Dans son brillant discours au Bundestag Benoît XVI a notamment parlé des fondements du droit comme nous l’avons déjà indiqué. Il a aussi parlé de ceux d’une écologie véritable en des termes tout aussi remarquables :
« La raison positiviste, qui se présente de façon exclusiviste et n’est pas en mesure de percevoir quelque chose au-delà de ce qui est fonctionnel, ressemble à des édifices de béton armé sans fenêtres, où nous nous donnons le climat et la lumière tout seuls et nous ne voulons plus recevoir ces deux choses du vaste monde de Dieu. Toutefois nous ne pouvons pas nous imaginer que dans ce monde auto-construit nous puisons en secret également aux « ressources » de Dieu, que nous transformons en ce que nous produisons. Il faut ouvrir à nouveau tout grand les fenêtres, nous devons voir de nouveau l’étendue du monde, le ciel et la terre et apprendre à utiliser tout cela de façon juste.
Mais comment cela se réalise-t-il ? Comment trouvons-nous l’entrée dans l’étendue, dans l’ensemble ? Comment la raison peut-elle retrouver sa grandeur sans glisser dans l’irrationnel ? Comment la nature peut-elle apparaître de nouveau dans sa vraie profondeur, dans ses exigences et avec ses indications ?
A l’invitation du Président du Bundestag, le Pape s’est adressé au Parlement fédéral dans un discours magistral, d’une très grande intelligence, consacré aux sources du droit. Les développements consacrés par le Saint père au droit naturel méritent à n’en pas douter une lecture attentive, qui permet de cerner l’intimité intrinsèque, mise à mal par les positivistes, entre « l’être » et le « devoir être », avec les implications que cela comporte au niveau de la nature et de la raison, et de leur lien entre eux.
Jean-Marie Guénois, l’envoyé spécial du Figaro à Berlin écrit : « Après la marmite madrilène et ses 39°C de température du mois d'août, Benoît XVI arrive aujourd'hui dans un chaudron théologique agité, où la fougue des JMJ est remplacée par une contestation rugueuse à l'intérieur et à l'extérieur de l'Église catholique.
A partir de demain et jusqu’au 25 septembre, Benoît XVI effectuera son 3e voyage en Allemagne, le plus difficile dit-on. Sur son blog Chiesa, Sandro Magister lui consacre ce commentaire :
L’agence Zenit a interrogé le cardinal Mauro Piacenza, préfet de la Congrégation pour le clergé, sur les obsessions ecclésiales à la mode postconciliaire. Mgr Piacenza fut ordonné prêtre par feu le cardinal Siri. C’est un ancien professeur de droit canonique. Ce prélat est connu pour être un travailleur silencieux et assidu, ainsi qu'un observateur attentif de tous les phénomènes qui traversent la culture contemporaine. Très cordial, il ne laisse cependant aucun doute sur la fermeté de Rome dans les matières qui fâchent les esprits mondains. Questions et réponses ci-dessous.