Au lendemain même de l’appel pontifical aux embrassades interconfessionnelles, les vieux démons de l’islam sont de retour au Proche-Orient et ailleurs. Etaient ils d’ailleurs réellement partis ? Les « matinales » du site de « La Vie » ont noté quelques infestations aujourd’hui encore :
ÉGYPTE: MANDAT D'ARRÊT CONTRE SEPT COPTES ET UN PASTEUR
"Atteinte à l'unité nationale, insulte et attaque publique de l'islam ainsi que diffusion de fausse information". Ce sont les chefs d'inculpation d'une gravité extrême - ils sont susceptibles de la peine capitale -, qui ont été lancés par le procureur général égyptien. Dans la liste délivrée par le tribunal, figurent en particulier deux noms: celui du "pasteur" Terry Jones, de la First Baptist Church of Westboro, tristement célèbre pour avoir entre autres brûlé un coran. Cité également, Nakoula Basseley Nakoula, le blogueur copte vivant en Califormie et qui serait à l'origine du film "L'Innocence des musulmans". La presse ne fait pas pour l'instant état du nom des six autres; on sait seulement qu'ils résident tous en-dehors d'Egypte et que l'un d'eux est une femme.
Ce mandat d'arrêt montre que le pouvoir égyptien n'entend pas laisser la primeur de l'indignation à la rue égyptienne, et surtout pas à son frère ennemi salafiste. Dans le même temps, on a appris qu'un enseignant copte avait été condamné à six ans de prison pour la double accusation de blasphème et de diffamation envers le président égyptien, Mohammed Morsi, issu des rangs des Frères musulmans. Bishoy Kamil Kamel aurait publié des caricatures du prophète Mohammed sur sa page Facebook; bien qu'ayant protesté de son innocence et affirmé que son compte avait été piraté, il a écopé de trois ans, plus deux ans pour insultes envers le président, et une année supplémentaire pour insulte envers l'avocat du musulman qui l'a dénoncé.
La semaine dernière, c'est Adel Imam, monstre sacré du cinéma égyptien, qui a été acquitté cette fois des charges d'insulte à l'islam: il lui était reproché de maltraiter la religion musulmane dans ses films. Il avait déjà été condamné en février dernier à trois mois de prison. Plusieurs autres personnes sont actuellement accusées des mêmes choses, notamment Tawfik Okasha et Islam Afifiy du journal Al-Dostour qui attendent leur procès.
IRAK: LA CATHÉDRALE DE KIRKOUK VISÉE PAR UNE BOMBE
C'est dans la nuit de dimanche à lundi qu'une bombe a explosé devant l'une des portes de la cathédrale de Kirkouk, au nord de l'Irak. L'explosion a causé des dégâts matériels mais n'a fait aucune victime. Pour Mgr Sako, évêque chaldéen de la ville, cet attentat est à placer dans le contexte de violence né du film "L'Innocence des musulmans". Il a réagi ainsi auprès de l'AFP: "On nous dit que l’Islam est tolérant, il faut tout faire pour le montrer. Quand il y a un problème, on doit réagir, c’est vrai. Mais pas de cette manière-là, pas en attaquant des personnes innocentes ici et là par vengeance. Je crois que c’est un mélange d’émotion et d’ignorance, il faut y remédier. Comment ? Il faut changer le discours. Et puis les responsables des gouvernements doivent prendre position, il faut chercher une manière de juger les personnes qui ont créé cette situation-là, tout en protégeant les ambassades et les populations locales, les citoyens".
Au Niger, la cathédrale de Zinder, à l'est du pays, a également été saccagée. A Hyderabad, au Pakistan, des coups de feu ont été tirés contre la cathédrale.
MOYEN-ORIENT: 4 ÉVÊQUES ANGLICANS POUR LE DÉLIT DE BLASPHÈME
C'est à un drôle de jeu que se prêtent Mgrs Mouneer Anis (Egypte), Michael Lewis (Chypre), Bill Musk (Afrique du Nord) et Grant Lemarquand (Corne africaine). Les quatre évêques ont envoyé une lettre commune au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon. "Devant la situation actuelle explosive dans plusieurs pays en réponse à la production d'un film aux Etats-Unis, qui vise évidemment à offenser nos frères et sœurs musulmans en insultant le prophète Mahomet, et compte tenu du fait que, ces dernières années, des incidents offensants similaires ont eu lieu dans certains pays européens, provoquant des réponses massives et violentes dans le monde entier, nous vous suggérons qu'une déclaration internationale soit négociée, qui interdirait l'insulte intentionnelle et délibérée ou la diffamation des personnes (comme les prophètes), des symboles, des textes et des dogmes considérée comme saints par les gens de foi”
Référence ici: En Egypte, Morsi veut garder le contrôle sur les islamistes
Aussi simple que l’oeuf de Christophe Colomb ?
Au Liban, la seule présence du pape a eu un puissant impact psychologique. Décryptage d'un courage physique, intellectuel et spirituel, par Jean Mercier sur le site de “La Vie” (extraits):
Depuis le début de son voyage, Benoît XVI presse les chrétiens de ne pas fuir la région, berceau du christianisme, en dépit de toutes les difficultés. La présence chrétienne "n'est ni nouvelle, ni accidentelle mais historique" écrit le Pape dans son exhortation post-synodale signée vendredi. « Un Moyen-Orient sans ou avec peu de chrétiens n'est plus le Moyen-Orient » souligne-t-il. Il invite les dirigeants politiques et religieux à éviter une politique ou une stratégie communautariste qui tendrait vers un Moyen-Orient monochrome. Même si le Pape leur dit de ne pas avoir peur, les chrétiens sont inquiets de la poussée islamiste au Moyen-Orient. En Irak, ils étaient un million à l'époque de Saddam Hussein. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 450 000, en raison des violences qui ont ensanglanté leur pays et les ont visés directement. C’est le scénario que tous les chrétiens redoutent. 


« La visite de Benoît XVI se clôture aujourd’hui dimanche par une messe solennelle en plein air sur le front de mer, au City Center Waterfront de Beyrouth. Quelque 75.000 places assises ont été prévues, mais près de 300.000 personnes assistent également à la messe debout.
Temps fort de la visite papale au Liban, Benoît XVI rencontrait ce soir au patriarcat maronite situé au nord de Beyrouth, des jeunes venus de tout le Moyen-orient. Parmi la foule,se trouvent des délégations de chrétiens palestiniens, des chrétiens d'Egypte, de Chypre, de Jordanie, d'Irak et surtout de Syrie. Dans le « Figaro », Jean-Marie Guénois observe que le Pape ne devait pas parler de la Syrie au Liban, un sujet jugé trop politique. Il l'a fait pourtant devant les vingt milles jeunes réunis en son honneur à Bkerké: «J'ai appris également qu'il y a parmi nous des jeunes venus de Syrie. Je veux vous dire combien j'admire votre courage. Dites chez vous, à vos familles et à vos amis, que le Pape ne vous oublie pas. Dites que le Pape est triste à cause de vos souffrances et de vos deuils. Il n'oublie pas la Syrie dans ses prières et ses préoccupations. Il n'oublie pas les Moyen-orientaux qui souffrent. Il est temps que musulmans et chrétiens s'unissent pour mettre fin à la violence et aux guerres.» Voilà une phrase de
Hier, en la fête de l’exaltation de la sainte Croix, Benoît XVI a signé, dans la basilique grecque melkite d’Harissa, l’exhortation apostolique « Ecclesia in Medio Oriente » concluant les travaux du synode romain sur le Moyen-Orient. À cet occasion, il a notamment déclaré, devant les autorités civiles et religieuses de divers confessions réunies dans la basilique :