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Foi - Page 966

  • Foi, Vérité, Tolérance

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    Selon Mgr Paul Desfarges, évêque de Constantine et tout juste rentré du Synode des évêques pour la nouvelle évangélisation, les conversions au christianisme concerneraient "des dizaines de personnes ces deux dernières années". On sait que le protestantisme, notamment évangélique, enregistre de nombreuses conversions au Maghreb; l'Eglise catholique est en général beaucoup plus discrète sur la question. Un phénomène qui ne toucherait pas seulement la Kabylie, où la culture berbère traditionnellement réfractaire à l'arabisation du pouvoir central, et pour qui le christianisme est aussi un moyen d'affirmation identitaire, mais aussi le sud et l'est du pays.

    Réflexion d’Abdou Semmar dans « Algérie Focus »:

    « L’évêque de Constantine, Paul Desfarges, a brisé un tabou.  Une fois n’est pas coutume, un dignitaire chrétien en Algérie ose affirmer qu’ils sont de plus en plus nombreux ces Algériens à suivre la voie du Christ. Mais cet aveu n’a pas été du goût de certains intolérants qui sont vite montés au créneau pour crier au scandale.  Sur la toile, comme dans les cafés et les diverses places populaires, les insultes et les malédictions ont fusé de partout.

    Les partisans de la sacro-sainte identité islamique de l’Algérie ont sorti de leur esprit toutes leurs fantasmagories. Ces Algériens chrétiens sont des vendus, des traîtres, des renégats et un danger pour leur pays. «Ce n’est pas possible ! Ces nouveaux chrétiens ont reçu de l’argent. Ils ont été évangélisés à coup de dizaines de milliers d’euros». Voila la réflexion que nous avons tous entendu au moins une fois dans notre vie à chaque fois qu’on ose aborder ce sujet délicat. 

    Délicat et choquant puisque dans l’imaginaire collectif, des Algériens chrétiens, c’est une contre nature en soi ! Un Algérien est avant tout musulman. Il est né pour l’être ou pour le devenir. Il ne peut pas  dévier de ce chemin qu’Allah lui a tracé bien avant naissance.  Pas de place au libre arbitre dans cet univers façonné par une vision religion rigoriste et unilatéraliste.  Une vision qui s’enseigne dans les écoles algériennes. Tout petit, nos écoliers apprennent déjà que l’Islam est forcément supérieur à toutes les autres religions. Ils apprennent que le paradis est uniquement promis aux musulmans. Les autres, chrétiens ou juifs, ne sont guère dignes de respect. Le fanatisme religieux inculque ces sentiments de méfiance et de haine à des enfants livrés à eux-mêmes sans que personne ne trouve à redire.    

    Exit les valeurs de tolérance, de bonté, de vivre ensemble et d’acceptation de l’autre qui font, pourtant,  l’identité originale de l’Islam. Un Islam qui a, naguère, cimenté la société algérienne avec son harmonie et son esprit des lumières.

    Mais aujourd’hui, la religion sert à d’autres fins. En Algérie, elle ne rassemble pas. Elle désunit. Elle n’apprend plus l’amour et le partage. Elle distille la méfiance et la haine. Les chrétiens algériens l’ont appris à leurs dépens. Eux qui ne constituent qu'une minorité invisible sont décriés, traduits en justice et pourchassés par les forces de la morale. Quels sont leurs torts ? 

    Abderrahmane Semmar »

    Ici : Algériens, Chrétiens ou bikhir !

    Comment conjuguer la foi, la vérité et la tolérance ? Le problème est de tous les temps. Le concile Vatican  II, entre autres, l’a soulevé avec plus ou moins de bonheur et Benoît XVI, au lendemain même de son élection au souverain pontificat, y a consacré un recueil de textes ("Foi, Vérité, Tolérance", aux éditions « Parole et Silence », 2005) qui donne à réfléchir. Que des Algériens se posent aussi la question est intéressant. Reste à trouver la juste réponse. Elle ne se trouve certainement pas dans l’indifférentisme sarcastique de Voltaire lorsqu’il souhaitait « que  le pape avec le grand mufti dansât le cotillon », ni dans les replis identitaires agressifs et trop souvent meurtriers. 

  • Barack Obama, président réélu et croyant décomplexé?

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    Sur le site “La Vie” aujourd’hui, sous la signature de Henrik Lindell (extraits):

    Barack Obama a été réélu président des Etats-Unis dans la nuit de mardi, en remportant l'état charnière de l'Ohio contre son rival républicain Mitt Romney. Le chef de la première puissance économique mondiale, âgé de 51 ans, a toujours cumulé les singularités et les paradoxes. Parmi ses traits caractéristiques : sa foi en Dieu, libre et décomplexée, qui ne ressemble pas à celle de son ex adversaire Mitt Romney. En revanche, elle correspond à une Amérique plus hétérogène que jamais. (…)

    Si on devait le prendre au mot, sa foi structure vraiment sa pensée et son action politiques. Dans une interview publiée le 21 août dernier par la Washington National Cathedral Magazine, une revue religieuse, il a déclaré : « Ma foi chrétienne me donne une perspective et une sécurité que je n'aurais pas par d'autres moyens : que je suis aimé et qu'à la fin de la journée, Dieu est aux commandes. » La foi présidentielle relève d'une évidence soulignée notamment par Stephen Mansfield, auteur de La foi de Barack Obama, une des meilleures biographies non hagiographiques du président américain : « Obama, dit-il, considère que sa foi doit influencer la manière de gouverner le pays. Il apporte ainsi des valeurs religieuses dans la sphère politique. » Là réside probablement un des aspects les plus importants – et, en France, un des plus méconnus - du président démocrate.  (…) .

    Mais quelle est donc cette foi présidentielle ? Obama fait partie des « chrétiens progressistes », un terme qu’il utilise souvent lui-même, ou de la « Religious Left ». Il s’agit d’une catégorie de croyants engagés, parfois pro-life, qu’il ne faut surtout pas confondre avec la « Liberal Left », une faction farouchement antireligieuse au sein du Parti démocrate. Sur le plan confessionnel, Obama est un protestant libéral. C’est un courant spirituel développé à partir du XIXe siècle au sein des Eglises protestantes « historiques » ou « main-line » (comme par exemple l’Eglise réformée de France). Héritier de l’humanisme, reconnu pour son exégèse critique des textes et une certaine remise en cause des dogmes chrétiens, ce libéralisme a produit de grands penseurs comme Reinhold Niebuhr (1892-1971), un des « maîtres spirituels » d'Obama. Comme les protestants main-line en général, les Eglises libérales sont en déclin depuis des décennies.

    Tout l’article ici: Barack Obama, président réélu et croyant décomplexé

    Bref, un héritier du libéralisme protestant du XIXe siècle. Caractéristiques (entre autres) : il confesse volontiers l'universalité du salut, du fait d'une perception plutôt optimiste de l'homme et de la civilisation ; il critique les régulations orthodoxes des croyances et des pratiques, les appareils ecclésiastiques et leur pouvoir normatif ; il est chaud partisan du dialogue interreligieux, du pluralisme et de la laïcité : en phase avec bien des aspects de l’ « esprit du concile » qui révolutionne l’Eglise catholique elle-même depuis 50 ans.  Et même un peu plus. Irréversible ?

  • Tournai, 15 novembre : Découvrir Marie Noël avec Benoît Lobet

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    Marie Noël, une rencontre avec Benoît Lobet

    Cette soirée, organisée par la librairie diocésaine Siloë et l’Institut Supérieur de Théologie du Diocèse de Tournai, se déroulera au Séminaire de Tournai le 15 novembre.

    Ce temps d’échange permettra de vagabonder dans l’œuvre méconnue de Marie Noël, poétesse et écrivain française, avec pour seul guide l’abbé Benoît Lobet, prêtre et théologien. 

    Il révèlera des textes d’une intensité insoupçonnée entre lumière et révolte, amour et violence, réflexion sur un chemin de foi tant personnel qu’universel.

    Le jeudi 15 novembre de 16h30 à 18h au Séminaire, rue des Jésuites, 28, à Tournai.

    Participation aux frais libre. Réservation souhaitée avant le 12 novembre : info@siloe-tournai.be

    source : Diocèse de Tournai

  • Pour ceux qui en douteraient, l'homme est à la recherche de l'absolu

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    Le monde qui nous entoure, et notre expérience quotidienne, peuvent nous en faire douter; pourtant, dans sa catéchèse de ce mercredi 7 novembre, le pape réaffirme cette conviction : l'homme est à la recherche d'absolu. Dommage, serait on tenté de dire, que bien souvent il aie l'air de ne rien en savoir. Le texte de conclusion du synode, lui aussi, compare cet homme contemporain à la Samaritaine portant en elle ce désir de Dieu. On peut rester perplexe devant ces affirmations tant la culture actuelle (si on peut la qualifier comme telle) a tellement bien réussi à anesthésier ce désir qu'il n'empêche guère nos contemporains de vivre comme s'il n'existait pas. Tant de choses relatives ont été érigées en absolus que le seul véritable Absolu leur paraît improbable. Mais écoutons le pape :  

    L'HOMME A LA RECHERCHE DE L'ABSOLU

    Cité du Vatican, 7 novembre 2012 (VIS). Au cours de l'audience générale tenue Place St.Pierre, Benoît XVI a poursuivi sa catéchèse sur la foi catholique, s'arrêtant au mystérieux désir de Dieu qui caractérise l'expérience humaine et chrétienne. Cette affirmation, a dit le Pape, "peut sembler être une provocation aux yeux d'une culture occidentale sécularisée. Beaucoup de nos contemporains affirment ne ressentir aucun besoin de Dieu, et pour des secteurs entiers de la société cette attente n'est plus sensible. A sa place ont trouve une indifférence face à laquelle il n'est même pas besoin de prendre position... Dans l'encyclique Deus Caritas Est, j'ai analysé comment ce dynamisme trouve sa source dans l'expérience de l'amour, aujourd'hui plutôt conçu comme moment d'extase passagère, de sortie de soi, d'espace de simple dépassement par l'homme d'un désir qui le dépasse. Dans l'amour, l'homme et la femme expérimentent ensemble la grandeur et la beauté de la vie, et il ne s'agit pas d'une simple illusion. En répondant pour son bien à l'amour de l'autre je garantis le mien. Je dois donc me dé-centrer pour me mettre au service de l'autre, au prix de renoncer à mon propre bien. La réponse sur le sens de l'expérience de l'amour passe par la purification et la guérison du désir... Il faut s'y entraîner et se corriger... Même la personne aimée n'est pas en mesure de répondre au désir de l'autre sans l'amour de ce dernier... Plus est authentique cet amour, plus il révèle la question de son origine et de sa destination, la perspective qu'il dure à jamais".

    "On pourrait faire de semblables considérations sur d'autres expériences, comme l'amitié, la connaissance de la beauté, l'amour de la connaissance, toutes choses qui tendent l'homme vers le mystère qui l'enveloppe. Tout désir qui sort du coeur tend au mystère fondamental qui n'est jamais parfaitement comblé". C'est pourquoi l'homme "sait parfaitement ce qui ne le rassasie pas, sans imaginer ou définir ce qui le porterait à connaître le bonheur qu'il porte en son coeur. On ne saurait connaître Dieu à partir du simple désir. Le mystère demeure. L'homme recherche l'absolu et ses pas sont modestes et incertains... Dans une époque apparemment réfractaire à la transcendance, il est possible de révéler le véritable sens religieux de la vie, de montrer que la foi n'est pas absurde, ni irrationnel". Ce qui sert, c'est une pédagogie du désir, "d'apprendre ou réapprendre le goût de la vraie joie de vivre. Toutes les satisfactions de la vie provoquent le même effet. Certaines laissent une trace positive, capable d'apaiser notre âme, ou nous rendent plus actifs et généreux. D'autres, après une première impression, se révèlent décevantes face aux espoirs suscités. D'autres enfin nous laissent amers et insatisfaits, avec un sentiment de vide". Ces deux aspects se répondent "et on ne doit jamais se contenter de ce qui a été atteint, car les joies les plus authentiques libèrent en nous le souci d'être plus exigeants, de mieux aimer l'autre, la perception partagée qu'avec plus de clarté rien ne saurait totalement combler notre coeur. C'est ainsi qu'on apprend à tendre vers le bien qu'on ne peut atteindre seul et par nos seules forces. En ne se laissant pas non plus décourager par les obstacles issus de notre péché". Le Pape a conclu en rappelant que "la dynamique du désir est ouverte à la rédemption. Même sur un mauvais chemin, à la recherche de paradis artificiels, où on semble perdre toute capacité de toucher au bien, dans les abysses du péché, la scintille qui permet à l'homme de reconnaître le bien véritable ne s'éteint pas. Lorsqu'il le reconnaît, il est capable d'engager un chemin de reprise de soi, dans lequel Dieu ne manque pas d'accorder son aide... Il ne faut donc pas suffoquer le désir qui appartient à l'être humain, mais de le libérer afin qu'il s'élance. Lorsque la fenêtre qui fait voir Dieu s'ouvre dans le désir, c'est le premier signal de présence de la foi, de la grâce divine".

  • Que faire ?

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    Dans le mensuel « La Nef » de ce mois de novembre 2011 (n° 242), Jacques de Guillebon évoque le divorce qui s’installe dans nos pays entre les concepts mêmes du mariage dans la société civile et dans le monde chrétien (extraits) :

    « Les évêques français ont largement manifesté une ferme opposition au projet du  gouvernement socialiste d’instituer le « mariage » homosexuel. Des idées ont été avancées appelant à dissocier mariage civil et mariage religieux. Explications.

    Nombreuses sont les voix, et au sein même du monde catholique, à s’élever contre un investissement public par l’Église du débat sur la nouvelle législation matrimoniale. Laïcité, disent-ils, par conviction ou par ruse. Cependant ils oublient que l’Église catholique est parfaitement à sa place en s‘appropriant la question du mariage, beaucoup plus à sa place même que n’importe où ailleurs pour tout ce qui ne concerne pas la foi. Pourquoi l’est-elle donc, et pourquoi doit-elle en conséquence intervenir telle une maîtresse inspirée ?

    D’un point de vue catholique, c’est assez évident : parce que du mariage naturel, que l’on retrouve sous des formes extrêmement variées à tous les antipodes, l'Eglise a au fil des siècles isolé selon la parole du Christ, elle-même annoncée par la Loi de l’Ancien Testament, une forme pure, un extrait essentiel, si l’on peut dire que dans son travail permanent de désenveloppement du dogme, elle a fini par proclamer sacrement. C’est ainsi qu’au cours des siècles elle est devenue l’auteur inspiré du mariage monogamique, indissoluble, librement consenti par deux personnes d’égale dignité.
    On a oublié que cette forme particulièrement rare, voire totalement originale, qui s’est imposée comme l’archétype universel au cours du temps, comme l’archétype « romantique » même n’aurait jamais été si la sagesse chrétienne n’était passée par là. Ainsi, le mariage républicain comme on le sait n’est dans ses fondements qu’un décalque de ce mariage catholique – si l’on abstrait la question du divorce qui est proclamée dès l’origine de la République en 1791 comme un mauvais présage.

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  • Louvain-la-Neuve, 13 novembre : le témoignage de Romani Badir "Sur les pas de Soeur Emmanuelle"

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    Solidarité Avec les Zabbalines
    (Chiffonniers du Caire)
               
    Mardi 13 novembre à 20h00
     
    Sur les pas de Sœur Emmanuelle
    « Etre copte et chiffonnier au Caire en 2012 »
     
    Témoignage de Romani Badir
     
    Chez les Dominicains de Louvain-La-Neuve
    Sous le pub « The Blackfriars »
    Rue Magritte, 7
    1348 Louvain-La-Neuve
    PAF : 5 euros
     
    Romani Badir a été élevé par Sœur Emmanuelle et fut son bras droit pendant toute la durée de son combat pour défendre la cause des chiffonniers du Caire. Aujourd’hui il est patron d’une petite entreprise de recyclage de plastic et membre du Conseil d'administration de l'Association of Garbage Collectors. Mais il est aussi très impliqué dans la vie sociale de sa communauté
     
    En 1987, il accompagnait à Louvain La Neuve sa mère spirituelle à l’occasion de la remise de son diplôme de docteur Honoris Causa. 25 ans plus tard, il revient pour nous raconter son parcours.

  • Occident et rencontre des cultures; la pensée de Benoît XVI

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    Du site "Enfant Prodigue" :


    Occident et rencontre des cultures - La pensée de Benoît XVI

     

    Par Stéphane Bürgi

     

    disponible aux éditions MÉDIAPAUL :

    http://librairiemediaspaul.ca/index.php?route=product/product&manufacturer_id=10416&product_id=326115

     

    http://www.mediaspaul.qc.ca/images/ouvrages/btlf/L97828942090041.jpg

    EXTRAIT : 

             L’autorité morale de l’Occident décline et son «hégémonie bienveillante» est de plus en plus contestée. En même temps, la civilisation technologique engendre des cultures à la fois plus uniformes et plus divisées. À l’heure où on parle de choc des civilisations, une véritable rencontre des cultures et des religions du monde est-elle encore possible ? La pensée de Benoît XVI sur cette question mérite d’être connue. Pour le pape, le religieux n’est pas l’ultime barrière qui sépare les cultures, mais bien au contraire le lieu permettant de dépasser les différences culturelles sans les sacrifier, pour se retrouver dans une commune ouverture à la question de la vérité. En effet, les concordances essentielles entre les grandes cultures de l’humanité, notamment dans le domaine éthique, tiennent selon lui à leurs fondements métaphysiques. Le relativisme actuel, qui opère une rupture avec ces fondements, rend donc les civilisations hermétiques les unes aux autres. En ce sens, la nécessaire réconciliation de l’Occident avec son patrimoine spirituel est aussi importante pour l’ordre mondial. Une fascinante synthèse de la vision du monde de Benoît XVI, vision qui s’enracine dans une expérience personnelle de l’histoire du XXe siècle. Ce livre convie à un véritable renversement de perspectives.

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  • Egypte : une élection qui fait l'unanimité

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    AFRIQUE/EGYPTE - Réactions enthousiastes des catholiques égyptiens après l'élection du nouveau Patriarche copte orthodoxe

    Le Caire (Agence Fides) - L'élection du nouveau Patriarche Tawadros II à la tête de l'Eglise copte orthodoxe suscite des réactions d'exultation et d'enthousiasme dans la communauté catholique égyptienne. « Nous sommes tous très contents » confie à l'Agence Fides S.Exc. Mgr Anba Kirillos William, Evêque copte catholique du Diocèse d'Assiout. Selon l'actuel Vicaire de l'Eglise copte catholique en Egypte, « les trois candidats demeurés en jeu pour succéder au Pape Chénouda étaient tous des personnes dignes. Mais du point de vue des rapports oecuméniques et de la collaboration entre les Eglises chrétiennes, nous espérions l'élection de l'Evêque Tawadros, personne ouverte et équilibrée ». S.Exc. Mgr Anba Kirillos William a pris part, avec les représentants des autres églises, à la cérémonie au cours de laquelle un enfant aux yeux bandés a extrait le nom du nouveau Patriarche et il a été impressionné « par l'atmosphère de prière, de jeûne et de recueillement dans lequel le tout s'est accompli ».

    Tawardos (dans le siècle Waqih Sobhi Bakky Suleiman) n'avait pas été le plus voté par le corps électoral chargé de la sélection des trois candidats finaux : il avait totalisé 1.623 voix contre 1.980 à l'Evêque Raphaël, considéré comme plus en continuité avec Chénouda III. Avant de devenir moine puis Evêque auxiliaire de Beheira, il avait suivi des études de pharmacologie, obtenant un équivalent maîtrise et occupé des fonctions qualifiées dans un établissement pharmaceutique d'Etat.

    S.Exc. Mgr Adel Zaki, OFM, Evêque de rite latin et Vicaire apostolique d'Alexandrie, est convaincu lui aussi que « parmi les trois candidats, la Providence a choisi une personne modérée, ouverte et cultivée, étrangère à tout intégrisme ». Mgr Zaki raconte à Fides, avec émotion, la minute de prière à l'Esprit Saint qui a précédé l'extraction du nom du candidat : « Nous étions tous suspendus, dans l'attente du choix de Dieu. Nous aussi, avec un coeur ouvert, nous avons prié parce que cette personne représentera en quelque sorte tous les chrétiens d'Egypte ».

    Après le long règne de Chénouda III, qui a duré 42 ans, Mgr Zaki espère « que le Seigneur donne une longue vie au Patriarche copte orthodoxe. Il aura besoin du soutien des prières de tous parce qu'il devra affronter une situation délicate, en recueillant un héritage sous de nombreux aspects lourd et contraignant ».

    A la cérémonie d'extraction du nom du nouveau Patriarche copte orthodoxe ont également pris part un certain nombre de représentants du Parti des Frères musulmans. Le Président égyptien Mohamed Morsi a été invité à la cérémonie d'intronisation qui sera célébrée le Dimanche 18 novembre. (GV) (Agence Fides 05/11/2012)

  • Que restera-t-il du synode ?

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    Sandro Magister fait le point sur le récent synode et en dégage certaines interventions "saillantes". Cela donne tout de même l'impression qu'on y a tiré un peu dans toutes les directions, et on ne décèle pas clairement ce qui pourrait donner une impulsion décisive à la nouvelle évangélisation tant attendue. C'est un peu comme si les tendances opposées s'étaient neutralisées pour aboutir à des considérations consensuelles pétries de bons sentiments et de bonne spiritualité, mais à rien qui ressemble au sursaut véritable dont l'Eglise a vraiment besoin. On reste embourbé dans les ornières de la mentalité conciliaire malgré quelques interventions lucides que relève le vaticaniste italien :

    Le cardinal américain Raymond Leo Burke, préfet du tribunal suprême de la signature apostolique, a souligné que "l’euphorie postconciliaire, où l’on visait à l’instauration d’une Église nouvelle placée sous le signe de la liberté et de l’amour, a fortement favorisé une attitude d’indifférence, pour ne pas dire d’hostilité, vis-à-vis de la discipline de l’Église. C’est pourquoi la réforme de la vie ecclésiale souhaitée par les pères conciliaires a été, en un certain sens, empêchée, sinon trahie".

    Un autre cardinal américain, Timothy M. Dolan, archevêque de New-York, a rappelé avec amertume : "Le concile Vatican II voulait un renouvellement du sacrement de pénitence, mais ce que nous avons eu à la place, malheureusement, c’est la disparition de ce sacrement".

    Le cardinal polonais Zenon Grocholewski, préfet de la congrégation pour l'éducation catholique, a fait remarquer que "bien que nous disposions à ce sujet des indications du concile Vatican II et du magistère postconciliaire" il y a "encore, dans la pratique, peu de clarté quant à la relation entre le rôle de la théologie et celui du magistère de l’Église. Jésus n’a pas laissé notre compréhension de la Sainte Écriture et de la Tradition à la merci des diverses opinions qui, bien évidemment, peuvent également être très divergentes et extravagantes et semer continuellement l’incertitude et la confusion, mais il nous a laissé le grand trésor du magistère" ; toutefois, malheureusement, celui-ci "est bien souvent rendu vain". Et c’est ainsi que "la manie de devenir grand, original, important, réduit bon nombre d’évêques à l’état de 'pasteurs qui sont pasteurs d’eux-mêmes et non de leurs brebis' (cf. Ez 34, 8 ; Saint Augustin, Discours sur les pasteurs), ce qui fait qu’ils deviennent en réalité peu significatifs dans le royaume des cieux et contreproductifs pour le développement de l’Église et pour l’évangélisation".

  • 70.000 chrétiens algériens ?

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    Nous lisons sur "Algérie Focus" () : 

    Mgr Paul Desfarges évoque la conversion de nombreux Algériens à la religion chrétienne, «Ils seraient des dizaines d’Algériens à avoir épousé la religion chrétienne durant les deux dernières années», annonce le représentant constantinois du Vatican.

    La conversion reste encore un sujet tabou au sein de la société algérienne, la conversion d’un musulman au christianisme reste encore incompréhensible. L’ecclésiastique n’hésite pas à évoquer cette question religieuse en public, qui est un secret de polichinelle.

    Pourtant ils sont nombreux à épouser cette religion, « des dizaines ces deux dernières années » et selon Mgr Paul Desfarges, la communauté chrétienne dans le diocèse de Constantine compterait environ 400 fidèles, et reconnaît que l’Est et le Sud de l’Algérie connaissent une croissance significative de la communauté ecclésiastique. Ils seraient 70 000 chrétiens algériens, selon l’Eglise catholique algérienne, dont très peu se rendraient régulièrement à la messe du dimanche.

    Ce phénomène de conversion toucherait plusieurs régions en Algérie. Le père Desfarges affirme que la démarche de ces Algériens convertis est bien étudiée, afin qu’ils ne regrettent pas leur choix. «Lorsqu’une personne d’origine musulmane demande le baptême, l’Eglise catholique prend un long temps afin d’effectuer un discernement sérieux», explique le père Desfarges.

  • Célébrer selon la forme extraordinaire de la messe serait devenu normal...

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    Un pèlerinage "de tradition" vient d'avoir lieu à Rome et s'est achevé par la célébration de la messe dans sa forme antérieure à la réforme de Paul VI. Le célébrant, le cardinal Cañizares a expliqué au vaticaniste Andrea Tornielli : « C’est une manière de faire comprendre que l’usage du missel de 1962 est normal ».

    Peut-on en tirer, comme le font certains commentateurs "tradis" que dès lors "la messe de toujours" est reconnue comme étant "la messe normale"? Il nous semble que c'est une interprétation abusive des propos du prélat qui s'est contenté de dire qu'il était "normal" (conforme aux règles de l'Eglise, en particulier au Motu Proprio Summorum Pontificum) de célébrer la "forme extraordinaire" du rite (la messe traditionnelle dite de Pie V) sans pour autant affirmer que cet usage devait se subtituer à la célébration du rite suivant la "forme ordinaire" (la messe dite de Paul VI).

    Il vaut mieux éviter de prendre ses désirs pour des réalités. Bien sûr, notre sensibilité trouve davantage son compte dans les textes et les rites de la messe telle qu'elle était célébrée avant le concile et nous sommes souvent choqués par la façon dont le "nouveau rite" est célébré, livré à la fantaisie des uns et des autres. Cependant, il ne suffira pas de "parachuter" l'ancienne messe dans les paroisses alors que la plupart des pratiquants d'aujourd'hui ne la connaissent pas ou ne la connaissent plus. Tout est à refaire. Le langage symbolique des rites et des ornements liturgiques est ignoré par les deux dernières générations. Est-il imaginable d'en revenir purement et simplement à l'emploi du latin sans autre forme de procès? Qu'on cesse de fantasmer sur une restauration qui s'opérerait par une sorte de "deus ex machina" ! Il convient avant tout de prendre la mesure réelle de la rupture de la tradition et de retisser patiemment le tissu de la foi et de la spiritualité catholiques en espérant qu'elles pourront se dire à nouveau, en toute orthodoxie, dans un langage liturgique appoprié.

  • Ce qui restera du concile Vatican II

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    Sur le site "Benoît-et-moi", nous trouvons la traduction d'une interview de Roberto de Mattei réalisée par le Vatican Insider (3/11/2012) :

    Roberto de Mattei est l'auteur d'une monumentale histoire du Concile (Il Concilio Vaticano II. Una storia mai scritta); son jugement est sévère mais correspond, malheureusement, à ce que l'on peut constater.

    «Le Concile est vivant s'il est uni à la tradition de l'Eglise»

    Entretien de Luca Rolandi avec Roberto de Mattei; professeur d'Histoire de l'Église et d'Histoire moderne à l'Université Européenne de Rome
    http://vaticaninsider.lastampa.it/inchieste-ed-interviste/dettaglio-articolo/articolo/concilio-19386/ 

    Cinquante ans après son ouverture, qu'a légué le Concile à l'Église aujourd'hui? Célébrer ou vivre Vatican II?

    - L'Eglise vit aujourd'hui une des périodes les plus difficiles de son histoire, au point que Benoît XVI a ressenti la nécessité de déclarer une Année de la foi, pour faire revivre le message éternel de l'Évangile, non seulement à la société occidentale sécularisée, mais à l'Eglise elle-même. Il s'agit de comprendre quelles sont les causes de cette crise dans l'Eglise et dans quelle mesure elles sont reliés au Concile Vatican II. Je crois que les racines de la crise morale et religieuse contemporaine préexistaient au Concile, mais en lui, elles ont eu un indubitable instant de déflagration. À cet égard, le Concile nous a laissé un lourd héritage. L'heure est venue, il me semble, de prendre acte de l'échec de la méthode pastorale de Vatican II.

    Les interprétations historiques, les herméneutiques, rupture, discontinuité, ou réforme, le temps de réception. Votre évaluation?

    - Il y a un risque de se perdre dans des discussions inutiles. Benoît XVI, dans son discours à la Curie romaine le 22 Décembre 2005, a déclaré qu'à l'herméneutique de la discontinuité ne s'oppose pas une herméneutique de la continuité 'tout court' (en français dans le texte) , mais une «herméneutique de la réforme» dont la vraie nature est constituée d'un ensemble «de continuité et de discontinuité à différents niveaux». Tout le monde accepte l'existence de différents niveaux de continuité et de discontinuité du Concile Vatican II par rapport à l'Eglise précédente. Il s'agit toutefois de comprendre sur quel plan on se place. Je pense qu'il est important de distinguer l'événement historique des documents, et avant de lire et d'évaluer les documents, il est nécessaire de reconstruire la vérité historique de ce qui s'est passé à Rome entre 1962 et 1965. Certains m'accuseront d'utiliser la même méthode que l'École de Bologne, alors qu'il y a une différence de fond. L'École progressiste de Bologne transforme l'histoire en un locus theologicus, confiant à l'historiien le rôle du théologien. Moi, au contraire, j'affirme la distinction des rôles et je pense que l'interprétation des textes ne revient pas à l'historien, mais au Magistère de l'Eglise.

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