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Patrimoine religieux - Page 37

  • Le devoir de Pierre : l'autorité papale et la restauration de l'ordre ecclésial

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    Le devoir de Pierre : l'autorité papale et la restauration de l'ordre ecclésial

    Le pape est le père de l'Église, mais son autorité est dévoyée si elle ne sert pas la vie, la vérité et l'ordre divin. La restauration ne viendra pas de la nouveauté papale, mais de la fidélité papale au Christ, à l'Écriture et à la Tradition.

    À une époque d'individualisme radical et de rébellion idéologique contre toute forme d'autorité, la tradition catholique offre un correctif nécessaire et urgent. Enracinée dans l'Écriture Sainte, développée par les Pères de l'Église, affinée par saint Thomas d'Aquin et clarifiée par le Magistère, la conception chrétienne de l'autorité n'est ni autoritaire ni permissive. Elle est un reflet structuré de l'amour divin. L'autorité est accordée par Dieu aux dirigeants, non pour dominer, mais pour promouvoir le bien commun et guider les âmes vers leur fin surnaturelle. Et le pape, en tant que Vicaire du Christ, est le père de l'Église universelle.

    Alors que nous nous unissons dans la prière pour un nouveau pape, demandons également à Dieu une restauration de la foi et de l’ordre divin au sein de l’Église, qui ne peut se produire que par une compréhension renouvelée et un exercice charitable de l’autorité papale.

    Rébellion et désordre : les leçons de la chute

    La désobéissance d'Adam et Ève fut la première rébellion contre l'autorité divine. Leur chute – « Vous serez comme Dieu » (Gn 3, 5) – fut un rejet de la gouvernance paternelle de Dieu. Le Catéchisme enseigne : « L'homme, tenté par le diable… que la confiance en son Créateur meure dans son cœur » (CEC 397). Par leur rébellion autonome, Adam et Ève ne sont pas devenus « des expressions plus créatives et plus libres d'eux-mêmes », mais ont perdu leur liberté et leur communion avec Dieu, devenant esclaves du péché, de la concupiscence et du désespoir.

    Toute rébellion ultérieure, qu'elle soit doctrinale, liturgique ou morale, fait écho à cette première rupture, car l'autorité est instituée par Dieu pour préserver la vérité, l'amour et l'ordre. De même que la paternité est nécessaire à la protection et à la direction de la famille, la fonction papale est nécessaire à la préservation de l'ordre, de l'unité et de la vérité dans l'Église. Le désordre dans l'Église commence souvent par un désordre dans notre conception de l'autorité (par exemple, Martin Luther) ou par un abus d'autorité de la part de celui qui en est investi (par exemple, Henri VIII). Il est important de replacer cette discussion dans le contexte de la Révolte protestante, car le rejet de l'autorité au sein (et en dehors) de l'Église remonte à cette époque.

    Les racines de l'autorité ecclésiale

    La papauté est fondée sur la primauté de Pierre parmi les Apôtres. Les paroles du Christ – « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église… Je te donnerai les clés du royaume des cieux » (Mt 16, 18-19) – établissent le principe fondamental de l'ordre ecclésial. L'autorité dans l'Église n'est pas inventée par l'homme, mais instituée par le Christ.

    Saint Paul confirme cette structure ecclésiale lorsqu'il parle de l'Église édifiée « sur le fondement des apôtres et des prophètes, le Christ Jésus lui-même étant la pierre angulaire » (Ep 2, 20). Le gouvernement de l'Église n'est pas une bureaucratie humaine, mais une réalité sacramentelle, divinement ordonnée.

    Les Pères de l'Église ont toujours reconnu le rôle unique de Pierre. Saint Irénée, écrivant au IIe siècle, soulignait la nécessité de l'unité avec l'Église romaine en raison de son autorité prééminente : « Il est en effet nécessaire que toute Église s'accorde avec [Rome], en raison de son autorité prééminente » ( Adversus Haereses , III.3.2). Saint Cyprien enseignait que le Siège de Pierre est le principe et le fondement de l'unité. Saint Augustin enseignait que Pierre détenait une primauté parmi les apôtres et que cette primauté perdure chez ses successeurs.

    L’office pétrinien fut donc compris dès le début comme une institution divine, destinée à sauvegarder l’unité et l’orthodoxie.

    Saint Thomas d'Aquin, à son tour, a articulé la nature d'une gouvernance juste : « La loi est une règle et une mesure des actes… ordonnés au bien commun » ( ST I-II, Q.90, a.1,2). L'autorité doit servir la vérité et le bien. Même l'autorité papale, bien qu'instituée par Dieu, n'est pas arbitraire. Elle doit être rationnelle, juste et orientée vers la sanctification des âmes. Thomas d'Aquin insiste sur le fait que l'obéissance à l'autorité humaine n'est due que lorsqu'elle n'entre pas en conflit avec la loi divine ( ST II-II, Q.104, a.5).

    Le pape, bien que possédant la plénitude du pouvoir ecclésial, est lié par la révélation confiée aux Apôtres et préservée par la Tradition.

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  • Abbé Jean Pateau OSB (Fontgombault) : « Oeuvrer pour l'unité ne signifie pas oeuvrer pour l’uniformité »

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    De kath.net/news :

    Abbé Jean Pateau OSB : « Oeuvrer pour l'unité ne signifie pas oeuvrer pour l’uniformité »

    5 mai 2025

    Abbé de Fontgombault : « Je dirais même que l’imposition de l’uniformité nuit à l’unité… Telle était, me semble-t-il, la perspective de Benoît XVI. » Entretien sur la liturgie dans le rite extraordinaire. Par Lothar C. Rilinger

    L'abbaye de Fontgombault a été fondée en 1091. Après une histoire mouvementée, le complexe monastique roman, qui présente également une valeur exceptionnelle du point de vue de l'histoire de l'art, appartient à nouveau à l'Ordre bénédictin, plus précisément à la Congrégation de Solesmes. La communauté religieuse de Fontgombault maintient la liturgie sous la forme extraordinaire ; L'abbé Jean Pateau OSB explique le contexte de cette affaire dans une interview avec l'avocat Lothar C. Rilinger.

    Lothar Rilinger : Vous célébrez la messe dans votre monastère selon l'ancien rite. Pensez-vous que ce genre de célébration pourrait mettre en danger l’unité des fidèles ?

    Abbé Jean Pateau OSB : Tout d’abord, je vous dois quelques éclaircissements. La messe monastique dans l'abbaye n'est pas célébrée selon le Missel de 1962, appelé Vetus Ordo ou rite ancien, mais selon le Missel de 1965. Bien que ce Missel soit le résultat de la mise en œuvre de la réforme demandée par le Concile le 4 décembre 1963, il reste étroitement lié au Missel de 1962 et conserve l'offertoire et la plupart des gestes. De plus, nous avons décidé d'utiliser le calendrier actuel pour le sanctuaire. Nous avons conservé l'ancien ordre temporel, qui comprend le temps de la Septuagésime, l'Octave de la Pentecôte et le Quatembre, mais nous célébrons le Christ-Roi avec l'Église universelle le dernier dimanche de l'année. Tout cela contribue à une approximation du Missel actuel de 1969.

    Pour répondre plus directement à votre question sur l’unité ecclésiale, je voudrais rappeler que Benoît XVI. Dans sa lettre aux évêques à l’occasion de la publication du Motu Proprio Summorum Pontificum, il a examiné deux craintes qui ont fait obstacle à la publication de ce texte :

    - de diminuer l’autorité du Concile Vatican II et de mettre en doute la réforme liturgique.
    - conduire à des troubles et même à des divisions dans les paroisses.

    Quant à la remise en cause de l'autorité du Concile Vatican II, il faut rappeler que l'archiabbé de Beuron a remis à saint Paul VI une lettre de remerciements. a envoyé un exemplaire de l'édition postconciliaire du Missel Schott quelques mois après la publication de l'Ordo Missae de 1965. Le 28 mai 1966, le cardinal secrétaire d'État Cicognani adressa une lettre de remerciements à l'abbé au nom du pape, dans laquelle il déclarait : « Le trait caractéristique et essentiel de cette nouvelle édition révisée est qu'elle représente l'aboutissement parfait de la Constitution liturgique du Concile. »

    En ce qui concerne le deuxième point, je pense qu’il faut se méfier des caricatures simplistes. Il y a des endroits où il y a eu et où il y a des pauses. Il y a aussi des endroits où tout est paisible. Beaucoup seraient surpris d’apprendre que la majorité des jeunes qui choisissent d’intégrer les communautés dites traditionnelles ne sont pas des jeunes issus à l’origine du contexte des communautés traditionnelles. Je suis moi-même un exemple de cela.

    Quant aux jeunes qui s'approchent des communautés traditionnelles, ils sont très libres dans leur pratique liturgique et ont depuis longtemps quitté leur paroisse d'origine.

    L’unité dans l’Église n’est pas l’uniformité. L’Église d’Orient en est un exemple.

    Travailler vers l’unité ne signifie pas travailler vers l’uniformité. Je dirais même que l’imposition de l’uniformité nuit à l’unité. La question est de savoir comment œuvrer pour l’unité. Telle était, me semble-t-il, la perspective de Benoît XVI.

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  • Provoquée par François, la souffrance des tradis sera un sujet pour le prochain pape

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    Une "tribune" de Christophe Dickès publiée sur le site de La Croix :

    « La souffrance des tradis provoquée par François sera un sujet pour le prochain pape »

    Alors que les obsèques du pape François ont eu lieu samedi 26 avril à Rome, Christophe Dickès revient sur le motu proprio Traditionis custodes, que le pape avait rendu en 2021. Encadrant la célébration de la messe tridentine, ce tour de vis a entraîné selon lui une souffrance dont le prochain pape devra s’occuper.

    Dans sa deuxième et dernière autobiographie intitulée Espérer, la sentence du pape François a été sans appel : « Il est établi aujourd’hui que la célébration de la messe selon le missel préconciliaire, en latin, doit être expressément autorisée par le Dicastère pour le culte, qui ne l’accordera que dans des cas particuliers. Parce qu’il n’est pas bon que la liturgie devienne idéologie. »

    De tous les actes du pontificat François, celui de la restriction drastique de la messe dite de saint Pie V constitue une des ruptures les plus importantes avec son prédécesseur. En effet, ce dernier avait libéralisé l’usage de l’ancien missel par le fameux motu proprio Summorum pontificum (7 juillet 2007) en créant, à côté du rite ordinaire de la messe dite de Paul VI, un rite extraordinaire correspondant au missel de 1962 du pape Jean XXIII. Pour justifier son acte, le pape allemand avait écrit dans une lettre adressée aux évêques : « Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous, et ne peut à l’improviste se retrouver totalement interdit, voire considéré comme néfaste. »

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    François, lui, vit la chose tout autrement. À cet égard, il a souvent été dit, au fil des différents textes (1) restreignant la pratique de l’ancien rite, que la lutte contre le traditionalisme avait été menée par l’entourage progressiste du pape François, et notamment par Mgr Arthur Roche qui devait pourtant toute sa carrière romaine à Benoît XVI. Le dernier livre de François semble nous dire le contraire.

    Une réalité ecclésiale

    En effet, le pape ne mâche absolument pas ses mots à l’égard de cette minorité de l’Église. Il qualifie cette dernière de « phénomène sociologiquement curieux » et considère ses pratiques comme une « ostentation de cléricalisme » ou de « mondanité sectaire », « un spiritualisme abstrait, enveloppé dans un sens fumeux du mystère ». Il va même bien plus loin en s’attaquant à la psychologie de ceux qui assistent au rite en latin : « Parfois, ces déguisements dissimulent des déséquilibres, des déviations affectives, des problèmes comportementaux, un malaise personnel qui peut être instrumentalisé ».

    De son côté et en un temps finalement peu éloigné, le pape Benoît XVI avait tout d’abord rappelé que la forme dite extraordinaire du rite romain n’avait jamais été abrogée. Prenant acte d’une nouvelle réalité ecclésiale, il avait considéré le fait que « beaucoup de personnes restaient fortement attachées à cet usage du Rite romain ». Mieux, il avait entendu des évêques eux-mêmes que « des personnes jeunes (…) se sentaient attirées par [cette ancienne forme liturgique] et y trouvaient une forme de rencontre avec le mystère de la Très Sainte Eucharistie qui leur convenait particulièrement. » En somme, le pape Benoît avait voulu donner une « forme » et des normes à une réalité ecclésiale que l’on ne pouvait rayer d’un trait de plume. Surtout, il donnait à son geste une raison positive : « Faire tous les efforts afin que tous ceux qui désirent réellement l’unité aient la possibilité de rester dans cette unité ou de la retrouver à nouveau. »

    En 2021, la décision du pape François avait été le résultat d’une enquête réalisée auprès des évêques du monde entier et qui ne fut jamais rendue publique. Selon nos informations, il semble que 15 % de l’épiscopat mondial exprimèrent le rejet du rite ancien et autant son maintien. Une grande majorité se révélant finalement indifférente sur la question. De leur côté, les évêques français, dont la réponse avait fuité, exprimaient l’idée que « seule une petite minorité gard [ait] une défiance à l’égard de Vatican II et de la forme ordinaire ». Autrement dit la question d’une rupture ecclésiologique crainte par les autorités n’était pas d’actualité en France. Les blessures des années 1970 se refermaient entre autres grâce à l’arrivée d’une nouvelle génération qui, tout en étant attachée au rite ancien, ne remettait absolument pas en cause le nouveau rite.

    La surprise de la décision romaine

    Quoi qu’il en soit, une majorité d’évêques a été surprise par la décision romaine. Plusieurs voix au sein de l’Église exprimèrent même leur compassion à l’égard de leurs « frères tradis ». De manière prosaïque et même pragmatique, ils ne comprenaient pas pourquoi Rome prenait le risque de rouvrir une guerre liturgique que la patience et la longanimité avaient quasiment refermée. Les évêques, à de rares exceptions, ne comprenaient pas davantage comment Rome pouvait ainsi donner raison à la Fraternité Saint-Pie-X fondée par Mgr Lefebvre, en poussant dans leur rang des fidèles qui avaient pourtant largement exprimé leur fidélité à la Chaire de Pierre.

    Benoît XVI lui-même, d’après son secrétaire, avait estimé « dangereux de confiner un groupe de fidèles dans un coin au risque qu’ils se sentent persécutés et de leur inspirer la sensation de devoir préserver à tout prix leur identité contre “l’ennemi” » (2).  Il est vrai qu’agir de la sorte contre un groupe est le meilleur moyen de le renforcer

    La décision romaine était d’autant plus surprenante qu’elle était contraire à l’esprit même que le pape François avait souhaité donner à son pontificat. Décentralisateur, il s’est révélé ici autoritaire en prenant une décision sans appel. À l’écoute sur bien des sujets, il n’a pas reçu les communautés attachées à ce rite afin de les entendre avant de prendre cette décision. Attaché enfin aux réalités ecclésiales locales, il a imposé une vision en prenant le risque d’être lui-même accusé de cléricalisme, ce qu’il a toujours dénoncé par ailleurs. Aujourd’hui, la question et les souffrances réelles provoquées chez des prêtres et des fidèles par cette décision feront partie des nombreux sujets dont le prochain pape devra s’emparer.

    (1) Motu proprio Traditionis custodes, 16 juillet 2021 ; rescrit de la Congrégation pour le culte divin, de février 2023.
    (2) Georg Gänswein, Rien d’autre que la vérité. Ma vie aux côtés de Benoît XVI, Artège, 2023, 352 p., 19,90 €
  • Un évangile qui résonne particulièrement à la veille du conclave

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    L'homélie de l'abbé Christophe Cossement pour le 3ème dimanche de Pâques :

    Une Église audacieuse qui avance dans l’unité

    4 mai 2025

    Il est heureux qu’en ces jours où on prépare l’élection du prochain pape nous entendions ce texte de l’Évangile, la finale de l’évangile selon saint Jean (Jn 21), où Jésus confie à Pierre de conduire ses brebis, ses agneaux bien-aimés. Dès le IIe siècle nous voyons que l’Église naissante rencontre des difficultés à garder l’unité, et une des communautés est indiquée comme référence à laquelle toutes doivent s’accorder : l’Église de Rome, parce qu’elle a été fondée par saint Pierre et saint Paul1. Ce principe d’unité autour de l’évêque de Rome s’est développé au long des siècles, et on s’est mis à appeler affectueusement celui-ci « pape », c’est-à-dire papa.

    La façon d’exercer l’autorité qui permet de garder l’unité a varié au cours des temps, et changera encore. Ce qui compte, c’est que l’unité demeure et que l’Église ne s’éparpille pas en quantité de dénominations, de branches, de confessions, au gré des interprétations fragmentaires des Écritures.

    Dans l’Évangile, nous voyons que cette autorité de Pierre est fondée sur l’amour du Christ. Jésus demande à Pierre : « m’aimes-tu ? » Dans le film Conclave, qui fait un tabac, on ne voit pas les cardinaux prier. Cela ne reflète pas la réalité, car c’est bien dans la prière, dans la proximité du cœur avec le Christ, que les cardinaux pourront élire celui qui, malgré ses faiblesses, répondra aujourd’hui à son Seigneur : « tu sais tout, tu sais que je t’aime. » Dans l’histoire, les cardinaux ont parfois été plus influencés par les intrigues que par la prière, et encore aujourd’hui on entend beaucoup d’analyses dans les médias sur un conflit entre conservateurs et progressistes qui fonctionne comme une intrigue. Alors prions afin que ce soit l’Esprit Saint qui l’emporte sur toutes les considérations, et que nous accueillions le prochain pape comme un don de Dieu à son Église.

    Le récit des Actes des apôtres nous fait comprendre que la prière, l’intimité avec le Christ développe chez le disciple une audace qui vient de Dieu ; cette audace qui permet à Pierre de dire à tout le Grand Conseil réuni : « il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes ». Tous ces gens étaient remontés contre Pierre et Jean. Ils leur reprochaient de parler d’eux comme les meurtriers du Christ que Dieu avait ressuscité. Auparavant, d’autres, en entendant cela, s’étaient laissé toucher au cœur et avaient demandé aux apôtres : que devons-nous faire ? Et ils avaient accepté de se convertir et de recevoir le baptême (Ac 2,37). Mais les membres du Grand Conseil refusent la conversion et leur seule réaction est de vouloir faire taire les apôtres par tous les moyens. Heureuse Église qui, aujourd’hui encore, quand on veut la faire taire ou la forcer à dire ce qu’il est convenu d’entendre, répondra : il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes ! En réagissant ainsi, elle met son avenir dans les mains de Dieu ; son avenir, qui peut paraître incertain à vues humaines, devient assuré par la puissance et la miséricorde de Dieu. Que l’Esprit Saint nous aide à accueillir la foi et toutes les exigences de la foi, et aussi d’en parler sans peur. C’est Dieu qui nous appelle, qui nous transforme et qui seul peut nous combler, même et surtout lorsque nous prenons des chemins plus difficiles que ceux qui sont possibles si nous ne suivons par le Christ et que nous n’écoutons pas son Église. Soyez dans la joie du ciel !

    1 « Avec cette Église, en raison de son origine plus excellente, (fondée par Pierre et Paul) doit nécessairement s’accorder toute Église, c’est-à-dire les fidèles de partout, — elle en qui toujours, au bénéfice de ces gens de partout, a été conservée la Tradition qui vient des apôtres. » (Irénée de Lyon, Adversus Haereses, III,3,2)

  • Compte à rebours du conclave : les qualités à rechercher chez le prochain pape

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    D'Edward Pentin sur le NCR :

    Compte à rebours du conclave : les qualités à rechercher chez le prochain pape

    COMMENTAIRE : Contrairement à un politicien qui se concentre uniquement sur ce monde, la principale responsabilité d’un pape est d’aider à guider des millions d’âmes vers l’au-delà.

    Autel de la Chaire dans la basilique Saint-Pierre, où le magnifique monument en bronze du Bernin à la Chaire de Pierre fait office de reliquaire en bronze massif pour la chaise en bois historique.
    Autel de la Chaire dans la basilique Saint-Pierre, où le magnifique monument en bronze du Bernin à la Chaire de Pierre fait office d'immense reliquaire en bronze pour la chaise historique en bois. (photo : Vatican Media / VM)

    CITÉ DU VATICAN — Les qualités d’un pape vont bien au-delà du simple fait d’être une sorte de PDG de l’Église catholique.  

    Inévitablement, au minimum, il devrait posséder une foi et une humilité fortes, être disposé à adhérer aux enseignements de l'Église et à la tradition apostolique, et personnifier l'ancien titre du Pape en tant que servus servorum Dei, le Serviteur des Serviteurs de Dieu.  

    Mais il devrait également posséder d’autres qualités exceptionnelles et, idéalement, faire preuve d’une grande sainteté et d’une vertu exceptionnelle – vertu qui, comme je l’ai écrit dans mon livre de 2020 The Next Pope, peut être mieux comprise en regardant l’exemple de saint Pierre dans le Nouveau Testament. 

    Invité par le Christ ressuscité à « garder mes brebis, faire paître mes brebis » après que Pierre l'ait renié, un pape devrait manifester un amour pour le Christ qui s'étend à chaque membre du corps mystique du Christ — le « troupeau » pour lequel le Christ est le Bon Pasteur.  

    Contrairement à un homme politique uniquement concentré sur ce monde, la principale responsabilité d'un pape est de guider des millions d'âmes vers l'au-delà. Sa charité doit donc lui permettre de « prêcher » le troupeau par la gouvernance, de le « nourrir » par la liturgie et de lui enseigner la saine doctrine en tant que prophète – en substance, les trois munera (devoirs) d'un évêque : enseigner, gouverner et sanctifier.   

    Saint Pierre développe ces thèmes en exhortant les prêtres :  

    « Pais le troupeau de Dieu qui t'est confié, non par contrainte, mais volontairement, non pour un gain honteux, mais avec empressement, non comme dominateurs envers ceux dont tu as la charge, mais en te comportant comme un modèle pour le troupeau. Et lorsque le souverain pasteur paraîtra, vous recevrez la couronne incorruptible de gloire. » (1 Pierre 5:2) 

    De plus, à l'instar de saint Pierre, qui fut habillé et conduit là où il ne voulait pas aller, un pape doit rester humble et soumis à la Divine Providence. Et comme Pierre, le « roc » sur lequel l'Église visible a été fondée, son successeur doit, par la grâce, être fort de caractère et de foi.  

    Détenteur des « clés du royaume des cieux », du pouvoir de « lier et de délier », le pape doit juger avec justice, tempérant la justice par la miséricorde pour le salut des âmes. Il est également appelé à confirmer les fidèles dans les enseignements de l'Église, à défendre la tradition et à sauvegarder l'orthodoxie – des responsabilités qui définissent en définitive la mission première de Pierre. Il doit garder le dépôt de la foi et, ce faisant, maintenir l'unité de l'Église. 

    L'un des meilleurs guides sur les qualités papales nous vient de saint Bernard de Clairvaux, dans une instruction intitulée « De la considération ». Les réflexions du moine cistercien ont influencé les papes au fil des siècles, en particulier Benoît XIV (1740-1758), qui les considérait comme la règle de la sainteté papale. Benoît résumait ainsi les « conseils d'or » de saint Bernard, qui donnent une bonne idée de ce qu'il faut rechercher chez les cardinaux considérés comme papabiles : 

    1. Le Pape ne doit pas être entièrement absorbé par l’activité, mais doit se rappeler que son travail principal est d’édifier l’Église, de prier et d’instruire le peuple. 
    2. Par-dessus toutes les autres vertus, un pape doit cultiver l’humilité : « Plus vous vous élevez au-dessus des autres, plus votre humilité doit se manifester. »
    3. Le zèle d’un pape doit tenir compte de sa sainteté personnelle et non des honneurs mondains. 
    4. Un pape devrait avoir des amis connus pour leur bonté. 
    5. Parce que les structures de pouvoir reçoivent plus facilement les hommes bons qu’elles ne les rendent bons, le pape devrait s’efforcer de promouvoir ceux qui ont fait preuve de vertu. 
    6. Face aux méchants, le pape devrait tourner son visage contre eux : « Que celui qui n’a pas peur des hommes redoute l’esprit de ta colère. Que celui qui a méprisé tes avertissements redoute tes prières. » 

    Benoît XIV a également noté une septième caractéristique, soulignée par le Concile de Trente : qu'un pape doit choisir des cardinaux parmi les hommes les plus éminents en érudition et en vertu, des pasteurs bons et bien qualifiés.  

    Selon l'ancien serment que les papes faisaient en assumant la charge d'évêque de Rome, ils devaient également avoir du zèle pour la propagation de la foi catholique, pour l'encouragement et la restauration de la discipline ecclésiastique et pour la défense des droits du Saint-Siège. 

    Saint Robert Bellarmin, jésuite et docteur de l'Église du XVIe siècle, soulignait l'importance pour un pape de pouvoir nommer de bons évêques, de s'assurer qu'ils remplissent leurs devoirs et, si nécessaire, de les y contraindre. De plus, parfaitement conscient des qualités requises pour être un bon et saint pontife, saint Robert déplora, devant un conclave en 1605, de ne trouver aucun candidat apte à devenir évêque de Rome.  

    « Nous avons besoin de beaucoup de prières », écrit-il, « car je ne vois personne au Sacré Collège [des Cardinaux] qui possède les qualités [nécessaires]. Et, pire encore, personne ne recherche une telle personne. Il me semble que pour le Vicaire du Christ, nous ne cherchons pas quelqu'un qui connaisse la volonté de Dieu, c'est-à-dire qui soit versé dans les Saintes Écritures ; nous cherchons plutôt quelqu'un qui connaisse la volonté de Justinien [le législateur] et d'autres auteurs similaires. Nous cherchons un bon prince temporel, et non un saint évêque qui se dépense véritablement pour le bien des âmes. » 

    Finalement, les cardinaux élirent le cardinal Camillo Borghese, âgé de 52 ans, qui prit le nom de Paul V. Son pontificat fut marqué par des conflits tels que la guerre de Trente Ans, le conflit avec Galilée et le népotisme, mais il apporta des contributions significatives au paysage architectural de Rome avant sa mort à l'âge de 70 ans.  

    On se demande souvent dans quelle mesure l'Esprit Saint intervient dans un conclave. Le cardinal Joseph Ratzinger a expliqué que la Troisième Personne de la Sainte Trinité « ne prend pas exactement le contrôle de l'affaire, mais plutôt, tel un bon éducateur, nous laisse beaucoup d'espace, beaucoup de liberté, sans pour autant nous abandonner complètement. »  

    « Le rôle de l'Esprit Saint devrait donc être compris de manière beaucoup plus souple, et non comme s'il dictait le candidat pour lequel voter. La seule garantie qu'il offre est probablement que la chose ne puisse être totalement ruinée. » Il a ajouté : « Il existe trop d'exemples contraires de papes que le Saint-Esprit n'aurait évidemment  pas choisis ! » 

    De nombreux autres facteurs détermineront également le choix final des cardinaux, tels que l'âge, la situation géographique, les orientations théologiques, l'expérience et la santé. Mais en ce qui concerne les qualités personnelles, ce sont elles qui, du moins historiquement, ont servi de modèle pour guider les choix des cardinaux. 

  • Le mois le plus beau

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    <p>La Vierge adorant l'enfant Jésus par Giovani Ambrogio Bevilacqua. Fin du XVe siècle. Pavie, Italie.</p>

    "C'est le mois de Marie, c'est le mois le plus beau..."

    Origine du "mois de Marie"

    La dédicace d'un mois à une dévotion particulière est une forme de piété populaire. La dévotion du mois de Marie (mois de mai) est apparue à Rome au début du 18ème siècle. Elle s'est répandue d'abord en Italie sous l'influence des jésuites et est arrivée en France à la fin du 18ème siècle. Elle a été approuvée par le pape Pie VII au début du 19 ème (21 novembre 1815) après avoir subi l'opposition des jansénistes.

    (Voir l'historique détaillé ici : http://missel.free.fr/Sanctoral/05/mois_marie.html)

    Célébration du mois de Marie

    Le mois de Marie était très suivi autrefois. Actuellement encore dans beaucoup de paroisses durant le mois de mai, on récite le chapelet et on médite le rosaire; on adresse aussi personnellement beaucoup de prières à Marie. Le mois de Marie en mai et le mois du Rosaire en octobre sont les temps forts de la piété mariale.

  • Le pape de demain devra d'abord parler du Christ. Le reste en découlera. Et ce sera un défi de taille.

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    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Après François : l'institution, l'héritage, les problèmes

    Il y a un contraste frappant entre l'idée qui avait été donnée des funérailles du pape François, avec les rites simplifiés et le désir qu'elles ne soient pas perçues comme un signe de pouvoir, et la manière dont a été organisé le transfert du corps du pape de la maison de Sainte-Marthe à Saint-Pierre.

    Ce fut, en effet, une cérémonie papale impeccable, tout comme les funérailles célébrées le 26 avril furent une célébration papale soignée dans les moindres détails. Le pape François est parti en pape – un pape exceptionnel qui laisse derrière lui un héritage de gestes encore à définir, mais qui reste un pape.

    Le contraste est encore plus évident si l'on regarde comment la mort du pape a été annoncée : le cardinal Kevin Farrell, camerlingue, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État, l'archevêque Edgar Pena Parra, substitut, et l'archevêque Diego Ravelli, maître des célébrations papales, se sont présentés dans la chapelle de la Domus Sanctae Marthae en tant qu'ecclésiastiques, sans même la soutane à fil rouge.

    C’était une annonce officielle qui manquait… d’officialité.

    L'annonce a été diffusée en direct sur les réseaux du Vatican mais n'a pas été prononcée devant la place, où les cloches n'ont pas sonné pendant au moins une heure car la transmission électronique qui était censée les activer était interrompue.

    Ce sont autant de détails qui marquent un avant et un après. Ils racontent comment, à la mort du pape François, l'institution a été mise de côté, et la machine institutionnelle, liturgique et symbolique a redémarré quelques jours plus tard. Rien ne sera fait contre le pape défunt, mais tout sera fait pour l'Église.

    Le retour de l’institution au centre marque également une transition qui ne peut être sous-estimée.

    Le pape François a apporté son charisme et a également imposé une série de symboles, de gestes et de manières de faire personnels, directement issus de son environnement et de sa façon d'être. Portant des chaussures ou un pantalon noirs sous la soutane, évitant la mozzetta papale et manifestant une certaine « allergie » à toute situation institutionnelle, le pape François a en quelque sorte porté un coup dur au protocole institutionnel.

    Tant qu'il régnait, tout le monde le suivait.

    Pourtant, ce protocole était fait d'une histoire et d'une dignité qui n'avaient pas été perdues. Il est simplement resté sous les cendres jusqu'à son retour au moment où l'Église, privée de son chef, doit parler au monde . Et elle ne peut que parler au monde avec ses symboles, ses signes et son histoire – en un mot, avec son langage.

    Les lecteurs pourraient penser que tout cela est secondaire et juger vain de critiquer le pape pour son renoncement, voire sa répudiation, à certains symboles. La tradition, dit-on, n'est pas immuable. L'Église, ajoute-t-on, n'est pas le pouvoir. Le pape, précise-t-on, a bel et bien aidé l'Église à se débarrasser de la poussière du passé.

    Tout cela est peut-être vrai, et c'est une façon différente d'aborder la question. Pourtant, l'histoire nous apprend que chaque fois qu'un changement touche les langues historiques, des identités se perdent et des institutions s'effondrent. Reconstruire est toujours complexe et titanesque .

    Le pape François a défini deux points dans son testament : la paix mondiale et la fraternité. Cependant, ces points restent généraux et concernent davantage la situation mondiale que celle de l’Église . Ce langage est cohérent avec celui du pape, qui s’adressait au monde avant l’Église. À tel point que, lors de sa première rencontre avec les journalistes, il n’a pas donné de bénédiction par respect pour les non-croyants. À tel point que, hormis la bénédiction urbi et orbi lors de ses dernières sorties, le pape François a souhaité « bon dimanche », mais n’a pas prononcé de bénédiction .

    Les cardinaux entameront toutefois cette semaine un échange de vues sur l'Église qui dépassera ces questions. Ce sera un conclave différent de celui de 2013.

    En 2013, les cardinaux furent appelés à réagir à un choc : la démission de Benoît XVI. Ils en examinèrent immédiatement les causes immédiates et pensèrent que l’un des problèmes résidait dans l’organisation . Au bout d’un moment, les collaborateurs du pape furent pointés du doigt. Une phrase disait que « quatre années de Bergoglio pourraient suffire ». Cela signifiait qu’un pape venu du bout du monde était nécessaire pour secouer l’institution et poser les bases de la réforme. Mais seulement pour quatre ans. Une panique maîtrisée, pour ensuite tout ramener dans le giron institutionnel.

    Le pape François, cependant, a occupé ce poste pendant douze ans et a eu le temps de laisser une empreinte décisive sur l'institution de l'Église. Depuis quelque temps, les cardinaux discutent de la nécessité de donner un ordre institutionnel aux réformes et aux différents processus engagés. La réforme de la Curie est loin d'être définitive et nécessite des ajustements. L'ordre de l'État de la Cité du Vatican a été modifié à plusieurs reprises ces dernières années et doit être harmonisé.

    Ensuite, diverses questions ouvertes concernent la crédibilité de l’Église, depuis la lutte contre les abus jusqu’à la présence de l’Église dans la société.

    Les cardinaux rechercheront donc un profil modéré, capable de ne pas négliger les bonnes choses, mais d'avancer vers la normalisation. Quelqu'un qui soit moins protagoniste et qui laisse plutôt l'Église s'exprimer, dit-on. Plus pragmatiquement, quelqu'un qui n'applique pas un système de dépouilles féroce après son élection.

    Car la grande crainte, pour beaucoup, est de perdre les postes de pouvoir qu'ils ont conquis. Le pape François a eu un gouvernement très personnel . Les véritables collaborateurs n'étaient pas ceux qui occupaient des fonctions officielles, mais ceux qui restaient invisibles. Tous ces collaborateurs, qui étaient des confidents du pape, n'avaient ni titre ni fonction. Le risque, pour eux, était de disparaître.

    Le Conclave nous dira maintenant si les cardinaux auront le courage de mener à bien cette contre-révolution institutionnelle. Il ne s'agit pas de reculer . Il s'agit de consolider l'institution de l'Église, puis d'avancer avec des orientations et des méthodes différentes. Ce serait encore une révolution copernicienne après un pontificat comme celui du pape François.

    Bien sûr, les cardinaux ne doivent pas commettre la grave erreur de se concentrer sur des questions pragmatiques lors des congrégations générales. C'est ce qui s'est produit avant le conclave de 2013. Le choix s'est alors porté sur le pape François, car il semblait suffisamment fort pour mener les réformes sans réaction. En réalité, ils se tournaient vers le pape en quête d'un profil missionnaire et d'un changement de discours. Ils ne souhaitaient pas une véritable réforme, mais plutôt un renforcement de la situation existante.

    De son côté, le pape François a réformé, changé les règles et tout remis en question. Il a pris chaque décision en affirmant que tel était le mandat que lui avaient confié les cardinaux réunis à la chapelle Sixtine. Il n'avait pas entièrement tort .

    Le pape de demain devra donc d'abord parler du Christ. Le reste en découlera. Et ce sera un défi de taille .

  • Pâques : Mortem moriendo destruxit

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    Dans la messe latine du jour de Pâques, lorsqu’il chante la préface solennelle, le prêtre proclame le coeur de notre foi dans le Christ : « ipse vere est Agnus qui mortem nostram moriendo destruxit et vitam resurgendo comparavit », ce qui veut dire « c’est vraiment lui l’Agneau qui en mourant détruisit notre mort et, en ressuscitant, racheta notre vie ». En termes concis tout est là.  Et c’est aussi, dans la foi, la seule position tenable pour un chrétien confronté à la pandémie fulgurante qui frappe aujourd’hui la terre entière.

    ob_ac3cdf_sara9.jpgLe Cardinal Robert Sarah, dans une interview qu’il vient d’accorder au magazine « Valeurs actuelles » ne dit pas autre chose. A la question posée par Charlotte d’Ornellas, l’auteur du best-seller « Dieu ou rien » répond sans ambages :

    « […] Lorsque la mort est si massivement présente, je vous invite à vous poser la question : la mort est-elle vraiment la fin de tout ? Ou bien n’est-elle pas un passage, douloureux certes, mais qui débouche sur la vie ? C’est pour cela que le Christ ressuscité est notre grande espérance. Regardons vers Lui. Attachons-nous à Lui. Il est la Résurrection et la Vie. Qui croit en Lui ne mourra jamais (Jn, 11, 25-26).

    Ne sommes-nous pas comme Job dans la Bible ? Appauvris de tout, les mains vides, le cœur inquiet : que nous reste-t-il ? La colère contre Dieu est absurde. Il nous reste l’adoration, la confiance et la contemplation du mystère. Si nous refusons de croire que nous sommes le fruit d’un vouloir amoureux de Dieu, alors tout cela est trop dur, alors tout cela n’a pas de sens. Comment vivre dans un monde où un virus frappe au hasard et fauche des innocents ? Il n’y a qu’une réponse : la certitude que Dieu est amour et qu’il n’est pas indifférent à notre souffrance. Notre vulnérabilité ouvre notre cœur à Dieu et elle incline Dieu à nous faire miséricorde.

    Je crois qu’il est temps d’oser ces mots de la foi. Le temps est fini des fausses pudeurs et des hésitations pusillanimes. Le monde attend de l’Eglise une parole forte, la seule parole qui donne l’Espérance et la confiance, la parole de la foi en Dieu, la parole que Jésus lui-même nous a confiée ».

    La séquence qui suit l’alleluia de la messe du jour de Pâques nous invite à le proclamer : «  la mort et la vie se sont affrontées en un duel gigantesque: le maître de la vie était mort et le voici vivant qui règne à nouveau ».

    "Victimæ paschali laudes" est une séquence liturgique pour le dimanche de Pâques. Elle est généralement attribuée à un auteur du XIe siècle, Wipo (appelé aussi Wipon de Bourgogne), aumônier (chapelain) de l'empereur du Saint-Empire Konrad II. On l'attribue quelquefois à Notker (moine de Saint-Gall en Suisse), au roi de France Robert le Pieux ou encore à Adam de Saint-Victor. (source)


    1 Victimae paschali laudes immolent Christiani
    2a Agnus redemit oves: Christus innocens Patri reconciliavit peccatores.
    2b Mors et vita duello conflixere mirando, Dux vitae mortuus, regnat vivus.
    3a Dic nobis Maria, quid vidisti in via?
    3b Sepulcrum Christi viventis, et gloriam vidi resurgentis:
    4a Angelicos testes, sudarium et vestes.
    4b Surrexit Christus spes mea: praecedet suos in Galilaeam.
    5a Credendum est magis soli Mariae veraci quam Judaeorum turbae fallaci.
    5b Scimus Christum surrexisse a mortuis vere: Tu nobis, victor Rex, miserere.
    Amen. Alleluia.

    1 A la victime pascale, chrétiens, offrez le sacrifice de louange.
    2a L'agneau a racheté les brebis : le Christ innocent a réconcilié les pécheurs avec le Père.
    2b La mort et la vie s'affrontèrent en un duel prodigieux. Le Maître de la vie mourut : vivant, il règne.
    3a Dis-nous, Marie Madeleine, qu'as-tu vu en chemin ?
    3b J'ai vu le sépulcre du Christ vivant, j'ai vu la gloire du Ressuscité.
    4a J'ai vu les anges ses témoins, le suaire et les vêtements.
    4b Le Christ, mon espérance, est ressuscité, il vous précédera en Galilée.
    5a [...]
    5b Nous le savons : le Christ est vraiment ressuscité des morts. Roi victorieux, prends-nous tous en pitié !
    Amen. Alleluia.

    (Texte latin / français : Académie de chant grégorien).

     JPSC

  • Christ est ressuscité des morts !

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    res-icon[1].jpg

    Canon pascal orthodoxe de Pâques : 

    C’est le jour de la Résurrection,
    Peuples, rayonnons de joie !
    C’est la Pâque, la Pâque du Seigneur,
    De la mort à la vie,
    De la terre aux cieux,
    Christ Dieu nous a fait passer,
    Chantons l’hymne de la victoire !

    Verset : Christ est ressuscité des morts.

    Purifions nos sens,
    Nous verrons le Christ resplendissant,
    Dans l’inaccessible Lumière de la Résurrection,
    Et nous l’entendrons nous crier :
    Réjouissez-vous en chantant l’hymne de la victoire.

    Verset : Christ est ressuscité des morts.

    Que le ciel se réjouisse,
    Que la terre soit dans l’allégresse,
    Que le monde soit en fête,
    Le monde visible et invisible,
    Car le Christ est ressuscité,
    Lui l’éternelle allégresse.

    Verset : Christ est ressuscité des morts.

    C’est le jour de la Résurrection,
    Peuples, rayonnons de joie !
    C’est la Pâque, la Pâque du Seigneur,
    De la mort à la vie,
    De la terre aux cieux,
    Christ Dieu nous a fait passer,
    Chantons l’hymne de la victoire !

    Christ est ressuscité des morts,
    par la mort, il a vaincu la mort ;
    à ceux qui sont dans les tombeaux,
    il a donné la Vie.

    Et aussi, le 

    Stichère de Pâques :

    C'est le jour de la Résurrection, que la fête nous illumine, embrassons-nous les uns les autres et appelons frères, même ceux qui nous méprisent. Pardonnons tout dans la Résurrection et chantons: le Christ est ressuscité des morts, à ceux qui sont dans les tombeaux Il a donné la Vie. 

  • Reine du ciel, réjouissez-vous, alléluia

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    Regina Cœli, laetare, alleluia:
    quia quem meruisti portare, alleluia.
    Resurrexit, sicut dixit, alleluia.
    Ora pro nobis Deum, alleluia.

    V. Gaude et laetare, Virgo Maria, alleluia.
    R. Quia surrexit Dominus vere, alleluia.

    Reine du ciel, réjouissez-vous, alléluia
    car Celui que vous avez mérité de porter dans votre sein, alléluia
    est ressuscité comme Il l'a dit, alléluia
    Priez Dieu pour nous, alléluia.

    V. Soyez dans la joie et l'allégresse, Vierge Marie, alléluia.
    R. Parce que le Seigneur est vraiment ressuscité, alléluia.

  • Canon orthodoxe du Samedi Saint

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    Canon Du Samedi Saint

  • La Passion du Christ selon le Saint Suaire de Turin

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    Du Frère Bruno Bonnet-Eymard (source) :

    La Passion du Christ selon le Saint Suaire de Turin

    LES PLAIES DU CHRIST

    « PILATE PRIT JÉSUS ET LE FIT FLAGELLER. » (JN 19, 1)

    Silhouette dorsale du Saint Suaire
    Silhouette dorsale

    La flagellation du Seigneur, personne ne l'avait imaginée dans toute son ignominie, telle que nous la voyons ici représentée. Peut-être le laconisme des Évangélistes s'explique-t-il par l'horreur que leur inspirait le souvenir de ce supplice infligé à Jésus (Mc 15, 15 ; Mt 27, 26 ; Jn 19, 1). Selon les témoignages littéraires, le condamné était entièrement dévêtu et attaché à une colonne. C'est pourquoi on parle traditionnellement de “ la colonne de la flagellation ”. Mais si Jésus avait eu ainsi les bras élevés, attachés au sommet d'un fût de colonne, il aurait eu au moins la poitrine à l'abri des coups. Ici nous voyons les coups pleuvoir sur les épaules, sur le dos, les reins, les cuisses, les mollets ; mais aussi par-devant : nous en comptons les traces sur la poitrine et sur la face antérieure des jambes.

    Le flagrum, un manche avec deux ou trois lanières lestées de petites haltères en plomb, était manié par un bourreau qui tournait autour de sa victime, ou bien par deux bourreaux, dont l'un frappait à revers. Jésus a perdu beaucoup de Sang, pour une raison que saint Luc est le seul à mentionner, « avec une précision de clinicien tout à fait indépassable », écrit le docteur Barbet ; peut-être parce qu'il avait interrogé saint Jean, le disciple bien-aimé qui ne dormait pas au mont des Oliviers :

    « Entré en agonie, il priait de façon plus instante, et sa sueur devint comme de grosses gouttes de sang qui tombaient à terre. » (Lc 22, 44)

    Barbet reconnaissait les symptômes de l'hématidrose, phénomène clinique rare, mais bien connu des médecins, causé par un profond ébranlement moral, précisément celui dans lequel nous voyons Notre-Seigneur plongé au cours de l'agonie de Gethsémani, lorsqu'Il prévoit d'avance, dans le détail, les souffrances qui L'attendent ; et surtout lorsqu'Il se remémore la masse effroyable de NOS péchés, et qu'Il s'en revêt en présence de son Père, les prenant sur Lui pour les expier. Une agonie morale, un combat mortel entraîne ce symptôme physiologique d'une hémorragie sous-cutanée : le sang se mêle à la sueur et forme avec elle des petites boules sortant par les pores de la peau et roulant littéralement sur l'ensemble du corps, « roulant jusque par terre », écrit saint Luc.

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