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Spiritualité - Page 138

  • Mort il y a cinquante ans (le 2 septembre 1973), J.R.R. Tolkien représente un casse-tête pour notre culture diversifiée et divisée

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    De Holly Ordway sur le Catholic World Report :

    La foi magnanime de J.R.R. Tolkien

    L'auteur du Seigneur des Anneaux n'était pas fanatique, il avait un grand cœur. Notre culture pourrait tirer de lui une leçon sur la façon de conserver des convictions fermes tout en ayant de larges sympathies.

    1er septembre 2023

    "La foi de Tolkien : Holly Ordway explore la foi catholique souvent négligée du célèbre auteur. A droite : L'édition de 1988 du "Seigneur des Anneaux", publiée par William Morrow. (Image : Amazon)

    J.R.R. Tolkien, qui est mort il y a cinquante ans (le 2 septembre 1973), représente un casse-tête pour notre culture diversifiée et divisée.

    Le Seigneur des anneaux est un best-seller mondial. Il a été traduit en plus de cinquante langues, de l'arabe au chinois en passant par le thaï et le turc. Les adaptations cinématographiques sont appréciées par des millions de personnes qui n'ont jamais lu le livre. La série télévisée "Les anneaux du pouvoir" d'Amazon a été la plus chère jamais réalisée, et une deuxième saison est en cours de préparation.

    Pourtant, le contraste entre l'auteur et le public est saisissant. Catholique fervent et traditionaliste, Tolkien priait Dieu en latin, vouait une dévotion à la Vierge Marie et qualifiait l'eucharistie de "seule grande chose à aimer sur terre". La plupart de ses lecteurs ne croient pas en ces choses et n'en ont même pas une connaissance élémentaire.

    C'est un paradoxe qui mérite d'être étudié. Un homme profondément chrétien a produit une œuvre imaginative qui est fantastiquement populaire auprès des lecteurs de toutes les confessions et d'aucune.

    Les biographes ont été réticents à explorer sa foi. Humphrey Carpenter, auteur de la biographie officielle, reconnaît l'importance "totale" du christianisme pour Tolkien, mais le présente surtout comme un attachement affectif à sa mère, Mabel, décédée lorsqu'il avait douze ans. Un autre biographe, Raymond Edwards, relègue la foi de Tolkien à une annexe. Jusqu'à récemment, le groupe Facebook Tolkien Society interdisait toute discussion sur la religion.

    Pourquoi cette réticence ? Les gens craignent-ils que leur auteur préféré se révèle étroit d'esprit, voire se montre bigot à l'égard de ceux qui n'appartiennent pas à sa propre communauté religieuse ?

    Ce sont des questions que j'ai abordées dans mon nouveau livre, Tolkien's Faith : A Spiritual Biography. Ce que j'ai découvert montre que Tolkien avait effectivement des convictions fermes, mais qu'il avait aussi de larges sympathies.

    Le Seigneur des Anneaux contient un échange célèbre entre Gandalf et Frodon, au cours duquel le magicien dit au hobbit : "Ne sois pas trop pressé de distribuer la mort en jugement". Cette phrase illustre l'approche de Tolkien à l'égard de ceux qui ne partageaient pas ses convictions religieuses. Il croyait que tous les hommes étaient faits à l'image et à la ressemblance de Dieu et qu'ils avaient reçu le don de conscience. Oui, il considère que certains "rejettent leurs chances de noblesse ou de salut, et semblent 'damnables'". Mais il choisit le mot avec soin : "damnable" plutôt que "damné". Comme il le fait remarquer, "nous qui sommes tous 'dans le même bateau' ne devons pas usurper la place du Juge".

    Lorsque Tolkien s'est lié d'amitié avec C.S. Lewis, ce dernier n'était pas encore le célèbre auteur de classiques chrétiens tels que Mere Christianity et les Chroniques de Narnia, mais un athée. Leur amitié n'a jamais été subordonnée à la conversion de Lewis.

    Les convictions de Tolkien étaient claires : il était convaincu que l'Église catholique avait été fondée par Jésus-Christ et que saint Pierre avait été autorisé par Jésus à gouverner l'Église, cette autorité ayant été héritée par ses successeurs, les papes. Mais il admettait aussi avoir connu des prêtres "ignorants, hypocrites, paresseux, pompiers, au cœur dur, cyniques, méchants, cupides, vulgaires, snobs, et même (à vue de nez) immoraux".

    Deux choses peuvent être vraies à la fois. L'Église, selon Tolkien, était "mourante mais vivante, corrompue mais sainte, autoréformatrice et réformatrice". Elle n'était pas un foyer pour les personnes déjà parfaites, mais un lieu où les pécheurs pouvaient, par la grâce de Dieu, s'améliorer. Tolkien se confessait fréquemment parce qu'il se considérait comme quelqu'un ayant besoin de cette grâce.

    S'il savait où se situait sa propre loyauté spirituelle, il ne tirait pas de conclusions négatives définitives sur le statut moral, et encore moins sur la destinée éternelle, des autres. Pourquoi ? Parce que, comme le fait remarquer Gandalf, "même les très sages ne peuvent pas voir toutes les extrémités".

    Dans une lettre, Tolkien explique que les catholiques doivent s'imposer des normes élevées, mais que tout jugement sur autrui doit être "tempéré par la miséricorde". Il utilisait la "double échelle" de la rigueur pour soi-même et de la miséricorde pour les autres.

    En résumé, il n'y a rien à craindre de l'étude de la foi de Tolkien. Il n'était pas fanatique, il avait un grand cœur.

    Notre culture pourrait tirer de lui une leçon sur la façon d'entretenir des convictions fermes tout en ayant de larges sympathies. Je pense d'ailleurs que sa capacité à trouver cet équilibre délicat est l'une des raisons pour lesquelles ses œuvres sont devenues si populaires.

    Les lecteurs ont-ils l'impression que la Terre du Milieu a été produite par un homme au caractère magnanime ? Son esprit généreux est-il le ressort secret de son succès ? Je pense que ce n'est pas impossible.

  • Le pape François publiera une lettre apostolique sur sainte Thérèse de Lisieux le 15 octobre

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    D'Ary Waldir Ramos Díaz sur CNA :

    Le pape François publiera une lettre apostolique sur sainte Thérèse de Lisieux le 15 octobre

    1er septembre 2023

    À bord de l'avion qui le conduisait en Mongolie, le pape François a annoncé le 31 août qu'il préparait une lettre apostolique sur sainte Thérèse de Lisieux, qui sera publiée le 15 octobre.

    Le pontife a fait cette déclaration en saluant les 70 journalistes qui l'accompagnent pour une visite de quatre jours à Ulaanbaatar, la capitale de la Mongolie, dont Andrea Gagliarducci de ACI Stampa, le partenaire de CNA pour les informations en langue italienne.

    Lors de l'audience générale du 7 juin, le pape François a annoncé qu'il rédigeait une lettre apostolique sur la sainte patronne des missions. "Elle est née il y a 150 ans et, à l'occasion de cet anniversaire, j'ai l'intention de lui consacrer une lettre apostolique", a-t-il déclaré.

    Ce jour-là, dans la matinée, le pape François avait prié sur la place Saint-Pierre devant les reliques de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus. L'après-midi, il s'est rendu à l'hôpital Gemelli de Rome pour y subir une opération de "laparotomie". 

    L'évêque de Rome a souligné que sainte Thérèse "a vécu dévouée à Dieu, s'oubliant elle-même, aimant et consolant Jésus et intercédant pour le salut de tous". Le 150e anniversaire de sa naissance et le 100e anniversaire de sa béatification sont célébrés cette année.

    Pour l'occasion, le Saint-Père a accordé une année jubilaire en l'honneur de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, qui durera jusqu'au dimanche 7 janvier 2024 et aura pour thème "Pour la confiance et l'amour", les derniers mots de son autobiographie, "Histoire d'une âme".

    Dans le même ordre d'idées, le 28 décembre 2022, le pape François avait publié la lettre apostolique Totum Amoris Est ("Tout ce qui concerne l'amour") à l'occasion du quatrième centenaire de la mort de saint François de Sales.

    Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, également connue sous le nom de Petite Fleur, était une carmélite déchaussée française. Elle est née dans la ville d'Alençon le 2 janvier 1873. Elle a été déclarée sainte en 1925 par le pape Pie XI et proclamée docteur de l'Église le 19 octobre 1997 par saint Jean-Paul II. Pie X la considérait comme "la plus grande sainte des temps modernes".

    Ary Waldir Ramos Díaz est correspondant d'ACI Prensa à Rome et au Vatican. Il est journaliste au Vatican avec plus de 10 ans d'expérience.

  • KTO Radio : la nouvelle radio numérique sera sur orbite ce lundi 4 septembre

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    Jour de grande rentrée pour KTO. Lundi 4 septembre, à 6h45, la chaîne de télévision catholique va mettre en orbite sur le réseau national numérique en DAB + - l’équivalent de la TNT pour la télévision - sa toute nouvelle radio, très logiquement baptisée KTO Radio. Mais que l’auditeur ne s’attende pas à tomber sur une radio d’informations en continu ! KTO a fait le choix d’une couleur d’antenne « résolument apaisée », selon les mots de sa directrice générale, Philippine de Saint Pierre (1). « Nous ne voulons pas que notre antenne soit rythmée par un déversement d’informations anxiogènes mais que l’auditeur ait le sentiment, en arrivant sur KTO Radio, de prendre une grande respiration ». Pour aboutir à cette ambiance paisible, outre sa programmation, KTO Radio a travaillé sur le son pour apporter « chaleur et proximité » à ses émissions.

    La Matinale, émission phare de KTO Radio

    L’information ne sera cependant pas exempte de la grille mais sera abordée dans le temps long. Outre les trois journaux quotidiens de Radio Vatican, la journaliste Marie Foliot recevra chaque matin, dans sa Matinale entre 6h45 et 9h, un invité pour aborder, par le haut et avec recul, un sujet social, économique, international ou philosophique dans l'actualité, avec un angle anthropologique chrétien. Plusieurs chroniques sur le patrimoine, l’écologie, le saint du jour, la vie du Vatican ou encore le monde associatif, sans oublier la messe du jour retransmise depuis Notre-Dame-de-la-Garde à Marseille, ponctueront cette Matinale.

    À cette première émission produite par KTO radio s’ajoute une seconde intitulée « À haute voix », au cours de laquelle, chaque jour à 16h et 23h, des comédiens et comédiennes liront des grandes œuvres de la spiritualité chrétienne. Le reste de la grille est composé d’émissions issues de la chaîne KTO retravaillées et redécoupées pour s’adapter au format et au son de la radio, des grands rendez-vous en direct de la vie de prière des catholiques (chapelet à Lourdes, Angélus du pape, messes et offices du jour…), et de programmes diffusés en partenariat avec Radio Présence (« Point d’Orgue » de Jean Persil), le média québécois Le Verbe (« On n’est pas du monde ») ou Radio Vatican (« Magazine Afrique »). La programmation sera entrecoupée de musiques chrétiennes uniquement, du gospel à la louange en passant par la musique sacrée et la jeune scène chrétienne.

    Une « opportunité » et une « logique industrielle »

     

    « La grille de KTO radio s’enrichira à partir de janvier », promet Philippine de Saint Pierre. Aux trois salariés dédiés à la radio deux autres s’ajouteront dans les prochains mois, mais tous font partie intégrante de KTO : « il n’y a qu’une seule rédaction, qu’une seule équipe technique », insiste la directrice.

    L’arrivée de la chaîne catholique dans le monde fermé des radios numériques a été une surprise. En septembre 2022, deux mois après l’ouverture par l’Arcom d’une 26e fréquence sur le DAB +, le conseil d’administration de KTO a décidé de se positionner « en l’absence d’autre candidature chrétienne », confie la directrice générale. « Ce fut à la fois une opportunité et une question qui nous habitait depuis longtempsDepuis une vingtaine d’années, nous assistons à une logique industrielle de convergence des télévisions et des radios. Nous ne sommes pas les premiers à le faire ». Les dirigeants de KTO étaient aussi soucieux de faire perdurer l’existence d’une voix chrétienne sur ce nouveau support qu’est la radio numérique. « Les chrétiens ont toujours été présents dans l’histoire des médias », rappelle Philippine de Saint Pierre. Et KTO en ouvre une nouvelle page.

    (1) Philippine de Saint Pierre est membre du conseil d’administration d’Edifa, société éditrice de Famille Chrétienne.

     

  • Alfredo Ildefonso Schuster : un bon et saint évêque

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    De Dawn Beutner sur The Catholic World Report :

    Les leçons de la vie d'un bon et saint évêque : le bienheureux Alfredo Schuster

    Bienheureux Alfred-Ildefonso Schuster, 1930

    L'archevêque de Milan (de 1929 à 1954) était par nature un érudit, en particulier dans le domaine de la liturgie. Mais il accordait une attention particulière aux pauvres, notamment aux réfugiés, et tentait de convaincre Mussolini de se repentir de ses péchés et de se rendre.

    29 août 2023

    La ville italienne de Milan a été bénie par de nombreux bergers saints au cours des siècles. De saint Ambroise au quatrième siècle à saint Paul VI au vingtième siècle, de nombreux archevêques de Milan ont été acclamés comme saints.(1) Le bienheureux Alfredo Ildefonso Schuster (1880-1954), dont la fête est célébrée le 30 août, est l'un des derniers saints hommes à avoir dirigé l'Église de Milan, et il nous enseigne ce qu'il faut faire pour être un bon et saint évêque.

    Son nom de famille trahit son ascendance : ses deux parents étaient autrichiens. Mais Alfredo est né et a vécu toute sa vie en Italie. Son père a même travaillé au Vatican, mais en tant que maître tailleur. Avant d'épouser la mère d'Alfredo, son père avait été marié deux fois, et il avait trente ans de plus que sa femme. C'est donc avec tristesse, mais sans surprise, que le père d'Alfredo meurt alors qu'il n'a que neuf ans.

    Heureusement, un colonel de la Garde suisse avait été un ami proche du père d'Alfredo. Il a généreusement fait en sorte qu'Alfredo soit scolarisé dans une école bénédictine. C'était le choix idéal pour le petit garçon studieux, qui décida d'entrer dans ce même ordre une fois adulte, en prenant le nom religieux d'Ildefonso.

    Ildefonso est ordonné prêtre, obtient des diplômes en théologie et en philosophie, devient prieur et abbé de son monastère bénédictin et se voit même confier d'importantes missions par le pape. Personne n'a été surpris lorsqu'il a été nommé archevêque de Milan et cardinal.

    L'intelligence et le sens de l'administration sont des qualités utiles pour tout dirigeant, et Ildefonso possédait ces deux qualités. Mais ces capacités ne suffisent pas à faire d'un évêque efficace un saint. Outre la grâce de Dieu et la coopération de l'homme avec cette grâce, cet évêque doit répondre aux défis spécifiques auxquels il est confronté, à la fois avec le cœur du Christ et les dons que Dieu lui a donnés.

    Benito Mussolini et son parti fasciste ont pris le contrôle de l'Italie en 1922 et le fascisme a régné jusqu'en 1945. Les partisans du fascisme et les catholiques fidèles ont débattu et se sont battus pendant des années, dans les journaux et dans les rues, obtenant des améliorations occasionnelles dans le traitement de l'Église par le gouvernement.

    Ildefonso est devenu prêtre en 1904 et archevêque de Milan en 1929, ce qui lui a valu d'être confronté aux politiques et aux dirigeants fascistes pendant de nombreuses années. En général, il a suivi l'exemple du pape, qui s'est exprimé avec force sur les droits des laïcs catholiques contre les persécutions fascistes, mais qui s'est efforcé d'éviter de prendre parti dans la politique.

    Ayant grandi dans un foyer simple, Ildefonso se préoccupe des besoins des pauvres, en particulier des nombreux réfugiés qui se sont retrouvés sans abri pendant et après la Seconde Guerre mondiale. Il a utilisé les ressources de l'archevêché pour les aider, par exemple en organisant un réseau de réfugiés et en construisant de nouveaux immeubles d'habitation.

    Ildefonso est souvent accusé à tort d'avoir coopéré avec le fascisme. Cependant, son principal délit semble avoir été d'assister à des célébrations de fêtes publiques et de bénir les personnes présentes, parmi lesquelles se trouvaient des membres de l'armée fasciste. On peut facilement imaginer qu'il priait Dieu de convertir les cœurs de tous les anti-catholiques présents lorsqu'il les bénissait. Enfin, en décembre 1945, Ildefonso a passé trois heures à rencontrer personnellement Mussolini, essayant de le convaincre de se repentir de ses péchés et de se rendre. Ildefonso échoua dans cette tâche. Il Duce refusa, s'enfuit et fut tué peu après.

    Ildefonso était par nature un érudit. Outre de nombreux articles et livres, il a écrit une biographie de saint Benoît de Nurcie, ce qui n'était pas une tâche facile étant donné que peu de détails biographiques ont survécu depuis le sixième siècle. Mais son chef-d'œuvre est son Liber Sacramentorum, communément appelé The Sacramentary en anglais. Cet énorme commentaire en plusieurs volumes sur la messe tout au long de l'année liturgique était basé sur ses notes de cours sur la liturgie, mais il comprenait également des discussions sur des sujets tels que l'art sacré et l'architecture, les portraits de la Vierge trouvés à Rome et l'initiation chrétienne. Ce commentaire a été traduit dans de nombreuses langues lors de la première publication des volumes en 1924-1930, et il a été récemment réédité en anglais.

    La dévotion d'Ildefonso pour la musique sacrée et la liturgie a été l'une de ses forces en tant qu'évêque. Il ne s'est pas contenté d'examiner la liturgie comme un sujet érudit. Il a proposé plusieurs changements à la liturgie - des décennies avant le Concile Vatican II - en raison de son souci pastoral pour son troupeau. Par exemple, il a suggéré que les prières utilisées lors des services du Vendredi saint soient modifiées pour refléter une plus grande sensibilité à l'égard du peuple juif. (Ildefonso a lancé des actions œcuméniques auprès d'autres églises chrétiennes bien avant que les pères du Concile ne le recommandent dans Unitatis Redintegratio). 

    Il a suggéré que la messe soit traduite en langue vernaculaire parce que, comme tous les autres vrais amoureux de la sainte liturgie, il voulait que les catholiques prient chaque messe de tout leur cœur.

    Le bienheureux Alfredo Ildefonso Schuster était un dirigeant fort qui a mené son peuple à travers une période de persécution gouvernementale et une guerre mondiale. Mais plus que cela, c'était un saint homme.

    Pour nous tous, être saint signifie simplement tout donner au Christ. Si vous êtes passionné par la recherche (comme Ildefonso), le sport ou la cuisine, trouvez un moyen de le lui donner. Offrez aussi patiemment à Dieu tous les aspects désagréables de votre vocation, ce qui sera probablement plus facile que d'essayer de convertir un dictateur fasciste. Demandez à l'Esprit Saint de vous donner des idées sur la manière dont vous pouvez mieux servir ceux dont vous avez la charge, qu'il s'agisse de vos enfants, de vos employés ou de vos amis.

    Ou de votre troupeau. Être un bon berger des âmes humaines n'est pas une tâche pour les âmes sensibles. Mais tous les évêques devraient imiter le Bon Pasteur, et nous pouvons tout particulièrement demander au bienheureux Ildefonso de prier pour les nôtres en sa fête.

    Note en fin de texte :

    1 Les autres saints archevêques de Milan formellement reconnus par l'Église sont : Les saints Anathalon (IIe siècle), Calimerius (IIe siècle), Caius (IIIe siècle), Castritian (IIIe siècle), Mona (mort vers 300), Mirocles (mort après 314), Eustorgius Ier (mort vers 355), Protasius (mort vers 356), Dionysius (mort vers 361), Maternus (IVe siècle), Simplicien (mort vers 361), Maternus (IVe siècle). c. 356), Dionysius (d. c. 361), Maternus (IVe siècle), Simplician (d. 401), Venerius (d. 409), Martinian (d. après 431), Eusebius (d. c. 462), Benignus (d. c. 470), Geruntius (d. c. 472), Senator (d. c. 480), Lazarus (cinquième siècle), Marolus (cinquième siècle), Eustorgius II (d. 518), Datius (d. 552), Honoratus (d. 570), Auxanus (d. c. 589), Magnus (sixième siècle), Jean le Bon (d. c. 660), Antonin (d. c. 661), Mansuetus (d. 680), Benoît (d. 725), Galdinus (d. 1176), Charles Borromée (1538-1584) et le bienheureux Andrea Carlo Ferrari (1850-1921).

  • Saint Junipero Serra, premier saint hispanique de l'Eglise d'Amérique du Nord

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    D'Evangile au Quotidien :

    Saint Junípero Serra
    Prêtre franciscain missionnaire en Californie

    fêté le 28 août

    Junípero, au siècle Miquel Josep, Serra, naît le 24 novembre 1713 à Petra sur l'île de Majorque aux Baléares.

    Il entra chez les Franciscains le 14 septembre 1730. Excellent aux études il enseigna la philosophie, avant même d'être ordonné prêtre. Il obtint également un doctorat en théologie de l'université de Palma.
    Junípero Serra part pour le Nouveau Monde en 1749. Il a alors 36 ans et enseigne d'abord la philosophie au collège de Mexico. Mais, de cœur, Serra est un pionnier et un missionnaire. C’est à l’âge de 55 ans que ce petit homme, pas particulièrement robuste et marchant à l'aide d’une canne (séquelle d’une vieille blessure), accepte la tâche de coordonner les activités missionnaires dans la région.
    Il faut d'abord reprendre les missions de la Baja California passées sous l'administration des Franciscains lorsque les jésuites furent expulsés d'Espagne et de toutes les colonies espagnoles par Charles III (en 1768).

    Avec le groupe de 15 franciscains dont il est supérieur il fonde également des nouveaux postes : San Barnabé, près de Monterrey, au nord de la colonie de Nouvelle-Espagne (l'actuel Mexique). De là, il visite les peuples aborigènes de la Californie, région encore inexplorée. En quelques années, les Franciscains fondent 21 missions. L'une d'elles fait l'objet d'une attention particulière du vice-roi de Nouvelle-Espagne, Bucareli. C’est, principalement à dos de mule qu’il couvrira les 750 miles pour rejoindre le site de sa première mission, San Diego, qu’il atteint en 1769. De cette date jusqu’à sa mort, 15 ans plus tard, il aura fondé 9 autres missions (10 au total sur un ensemble, à terme, de 21).

    Le 15 décembre 1774, le Vice-roi Antonio Maria de Bucareli adresse au Père Junipero Serra une lettre où il lui propose de participer à une expédition vers une baie d'importance stratégique, en Californie centrale, sous le commandement du capitaine de marine Juan Bautista de Anza. C'est ainsi qu'un premier camp militaire est établi en ce lieu et les Pères Palou et Cambon y célèbrent la messe pour la première fois devant une modeste cabane, la mission Dolorès. Le lieu recevra le nom de San Francisco en l'honneur de saint François d'Assise.
    Il meurt le 28 août 1784 à Monterey, en Californie, après avoir fondé de nombreuses missions dans le Nouveau monde.

    Junípero Serra a été béatifié le 25 septembre 1988 par St Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005) et proclamé Saint le 23 septembre 2015, au Sanctuaire national de l’Immaculée Conception de Washington, par le Pape François (Jorge Mario Bergoglio, 2013-) lors de son voyage apostolique aux États-Unis.
    En canonisant Junípero Serra, le Pape François a donné à l'Église nord-américaine son premier Saint hispanique.

  • Vivre du Christ (homélie pour le 21e dimanche du temps ordinaire)

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    Jésus est l’être le plus merveilleux que la Terre ait porté. Le connaître, c’est avoir une espérance indestructible. Marcher avec lui, c’est avancer dans la lumière. L’aimer, c’est se brancher sur la source de la vie. Celui qui commence cette vie d’amitié avec le Seigneur le découvre petit à petit ainsi. Mais comment avons-nous su qu’il était bon de lui ouvrir son cœur ? Comment même est-il arrivé jusqu’à nous ? C’est l’Église qui l’a apporté jusqu’à la porte de notre cœur, et c’est par les apôtres qu’elle Le connaît. Il est donc important pour nous de réfléchir à la manière dont Jésus s’est fait connaître à ses apôtres.

    Il ne leur a pas dit un jour : asseyez-vous là, je vais vous expliquer que je suis le Fils de Dieu. Jamais on ne trouve ce genre d’attitude chez Jésus. Et aujourd’hui, ce serait perdre notre temps de vouloir démontrer aux autres que Jésus est le Seigneur — ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas défendre la foi avec des arguments, ce qu’on appelle l’apologétique ; notre monde a un grand besoin d’apologétique ; mais l’apologétique ne prouve pas, elle prépare seulement par l’intelligence le chemin du cœur.

    Au contraire, Jésus a proposé à des disciples de vivre avec lui, de l’accompagner dans les bons et les mauvais moments, les miracles éclatants et les débats les plus âpres, les enseignements doux et les enseignements décapants, les fêtes et les retraites dans des lieux déserts. Et après un certain temps, quand leur cœur a commencé à être touché et à comprendre, il peut leur demander : qu’est-ce qu’il y a dans votre cœur et dans votre intelligence à mon égard ? Qui suis-je à vos yeux ?

    Pierre, au nom de tous, peut dire : tu es le Christ, le Fils de Dieu. Les apôtres avaient déjà dit cela dans la barque après la marche sur la mer. Mais maintenant, Pierre le dit à froid, sans miracle, dans le calme de la plaine. C’est la conviction tranquille de son cœur. Et maintenant, il aura à nourrir encore cette conviction, en y intégrant tous les combats à venir, la trahison, la croix, jusqu’à la résurrection.

    Jésus dit à Pierre que ce n’est pas de lui-même qu’il est venu à le connaître vraiment. C’est le Père qui le lui a révélé. Cela me fait penser à cette autre parole que nous avons entendue le 9 juillet : nul ne connaît le Fils, sinon le Père (Mt 11,27). C’est bien le Père qui nous révèle la richesse qu’il y a dans son Fils, qui nous fait percevoir la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur de l’amour du Christ (Ép 3,18). Et ce jour-là, Jésus avait continué en disant : nul ne connaît le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. Sans réfléchir nous pourrions dire qu’il y a là une impossibilité : si on ne peut connaître le Père sans l’aide du Fils, ni le Fils sans l’aide du Père, comment entrer dans ce cercle ? La méthode est celle du compagnonnage. Je vais marcher avec toi, Seigneur… Je vais apprendre pas à pas qui tu es et qui est le Père… Petit à petit vous vous révélerez l’un l’autre à mon cœur, au fur et à mesure que je vous choisirai, que je vous mettrai à une place de plus en plus élevée dans ma vie. Vous êtes venus ce matin, et je suis admiratif de votre fidélité, de la façon dont dimanche après dimanche vous cherchez le cœur du Christ pour vivre de lui de plus en plus. Continuez ce chemin vers la lumière, continuez même les jours où vous ne sentez rien, car ces jours-là le Seigneur creuse et prépare encore davantage de joie pour quand il vous aura creusé par la foi !

    Avançons ensemble sur ce chemin, en faisant confiance à l’Église, car Jésus a dit qu’elle était « son Église » et que c’est lui qui la bâtirait sur la pierre qu’est l’apôtre Simon-Pierre et que sont ses successeurs les évêques de Rome où Pierre et Paul ont donné leur vie. C’est l’Église qui a le pouvoir d’amener le Christ sans cesse à la porte de notre cœur. Elle a beaucoup de taches, c’est vrai, mais elle est vivante et elle est belle lorsqu’elle vit de foi.

  • Pierre, le roc sur lequel le Christ a fondé l'Eglise (21e dimanche du temps ordinaire)

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    De Benoît XVI lors de l'Audience générale du mercredi 7 juin 2006 :

    Pierre, le roc sur lequel le Christ a fondé l'Eglise

    Chers frères et soeurs,

    Nous reprenons les catéchèses hebdomadaires que nous avons commencées ce printemps. Dans la dernière, il y a quinze jours, j'ai parlé de Pierre comme du premier des Apôtres. Nous voulons aujourd'hui revenir encore une fois sur cette grande et importante figure de l'Eglise. L'évangéliste Jean, racontant la première rencontre de Jésus avec Simon, frère d'André, souligne un fait singulier:  Jésus, "posa son regard sur lui et dit:  "Tu es Simon, fils de Jean; tu t'appelleras Képha" (ce qui veut dire:  pierre)" (Jn 1, 42). Jésus n'avait pas l'habitude de changer le nom de ses disciples:  à l'exception de la dénomination de "fils du tonnerre", adressée dans une circonstance précise aux fils de Zébédée (cf. Mc 3, 17) et qui ne fut plus utilisée par la suite, Il n'a jamais attribué un nouveau nom à l'un de ses disciples. Il l'a fait en revanche avec Simon, l'appelant Kepha, un nom qui fut ensuite traduit en grec Petros, en latin Petrus, et il fut traduit précisément parce qu'il ne s'agissait pas seulement d'un nom; c'était un "mandat", que Petrus recevait de cette façon du Seigneur. Le nouveau nom Petrus reviendra plusieurs fois dans les Evangiles et finira par supplanter le nom originel Simon.

    Cette information acquiert une importance  particulière  si  l'on tient compte du fait que, dans l'Ancien Testament, le changement du nom préfigurait en général une mission qui est confiée (cf. Gn 17, 5; 32, 28sq. etc.). De fait, la volonté du Christ d'attribuer à Pierre une importance particulière au sein du Collège apostolique résulte de nombreux indices:  à Capharnaüm, le Maître  va  loger dans la maison de Pierre (Mc 1, 29); lorsque la foule se presse autour de lui sur les rives du lac de Génésareth, entre les deux barques qui y sont amarrées, Jésus choisit celle de Simon (Lc 5, 3); lorsque, dans des circonstances particulières, Jésus ne se fait accompagner que par trois disciples, Pierre est toujours rappelé comme le premier du groupe:  c'est le cas lors de la résurrection de la fille de Jaïre (cf. Mc 5, 37; Lc 8, 51), de la Transfiguration (cf. Mc 9, 2; Mt 17, 1; Lc 9, 28) et enfin, au cours de l'agonie dans le Jardin du Gethsémani (cf. Mc 14, 33; Mt 26, 37). Et encore:  c'est à Pierre que s'adressent les percepteurs de la taxe du Temple, et le Maître paie pour lui-même et pour Pierre uniquement (cf. Mt 17, 24-27); c'est à Pierre qu'Il lave les pieds en premier lors de la Dernière Cène (cf. Jn 13, 6) et c'est seulement pour lui qu'il prie afin que sa foi ne disparaisse pas et qu'il puisse ensuite confirmer en celle-ci les autres disciples (cf. Lc 22, 30- 31).

    Du reste, Pierre lui-même est conscient de sa position particulière:  c'est lui qui souvent, également au nom des autres, parle en demandant l'explication d'une parabole difficile (Mt 15, 15), ou le sens exact d'un précepte (Mt 18, 21), ou bien encore la promesse formelle d'une récompense (Mt 19, 27). C'est lui en particulier qui résout certaines situations embarrassantes en intervenant au nom de tous. Ainsi, lorsque Jésus,  attristé  en raison de l'incompréhension de la foule après le discours sur le "pain de vie", demande:  "Voulez-vous partir vous aussi?", la réponse de Pierre est ferme:  "Seigneur, vers qui pourrions-nous aller? Tu as les paroles de la vie éternelle" (cf. Jn 6, 67-69). C'est également de manière décidée qu'il prononce la profession de foi, encore au nom des Douze, dans les environs de Césarée de Philippe. A Jésus qui demande:  "Et vous, que dites-vous? Pour vous, qui suis-je?", Pierre répond:  "Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant!" (Mt 16, 15-16). En réponse, Jésus prononce alors la déclaration solennelle qui définit, une fois pour toutes, le rôle de Pierre dans l'Eglise:  "Et moi, je te le déclare:  Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise... Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux:  tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux" (Mt 16, 18-19). Les trois métaphores auxquelles Jésus a recours sont en elles-mêmes très claires:  Pierre sera le fondement rocheux sur lequel reposera l'édifice de l'Eglise; il aura les clefs du Royaume des cieux pour ouvrir ou fermer à qui lui semblera juste; enfin, il pourra lier ou délier, au sens où il pourra établir ou interdire ce qu'il con-sidérera nécessaire pour la vie de l'Eglise, qui est et qui demeure au Christ. Elle est toujours l'Eglise du Christ, et non de Pierre. C'est ainsi qu'est décrit par des images d'une évidence plastique ce que la réflexion successive appellera le "primat de juridiction".

    Cette position de prééminence que Jésus a voulu conférer à Pierre se retrouve également après la résurrection:  Jésus charge les femmes d'en porter l'annonce à Pierre, de manière distincte par rapport aux autres Apôtres (cf. Mc 16, 7); c'est à lui et à Jean que s'adresse Marie-Madeleine pour informer que la pierre a été déplacée devant l'entrée du sépulcre (cf. Jn 20, 2) et Jean lui cédera le pas lorsque tous les deux arriveront devant la tombe vide (cf. Jn 20, 4-6); ce sera ensuite Pierre, parmi les Apôtres, le premier témoin d'une apparition du Ressuscité (cf. Lc 24, 34; 1 Co 15, 5). Son rôle, clairement souligné (cf. Jn 20, 3-10), marque la continuité entre la prééminence qu'il a eue dans le groupe apostolique et la prééminence qu'il continuera à avoir au sein de la communauté née avec les événements pascals, comme l'atteste le livre des Actes (cf. 1, 15-26; 2, 2 14-40; 3, 12-26; 4, 8-12; 5, 1-11.29; 8, 14-17; 10; etc.). Son comportement est considéré à ce point décisif qu'il est au centre de remarques et également de critiques (cf. Ac 11, 1-18; Ga 2, 11- 14). Au Concile dit de Jérusalem, Pierre exerce une fonc-tion directive (cf. Ac 15 et Ga 2, 1-10), et c'est précisément parce qu'il est un témoin de la foi authentique que Paul lui-même reconnaîtra en lui une certaine qualité de "premier" (cf. 1 Co 15, 5; Ga 1, 18; 2, 7sq.; etc.). Ensuite, le fait que plusieurs des textes clefs se référant à Pierre puissent être reconduits au contexte de la Dernière Cène, où le Christ confère à Pierre le ministère de confirmer ses frères (cf. Lc 22, 31sq.), montre comment l'Eglise qui naît du mémorial pascal célébré dans l'Eucharistie trouve dans le ministère confié à Pierre l'un de ses éléments constitutifs.

    Ce cadre du Primat de Pierre situé lors de la Dernière Cène, au moment de l'institution de l'Eucharistie, Pâque du Seigneur, indique également le sens ultime de ce Primat:  Pierre, en tout temps, doit être le gardien de la communion avec le Christ; il doit guider à la communion avec le Christ; il doit prendre garde à ce que la chaîne ne se brise pas et que puisse ainsi perdurer la communion universelle. Ce n'est qu'ensemble que nous pouvons être avec le Christ, qui est le Seigneur de tous. La responsabilité de Pierre est de garantir ainsi la communion avec le Christ à travers la charité du Christ, en conduisant à la réalisation de cette charité dans la vie de chaque jour. Prions afin que le Primat de Pierre, confié aux pauvres personnes humaines, puisse toujours être exercé dans ce sens originel voulu par le Seigneur et puisse ainsi être toujours davantage reconnu dans sa véritable signification par nos frères qui ne sont pas encore en pleine communion avec nous.

  • Que se passe-t-il après la mort ?

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    Que se passe-t-il après la mort ?
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    Comment réconforter nos contemporains face à la perspective de la mort qui les terrifie et les prive de leurs proches ?

    Le christianisme propose des réponses apaisantes sur ce qui se passera après notre mort et à la fin du monde : la résurrection de la chair, la vie éternelle, la communion des saints...

    Les livres sur ce thème sont souvent compliqués ou flous, faute de certitudes. La qualité du texte de Mgr Léonard est d'être au contraire précis ; précis mais ouvert, donnant clairement et simplement les diverses interprétations que les théologiens ont retenues jusqu'à présent comme convaincantes et cohérentes. Elles permettent de mieux comprendre comment nous pouvons espérer revivre et retrouver nos proches et Dieu.

    L'auteur

    Né en 1940, Mgr André Léonard est archevêque émérite de Malines-Bruxelles. Il a publié de nombreux ouvrages de théologie ou de philosophie, qu'il a enseignée à l'université de Louvain. Il est l'auteur de Jésus, splendeur de Dieu et salut du monde aux éditions Saint-Paul (2021), dont ce texte est extrait.

  • Réforme liturgique en Inde. Résistance de masse : les prêtres syro-malabars défient le délai du délégué papal

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    Une information publiée sur le site « The Pillar » relayé via le web « il Sismografo »

    Les prêtres de l'archéparchie indienne d'Ernakulam-Angamaly ont défié un ultimatum du délégué spécial du pape François et ont refusé d'adopter une nouvelle forme uniforme de liturgie pour l'Église catholique syro-malabare.

    L'archevêque Cyril Vasil', SJ, envoyé spécial du pape auprès de l'Église syro-malabare sui iuris, a fixé une date limite la semaine dernière, le 20 août, pour que les prêtres et les laïcs abandonnent leur opposition au mode uniforme de célébration de la Sainte Qurbana, l'Eucharistie sacrée . liturgie de l'Église syro-malabare, sous peine de sanctions ecclésiastiques.

    Vasil' a dit aux prêtres dissidents et aux laïcs qu'ils risquaient des sanctions canoniques, y compris l'excommunication, s'ils continuaient à défier l'autorité du synode syro-malabar - l'organe directeur faisant autorité pour l'Église d'Orient - et du pape François.

    Mais dimanche, des centaines de manifestants ont bloqué la célébration de la Sainte Qurbana au Syro-Malabar de la cathédrale Sainte-Marie d'Ernakulam.

    Dans tout le diocèse, les protestations ont empêché le mode uniforme d'être proposé dans la poignée d'églises avec des prêtres disposés à suivre la ligne du Vatican, y compris l'église Saint-Joseph à Chunangamvely, l'église Saint-Thomas à Malayattoor ; et l'église Holy Cross à Manjapra.

    Jusqu'à présent, seules six des plus de 320 paroisses de l'archéparchie ont accepté d'adopter le mode uniforme.

    Malgré la position intransigeante prise par Mgr Vasil' la semaine dernière, les groupes catholiques locaux opposés au régime uniforme bénéficient du soutien de la grande majorité du demi-million de laïcs de l'archiéparchie et de la quasi-totalité du clergé local.

    Vasil' a déclaré la semaine dernière que les manifestants laïcs étaient "utilisés et maltraités" par leurs prêtres qui, selon lui, les traitaient comme "des otages involontaires et souvent involontaires dans leur rébellion sacrificielle".

    Le délégué pontifical a déclaré que la résistance continue à la réforme liturgique était une question d'unité de l'Église, disant aux fidèles locaux qu'ils étaient soit "avec le pape, soit contre lui", et disant qu'une résistance supplémentaire serait un acte de schisme.

    L'archiéparchie d'Ernakulam-Angamaly est la plus grande éparchie de l'Église catholique syro-malabare et est le siège de l'archevêque majeur, ou chef, de l'Église syro-malabare. L'église syro-malabare est la deuxième plus grande des églises catholiques orientales.

    Le mode uniforme, adopté par le synode de l'Église en 2021, est un compromis entre l'ancienne tradition de l'Église syro-malabare, dans laquelle le prêtre regardait vers l'est ( ad orientem ), et l'émergence d'une pratique d'influence latine post-Vatican II dans certains églises, où le prêtre fait face au peuple tout au long de la liturgie ( versus populum ).

    « Voulez-vous rester prêtres de l'Église catholique — l'Église dirigée par le divin maître Jésus-Christ qui a confié à saint Pierre et à ses successeurs le droit de délier et de lier, d'encourager les frères dans la foi, d'enseigner et de gouverne?" a demandé Vasil' aux prêtres de l'archiéparchie la semaine dernière.

    « Il ne peut jamais y avoir de bénédiction de Dieu sur la désobéissance à sa volonté, peu importe combien vous essayez de la couvrir avec des phrases pieuses et même des prières. Il n'y aura jamais la bénédiction de Dieu sur les manifestations illégales et la rébellion », a déclaré le délégué papal.

    Malgré les avertissements de Vasil et la date limite du 20 août, le clergé local a continué à dénoncer le mode uniforme et le délégué papal, y compris au sein de la propre Compagnie de Jésus de Vasil.

    Pr. George Pattery, ancien président de la Conférence jésuite d'Asie du Sud, a déclaré samedi aux médias locaux que Vasil "semble militariser l'Eucharistie avec son dernier avertissement sur la liturgie syro-malabare sous couvert d'obéissance", et a appelé à une plus authentique processus d'engagement avec les catholiques locaux.

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  • Qu'est-ce que le Pape a contre l'Opus Dei ?

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    De Mgr. Richard C. Antall in https://crisismagazine.com/ reproduit par il sismografo :

    OCARIZ cq5dam.thumbnail.cropped.750.422.jpegJ’ai beaucoup de questions sur la dernière offensive canonique du pape contre l'Opus Dei. La première d'entre eux est « qu'est-ce qui n'allait pas avec le statu quo? » Je penserais qu'un homme aussi intéressé par les nouvelles idées et l'expérience dans le travail pastoral ne sentirait pas nécessaire de réparer ce qui n'était pas cassé. Y avait-il un problème avec l'Opus Dei ? Quelque chose qui l'a amené à prendre tant de mesures pour contredire ce que son fondateur considérait comme la clé de son utilité continue pour l'Église ? J'en doute vraiment.

    Premièrement, le pape n'a pas ordonné évêque le nouveau prélat de l'Opus Dei en 2016. C'était quelque chose que saint Jean-Paul II et le pape Benoît XVI avaient accordé à la prélature. C'était évidemment un signe des choses à venir.

    Deuxièmement, dans la constitution apostolique « Praedicate Evangelium » , la prélature a été déplacée dans l'organigramme pastoral élaboré du Vatican pour dépendre du Dicastère pour le Clergé au lieu de celui de la Congrégation pour les Évêques. Vient ensuite le motu proprio émis le 8 août de cette année qui établissait que le prélat de l'Opus Dei ne serait définitivement pas ordonné évêque. Il a été autorisé, comme prix de consolation, à l’ "l'utilisation du titre de protonotaire apostolique surnuméraire avec le titre de révérend Monseigneur et peut donc utiliser les insignes correspondant à ce titre." La plupart des gens savent à quel point le pape considère les monseigneurs.

    Il n'est pas nécessaire d'être canoniste pour voir que ces démarches ne visent pas à promouvoir la prélature mais plutôt à la mettre au niveau des autres instituts. Lorsque le statut de prélature a été accordé, je me souviens qu'il y avait eu des murmures de la part de critiques religieux et cléricaux au sujet de « faveurs spéciales » et de relations politiques. Le pape François dit que retirer l'évêque de la prélature "c'est renforcer la détermination que, pour la protection du don particulier de l'Esprit, une forme de gouvernance basée sur le charisme plus que sur l'autorité hiérarchique est nécessaire".

    Ce raisonnement me rappelle un livre de Leonardo Boff, soi-disant ami du Saint-Père, intitulé « Charisme et Pouvoir » . Le thème du livre était que l'institutionnalité de l'Église faisait obstacle au Saint-Esprit. J'ai deux objections à ce que le pape utilise l'idée : la première est que le pape François n'a même pas mentionné que deux saints, saint Josémaria Escriva et saint Jean-Paul II, pensaient différemment de lui sur la configuration de la prélature. Il est, une fois de plus - comme lorsqu'il a imposé des restrictions sur le rite traditionnel dit tridentin de l'Eucharistie - renversant la décision des papes récents.

    La deuxième objection que j'ai est qu'il semble étrange que le pape soit presque lyrique sur le charisme par rapport à la hiérarchie lorsqu'il établit la loi avec sa force hiérarchique typique. Un livre que j'ai lu il y a des années décrivait les papes comme des monarques absolus. Ce pape n'a pas peur de son pouvoir à la fois de légiférer et d'imposer l'obéissance.

    Il utilise le pouvoir institutionnel pour imposer sa vision charismatique. "Quand il rencontre un obstacle bureaucratique, il change les règles", m'a dit un prêtre. Il y a suffisamment d'anecdotes pour être assuré qu'il n'est pas opposé à l'intimidation même lorsqu'il traite avec ses frères évêques. Ce n'est pas ce que j'appellerais un leadership purement charismatique.

    Il y a eu peu de commentaires critiques à l'égard des nouveaux oukases papaux. Un évêque solitaire a déclaré qu'il considérait les nouvelles règles comme une interprétation incorrecte du Concile Vatican II. « Les prélatures personnelles sont une réalité juridique, née du Concile Vatican II, aux fins précisées dans le Presbyterorum Ordinis , et ne doivent pas être assimilées à la catégorie d'association cléricale.

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  • Offrir à Dieu des sacrifices; qu'est-ce à dire ? (homélie pour le 20ème dimanche du temps ordinaire)

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    L'homélie de l'abbé Christophe Cossement pour le 20e dimanche du temps ordinaire (A), 20 août 2023 (source) :

    Offrir à Dieu des sacrifices

    Les apôtres voudraient que Jésus remballe la femme étrangère, mais Jésus en profite pour faire découvrir ce qu’il dira aussi à la Samaritaine une autre fois : le salut vient des juifs ; ce sont eux qui ont reçu les promesses de Dieu. La Syro-phénicienne se glisse dans cette réalité de l’alliance, en argumentant qu’il y a place pour ceux qui cherchent les miettes. Jésus saluera sa foi. Cette femme exprime une attitude assez répandue, où on attend de Dieu une intervention pour soulager notre vie. Aujoud’hui, bien des gens continuent de crier ainsi vers le ciel, et certains s’adressent au Fils de Dieu.

    Isaïe décrit, de la part des païens, des étrangers au peuple juif, c’est-à-dire nous, une attitude plus noble, où on sert Dieu, où on l’honore, et il dit que nos sacrifices sont agréés par Dieu. Cela me suggère de parler un peu de cette belle attitude d’offrir des sacrifices. Mais qu’est-ce qu’un sacrifice ? On pense spontanément à quelque chose de pénible, qui coûte. On aimerait que cela soit dépassé par le Christ, que ce soit un vieux machin de l’Ancien Testament, et voilà que la nouvelle traduction de la liturgie remet ce mot en valeur !

    Pour comprendre ce qu’est un sacrifice, il faut oublier l’aspect de pénibilité et le regarder comme une offrande. C’est un don que l’on fait à Dieu parce qu’il est Dieu, pour l’honorer. Certes, il y a une certaine dépossession, un coût, mais qui est compensé par la joie de témoigner à Dieu reconnaissance, amour, attachement. Un peu comme lorsqu’on fait un cadeau à quelqu’un : il y a bien un trou dans notre portefeuille, si nous avons dû le lui acheter, mais c’est largement compensé par la joie d’offrir et par la joie de voir notre cadeau accueilli.

    Dans cet ordre d’idée, on peut penser au sacrifice que vous avez fait de votre temps pour venir ici. Ou celui que vous faites par ce que vous donnez à la collecte, et à la St-Vincent de Paul, etc.

    Faire un sacrifice, c’est prendre quelque chose pour en faire un chant d’amour. Cette disposition intérieure de celui qui fait le sacrifice est capitale ; les prophètes ont dénoncé les sacrifices formels, ceux que l’on fait alors que notre cœur est ailleurs, centré sur nous-mêmes plutôt que sur Dieu. Un sacrifice fait à contre-cœur ou pour un motif intéressé n’est plus un sacrifice. Le sacrifice valable est centré sur Dieu, sur la recherche de son amour.

    Jésus a fait de sa vie un sacrifice. Non pas d’abord dans le sens que sa vie a été détruite sur la croix. Mais parce que sa vie a été un don total de lui-même à son Père, par amour. Il vivait pour lui, il existait pour lui, parce qu’il l’aimait. Ce sacrifice a pris une tournure sanglante à cause du péché des hommes, qui ne supportaient pas quelqu’un qui vit tout entier pour Dieu alors qu’eux voulaient vivre selon leurs propres vues, leurs projets, leurs intérêts. À cause du mal, le choix de Jésus de vivre sa vie comme un don d’amour à son Père l’a conduit à connaître la croix. Mais le caractère sanglant n’est pas inclus dans l’idée de sacrifice ; il a lieu à cause de l’emprise du mal sur le monde.

    Puisque Jésus est allé jusqu’au bout de l’offrande de lui-même, son sacrifice a détruit la puissance du diable ; son sacrifice nous rend la vie, il nous sauve. Jésus devient l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. Son sacrifice trouve son dernier mot sur la croix, il remporte la victoire, et sa vie triomphe par son amour.

    Alors nous célébrons ce sacrifice dans chaque messe. Mieux, nous le revivons. Ce n’est pas comme si Jésus était crucifié une nouvelle fois, mais la victoire de son don total est rendue présente devant nous, re-présentée, dit-on, et pour employer un terme courant on pourrait dire que la messe est une mise à jour de la passion pour nous. Le sacrifice de la messe fait un avec le sacrifice de la croix. Dans la prière eucharistique qui suit l’offertoire, le Christ nous introduit dans son attitude d’amour, de don, de reconnaissance envers son Père, et il nous enrichit ainsi de sa vie. Vivons cette partie de la messe comme un grand élan d’amour, c’est-à-dire un sacrifice.

    Dans l’Ancien Testament, c’était les prêtres qui offraient les sacrifices. Jésus, en s’offrant lui-même au Père, alors qu’il est le Fils unique de Dieu, devient le Grand Prêtre unique et définitif. Si on parle de prêtres aujourd’hui, c’est parce qu’ils sont au service de ce don que le Christ a fait. Mais il y a plus : en nous prenant comme ses disciples, Jésus rend tous les baptisés capables d’offrir leur vie à Dieu. C’est ce qu’on appelle le sacerdoce baptismal, ou sacerdoce commun. Parfois on dit que nous sommes tous prêtres. Parce que le Christ nous a donné un accès direct à Dieu, et que nous pouvons lui offrir tout ce que nous touchons et notre vie même comme un chant d’amour et de reconnaissance1.

    1On parle alors du «sacrifice d’action de grâce», notamment au Ps 50,14 ou en He 13,15. Il était jadis codifié comme sacrifice dans le livre du Lévitique, parmi les autres formes de sacrifice au temple (Lv 3).

  • "Seigneur, viens à mon secours !" (20e dimanche du temps ordinaire)

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    Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 15,21-28.

    En ce temps-là, partant de Génésareth, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon. 
    Voici qu’une Cananéenne, venue de ces territoires, disait en criant : « Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. » 
    Mais il ne lui répondit pas un mot. Les disciples s’approchèrent pour lui demander : « Renvoie-la, car elle nous poursuit de ses cris ! » 
    Jésus répondit : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. » 
    Mais elle vint se prosterner devant lui en disant : « Seigneur, viens à mon secours ! » 
    Il répondit : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. » 
    Elle reprit : « Oui, Seigneur ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. » 
    Jésus répondit : « Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux ! » Et, à l’heure même, sa fille fut guérie. 

    Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris 

     

    De Benoît XVI (Angelus du 14 août 2011) :

    Chers frères et sœurs,

    Le passage de l’Évangile de ce dimanche commence par l’indication de la région où Jésus se rend: Tyr et Sidon, au nord-ouest de la Galilée, terre païenne. Et c’est là qu’Il rencontre une femme cananéenne, qui s’adresse à Lui en Lui demandant de guérir sa fille malmenée par un démon (cf. Mt 15, 22). Dans cette demande, nous pouvons déjà reconnaître le début d’un chemin de foi qui grandit et se renforce dans le dialogue avec le divin Maître. La femme n’a pas peur de crier à Jésus « Aie pitié de moi », une expression que l’on retrouve dans les Psaumes (cf. 50, 1), de l’appeler « Seigneur » et « Fils de David » (cf. Mt 15, 22), et manifeste ainsi la ferme espérance d’être exaucée. Quelle est l’attitude du Seigneur face à ce cri de douleur d’une femme païenne ? Le silence de Jésus peut paraître déconcertant, si bien qu’il suscite l’intervention des disciples, mais il ne s’agit pas d’insensibilité à la douleur de cette femme. Saint Augustin commente justement : « Le Seigneur feignait de ne pas l’entendre, mais ce n’était point pour lui refuser sa miséricorde, c’était pour enflammer encore son désir » (Sermo 77, 1: PL 38, 483). Le détachement apparent de Jésus qui dit : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël » (v. 24) ne décourage pas la cananéenne qui insiste : « Seigneur, viens à mon secours ! » (v. 25). Et même lorsqu’elle reçoit une réponse qui semble ôter toute espérance — « Il ne sied pas de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens » (v. 26) —, elle ne renonce pas. Elle ne veut rien enlever à personne : dans sa simplicité et son humilité peu lui importe, les miettes lui suffisent, seul un regard lui suffit, une bonne parole du Fils de Dieu. Et Jésus est admiratif de cette réponse de foi si grande et lui dit : « Qu’il t’advienne selon ton désir » (v. 28).

    Chers amis, nous sommes nous aussi appelés à grandir dans la foi, à nous ouvrir et à accueillir avec liberté le don de Dieu, à avoir confiance et à crier aussi à Jésus : « Donne-nous la foi, aide-nous à trouver le chemin ! ». C’est le chemin que Jésus a fait accomplir à ses disciples, à la femme cananéenne et aux hommes de tous les temps et de tous les peuples, à chacun de nous. La foi nous ouvre à la connaissance et à l’accueil de la véritable identité de Jésus, à sa nouveauté et à son unicité, à sa Parole comme source de vie pour vivre une relation personnelle avec Lui. La connaissance de la foi grandit, grandit avec le désir de trouver la route, et elle est finalement un don de Dieu qui se révèle à nous non comme une chose abstraite sans visage et sans nom, mais la foi répond à une Personne qui veut entrer dans une relation d’amour profond avec nous et impliquer toute notre vie. C’est pourquoi, chaque jour, notre cœur doit vivre l’expérience de la conversion, voir le passage de l’homme replié sur lui-même à l’homme ouvert à l’action de Dieu, à l’homme spirituel (cf. 1 Co 2, 13-14) qui se laisse interpeller par la Parole du Seigneur et ouvre sa vie à son Amour.

    Chers frères et sœurs, nourrissons donc chaque jour notre foi par l’écoute profonde de la Parole de Dieu, par la célébration des sacrements, par la prière personnelle comme « cri » vers Lui et par la charité envers le prochain. Invoquons l’intercession de la Vierge Marie que nous contemplerons demain dans sa glorieuse Assomption au ciel corps et âme, pour qu’elle nous aide à annoncer et témoigner par notre vie d’avoir rencontré le Seigneur.