques allemands ont voté en faveur de l'adoption d'un ensemble de statuts pour leur "Assemblée synodale", prévue depuis longtemps. Cette décision a été prise lors d'un vote le 25 septembre, dernier jour de la session plénière des évêques allemands.

    Les évêques ont voté en faveur de l’adoption des statuts par 51 voix contre 12, avec une abstention. Le vote a suivi des heures de débat concernant plusieurs amendements. Divers changements ont été proposés et examinés en réponse aux préoccupations du Vatican selon lesquelles un projet précédent des statuts n'était «pas valable sur le plan ecclésiologique».

    Des hauts responsables de la conférence ont déclaré à CNA (Catholic News Agency) mardi soir que "quelques modifications mineures" avaient été adoptées par la conférence, mais que le texte révisé des statuts ne serait pas publié avant mercredi au plus tôt.

    Des sources ont également déclaré à CNA que la version finale du document comprenait un préambule révisé faisant directement référence aux priorités synodales définies par le pape François dans sa lettre de juin à tous les catholiques allemands.

    Le préambule fera spécifiquement référence à «la primauté de l'évangélisation, au sensus ecclesiae et à la considération de l'unité avec l'Église universelle», a confirmé CNA, mais les domaines à examiner par les groupes de travail du synode (forums synodaux) resteront les mêmes, annoncés précédemment: examen de l'enseignement de l'Église sur la morale sexuelle, le rôle des femmes dans les offices et les ministères de l'Église, la vie et la discipline sacerdotales et la séparation des pouvoirs dans la gouvernance de l'Église.

    Mardi soir, Mgr Rudolph Voderholzer, évêque de Ratisbonne, a publié une déclaration dans laquelle il expliquait que, même si certaines modifications avaient été apportées par rapport aux versions précédentes, il restait opposé aux statuts.

    «J'ai voté contre les statuts», a déclaré l'évêque. «Dans un débat de plusieurs heures, certaines améliorations de détail ont été apportées. Mais j’ai clairement indiqué à plusieurs reprises que l’orientation thématique des forums [synodaux] semble ne pas tenir compte de la réalité de la crise de la foi dans notre pays. ”

    Mgr Voderholzer a ajouté que, tout en restant attaché au principe de la synodalité préconisé par le pape, il souhaitait mettre "au procès-verbal" qu'il "existe au moins une minorité d'évêques préoccupés par le fait que les vrais problèmes [par rapport à l'Eglise en Allemagne] ne peut pas être traités selon les statuts approuvés.

    L'évêque a noté que, malgré le nouveau préambule, il n'y aura pas de forum synodal sur l'évangélisation.

    En août, le comité exécutif des évêques a rejeté une proposition synodale alternative, rédigée par l’évêque Voderholzer et le cardinal Rainer Woelki de Cologne, visant à se conformer à une lettre envoyée par le pape François à tous les catholiques allemands en juin. Ce document aurait centré les forums synodaux sur les thèmes de l'évangélisation, de la formation des laïcs, de la catéchèse et du ministère des vocations.

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  • Belgique : le culte catholique est-il "surfinancé" ?

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    De Catherine Tonero sur le site de la RTBF :

    CQFD : Le culte catholique est-il surfinancé au vu de la pratique?

    L'Eglise catholique capte environ 83% des moyens alloués aux différents cultes reconnus en Belgique, alors que moins de 10% des Belges se disent catholiques pratiquants (selon le dernier rapport annuel de l'Eglise catholique). Faut-il dès lors revoir le financement public des cultes en Belgique? C'est la question qui fait débat dans CQFD ce mercredi. Pour en parler : Tommy Scholtès, porte-parole des évêques de Belgique et Sophie Rohonyi, députée fédérale DéFI, réclamant un financement plus équitable des cultes.

    Une matière jamais réformée

    Le financement des cultes en Belgique trouve son origine dans la Constitution de 1831. Fruit d'un compromis entre catholiques et libéraux, elle prévoit l'indépendance de l'Eglise et de l'Etat, mais aussi le financement public des cultes, pour l'utilité sociale qui leur est reconnue. "Quand la Belgique a été créée en 1831, elle a conservé les instruments de financement public des cultes qui avaient été mis en place sous le régime français, explique Caroline Sägesser, chargéz d'étude au CRISP, et donc nous vivons encore aujourd'hui avec des principes très largement hérités de cette époque".

    Depuis lors, plusieurs lois ont élargi la reconnaissance (et donc le financement) à d'autres cultes. Six cultes sont ainsi financés aujourd'hui chez nous: catholique, protestant, israélite, anglican, orthodoxe et islamique. Il faut ajouter à la liste des bénéficiaires la laïcité organisée, depuis 1993. Tommy Scholtès, le porte-parole des évêques de Belgique, précise à cet égard: "nous sommes le seul pays au monde où la laïcité organisée fait partie de l'organisation des cultes".

    Pourquoi nous réduire à la pratique à l'église?

    Sur un montant global de 330 à 350 millions d'euros annuels alloués au financement des cultes (CRISP), environ 83% va au culte catholique, le plus largement implanté en Belgique. Suit la laïcité organisée avec environ 10% du montant total et l'islam (6%). Une répartition que beaucoup jugent inégale, au vu du nombre de catholiques pratiquants déclarés (10%).

    DéFI, qui revendique l'inscription de la laïcité dans la Constitution, souhaite réformer le système: "accorder la majorité du financement à un culte qui n'est pas pratiqué à la même hauteur, c'est faire fi de la réalité et de l'évolution de notre société, multiculturelle et pluraliste", explique Sophie Rohonyi. "Je ne sais pas pourquoi on veut absolument nous réduire à la pratique à l'église", rétorque Tommy Scholtès.

    "Impôt philosophiquement dédicacé"

    Parmi les modèles alternatifs, celui d'un impôt dédicacé: le contribuable décide de payer une part de l'impôt à l'organisme religieux ou laïque de son choix. Deux modèles du genre sont déjà à l'oeuvre, en Allemagne et en Italie.

    On en est pas là chez nous, mais c'est une piste clairement envisagée chez DéFI, ainsi qu'un étude scientifique rigoureuse qui déterminerait qui est croyant ou pratiquant (il n'existe pas de critères de reconnaissance formalisés dans la loi actuellement).

    CQFD, Ce Qui Fait Débat, un face à face sur une question d'actualité chaque jour à 18h20 sur La Première et à 20h en télé sur La Trois.

    CQFD : Le culte catholique est-il surfinancé au vu de la pratique? (avec Tommy Scholtès, porte-parole des évêques de Belgique et Sophie Rohonyi, députée fédérale DéFI, réclamant un financement plus équitable des cultes. / Partie 1 / Partie 2 / Partie 3)

  • France : face aux transgressions éthiques, les évêques ne sont pas tous des chiens muets

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    De Mélinée Le Priol sur le site du journal La Croix :

    Contre la loi de bioéthique, l’appel de plusieurs évêques

    Alors que le projet de révision des lois de bioéthique est examiné à l’Assemblée nationale à partir du mardi 24 septembre, plusieurs évêques de France ont écrit aux fidèles de leur diocèse pour exprimer leurs inquiétudes quant à ce texte, dont ils dénoncent les « transgressions éthiques ».

    25/09/2019

    « Le calendrier parlementaire fait qu’il y a urgence à inviter les catholiques à prier pour leurs législateurs », affirme Hedwige Nicolas. Cette urgence, cette mère de famille du Var a décidé d’en faire un événement diocésain : une veillée de prière à la cathédrale Notre-Dame-de-la-Seds de Toulon. Elle se tiendra le jeudi 26 septembre, deux jours après l’arrivée dans l’hémicycle du projet de loi de bioéthique, qui prévoit notamment l’ouverture de la PMA à toutes les femmes.

    Cette veillée aura pour but de « prier pour la France », comme l’annonce l’affiche de l’événement, avec le sous-titre : « Pour que notre pays protège les plus fragiles ». Sur fond bleu, un dessin stylisé mêle la silhouette de la Vierge Marie aux contours de l’Hexagone.

    Si cette initiative du diocèse de Toulon provient d’une laïque, la majorité des prises de position exprimées ces derniers jours dans l’Église de France sont le fait d’évêques : ceux de Bayonne, Pamiers, Versailles, Beauvais ou encore Cambrai ont publié sur le site de leurs diocèses des communiqués alertant sur les « transgressions éthiques » que comporte ce projet de loi, « gravement défaillant » selon Mgr Matthieu Rougé, évêque de Nanterre.

    Un « devoir » d’évêque

    Ces déclarations font suite à la soirée organisée au Collège des Bernardins, le 16 septembre, par la Conférence des évêques de France (CEF), au cours de laquelle trois poids lourds de l’épiscopat avaient déjà émis leurs réserves et inquiétudes face au projet de loi.

    Quelques mouvements d’Église ont aussi pris publiquement la parole sur ces questions, à l’instar du Mouvement chrétien des retraités (MCR), qui invite ses membres à « savoir à quels risques nous exposent les choix dénués de toute reconnaissance de la dignité de la personne ».

    « Il n’est sans doute pas très utile d’ajouter une nouvelle prise de parole à celles, nombreuses, pertinentes, élaborées, que l’on peut aisément trouver dans la presse et sur les réseaux sociaux », estime pour sa part Mgr Jean-Marc Eychenne, évêque de Pamiers. Se demandant même s’il n’y a pas « une sorte de narcissisme à vouloir coûte que coûte apporter son grain de sel », il dit tout de même vouloir attirer l’attention des fidèles sur quatre points, qu’il détaille en quelques paragraphes.

    Mgr Marc Aillet, lui, « (croit) de (son) devoir d’évêque » d’adresser un message – long de six pages – aux prêtres, consacrés et laïcs de son diocèse de Bayonne, tandis que Mgr Éric Aumonier, évêque de Versailles, considère aussi qu’« en tant qu’évêques, nous devons éclairer les consciences »« Nous ne cherchons pas une victoire politique, assure-t-il, nous parlons et agissons pour les générations qui viennent ».

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  • Une voie synodale allemande ouvrant la voie à Vatican III ?

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    De Maike Hickson sur LifeSiteNews :

    Cdl Marx: «pas de signal d’arrêt» du pape François pour notre voie synodale allemande sur le célibat et la morale sexuelle

    24 septembre 2019 (LifeSiteNews)

    Le cardinal Reinhard Marx a donné hier, le premier jour de l'assemblée d'automne des évêques allemands à Fulda, une conférence de presse au cours de laquelle il a évoqué sa récente rencontre avec le pape François et le cardinal Marc Ouellet et ses plans pour le prochain chemin synodal allemand, qui, comme il le souligne, n'est «pas un synode» ou un «concile particulier» qui serait soumis au droit canonique.

    S'exprimant au sujet de sa visite et de ses conversations à Rome qui se sont terminées le 20 septembre, le président de la Conférence des évêques allemands et archevêque de Munich-Freising a insisté sur le fait qu'ils avaient été «globalement positifs et encourageants».

    «Il n'y a pas de signal d'arrêt», a expliqué Marx, «c'était une rencontre constructive» avec Ouellet et le pape, de sorte que «je ne peux pas considérer que la voie synodale serait en quelque sorte menacée».

    C'est-à-dire que le pape François n'a pas dit au cardinal Marx d'arrêter un projet qui envisage de remettre en question les enseignements de l'Église sur le célibat, la morale sexuelle, le sacerdoce exclusivement masculin et aussi le lien entre ordination et pouvoir dans l'Église.

    Poursuivant ses commentaires sur le pape François et sa lettre de juin aux catholiques allemands, le cardinal Marx a déclaré que «le pape a vraiment ouvert les portes avec sa lettre, et telle que nous la comprenons, telle que je la comprends - et ce que j’ai également trouvé confirmé dans ma conversation [avec lui] - il souligne des aspects que nous devons garder à l'esprit, qui ne sont pas nouveaux pour nous et que nous acceptons.»

    Interrogé pour savoir si les statuts finaux de la voie synodale allemande - comme les participants les voteront lors de leur réunion du 23 au 26 septembre - doivent être approuvés, le cardinal Marx répond: «Une condition exigeant une approbation plus élevée? - Je n'ai pas entendu ça.»

    Cela voudrait dire que Rome laisse les Allemands faire ce qu’ils veulent. LifeSiteNews a demandé à Matthias Kopp, le porte-parole presse du cardinal Marx, de fournir des explications plus détaillées sur les commentaires du cardinal Marx, mais jusqu'à présent, Kopp n'a pas encore répondu à la question.

    Un chemin synodal allemand menant à Vatican III?

    Le cardinal Ouellet, responsable de la Congrégation pour les évêques, avait écrit une lettre datée du 4 septembre - accompagnée d'une critique de la Congrégation pour les textes législatifs - aux évêques allemands, indiquant que la voie synodale allemande entendait «convoquer un concile particulier» sans en utiliser le terme. ”Un tel concile particulier, cependant, est soumis au droit canonique. Qu'une telle voie synodale ait un caractère contraignant serait «en dehors de sa compétence [de la Conférence des évêques allemands]», indique la lettre. Les documents soulignent également que la prise de décision doit être en lien avec les «structures hiérarchiques» de l'Église.

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  • Synode panamazonien : ce qui est en jeu

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    A la veille de l’ouverture du Synode pour l’Amazonie, le 5 octobre, se tiendra à Rome une conférence organisée par l’Institut Plino Correa de Oliveira. Dans un entretien avec LifeSiteNews, le « modérateur », Julio Loredo (auteur d’un ouvrage critique sur la théologie de la libération), dénonce l’intention des organisateurs du Synode de créer un nouvelle Eglise, et son instrumentalisation par les lobbies du climat.

    AM Valli publie aujourd’hui sur son site l’interview de Julio Loredo par Diane Montagna sur LifeSiteNews

    Nous porterons à Rome la voix des vrais indiens d’Amazonie

    Aldo Maria Valli / 23 septembre 2019 / Traduction de "Benoît et moi" :

    Les documents-guides pour le prochain synode panamazonien contiennent « le projet d’une Église nouvelle », sont imprégnés de « tribalisme » et présentent la « sorcellerie » comme un nouveau paradigme pour la théologie.

    Parole de Julio Loredo, auteur de Teologia della liberazione. Un salvagente di piombo per i poveri (Théologie de la Libération. Une bouée de sauvetage en plomb pour les pauvres), selon laquelle « pour le lecteur moyen, l’idée d’une société tribale comme modèle pour l’Occident et de la sorcellerie amazonienne comme nouveau paradigme pour la théologie peut sembler déconcertante », mais « pour celui qui a étudié le processus historique révolutionnaire, cela a parfaitement un sens.
    LifeSiteNews s’est entretenu avec Loredo avant la conférence du 5 octobre à Rome intitulée « Amazonie, les enjeux ».

    Monsieur Loredo, vous serez le modérateur de la conférence sur « Amazonie, les enjeux », qui se tiendra à Rome la veille de l’ouverture du synode sur l’Amazonie. Quel est le but de la conférence et quelles sont les questions qui seront discutées ?

    Notre conférence internationale à Rome a plusieurs objectifs, que je vais essayer de résumer.
    Tout d’abord, il vise à informer le public sur la situation réelle dans la région amazonienne. Le synode, comme l’encyclique Laudato si’ dont il s’inspire, est largement basé sur des données pseudo-scientifiques diffusées par des lobbies de l’environnement. Dans ce but, nous avons invité plusieurs experts à prendre la parole à la conférence, à commencer par Bertrand d’Orléans et Bragance, prince impérial du Brésil et auteur de « Psychose Environementale ». Il y a aussi le professeur Luiz Carlos Molion, un météorologue bien connu de l’Université d’Alagoas, au Brésil. Jonas Macuxí de Souza, chef indigène de la tribu des Macuxí de Roraima, sera un orateur important. Il apportera à Rome la voix des vrais Indiens d’Amazonie.

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  • Le cardinal Burke et Mgr Schneider : "nous sommes de vrais amis du pape François"

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    Du site de l'Homme Nouveau :

    Une clarification au sujet de la signification de la fidélité au Souverain Pontife

    par Cardinal Raymond L. Burke et Mgr Athanasius Schneider

    Une clarification au sujet de la signification <br>de la fidélité au Souverain Pontife

    Suite à leur précédente lettre ouverte où ils invitaient à "une croisade de prière et de jeûne afin d'implorer Dieu pour que l'erreur et l'hérésie ne pervertissent pas la prochaine assemblée extraordinaire du synode des évêques sur l'Amazonie", le Cardinal Raymond Burke et Mgr Athanasius Schneider ont été vivement critiqués et accusés de se positionner contre le Saint Père. Par cette seconde lettre ouverte dont nous publions la traduction, ils veulent rappeler leur attachement au Souverain Pontife et la signification de la fidélité au Pape. 

    Personne ne peut plus honnêtement nier la confusion doctrinale générale qui règne actuellement au sein de l'Eglise. Cela est dû particulièrement aux ambiguïtés à propos de l'indissolubilité du mariage qui est relativisée par la pratique d'admettre à la sainte communion les personnes cohabitant dans des unions irrégulières, dû aussi à l'approbation grandissante des actes homosexuels qui sont intrinsèquement contraires à la nature et à la volonté révélée de Dieu, dû encore aux erreurs concernant le caractère unique de Notre Seigneur Jésus Christ et de son œuvre de Rédemption relativisée par de fausses affirmations à propos de la diversité des religions, dû enfin et surtout à la reconnaissance des diverses formes de paganisme et de leurs pratiques rituelles dans l'Instrumentum laboris préparé pour la prochaine assemblée extraordinaire du Synode des Evêques sur l'Amazonie.

    Au regard de cette réalité, notre conscience ne nous permet pas de demeurer silencieux. Comme frères dans l'épiscopat, nous devons parler avec respect et charité afin que le Saint Père puisse rejeter de manière non équivoque les évidentes erreurs doctrinales de l'Instrumentum laboris pour la prochaine assemblée extraordinaire du Synode des Evêques sur l'Amazonie et ne pas consentir à l'abolition pratique du célibat ecclésiastique dans l'Eglise latine par l'acceptation de l'ordination des dits « viri probati ».

    Par notre intervention, nous exprimons, comme pasteurs du troupeau, notre amour profond pour les âmes, pour la personne du pape François lui-même et pour le don divin de l'office pétrinien. Si nous ne fassions pas cela, nous commettrions un grave péché d'omission et d'égoïsme. Si nous demeurions silencieux, nous aurions une vie plus tranquille et peut-être même recevrions-nous des honneurs et des reconnaissances. Cependant, si nous étions silencieux, nous violerions notre conscience. Dans ce contexte, nous pensons aux mots bien connus du futur saint cardinal John Henry Newman (qui sera canonisé le 13 octobre 2019) : « Je lèverai mon verre pour le Pape - si vous le permettez - , mais d'abord pour la conscience, et ensuite pour le Pape. » (Lettre adressée au duc de Norfolk à l'occasion de la récente protestation de Monsieur Gladstone) Nous pensons à ces mots mémorables et pertinents de Melchior Cano, l'un des évêques les plus érudits durant le Concile de Trente : « Pierre n'a pas besoin de notre adulation. Ceux qui défendent aveuglément et sans discernement chaque décision du Souverain Pontife sont ceux qui abîment le plus l'autorité du Saint Siège : ils détruisent ses fondations au lieu de les renforcer. »

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  • Cher Cardinal Sarah !

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    D'Edward Pentin sur le site du National Catholic Register (traduction par nos soins):

    Cardinal Robert Sarah attends the synod in Rome on Oct. 16, 2018.

    Le Cri de coeur du cardinal Sarah: L’Église catholique a perdu le sens du sacré

    Entretien exclusif avec le préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements.

    Le cardinal Robert Sarah a déclaré que le synode des évêques de la région pan-amazonienne, en tant qu'assemblée régionale d'évêques, n'était pas le lieu de discussion sur le célibat des prêtres - un sujet «insupportable» pour le monde moderne, car «certains Occidentaux ne peuvent plus tolérer ce scandale de la croix.»

    Ce sujet est l’un des nombreux sujets traités par le préfet de la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements dans cet entretien exclusif du 13 septembre avec Edward Pentin, correspondant du National Catholic Register à Rome, et les raisons pour lesquelles il a décidé d'écrire son dernier livre, 'Le soir approche et déjà le jour baisse'.

    Il aborde la crise actuelle dans l'Eglise et la société et croit qu'elle est principalement motivée par l'athéisme, ne plaçant pas Dieu au centre de nos vies, ainsi que par le désir dominant d'imposer "l'opinion personnelle en tant que vérité". Ceux qui annoncent "des révolutions et des changements radicaux ", prévient-il," sont de faux prophètes qui "ne veillent pas sur le bien du troupeau ".

    Le cardinal guinéen explique également pourquoi la grâce de l'Afrique est de demeurer «en enfant de Dieu» et évoque les effets positifs et négatifs de la réforme liturgique, et dénonce un «démon» qui veut notre «mort spirituelle» en voulant interdire la messe dans la forme extraordinaire du rite romain. "Comment pouvons-nous ne pas être surpris et profondément choqués que ce qui a été la règle hier soit interdit aujourd'hui?", demande-t-il, et il exhorte à "un abandon des oppositions dialectiques".

    Quelle est la principale préoccupation que vous souhaitez transmettre aux lecteurs de votre livre?

    Ne vous méprenez pas sur ce livre. Je ne développe pas de thèses personnelles ni de recherches académiques. Ce livre est le cri de mon coeur en tant que prêtre et pasteur.

    Je souffre tellement de voir l'Église déchirée et dans une grande confusion. Je souffre tellement de voir que l'Évangile et la doctrine catholique ont été négligés, que l'Eucharistie a été ignorée ou profanée. Je souffre tellement de voir les prêtres abandonnés, découragés et de voir ceux dont la foi est devenue tiède.

    Le déclin de la foi en la présence réelle de Jésus l'Eucharistie est au cœur de la crise actuelle de l'Église et de son déclin, en particulier en Occident. Nous, évêques, prêtres et fidèles laïcs, sommes tous responsables de la crise de la foi, de la crise de l'Église, de la crise du sacerdoce et de la déchristianisation de l'Occident. Georges Bernanos écrivait avant la guerre:  « Nous répétons sans cesse, avec des larmes d’impuissance, de paresse ou d’orgueil, que le monde se déchristianise. Mais le monde n’a pas reçu le Christ – non pro mundo rogo – c’est nous qui l’avons reçu pour lui, c’est de nos cœurs que Dieu se retire, c’est nous qui nous déchristianisons, misérables ! » (Nous autres, Français  dans « Le scandale de la vérité », Points / Seuil, 1984).

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  • L'inquisition : mythes et réalités

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    De KTO :

    La légende noire de l´inquisition / Au risque de l'histoire

    Dans l´histoire de l´Eglise, l´Inquisition fait figure d'épouvantail. Née au XIIIe siècle, cette juridiction d´exception avait pour objectif d´éradiquer l´hérésie de la société chrétienne. Au fil des siècles, Elle est devenue le symbole de l´obscurantisme religieux, du fanatisme et de la cruauté. Dans cette émission, les deux médiévistes André Vauchez et Laurent Albaret font la part de l´Histoire et de la légende : comment définissait-on l´hérésie et comment se déroulait une procédure inquisitoriale? Qui étaient les inquisiteurs ? Existait-il des contre-pouvoirs à ces procédures ? A-t-on aussi une idée du nombre de condamnation au bûcher et l´inquisition était-elle une fin en soi ? Autant de questions qui seront abordées à l´occasion de ce premier volet de l´émission « Au risque de l´histoire ». Premier opus de 7 rendez-vous de 52 minutes. Une émission KTO animée par Christophe Dickès, en partenariat avec StoriaVoce.

  • A qui profitent les ombres chinoises de l’accord secret entre Rome et Pékin ?

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    En Chine, l’Eglise catholique ne représente pas grand’chose (dix à quinze millions de membres sur plus d’un milliard trois cent millions de citoyens chinois) et demain sans doute moins encore si elle devait  troquer le rôle prophétique d’Antigone contre celui d’Ismène face au pouvoir du roi Créon. Sur le site du bimensuel « L’Homme Nouveau », l’historien Yves Chiron, interviewé par Odon de Cacqueray (23 septembre 2019), remet en perspective une situation qui n’a jamais été simple (JPSC):

     « Le 22 septembre 2018, le Saint-Siège annonçait la signature d'un accord provisoire avec le pouvoir communiste chinois. Aujourd'hui encore, nous ne connaissons pas les modalités exactes de cet accord. Nous savons qu'il contient des dispositions sur les procédures de nominations d'évêques. Pour certains cet accord signe la mort de l'Église clandestine, pour d'autres c'est un grand pas vers la réconciliation de tous les catholiques chinois. Yves Chiron, historien spécialiste de l'histoire de l'Église a signé chez Artège La longue marche des catholiques de Chine, un livre qui retrace l'histoire de l'évangélisation de la Chine et permet de comprendre la situation actuelle. Nous avons pu avoir un entretien téléphonique avec lui. 

    Comment l’évangélisation de la Chine a-t-elle débuté ? 

    Il y a une tradition solidement ancrée, qui indique que l’apôtre Saint Thomas, évangélisateur de l’Inde comme chacun sait et les historiens sont presque tous d’accord sur le sujet, serait allé jusqu’en Chine avant de repartir en Inde où il est mort. De cela on a des traces dans des textes liturgiques postérieurs, et peut-être, mais c’est un sujet controversé, des traces archéologiques avec une frise sculptée, mise à jour sur les côtes chinoises… C’est une tradition qui est solidement ancrée, défendue par certains auteurs, et qui demanderait confirmation et vérification par différentes sources, archéologiques, littéraires, etc. De façon plus établie, pour une évangélisation sur une longue durée avec des traces incontestables, il faut remonter au VIIe siècle, avec un missionnaire d’origine perse, Alopen. Il arrive dans l’ancienne capitale de la Chine, Xi’an, en 635 et il va pouvoir, avec l’accord de l’empereur de l’époque, répandre la religion chrétienne. 

    De cette première activité missionnaire, on a un témoignage archéologique solide et très important historiquement, une stèle datée du VIIIe siècle, mise à jour par les jésuites et qui a depuis été étudiée, décryptée. Elle atteste, de façon précise, d’une expansion missionnaire chrétienne dans la Chine du VIIe-VIIIe siècle. 

    Le christianisme que professe Alopen et ceux qui l’ont suivi se rattache au christianisme syriaque. C’est d’ailleurs le patriarche syriaque oriental qui va créer un archevêché dont dépendront les autres diocèses et évêchés créés à cette époque. L’archevêque et les évêques qui sont présents dans ces VIIe et VIIIe siècles sont des Syriaques, ce ne sont pas des Chinois. 

    De quand date l’apparition d’un clergé chinois ? 

    Les évènements sont difficiles à établir de façon certaine, parce qu’on a une deuxième vague missionnaire très importante au XIIIe siècle et dans la première moitié du XIVe, avec les franciscains cette fois, venus d’Italie. Eux aussi vont avoir un grand rayonnement, ils vont toucher plus largement les populations au-delà des Chinois. Il y avait là encore des évêques et des archevêques, est-ce qu’ils ont pu aller jusqu’à ordonner des prêtres chinois ? La chose n’est pas établie, sans être impossible. Ils ont rempli une action de formation, dès le plus jeune âge, à l’intention des Mongols et des Chinois, peut-être que certains des jeunes « séminaristes » sont allés jusqu’au sacerdoce… Le doute demeure.

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