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Spiritualité - Page 349

  • Liturgie : plus qu’« une légitime diversité »

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    Dans l’Eglise dite latine, quarante ans de préventions réciproques ont éloigné les uns des autres les fidèles (clercs et laïcs) acquis à l’une ou l’autre des deux formes légitimes de célébration de la messe romaine. Au mieux, ils se tolèrent, tout en s’ignorant : les uns sont imperméables à la sacralité propre à la forme extraordinaire (tout en s’extasiant parfois lorsqu’ils assistent à une liturgie orthodoxe grecque ou slavonne) et à la richesse de ses symboles, les autres se raidissent face à l’effacement excessif de la verticalité du culte et de son aspect sacrificiel dans la forme ordinaire, telle qu’elle est couramment célébrée.

    Dans son motu proprio « Summorum Pontificum » du 7 juillet 2007 et la lettre qui accompagne celui-ci,  le pape Benoît XVI, après avoir reconnu l’égale légitimité des deux formes du rite romain, plaidait pour qu’elles s’enrichissent mutuellement. C’est à ce titre que le cardinal Robert Sarah, actuel préfet de la congrégation romaine du culte divin et des sacrements,  espérait initier une réforme de la réforme de Paul VI. Il s’est malheureusement heurté à une opposition frontale du pape actuel qui souhaite, au contraire, diversifier encore davantage les célébrations dites ordinaires et barrer ainsi la route à toute convergence centripète.

    La décentralisation préconisée a néanmoins ceci de positif qu’elle n’empêche pas les évêques diocésains de suivre l’intuition de Benoît XVI et du Cardinal Sarah. Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon a généreusement appliqué dans son diocèse la lettre et l’esprit du motu proprio « Summorum Pontificum ». Dans le n° 294 du mensuel « La Nef » , il évoque cette expérience avec Christophe Geffroy  (JPSC):  

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    La Nef – Comment avez-vous reçu en 2007 le Motu proprio Summorum Pontificum ?

    Mgr Dominique Rey – J’ai reçu Summorum Pontificum filialement. Cet acte juridique visait à mettre un terme aux souffrances de ceux qui, dans l’Église, désiraient prier avec les anciens rites liturgiques et qui en avaient été privés jusque-là. Il s’agissait aussi de faire un acte de réconciliation pour apaiser les divisions du passé. Comme évêque, il était clair pour moi que le Motu proprio établissait de nouvelles dispositions juridiques pour le rite ancien, valables pour toute l’Église de rite latin, et par conséquent pour mon propre diocèse.

    Quel bilan tirez-vous, dix ans après, de son application ?

    Dans le diocèse de Fréjus-Toulon et dans beaucoup d’endroits il a été appliqué largement et sans susciter de controverse. Les fruits sont réels. La liturgie ancienne nourrit des communautés ou des paroisses en croissance numérique, et attire des jeunes. Cela participe d’une légitime diversité parmi toutes les communautés chrétiennes en communion avec leur évêque. Bien sûr, Summorum Pontificum n’a peut-être pas été parfaitement appliqué partout en France. Ma propre expérience m’a montré que la confiance et la générosité ne vont pas sans reconnaissance, et ont créé une fraternité et une communion plus profondes dans le diocèse. Je m’efforce d’accompagner personnellement les groupes qui vivent de la forme extraordinaire. Ces communautés rencontrent des défis. Mais ma conviction est claire : elles font partie de la solution dans l’Église d’aujourd’hui, pas du problème.

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  • Vivre le carême grâce aux retraites en ligne sur le web

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    D'Agnès Pinard Legry sur aleteia.org :

    Retraite en ligne : vivre le carême à l’heure d’internet 

    Depuis quelques années les retraites en ligne se multiplient afin d’accompagner les chrétiens sur leurs chemins de foi. À une semaine du carême, qui débute mercredi 14 février, Aleteia revient sur ce phénomène. Quand la méditation de la parole de Dieu se fait virtuelle.

    « Il est grand le mystère de la foi ». Chaque semaine, les catholiques le professent dans le symbole des apôtres et le célèbrent dans la liturgie sacramentelle. Ce mystère exige d’eux qu’ils y croient, le louent et en vivent dans une relation vivante et personnelle avec Dieu. Cette relation a un nom : la prière. Que ce soit par des paroles, des mélodies, des gestes ou encore une iconographie, la prière est une rencontre. Mais encore faut-il la vouloir : facebook, twitter, instagram, snapchat… Dans un monde toujours plus connecté, quelle place reste-t-il pour la méditation, le recueillement ?

    Et si la réponse se trouvait tout simplement en inversant le rapport « moyens déployés – fins visées » ? Autrement dit, et s’il suffisait de mettre cette connectivité au service de la prière ? « Notre Dame du Web a été créée en 1999, avec l’intention de faire vivre les Exercices Spirituels de saint Ignace de Loyola, en bénéficiant de tout le potentiel du numérique, on parlait d’ailleurs à l’époque de multimédia », détaille le père Grégoire Le Bel, envoyé en mission sur l’apostolat spirituel jésuite. « L’idée est d’aider les internautes à faire une véritable expérience spirituelle, notamment à l’aide de la méditation de la parole de Dieu », souligne encore le jésuite qui fait partie de l’équipe d’animation de Notre Dame du Web.

    Alors que les chrétiens se préparent doucement à entrer en Carême le 14 février, les retraites en ligne permettent de préparer son cœur et de se mettre en chemin vers Pâques. La rédaction d’Aleteia en a sélectionné quatre.

    Carême dans la ville : Proposée par les Dominicains de Lille, cette retraite en ligne invite à se mettre en route vers la fête de Pâques en méditant sur le cri du Psalmiste : « Tu m’as relevé » (psaume 29). Chaque jour, du 14 février au 1er avril 2018, Carême dans la ville permet de recevoir sur sa boite mail une méditation, sept vidéos-témoignages ainsi que l’enregistrement du temps de prière.

    Notre Dame du Web : Fondé par les sœurs du Cénacle et les jésuites, le site Notre Dame du Web se présente comme le portail de la famille ignatienne sur internet. « Chaque jour une méditation guidée audio (avec Prie en Chemin) et un bonus (un enseignement, une œuvre d’art à contempler, une frise de BD inédite Malt et Dorge, un clip, un fond d’écran etc.) sont proposés, explique le père Grégoire Le Bel. L’idée est de ne pas trop charger la barque, pour que le chemin se fasse durant tout le temps du Carême. » Une des particularités des propositions de Notre Dame du Web et des retraites qui y sont proposées, est « d’inviter l’internaute e-retraitant à entrer en “exercice”, c’est à dire expérimenter quelque chose (à partir de la Parole de Dieu, d’un tableau, d’un clip, d’un kit spirituel etc.), puis de prendre le temps de relire ce qui a été vécu ». Ensuite, « nous nous efforçons de voir comment notre vie spirituelle peut se déployer au plus concret de notre vie, au travers “d’exercices pratiques”. En effet, saint Ignace nous invite à “chercher et trouver Dieu en toutes choses” », explique encore le père Grégoire Le Bel.

    Œuvre des vocations : Depuis 2011, l’Œuvre des vocations propose une retraite en ligne pour l’avent et le carême. Celle du carême comprend des méditations audio (2 minutes) de Mgr Jérôme Beau, évêque auxiliaire de Paris et directeur de l’Œuvre des vocations. Concrètement, celui qui s’y inscrit recevra un mail trois fois par semaine invitant à écouter ou à lire la méditation. Elle sera également disponible sur Aleteia.

    L’ordre des Carmes déchaux : Depuis l’avent 2011, les Carmes déchaux de la Province de Paris proposent des « retraites en ligne » pour Noël et Pâques. Cette année, les Carmes de Paris proposent une retraite en ligne de carême avec frère Laurent de la Résurrection (1614–1691). « Cet humble frère cuisinier puis cordonnier a eu un grand rayonnement de son vivant et son message est passé à la postérité. Il nous aide à vivre notre quotidien le plus banal sous le regard de Dieu, souligne les Carmes de Paris. La prière n’est plus réduite à des temps spécifiques. C’est toute notre existence qui devient une relation vivante avec le Seigneur. Pendant ce carême, nous nous laisserons façonner par ce Mystère ! ».

  • La nouvelle évangélisation, si chère à Jean-Paul II, a-t-elle été mise en veilleuse ?

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    Si vous introduisez les mots "nouvelle évangélisation" dans votre moteur de recherche, vous vous apercevrez qu'il faut remonter à plusieurs années en arrière pour voir évoquée cette nouvelle évangélisation si chère à Jean-Paul II et qu'un article de La Croix, en octobre 2012, définissait par le recours à cinq mots clefs :

    La nouvelle évangélisation en cinq mots

    Kérygme

    La nouvelle évangélisation tend à recentrer l’annonce de la foi sur le kérygme (du grec kêrygma, « proclamation »), c’est-à-dire sur le noyau central de la confession chrétienne : l’annonce de « Jésus-Christ, mort, ressuscité et vivant en son Église ». L’une des formes les plus visibles (et parfois les plus caricaturées) de ce retour à une affirmation plus explicite est à l’évidence l’évangélisation de rue. 

    Mais il est bien plus large : il s’agit de la prise de conscience que dans une société où un tiers des moins de 35 ans n’a pas été baptisé et où un quart des catholiques n’a pas fait ou ne fera pas baptiser leurs enfants, il n’est plus possible de se vivre en chrétien sans en rendre compte. La prédication du kérygme est donc, selon Mgr Rino Fisichella « le but premier du ministère que les chrétiens sont appelés à exercer ».

    Cela dit, cette prédication, qui se situe en amont de la catéchèse, comme porte d’entrée vers l’Église, ne doit pas faire l’économie d’une recherche sur la manière d’annoncer le message chrétien dans un langage compréhensible pour nos contemporains. Cela demande tout « un travail de recherche anthropologique », relève Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon.

    Charisme

    Puisant aux sources de Vatican II, la nouvelle évangélisation insiste sur le rôle missionnaire de chaque baptisé, dans le droit fil de l’appel universel à la sainteté. Aussi met-elle l’accent sur la vocation spécifique de chaque chrétien, vocation qui va bien au-delà du seul état de vie (prêtre, religieux ou marié) : il s’agit de découvrir ses propres charismes ou talents – des dons reçus gratuitement – et la manière de les mettre au service de l’Église.

    Ce qui demande aux communautés chrétiennes de devenir des lieux de discernement et d’appel, de miser sur la formation et l’accompagnement. Cela passe aussi, pour les responsables d’Église ou de groupes d’évangélisation, par une nouvelle forme de gouvernance pastorale : une gouvernance plus participative, qui délègue et accompagne.

    L’accent mis sur les charismes personnels a suscité un élan de créativité ces dernières années chez certains jeunes laïcs qui ont mis sur pied des initiatives de nouvelle évangélisation, des groupes de prière comme Abba aux colocations avec les sans-abri de la fraternité Lazare.

    Communion

    La plupart des évangélisateurs en conviennent : il ne peut y avoir de mission authentique sans communion, à plus forte raison dans une société où les catholiques sont devenus une minorité. C’est la prise de conscience que dans un monde individualiste, les communautés chrétiennes ne peuvent être de simples lieux de prestation cultuelle, mais doivent rayonner par la qualité de leur ferveur spirituelle, de leur charité et de leur ouverture à autrui.

    Autrement dit : comment former une communauté qui rassemble des croyants aux sensibilités et aux parcours de plus en plus éclatés ? Inspirée par l’exemple des premières communautés chrétiennes, cette communion fraternelle repose sur l’accueil, l’écoute et l’hospitalité, comme en témoigne l’immense succès des cours Alpha.

    Elle nécessite aussi une Église à taille humaine, où chacun est connu et reconnu : ainsi depuis quelques années se développent des cellules d’évangélisation, fraternités paroissiales, ou groupes de quartiers qui favorisent ce partage et cet accueil mutuel. Du reste, une vraie fraternité peut être la réponse au besoin de sécurité des nouvelles générations tentées par un certain repli identitaire. « La nouvelle évangélisation cherche à faire grandir le sens de l’identité personnelle en lien avec le sens de l’appartenance à la communauté », résume Mgr Rey.

    Vision

    Le terme de vision est emprunté au monde évangélique, en particulier au pasteur américain Rick Warren, fondateur de la « megachurch » de Saddleback (Californie) et auteur d’un best-seller intitulé « L’Église, une passion, une vision ». L’idée de Warren est qu’une Église ne peut grandir que si elle est conduite par un projet pastoral clairement défini.

    À première vue, cette approche pourrait passer pour du marketing, mais cela va plus loin : Warren conseille aux responsables d’Église d’élaborer « leur » vision en méditant l’Écriture et en étudiant le milieu propre de leur communauté, afin de la recevoir dans la prière et en prise avec la réalité locale. Cette approche n’est d’ailleurs pas absente de l’Église catholique : la devise que chaque évêque choisit au moment de son ordination est en soi « une vision ».

    Pour Warren, il faut toutefois aller plus loin : il ne suffit pas qu’un pasteur d’Église ait défini sa vision, encore lui faut-il la communiquer à chaque membre de sa communauté pour le mobiliser spirituellement et matériellement dans le projet missionnaire. Sans cela, la communauté chrétienne perd son souffle, disperse ses énergies, et n’attire pas.

    Ce qui demande au pasteur d’Église d’exercer un nouveau « leadership », qui conjugue ferveur spirituelle et une gouvernance empruntant aux disciplines du coaching, du management et de la communication. Ce qui lui demande également une certaine vigilance pour respecter la diversité des approches au sein de sa communauté.

    Mission

    Au-delà du charisme personnel de quelques-uns, la nouvelle évangélisation, telle qu’encouragée par les derniers papes, ne se réalise véritablement que si chaque membre de la communauté parvient à se mobiliser autour du projet missionnaire. Qu’elle soit portée par une paroisse, un mouvement ou un groupe, la mission est avant tout une œuvre collective qui s’inscrit dans l’Église en tant que corps unifié. Elle n’est jamais un acte isolé.

    D’où l’importance de mettre en place des formations adaptées pour les laïcs. Dans les universités catholiques, les centres spirituels, les paroisses et les mouvements, ces parcours connaissent un succès considérable, signe de la prise de conscience par les baptisés de leur responsabilité missionnaire.

    De la formation approfondie des responsables (FAR) proposée dans le diocèse de Versailles à la formation des animateurs en pastorale (CIPAC) dans ceux de Lille, Arras et Cambrai, en passant par l’École de charité et mission (ECM) mise en place par la communauté de l’Emmanuel et l’École du Verbe Éternel et Nouveau (Even), ces formations ont pour but d’affermir la foi de ceux qui s’engagent. Ainsi formés, les nouveaux acteurs ne s’expriment non pas en leur nom propre, mais se font la voix de l’Église tout entière.

    C.H. et F.-X. M.

  • Tempus Quadragesimae

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    carême blog-scola-metensis-sacramentaire-de-drogon.jpgComme toute fête du calendrier chrétien, le mercredi des cendres, par lequel débute le carême,  se situe en référence à la fête des fêtes qu’est Pâques qui célèbre le passage de la mort à la résurrection du Christ. Fête tellement importante qu’elle est célébrée durant cinquante jours (de là vient le mot Pentecôte), et qu’elle est précédée d’une préparation de quarante jours. Le mot "carême" est la contraction du mot latin quadragesima, qui signifie quarantième -sous-entendu : jour, le quarantième jour étant le jour de Pâques.

    Cette préparation est un temps de cheminement spirituel, tout entier orienté vers Pâques, pour ceux qui se préparent à être baptisés à la veillée pascale et pour tous les fidèles. Il est marqué par le jeûne (privation), la prière et le partage (charité, solidarité), et pas seulement comme pratique à observer - d’ailleurs le plus discrètement possible mais véritable démarche spirituelle. La durée de quarante jours est à mettre en relation avec les 40 jours de Jésus au désert précédant sa vie publique, eux-mêmes en relation symbolique avec les quarante ans de traversée du désert par les Hébreux avant l’entrée en Terre promise.

    C’est pour tenir les quarante jours de jeûne et de privation, en dehors des dimanches qui sont toujours jour de fête et de résurrection - même en temps de Carême - que le début de celui-ci fut avancé au mercredi avant le 1er dimanche de carême. La cendre évoque la faiblesse de l’homme (cf. Genèse 3, 19 "Souviens-toi que tu es poussière…"), elle évoque aussi le péché et la fragilité de l’homme (cf. Sagesse 15, 10 ; Ézéchiel 28, 18 ; Malachie 3, 21) et son regret du péché (cf. Judith 4, 11-15 ; Ézéchiel 27, 30). Pour les chrétiens, l’imposition des cendres est, avant tout, un rite pénitentiel dont la signification est portée par la phrase que prononce le prêtre en faisant le geste :

    "Ne tarde pas, dit le Seigneur, convertis-toi à Dieu, et ne diffère pas de jour en jour." Ce sont les paroles de Dieu et non les miennes; vous ne les avez pas entendues de moi, mais moi je les entends avec vous : "Ne tarde pas, dit-il, convertis-toi au Seigneur." Mais toi tu réponds : "Demain! demain!" (dans le latin du texte : "Cras! cras!") Quel croassement de corbeau! Comme le corbeau envoyé de l'arche n'y est pas revenu et, maintenant qu'il est vieux, dit encore : Demain! demain! C'est le cri du corbeau : tête blanche et coeur noir. Demain! demain! c'est le cri du corbeau : le corbeau n'est pas revenu à l'arche, la colombe est revenue. Qu'il se perde donc, le croassement du corbeau, et que se fasse entendre le gémissement de la colombe." (saint Césaire d’Arles, Ve siècle)

    Ref. Liège: ouverture du carême 2018 à l'église du Saint-Sacrement (célébration: 14 février, 18h00)

    JPSC

  • Dieu de retour sur les écrans

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    Du site "Chrétiens dans la Cité" :

    Dieu et la foi chrétienne de retour au cinéma

    Plusieurs films traitent à nouveau de la question de Dieu et de la foi chrétienne.

    Il y a d'abord les films venus d'outre-atlantique adaptés et promus par les sympathiques animateurs de SAJE. Après Dieu n’est pas mort, un autre film joue sur un registre apologétique : Jésus, l’enquête (sortie le 28 février), de Jon Gunn, raconte l’histoire vraie de Lee Strobel, un journaliste d’investigation athée de Chicago qui, ébranlé par la conversion de son épouse, se livre à une enquête en règle sur Jésus qui le conduira à la foi. Il a raconté son parcours dans un livre qui a remporté un grand succès international, The case for Christ, et est devenu pasteur.

    Mais il n'y a pas que les chrétiens qui traitent de thèmes chrétiens. Un  beau film français sort le 14 février, sans intention de convaincre : L’Apparition, de Xavier Giannoli (Marguerite, Quand j’étais chanteur…). Vincent Lindon joue le rôle d’un reporter appelé à faire partie d’une commission d’enquête canonique chargée de faire la lumière sur une prétendue apparition de la Vierge Marie à une jeune fille (on pense un peu à Medjugorge). La démarche du réalisateur est très respectueuse. Il a pris notamment conseil auprès de l’historien Yves Chiron, grand spécialiste des apparitions. Pour une fois, les chrétiens ne sont pas caricaturés et le film reste ouvert sur le mystère. Avec pour musique des extraits d'oeuvres du grand compositeur estonien Arvo Pärt.

    Et ce n'est pas tout : le 21 mars sortira La Prière, film de Cédric Kahn, qui raconte la guérison d’un drogué dans une communauté tenue par d’anciens toxicomanes qui se soignent par la prière et le travail.

    Et le 28 mars, sort un portrait de Marie Madeleine, signé par l’Américain Garth Davis, qui semble être de bonne facture.

  • Liège : ouverture du carême 2018 à l’église du Saint-Sacrement

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    EGLISE DU SAINT-SACREMENT

    Bd d’Avroy, 132 à Liège

    MERCREDI 14 FÉVRIER 2018 À 18 HEURES

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    MESSE ET IMPOSITION DES CENDRES

    par l’abbé Claude Germeau

    Possibilité de se confesser

    Chants grégoriens et Motets traditionnels

    Repons « Emendemus » de la procession des cendres

    Kyriale XVIII

    Extraits du propre de la messe « Misereris » 

    Hymne du carême

    A  l’orgue, Joseph Jacob

    Le Trait de la messe du Mercredi des Cendres:

    Domine, non secundum peccata nostra, quae fecimus nos: neque secundum iniquitates nostrae retribuas nobis (Psaume 102,10)

    Seigneur, ne nous traitez pas selon les péchés que nous avons commis, ni selon nos iniquités

    Domine, ne memineris iniquitatum nostrarum antiquarum: cito anticipent nos misericordiae tuae, quia pauperes facti sumus nimis

    Seigneur, ne vous souvenez plus de nos iniquités anciennes, que vos miséricordes se hâtent de nous prévenir: car nous en sommes venus au dénuement le plus extrême

    Adjuva nos, Deus salutaris noster: et propter gloriam nominis tui, Domine, libera nos: et propitius esto peccatis nostris, propter nomen tuum

    Aidez-nous, Dieu de notre salut: et, pour la gloire de votre Nom, Seigneur, libérez-nous : et pardonnez nos péchés, à cause de Votre Nom.

    ( V.V. Ps 78, 8-9).

    JPSC

  • Le message du pape François pour le carême 2018

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    Du site du journal La Croix :

    Dans son message de Carême, le pape François dénonce “la duperie de la vanité et la froidure de la charité”

    6 février 2018, message du pape François pour le Carême 2018 (*)

    Daté du 1er novembre 2017, solennité de la Toussaint, le message de Carême du pape François a été rendu public par la Salle de presse du Saint-Siège le 6 février 2018. Inspiré de l’Évangile de Matthieu : « À cause de l’ampleur du mal, la charité de la plupart des hommes se refroidira » (24, 12), le texte met tout d’abord en garde contre les faux prophètes, ces « charmeurs de serpents » qui utilisent les émotions humaines « pour réduire les personnes en esclavage ». Ils sont désignés également de « charlatans » ou d’« escrocs ». Le pape François souligne que ces faux prophètes – qui profitent des temps troublés – offrent « des choses sans valeur » qui privent de ce qui est le plus précieux : « la dignité, la liberté et la capacité d’aimer ». « C’est la duperie de la vanité, qui nous conduit à faire le paon… pour finir dans le ridicule », affirme-t-il ainsi. Le pape François met particulièrement en garde contre le refroidissement du cœur. Reprenant l’image du diable assis sur son trône de glace de l’Enfer de Dante, il interroge : « comment la charité se refroidit-elle en nous ? ». La cause réside avant tout « dans l’avidité de l’argent », cette « racine de tous les maux « (1Tm 6, 10), explique-t-il, une cause suivie « du refus de Dieu », de « trouver en lui notre consolation ». En exprimant le désir que sa voix porte au-delà « des confins de l’Église catholique » et rejoigne « tous les hommes et femmes de bonne volonté », le pape invite les membres de l’Église à entreprendre « avec zèle » le chemin du Carême. Soutenus en cela par « l’aumône, le jeûne et la prière », ces trois remèdes au refroidissement du cœur. En effet, « la pratique de l’aumône libère de l’avidité », la prière met au jour les « mensonges secrets » et le jeûne « réduit la force de notre violence ».

    La DC

    Chers frères et sœurs,

    La Pâque du Seigneur vient une fois encore jusqu’à nous ! Chaque année, pour nous y préparer, la providence de Dieu nous offre le temps du Carême. Il est le « signe sacramentel de notre conversion » (1), qui annonce et nous offre la possibilité de revenir au Seigneur de tout notre cœur et par toute notre vie.

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  • "Dieu ou rien"; la conférence du Cardinal Sarah à Bruxelles le 7 février dans une église comble

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    C’était donc hier soir, en l’église paroissiale Notre-Dame de Stockel, dans l’agglomération bruxelloise. 

    cardinal sarah RV15835_Articolo.jpgDevant un public nombreux et bien sage (peu de questions), au premier rang duquel on trouvait le Nonce apostolique, le Cardinal De Kesel, archevêque de Malines-Bruxelles et le Bourgmestre de Woluwé-Saint-Pierre, mais aussi l’abbé Philippe Mawet, responsable de la pastorale francophone de l’unité pastorale dont dépend la paroisse, le cardinal Sarah a tranquillement expliqué le sens et le contenu de son livre « Dieu ou rien » : une radicalité dont l’abbé Mawet, familier des médias, s’était offusqué quelques jours plus tôt dans la « Libre Belgique ». 

    Mais il en fallait sûrement plus pour intimider le cardinal guinéen que persécutait le dictateur Sékou Touré, comme le montre ces extraits de son discours : 

    Evoquant, entre autres, les idéologues et les groupes de pression qui, avec des moyens financiers et médiatiques surpuissants, s’attaquent aux fins naturelles du mariage et s'emploient à déstructurer la cellule familiale, il n’a pas craint d’ajouter que « de hauts prélats, issus surtout de nations opulentes, s’emploient à apporter des modifications à la morale chrétienne concernant le respect absolu de la vie dès sa conception jusqu’à sa mort naturelle, la question des divorcés remariés et d’autres situations familiales problématiques. Ces ‘gardiens de la foi’, ajoute-t-il sans les nommer, devraient cependant ne pas perdre de vue que le problème posé par l’éclatement des fins du mariage est un problème de morale naturelle ».

    Et le cardinal poursuit: « les grandes dérives ont surgi lorsque certains prélats ou intellectuels catholiques ont commencé à dire ou écrire ‘feu vert pour l’avortement’, ‘feu vert pour l’euthanasie’. Or, à partir du moment où les catholiques abandonnent l’enseignement de Jésus et le Magistère de l’Eglise, ils contribuent à la destruction de l’institution naturelle du mariage comme de la famille et c’est toute la communauté humaine qui se trouve fissurée par cette nouvelle trahison des clercs ». 

    Et voici sa conclusion : 

    « Il faudrait que l’Eglise en revienne à l’encyclique ‘Humanae Vitae’ de Paul VI ainsi qu’aux enseignements de Jean-Paul II et Benoît XVI sur ces questions vitales pour l’humanité. Le pape François lui-même reste dans le sillage de ses prédécesseurs, quand il souligne la coïncidence entre l’évangile de l’amour et l’évangile de la paix. Il faut affirmer avec force et sans ambiguïté le poids magistériel de tout cet enseignement, mettre en relief sa cohérence et protéger ce trésor contre les prédateurs de ce monde sans Dieu »

    Bref, Dieu ou rien.

    JPSC

  • Salzinnes, 22-25 février : venue des reliques de sainte Marguerite-Marie

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    Venue des reliques de sainte Marguerite-Marie.

    lundi 22 janvier 2018 

    Cet événement aura lieu les 22 au 25 février.
    à la chapelle du Cœur de Jésus avenue Reine-Astrid.

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    Pour en savoir plus :

    - La chapelle du Cœur de Jésus
    - Qui est Sainte Marguerite-Marie Alacoque ?
    - Le contenu des messages du Christ à Marguerite-Marie
    - Qu’est ce que l’adoration ?
    - A quoi servent les reliques ?

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    Quelques liens intéressants :

    - Qui était Sainte Marguerite-Marie ?
    - Les sanctuaires de Paray-le-Monial .

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  • Là où le monde prône la mort comme solution, Dieu prône l’amour

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    Là où le monde prône la mort comme solution (enfant non désiré, handicapé, vieillard cacochyme) Dieu prône l’amour (source)

    Homélie de Mgr Aupetit, archevêque de Paris, dimanche dernier :

    “Il est poignant ce cri de souffrance de Job : « la vie de l’homme sur terre est une corvée ». La nuit, le jour, il ne trouve pas la paix. A-t-il quelques consolations ce pauvre Job ? Sa femme le méprise depuis qu’il a tout perdu et qu’il est rongé par la maladie. Ses amis voudraient le consoler, mais ne le comprennent pas. Il en vient même à souhaiter la mort : « la mort plutôt que ma carcasse » ! C’est terrible !!

    Que lui reste-t-il ? Le suicide assisté ? Une demande d’euthanasie au nom de sa perte de dignité ?

    Non, il s’adresse à Dieu. C’est cela qui est extraordinaire ! Si Job s’adresse à Dieu, c’est qu’il sait qu’il n’a pas perdu sa dignité, qu’il est encore assez digne pour s’adresser à Dieu. Son entourage le juge indigne. Lui a compris la plus grande dignité de l’homme qui, au-delà des apparences, lui permet de parler à Dieu.

    Quand nous sommes réduits à rien, le monde ne nous pense plus dignes d’exister.

    Quand nous sommes réduits à rien, Dieu nous donne l’insigne dignité de nous adresser à lui.

    Là où le monde prône la mort comme solution des problèmes : par exemple pour l’enfant non désiré, le futur handicapé, le vieillard cacochyme, Dieu, lui, prône l’amour.

    Devant un surcroît de souffrances, la seule réponse digne est un surcroît d’amour.

    C’est la réponse de Jésus. La belle-mère de Simon Pierre est malade. Il la guérit plutôt que de la laisser au fond de son lit. Ensuite il se dépense sans compter pour ces pauvres gens accablés de souffrances en les délivrant de leurs maux. Mais il n’oublie pas la source de l’amour, son Père, qu’il rejoint la nuit dans la prière. C’est cela, la vraie dignité.

    Aujourd’hui on nous parle de mort digne pour justifier l’euthanasie. On se sert de la belle notion de dignité pour donner la mort.

    Mon père jusqu’à ses 98 ans était autonome, il avait toute sa tête et nous étions très fiers de lui. A ce moment-là, il a fait une méningite fulgurante qui ne l’a pas tué mais qui lui a laissé des séquelles cognitives. Ses propos n’étaient plus cohérents, mais il nous reconnaissait et il était heureux de nous voir. Nous nous sommes relayés, ses enfants, afin que presque tous les jours nous soyons près de lui. Un an après, il est mort, paisiblement, en souriant et nous avons même pu joyeusement fêter son anniversaire quelques jours avant son décès.

    La seule dignité de l’homme, c’est d’être aimé jusqu’au bout.

    La seule liberté de l’homme, c’est d’aimer jusqu’au bout.

    Voilà le message du Christ transmis par sa Parole et par toute sa Vie. Voilà aussi la raison du cri de saint Paul : « malheur à moi si je n’annonce pas l’évangile ».

    Soyons, nous chrétiens, les messagers de l’évangile de l’amour, non seulement par notre parole mais surtout par notre façon de vivre.”

    + Michel Aupetit, archevêque de Paris.

  • Ars bene moriendi

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    Notre-Dame_du_bien_mourir_(XIIIe_s.),_abbaye_bénédictine_de_Fontgombault_(36)_.jpgSi l'on ne se prépare pas à la mort de notre vivant, nous aurons bien du mal à le faire à la fin de notre vie. La façon dont les moines appréhendent la vieillesse est riche d'enseignements, comme l'explique Nicolas Diat, auteur d'un récit poignant sur le sujet. Il écrit : « Quand on s'y prépare, la mort s'impose comme une évidence simple et belle » Propos de l’auteur recueillis par Jérôme Cordelier pour « Le Point » :

    « Le journaliste Nicolas Diat, biographe de Benoît XVI et co-auteur avec le cardinal Robert Sarah de plusieurs livres à succès, a passé plusieurs mois derrière les murs de huit des plus grands monastères de France pour interroger des moines en fin de vie et ceux qui les accompagnent sur cette dernière étape terrestre. Son récit, minutieux et délicat, sorti cette semaine (1), est poignant et, bien au-delà des hauts murs de Citeaux, de La Grande Chartreuse ou de Solesmes, chemin faisant, à petites touches, ce sont les rapports que nos sociétés dites modernes entretiennent non seulement à l'au-delà et à la foi mais aussi, de manière plus générale, au corps, à la douleur, à la vieillesse qui sont interpellés dans cet ouvrage. Sur ces sujets, les moines ont beaucoup de choses à nous transmettre, et leurs témoignages prennent un relief particulier alors que les Ephad se retrouvent sur la sellette de l'actualité. C'est pourquoi nous avons voulu demander à Nicolas Diat de se faire leur interprète.

    Le Point : Les traitements déplorables des personnes âgées dans les Ephad provoquent en ce moment une vive émotion dans l'opinion publique. Quels enseignements pouvons-nous tirer de l'expérience des moines que vous avez approchés ?

    Nicolas Diat : J'ai été frappé par la manière dont les moines s'occupaient de leurs malades et de leurs frères âgés, pour lesquels ils font preuve d'une attention permanente. Il y a chez eux une logique de gratuité parfaite. Les religieux âgés bénéficient de soins à faire pâlir d'envie toute personne travaillant en Ephad ou dans une unité de soins gériatriques. Il s'agit avant tout d'un accompagnement humain, d'une présence continue, d'une amitié fraternelle. Dans un monastère, un religieux malade n'est jamais laissé seul. Quand, frappé par une leucémie arrivée à son dernier stade, le père-abbé émérite de l'abbaye de Mondaye part à l'hôpital de Caen, ces frères, les Prémontrés, choisissent de ne jamais l'abandonner. Ils sont trente-cinq. Jour et nuit, toutes les trois heures, ils se relaient à son chevet. Le problème devient simple : accompagner une personne, c'est avant tout un investissement. Le père infirmier de l'abbaye de Solesmes me racontait les heures qu'il a passées avec un moine atteint d'une forme de la maladie d'Alzheimer. Il se retrouvait chaque jour en face d'une personne qui ne parlait plus et qui était complètement dépendante dans ses actes les plus quotidiens. Il me disait que s'il n'y prenait garde, la routine pouvait conduire à bien des négligences. Chaque matin, il devait s'efforcer de reconsidérer le patient comme une personne, en se concentrant pour ne pas agir à la va-vite, en réfrénant son désir de rejoindre une activité plus gratifiante. Les soins sont un combat de chaque heure. Le mot de « frère », dans cette communauté d'hommes, prend tout son sens, dans le visage du moine meurtri par la disparition du camarade, de l'ami, du proche. Elle est un peu à l'image de la communauté humaine. C'est une chaîne à travers les temps ; c'est l'homme continu de Pascal. Dans ces communautés, on perçoit les doutes, la foi, la tristesse, mais jamais l'abandon parmi ces hommes qui se soutiennent.

     

    En clair, les moines font corps avec le malade, et cette proximité vaut acte thérapeutique…

    Les enjeux du débat sont évidents : comment rester le plus proche du malade ou de celui qui va mourir ? Comment s'investir par la présence ? Comment rassurer celui qui va partir ? Quand les frères envoient l'un des leurs à l'hôpital, ils ne se déchargent pas pour autant sur l'institution. Ils n'attendent pas des infirmières qu'elles fassent tous les soins pour eux. Ils prennent leur part.

    Que nous apprennent ces moines sur notre rapport à la vieillesse et à la mort ?

    Le père-abbé de l'abbaye de Fontgombault, dans le Berry, aime à décrire le paradoxe moderne qui nous entraîne à imaginer que nous allons réfléchir à notre mort à la toute fin de notre vie, lorsque nous serons malades, dépendants et, parfois, privés de notre discernement. Or, si l'on ne se prépare pas à la mort de notre vivant, nous aurons bien du mal à le faire à la fin de notre vie. Les moines ont tellement pensé la question de la mort qu'à l'instant de partir, elle n'en est plus une : la chose s'impose comme une évidence simple et belle.

    La fréquentation de ces moines en fin de vie a-t-elle changé votre rapport personnel à la maladie, la vieillesse, la mort ?

    J'ai beaucoup travaillé avec les pères infirmiers, qui parfois sont des médecins de formation. Et j'ai été frappé par la paix qui les habite. Ils ne parlent jamais de tristesse, on les voit peu pleurer. Parce que pour eux, répétons-le, la mort fait partie de la vie. Les monastères ont leurs singularités, liées à leur histoire particulière. S'y côtoie une multiplicité de destins, d'histoires et de parcours personnels singuliers mais ces lieux sont tous habités par une même paix. En les rejoignant, j'avais l'impression de partir aux marges. Mais, en fait, les monastères sont au centre de la vie, en phase avec les problèmes les plus humains. Je partais en dehors du monde, derrière les hauts murs des clôtures et, chemin faisant, je me retrouvais au centre de la vie.

    (1) « Un temps pour mourir, derniers jours de la vie des moines », par Nicolas Diat, Fayard, 226 pages, 20,90 euros

    Ref. Nicolas Diat : « Quand on s'y prépare, la mort s'impose comme une évidence simple et belle »

    Dans l'église abbatiale de Fontgombault, les moines viennent s'agenouiller tous les soirs devant la belle statue médiévale de "Notre-Dame du Bien mourir".

    JPSC

     

  • Pour comprendre les chrétiens d’Orient

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    Les Chrétiens d’Orient n’ont pas pour vocation de se fondre dans la culture occidentale  sécularisée, hédoniste, matérialiste et individualiste. Envisager l’avenir des chrétiens d’Orient à l’aune de cette  contre-culture  revient à les priver de leur raison d’être et contribue à accélérer l’effacement du christianisme. D’Annie Laurent, dans le n° 100 du mensuel « La Nef » (février 2018) :

    Enfants-Alep©SOSCO-620x330.jpg" Aujourd’hui, les chrétiens du Proche-Orient sont confrontés à des défis si redoutables qu’on peut les qualifier d’existentiels car c’est la survie du christianisme lui-même dans les territoires marqués par l’histoire biblique qui est en jeu. Face à ces épreuves, nos frères orientaux manifestent à la face du monde un héroïsme impressionnant et admirable. Les témoignages abondent. Des familles entières et nombre de religieux ont préféré tout quitter, tout perdre, y compris parfois la vie, pour ne pas renier leur foi en Jésus-Christ. Les médias nous renvoient les images d’une ferveur inhabituelle. Le contraste est frappant avec l’atrophie spirituelle de l’Europe post-chrétienne.
    Cependant, dans un contexte aussi cruel, les Églises présentes au Levant ont aussi leurs fragilités, lesquelles sont largement héritées d’une longue histoire tourmentée. Celle-ci a souvent engendré la prédominance de la confessionnalité comme critère d’identité, ce qui, pour les chrétiens, peut nuire aux exigences du baptême. C’est d’ailleurs pour susciter une réflexion en profondeur chez les Orientaux en vue de remédier à ces faiblesses que le pape Benoît XVI a réuni à Rome, en octobre 2010, un Synode spécial sur ce programme significatif : « L’Église catholique au Moyen-Orient : communion et témoignage ».

    LES PREMIÈRES RUPTURES
    Deux facteurs principaux ont abouti à la situation actuelle, si compliquée et déconcertante pour l’esprit rationnel et cartésien de l’Occident. Il y eut d’abord, du IVe au XIe siècle, l’éclatement de l’Église indivise des origines, peu à peu ravagée par les hérésies, les malentendus théologiques, voire culturels, et même par des calculs politiques, puis des schismes. Le ralliement à Rome d’une partie des Orientaux séparés, effectif à partir du XVIIIe siècle, n’a pas entraîné le retour à l’unité de tous les baptisés. Entre-temps, à partir du VIIe siècle, l’irruption de l’islam, qui a profité de la faiblesse des peuples chrétiens, a accru les clivages. L’instauration de la dhimmitude (protection-sujétion) a poussé de nombreux chrétiens à se faire musulmans pour échapper à ce régime humiliant. Quant au millet (nation confessionnelle en turc) mis en place par l’Empire ottoman, tout en permettant aux communautés chrétiennes de survivre autour de leurs hiérarchies et de leur droit personnel propre, il a accru les rivalités et la méfiance des Églises entre elles, dans un rapport malsain à l’autorité musulmane. Tout cela a engendré les mentalités confessionnelles et la perte du souci missionnaire qui caractérisent le christianisme oriental.
    Mais, à notre époque, les Églises du Levant prennent conscience de l’urgence qu’il y a à remédier à ces défauts en se réappropriant leur âme orientale, dans la conviction qu’elles ne peuvent pas priver les peuples de la région (arabes, turc, iranien, israélien) des bienfaits de l’Évangile : créativité, promotion de la liberté religieuse, formation de la conscience, respect de la personne en tant qu’être créé à l’image de Dieu, culture de la gratuité, refus de la vengeance, de la violence et du sectarisme. C’est pourquoi elles refusent d’être classées dans la catégorie des « minorités », dévalorisante à leurs yeux, comme s’il s’agissait d’un état de nature alors que leur déclin numérique – une évidence que l’on ne peut certes pas nier –, résulte d’abord des vicissitudes de l’histoire, comme on l’a vu. Le Synode de 2010 leur a aussi demandé de bannir toute imitation servile des mœurs occidentales qui donnent un contre-témoignage aux musulmans, particulièrement mal venu au moment où ces derniers connaissent une crise religieuse d’une gravité sans précédent. Par ailleurs, même si les divisions entre Églises perdurent, des progrès encourageants sont accomplis pour bâtir une fraternité plus authentique, qui n’exclut pas la riche diversité des rites.

    LA VOCATION DES CHRÉTIENS D’ORIENT
    Ce regard réaliste doit cependant s’abstenir de tout jugement dépréciatif. Car, dans un contexte très difficile, les chrétiens d’Orient ont dû consentir de lourds sacrifices et leur histoire est jalonnée d’exemples de saints et de martyrs qui l’honorent et la fécondent.
    Puisque l’Europe redécouvre la présence chrétienne orientale, bien oubliée au cours des dernières décennies, et répète qu’elle veut l’aider et la protéger, elle doit prendre en considération sa vocation dans ce qu’elle a de plus essentiel car celle-ci s’enracine dans la grâce du baptême et non dans une culture sécularisée, hédoniste, matérialiste et individualiste. Envisager l’avenir des chrétiens d’Orient à l’aune de la culture occidentale revient à les priver de leur raison d’être et contribue à accélérer l’effacement du christianisme. C’est contre cet écueil, dangereux pour nous aussi qui sommes dé­sormais confrontés au défi de l’islam, que j’ai souhaité attirer l’attention de mes lecteurs.

    Annie Laurent"

    Ref. Comprendre les chrétiens d’Orient

    Spécialiste du Proche-Orient, des chrétiens d’Orient et de l’islam, Annie Laurent est à l’origine de l’association Clarifier et est l’auteur notamment de"L’Islam, pour tous ceux qui veulent en parler (mais ne le connaissent pas encore)" (Artège, 2017), "L’islam peut-il rendre l’homme heureux" (Artège, 2012), "Les chrétiens d’Orient vont-ils disparaître ?" (Salvator, 2017). Elle collabore régulièrement à La Nef.

    Questions à Mgr Gollnisch, directeur général de l’œuvre d’Orient :

    JPSC