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Spiritualité - Page 97

  • Bruxelles (Cambre), 6 décembre : "Fêtons Marie en lumière" (procession aux flambeaux)

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  • "Tournons notre regard vers la destination finale de l’histoire qui sera le règne définitif et éternel du Christ" (Benoît XVI)

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    Homélie du pape Benoît XVI en la fête du Christ Roi le 24 novembre 2012 :

    (...)

    En ce dernier dimanche de l’année liturgique, l’Église nous invite à célébrer le Seigneur Jésus, Roi de l’univers. Elle nous appelle à tourner notre regard vers l’avenir, ou mieux plus profondément, vers la destination finale de l’histoire qui sera le règne définitif et éternel du Christ. Il était au commencement avec le Père, quand le monde a été créé, et il manifestera pleinement sa seigneurie à la fin des temps, quand il jugera tous les hommes. Les trois lectures d’aujourd’hui nous parlent de ce règne. Dans le passage de l’Évangile, tiré de l’Évangile de saint Jean, que nous avons écouté, Jésus se trouve dans une situation humiliante – celle d’accusé – devant le pouvoir romain. Il a été arrêté, insulté, raillé, et ses ennemis espèrent obtenir maintenant sa condamnation au supplice de la croix. Ils l’ont présenté à Pilate comme quelqu’un qui aspire au pouvoir politique, comme le prétendu roi des juifs. Le procureur romain mène son enquête et interroge Jésus : « Es-tu le roi des Juifs ? » (Jn 18, 33). Répondant à cette demande, Jésus précise la nature de son règne et de sa messianité-même, qui n’est pas un pouvoir mondain, mais un amour qui sert ; il affirme que son règne ne doit pas être absolument confondu avec un règne politique quelconque : « Ma royauté ne vient pas de ce monde … Non, ma royauté ne vient pas d’ici » (v. 36).

    Il est évident que Jésus n’a aucune ambition politique. Après la multiplication des pains, les gens, enthousiasmés par le miracle, voulaient s’emparer de lui pour le faire roi, afin de renverser le pouvoir romain et établir ainsi un nouveau règne politique, qui aurait été considéré comme le royaume de Dieu tant attendu. Mais Jésus sait que le royaume de Dieu est d’un genre tout autre, il ne se fonde pas sur les armes et sur la violence. C’est la multiplication des pains qui devient alors, d’une part, le signe de sa messianité, mais, d’autre part, un tournant dans son activité : à partir de ce moment, la marche vers la croix se fait plus évidente ; là, par un acte suprême d’amour, resplendira le règne promis, le règne de Dieu. Mais la foule ne comprend pas, elle est déçue et Jésus se retire, tout seul, dans la montagne pour prier, pour parler à son Père (cf. Jn 6, 1-15). Dans le récit de la passion, nous voyons comment les disciples aussi, tout en ayant partagé la vie avec Jésus et écouté ses paroles, pensaient à un royaume politique, instauré même avec l’aide de la force. À Gethsémani, Pierre avait tiré du fourreau son épée et avait commencé à combattre, mais Jésus l’avait empêché (cf. Jn 18, 10-11). Il ne veut pas être défendu par les armes, mais il veut accomplir jusqu’au bout la volonté de son Père et établir son royaume non pas par les armes et la violence, mais par la faiblesse apparente de l’amour qui donne la vie. Le royaume de Dieu est un royaume totalement différent des royaumes terrestres.

    Et c’est pour cela que, face à un homme sans défense, fragile, humilié, comme l’est Jésus, un homme de pouvoir comme Pilate reste surpris ; surpris parce qu’il entend parler d’un royaume, de serviteurs. Et il pose une question qui lui semblera paradoxale : « Alors, tu es roi ? ». Quel genre de roi peut être un homme dans ces conditions-là ? Mais Jésus répond par l’affirmative : « C’est toi qui dis que je suis roi. Je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Tout homme qui appartient à la vérité, écoute ma voix » (18, 37). Jésus parle de roi, de royaume, cependant, il ne se réfère pas à la domination, mais à la vérité. Pilate ne comprend pas : peut-il exister un pouvoir qui ne s’obtient pas par des moyens humains ? Un pouvoir qui ne réponde pas à la logique de la domination et de la force ? Jésus est venu révéler et apporter une nouvelle royauté, celle de Dieu ; il est venu rendre témoignage à la vérité d’un Dieu qui est amour (cf. 1 Jn 4, 8.16) et qui veut établir un royaume de justice, d’amour et de paix (cf. Préface). Celui qui est ouvert à l’amour, écoute ce témoignage et l’accueille avec foi, pour entrer dans le royaume de Dieu.

    Nous retrouvons cette perspective dans la première lecture que nous venons d’écouter. Le prophète Daniel prédit le pouvoir d’un personnage mystérieux placé entre ciel et terre : « Je voyais venir, avec les nuées du ciel, comme un fils d’homme ; il parvint jusqu’au Vieillard, et on le fit avancer devant lui. Et il lui fut donné domination, gloire et royauté ; tous les peuples, toutes les nations et toutes les langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera pas détruite » (7, 13-14). Ces paroles annoncent un roi qui domine de la mer à la mer jusqu’aux bouts de la terre, grâce à un pouvoir absolu qui ne sera jamais détruit. Cette vision du prophète – une vision messianique – est éclairée et trouve sa réalisation dans le Christ : le pouvoir du vrai Messie – pouvoir qui ne décline jamais et qui ne sera jamais détruit – n’est pas celui des royaumes de la terre qui s’élèvent et s’écroulent, mais celui de la vérité et de l’amour. Cela nous fait comprendre comment la royauté annoncée par Jésus dans les paraboles et révélée ouvertement et explicitement devant le Procureur romain, est la royauté de la vérité, l’unique qui donne à toute chose sa lumière et sa grandeur.

    Dans la deuxième lecture, l’auteur de l’Apocalypse affirme que nous aussi nous participons à la royauté du Christ. Dans l’acclamation adressée à « celui qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son sang », il déclare que celui-ci « a fait de nous le royaume et les prêtres de Dieu son Père » (1, 5-6). Il est clair ici aussi qu’il s’agit d’un royaume fondé sur la relation avec Dieu, avec la vérité, et non pas un royaume politique. Par son sacrifice, Jésus nous a ouvert le chemin pour une relation profonde avec Dieu : en lui, nous sommes devenus de véritables fils adoptifs, nous sommes rendus ainsi participants de sa royauté sur le monde. Être disciples de Jésus signifie donc ne pas se laisser séduire par la logique mondaine du pouvoir, mais apporter au monde la lumière de la vérité et de l’amour de Dieu. L’auteur de l’Apocalypse étend ensuite son regard à la deuxième venue de Jésus pour juger les hommes et établir pour toujours le règne divin, et il nous rappelle que la conversion, comme réponse à la grâce divine, est la condition pour l’instauration de ce royaume (cf. 1, 7). C’est là une invitation pressante adressée à tous et à chacun : nous convertir toujours au règne de Dieu, à la seigneurie de Dieu et de la Vérité, dans notre vie. Chaque jour, nous l’invoquons dans la prière du ‘Notre Père’ avec les paroles : « Que ton règne vienne » ; cela revient à dire à Jésus : Seigneur fais-nous devenir tiens, vis en nous, rassemble l’humanité dispersée et souffrante, pour qu’en toi, tout soit soumis au Père de miséricorde et d’amour.

    (...)

  • La fête du Christ-Roi, un changement de perspective et de signification ?

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    Le déplacement de la fête du Christ Roi de l'univers du dernier dimanche d'octobre (avant la réforme liturgique) au dernier dimanche de l'année liturgique suscite de légitimes questions. Le blog du Mesnil-Marie critique sévèrement ce changement de perspective et de signification.

    2007-24. De la Royauté du Christ à la gloire de ses élus.

    Le dernier dimanche du mois d'octobre, la liturgie - dans son calendrier traditionnel auquel nous tenons d'une manière très spéciale - nous donne de fêter le Christ, Roi de l'univers.

    Il y avait une volonté explicite du Pape Pie XI dans le choix spécial de ce dimanche, lorsqu'il institua cette fête, puisqu'il écrivait dans l'encyclique “Quas primas” du 11 décembre 1925 : “… Plus que tout autre, le dernier dimanche d'octobre Nous a paru désigné pour cette solennité : il clôt à peu près le cycle de l'année liturgique ; de la sorte, les mystères de la vie de Jésus-Christ commémorés au cours de l'année trouveront dans la solennité du Christ-Roi comme leur achèvement et leur couronnement et, avant de célébrer la gloire de tous les Saints, la liturgie proclamera et exaltera la gloire de Celui qui triomphe en tous les Saints et tous les élus.”

    La réforme liturgique issue du second concile du Vatican a opéré un double déplacement de cette fête :

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  • Christ Roi; introit : "Dignus est Agnus..."

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    Introitus

    Dignus est Agnus qui occisus est,
    accipere virtutem, et divinitatem,
    et sapientiam, et fortitudinem, et honorem.
    Ipsi gloria et imperium in saecula saeculorum.
     
    Il est digne, l'Agneau qui a été immolé,
    de recevoir la puissance, et la divinité,
    et la sagesse, et la force, et l'honneur.
    A lui, gloire et souveraineté pour les siècles des siècles.
    Ps.  1

    Deus, iudicium tuum regi da:
    et iustitiam tuam filio regis.

    Dieu, donnez votre jugement au Roi:
    et votre justice au Fils du Roi.

  • La Royauté du Christ : un antidote à l'absolutisme

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    Du site de France Catholique :

    «  La royauté du Christ, antidote à l’absolutisme  »

    propos recueillis par Constantin de Vergennes

    17 novembre 2021

    L’année liturgique se clôture le 24 novembre avec la solennité du Christ-Roi de l’univers. Que reste-t-il de l’appel lancé par Pie XI en 1925 à reconnaître la royauté du Christ sur les sociétés ? Entretien avec le chanoine Benoît Merly, prêtre et professeur de théologie dogmatique et morale au séminaire de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre.

    Dans l’encyclique Quas primas (1925), Pie XI exhorte à reconnaître la «  royauté  » du Christ ? Sur qui s’exerce-t-elle : l’individu, les gouvernants, la société ?

    Chanoine Benoît Merly : Sur tous, mais sur chacun à la mesure de ce qu’il est. Pour les individus, reconnaître la royauté du Christ consiste à vivre de la grâce à titre individuel : être fidèle, loyal à cette grâce, la demander quand on en manque et demander pardon quand on y est infidèle.

    Pour l’État, il est clair qu’il a le devoir de se soumettre au Christ. Il y est d’ailleurs soumis, qu’il le veuille ou non, car la société a Dieu pour auteur. C’est lui qui donne ses lois, ce qui suppose que l’État les respecte.

    Dans cette perspective, l’État et ses lois ne peuvent considérer les citoyens comme des moyens de production, ou de simples éléments accidentels, comme si l’État existait sans les individus et les familles qui le composent. Dans l’ordre naturel, l’État a pour vocation première de rechercher le bonheur temporel de ses citoyens. Il ne doit donc pas faire abstraction de la nécessité de lois destinées, d’une manière ou d’une autre, à faciliter l’accès des citoyens au bonheur surnaturel.

    Pour que la royauté du Christ puisse s’exercer sur les individus et les sociétés, il faut que ces lois répondent à la finalité surnaturelle poursuivie. Car Jésus-Christ vient pour une personne, pas pour tel État ou telle société, qui varient selon les époques. Ce qui importe, c’est que les hommes soient sauvés, individuellement. Mais l’État, la société des hommes, par ses lois, peut et doit aider chacun de ses membres à connaître et atteindre la perfection de sa vocation surnaturelle.

    La reconnaissance de la royauté du Christ peut-elle favoriser l’avènement dès ici-bas d’une société parfaite ?

    Une société parfaite ici-bas est impossible depuis le péché originel ! Il est certain que reconnaître la royauté du Christ, c’est assurer à la société et aux citoyens qui la composent un vrai bonheur temporel, et donner aux États eux-mêmes et à leur rôle une vraie perspective surnaturelle. Mais nous restons sous le joug du péché originel. Il est certes meilleur de vivre sous le joug du Christ et de ses lois, que sous le joug et les lois du péché, mais notre fin se trouve au Ciel. La grâce dont nous vivons ici-bas n’est qu’une partie du Ciel, sur la terre.

    Les désordres civils actuels ont-ils été amplifiés par la relégation du Christ en dehors de la sphère publique ?

    Sans le moindre doute. Pie XI n’est pas le seul à le dire, en particulier au XXe siècle. Saint Pie X, par exemple, avait pour devise : Instaurare omnia in Christo, «  renouveler toutes choses dans le Christ  ». À la veille de la Première Guerre mondiale, il avait exprimé ses craintes pour l’avenir et avait expliqué que tout cela n’allait arriver précisément que par mépris des lois divines, de l’Église et de ses enseignements. Il ne revendiquait pas, pour lui-même ou pour l’Église, une suzeraineté temporelle. Mais il regrettait que les royaumes chrétiens disparaissent les uns après les autres et que les lois qui gouvernent les États et les sociétés soient de plus en plus étrangères à la recherche de la charité et de la conformité des lois à la loi divine ; en un mot, au règne social, et pas seulement individuel, du Christ.

    Après la Première Guerre, Pie XI fait face à l’avènement d’États de plus en plus forts – l’Union soviétique et l’Italie fasciste en 1925 –, dont la dureté et l’omnipotence sont totalement étrangères à la perspective chrétienne. Le délaissement de la royauté du Christ exacerbe les passions humaines, qui ne sont plus mesurées, équilibrées, ne se considèrent plus vis-à-vis de ce à quoi elles ont été ordonnées, à savoir le Ciel, la vie de la grâce.

    Ce que dit Pie XI, c’est que si les sociétés ne poursuivent pas toutes un même but qui les dépasse et qui est Jésus-Christ lui-même, et que les citoyens ne recherchent pas la grâce, donnée d’autant plus facilement que les lois de l’État la facilitent, alors ils seront livrés à leurs passions et à leurs conceptions du monde et, inévitablement, ils finiront par se jeter à la gorge les uns des autres. De fait, c’est ce qui s’est produit.

    Retrouvez l’intégralité de l’entretien et de notre Grand Angle dans le magazine.

  • Saint Colomban (23 novembre) et la fin de vie

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    De sur le CWR :

    Saint Colomban et la fin de vie

    « Notre premier devoir, dit le missionnaire irlandais, est de ne rien aimer ici, mais d’aimer les choses d’en haut, de désirer les choses d’en haut, de savourer les choses d’en haut et de chercher notre patrie là-bas, car la patrie est là où se trouve notre Père. »

    La fenêtre de Saint Colomban dans la crypte de l'abbaye de Bobbio. (Image : Trebbia / Wikipédia) ; à droite : les restes de saint Colomban dans la crypte de l'abbaye de Bobbio. (Image : Davide Papalini / Wikipédia)
    Pour les catholiques, novembre est en réalité la fin de l’année et un rappel de notre propre fin. L’année liturgique est celle au cours de laquelle nous célébrons les mystères de l’Incarnation du Christ. C’est pourquoi, pendant de nombreux siècles, les pays catholiques ont célébré leur nouvel an civil le jour de l’Annonciation, en mars. C’est pourquoi nous commençons l’année liturgique par la période d’attente de la naissance du Christ, le Fils du Dieu vivant, à Noël. En 2024, novembre est précisément la fin de l’année. Le 1er décembre est le premier jour de l’Avent.

    Novembre est donc le moment idéal pour faire ce que les anciens appelaient  le memento mori : se souvenir de notre mort. C'est ainsi que nous commençons le mois. Le 1er novembre est la Toussaint, jour où nous nous rappelons que, si nous avons suivi le Christ de près, nous pouvons nous aussi être « chez nous avec le Seigneur » lorsque nous sommes « loin de notre corps » (2 Corinthiens 5:8). Nous pouvons aussi être des saints. Nous y prêtons une attention particulière le jour suivant, lorsque nous célébrons la Toussaint et nous nous souvenons de tous les fidèles défunts, en priant pour que si le péché a courbé ou blessé leur âme de telle manière qu'elle les a empêchés de jouir pleinement de la présence du Christ, Dieu les rende pleinement droits, pleinement guéris des séquelles du péché et capables d'entrer pleinement dans le cœur du ciel pour le voir face à face.

    En pensant aux fidèles défunts, nous pensons à nous-mêmes et au fait que nous partirons un jour nous aussi. Arriverons-nous à rejoindre la patrie céleste ? Pour y parvenir, nous devons adopter une attitude appropriée à notre vie ici-bas.

    Notre vie ici sur terre est précieuse et précieuse, mais pas parce qu’elle est une fin en soi. Les gens aiment excuser les décisions folles, voire mauvaises, en invoquant le principe YOLO : You Only Live Once (On ne vit qu’une fois). Bien que cela puisse être vrai de notre vie terrestre (nous ne croyons pas à la réincarnation), ce n’est pas vrai de la vie humaine dans son ensemble. Cette vie, comme le grand apologiste Frank Sheed aimait à le dire, est à la fois un test et une préparation à la continuation de la vie au-delà de la tombe. Peut-être que la meilleure réponse à quelqu’un qui justifie l’injustifiable est YOLF : You Only Live Forever (On ne vit qu’éternellement). Avec un rappel que ce à quoi ressemblera l’éternité dépend de la façon dont nous répondons dans cette vie au Seigneur de la vie, Jésus-Christ.

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  • Parce que croire, ça vaut le coup. Entretien inédit avec Ratzinger

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    Du Foglio :

    Parce que croire, ça vaut le coup. Entretien inédit avec Ratzinger

    20 novembre 2024

    Autrefois, beaucoup n’étaient croyants que par conformisme, emportés par le courant. Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui sont motivés par l’indifférence. Pourtant, le phénomène religieux reste présent. L'avant-première d'un dialogue inédit avec Joseph Ratzinger

    Nous publions ici une partie de l'entretien, inédit en italien, réalisé avec Joseph Ratzinger (à l'époque préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi) de l'édition allemande de l'Osservatore Romano en 1988. Le texte fait partie de « In dialogue avec le temps propre » (LEV), le nouveau volume, en trois volumes, de l'Opera Omnia de Joseph Ratzinger. Le texte rassemble tous les entretiens avec Ratzinger Benoît XVI et sera présenté demain (jeudi 21 novembre) à la LUMSA de Rome (via di Porta Castello 44) à 17 heures, en présence, entre autres, du Père Federico Lombardi, président de la Fondation Joseph Ratzinger-Benoît XVI, et Mgr. Georg Gänswein, ancien secrétaire particulier de Benoît XVI.

    Nous vivons à une époque d’indifférence. Le nombre de ceux qui ne vont pas à la messe le dimanche augmente et le nombre de ceux qui tournent le dos à l’Église et l’abandonnent est effrayant. Quelle pourrait être la raison de cet éloignement de la foi, ou peut-être « seulement » de l’Église ?

    Notre monde est un monde de réalisation technique. Nous ne sommes pas capables de tout faire, mais beaucoup, et nous espérons bientôt pouvoir faire encore plus. Les hommes doutent de plus en plus que Dieu puisse encore avoir un quelconque pouvoir dans un monde de plus en plus analysé selon les lois naturelles, et que nous puissions encore attendre de lui son aide. À cela s’ajoute le fait que, dans un monde plein de bruit et d’images, l’accès à Dieu est de plus en plus difficile. Tout comme beaucoup n’étaient autrefois croyants que par conformisme, parce qu’ils se laissaient emporter par le courant, de même aujourd’hui beaucoup se laissent emporter par l’indifférentisme sans décision personnelle particulière à cet égard. Malgré tout cela, le phénomène de la religion continue d'être présent de diverses manières : beaucoup de ceux qui personnellement ne pratiquent pas du tout la « religion » espèrent encore qu'elle existe, même s'ils n'ont pas envie d'apporter une grande contribution à cet égard. . En revanche, la religion se répand sous forme de substituts et de dégénérescences (superstition, occultisme, pratiques dites transcendantales) qui paraissent moins fatigantes et promettent à première vue la même chose. Une raison pour tourner le dos à l'Église est bien entendu aussi la condition de profonde insécurité dans laquelle l'Église semble se trouver.

    Le message semble clair et sans équivoque : apporter l’Évangile à tous les hommes. Que faut-il faire pour soutenir de manière crédible la cause du royaume de Dieu dans un environnement de plus en plus laïc ?

    Il n’y a pas de réponse standard. L'Évangile devient crédible là où il y a des gens qui se laissent pleinement saisir par lui et où l'expérience de la vie en devient la confirmation. Pensez à des mouvements tels que les Néocatéchuménaux, Communion et Libération - comment des personnes de tous âges et de toutes conditions sociales se laissent captiver par l'élan de la foi qu'ils voient vivre sans si ni mais. Nous n'avons pas besoin de recettes (il y en a trop), mais de gens qui sont impressionnés par l'Évangile et qui le mettent en pratique.

    Vous, Votre Éminence, êtes préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. D'une manière très particulière, elle se voit confier la tâche de travailler à la juste annonce du message et de la doctrine évangéliques. Le dogme en fait également partie. J'ai lu récemment cet aphorisme : "Le dogme est comme une patrie : certains craignent qu'il les limite, d'autres sont reconnaissants de connaître leur origine à laquelle ils peuvent toujours revenir." Cet aphorisme fait-il mouche ? Et si oui, qui sont ceux qui craignent qu’on leur enlève quelque chose et qui sont heureux d’avoir un refuge sûr ? Que faut-il faire pour les uns et pour les autres ?

    L'origine du dogme est dans la rencontre avec une personne : Jésus-Christ. Là où cette rencontre fait défaut, le dogme reste une formule vide de sens. C’est pourquoi la rencontre avec Jésus-Christ doit avant tout être transmise. Si cela se produit, tout le reste viendra tout seul, étape par étape : que je puisse avoir une relation avec lui non seulement, mais seulement dans la communauté de son peuple, l'Église ; que cette relation n'est pas un simple sentiment, mais me fait connaître la vérité, c'est-à-dire la participation à sa propre relation avec le Père, donc la connaissance de Dieu et de ses promesses. Tout cela est résumé dans le Credo, qui est une parole de moi-même dans le « nous » de l'Église adressée au Seigneur, par qui à mon tour je me sens en premier lieu interpellé. Ainsi, le dogme, correctement compris, est une dynamique de dépassement continu de soi et, en même temps, de sécurité dans une relation qui perdure au-delà de la mort. 

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  • Le pape François a annoncé les canonisations de Carlo Acutis et Pier Giorgio Frassati en 2025 lors des célébrations du jubilé

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    De Courtney Mares sur le NCR :

    Le pape François annonce les canonisations de Carlo Acutis et Pier Giorgio Frassati en 2025 lors des célébrations du jubilé

    Selon le diocèse d'Assise, la messe de canonisation d'Acutis devrait avoir lieu le dimanche 27 avril, à 10h30, heure locale, sur la place Saint-Pierre.

    Le bienheureux Carlo Acutis (à gauche) et le bienheureux Pier Giorgio Frassati
    Bienheureux Carlo Acutis (à gauche) et bienheureux Pier Giorgio Frassati (photo : Diocèse d'Assise/Domaine public / Wikimedia Commons)

    Le pape François a annoncé mercredi que les bienheureux Carlo Acutis et Pier Giorgio Frassati, deux jeunes catholiques appréciés pour leur foi vibrante et leur témoignage de sainteté, seront canonisés lors de deux grandes célébrations jubilaires dédiées aux jeunes.

    L'annonce surprise est intervenue à l'issue de l'audience générale hebdomadaire du pape sur la place Saint-Pierre, alors que François célébrait la Journée mondiale de l'enfance. 

    Le porte-parole du Vatican, Matteo Bruni, a confirmé plus tard que la canonisation de Carlo Acutis aura lieu pendant le Jubilé des adolescents de l'Église , qui aura lieu du 25 au 27 avril, et que la canonisation de Pier Giorgio Frassati aura lieu pendant le Jubilé de la jeunesse , du 28 juillet au 3 août.

    Selon le diocèse d'Assise, la messe de canonisation d'Acutis devrait avoir lieu le dimanche 27 avril, à 10h30, heure locale, sur la place Saint-Pierre.

    Les deux futurs saints sont appréciés par de nombreux jeunes catholiques pour leur enthousiasme à la recherche de la sainteté. Les deux canonisations devraient attirer de nombreux jeunes dans la Ville éternelle en 2025 pour le Jubilé de l'espérance de l'Église catholique.

    Carlo Acutis : le premier saint millénaire

    Carlo Acutis, un adolescent italien développeur informatique décédé d'un cancer en 2006, est connu pour sa grande dévotion à la Présence Réelle de Jésus dans l'Eucharistie.

    Né en 1991, Carlo Acutis est le premier millennial à être béatifié par l’Église catholique. Peu après sa première communion à l’âge de 7 ans, il a dit à sa mère : « Être toujours uni à Jésus : c’est mon projet de vie. » 

    Pour y parvenir, Carlo s’efforçait d’assister quotidiennement à la messe aussi souvent qu’il le pouvait à l’église paroissiale située en face de son école primaire à Milan.

    Carlo appelait l’Eucharistie « mon chemin vers le ciel » et il faisait tout ce qui était en son pouvoir pour faire connaître cette présence. Son témoignage a inspiré ses propres parents à revenir à la pratique de la foi catholique et sa jeune fille au pair hindoue à se convertir et à se faire baptiser.

    Carlo était un enfant féru de technologie qui aimait les ordinateurs, les animaux et les jeux vidéo. Son directeur spirituel a rappelé que Carlo était convaincu que les preuves des miracles eucharistiques pouvaient être convaincantes pour aider les gens à comprendre que Jésus est présent à chaque messe.

    Pendant deux ans et demi, Carlo a travaillé avec sa famille pour monter une exposition sur les miracles eucharistiques qui a été créée en 2005 pendant l'Année de l'Eucharistie proclamée par le pape Jean-Paul II, et qui a depuis été présentée dans des milliers de paroisses sur les cinq continents.

    Plusieurs camarades de classe, amis et membres de la famille de Carlo ont témoigné de la façon dont il les a rapprochés de Dieu. Carlo était une personne très ouverte et n'hésitait pas à parler avec ses camarades de classe et avec tous ceux qu'il rencontrait des choses qu'il aimait : la messe, la présence de Jésus dans l'Eucharistie et le ciel.

    On se souvient de lui pour avoir dit : « Ceux qui se placent devant le soleil bronzent ; ceux qui se placent devant l’Eucharistie deviennent des saints. »

    Carlo est décédé à l’âge de 15 ans en 2006, peu de temps après avoir reçu un diagnostic de leucémie. Avant de mourir, Carlo a dit à sa mère : « J’offre toutes mes souffrances au Seigneur pour le Pape et pour l’Église afin de ne pas aller au purgatoire mais d’aller directement au ciel. »

    Des milliers de personnes ont visité la tombe de Carlo à Assise après sa béatification dans la basilique Saint-François d'Assise le 10 octobre 2020.

    Depuis sa béatification, des écoles catholiques de l’outback australien jusqu’en Angleterre ont été baptisées du nom d’Acutis, ainsi que d’innombrables ministères et initiatives paroissiales.

    Le pape François a encouragé les jeunes à imiter le bienheureux Carlo en donnant la priorité au « grand don de l’Eucharistie » dans son message pour les prochaines Journées mondiales de la jeunesse diocésaines.

    Dans un décret du 23 mai, le pape François a approuvé la guérison miraculeuse d'une jeune femme costaricienne de 21 ans nommée Valeria Valverde, qui était sur le point de mourir après s'être gravement blessée à la tête dans un accident de vélo alors qu'elle étudiait à Florence en 2022.

    La famille a été informée que sa situation était très critique et qu'elle pouvait mourir à tout moment, selon le Dicastère pour les causes des saints du Vatican.

    Six jours après l'accident, la mère de Valverde se rendit en pèlerinage à Assise pour prier pour la guérison de sa fille sur la tombe du bienheureux Carlo Acutis, laissant une note écrite.

    Le même jour, Valverde commença à respirer par elle-même et, le lendemain, elle recouvra l'usage de ses membres supérieurs et recouvra en partie la parole.

    Valverde a été libérée de l'unité de soins intensifs 10 jours après le pèlerinage de sa mère et a subi d'autres tests qui ont montré que la contusion hémorragique du cortex temporal droit de son cerveau avait complètement disparu.

    Contrairement aux prévisions médicales, Valverde n'a passé qu'une semaine en physiothérapie ; et le 2 septembre 2022, deux mois après son accident, elle s'est rendue en pèlerinage au tombeau de Carlo Acutis à Assise avec sa mère pour célébrer sa guérison complète.

    Pier Giorgio Frassati : Verso L'Alto

    Pier Giorgio Frassati, décédé à l’âge de 24 ans en 1925, est également aimé de beaucoup aujourd’hui pour son témoignage enthousiaste de sainteté qui atteint « les sommets ».

    Le jeune homme originaire de la ville de Turin, dans le nord de l'Italie, était un alpiniste passionné et un dominicain de troisième ordre connu pour ses actions caritatives.

    Né le Samedi Saint 6 avril 1901, Frassati était le fils du fondateur et directeur du journal italien La Stampa .

    À l'âge de 17 ans, il rejoint la Société de Saint-Vincent-de-Paul et consacre une grande partie de son temps libre à prendre soin des pauvres, des sans-abri et des malades, ainsi que des militaires démobilisés de retour de la Première Guerre mondiale.

    Frassati s'engagea également dans l'Apostolat de la Prière et de l'Action Catholique. Il obtint la permission de recevoir la Communion quotidienne.

    Sur une photo de ce qui sera sa dernière ascension, Frassati a écrit la phrase Verso L'Alto , qui signifie « vers les hauteurs ». Cette phrase est devenue la devise des catholiques inspirés par Frassati pour s'efforcer d'atteindre le sommet de la vie éternelle avec le Christ.

    Frassati mourut de la polio le 4 juillet 1925. Ses médecins supposèrent plus tard que le jeune homme avait attrapé la polio alors qu'il s'occupait des malades.

    Jean-Paul II, qui a béatifié Frassati en 1990, l'a qualifié d'« homme des huit béatitudes », le décrivant comme « entièrement immergé dans le mystère de Dieu et totalement dédié au service constant de son prochain ».

    Le Vatican n'a pas encore annoncé la reconnaissance du second miracle attribué au bienheureux Pier qui a rendu possible sa canonisation. La confirmation du miracle par le Vatican, ainsi que l'annonce des dates précises des messes de canonisation, sont attendues dans un avenir proche. 

  • Le voile sacré de Manoppello : lumière de la foi pour un nouveau jubilé

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    De Paul Badde sur le NCR :

    Le voile sacré de Manoppello : lumière de la foi pour un nouveau jubilé

    COMMENTAIRE : L'étude d'un médecin sur le Suaire de Manoppello apporte un nouveau regard sur « l'éclat éblouissant du visage du Christ »

    Paul Badde inspecte l'image de Manoppello.
    Paul Badde inspecte l'image de Manoppello. (photo : Wikimedia Commons/Photo avec l'aimable autorisation / Domaine public/Paul Badde)

    Pour la première Année Sainte, que le pape Boniface VIII (1294-1303) a instaurée comme jubilé chrétien pour l'année 1300, la destination la plus importante pour de nombreux pèlerins à Rome n'était pas une audience avec le pape ni même les tombeaux des apôtres, mais un voile fin comme une gaze censé montrer le visage du Christ. 

    Il s'agit du tissu appelé Sanctum Sudarium en latin (tissu sacré) et mieux connu sous le nom de « voile de Véronique ». 

    Le voile, considéré à l'époque comme le plus grand trésor de la basilique Saint-Pierre, était considéré comme une relique mentionnée pour la première fois dans le récit de la résurrection de saint Jean avec un grand tissu de lin, que beaucoup croient aujourd'hui être le Suaire de Turin .

    En janvier 1208, le pape Innocent III, pieds nus, transporta pour la première fois à Rome le Suaire dans son reliquaire de cristal de la basilique Saint-Pierre à l'hôpital Santo Spirito in Sassia, le faisant ainsi connaître dans tout le monde catholique. Depuis 1620, le même tissu est vénéré comme le « Saint Visage » ( Volto Santo ) dans une église des Capucins sur une colline près de Manoppello, à deux heures à l'est de Rome, où, le 1er septembre 2006, Benoît XVI est devenu le premier pape à la visiter depuis 400 ans.

    Le Sudarium a intrigué Gosbert Weth de Schweinfurt, en Allemagne, depuis qu'il en a entendu parler et a vu des photos du voile. 

    Le Dr Weth est un médecin de 78 ans, titulaire d'un doctorat en chimie. Médecin-chef et directeur du laboratoire d'hormones de l'université de Würzburg, il a reçu le prix de l'inventeur allemand en tant que titulaire de plusieurs brevets et a été conférencier lors de plusieurs congrès mondiaux sur la gériatrie et la gérontologie. Aujourd'hui, il participe à la recherche sur de nouvelles utilisations de l'hydrogène et continue d'exercer la médecine en Allemagne.

    À l'approche de l'Année Sainte 2025, Weth s'est rendu le 26 septembre à la Basilique Papale du Saint-Face à Manoppello pour effectuer son propre examen à l'aide d'un équipement de médecine nucléaire qui mesure les rayons alpha, bêta et gamma.

    Le recteur du sanctuaire, le père capucin Antonio Gentili, a ouvert la porte vitrée blindée de la vitrine où le Suaire est scellé dans son reliquaire depuis 1714. Weth a examiné le Suaire pendant deux heures le premier jour de sa visite, et une autre heure deux jours plus tard.

    « En tant que médecin, je constate que cette personne a dû être gravement torturée », a-t-il d’abord estimé. « Des hématomes sont clairement visibles sur le nez et dans la région de la joue droite. […] On ne peut déceler sur l’image ni des traces de couleur ni de sang. […] D’autres fluides corporels tels que du sang ou de la sueur ne sont pas reconnaissables. Ce tissu ne peut donc avoir été appliqué que sur une personne déjà décédée. »

    Au terme de ses recherches, Weth écrit : « En fin de compte, il n’existe qu’une seule explication à la formation de l’image du visage sacré. La transformation atomique de l’azote (N14) en carbone (C14) a dû se produire sous l’influence d’un énorme rayonnement neutronique (énergie lumineuse). […] L’« image » n’est donc pas due à l’application de la peinture, mais aux fibres nucléaires altérées du matériau porteur. »

    Weth a également mesuré le rayonnement bêta et a déclaré qu'il était « considérablement plus élevé dans la basilique protégée qu'à l'extérieur ».

    « La raison de cette densité plus élevée de rayons bêta », conclut-il, « ne peut résider que dans l’existence du Volto Santo à l’intérieur de la basilique. »

    « Cela peut aussi expliquer le rayonnement nocturne du tissu Manoppello », a expliqué Weth, faisant référence à un phénomène rapporté par certains observateurs. « Il brille dans le noir parce que de l’énergie est libérée lors de la conversion (du carbone 14 en azote 14) et de la lumière est libérée. »

    En d’autres termes, la « véritable icône » ( Vera Eikon ), comme on appelle ce voile depuis des siècles, rayonne quelque chose de l’intérieur. Elle est ainsi une image de « l’éclat éblouissant du visage du Christ », comme l’a dit Benoît XVI lors de sa visite à Manoppello en 2006 – un éclat qui a le pouvoir de nous donner « des cœurs marqués de la marque du visage du Christ ».

  • La statue de la Vierge noire a été vandalisée au sein de l’abbaye d'Einsiedeln

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    De Marianne Lecach sur le JDD:

    Vierge noire d'Einsiedeln

    Suisse : un demandeur d’asile afghan s'en prend à une célèbre statue de la Vierge dans un monastère

    La statue de la Vierge noire a été vandalisée au sein de l’abbaye territoriale d'Einsiedeln, en Suisse. Un jeune Afghan de 17 ans a été arrêté et placé en garde à vue.

    Un nouveau lieu de culte a été victime d’un acte de vandalisme. La statue de la Vierge noire, située dans la chapelle des Grâces au sein de l’abbaye territoriale d'Einsiedeln, en Suisse, a été la cible d’un individu mal intentionné durant le week-end dernier, relate l’édition de 20 Minutes en Suisse lundi 18 novembre. Alors que de nombreux pèlerins étaient en pleine prière, l’homme a arraché les vêtements de la statue et n’a pas hésité à voler sa couronne et son sceptre, comme le montre une vidéo filmée par l’un des visiteurs et diffusée sur les réseaux sociaux. Dans cette séquence d’une trentaine de secondes, il est possible de voir le suspect en train de mettre la couronne de la Vierge noire sur sa tête et de la tenir d’une main, tandis qu’il arrache d’un coup sec la robe blanche de la statue de l’autre main. 

    Un Afghan « mentalement perturbé »

    Plusieurs personnes sont rapidement intervenues, dont un moine. La police a été alertée et a pu procéder à l’arrestation du fauteur de troubles. D’après les informations de CH Média, le suspect serait un demandeur d’asile afghan âgé de 17 ans. Le Boten der Urschweiz précise que cet adolescent serait « mentalement perturbé ». 

    Le monastère d'Einsiedeln a indiqué sur son site Internet que « l’image miraculeuse datant du XVe siècle, très vénérée, a subi de légers dommages ». « Nous regrettons profondément cet incident et pensons aux nombreuses personnes qui ont été blessées dans leurs sentiments religieux sur place », est-il également écrit. Le site monastique s’est d’ailleurs dit soulagé que « personne n’ait été blessé ». Une enquête a été ouverte afin de connaître les motivations de cet individu. La Vierge noire a la particularité de posséder une quarantaine de tenues différentes, qui sont régulièrement changées. 

    Voir cette video

  • Le Seigneur serait-il en retard ? (33e dimanche du Temps Ordinaire)

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    Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 13,24-32. 

    Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « En ces temps-là, après une terrible détresse, le soleil s'obscurcira et la lune perdra son éclat. 
    Les étoiles tomberont du ciel, et les puissances célestes seront ébranlées. 
    Alors on verra le Fils de l'homme venir sur les nuées avec grande puissance et grande gloire. 
    Il enverra les anges pour rassembler les élus des quatre coins du monde, de l'extrémité de la terre à l'extrémité du ciel. 
    Que la comparaison du figuier vous instruise : Dès que ses branches deviennent tendres et que sortent les feuilles, vous savez que l'été est proche. 
    De même, vous aussi, lorsque vous verrez arriver cela, sachez que le Fils de l'homme est proche, à votre porte. 
    Amen, je vous le dis : cette génération ne passera pas avant que tout cela n'arrive. 
    Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas. 
    Quant au jour et à l'heure, nul ne les connaît, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils, mais seulement le Père.

    Homélie (Archive 2009) du Père Joseph-Marie Verlinde (homelie.fr) :

    La plus terrible pauvreté, la plus grande misère, n’est-elle pas l’ignorance de Dieu, qui nous prive du sens de notre existence, et nous condamne à nous mobiliser jour après jour pour une vie appelée à sombrer dans le néant ?

    Les esprits forts ne manquent pas pour affirmer à qui veut l’entendre que l’état d’enfance de l’humanité est dépassé, et que l’heure est venue pour l’homme d’affirmer enfin son autonomie absolue. Ni Dieu ni loi, de quelque nature qu’elle soit : exit la loi morale, exit les commandements d’un Dieu qui n’existe pas, exit la culpabilité, les tabous, toutes les entraves à la liberté.

    Mais voilà qu’après un temps d’euphorie et d’exaltation, ce petit Prométhée qui essaye de s’élever jusqu’au ciel pour s’emparer du trône de Dieu, est en train de s’écraser lamentablement sur terre. Qui ne voit que la soi-disant libération des mœurs ne conduit qu’à l’aliénation aux passions débridées, que le relativisme éthique étouffe tout idéal, et que l’athéisme conduit au désespoir, comme le confirme le nombre sans cesse grandissant de suicides ?

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  • La solution de Rod Dreher à notre crise spirituelle et théologique est la plus convaincante qui existe

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    De Gavin Ashenden sur le Catholic Herald :

    La solution de Rod Dreher à notre crise spirituelle et théologique est la plus convaincante qui existe

    13 novembre 2024

    Lorsque le livre de Rod Dreher, The Benedict Option, a été publié, il a suscité deux réactions.

    La première était celle des gens qui, d’emblée convaincus par son analyse, ne pouvaient plus tenir pour acquise la place de l’Église sur la place publique, qui avait été longtemps occupée. En fait, c’était pire que cela : le système de valeurs chrétien était en train d’être répudié et avait perdu toute force parce que la vision chrétienne de la société avait été perdue par la population. Elle regardait le monde d’une manière totalement différente.

    La deuxième réponse provenait de gens qui ne pouvaient ou ne voulaient pas comprendre ce qu’il demandait. Ils l’interprétaient à tort comme un encouragement à fuir vers les collines, comme si nous devions tous devenir des pères et des mères du désert.

    En fait, il avait prévu à juste titre un degré d’exclusion publique frisant la persécution et il avait suggéré aux chrétiens de se rassembler de manière informelle dans des communautés proches pour se soutenir et se renouveler. À mesure que les guerres culturelles s’intensifient, son diagnostic devient de plus en plus juste.

    Beaucoup considèrent L’Option bénédictine comme l’un des livres les plus importants écrits au cours de ce siècle.

    Depuis lors, Dreher a écrit le livre Live Not By Lies (Ne vivez pas par des mensonges) afin de sensibiliser les gens à la réalité et aux ambitions du totalitarisme doux de la gauche. Dans ce livre, des personnes qui ont fait l’expérience du véritable totalitarisme du communisme élèvent leurs voix anxieuses pour essayer d’avertir l’Occident que le même objectif est poursuivi mais par une voie différente, et pour tirer la sonnette d’alarme afin que nous puissions résister à la décentralisation du pouvoir sur ce que nous disons et pensons.

    Dreher a maintenant écrit un nouveau livre, essentiellement une suite de The Benedict Option,  intitulé  Living in Wonder .

    Il possède deux qualités. La première est de maîtriser intellectuellement les questions philosophiques et spirituelles qui ont conduit la culture occidentale à son état actuel. 

    Mais la deuxième qualité réside dans son talent journalistique, qui lui permet de trouver exactement les anecdotes qui conviennent pour servir de preuves corroborantes à ce qu'il essaie de présenter à ses lecteurs.

    Dans  Living by Wonder , Dreher aborde les causes de ce que le poète Matthew Arnold a décrit de manière si célèbre (ou tristement célèbre) dans son poème Dover Beach : 

    « La mer de la foi / Était autrefois, elle aussi, pleine et tout autour du rivage de la terre / Était comme les plis d'une ceinture brillante ; / Mais maintenant je n'entends que / Son rugissement mélancolique, long et lointain. »

    Dans son nouveau livre, Dreher emmène le lecteur dans un voyage saisissant. Il commence par expliquer le déclin de la chrétienté, mais surtout comment l'Église peut parvenir à un renouveau de la foi.

    Beaucoup de gens ont proposé un diagnostic de la crise théologique et spirituelle actuelle, mais peu ont été en mesure d’offrir une solution. 

    Le diagnostic de Dreher est l'un des plus convaincants et sa solution l'une des plus convaincantes. Il utilise la métaphore de l'enchantement, écrivant sur sa perte et sur ce qui pourrait constituer sa reconquête.

    Peu d’auteurs ont la capacité d’expliquer comment la pourriture s’est installée dès le début de l’assaut nominaliste contre la scolastique, qui a vu l’idée selon laquelle les universaux et les objets abstraits n’existent pas réellement autrement que comme de simples noms et étiquettes, affronter les systèmes philosophiques basés sur la pensée chrétienne médiévale.

    Mais Dreher y parvient avec finesse et audace. Il retrace la dissolution de notre capacité à voir, à chérir et à faire confiance au surnaturel à travers et au-delà du dualisme cartésien – qui considère le corps et l’esprit comme étant ontologiquement séparés – qui a amorcé le processus de séparation de l’esprit du corps et de l’esprit de la matière. 

    Son don pour rendre accessibles des idées complexes est tel que je me suis retrouvée avec un nouveau regard sur le piège cartésien dans la disjonction entre le cerveau et le corps, la pensée et l’incarnation. Cela m’a également permis d’entrevoir ce qui allait devenir la perversité du transgendérisme.

    Nous ne pouvons pas blâmer Descartes pour la dysphorie de genre, mais nous pouvons voir comment, sans être restreinte par le sacramentalisme holistique de l'Église catholique, la société laïque s'est retrouvée bifurquée par des antipathies artificielles qui ont faussé l'équilibre de notre humanité.

    Le livre regorge d’éclairages sur nos blessures culturelles, spirituelles et intellectuelles.

    Il cite l'excellent historien catholique cubano-américain Carlos Eire à propos de la redéfinition de la magie par la Réforme qui a privé la société de sa compréhension de la réalité du surnaturel :

    « La Réforme a donné naissance à une mentalité désespérée qui voyait la réalité en termes binaires mais traçait différemment la frontière entre religion et magie. Elle rejetait l’intense mélange du naturel et du surnaturel ainsi que le matériel et le spirituel, plaçant le rituel catholique dans le domaine de la magie. Les protestants ont dépouillé l’action de Dieu de tous les miracles catholiques et ont donné le crédit au diable à la place. »

    Au cas où certains lecteurs auraient des difficultés avec cette analyse, nous pouvons rappeler les travaux d’Iain McGilchrist et sa thèse du cerveau divisé. 

    Dreher passe de la théologie et de la philosophie aux neurosciences pour apporter une certaine corroboration au fait que le désenchantement est également une fonction de la division de la culture qui se reflète dans la biologie du cerveau.

    McGilchrist a suggéré que les faits et le sens, le mythe et la mesure, la science et la religion ont été disloqués de manière problématique les uns des autres en tant que facettes biologiques, neurologiques et philosophiques de notre culture. Son explication de la façon dont le cerveau reconnaît ou ne parvient pas à reconnaître le sens et la résonance dans le monde ratifie le chemin de la « beauté d’abord » vers le réenchantement et, en fin de compte, vers la théose, l’Union avec Dieu.

    Dreher commente que notre incapacité à résoudre la fracture a contribué à créer une atmosphère hostile à la révélation chrétienne, masquant notre capacité à nous engager dans l’enchantement, qu’il décrit comme « la restauration du flux entre Dieu, le monde naturel et nous, [et qui] commence par le désir de Dieu et de toutes ses manifestations, ou théophanies, dans nos vies ».

    Ou, pour le dire autrement, un refus ou une incapacité à reconnaître le surnaturel.

    Dreher voit également cela dans les dualités antithétiques du contrôle et de l’amour sacrificiel entre une dépendance à notre autonomie et notre besoin de confiance. Le contrôle et l’autonomie sont devenus les caractéristiques de notre monde de la modernité tardive et ont inhibé le sentiment d’enchantement personnel et social.

    Son chapitre sur le démon a suscité plus d'intérêt journalistique que tout autre chapitre. Et sa documentation sur la réalité est présentée avec soin et compétence.

    Mais c'est son chapitre sur la beauté qui constitue le point culminant du livre. Il affirme, à la suite de saint Augustin, que nous sommes faits pour la beauté, de la même manière que nous sommes faits pour Dieu lui-même, et que nous sommes toujours en attente de Lui et de l'accompagnement de la beauté.

    Il fait référence au théologien orthodoxe Timothy Patitsas, qui suggère que tomber amoureux de la beauté est la plus courte porte d'entrée vers Dieu. Cela se produit en éveillant notre Eros , le mot grec pour le désir sensuel. Mais cet Eros ne se limite pas au désir sexuel, mais il représente la première partie du chemin vers la transformation.

    Le pape Benoît XVI décrit l' éros chrétien comme un désir corporel sanctifié par l'esprit. Dans l'enseignement chrétien traditionnel, l'homme est à la fois chair et esprit, intimement et inextricablement mêlés, contrairement au dualisme cartésien moderne du corps et de l'esprit, qui considère que le corps et l'esprit sont ontologiquement séparés.

    Le pape Benoît XVI a enseigné que le véritable Eros tend à s'élever en extase vers le divin pour nous conduire au-delà de nous-mêmes ; c'est pour cette raison même qu'on l'appelle le chemin de l'ascension, du renoncement, de la purification et de la guérison.

    Le chemin chrétien commence par l’Éros, mais se perfectionne en le transformant en Agapè , la forme suprême de l’amour. Il ne s’agit pas d’un déni strict de l’Éros – le désir non filtré d’être uni à l’autre, de le posséder ou d’être possédé par lui – mais d’une distillation du désir érotique en quelque chose de plus pur que le simple désir corporel.

    En bref : votre maison peut être purifiée et sanctifiée, ou elle peut nous conduire à la destruction. Alors comment peut-on retrouver le réenchantement ? 

    « Tous ceux qui ont abandonné la foi ont commencé leur défection en cessant de prier », explique Dreher.

    Il suggère qu'une vision sacramentelle accompagnée de la pratique de la prière hésychastique - dans laquelle une personne bloque tous ses sens et élimine toutes ses pensées dans le but d'atteindre une vision béatifique - offre le début de la possibilité de réenchantement ; comme jouer d'un instrument de musique où les gammes sont pratiquées afin de réentraîner l'esprit et le corps du musicien. 

    Par-dessus tout, nous avons besoin d’une volonté de sacrifier l’ego, l’autonomie, le contrôle, la volonté perverse, et de nous abandonner à une métanoïa , une transformation de perspective dans laquelle l’esprit est relocalisé pour être enfermé dans le cœur.

    C'est un livre qui remet en question tous les présupposés d'une culture et d'une mentalité qui se sont vidées du divin, et qui redessine la carte de la théologie et de la spiritualité pour nous permettre, accompagnés par l'Esprit Saint, de retrouver le chemin de notre retour. 

    (Photo : Rod Dreher | CNS)