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Société - Page 453

  • Italie : le crucifix exposé dans les lieux publics

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    De François Dupas sur infocatho.fr :

    Italie : vers l’exposition de crucifix dans les lieux publics

    Un projet de loi a été présenté au Parlement italien. Il vise à faciliter l’exposition des crucifix dans les bâtiments publics.

    Le projet de loi intitulé « Dispositions relatives à l’exposition du crucifix dans les écoles et dans les bureaux de l’administration publique », prévoit d’installer des croix dans les écoles, les universités, les prisons, les bureaux publics, les consulats, les ambassades et les ports.

    Une amende est prévue en cas de non-respect de ces dispositions. Le projet de loi doit encore être discuté à la Chambre et au Sénat.

    Le parti de la Ligue du Nord est à l’origine de cette initiative. Il est dirigé par Matteo Salvini, le nouveau ministre de l’Intérieur et vice-président du Conseil, le gouvernement italien.

    Une décision semblable sur les crucifix a déjà été prise par le gouvernement du Land de Bavière. Le Premier ministre bavarois, Markus Söder, avait annoncé le 24 avril 2018 que les bâtiments publics devraient arborer une croix à compter du 1er juin suivant.

    Le cabinet de Markus Söder avait alors déclaré que son projet avait pour but d’ « exprimer le caractère historique et culturel de la Bavière ».

    Source : FSSPX news

  • Le Rwanda et la langue française

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    Lu sur le site de la Libre Afrique :

    Rwanda 526981365-612x612.jpg« Après s’être résolument tourné vers le monde anglophone en faisant il y a dix ans de l’anglais la langue d’enseignement, le Rwanda a effectué ces dernières années un rééquilibrage avec le retour en grâce du français et voit désormais dans ce bilinguisme un atout, à côté des langues locales, kinyarwanda et swahili.

    Langue de l’ancien colonisateur belge, le français a commencé à subir au lendemain du génocide de 1994 la concurrence de l’anglais, parlé par la plupart des réfugiés tutsi revenus d’Ouganda pour former la nouvelle élite politique et administrative.

    Le président Paul Kagame, lui-même éduqué en Ouganda, a introduit dans la Constitution de 2003 l’anglais comme troisième langue officielle avec le kinyarwanda et le français.

    Puis en 2008, le français a été remplacé par l’anglais comme langue d’enseignement obligatoire à l’école. Le français n’a plus été offert, comme langue enseignée, que dans le secteur privé, ou comme matière optionnelle au secondaire dans le public.

    L’administration aussi s’est mise à l’anglais, même si les lois ont continué à être publiées dans les trois langues officielles, auxquelles s’est joint en 2017 le swahili.

    Devenu en 2007 membre de la Communauté des États d’Afrique de l’Est (EAC), anglophone, puis en 2009 du Commonwealth, le Rwanda a donné l’impression de se détourner de l’espace francophone.

    Ce d’autant que les relations entre le Rwanda et la France, accusée par Kigali d’avoir joué un rôle dans le génocide (environ 800.000 morts), restaient extrêmement tendues, malgré la reprise des relations diplomatiques en 2009.

    « C’est une mauvaise interprétation. Il était nécessaire que le Rwanda essaie de faire partie de ce club des pays qui parlent anglais », conteste auprès de l’AFP la ministre des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, candidate pour prendre en octobre la tête de la Francophonie.

    – La vigueur retrouvée du français –

    « L’interprétation qui veut faire croire que le Rwanda s’est tourné vers l’anglais contre le français a peut-être été le résultat des relations entre la France et le Rwanda », ajoute-t-elle. « Je crois qu’il y a eu confusion entre les relations du Rwanda et de la France, et les relations du Rwanda avec la Francophonie ».

    La décision brutale de changer la langue d’enseignement n’a pas été sans conséquence. Elle a mis en lumière la pénurie d’enseignants anglophones et contraint les francophones à enseigner – mal le plus souvent – dans une langue qu’ils maîtrisaient peu.

    Mais si les Rwandais se sont d’abord tournés massivement vers l’anglais, ils n’ont pas complètement délaissé le français, qui a récemment retrouvé de la vigueur.

    Selon l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), 700.000 Rwandais, soit 6% de la population, étaient francophones en 2015. Le Français reste ainsi la langue étrangère la plus parlée au Rwanda devant l’anglais.

    Ce faible pourcentage s’explique par le fait que le kinyarwanda est parlé par presque tous les Rwandais, lesquels n’ont donc pas besoin de langue étrangère pour se comprendre, contrairement aux pays africains où plusieurs langues locales coexistent.

    Le français a été réintroduit en 2014-2015 comme langue enseignée au primaire dans le public. Rouverte en 2010, l’école française de Kigali reçoit de nouveau de nombreuses demandes d’inscription.

    Les chaînes de télévision publiques proposent des émissions en kinyarwanda, anglais et français. France 24 et TV5 sont les chaînes étrangères les plus regardées, et les bouquets Canal+ sont très appréciés.

    – « Au carrefour des deux mondes » –

    Dans les librairies de Kigali, trônent le Monde diplomatique ou Jeune Afrique, mais peu de magazines en anglais. Les écrivains rwandais les plus connus écrivent parfois en kinyarwanda mais le plus souvent en français.

    « Ca dépend du public. Si vous voulez parler aux Rwandais de choses simples, claires, compréhensibles, vous utilisez le kinyarwanda. Si vous voulez parler à une classe un peu plus cultivée, qui a des notions un peu plus internationales, vous écrivez en français », explique l’un d’eux, Antoine Mugesera.

    Cet historien souligne aussi que toute l’histoire orale du pays a été retranscrite en français. « C’est tout un patrimoine que nous devons conserver précieusement », dit-il.

    L’élite du pays a adopté le bilinguisme anglais/français. Mais le français garde l’image d’une langue plus noble. « C’est vrai que quand tu parles français, les gens te mettent tout de suite sur un certain niveau d’éducation », souligne le poète hip hop Eric Ngangare « 1key ».

    Les francophones rwandais pensent que l’élection de Mme Mushikiwabo comme secrétaire générale de l’OIF permettrait d’encore renforcer la place du français au Rwanda, sans renier pour autant l’anglais.

    Sa candidature est la preuve que la décision de 2008 n’était pas tant guidée par l’idéologie que par le même pragmatisme qui conduit aujourd’hui le Rwanda, aux ambitions régionales affirmées, à se tourner à nouveau vers l’Afrique francophone.

    « Nous sommes au carrefour des deux mondes », remarque M. Mugesera. « Une seule langue c’est une pauvreté, deux langues c’est une richesse. Je pense que tout le monde est conscient qu’il faut garder les deux langues. Ce serait pour nous un atout énorme ».​

    Ref. Le Rwanda regarde à nouveau aussi vers le monde francophone

    Pour mémoire, sous la colonisation belge, l’usage courant des grandes langues véhiculaires indigènes  -lingala, swahili, kikongo, tshiluba au Congo, kirundi, kinyarwanda (et swahili) au Ruanda-Urundi- l’emportait sans conteste possible sur l’emploi de la langue maternelle des coloniaux. Ceux-ci mêmes étaient tenus de pratiquer la langue des autochtones s’ils voulaient se faire comprendre. L’alphabétisation de masse réalisée par les missionnaires belges au niveau  primaire  l’utilisait aussi, l’usage du français importé par le colonisateur ne progressant qu’avec les niveaux moyen et supérieur (alors très minoritaires) de la scolarisation. Un bon demi-siècle plus tard, la familiarisation du peuple avec une ou plusieurs des grandes langues internationales léguées par le colonisateur  a certainement pris de l’ampleur mais pas au point d’effacer la pratique des parlers véhiculaires et dialectaux (le Congo compte quelque deux cents tribus et autant de dialectes) traditionnels.

    JPSC

  • "Humanae Vitae, voie de sainteté pour notre temps" : conférence du Cardinal Robert Sarah à l'abbaye Sainte-Anne de Kergonan, le 4 août 2018

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    "Humanae Vitae, voie de sainteté pour notre temps" Conférence du Cardinal Robert Sarah à l'abbaye Sainte-Anne de Kergonan, le 4 août 2018, au cours du week-end organisé par le Centre Billings France pour célébrer les 50 ans de l'encyclique "prophétique et providentielle" (Jean-Paul II) de Paul VI.

  • Une première mondiale : deux enfants de 9 et 11 ans ont été euthanasiés en Belgique

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    De Jeanne Smits sur RéinformationTV :

    Premières euthanasies d’enfants en Belgique

    La presse internationale s’est saisie d’une information qui circule déjà depuis plusieurs semaines en Belgique : deux enfants âgés de neuf et de 11 ans sont présentés comme les « bénéficiaires » les plus jeunes au monde de l’euthanasie. Cela s’est passé en Belgique, où l’euthanasie des mineurs a été légalisée en 2014, sans limite d’âge. La présentation de cette nouvelle ne tient pas compte d’une réalité hélas plus large, puisque le « laisser mourir » – l’euthanasie lente – des nouveau-nés et des bébés jugés en trop mauvais état pour pouvoir « vivre dignement » s’installe de plus en plus dans les mœurs dans de nombreux pays.

    Mais en Belgique, ce qui fait la différence, c’est la possibilité d’administrer une piqûre létale aux mineurs qui ne supportent plus les souffrances occasionnée par une maladie grave. Selon la commission de suivi des euthanasies en Belgique, la CFCEE, trois mineurs ont obtenu une telle mise à mort au cours des années 2016 et 2017 : un jeune de 17 ans souffrant de dystrophie musculaire, et donc cet enfant de neuf ans atteint d’une tumeur cérébrale et cet autre, 11 ans, victime de fibrose cystique.

    Deux euthanasies d’enfants Belgique en 2016 et 2017

    Aux Pays-Bas, l’euthanasie des mineurs n’est envisagée qu’à partir de 12 ans, avec une autorisation écrite des parents jusqu’à 16 ans. En Belgique, les parents doivent exprimer leur accord par écrit pour tout mineur demandant l’euthanasie.

    Pour les deux enfants belges concernés, les médecins ont établi des rapports très détaillés où l’on peut lire notamment qu’ils étaient en « phase terminale » de leur maladie et que leur dossier a été soumis à un grand nombre de médecins et de soignants, au-delà des exigences habituelles de la loi. La commission d’évaluation des euthanasies les a jugés conformes.

    Il faut dire que le président de la commission d’évaluation, Wim Distelmans, est lui-même un médecin spécialiste d’éthique et de la fin de vie très favorable à l’euthanasie, et a participé à de nombreux cas jugés limites ou transgressifs même à l’aune de la loi belge, extrêmement libérale. « Il n’y a pas d’âge pour souffrir », a-t-il déclaré, ajoutant que de toute manière, l’euthanasie d’enfants resterait toujours « très exceptionnelle ». « N’y aurait-il eu qu’une euthanasie de jeunes, la loi aurait fait la preuve de sa grande utilité » a-t-il jugé.

    Le vice-président de la commission, le Dr Luc Proot de Bruges, a été tout à fait ravi lui aussi de la modification législative. « Tant mieux qu’il n’y ait pas de limite d’âge chez nous », a-t-il déclaré. « Les pédopsychiatres ont pu établir pour les trois quarts que ces mineurs étaient fortement capables d’exprimer leur volonté et qu’ils savaient très bien où ils en étaient », assure-t-il. On n’en saura pas davantage, par respect de la vie privée des intéressés.

    Des enfants euthanasiés à 9 et 11 ans : une première mondiale

    La presse belge n’émet pas le moindre jugement négatif. C’est notamment dans la presse britannique que l’on rappelle les déclarations de 162 pédiatres belges déclarant au moment de l’adoption de la loi : « Aujourd’hui, nous sommes capables de contrôler parfaitement la douleur physique, l’étouffement ou l’anxiété à l’approche de la mort. » Le pédiatre oncologue Stefaan Van Gool ajoutait : « Il n’existe en réalité aucun outil objectif qui vous permette réellement de dire : “Cet enfant a entière compétence et capacité pour donner son consentement informé en pleine connaissance de cause.” »

    L’affaire des euthanasies d’enfants est de fait utilisée dans la presse belge pour promouvoir la cause de l’euthanasie qui devient de plus en plus banale et acceptée par la population. En 2016 et 2017, pas moins de 4.337 personnes ont officiellement obtenu une euthanasie (il s’agit des euthanasies déclarées), dont la plupart souffrant de cancer.

    Mais les victimes comprennent aussi 710 personnes, pour la plupart âgées, souffrant d’affections telles la cécité ou l’incontinence. 70 personnes ont « choisi » de mourir pour cause de souffrances psychiatriques « insupportables ». Et l’on compte 19 jeunes de 18 à 29 ans qui ont obtenu l’euthanasie au cours de cette période. Les règles sont appliquées de manière de plus en plus laxiste : l’an dernier, le neurologue Ludo Vanopdenbosch a démissionné de la CFCEE pour manifester son opposition à l’approbation de la commission d’une euthanasie sur une patiente démente qui n’avait pas donné son consentement. Et un nombre croissant de médecins s’insurge contre l’euthanasie des malades psychiatriques.

     
  • Argentine : l'IVG recalé par le Sénat

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    Argentine : le Sénat s'est prononcé sur la légalisation de l’avortement (d'après aleteia.org)

    Après avoir passé de justesse le cap de l'assemblée en juin dernier, une loi autorisant l'avortement en Argentine vient d'être refusée par le sénat argentin.

    Après l’Irlande, l’Argentine allait-elle légaliser l'avortement ? Le Sénat argentin s'est prononcé ce 8 août sur la légalisation de l’avortement : 38 voix contre, 31 pour, 2 abstentions. Le 14 juin, le texte avait été voté à l’Assemblée à une très courte majorité (129 voix pour, 125 contre). Dans le détail, le texte autorisait l’interruption volontaire de grossesse (IVG) jusqu’à la 14e semaine de gestation. L’IVG est actuellement possible dans le pays en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère. D’après différentes estimations, environ 500.000 avortements clandestins sont réalisés chaque année dans le pays pour 720.000 naissances. 2.700 mères-filles, âgées de 10 à 14 ans, accouchent tous les ans, estime l’Unicef.

    Dans ce pays historiquement très catholique, les sénateurs, qui représentent des régions plus excentrées et plus traditionnelles, sont réputés plus conservateurs que les députés. Ce qui expliquerait que la majorité d’entre eux se soient opposés à ce texte de loi.

    Le pape François dénonce une « culture du déchet »

    Dans une lettre apostolique destinée aux argentins, le pape François a tenu à encourager à la mobilisation contre ce projet de loi (voir ICI). Il s’était déjà exprimé sur le sujet à plusieurs reprises, dénonçant l’avortement comme une « culture du déchet » en mai, et comme un « eugénisme en gants blancs » en juin.

    Pour mémoire l’Argentine, pays d’origine du pape François, a été le premier pays d’Amérique latine à autoriser le mariage pour tous en 2010. Dès 2011, l’Argentine a également l’un des premiers pays au monde à reconnaître d’un point de vue légal l’existence d’un « troisième sexe ».

  • En changeant la doctrine de la peine de mort, le pape François change-t-il la foi ?

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    La pastorale de l’Eglise face à la peine de mort (23 mn).

    1992, 1998, 2018, Catéchisme de l’Eglise Catholique, article 2267 : trois versions différentes de la pastorale de la peine de mort pour une doctrine universelle identique : « La peine de mort est toujours un mal. Tuer un homme, même criminel, est un mal. Mais l’autorité publique a le devoir de défendre la vie des citoyens. » A partir de cet exemple et de l’évolution en acte de la pastorale, comprendre la différence entre doctrine universelle et pastorale, qui sont les deux pôles de la théologie morale. 1992 : « La peine de mort est parfois un mal nécessaire, pour protéger des vies innocentes » 1998 : « La peine de mort est parfois un mal nécessaire, mais il faut tendre à le faire disparaître, grâce à des peines sûres et non sanglantes. » 2 août 2018 : « L’Église enseigne, à la lumière de l’Évangile, que la peine de mort est une mesure inadmissible qui blesse la dignité personnelle et elle s’engage de façon déterminée, en vue de son abolition partout dans le monde. Etant donné que la société actuelle dispose de systèmes de détention plus efficaces, la peine de mort n’est plus nécessaire pour protéger les personnes innocentes. »

  • Le non absolu à la peine de mort : une victoire de l’Évangile ou de « l’humanisme séculier » ?

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    De Sandro Magister en traduction sur le site diakonos.be :

    Le non absolu à la peine de mort. Victoire de l’Évangile ou de « l’humanisme séculier » ?

    La décision du Pape François de réécrire le Catéchisme de l’Église Catholique concernant la peine de mort a enflammé la controverse.

    Le changement était dans l’air et Jorge Mario Bergoglio l’avait fait présager depuis longtemps. Dans la lettre du Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi accompagnant le rescrit, le cardinal Luis F. Ladaria déclare que « la nouvelle formulation du n°2267 du Catéchisme exprime un développement authentique de la doctrine qui n’est pas en contradiction avec les enseignements antérieurs du magistère ».

    Mais c’est justement ce point qui suscite le plus de controverses. Beaucoup pensent qu’il y a contradiction avec l’enseignement précédent de l’Église.  Et qu’il s’agit non pas d’un « développement » mais bel et bien d’une rupture.

    En outre, la nature « historique » des motivations avancées par François sont frappantes : nouvelle prise de conscience de la dignité de la personne, nouvelle compréhension du sens des sanctions pénales, nouveaux et plus efficaces systèmes de détention, etc. D’où découleraient, « à la lumière de l’Évangile », l’actuel et nouvel enseignement de l’Église sur l’inadmissibilité absolue de la peine de mort.

    Devant un tel précédent – comme beaucoup l’espèrent ou au contraire le craignent – qu’est-ce qui pourra empêcher à un pape de changer la doctrine de l’Église sur n’importe quel autre sujet ? En rupture non seulement avec le magistère précédent mais avec les Écritures saintes elles-mêmes ?

    Pour faciliter notre compréhension du débat, voici deux éléments de documentations intéressants.

    *

    Le premier est l’ancien article du Catéchisme de l’Église catholique sur la peine de mort et le nouvel article rescrit par la volonté du Pape François.

    L’ancien article

    2267 L’enseignement traditionnel de l’Eglise n’exclut pas, quand l’identité et la responsabilité du coupable sont pleinement vérifiées, le recours à la peine de mort, si celle-ci est l’unique moyen praticable pour protéger efficacement de l’injuste agresseur la vie d’êtres humains.

    Mais si des moyens non sanglants suffisent à défendre et à protéger la sécurité des personnes contre l’agresseur, l’autorité s’en tiendra à ces moyens, parce que ceux-ci correspondent mieux aux conditions concrètes du bien commun et sont plus conformes à la dignité de la personne humaine.

    Aujourd’hui, en effet, étant données les possibilités dont l’Etat dispose pour réprimer efficacement le crime en rendant incapable de nuire celui qui l’a commis, sans lui enlever définitivement la possibilité de se repentir, les cas d’absolue nécessité de supprimer le coupable  » sont désormais assez rares, sinon même pratiquement inexistants  » (Evangelium vitae, n. 56).

    Le nouvel article

    2267 Pendant longtemps, le recours à la peine de mort de la part de l’autorité légitime, après un procès régulier, fut considéré comme une réponse adaptée à la gravité de certains délits, et un moyen acceptable, bien qu’extrême, pour la sauvegarde du bien commun.

    Aujourd’hui on est de plus en plus conscient que la personne ne perd pas sa dignité, même après avoir commis des crimes très graves. En outre, s’est répandue une nouvelle compréhension du sens de sanctions pénales de la part de l’État. On a également mis au point des systèmes de détention plus efficaces pour garantir la sécurité à laquelle les citoyens ont droit, et qui n’enlèvent pas définitivement au coupable la possibilité de se repentir.

    C’est pourquoi l’Église enseigne, à la lumière de l’Évangile, que « la peine de mort est une mesure inhumaine qui blesse la dignité personnelle » [1] et elle s’engage de façon déterminée, en vue de son abolition partout dans le monde.

    [1] François, Discours aux Participants à la Rencontre organisée par le Conseil Pontifical pour la Promotion de la Nouvelle Évangélisation, 11 octobre 2017 : L’Osservatore Romano (13 octobre 2017), 5.

    *

    Le second document que nous vous proposons est extrait d’un essai publié en 2001 sur « First Things » par le cardinal Avery Dulles (1918-2008), jésuite, l’un des plus grands théologiens nord-américains du vingtième siècle, très estimé par le Pape Jean-Paul II et par Benoît XVI.

    Lire la suite sur diakonos.be

  • La popularité du pape chute de 88% à 71% en Italie

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    De Kevin Dupont sur le site de La Libre :

    La popularité du pape victime de son soutien aux migrants

    Le pape François est toujours populaire, mais plus autant qu'avant. Sa popularité chute de 88 % à 71% en Italie.

    Fini le temps où il faisait la quasi-unanimité. L'enthousiasme datant de sa prise de fonction est désormais plus terne. Une enquête publiée aujourd'hui par "la Repubblica" note une baisse de 17 % de la popularité du Pape dans le pays de la cité éternelle. Pas de quoi ébranler totalement le Saint-Siège, mais cela reste significatif.

    Il y a cinq ans, l'ambiance était à la nouveauté. Jorge Mario Bergoglio, maintenant plus connu sous le nom de François, venait d'un autre continent que l'Europe. Son ton progressiste tranchait avec celui de son prédécesseur. Sa venue insufflait un air plus contemporain. Mais après cinq ans sur le trône de Saint-Pierre, la population juge plus par les actes. Et ils ne font pas autant consensus que le vent de renouveau qui s'est progressivement dissipé.

    Le reflet des tensions migratoires dans la botte italienne

    Le rang des mécontents gonfle, même s'il reste minoritaire. Les ultra-conservateurs catholiques sont maintenant rejoints par d'autres. Et parmi ceux-ci, les partisans d'un contrôle plus strict de l'immigration. À l'heure où le Vatican multiplie les appels à accueillir les migrants dans une Italie gouvernée par des partis opposés à cette option.

    La tension est d'ailleurs de plus en plus palpable entre le Saint-Siège et le ministre de l'Intérieur d'extrême droite, Matteo Salvini (Lega). Alors que le premier vient de condamner la peine de mort, le deuxième veut assouplir le port d'armes. Deux mouvements contraires qui finissent par entrer en collision.

    L'étude de la "Repubblica" note par ailleurs que la popularité du pape est particulièrement faible chez les plus jeunes. Moins de 60 % des 15 à 34 ans lui donnent leurs faveurs. Alors qu'ils représentent un important vivier de voix pour la coalition au pouvoir. Dans le même temps, il s'agit d'une classe d'âge moins sensible aux messages religieux. Enfin, une région se fait bien moins enthousiaste au sujet du pape François : le Nord-Est de l'Italie. Autrement dit la zone de prédilection de la Lega.

    Pas qu'en Italie

    Cette baisse de popularité n'est pas le fait propre de la péninsule méditerranéenne. La popularité du pontife baisse également ailleurs. En France, Le Figaro a publié en mars dernier un même type de sondage. Résultat : 9 % en moins au compteur. Là aussi sa popularité reste néanmoins forte, à 78 %. Mais ce qui frappe ici, c'est que cela se ressent plus fortement chez les catholiques pratiquants (-12%). Chez les non pratiquants par contre, cette popularité augmente (+4%).

    Cette tendance reflète aussi ici en partie le débat sur l'accueil des migrants au sein de la communauté catholique. Les affaires de pédophilie au sein de l'Église au Chili ont également pu jouer un rôle. Mais malgré cela, plus de trois quarts des sondés restent en faveur du pape.

    Si ces désaffections restent limitées, il a encore toutes les raisons de ne pas trop s'en faire. Son opposition à Salvini, elle, ne semble pas être sur le point d'être remise en cause.

  • Quand Giovannino Guareschi adressait une dernière lettre à Don Camillo

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    Du site "Paix Liturgique" :

    LA DERNIÈRE LETTRE DE GIOVANNINO GUARESCHI A DON CAMILLO

    Le 21 juillet 2018, l'église Saint-Michel-Archange de Roncole Verdi, village de la commune de Busseto, en Émilie-Romagne (Italie), a accueilli une messe de Requiem à l'occasion du cinquantième anniversaire du rappel à Dieu de Giovannino Guareschi, le créateur de don Camillo. À la demande des enfants de l'écrivain – car don Camillo, avant d'être la série de films à succès que nous connaissons, est une œuvre littéraire profondément catholique – cette messe a été célébrée selon la forme extraordinaire du rite romain, en présence du maire de Busseto, lieu de sépulture de Guareschi, et de celui de Roccabianca, son lieu de naissance. Don Marino Neri, secrétaire de l'Amicizia sacerdotale Summorum Pontificum (voir notre lettre 584 notamment), a prononcé pour l'occasion un sermon vigoureux rappelant que, si la fin proche de l'homme est sa sanctification, sa fin ultime est la gloire de Dieu à laquelle l'auteur de don Camillo a contribué excellemment.

    Cet événement nous a permis de prendre connaissance d'un petit chef-d'œuvre que nous vous proposons bien volontiers en cette période de lectures estivales : la lettre adressée par Giovannino Guareschi à « son » don Camillo au lendemain du concile Vatican II et publiée le 19 mai 1966 par le journal Il Borghese. Nous omettons la dernière partie de cette lettre dans laquelle Guareschi regrette avec son ironie mordante que le cardinal Josef Mindszenty n'ait pas été élu Pape à la suite de Jean XXIII car « l'Église du Silence aurait alors acquis une voix puissante ».

    Cher don Camillo, 

    Je sais que vous avez des problèmes avec votre nouvel évêque. Il m'a été rapporté que vous avez dû détruire le maître-autel de l'église paroissiale pour le remplacer par la fameuse « table à repasser », modèle Lercaro (1), reléguant votre bien-aimé Crucifix dans un coin près de la porte d'entrée, de façon à ce que l'Assemblée lui tourne le dos...

    De même, j'ai su que le dimanche, une fois célébrée la « Messe du Peuple », vous alliez en célébrer une autre dans la vieille chapelle, intacte, de votre ami Perletti : une messe clandestine, en latin, pour les catholiques.Du coup, les gros bonnets de la Démocratie chrétienne vous ont dénoncé et vous voici fiché en curie parmi les « prêtres subversifs » après avoir reçu un dur avertissement de l'évêque.

    Mon Père, vous n'avez décidément rien compris. Il est juste que le Christ ne soit plus sur l'autel : le Christ en Croix est l'image de l'extrémisme. Notre Seigneur était un factieux, un fasciste, et son exhortation « Ou avec Dieu ou contre Dieu » n'est qu'un plagiat du célèbre slogan mussolinien « Ou avec nous ou contre nous ».
    Ne se comportait-il pas comme un fasciste en chassant à coups de matraque les marchands du Temple ???
    C'est le sectarisme, l'intransigeance et l'extrémisme du Christ qui l'ont amené à la Croix alors que, s'il avait choisi la voix du compromis démocratique, il aurait très bien pu s'entendre avec ses adversaires.

    Don Camillo, vous ne vous rendez pas compte que nous sommes en 1966 : les aéronefs parcourent le cosmos à la découverte de l'Univers et la religion chrétienne n'est plus adaptée à la situation. Le Christ a voulu naître sur la Terre ce qui, tant que l'ignorance et la superstition faisaient de la Terre le centre voire l'essence de l'Univers, pouvait encore passer mais qui aujourd'hui, à l'heure des explorations spatiales et de la découverte de nouveaux mondes, le rapporte à un phénomène provincial. Un phénomène qui, comme l'a solennellement établi le Concile, va redimensionner.

    Pour vous, Mon Père, les beatniks et leurs cheveux longs ne sont que des pouilleux à envoyer se faire tondre le crâne, et leurs compagnes avec ces jupes courtes qui leur couvrent à peine l'aine des filles de petite vertu à soumettre d'urgence au dépistage de la syphilis. En revanche, à Rome, l'Autorité Ecclésiastique Supérieure a créé une messe spéciale pour ces pouilleux et ces demoiselles de petite vertu – une messe Beat, jouée et hurlée par trois groupes de chevelus.

    Vous êtes resté bloqué dans l'autre siècle, Mon Père. Aujourd'hui, l'Église s'adapte à son époque, se mécanise. À Ferrare, sur la « table à repasser » de l'église San Carlo, il y a un distributeur d'hosties : au moment de l'Offertoire, le fidèle qui souhaite communier dépose son offrande sur un plateau, presse un bouton et, au son d'un joyeux carillon, l'hostie tombe dans le calice !

    Et, croyez-moi, il n'est pas impossible que dans les laboratoires du Vatican ne soit déjà à l'étude une machine plus complète dotée d'une petite pince qui, une fois la pièce introduite et le bouton pressé, porte directement aux lèvres du communiant l'hostie consacrée électroniquement.

    Don Camillo, l'an dernier vous m'avez fait des reproches parce que dans une de mes pièces j'ai raconté que don Giacomo, jeune prêtre des temps modernes, confessait ses fidèles par téléphone et leur envoyait des pulvérisateurs d'eau bénite au lieu de se déplacer pour bénir leurs foyers. Vous m'avez dit qu'on ne plaisantait pas avec ces choses-là...

    Pourtant, sur initiative de l'Autorité Ecclésiastique Supérieure, voici qu'on y est presque. Le jour n'est pas si loin où après s'être confessé par téléphone, le fidèle recevra par courrier recommandé l'hostie consacrée à domicile accompagnée d'une petite pince fournie par le « service mécanique » de la paroisse pour pouvoir la consommer sans la toucher avec ses doigts impurs (2). Je n'exclus pas que, pour arrondir les maigres revenus de la paroisse, le curé ne fasse imprimer sur l'hostie quelque message publicitaire...

    Don Camillo, je sais que Peppone, aujourd'hui, se fiche ouvertement de vous. Je sais qu'il vous a intimé de retirer du prieuré le portrait provocateur de Pie XII, « le pape fasciste et ennemi du Peuple », menaçant de vous dénoncer à l'évêque. Mais Peppone a raison : les rôles se sont inversés et bientôt la Section du Parti vous ordonnera de déplacer l'horaire des fonctions sacrées pour ne pas menacer la « Festa dell'Unità » (3) organisée sur le parvis de l'église.Don Camillo, si vous ne vous mettez pas à la page et n'arrêtez pas d'appeler « Sans-Dieu » les communistes et de les décrire comme des ennemis de la religion et de la liberté, la Fédération locale du Parti vous suspendra a divinis. Moi qui vous suis attentivement et vous suis attaché depuis vingt ans, je ne voudrais pas vous voir finir d'une si triste façon.

    Je sais bien que de nombreux paroissiens, et pas seulement les plus âgés, sont avec vous mais je sais aussi que vous préféreriez partir en silence, en cachette, pour éviter tout incident ou toute polémique qui pourrait tourmenter votre troupeau.

    En réalité, vous avez une sainte terreur de voir les catholiques se diviser. Malheureusement, cette division existe déjà.

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    (1) Du nom du très rouge cardinal de Bologne, Giacomo Lercaro, l'un des plus virulents promoteurs de l'aggiornamento conciliaire en Italie. Choisi par Paul VI, Mgr Lercaro présida de 1964 à 1968 la Commission pour l’Application de la Réforme liturgique, dont le secrétaire n'était autre que Mgr Bugnini...

    (2) Là, Guareschi n'osait pas imaginer que les fidèles pourraient un jour être encouragés à se saisir par eux-mêmes de la sainte Hostie !

    (3) L'Unità est l'équivalent italien de L'Humanité. Chaque section du PCI (Parti communiste italien) avait l'habitude d'organiser une ou plusieurs fêtes annuelles placées sous le patronage du quotidien du Parti.

  • Relire Soljenitsyne pour y retrouver une source de vérité et de courage

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    De Laurent Ottavi sur le site "La faute à Rousseau" :

    Littérature & Société • Relire Soljenitsyne pour retrouver une source de vérité et de courage

    Par   

    TRIBUNE - À l'occasion du dixième anniversaire de la mort d'Alexandre Soljenitsyne et du quarantième anniversaire de son discours d'Harvard, Laurent Ottavi revient sur les maux occidentaux que pointait le dissident russe. Il y voit une dimension prophétique. [Figarovox 3.08]. « Ne pas vivre dans le mensonge » où, de fait, nous vivons de tant de manières.  Soljenitsyne peut aider notre monde à le détruire.    

    Ce 3 août 2018 [était] le dixième anniversaire de la mort d'Alexandre Soljenitsyne. Le dissident russe, auteur d'Une journée d'Ivan Denissovitch et de L'Archipel du Goulag, fût une figure controversée, souvent qualifiée de « réactionnaire ». Le ressentiment de l'élite libérale américaine à son égard remonte à un discours retentissant, Le déclin du courage, dont c'est le 40ème anniversaire cette année. Le texte de ce discours prononcé à Harvard a été réédité en 2017 aux éditions des Belles lettres. 

    Il faut le resituer dans son contexte et dans la biographie de son auteur, pour en saisir toute la portée.

    Du Goulag à Harvard

    À la veille de la victoire des Alliés, Alexandre Soljenitsyne écrit dans une correspondance que Staline est un chef de guerre incompétent, qui a affaibli l'Armée rouge par les purges et s'est imprudemment allié à Adolf Hitler. Cette critique le conduit pendant huit années dans l'enfer du Goulag, « où ce fut, écrit-il, mon sort de survivre, tandis que d'autres - peut être plus doués et plus forts que moi - périssaient ». Il révèle l'existence des camps de travaux forcés au monde dans Une journée d'Ivan Denissovitch. Staline, depuis, est mort. Ce texte est publié dans une revue littéraire avec l'autorisation de Nikita Khrouchtchev. Il donne à son auteur une renommée en Russie mais aussi dans le monde.

    Alexandre Soljenitsyne est récompensé du prix Nobel de littérature en 1970. Après d'autres écrits et sa demande de supprimer toute censure sur l'art, il fait paraître en 1973, à Paris, son livre le plus connu, L'Archipel du Goulag. Le dissident est déchu de sa nationalité et exilé. Il vit d'abord à Zurich puis s'installe aux États-Unis. Il y réside depuis deux ans, dans la plus grande discrétion, quand il est invité par l'université d'Harvard à prononcer un discours lors de la séance solennelle de fin d'année, le 8 juin 1978.

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  • Europe : "quatre-vingt-dizards" contre "soixante-huitards"

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    D'Audrey Duperron sur le site "Express Business" :

    Viktor Orbán : "Il faut dégager les élites de 1968"

    Les élections européennes de 2019 seront décisives pour l’avenir de l’Europe, et il est temps de se débarrasser des élites politiques occidentales qui se sont révélées incapables de protéger le Vieux Continent de l’immigration musulmane : c’est, en substance, ce qu’a déclaré le Premier ministre hongrois Viktor Orbán la semaine dernière dans un discours donné à l'occasion d'une visite à une minorité hongroise à Baile Tusnad, en Roumanie.

    Orbán, qui vient d’être réélu au mois d’avril, est devenu la figure de proue des pays de l’Europe centrale et de l’Europe de l’Est qui s’opposent à Bruxelles sur la question de l’immigration.

    Les "quatre-vingt-dizards" contre les "soixante-huitards"

    Il se présente comme le porte-flambeau d’une nouvelle génération de dirigeants est-européens, décrite comme “l’avenir de l’Europe”, les “quatre-vingt-dizards”, animés par le désir de “dégager” les “élites de 1968” qu’il accuse de vouloir imposer un “socialisme européen”. La crise migratoire a révélé l’échec des dirigeants européens, leur “inadaptation”, parce qu’ils ont renié les bases chrétiennes de l’Europe, imposé le “politiquement correct”, et qu’ils ont laissé le Vieux Continent se faire distancer par les Etats-Unis, et bientôt par la Chine, dans le domaine de la recherche. 

    “L’élite européenne a fait faillite, et le symbole de cette faillite est la Commission européenne. C’est une mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle, c’est que les jours de cette Commission sont comptés”, a-t-il notamment déclaré. “La génération anticommuniste, chrétiennement engagée, de sensibilité nationale arrive maintenant dans la politique européenne”, a-t-il promis.

    Une Europe qui a "fait faillite"

    Orban n’a pas été avare de critiques à l’encontre de Bruxelles, qu’il accuse de “prendre parti pour les libéraux” et “d’agir contre l’Europe centrale”. Cette Europe "a fait faillite", parce qu’elle a privilégié l’ouverture, plutôt que ses racines chrétiennes : “Dans l’Europe de la société ouverte d’aujourd’hui, il n’y a plus de frontières, les Européens sont interchangeables avec les immigrés, la famille est devenue un cadre de cohabitation variable selon les goûts, la nation, la conscience nationale, le sentiment d’appartenance à une nation sont considérés sous clef négative et comme devant être dépassés, et l’Etat ne garantit plus la sécurité en Europe”. Et de conclure : “La démocratie libérale s’est donc transmuée pour devenir une ‘non-démocratie libérale’. Cela veut dire qu’en Occident il y a le libéralisme, mais pas la démocratie.”

    Sa solution, c’est de se mobiliser lors des élections européennes pour instaurer la “démocratie chrétienne illibérale”, qui prône les valeurs de la culture chrétienne, le modèle de famille traditionnel et s’oppose au multiculturalisme et à la migration.

    Une politique "articulée" vis-à-vis de la Russie

    Orban qualifie la politique européenne à l’égard de la Russie de “primitive”, parce que l’UE ne manque pas une occasion d’infliger des sanctions à la Russie, et affirme qu’elle se sent menacée par ce pays dans son ensemble.

    Mais selon le Premier ministre hongrois, seuls les pays ayant une frontière commune avec la Russie - les pays baltes et la Pologne - sont réellement menacés, et l’Europe devrait donc bâtir une politique plus pragmatique à l’égard de la Russie, une politique “articulée”, dans ses propres mots. Cette politique assurerait une sécurité renforcée pour les pays vulnérables, tout en favorisant une ouverture commerciale plus grande à l’égard de la Fédération russe pour les autres Etats membres, à même de développer des coopérations économiques avec ce pays.

  • En Belgique, l'euthanasie est comme sacralisée

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    Du site "Euthanasie STOP" :

    En Belgique, aujourd'hui, l'euthanasie est "sacrée"

    Willem Lemmens
    Professor of Modern Philosophy and Ethics at the U

    Willem Lemmens est professeur de philosophie et d'éthique à l'université d'Anvers en Belgique. Il est intervenu lors d'un symposium organisé à Oxford au Royaume Uni au cours, une demi-journée était consacrée aux questions d'éthique autour de la fin de vie et de l'euthanasie.

    En Belgique et aux Pays-Bas où l'euthanasie pour « souffrance psychique » a commencé d'être autorisée , la question s'avère d'une acuité particulière : « En l'espace de quelques années, les demandes d'euthanasie en psychiatrie sont devenues de plus en plus acceptable et habituelle », explique le philosophe, et ce, bien que tous les médecins y compris ceux favorables à l'euthanasie, considèrent que la loi a été uniquement mise en place pour soulager les souffrances somatiques des malades en phase terminale.

    Pour le philosophe, le changement culturel est profond parce que l'euthanasie est devenue une option pour des patients qui souffrent de tendances suicidaires et les psychiatres subissent souvent des pressions pour « garantir » l'euthanasie, parfois même de la part de la famille.

    Des cas inquiétants ont été relatés : des familles ont raconté qu'un être cher qui souffrait de désordre mental avait été euthanasié sans le consentement de la famille et contre l'avis de certains médecins. Une part des préoccupations provient du fait que les patients suivis en psychiatrie cherchent eux-mêmes des praticiens complaisants et beaucoup de psychiatres s'alarment parce qu'« ils ont de la sorte perdu certains de leurs patients les plus vulnérables ».

    « Typiquement », poursuit l'intervenant, « la loi sur l'euthanasie de 2002 est vue comme une loi qui veut briser le tabou de la 'mort volontaire'. Cependant, la pratique créée par cette loi a engendré de nouveaux tabous : les psychiatres qui s'opposent à l'application trop large et indulgente de la loi sont méprisés, accusés d'être inhumain, de manquer d'empathie vis à vis des souffrances insupportables ». Il constate que « le climat moral a complètement changé » et l'euthanasie est considérée par certains comme « un droit fondamental et la mort comme une solution thérapeutique ». De cette façon, « l'euthanasie est, pour ainsi dire, sacralisée et toute critique est rejetée comme étant inhumaine et dès alors immorale ». Il y a aussi une méfiance croissante et une culture de l' 'omerta' entre les psychanalystes, certains préférant ne pas parler ouvertement de leurs craintes. Ainsi, « une minorité farouchement en faveur de l'euthanasie de leurs patients reçoivent une large attention dans les médias et sont souvent présentés comme des pionniers et de vrais humanistes ».

    Pour le Prof. Willem Lemmens, il faudrait que les congrès professionnels et les associations de psychiatres encouragent ouvertement l'ouverture d'une discussion et d'un débat, plutôt que de faire taire les voix critiques comme c'est souvent le cas. Il réclame « une prise en charge attentive de la souffrance psychique, en renonçant à faire de l'euthanasie une option thérapeutique, car celle-ci signifie en fait la fin de toute thérapie ».