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Spiritualité - Page 94

  • « Quelle est la première chose à faire ? Je le dis sans hésiter : il faut se mettre à genoux ! C'est le premier acte par lequel j'expérimente la présence de Dieu ». (cardinal Sarah)

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    De Stefano Chiappalone sur la NBQ :

    Dieu existe-t-il ? Pour Sarah, la réponse est à genoux

    Face au cri de l’homme qui demande le salut, les slogans de ce monde ne suffisent pas, mais nous devons annoncer que notre espérance a un nom : le Christ, seul sauveur. Le cardinal présentera ce volume avec La Bussola à Milan le 20 janvier au Teatro Guanella.

    23_12_2024

    Les questions les plus profondes et les objections les plus inconfortables adressées à l'Église et à Dieu lui-même : les interrogations qui se greffent sur la question de base sont innombrables : Dieu existe-t-il ? Le cri de l'homme demandant le salut, qui donne son titre au volume issu de la conversation entre l'éditeur David Cantagalli et le cardinal Robert Sarah, préfet émérite de la Congrégation pour le culte divin. L'éditeur se fait spontanément le porte-parole de l'homme d'aujourd'hui, qu'il soit croyant ou non, et interpelle le cardinal sans fausse pudeur : pourquoi l'homme contemporain a-t-il tant de mal à percevoir la présence de Dieu ?  Et où trouver, aujourd'hui, le témoignage crédible et joyeux de ses disciples ? Pourquoi le mal ? Pourquoi Dieu permet-il la souffrance ? Et ainsi de suite, pendant plus de trois cents pages, d'où il ressort que « la plus grande difficulté pour les hommes n'est pas de croire ce que l'Église enseigne sur le plan moral ; la chose la plus difficile pour le monde post-moderne est de croire en Dieu et en son Fils unique ».

    Le cardinal ne craint pas de répondre par des mots tout aussi inconfortables : « Paradoxalement, celui qui est mort n'est pas Dieu, mais l'homme, qui est incapable d'écouter et de reconnaître cette Présence dans l'histoire ». L'affirmation « Dieu est mort » cache en réalité une accusation. L'accusé est l'homme et non Dieu, l'homme qui, ayant abandonné Dieu, prend des chemins qui ne mènent nulle part ». Chaque question déclenche un chapitre entier, car Sarah ne recule pas, mais le lecteur ne doit pas non plus penser qu'il peut s'en sortir avec un « manuel » de solutions immédiates à l'usage et à la consommation d'un monde mordant : le cardinal invite plutôt le lecteur à approfondir, ses réponses sont et doivent être méditées : « Il est nécessaire d'entrer dans le silence ». Mais pas celui des « philosophies ou des religions qui font du silence un vide » car pour nous il « s'agit de laisser parler Dieu, d'écouter ce qu'il nous a déjà dit et qui ne change pas ».

    « Dieu n'est pas mort, mais sans sa lumière, la société occidentale est devenue comme un bateau à la dérive dans la nuit ». Si « la révélation (...) implique une répercussion immédiate sur le monde entier, elle investit la société, toute société humaine », il en va de même pour le rejet de cette révélation, qui a également des répercussions en termes de non-accueil des enfants à la naissance, des personnes âgées et des personnes fragiles. « Dieu a parlé et l'homme ne peut pas se taire. En répondant - même par le silence d'une réponse non dite - l'homme révèle sa position, déclare son adhésion ou sa non-adhésion à la proposition faite par le Christ lui-même et, ce faisant, dit quel est l'horizon de la société dans laquelle il vit et qu'il construit ». La guerre contre Dieu se résout en définitive en une guerre contre l'homme, masquée par la prétention de « créer une nouvelle religion mondiale sans Dieu, sans dogme ni morale, une nouvelle religion de César qui permettrait, sur le plan politique, l'unification de tous les peuples, de toutes les nations, de toutes les cultures, en une masse unique soumise à une gouvernance mondiale ».  

    Il n'y a pas de contradiction entre l'apparente tolérance de cette religiosité fluide post-moderne et l'hostilité généralisée à l'égard de la foi chrétienne et de la culture qui en est issue : « Le Christ serait encore toléré s'il était admis comme un dieu parmi d'autres, mais pas s'il était proclamé comme Unique. Ce qui, au contraire, est la réponse des réponses à la seule soif de l'humanité de tous les temps, qu'aucune idéologie ne peut satisfaire : la soif d'éternité. « Nous devons recommencer à proclamer au monde que notre espérance a un nom : Jésus-Christ, l'unique sauveur du monde et de l'humanité ».

    C'est là aussi que réside le sens et la mission de l'Église, qui ne doit pas être réduite à la mission d'un organisme religieux générique soumis à la « nouvelle éthique mondialiste promue par l'ONU », qui préfère l'écologie à l'eschatologie, s'illusionnant en croyant rencontrer l'humanité ; une Église forte sur les questions les plus courantes et faible, presque craintive, lorsqu'il s'agit d'annoncer le Christ, unique sauveur du monde : « Nous sommes avares des trésors de la foi qui sont en nous. Nous n'osons pas évangéliser. Nous avons peur d'être traités de prosélytes, voire de fondamentalistes ou d'irrespectueux des autres religions ». Et au contraire - c'est l'expérience personnelle du cardinal Sarah - « la foi - ma foi personnelle - est redevable à ceux qui m'ont témoigné que le Seigneur est vivant, que Jésus-Christ est la charnière sur laquelle toute vie est fondée et se tient ; sa Chair crucifiée et ressuscitée est la charnière du salut ». « Faisons de l'Église une société humaine et horizontale, parlant un langage médiatique (...) ! Mes amis, une telle Église n'intéresse personne », car elle est incapable de combler “le vide et le néant” d'une société occidentale qui “ne sait plus respecter les personnes âgées, accompagner les malades jusqu'à la mort, donner de l'espace aux plus pauvres et aux plus faibles” et qui est “abandonnée aux ténèbres de la peur, de la tristesse et de l'isolement” car, en définitive, elle est “privée de la lumière de Dieu”.

    Un diagnostic impitoyable mais loin d'être dépourvu de compassion. Au contraire, dit Sarah, « je parle ainsi parce que dans mon cœur de prêtre et de pasteur, j'éprouve de la compassion pour tant d'âmes désorientées, perdues, tristes, angoissées et solitaires ». Encore plus désorientées par l'affirmation « que les choix de chacun n'ont pas de conséquences négatives ou imprévues » et par l'absence d'une « perspective de salut et de bien éternel » qui rende supportables et donne un sens aux « réalités de la limitation, de la souffrance et de la douleur ».

    La réponse au « cri de l'homme qui demande le salut » - pour reprendre le sous-titre - est une cathédrale qui oriente le regard vers Dieu. Le cardinal recourt à cette image évocatrice pour dire que « tout » dans l'Église « doit chanter la gloire de Dieu (...) comme une flèche gothique, pointée vers les cieux » et sans laisser la lumière divine être obscurcie par l'agenda et les structures de ce monde. Nous devons reconstruire la cathédrale », exhorte Sarah, et “la reconstruire exactement comme elle était avant, nous n'avons pas besoin d'inventer une nouvelle Église”. Ceux qui ont essayé de le faire au cours des siècles ont échoué ». Une tâche immense qui commence par un geste très simple et extrêmement contre-culturel : « Quelle est la première chose à faire ? Je le dis sans hésiter : il faut se mettre à genoux ! C'est le premier acte par lequel j'expérimente la présence de Dieu ».

  • IVe simanche de l'Avent : Rorate caeli desuper

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    Rorate caeli desuper,
    et nubes pluant iustum:
    aperiatur terra,
    et germinet Salvatorem.
    Ciel, répands ta rosée!
    Nuées, faites pleuvoir le Juste.
    Terre, ouvre-toi,
    que germe le Sauveur.

     

  • Homélie pour le 4e dimanche de l'Avent

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    Du Frère Dominique (Famille Saint-Joseph - homelies.fr) :

    Homélie (Archive 2009)

    « Après un temps de délaissement, viendra un jour où enfantera celle qui doit enfanter ». Le temps de l’Avent est celui où nous apprenons à vivre le temps de Dieu. Notre vue, en effet, est très courte. Notre désir d’être comblés, le souhait ardent que nous avons de connaître le bonheur que Dieu nous a promis, sont tels que nous adoptons souvent, malgré nous, une attitude un peu infantile, ne supportant aucun délai. Dieu aurait-il quelque retard ? Prendrait-il plaisir à nous faire languir ? Dieu aurait-il oublié sa parole ? Nous aurait-il livrés à nous-mêmes, cloisonnés dans « un temps de délaissement » dont rien n’annonce la fin ?

    Aujourd’hui le prophète Michée nous apprend que le Seigneur œuvre sans cesse à la réalisation de sa promesse. Ce qui nous manque pour le voir agir est d’apprendre le temps de Dieu. Le temps de son silence est en effet celui de la grossesse. Nous savons qu’il œuvre à notre salut, mais il nous faut redécouvrir comment il s’y prend avec chacun de nous. A l’échelle d’un peuple, l’épaisseur de l’Ancien Testament nous l’enseigne, le temps de la grossesse traverse les siècles. A l’échelle de notre vie, les choses peuvent aller bien plus vite. Notre Avent, qui cette année ne fait pas quatre semaines, nous le montre. Nous sommes dans l’urgence de la préparation ultime. Très bientôt, Dieu choisit de se révéler dans la faiblesse d’une femme enceinte. La puissance de sa royauté se manifeste dans « le plus petit des clans de Juda », comme nous le dit le prophète. Le berger que son troupeau dispersé attend, arrive pour rassembler les nations et leur donner la paix.

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  • Nous avons tant besoin que se renouvelle l'espérance chrétienne (4e dimanche de l'Avent)

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    l’espérance pour un monde qui se perd

    homélie du 4e dimanche de l’Avent (archive 2018) de l'abbé Christophe Cossement, publiée sur son blog

    Devant tous les défis que devraient affronter nos sociétés, nous nous sentons comme dans un monde abandonné par la grâce. Seigneur, t’es-tu retiré, pour que nous devions faire face à la montée d’un intégrisme violent et à de telles réactions sécuritaires ? T’es-tu retiré, pour que le nombre de dépressions et de burn-out ne cessent d’augmenter ? Pour que nos jeunes soient inondés d’images qui déforment la beauté de la sexualité et de l’amour humain ? Pour que les bonnes intentions au sujet du climat, de la justice sociale ou de la coopération avec le Tiers monde finissent toujours par s’écraser sur le mur du profit et du confort ? Est-ce le signe que tu t’es retiré, ou plutôt que nous nous sommes éloignés de toi, que nous t’avons boudé en croyant aller créer à notre manière un monde meilleur que le tien ?

    Le peuple hébreu a fait lui aussi l’expérience d’un éloignement de Dieu, comme on peut le lire dans cette première lecture : « Dieu livrera son peuple, jusqu’au jour où enfantera celle qui doit enfanter, et ceux de ses frères qui resteront rejoindront les fils d’Israël. » (Mi 5,2) Ce temps d’épreuve a abouti : d’une part le peuple n’a pas été anéanti, il y a eu un reste ; d’autre part ce reste, dont faisait partie Marie, a vu la réalisation de l’espérance, la visite de Dieu par ce petit enfant né de « celle qui doit enfanter ».

    Aujourd’hui il est bon que nous souffrions des douleurs de notre monde, de tout ce qui ne va pas autour de nous, de tout ce qui fait tomber les autres. Non pour nous lamenter, mais pour que notre cœur ose cesser d’être indifférent. Pour que, saisissant intimement toute l’humanité, il puisse crier : « mon Dieu, manifeste-toi à nous ! Que se lèvent des prophètes de ton amour, des témoins qui vivent de ta visite à l’humanité il y a 2000 ans et qui nous branchent sur le Christ ! » Car aujourd’hui nous avons tant besoin que se renouvelle l’espérance chrétienne. Dans un monde où on se broie de plus en plus les uns les autres — que ce soit au travail ou au sein du couple, ou au milieu de prétendus amis — il nous faut proclamer l’importance de chaque être, l’éminente dignité de chaque personne humaine. Cette conscience de la dignité de chacun, même du plus insignifiant, même de celui qui voudrait mourir, c’est le christianisme qui l’a apportée au monde. Le mode d’aimer que Jésus nous a demandé d’imiter a transformé les rapports humains qui avaient cours dans l’antiquité. Nous découvrons l’amour quand Dieu vient à nous et nous apprend ce que veut dire aimer dans l’espérance. Que cela transforme notre manière d’aimer !

    L’évangile aujourd’hui nous apprend que Dieu se manifeste dans l’amour que nous nous portons les uns aux autres. Marie s’empresse de se rendre auprès de sa vieille cousine enceinte. Elle a bien perçu qu’elle a tant besoin d’aide. Et parce que Marie a fait se pas, l’Esprit Saint peut se manifester concrètement, et les deux femmes peuvent bénir le Seigneur. En commentant ce passage, Jean-Paul II disait à Lourdes : « toute existence tire sa valeur de la qualité de l’amour ; dis-moi quel est ton amour, et je te dirai qui tu es » (Lourdes, 15 août 1983). Seigneur, vient renouveler en nous la foi, l’espérance et la charité, afin que tu puisses te manifester au monde qui erre loin de toi !

  • La Visitation (quatrième dimanche de l'avent C)

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    Du Père Simon Noël osb sur son blog :

    La Visitation (quatrième dimanche de l'avent C)

    (archive 16 décembre 2021)


    Avec la visite à Nazareth de l'archange Gabriel, la Vierge Marie avait été élevée à l'éminente dignité de Mère de Dieu, de Mère du Sauveur promis depuis des siècles. Et que fit-elle alors? Elle partit en hâte rendre visite à sa vieille cousine et se mettre à son service, car elle était au sixième mois de sa grossesse. Marie fit cela simplement par humilité et par charité, nous donnant ainsi un exemple à suivre dans notre vie quotidienne. Et cela émerveillera Elisabeth qui s'écriera: Comment la Mère de mon Seigneur vient-elle jusqu'à moi?

    Marie entra chez sa cousine et la salua. Elle nous donne ainsi un autre exemple: nous devons aller vers les autres et les saluer en premier.

    Marie, en venant chez sa cousine, porte en elle le Sauveur, le Fils de Dieu, et elle est remplie du Saint-Esprit qui la dirige en tout ce qu'elle fait. N'oublions pas que si nous sommes en état de grâce, la Sainte Trinité demeure dans le tréfonds de notre cœur, d'une présence d'amitié. Et cela se renforce chaque fois que nous communions. Nous sommes alors comme Marie, nous portons l'Enfant Jésus dans notre âme et même dans notre corps. Quelle merveille d'amour!

    Jean-Baptiste, dans le sein de sa mère, tressaille de joie. La Sainte Vierge, et Jésus en elle, apportent la joie du salut. Que cette joie demeure en nous à l'approche de Noël!

    Le petit Jean-Baptiste est aussi par cette visitation purifié du péché originel. Pour nous aussi, la dévotion à la Sainte Vierge (le chapelet) sera capable de procurer à notre âme une pureté de plus en plus grande.

    Enfin Elisabeth loue la foi de Marie. Cette foi de l'humble Vierge de Nazareth, servante du Seigneur, est en quelque sorte l'origine humaine de notre salut. Eve avait douté de la promesse de Dieu et prêté l'oreille à la parole perfide du diable. Marie est la nouvelle Eve, la Mère des vivants. Elle a écouté le bon archange Gabriel et a cru totalement en la Parole de Dieu.

    En conclusion, la Sainte Vierge a eu une part active dans notre rédemption et c'est pourquoi, à l'approche de Noël, remercions-la de tout notre cœur. 

  • « Ma plus grande transgression ? Etre catholique » (Le Prix Nobel de littérature 2023)

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    De Paola Belletti sur Il Timone :

    Jon Fosse : « Ma plus grande transgression ? Etre catholique »

    Scandinave barbu à la plume redoutable qui suit et parfois, peut-être, précède une pensée tout aussi redoutable, Jon Fosse est un écrivain et dramaturge norvégien traduit et lu dans le monde entier . Considéré comme l'un des 100 génies vivants par le Telegraph Daily, il a reçu en 2023 le prix Nobel de littérature « pour ses œuvres innovantes et sa prose qui donnent voix à l'indicible » et est considéré comme l'un des écrivains contemporains les plus importants. Né en 1959 à Strandebarm, petite ville de Norvège, il vit dans la résidence honoraire de Grotten, à Oslo, que lui a accordée le roi pour ses mérites littéraires.

    Le caractère exceptionnel de son écriture, paradoxalement, réside précisément dans son balbutiement conscient, ou plutôt dans la recherche systématique de l'essentiel, du noyau de sens que la pensée et la parole poursuivent sans jamais pouvoir les posséder ni les exprimer pleinement. Son style, qui procède par soustraction comme s'il s'agissait de sculpture, a mérité la définition de « minimalisme de Fosse »; plus que le style ou la manière, la figure de l'auteur norvégien semble être un signe de ce qu'il vit en tant qu'homme dans sa relation avec tout ce qui est réel, y compris le spirituel et le divin, indicibles par nature. Une autre particularité de Jon Fosse est le choix d'écrire dans la langue nynorsk, ou néo-norvégienne ou encore, « langue de la terre » –landsmal, par opposition à la « langue du livre » ( bokmal ).

    Son chemin existentiel a finalement abouti, également grâce à la souffrance et à la dépression suivies ou mêlées à l'alcoolisme, à la foi catholique : l'Église l'a accueilli comme un fils avec l'administration de la Confirmation - son baptême de chrétien luthérien est un sacrement valable - à l'âge de 53 ans, en 2013. Il entre ainsi dans la petite communauté catholique de Norvège. Interviewé par un autre converti, le théologien Skjedal, Fosse a décidé qu'en plus de l'interview pour le magazine Segl, le contenu complet de leurs conversations devrait être publié sous forme de livre. L'ouvrage a été publié en 2015, mais est paru en France aux éditions Artège. Et la conversion est justement le thème du petit ouvrage, 176 pages, et comment cela rayonne sur ce que l'auteur pense de la littérature, de la fiction, mais aussi du théâtre et de la poésie, sur tout l'art et sur la philosophie.

    Dans ce que Fosse lui - même appelle la « longue histoire » de son chemin vers l' Église catholique -- commente Marco Ventura dans l'encart dominical du Corriere della Sera -- il y a des moments critiques parce que décisifs : l'un d'eux est l'effondrement dû à l'excès d'alcool qui a conduit à son hospitalisation : " Je n'ai jamais été ivre, mais pendant des semaines, mon corps avait besoin de grandes quantités d'alcool juste pour fonctionner normalement ." Après une hospitalisation et une rééducation suite à la phase autodestructrice de l'alcoolisme et aux souffrances intenses de la dépression, la foi de Fosse fut également renforcée par l'étude des œuvres d'un mystique allemand médiéval, Maître Eckhart. D'autres pas vers la foi sont favorisés par la présence de son épouse slovaque, catholique.

    Dans l'Église, il se sent de plus en plus lui-même, loin des vieilles identités de « radical de gauche » , d'ancien luthérien en controverse avec la confession dans laquelle il a été éduqué, d'ancien sympathisant du mouvement quaker, de mais il est reconnaissant d'avoir appris le silence comme espace vivant d'écoute de Dieu. La littérature elle-même devient désormais semblable à la prière parce que son effort tend à créer « un écart entre le créé et l'incréé », entre le contingent de la création et l'absolu de Dieu. Il est à l'aise dans la nature paradoxale du christianisme catholique, parce qu'il ressemble à la vie, contient ses contradictions, rend l'incompréhensible expérimentable.

    Dans le volume, intitulé en italien Le Mystère de la foi, Fosse raconte également les deux expériences mystiques qui ont marqué un tournant dans son long voyage de retour : la première s'est produite dans un moment dramatique car, à l'âge de sept ans, il risquait se vider de son sang. Transporté d'urgence à l'hôpital, il voit clairement un nuage doré et ressent dans son corps et son âme quelque chose qui le marquera à jamais. La seconde se produit alors qu'il a déjà trente ans et que la vision d'une colonne de lumière verticale lui parvient avec la claire perception de l'unité et de la paix de toutes choses.

    Là où le désespoir atteint sa limite, il y a Dieu " , telle est la citation du livre qui serait écrite en majuscules. Maintenant qu’il a été recueilli par Dieu qui, en s’incarnant, a véritablement sombré dans le plus sombre désespoir humain, il nourrit sa vie de croyant des sacrements et de la prière, surtout celle du chapelet. Il s'agit de la traduction de l'Ave Maria en langue nynorsk. Il continue donc d'être un rebelle, mais sous la forme qui lui correspond finalement, celle de l'Église qui, malgré ses tares et ses échecs, a gardé intact le mystère et a su le rendre accessible aussi à lui, croyant de la dernière rangée. 

  • La beauté et la puissance des Antiennes "O"

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    Du père Thomas Petri, OP sur le CWR :

    La beauté et la puissance des Antiennes O

    « Viens, viens, Emmanuel, et rachète Israël, captif, qui est ici en deuil et en exil solitaire, jusqu’à ce que le Fils de Dieu apparaisse. Réjouis-toi ! Réjouis-toi ! Emmanuel viendra à toi, ô Israël ! »

    Ce chant de Noël n'est pas un chant de Noël. C'est un hymne pour la période de l'Avent, une période liturgique qui va bien au-delà de la simple préparation de Noël.

    Durant ces quatre courtes semaines, l’Église s’est historiquement concentrée sur Notre Seigneur Jésus-Christ comme l’accomplissement de toutes les prophéties et de tous les désirs humains, alors qu’elle anticipe non seulement la célébration de son incarnation à Noël, mais aussi alors qu’elle attend avec espoir son retour glorieux à la fin des temps.

    Les versets de « O viens, ô viens, Emmanuel » sont tirés de sept antiennes anciennes que l'Église utilisait dans sa liturgie de prière du soir depuis bien avant le IXe siècle. Chaque année, du 17 au 23 décembre, la liturgie de l'Église entre dans une préparation plus intense et plus proche de la venue du Christ à Noël. Ce changement est perceptible dans les lectures de la messe ces jours-là, mais aussi dans la liturgie des heures de l'Église, en particulier lors de la prière du soir. Chaque soir pendant cette semaine, l'Église prie l'une de ce que l'on appelle les grandes « antiennes O » avant de réciter le cantique « Magnificat » de Notre-Dame.

    Les Antiennes O invoquent Notre Seigneur en utilisant des images tirées de l'Ancien Testament : « Ô Sagesse d'en haut » ; « Ô Seigneur de la maison d'Israël » ; « Ô Racine du tronc de Jessé » ; « Ô Clé de David » ; « Ô Aurore radieuse » ; « Ô Roi des Nations » ; « Ô Emmanuel ». À ces images bibliques s'ajoutent diverses supplications telles que : « Viens nous enseigner le chemin de la connaissance ! » ; « Viens nous sauver sans tarder ! » ; « Viens libérer les prisonniers des ténèbres ! »

    Chacune de ces antiennes est une belle prière en elle-même, mais chacune démontre aussi exactement comment l'Église en est venue à comprendre la relation du Christ avec les promesses et les images de Dieu si répandues dans l'Ancien Testament.

    « Ô Sagesse d’en haut ! »

    Isaïe a prophétisé qu’un rameau sortirait de la souche de Jessé. L’un des héritiers de Jessé serait une figure messianique et un rédempteur pour Israël.

    « L’Esprit du Seigneur reposera sur lui : esprit de sagesse et d’intelligence » (Is 11, 1-2). Parce que les prophéties d’Isaïe attendent avec tant d’espoir la rédemption d’Israël et du monde entier dans les grandes promesses de Dieu, il est particulièrement le prophète du temps de l’Avent.

    Mais le Christ est plus que l’Oint. Saint Paul a dit à l’Église de Corinthe que « le Christ est la puissance de Dieu et la sagesse de Dieu » (1 Co 1, 24). Le Christ est la Sagesse dont parle le livre des Proverbes comme étant l’artisan et le plaisir de Dieu (Proverbes 8). Le Fils éternel est toujours le plaisir du Père et l’Artisan par lequel toutes choses ont été faites.

    L’antienne du 18 décembre : « Seigneur de la maison d’Israël, qui a donné la Loi à Moïse sur le Sinaï » est peut-être un exemple plus poignant d’une puissante image du divin dans l’Ancien Testament. Les événements relatés dans le livre de l’Exode sont d’une grandeur magnifique, du buisson ardent à la séparation de la mer Rouge, en passant par la remise de la Loi à Moïse sur un mont Sinaï couvert de tonnerre et d’éclairs.

    Les Pères de l’Église ont régulièrement noté la présence du Christ dans les diverses manifestations de Dieu aux Israélites. Saint Justin le martyr rappelait : « Celui-là même qui est à la fois ange et Dieu, Seigneur et homme, et qui apparut sous forme humaine à Abraham et à Isaac, apparut aussi dans une flamme de feu sortant du buisson et conversa avec Moïse. »

    Saint Grégoire de Nysse commente les événements du désert — les nuages, le tonnerre et le tabernacle de la présence de Dieu — : « Prenant comme exemple ce que dit Paul, qui a partiellement dévoilé le mystère de ces choses, nous disons que Moïse fut auparavant instruit par un type du mystère du tabernacle qui entoure l'univers. » Ce tabernacle, le Christ, le Fils de Dieu, poursuit-il, « est en quelque sorte à la fois informe et façonné, incréé dans la préexistence mais créé en ayant reçu cette composition matérielle. »

    Le Fils Éternel de Dieu préexistant qui est l’image parfaite de Dieu est aussi la présence de Dieu dans le buisson ardent, sur le mont Sinaï et parfaitement dans son incarnation.

    Il n’est donc pas surprenant que la version latine de cette antienne commence par « O Adonaï », empruntant le mot hébreu que les Juifs craignant Dieu utilisent lorsqu’ils lisent la Torah pour éviter de prononcer le nom propre de Dieu lui-même – c’est le nom Seigneur, le nom que saint Paul dit aux Philippiens a donné au Christ parce qu’il n’a pas considéré l’égalité avec Dieu comme quelque chose à saisir, mais s’est plutôt vidé lui-même jusqu’à la mort (cf. Philippiens 2:6-11). Jésus-Christ est Adonaï. Il est Kyrios. Il est le Seigneur.

    Enfin, d'autres antiennes O identifient le Christ comme l'accomplissement de la grandeur d'Israël et du désir humain. Il est l'Oriens, l'aurore dont Isaïe a promis qu'elle se lèverait sur le peuple élu de Dieu (Isaïe 60, 1-2). Il est aussi la Racine de Jessé. Il n'est donc pas seulement l'accomplissement mais le début de la lignée israélite.

    Il est le Créateur et celui par qui la lignée de David est née. Le Christ est donc à la fois le début et la fin de la promesse faite à David. Il est l'Alpha et l'Oméga. Il est celui dont l'Ancien Testament prédit qu'il régnera comme roi sur toutes les nations.

    Les Antiennes O sont bien plus que de simples refrains à chanter avant le Magnificat de Notre-Dame ou à servir de versets dans un hymne de l'Avent. Elles révèlent les mystères du Christ déjà révélés dans la puissance et la gloire de Dieu dans l'Ancien Testament.

    Saint Thomas d’Aquin avait raison d’insister sur le fait que de nombreux grands prophètes d’Israël avaient une connaissance prophétique réelle et explicite de Jésus et de ses mystères, même s’ils vivaient des centaines d’années avant l’Incarnation. « Abraham se réjouit de ce qu’il verrait mon jour », a prêché Jésus lui-même un jour. « Il l’a vu et il s’est réjoui » (Jn 8, 56). Le Christ est actif en Israël. Il est présent dans l’Ancien Testament.

    Ces grandes antiennes nous rappellent que l’Avent ne se résume pas à la préparation de Noël. Elles nous rappellent que le Christ est le point central de l’histoire du salut et, en fait, de toute l’histoire du monde, parce qu’il est Emmanuel – « Dieu avec nous ».

    La sagesse de Dieu est telle que le Seigneur nous a créés pour être en relation avec lui afin d’apporter la lumière non seulement à notre vie mais au monde. Chaque année, l’Église nous offre ces quatre semaines pour que nous nous souvenions intensément de ce que nous devons vivre chaque jour : dans la préparation, l’anticipation et la joyeuse espérance que le Seigneur viendra à nous et nous sauvera.

    Ô Emmanuel, notre Roi et Donateur de la Loi : Viens nous sauver, Seigneur notre Dieu !

  • Restaurer la beauté de la liturgie

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    De sur Crisis Magazine :

    Restaurer la beauté de la liturgie

    L’Église ne peut pas continuer à transformer et à humaniser le monde si elle se passe de la beauté de la liturgie.

    Si l’Église veut continuer à transformer et à humaniser le monde, comment peut-elle se passer de la beauté dans ses liturgies, cette beauté qui est si étroitement liée à l’amour et au rayonnement de la Résurrection ? 

     Cardinal Ratzinger (Pape Benoît XVI)

    Cette question posée par le futur pape Benoît XVI est purement rhétorique. La réponse est que l’Église ne peut pas continuer à transformer et à humaniser le monde si elle se passe de la beauté de la liturgie. « Sans cela, a poursuivi le cardinal Ratzinger, le monde deviendra le premier cercle de l’enfer. » Restaurer la beauté de la liturgie, c’est donc sauver le monde de l’enfer lui-même.

    Pour Benoît XVI, la beauté est inséparable de la sainteté et de la vérité. Comme il le rappelle, « la seule apologie vraiment efficace du christianisme se résume à deux arguments, à savoir les saints que l’Église a produits et l’art qui a grandi dans son sein ». C’est, a-t-il ajouté, « la splendeur de la sainteté et de l’art » qui rend le meilleur témoignage au Seigneur. 

    Si cela est vrai de la beauté de l’art en général, cela est particulièrement vrai de la beauté de la liturgie, qui n’est pas simplement une œuvre d’art humaine, mais la manière divinement ordonnée par laquelle la présence réelle de Dieu se manifeste aux chrétiens de tous les temps. Ceux qui cherchent à préserver ou à restaurer la beauté de la liturgie sont donc des héros de la chrétienté dont les louanges doivent être chantées. C’est ainsi que nous avons chanté les louanges de Dom Prosper Guéranger dans le dernier essai, et c’est ainsi que nous traversons maintenant la Manche, de la France du XIXe siècle à l’Angleterre du XXe siècle, pour chanter les louanges du Dr Mary Berry, autrement connue sous le nom de Mère Thomas More.

    Née en 1917, Mary Berry a fréquenté l'école dans son Cambridgeshire natal avant de se rendre en France pour étudier pendant un an à la célèbre École Normale de Musique de Paris sous la direction de la célèbre compositrice et chef d'orchestre Nadia Boulanger. Développant un intérêt pour la musique sacrée, en particulier le plain-chant, elle a visité l'abbaye de Solesmes qui avait été pionnière dans la restauration du chant grégorien depuis sa propre restauration par Dom Prosper Guéranger au siècle précédent.

     

    Discernant une vocation religieuse, Mary Berry se rendit en Belgique en mars 1940 pour devenir novice chez les Chanoinesses Régulières de Jupille, prenant le nom de Mère Thomas More. Deux mois plus tard, la congrégation dut fuir par le dernier train vers Paris pour échapper à l’avancée de l’armée allemande suite à son invasion de la Belgique. De Paris, la communauté s’installa dans un monastère cistercien à Dijon, à Vichy, en France, reprenant la vie religieuse et l’enseignement aux enfants de la région. Finalement, ayant reçu les documents de voyage nécessaires, la communauté put s’installer à Lisbonne au Portugal, un pays neutre loin des ravages de la guerre.

    Mère Thomas More prononça ses vœux solennels en 1945 et enseigna et étudia ensuite à Rome et en Belgique avant de revenir à Dijon puis à Paris, où elle donna des conférences sur le chant grégorien et la polyphonie. De retour en Angleterre dans les années 1960, elle ignora le modernisme ascendant de cette décennie des plus tumultueuses en rédigeant une thèse sur le plain-chant de la fin du Moyen Âge et du XVIe siècle, et obtint son doctorat en 1970. 

    Il n’y avait cependant aucun moyen d’échapper à la confusion théologique et à l’iconoclasme liturgique de l’époque. Toutes sortes d’absurdités étaient promues sous couvert de ce qu’on appelait « l’esprit de Vatican II ». Le chant traditionnel et la polyphonie étaient abandonnés pour laisser la place à la musique « populaire » contemporaine, transformant la beauté de la liturgie en un chaos où l’esprit du temps avait remplacé l’Esprit Saint.

    La congrégation religieuse de Mère Thomas More fut contaminée par l'esprit toxique de l'époque, la laissant isolée et aliénée par la direction étrangère dans laquelle sa congrégation se dirigeait. Elle demanda à être exclaustrée, ce qui lui permit de vivre en tant que chanoinesse professe en dehors de la communauté pour le reste de sa vie. Jusqu'en 1984, année de sa retraite, elle enseigna la musique à l'Université de Cambridge au Girton College, puis au Newnham College. C'est cependant en tant que défenseure infatigable et influente de la beauté et de la tradition liturgiques qu'on se souvient le plus d'elle et pour laquelle elle devrait être le plus célébrée.

    En 1975, elle fonde la Schola Gregoriana de Cambridge pour l'étude et l'interprétation du chant grégorien, et commence à voyager beaucoup pour promouvoir l'enseignement et le chant du chant. Elle organise de nombreux ateliers et cours, fait une tournée aux États-Unis en 1997 et dirige des enregistrements de chant grégorien à Rome, dont un enregistrement dans la basilique Saint-Pierre en 1999. En outre, elle écrit deux livres d'introduction, Plainchant for Everyone et Cantors: A collection of Gregorian chants , pour encourager les gens à commencer à apprendre le chant grégorien. 

    En 1967, alors qu’elle effectuait des recherches à la Bibliothèque nationale de Paris, elle découvrit une source ancienne de la mélodie de « O Come, O Come, Emmanuel » dans une procession du XVe siècle . Jusqu’à ce qu’elle fasse cette découverte révolutionnaire, la plupart des chercheurs pensaient que la mélodie avait été écrite au XIXe siècle. Mais surtout, elle fut une fervente partisane de la restauration du chant grégorien dans la liturgie, se réjouissant de voir les graines qu’elle et d’autres avaient semées commencer à porter leurs fruits dans le renouveau liturgique sous le pontificat de saint Jean-Paul II.  

    En 2000, Mère Thomas More a reçu la Croix papale Pro Ecclesia et Pontifice du pape Jean-Paul II en reconnaissance de son service à l'Église. Deux ans plus tard, elle a été nommée Commandeur de l'Empire britannique par la reine Elizabeth II lors des honneurs du Nouvel An 2002.

    Mère Thomas More est décédée à l'âge vénérable de quatre-vingt-dix ans en 2008, le jour de l'Ascension, la même fête symboliquement glorieuse où Bède le Vénérable était décédé en 735. Comme saint Bède et saint Thomas More, dont le Dr Berry avait adopté le nom dans la religion, elle était originaire de la verte et agréable terre d'Angleterre et avait consacré sa vie à l'érudition et au service de la Sainte Mère l'Église. Elle a bien pu être honorée à la fois par le Souverain Pontife de l'Église et par le monarque de son pays. Et nous pouvons savoir, dans la confiance de la grâce de Dieu, que ses saints prédécesseurs, saint Bède et saint Thomas More, prient pour elle. Puisse-t-elle partager leur récompense éternelle.    

    est professeur invité de littérature à l'université Ave Maria et chercheur invité au Thomas More College of Liberal Arts (Merrimack, New Hampshire). Auteur de plus de trente livres, il est rédacteur en chef de la St. Austin Review , rédacteur en chef de la série Ignatius Critical Editions , professeur principal chez Homeschool Connections et contributeur principal à Imaginative Conservative et Crisis Magazine. Son site Web personnel est http://www.jpearce.co . 
  • O come Emmanuel !

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    O Come, O Come, Emmanuel

    O come, O come, Emmanuel,
    to free your captive Israel
    that mourns in lonely exile here
    until the son of god appear.
     
    Rejoice! Rejoice! O Israel
    to you shall come Emmanuel.
     

    https://lyricstranslate.com/fr/o-come-o-come-emmanuel-%C3%B4-viens-%C3%B4-viens-emmanuel.html-0

  • Le Père Delp, résistant face au nazisme, a vécu l'un des Avents les plus profonds de tous les temps

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    De Jonah McKeown sur le CWR :

    Le résistant au nazisme qui a vécu l'un des avents les plus profonds de tous les temps

    Une photo non datée du père Alfred Delp, exécuté par les nazis alors qu'il se trouvait dans un camp de prisonniers le 2 février 1945. (photo : domaine public)
    Dans les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale, au cœur de l'Allemagne nazie, un prêtre catholique priait dans une cellule de prison, en attendant son procès et probablement sa condamnation à mort. Les accusations portées contre lui étaient fausses et son procès, qui commença peu après Noël, se révéla être une mascarade.

    Comme on pouvait s’y attendre, tout cela a contribué à un Avent plutôt calme pour le père Alfred Delp, un jésuite allemand dont les méditations sur l’Avent, écrites en prison et publiées après sa mort, continuent d’inspirer les lecteurs. (« Méditations en prison du père Delp » a été publiée après sa mort).

    Le jeune prêtre fut exécuté en février suivant, en 1945.

    Avant même son calvaire en prison, Delp avait prêché et écrit abondamment sur l’Avent, exhortant même ses ouailles à dire que « toute la vie est l’Avent » – un état constant d’attente, de voyage et de désir de quelque chose de plus grand. Les chrétiens, a déclaré Delp, devraient se préparer activement aux réalités célestes à venir.

    « Attendre avec foi la fécondité de la terre silencieuse et l’abondance de la moisson à venir, c’est comprendre le monde – et même ce monde – pendant l’Avent », écrira-t-il plus tard depuis sa cellule de prison.

    Delp est né à Mannheim, en Allemagne, le 15 septembre 1907. Il a été baptisé catholique mais a été élevé dans une famille luthérienne. Le déclenchement de la Première Guerre mondiale en 1914 a vu son père être mobilisé, ce qui a façonné la vision du jeune Delp sur la violence et la fragilité de la vie humaine.

    À l'âge de 14 ans, Delp décide de quitter l'Église luthérienne et de recevoir les sacrements catholiques. L'Allemagne d'après-guerre est en pleine tourmente, ce qui crée un terrain fertile pour l'émergence d'idéologies extrémistes comme le nazisme.

    Adolf Hitler fut nommé chancelier d'Allemagne au début de l'année 1933 et, à l'été 1934, le parti nazi était le seul parti politique officiellement reconnu du pays. À mesure que le nazisme prenait de l'ampleur, la liberté de religion fut mise à mal, la liberté d'expression fut réprimée et de nombreux groupes, notamment les Juifs, furent persécutés.

    Delp entra dans la Compagnie de Jésus en 1926 et fut ordonné prêtre en 1937, deux ans seulement avant l'invasion nazie de la Pologne, qui déclencha la Seconde Guerre mondiale en Europe. En tant que prêtre, Delp se trouva de plus en plus en danger, mais il utilisa ses sermons et ses écrits pour continuer à résister à l'idéologie et au régime nazis, déformant même habilement les mots de la propagande nazie contre eux en subvertissant le langage de l'oppression.

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  • Que devons-nous faire ? (3e dimanche de l'Avent)

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    L'homélie (archive 2009) du Père Joseph-Marie Verlinde fsJ (homelies.fr) :

    Les foules se pressent autour de Jean en réponse à son appel à la conversion. Ils l’assaillent de questions, lui demandant « ce qu’il leur faut faire ». On ne demande pas à Jean ce qu’il faut croire ou penser, mais ce qu’il faut faire. Or le Précurseur n’exige rien de ce que nous nous attendions à entendre : pénitence, ascèse, exercices de piété. A tous il demande seulement de partager nourriture et vêtement avec celui qui en a besoin. Autrement dit, il demande à chacun de nous de reconnaître que nous ne sommes pas seuls, et que cet autre à côté de moi, m’oblige par sa seule présence à m’intéresser à lui, et à pourvoir - dans la mesure de mes possibilités - à ses besoins élémentaires.

    Dans la foule, des personnages particuliers se détachent : collecteurs d’impôts et soldats. Jean leur impose à nouveau le même comportement en signe de conversion : ne pas faire de l’égoïsme le critère de leur action ; ne pas profiter de leur profession ou de leur pouvoir pour s’enrichir injustement. On est encore loin du sermon sur la Montagne, mais n’est ce pas déjà un signe de conversion au Royaume, que de ne plus faire de son « moi » sa seule raison de vivre ? Par ces règles qu’il donne à ceux qui veulent se préparer à la venue de Celui dont il a proclamé l’avènement imminent, Jean veut creuser le désir de cet Autre qui vient, en nous ouvrant à l’autre qui est déjà là.

    L’Evangile souligne l’efficacité de la méthode du Baptiste : « le peuple était en attente » ; sortir de nous-mêmes en prêtant attention à nos proches, est le meilleur moyen, hier comme aujourd’hui, pour nous préparer à la venue du Seigneur ; c’est même déjà l’accueillir dans ce frère qui m’est confié.

    Jean-Baptiste se défend d’être le Messie, mais ne décline pas son identité ; il s’efface derrière sa mission : il est envoyé uniquement pour donner forme à l’attente, en suscitant un « bain de conversion ». La parole « conversion » signifie en hébreu « retournement » : il s’agit de changer d’angle de vue, d’échelle de valeurs, de critères d’évaluation, en nous tournant vers quelqu’un de radicalement différent, porteur d’une nouveauté inouïe - c'est-à-dire : qui n’a jamais encore été entendue. C’est pourquoi Jean lui-même ne peut rien faire de plus qu’aiguiser son désir, creuser son attente de Celui qui est « plus puissant » que lui, et dont il ne se juge « pas digne de défaire la courroie de ses sandales ». Ce geste d’humilité du serviteur dénouant la chaussure de son maître à son retour de voyage, exprime la distance qui sépare le Précurseur de Jésus, et situe à leur juste place son message et son rite d’immersion.

    Celui qu’annonce le Précurseur va baptiser lui-aussi, mais ce sera « dans l’Esprit Saint et dans le feu ». Le mot que l’on traduit par « esprit » signifie d’abord « vent, souffle » en grec. Probablement le Baptiste présente-t-il le Juge qui vient comme un vanneur qui bat son blé en plein vent pour séparer le grain de la balle, cette dernière étant vouée au feu. Ce faisant, il agit en tant que propriétaire : l’aire qu’il nettoie est sienne ; il se prépare à engranger le fruit de sa moisson. Celui-qui-vient vient donc en réalité chez lui. Nous qui pensions être chez nous ici bas, nous découvrons que nous sommes en réalité chez lui, mais nous n’en savions rien ; un peu comme Jacob qui découvre à sa plus grande stupéfaction, que la terre qu’il foule est sainte, puisqu’il s’agit de « la maison de Dieu et de la porte du ciel » (Gn 28, 17-19).

    Dieu est mystérieusement présent à notre monde sans que nous le sachions. Aussi le véritable travail de conversion auquel nous sommes invités en ce temps de l’Avent, consiste-t-il à découvrir - dévoiler - la présence cachée de l’Emmanuel, à l’accueillir, et par le fait même à le faire advenir (adventus : avent) en nos vies.

    Il reste cependant encore à clarifier l’action de Celui-qui-vient, car la description qu’en donne le Précurseur est pour le moins inquiétante. Il nous faut donc trouver les clés de lecture appropriées.
    Les gestes qu’il va accomplir sont tous des actes de séparation : de même qu’au commencement, Dieu crée en séparant, cette nouvelle intervention divine s’annonce comme une action re-créatrice. Dieu tire un monde nouveau de l’ancien monde retourné au chaos, en séparant les éléments qui étaient conjoints durant le processus de croissance – la paille et le grain – mais qu’il est temps de séparer et de consigner à leur place respective.

    La paille qui ne s’est pas envolée avec le vent, est destinée au feu : dans les deux cas, il n’en restera rien ; son rôle n’était que passager : elle n’a pas de consistance, pas de poids, pas de valeur durable. Par contre le blé ainsi purifié de la balle, sera amassé – on peut traduire « rassemblé » – dans le grenier du propriétaire.

    Telle est la Bonne Nouvelle : tout ce qui dans nos vies a été préparation, apprentissage, avec tout ce que cela comporte d’essais infructueux, d’erreurs, d’échecs, mais aussi de péchés, tout cela disparaîtra. Seul le bon grain caché au cœur de nos existences souvent enlisées dans bien des préoccupations nécessaires mais éphémères, seul le fruit de nos efforts désintéressés accomplis pour les autres - seuls nos partages fraternels du vêtement et de la nourriture avec ceux qui en ont besoin - seront engrangés dans les demeures éternelles, où nous partagerons avec tous nos frères, l’unique pain qui résultera de cette moisson universelle.

    De même qu’au matin de Pâque, le Seigneur Ressuscité demande à ses disciples redevenus pécheurs, de tirer à terre le fruit de leur pêche pour la partager avec eux (Jn 21), ainsi fera-t-il au terme de notre vie, rompant pour nous et avec nous le pain des bonnes œuvres qu’il aura lui-même accomplies en nous par son Esprit, dans une commensalité qui sera notre joie éternelle.

    Dans chaque Eucharistie nous anticipons ce repas eschatologique. Nous offrons à Dieu le pain, « fruit de la terre et du travail des hommes » (Prière d’offrande), et il nous le rend en Pain de la vie éternelle (cf. Jn 6, 51) ; pain qui nous sanctifie et qui fait notre unité en nous unissant en un seul Corps : le Corps du Christ ressuscité, présent et agissant au milieu de nous, source de notre paix et de notre joie (2nd lect.), comme nous le rappelle ce dimanche du « gaudete ».

    C’est à nous qui avons le bonheur de participer à cette Eucharistie, que s’adresse l’exhortation du prophète Sophonie entendue en première lecture :

    « Pousse des cris de joie, fille de Sion ! Éclate en ovations, Israël !
    Réjouis-toi, tressaille d'allégresse, fille de Jérusalem !
    Le roi d'Israël, le Seigneur ton Dieu est en toi, c'est lui, le héros qui apporte le salut.
    Il aura en toi sa joie et son allégresse, il te renouvellera par son amour ;
    il dansera pour toi avec des cris de joie, comme aux jours de fête » (1ère lect.).

    Père Joseph-Marie

  • Le bienheureux Charles de Habsbourg, une lumière pour notre temps

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    Du sur The European Conservative :

    Le bienheureux Charles, une lumière pour notre temps

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