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Spiritualité - Page 93

  • Année Sainte 2025 : il n'y aura d'ouvertures de portes saintes qu'à Rome

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    Du Messaggero (Franca Giansoldati) :

    Jubilé, le Vatican met fin aux demandes des sanctuaires.

    Jubilé, le Vatican arrête les demandes des sanctuaires : "Les Portes Saintes sont seulement à Rome et il y en a quatre".

    Le précédent Jubilé extraordinaire de la Miséricorde (2016) avait semé un peu le trouble, qui avait accordé à ce moment exceptionnel l'ouverture d'une porte dédiée à la miséricorde même dans les églises cathédrales, ainsi que dans les basiliques....

    1 août 2024

    Les portes saintes ne se trouvent qu'à Rome et, en tant que telles, elles sont murées depuis 25 ans. Le fait est que ces derniers mois, plusieurs demandes sont parvenues au Vatican de la part de grands sanctuaires du monde entier, tous demandant la permission d'ouvrir les leurs pendant le Jubilé. Le précédent Jubilé extraordinaire de la Miséricorde (2016) avait créé une certaine confusion à ce sujet, ce qui, à ce moment exceptionnel, avait donné la possibilité d'identifier les lieux les plus significatifs pour les fidèles, en accordant l'ouverture d'un passage dédié à la miséricorde même dans les églises cathédrales, ainsi que dans les basiliques. Le Vatican est intervenu ce matin pour clarifier la situation en publiant un bref rappel 146 jours avant le début de l'Année Sainte.

    "A cet égard, tout en prenant en considération les motivations pastorales et dévotionnelles qui ont pu suggérer cette louable aspiration, nous croyons qu'il est de notre devoir de rappeler les indications précises énoncées dans la Bulle Spes non confundit, de l'Indiation du Jubilé 2025, qui indique comme Porte Sainte celle de la basilique Saint-Pierre et des trois autres basiliques papales, à savoir Saint-Jean-de-Latran, Sainte-Marie-Majeure et Saint-Paul-hors-les-Murs, à l'exception du désir exprimé par le Pape d'ouvrir personnellement une Porte Sainte dans une prison".

    TRADITION

    À Saint-Pierre, la Porte Sainte est la dernière à droite dans l'atrium de la basilique et a été murée pendant 25 ans, exactement comme dans les trois autres basiliques patriarcales.

    Symboliquement, c'est l'endroit idéal par lequel les croyants doivent passer pour obtenir le salut, et elle est ouverte solennellement par le Pape au début du Jubilé au cours d'une liturgie spéciale. Après s'être agenouillé, le pape frappe trois fois le mur de briques avec un marteau en disant : "Accorde, ô Dieu, à ton Église de vivre avec joie le moment propice où tu as ouvert cette porte à tes fidèles, afin qu'ils puissent y entrer et élever leurs prières vers toi, pour que, ayant obtenu le pardon, l'indulgence et la pleine rémission des péchés, ils puissent marcher rapidement dans une vie conforme à l'Évangile". 

    L'HISTOIRE

    La naissance du Jubilé remonte à une ancienne tradition juive qui fixait, tous les cinquante ans, une année de repos pour la terre, avec la restitution des terres confisquées et la libération des esclaves ; une corne de bélier, en hébreu jobel, était sonnée pour signaler le début de la fête. Le premier jubilé catholique fut promulgué en 1300 par Boniface VIII qui, constatant l'afflux croissant de pèlerins venus chercher le pardon à Saint-Pierre en vue du début du nouveau siècle, décida d'accorder une indulgence à tous ceux qui visiteraient trente fois les basiliques Saint-Pierre et Saint-Paul hors les murs - pour les citoyens romains, quinze pour les étrangers. L'année sainte devait se répéter tous les cent ans, mais la cadence fut ensuite portée à 50 ans, puis à 33 ans et enfin à 25 ans, afin de permettre à chaque génération de vivre au moins un jubilé. Le Jubilé est ordinaire s'il est lié à des échéances préétablies ; il est extraordinaire s'il est convoqué pour un événement d'une importance particulière.

  • Cette lettre de saint Ignace d’une incroyable actualité

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    Du site web « aleteia » :

    Loyola web3-handwritten-letter-hands-woman-post-shutterstock_611511482-janna-golovacheva-ai1.jpg

    Écrite un an avant sa mort, cette lettre de saint Ignace de Loyola étonne par la puissance qui s’en dégage encore. Près de cinq siècles plus tard, le lecteur d’aujourd’hui y trouve résumé l’essentiel de ce qu’un homme de bonne volonté peut croire et espérer quand il se confie à Dieu.

    C’est une lettre pour ceux qui croient que la puissance du Seigneur les accompagne dans tous les actes de leur vie. C’est une lettre pour ceux qui espèrent, parce qu’ils placent leur confiance en Dieu, un Dieu qui sait mieux les combler qu’aucune action humaine. C’est une lettre pour ceux qui veulent apprendre à rechercher en toute chose et à tout moment la lumière de la sagesse de Dieu. Afin qu’elle dissipe nos peurs et pour qu’elle guide nos actes en fructifiant en nous les dons du Christ.

    « Il me semble que vous devriez vous résoudre à faire avec calme ce que vous pouvez. Ne soyez pas inquiets de tout, mais abandonnez à la divine Providence ce que vous ne pouvez accomplir par vous-même. Sont agréables à Dieu notre soin et notre sollicitude raisonnables pour mener à bien les affaires dont nous devons nous occuper par devoir. L’anxiété et l’inquiétude de l’esprit ne plaisent point à Dieu. Le Seigneur veut que nos limites et nos faiblesses prennent appui en sa force et en sa toute-puissance ; il veut nous voir croire que sa bonté peut suppléer à l’imperfection de nos moyens. Ceux qui se chargent d’affaires nombreuses, même avec une intention droite, doivent se résoudre à faire simplement ce qui est en leur pouvoir, sans s’affliger s’ils ne parviennent pas à tout réaliser comme ils le voudraient. À condition toutefois qu’ils aient accompli tout ce que la nature humaine peut et doit faire selon les indications de la conscience. Si on doit laisser de côté certaines choses, il faut s’armer de patience, et ne pas penser que Dieu attend de nous ce que nous ne pouvons pas faire : Il ne veut pas davantage que l’homme s’afflige de ses limites. Pourvu que l’on donne satisfaction à Dieu, — ce qui est plus important que de donner satisfaction aux hommes — il n’est pas nécessaire de se fatiguer outre mesure. Bien plus, lorsqu’on s’est efforcé d’agir de son mieux, on peut abandonner tout le reste à celui qui a le pouvoir d’accomplir tout ce qu’il veut.

    Plaise à la divine Bonté de nous communiquer toujours la lumière de la Sagesse, pour que nous puissions voir clairement et accomplir fermement son bon plaisir, en nous et dans les autres… pour que nous acceptions de sa main ce qu’il nous envoie, en faisant cas de ce qui a le plus d’importance : la patience, l’humilité, l’obéissance et la charité… Que Jésus-Christ soit seulement en nos âmes avec ses dons spirituels ! Amen. » (Saint Ignace de Loyola (1491-1556) – Lettre du 17/11/1555)

    Ref. Cette lettre de saint Ignace d’une incroyable actualité

    JPSC

  • Le coeur de Carlo Acutis à Namur

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    D'Anne van Merris sur zenit.org :

    Interview du P. Fabian Mathot : le cœur de Carlo Acutis en Belgique 

    29 juillet 2024

    Le P. Fabian Mathot, vicaire à la paroisse Sainte-Julienne de Namur, en Belgique, est l’initiateur et le responsable de la chapelle Carlo Acutis, dédiée au jeune bienheureux dont la canonisation aura lieu prochainement. 

    Depuis sa bénédiction en octobre 2023, cette chapelle ne cesse d’attirer des personnes de tous les âges et accueille un nombre grandissant de pèlerins, qui viennent demander l’intercession du futur saint italien.

    Zenit a interrogé l’abbé Mathot à l’occasion du passage de la relique de Carlo dans sa paroisse. 

    Zenit : Ce dimanche 28 juillet, vous avez accueilli à Namur la relique de cœur de Carlo Acutis. Comment cela a-t-il été possible, et que retenez-vous de ce moment unique ?

    En consultant le site flamand de l’Église belge, j’ai appris qu’une relique du cœur de Carlo allait venir à Zonhoven, un village au nord de Hasselt. L’église paroissiale possède, grâce à son curé le P. Wim, une chapelle dédiée à Carlo Acutis. Comment faire pour que la relique fasse escale à Namur ? J’ai pris contact avec le Fr. Marco, le capucin qui accompagne la relique dans ses déplacements. Je ne comptais pas trop sur une réponse positive, j’avoue, quoique j’avais déjà réalisé un projet d’affiche ! La réponse de Frère Marco fut positive et, en quelques jours seulement, nous avons préparé cette visite obtenue in extremis pour le dimanche 28 juillet au matin. Et c’est ainsi que Namur fut la dernière étape d’un périple qui conduisit cette relique en Allemagne, aux Pays-Bas et en Belgique, avant son retour à Assise.

    Cette journée a été belle et intense. Pour ma part, cela m’a poussé à approfondir le thème du cœur dans la vie spirituelle et humaine. Car il ne s’agissait pas tant d’accueillir un bout de Carlo – ce n’est pas du fétichisme – mais plutôt de laisser Carlo parler à notre cœur, nous dire quelque chose par rapport à l’état de notre cœur. Et comme l’a souligné le P. François Vanandruel, notre curé, dans son homélie devant une église remplie d’une belle assemblée, ce que nous avons à demander à Carlo, ce ne sont pas uniquement des guérisons ou d’autres choses, mais avant tout d’être des saints nous aussi, c’est-à-dire des personnes de communion.

    Après la messe, le Fr. Marco s’est tenu à la disposition de ceux qui désiraient être bénis avec cette relique du cœur de Carlo. Des familles, des jeunes, des grands-parents et des personnes âgées en cette Journée mondiale qui leur était dédiée, se sont alors avancés en procession pour déposer auprès de Carlo bien des fardeaux et repartir encouragés.

    Zenit : Comment est né le projet de cette chapelle dédiée à Carlo Acutis ? 

    P. F. Mathot : Le projet de la chapelle, c’est d’abord une photo de Carlo déposée sur un autel latéral de l’église par une paroissienne. Ensuite, lorsque j’ai eu l’intuition de lancer un pèlerinage paroissial à Assise pour le mois d’août 2022, je me suis dit : « Osons ». J’ai alors demandé, avec l’accord et le soutien de notre évêque Mgr Pierre Warin, une relique à l’évêque d’Assise, que nous avons obtenue et reçue lors de notre pèlerinage. 

    Nous avons aménagé cette chapelle au fond de notre église, d’abord avec du mobilier hétéroclite, puis nous avons fait appel à une architecte qui fréquente notre paroisse, Charlotte Decorte, pour qu’elle imagine l’aménagement qu’on peut voir aujourd’hui. Nous avons récolté les dons nécessaires à la réalisation du mobilier et la chapelle a été inaugurée et bénie le 15 octobre 2023.

    En plaçant Carlo dans notre paroisse, l’idée pour moi était de donner un saint protecteur aux nombreux enfants et jeunes qui la fréquentent.

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  • "Un monde extrêmement vieux et fatigué..." (Pierre Chrysologue, 30 juillet)

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    La citation du jour

    Pierre Chrysologue

    Pour nous, le monde est extrêmement vieux et fatigué. Il a perdu ses forces; il perd ses facultés; les souffrances l’accablent; il crie sa défaillance; il porte tous les symptômes de sa fin… Nous sommes à la remorque d’un monde qui s’enfuit; nous oublions les temps à venir. Nous sommes avides d’actualité, mais nous ne tenons pas compte du jugement qui vient déjà. Nous n’accourons pas à la rencontre du Seigneur qui vient… Convertissons-nous; n’ayons pas peur de ce que le temps se fait court. Son temps à Lui, l’Auteur du temps, ne peut pas être rétréci…

    Saint Pierre Chrysologue, Sermon 167 – De la conversion (chemindamourverslepere.com)

  • Sainte Marthe (29 juillet)

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    Sainte Marthe (source)

    sermon CIII sur l'évangile selon saint Luc

    Marthe et Marie étaient deux soeurs, proches non seulement par la chair mais aussi par la foi ; toutes deux s'étaient attachées au Seigneur, toutes deux servaient d'un même coeur le Seigneur présent dans la chair. Marthe l'accueillit comme on a coutume d'accueillir les voyageurs. Mais elle était la servante qui accueille son Seigneur, la malade son Sauveur, la créature son Créateur. Elle accueillit celui dont elle allait nourrir le corps afin d'être elle-même nourrie par l'Esprit. En effet, le Sei­gneur a voulu prendre la nature de l'esclave et, dans cette nature d'esclave, recevoir des esclaves sa nourriture, non par nécessité, mais par bonté. Car ce fut de la bonté, que de se laisser nourrir. Oui il avait un corps, qui le faisait avoir faim et soif.

    Ainsi donc, le Seigneur fut accueilli comme un hôte, lui qui « est venu chez les siens, et les siens ne l'ont pas reçu, mais tous ceux qui l'ont reçu, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. » Il adopte des esclaves pour en faire des frères, il rachète des captifs pour en faire ses cohéritiers. Mais que personne par­mi vous n'aille dire : « Heureux, ceux qui ont eu le bonheur d'ac­­cueil­lir le Christ dans leur propre maison ! » Ne vous plai­gnez pas, ne protestez pas parce que vous êtes nés à une épo­que où vous ne voyez pas le Seigneur dans sa condition char­nelle : il ne vous a pas privés de cet honneur. « Chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits, dit-il, c'est à moi que vous l'avez fait. »

    D'ailleurs, Marthe, toi qui es bénie pour ton service bien­fai­sant, permets-moi de te le dire : la récompense que tu cher­ches pour ton travail, c'est le repos. Maintenant tu es prise par toutes les activités de ton service, tu cherches à nourrir des corps mor­tels, aussi saints qu'ils soient. Lorsque tu seras venue à la patrie, trou­veras-tu un voyageur a qui offrir l'hospitalité ? un affamé à qui rompre le pain ? un assoiffé a qui donner à boire ? un mala­de à visiter ? un plaideur à réconcilier ? un mort à ensevelir ?

    Dans la patrie, il n'y aura plus tout cela. Alors, qu'y aura-t-il ? Ce que Marie a choisi. Là nous serons nourris, nous n'aurons plus à nourrir les autres. Aussi ce que Marie a choisi trouvera là sa plénitude et sa perfection : de cette table abondante de la parole du Seigneur, elle ne recueillait alors que les miettes. Voulez-vous savoir ce qu'il y aura là-bas ? Le Seigneur le dit lui-même, en parlant de ses serviteurs : « Vraiment, je vous le dis, il les fera mettre à table, et circulera pour les servir. »

    Saint Augustin

  • Marthe : de Béthanie à Tarascon (29 juillet)

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    Marthe de Béthanie (d'Anne Bernet sur le site de l'Homme Nouveau)

    Il est des inconnus célèbres ; Marthe de Béthanie, que l’Église fête le 29 juillet, en fait partie. D’elle, curieusement, l’on se souvient d’abord parce qu’elle s’est attirée le doux reproche de Jésus, alors qu’elle s’activait à préparer le souper pour les disciples et Lui et se plaignait que Marie, sa sœur, assise aux pieds du Maître, la laissât vaquer seule aux préparatifs : « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes pour beaucoup de choses … Une seule suffit. Marie a choisi la meilleure place ; elle ne lui sera pas enlevée. » Dès lors, l’hôtesse attentive et zélée, patronne des maîtresses de maison, s’est muée, dans les mémoires, en une activiste trop facile à opposer à sa sœur la contemplative.

    Et pourtant, y prend-on garde ? C’est cette même Marthe qui, peu après, devant le tombeau de Lazare, s’écrie  :

    Seigneur, si Tu avais été là, mon frère ne serait pas mort, mais, même maintenant, je sais que, quoi que Tu demandes à Dieu, Il Te l’accordera. »

    et s’entendant répondre :

    - Je suis la Résurrection et la Vie. Celui qui croit en Moi, même s’il meurt, vivra, et quiconque vit et croit en Moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ?»,

    a ce cri d’une foi inébranlable, stupéfiant dans la bouche d’une Juive pieuse :

    « Oui, Seigneur, je crois que Tu es le Christ, le Fils de Dieu qui devait venir en ce monde ! »,

    affirmation qui arrache à Jésus Son plus écrasant miracle avant Sa propre résurrection.

    La foi de Marthe

    Pourquoi n’est-ce pas de la foi de Marthe que l’on se souvient ? Au point que certains exégètes, dans leur admiration pour Marie et leur mépris pour elle, n’hésitent pas à écrire que la confiance de la pécheresse repentie était plus grande puisqu’elle n’avait pas jugé utile de se rendre au tombeau réclamer un secours dont, d’avance, elle était assurée ? Et d’ailleurs, pourquoi vouloir toujours et à tout prix opposer les deux sœurs, en vérité si profondément complémentaires ? De Marthe, l’évangile ne dira plus rien ; la Tradition prendra le relais.

    En 41, Hérode Agrippa déclenche contre la jeune Église de Jérusalem une persécution sanglante dans laquelle périra l’apôtre Jacques le Majeur, frère de Jean. Pierre lui-même échappera par miracle à la mort, un ange l’ayant fait évader de prison. Dès lors, et suivant le conseil évangélique de « fuir dans une autre ville quand on vous persécute », la communauté chrétienne hiérosalémite se disperse.

    C’est en Provence que l’on retrouve Marie, Marthe, Lazare, Rufus, l’un des fils de Simon de Cyrène, Marie Jacobée et Marie Salomé, débarqués en Camargue, dans le grand port romain qu’étaient alors les Saintes Maries de la Mer.

    Voilà quelques années, il était de bon ton de ricaner en évoquant ce que les beaux esprits qualifiaient de légende pieuse. Or, il y a peu, Mgr Dufour, archevêque d’Aix, me disait, dans l’entretien qu’il m’accordait pour Radio Fidélité Mayenne, qu’il prêtait crédit à cette tradition, certes impossible à appuyer sur des preuves documentaires mais parfaitement en accord avec ce que l’Histoire sait de la première implantation du christianisme en Gaule, par la Provence puis la vallée du Rhône.

    Reste à savoir comment les saintes femmes et les disciples y abordèrent.

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  • Homélie pour la fête de sainte Marthe (29 juillet)

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    ParSA08.JPGDu Père Joseph-Marie Verlinde fsJ sur homelies.fr :

    Marie ne manque pas d’audace : elle reproche ouvertement à Jésus de ne pas être venu plus tôt au chevet de son frère : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort ». Ne formule-t-elle pas à haute voix, ce que tous nous avons pensé un jour ou l’autre devant les événements déconcertants de nos vies ou du monde ? « Si Dieu existait, il n’y aurait pas d’enfants qui meurent de faim ; s’il y avait un Dieu, il n’y aurait pas de raz de marée tuant des milliers de personnes en quelques instants ». Comment concilier la souffrance et la mort avec l’idée d’un Dieu bienveillant ? Serait-il donc impuissant ? Mais alors il n’est pas Dieu. Pire encore : s’il est Tout-Puissant et qu’il n’intervient pas, serait-ce donc qu’il se désintéresse de nous ? A quoi bon dès lors nous tourner vers lui ?

    Depuis que l’homme s’est délibérément coupé de Dieu par le péché, ces reproches ne font que ressurgir à chaque époque. Mais ce faisant, nous oublions un peu vite notre part de responsabilité dans la diffusion du mal dans l’univers : que resterait-il de notre liberté si Dieu se contentait d’annuler les conséquences de nos actions négatives ? Mais notre propos n’est pas de tenter de « justifier » Dieu face au mal, puisque son propre Fils ne s’engage pas dans cette voie.

    La conversation aurait pu en rester là, Marthe tournant les talons après avoir mis Jésus devant sa responsabilité devant la mort de son frère. Elle complète tout au contraire son intervention par une affirmation pleine d’espérance : « Je sais que maintenant encore, Dieu t’accordera tout ce que tu lui demanderas ». Telle est l’attitude que le Seigneur attend de nous : nous ne parviendrons pas à comprendre le mystère du mal à la lumière naturelle de notre raison enténébrée par le péché ; ce n’est qu’à la lumière de la foi que nous pouvons pressentir le projet de Dieu sur notre pauvre humanité égarée. Or la foi consiste précisément à reconnaître en Jésus l’Envoyé de Dieu en qui nous est offert le salut, celui qui ouvre devant nous le chemin qui nous donne à nouveau accès à la vérité et à la vie dont nous nous sommes délibérément éloignés par le péché.

    Se mettant au niveau de son interlocutrice, Jésus commence par l’aider à formuler son espérance conformément au « catéchisme de la synagogue » : « Ton frère ressuscitera ». Marthe approuve et renchérit : « Je sais qu’il ressuscitera au dernier jour, à la résurrection ». Elle renvoie à un lointain avenir la victoire définitive de la vie sur la mort pour le moment encore triomphante.

    Reprenant l’initiative, Jésus lui annonce solennellement qu’il est en personne, ici et maintenant, l’accomplissement de cette espérance : « Moi je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? »

    Cette dernière question est bien sûr posée à chacun de nous : croyons-nous que par la foi en Jésus, nous participons dès à présent à sa vie de Ressuscité, et que dès lors la mort n’a sur nous plus aucune emprise ? Certes, un jour prochain nous fermerons définitivement les yeux de ce côté-ci du voile ; mais pour les ouvrir instantanément sur l’autre monde, où nous vivrons de la vie même de Dieu. Telle est notre espérance, qui s’enracine dans cette belle confession de foi :

    « Oui, Seigneur, tu es le Messie, je le crois ; tu es le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde ».

    Père Joseph-Marie

  • 28 juillet : Journée mondiale des grands-parents, indulgence plénière pour ceux qui la célèbrent

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    De Vatican News :

    Journée mondiale des grands-parents, indulgence plénière pour ceux qui la célèbrent

    Dimanche 28 juillet, la pénitencerie apostolique accorde l’indulgence plénière aux représentants des personnes âgées et aux fidèles «qui, animés d'un esprit de pénitence et de charité» participeront aux différentes fonctions liturgiques dans le monde. Elle concerne aussi les malades, leurs accompagnateurs et ceux qui, ne pouvant sortir de chez eux, «s'y associeront spirituellement», détachés du péché et avec l'intention de remplir les conditions habituelles.

    À l'occasion de la IVe Journée mondiale des grands-parents et des personnes âgées, fixée par le Pape chaque quatrième dimanche de juilletà l’approche de la mémoire liturgique des saints Joachim et Anne, grands-parents de Jésus, la pénitencerie apostolique accorde «l'indulgence plénière aux conditions habituelles (confession sacramentelle communion eucharistique et prière selon les intentions du Souverain pontife) aux grands-parents, aux personnes âgées et à tous les fidèles qui, animés d'un véritable esprit de pénitence et de charité, le 28 juillet 2024», participeront «aux diverses fonctions qui se dérouleront dans le monde entier». C'est ce que prévoit un décret signé par le cardinal Angelo De Donatis, pénitencier majeur.

    Visiter une personne âgée dans le besoin

    L'indulgence plénière, accordée à la demande du cardinal Kevin Joseph Farrell, préfet du dicastère pour les Laïcs, la famille et la vie, «afin d'accroître la dévotion des fidèles et d'assurer le salut des âmes», peut également «être appliquée comme suffrage pour les âmes du purgatoire» et est également accordée aux fidèles qui, le 28 juillet, «consacrent le temps nécessaire pour rendre visite à leurs frères et sœurs âgés dans le besoin ou en difficulté, comme les malades, les personnes seules, les handicapés...».

    Indulgence aussi pour ceux qui ne peuvent sortir de chez eux

    Le décret du premier des trois tribunaux de la Curie précise également que «s'ils se détachent de tout péché et entendent remplir au plus vite les trois conditions habituelles, les personnes âgées malades, ainsi que celles qui les assistent et toutes celles qui, ne pouvant sortir de chez elles pour une raison grave, s'uniront spirituellement aux fonctions sacrées des Journées Mondiales de la Jeunesse», pourront l'obtenir, «en offrant au Dieu Miséricordieux leurs prières, les peines et les souffrances de leur propre vie, surtout pendant que les différentes célébrations sont retransmises par les médias».

    Afin que «l'opportunité d'atteindre la grâce divine» se réalise plus facilement «à travers la charité pastorale», la pénitencerie apostolique demande «aux prêtres, dotés des facultés appropriées pour entendre les confessions, de se rendre disponibles, avec un esprit prêt et généreux, pour la célébration du sacrement de la pénitence».

    La journée de cette année aura pour thème «Dans la vieillesse, ne m'abandonne pas». Insituée à l'été 2021, cette journée est l'un des fruits de "l'Année Famille Amoris Laetitia" lancée par le Pape en 2021-2022, à l’occasion du 5e anniversaire de la publication de l’exhortation apostolique éponyme.

  • Quand Jésus multiplie les pains (17e dimanche du temps ordinaire)

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    Multiplication-des-pains.jpgLe dimanche 29 juillet 2012, avant l'Angelus, Benoît XVI a commenté l'évangile de ce 17e dimanche du temps ordinaire :

    Chers frères et sœurs,

    Ce dimanche, nous avons commencé la lecture du chapitre 6 de l’évangile de Jean. Le chapitre s’ouvre avec la scène de la multiplication des pains, que Jésus commente ensuite dans la synagogue de Capharnaüm, se désignant lui-même comme le «pain» qui donne la vie. Les actions accomplies par Jésus sont parallèles à celles de la dernière Cène: « Il prit les pains, et, après avoir rendu grâce, les leur distribua» - écrit l’Evangile (Jn 6,11). L’insistance sur le thème du «pain», qui est partagé, et sur l’action de grâce (v.11, en grec eucharistesas), rappellent l’Eucharistie, le Sacrifice du Christ pour le salut du monde.

    L’évangéliste observe que la Pâque, la fête, était proche (cf. v. 4). Le regard s’oriente vers la Croix, le don d’amour, et vers l’Eucharistie, la perpétuation de ce don : le Christ se fait pain de vie pour les hommes. Saint Augustin commente ainsi : « Qui, sinon le Christ, est le pain du Ciel ? Mais pour que l’homme puisse manger le pain des anges, le Seigneur des anges s’est fait homme. S’il ne s’était pas fait tel, nous n’aurions pas son corps; en n’ayant pas son propre corps, nous ne mangerions pas le pain de l’autel» (Sermon 130,2). L’Eucharistie est la grande rencontre permanente de l’homme avec Dieu, dans laquelle le Seigneur se fait notre nourriture, se donne Lui-même pour nous transformer en Lui-même.

    Dans la scène de la multiplication, la présence d’un jeune garçon est rapportée, qui, face à la difficulté de rassasier tous ces gens, met en commun le peu qu’il a: cinq pains et deux poissons (cf. Jn 6,8). Le miracle ne se produit pas à partir de rien, mais à partir d’un premier partage modeste de ce qu’un simple jeune garçon avait avec lui. Jésus ne nous demande pas ce que nous n’avons pas, mais il nous fait voir que si chacun offre le peu qu’il a, le miracle peut toujours s’accomplir de nouveau : Dieu est capable de multiplier notre petit geste d’amour et de nous rendre participants de son don. La foule est touchée du prodige: elle voit en Jésus le nouveau Moïse, digne du pouvoir, et dans la nouvelle manne, l’avenir assuré, mais elle s’arrête à l’élément matériel, qu’elle a mangé, et le Seigneur, « sachant qu'ils étaient sur le point de venir le prendre de force et faire de lui leur roi, se retira, tout seul, dans la montagne » (Jn 6,15). Jésus n’est pas un roi terrestre qui exerce la domination, mais un roi qui sert, qui se penche sur l’homme pour satisfaire non seulement la faim matérielle, mais surtout la faim plus profonde, la faim d’orientation, de sens, de vérité, la faim de Dieu.

    Chers frères et sœurs, demandons au Seigneur de nous faire redécouvrir l’importance de se nourrir non seulement de pain, mais de vérité, d’amour, du Christ, du corps du Christ, en participant fidèlement et avec grande conscience à l’Eucharistie, pour être toujours plus intimement unis à Lui. En effet «ce n'est pas l'aliment eucharistique qui se transforme en nous, mais c'est nous qui sommes mystérieusement changés par lui. Le Christ nous nourrit en nous unissant à lui; il nous attire en lui » (exhortation apostolique Sacramentum caritatis, 70). Dans le même temps, nous souhaitons prier pour que ne manque à personne le pain nécessaire pour une vie digne, et pour que soient abattues les inégalités, non pas au moyen de la violence, mais par le partage et l’amour.

    Confions-nous à la Vierge Marie, alors que nous invoquons sur nous et sur ceux qui nous sont chers son intercession maternelle.

  • La messe de la Tradition : "Une cathédrale de textes et de gestes"

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    De sur The Catholic Thing :

    Une cathédrale de textes et de gestes

    L'un des axiomes de la publicité contemporaine, religieuse comme laïque, est que l'homme moderne en général, et les intellectuels en particulier, sont devenus intolérants à l'égard de toutes les formes de tradition et sont soucieux de les supprimer et de les remplacer par autre chose . Mais, comme beaucoup d'autres affirmations de nos machines publicitaires, cet axiome est faux .

    – extrait de la lettre d’Agatha Christie envoyée au pape Paul VI en 1971

    Cette lettre, à laquelle ont été ajoutés 57 noms anglais célèbres (le nom de l'auteur de romans policiers n'étant qu'un d'entre eux), porte le nom de Christie car il a été rapporté (de manière fiable) que lorsque le pape a vu son nom sur la liste, il s'est exclamé : « Ah, Agatha Christie !

    La lettre était un appel au Saint-Père pour qu’il ne « supprime » pas la messe latine, comme la rumeur le disait. Certains des signataires étaient catholiques, la plupart ne l’étaient pas. Mais tous admiraient la messe tridentine parce que « dans son magnifique texte latin, [elle] a […] inspiré une foule de réalisations inestimables dans le domaine des arts – non seulement des œuvres mystiques, mais aussi des œuvres de poètes, de philosophes, de musiciens, d’architectes, de peintres et de sculpteurs de tous les pays et de toutes les époques. Elle appartient donc à la culture universelle ainsi qu’aux ecclésiastiques et aux chrétiens formels. »

    Parmi les catholiques de renom qui ont signé la lettre, on trouve Graham Greene et Malcolm Muggeridge, et parmi les non-catholiques, on trouve Christie, les musiciens Vladimir Ashkenazy, Yehudi Menuhin et Joan Sutherland, l’historien de l’art Kenneth Clark, les écrivains Robert Graves et Iris Murdoch, le poète Cecil Day-Lewis, ainsi que deux évêques anglicans. La liste était prestigieuse. On ne mâchait pas les mots : « [Nous] souhaitons attirer l’attention du Saint-Siège sur la terrible responsabilité qu’il encourrait dans l’histoire de l’esprit humain s’il refusait de permettre à la messe traditionnelle de survivre, même si cette survie a eu lieu parallèlement à d’autres formes liturgiques. »

    Et c'est bien là le point le plus révélateur, n'est-ce pas ? Il n'y a aucune raison de ne pas permettre au nouveau de coexister avec l'ancien. Le pape saint Paul VI a répondu à la lettre de Christie par un indult autorisant la messe traditionnelle en Grande-Bretagne.

    Comme vous le savez peut-être, une lettre similaire a été publiée ce mois-ci dans le Times de Londres, au nom de quarante-huit « personnalités éminentes de la culture, du monde universitaire et de la politique, catholiques et non-catholiques ». Elle a été intitulée Lettre d'Agatha Christie 2.0, mais il s'agit plus précisément de la Lettre MacMillan , du nom du compositeur catholique Sir James MacMillan, l'organisateur. Et, encore une fois, il y a des signataires catholiques et non-catholiques. Des croyants et des non-croyants.

    Tout comme en 1971, ce sont des rumeurs en provenance de Rome concernant de nouvelles restrictions sur la MTL qui ont motivé Sir James à lancer la requête :

    C’est une perspective douloureuse et déroutante, surtout pour le nombre croissant de jeunes catholiques dont la foi a été nourrie par cette perspective. La liturgie traditionnelle est une « cathédrale » de textes et de gestes, qui s’est développée au fil des siècles comme ces vénérables édifices. Tout le monde n’apprécie pas sa valeur et c’est normal ; mais la détruire semble un acte inutile et insensible dans un monde où l’histoire peut trop facilement tomber dans l’oubli.

    Je dois admettre que j’ai appris une chose de cette nouvelle pétition auprès du Saint-Siège : aujourd’hui, j’en sais beaucoup moins sur les Britanniques distingués qu’en 1971. Il y a des noms que je connais – le compositeur Andrew Lloyd Webber, l’auteur Antonia Fraser, l’historien Tom Holland, le biographe AN Wilson, la soprano  Kiri Te Kanawa et la princesse Michael de Kent. Cette fois, l’accent est davantage mis sur la pairie. Mais le point reste le même : pourquoi se débarrasser de l’ancien simplement parce que le nouveau doit être plus largement préféré ?

    (Notez également qu’une lettre similaire des Amériques a été envoyée au pape plus tôt ce mois-ci.)

    Je suis conservateur, mais je ne m’attends pas à ce que le monde soit configuré selon mes préférences personnelles, même si je me souviens avec tendresse de la façon dont Richard Weaver (1910-1963) définissait le conservatisme : « Un paradigme d’essences vers lequel la phénoménologie du monde est en constante approximation. »

    L'Église catholique romaine abonde de paradigmes et d'essences, et ses traditions sont indissociables de son caractère essentiel. Le latin a défini son intimité avec la foi très tôt, à la fin du deuxième siècle, lorsque le pape Victor Ier a commencé à dire la messe en latin plutôt qu'en grec. Il est vrai que la messe a toujours subi des changements et que les versions familières étaient considérées comme essentielles dans les régions missionnaires où le latin n'était pas répandu.

    Mais en 1570, la messe tridentine était devenue la norme mondiale, et son abandon total après quatre siècles et demi est une décision très grave. Il en va de même pour sa limitation aux seules sociétés ecclésiastiques basées en latin (FSSP, FSSPX, etc.).

    En janvier, ma femme et moi sommes allés au Metropolitan Opera pour voir une production des Dialogues des Carmélites de Francis Poulenc. Aucun de nous ne parle couramment le français. Parmi ma collection d'enregistrements figurent des opéras en italien, en espagnol, en allemand et en russe. Je ne comprends aucune de ces langues non plus, mais mon manque de connaissance des paroles ne diminue en rien la beauté de la musique ou des dialogues.

    À chaque messe à laquelle j'assiste, je récite l' Angus Dei en latin :

    Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, miserere nobis.
    Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, miserere nobis.
     Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, dona nobis pacem .

                Je le fais à mi-voix , pour ne pas perturber le rythme des autres dans les bancs de l'église. Et je ne pense pas que ce soit seulement mon imagination débordante qui me relie au passé catholique – aux années 1950 et 1550 et à toutes les époques depuis que Pierre et Paul sont venus à Rome, y sont morts et ont donné naissance à l'Église catholique romaine, mettant en marche l'Église universelle dans laquelle le monde catholique a célébré son culte dans une langue commune, rendue encore plus précieuse aujourd'hui par son caractère inhabituel.

                Je maintiens ce que j'ai écrit ici en 2022 ( Deux messes ) à propos des messes auxquelles j'ai assisté en une semaine à la Nouvelle-Orléans et à New York : l'une tridentine, l'autre Novus Ordo, et toutes deux respectueuses. J'ai terminé cette chronique par un appel au pape François :

    Restaurons la foi et ne la rénovons pas pour en faire quelque chose qu'elle n'a jamais été censée être. Saint-Père, je soupçonne que vous avez pris votre nom de pape en partie en pensant à l'appel du Christ à saint François pour reconstruire son Église. Si c'est le cas - et, en vérité, je le dis avec respect - vous vous y prenez mal.

    __________

    Vous pourriez également apprécier :

    Robert Royal Toujours ancien, toujours nouveau

    Père Gerald E. Murray Les restrictions cruelles et incohérentes imposées à la messe latine traditionnelle

  • Formes liturgiques : savoir discerner avec le cardinal Newman

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    De sur le site de la revue Catholica :

    Autour des « formes liturgiques ». Quelques réflexions du cardinal Newman

    8 juillet 2024

    La vie de l’Église, au cours des dernières décennies, a été traversée par un débat très intense sur le renouvellement des « formes » : dans le langage théologique, dans la liturgie, dans la proclamation de l’Évangile, dans la manière de s’adresser au monde contemporain. C’était d’ailleurs l’objectif principal que le pape Jean XXIII avait assigné au Concile Vatican II, comme le pontife l’avait exprimé dans le discours d’ouverture de l’assemblée conciliaire :

    « Ce qui intéresse le plus le Concile, c’est que le dépôt sacré de la doctrine chrétienne soit conservé et enseigné sous une forme plus efficace. Car une chose est le dépôt de la foi, c’est-à-dire les vérités contenues dans notre vénérable doctrine, et une autre est la manière dont elles sont proclamées, mais toujours dans le même sens et la même signification. […] Il faudra donc adopter la forme d’exposition qui correspond le mieux au Magistère, dont la nature est principalement pastorale[1]. »

    C’est sur la base de cette distinction légitime entre le dépôt ou le contenu de la foi, d’une part, et ses formes historiques et changeantes, d’autre part – également corroborée par le grand développement des études historiques entre le XIXe et le XXe siècle –, que l’on a donc tenté de donner un nouvel élan à la vie et à la mission de l’Église. Au fur et à mesure que l’on avançait dans ce travail, qui est loin d’être simple, on se rendit compte qu’il n’était pas toujours facile de distinguer entre ce qui relève de la simple forme ou d’une option éphémère et ce qui, au contraire, touche dans une certaine mesure au cœur même du catholicisme, même si cela n’est pas directement lié à la révélation divine elle-même.

    C’est précisément autour de cette question difficile que de fortes tensions sont apparues au sein de l’Église. Ce débat, même s’il a connu des phases alternées, ne s’est jamais complètement apaisé, jusqu’à aujourd’hui. Comme on le sait, il concerne surtout le domaine de la liturgie et toutes les formes de prière et de ritualité qui expriment la dévotion ou la foi des fidèles.

    La vie de l’Église n’est pas entièrement nouvelle face à de tels problèmes, même s’ils se présentent aujourd’hui avec une intensité particulière. En témoigne le texte d’un sermon du cardinal John Henry Newman (1801–1890), intitulé Ceremonies of the Church[2] et prononcé à l’occasion de la fête liturgique de la Circoncision de Jésus. Il s’agit d’un des sermons de Newman avant sa conversion au catholicisme, alors qu’il appartenait encore à l’Église anglicane. Dans ces écrits « anglicans » du futur cardinal, proclamé saint il y a quelques années par le pape François (2019), nous sommes déjà confrontés à une pensée qui ne révèle aucun conflit avec la foi catholique, à l’exception peut-être de quelques nuances qui mériteraient d’être précisées.

    Dans ce texte, que nous voulons examiner et relire attentivement, nous trouvons des indications précieuses et très pertinentes concernant les « formes religieuses » en général, surtout liturgiques, et les critères à adopter pour leur conservation ou leur changement. Il s’agissait d’un sujet très sensible dans les milieux anglicans de la première moitié du XIXe siècle, déjà très exposés à l’époque aux tendances sécularisantes et libéralisantes, contre lesquelles le jeune Newman cherchait à mettre en garde l’Église d’Angleterre.

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  • Ecce Deus adiuvat me (Introit du 16ème dimanche du temps ordinaire)

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    Introitus

    Ps 53
    6 Voici que Dieu vient à mon aide,
    le Seigneur est mon appui entre tous.
    7 Que le mal retombe sur ceux qui me guettent ;
    par ta vérité, Seigneur, détruis-les,
    Seigneur, mon protecteur.

    3 Par ton nom, Dieu, sauve-moi,
    par ta puissance rends-moi justice.