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Economie - Page 22

  • Marchandisation du corps des femmes : le nouvel esclavage

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    De Judikael Hirel sur La Sélection du Jour :

    La marchandisation du corps des femmes, le nouvel esclavage

    L’esclavage a, parait-il, été aboli depuis longtemps. Mais pas pour les femmes, bien au contraire, en ce début d’un nouveau siècle. Il prend de nouvelles formes détournées, mettant leur vie, leur corps, leur féminité, au service des désirs personnels et de l’argent. L’actualité le rappelle d’une manière crue, alors que la police de Lagos vient de secourir 19 jeunes filles enceintes âgées de 15 à 28 ans, prisonnières d’une "usine à bébés" destinés à être vendus au Nigeria.

    Ces femmes réduites à leur seule aptitude à porter un enfant sont loin d’être un cas isolé. Dans ce qui constitue bel et bien un "business" international des plus rentables, ce qui est interdit dans un pays se déplace vers un autre. Ainsi, depuis que l’Inde et la Thaïlande ont interdit la GPA aux étrangers, les agences de GPA indiennes créent des "filiales" au Kenya, profitant de l’absence de lois comme de la corruption : un enfant conçu par GPA n’y coûtera "que" 45.000 dollars. Au Nigeria, une fille se vendra 760 euros, un garçon 1.265 euros, sans que les autorités ayant récemment démantelé un trafic ne sachent pour l’instant à qui ni dans quel but ils sont vendus…

    De l’autre côté du monde, la marchandisation du corps des femmes ne connaît pas plus de répit : ce sont des chrétiennes pakistanaises qui étaient vendues par leur famille afin d’être prostituées en Chine. Accusés de trafic d'être humain, une trentaine d'hommes, pakistanais et chinois, ont été arrêtés courant 2018 par l'Agence fédérale d'enquête du Pakistan. Depuis la création de ces réseaux, plus d’un millier de femmes ont été vendues pour de l'argent, afin d’être violées et prostituées dans un pays, la Chine, confronté à une surpopulation d'hommes. Une conséquence indirecte de la politique de l’enfant unique longtemps menée dans ce pays… La plupart de ces femmes étaient issues de la petite communauté chrétienne du Pakistan, pauvres parmi les pauvres.

    Peut-on imaginer plus brutal encore ? Hélas, oui, tant le nouvel esclavage des femmes est une triste réalité. Ainsi, en Inde, des travailleuses des champs se sont vues retirer leur utérus afin d’améliorer leur rendement. Un scandale révélé à l’été 2018, par l’ONG Tathapi, ayant remarqué que dans le district de Beed, à l’est de Bombay, un nombre anormal de femmes avait subi une hystérectomie, une ablation de l’utérus. Dans cette région de l’Inde, 36% des femmes qui travaillent dans les champs ont subi une ablation de l’utérus, quand la moyenne en Inde s’élève à 3,2%… La raison ? "Les employeurs des coupeuses de canne à sucre poussent souvent les femmes à procéder à l’opération pour qu’elles n’aient plus leurs règles, ce qui rendra leur vie plus simple et leur permettra, entre autres, de travailler sans interruption." Comble de l’ironie de ce capitalisme dénué de toute humanité : ces femmes devaient payer elles-mêmes les frais médicaux, entre 250 et 500 euros… alors que leur salaire tourne autour de 400 euros par saison.

    Lire : https://www.tdg.ch/monde/19-filles-enceintes-liberees-usine-bebes/story/23816843

  • Les finances du Vatican sont dans le rouge

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    Déficit inquiétant dans les comptes du Saint-Siège. Information de Il Giornale (de ‘droite‘…) :

    Le Pape et le rouge de 70 millions

    Le Cardinal Marx étudie un plan « larmes et sang »

    Collègues en révolte: il y a des laïcs à 15 mille euros par mois

    Fabio Marchese Ragona, Il Giornale, 20 septembre 2019, traduction de "Benoît et moi" :

    Il faut trouver un remède pour arrêter l’hémorragie et impliquer en temps utile tous les cardinaux et évêques à la tête des dicastères vaticans.

    Une fois de plus, ce sont les finances d’Oltretevere qui troublent le calme de la résidence Sainte Marthe, le quartier général du pape François. Le Souverain Pontife, qui depuis son élection en 2013, tente de réformer l’espace économique du Vatican est maintenant confronté à un nouveau problème: l’assainissement des caisses du Saint-Siège, qui en 2018 ont enregistré un déficit d’environ 70 millions d’euros sur un budget de 300 millions.

    D’un côté, les donations, de plus en plus importantes, de l’autre, les contributions des organismes économiques internes (comme l’IOR) de moins en moins incisifs: c’est pourquoi François, qui n’a pas encore nommé de préfet du Secrétariat à l’économie (après le départ du cardinal Pell pour l’Austalie en 2017), a chargé le cardinal allemand Reinhard Marx, membre du C6 et coordinateur du Conseil économique du Saint Siège, de trouver une solution.

    Ce matin, le cardinal a convoqué une réunion d’urgence au cours de laquelle on tentera d’identifier toutes les coupes possibles à faire. D’après ce qui émerge des milieux vaticans, ce ne sera certainement pas une simple réunion: de nombreux cardinaux sont prêts à faire part à Marx de leur mécontentement face à certaines mesures qui n’ont pas contribué à équilibrer les budgets. « L’un des principaux problèmes est le salaire de quelques laïcs qui gagnent jusqu’à 15 mille euros par mois – tonne l’un des chefs de dicastère qui assistera à la réunion – Il y aurait eu beaucoup de dépenses dans lesquelles on aurait pu tailler. L’arrivée de consultants d’entreprises extérieures, qui sont entrés comme employés payés par le Saint-Siège, a compliqué les choses: ils gagnent plus que nous, les cardinaux, et souvent n’ont même pas de bonnes compétences « .

    En effet, l’une des principales dépenses du Vatican est liée aux salaires des employés, environ 5000 entre le Saint-Siège et le gouvernorat, même s’il s’agit en général de rémunératioins modeste face aux dépenses très élevées pour certains spécialistes qui travaillent avant tout dans les instances économiques du Vatican. Pour cette raison, par exemple, ces derniers mois, le gouvernorat de l’État de la Cité du Vatican, afin d’économiser quelques centaines d’euros par mois, a même réduit les heures supplémentaires du dimanche de deux agents de maintenance des ascenseurs dans le Palais apostolique.

    Ce n’est pas un hasard si, le 1er septembre dernier, le pape François est resté coincé 25 minutes dans l’ascenseur: les deux opérateurs n’étaient pas présents au Vatican et les pompiers ont dû appeler d’urgence un technicien rencontré ce matin-là par hasard, lui demandant de l’aide pour remettre en marche l’ascenseur et pour sortir le pape et quelques-uns de ses collaborateurs de la cabine bloquée.

    Le gouvernorat a également voulu donner un coup de ciseau dans le domaine de la santé: de nombreux employés de l’Etat du Vatican ont protesté contre la réduction, pour le Fonds de santé, des vaccins nécessaires pour les enfants, obligeant les parents à se tourner vers le Service national de santé italien. Plusieurs cardinaux ont en revanche critiqué la décision d’interdire la vente de cigarettes au Vatican: « C’est une rentrée [d’argent] sûre qui a fait défaut, dommage qu’on vende encore des cigares juste parce qu’ils intéressent quelqu’un de haut placé » maugrée un autre cardinal qui rencontrera Marx aujourd’hui.

  • Echos de la manifestation contre la GPA (Bruxelles, samedi 21 septembre)

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    Communiqué de presse d’Initiative citoyenne pour l’abolition de la GPA

    Ce samedi 21 septembre 2019 la manifestation organisée par l’Initiative citoyenne contre la GPA devant the HOTEL (38 Boulevard de Waterloo, Bruxelles) a été un grand succès.

    La presse et des personnalités politiques étaient présents : Viviane Teitelbaum (MR) en particulier.

    Plus de  70  personnes, principalement des jeunes, ont répondu à notre appel à manifester con.tre la tenue d’un salon commercial de promotion de la gestation pour autrui par des agences américaines et canadiennes qui proposaient leurs services aux parents d’intention.

    Ces agences proposent, sur catalogues, un éventail de mères porteuses, de donneuses d’ovules et de donneurs de sperme, en fonction des désirs des parents commanditaires. Coût d’un enfant : entre 80 000 et 150 000 euros.

    La GPA revient à louer le corps d’une femme et l’utilise comme un outil de fabrication d’un enfant qu’elle sera forcée d’abandonner et de livrer aux commanditaires à la naissance.

    Une telle pratique est contraire au principe de l’indisponibilité du corps humain, à l’interdiction de la traite des êtres humains et aux droits fondamentaux des femmes et des enfants. La GPA a été condamnée en 2015 par le parlement européen comme incompatible avec la dignité des femmes.

    Nous demandons que des dispositions légales soient prises rapidement pour interdire la tenue d’événements commerciaux qui promeuvent une pratique qui marchandise et asservit les femmes et traite les enfants comme des produits qui s’achètent et se vendent.

  • Le principe de la mondialisation, c’est la négation du politique au bénéfice de l’économique

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    De Raphaëlle Lespinas sur le site de l'Homme Nouveau :

    La mondialisation comme négation du politique

    Rédigé par Raphaëlle Lespinas suite à un entretien avec Guilhem Golfin le  dans Culture

    La mondialisation comme négation du politique

    Philosophe, collaborateur de L'Homme Nouveau, Guilhem Golfin publie Babylone et l'effacement de César, un essai roboratif, qui, hors des sentiers de la pensée de consommation, passe la question de la mondialisation au prisme de la politique. 

    Analysez-vous la mondialisation comme un phénomène inéluctable ou bien comme quelque chose que nous pouvons encore choisir d’accepter ou de refuser ?

    La mondialisation est présentée le plus souvent comme un voyage sans retour, un aller simple. De nombreux arguments vont dans ce sens. Le plus fréquent est le développement des moyens de transport et de communication qui ont considérablement rapproché les hommes, au moins physiquement, et auxquels, sauf effondrement de la civilisation technique, on voit mal les hommes renoncer. En soi, ce rapprochement n’est pas une mauvaise chose : l’homme est fait pour connaître, et se connaître, et les rencontres entre cultures diverses ne peuvent que contribuer à cette connaissance.

    Maintenant, il y a quelque sophisme dans la présentation commune des choses. La mondialisation, ce n’est pas seulement, ce n’est même sans doute pas d’abord, le rapprochement entre les hommes. C’est une organisation des rapports internationaux qui entend soumettre les peuples au diktat de l’économie libérale et capitaliste, et par ce moyen à la domination d’une ploutocratie. Loin de contribuer à enrichir les hommes de leurs différences, elle vise à uniformiser les conditions en généralisant la société de consommation et à faire fi de ces différences, selon le postulat d’un caractère interchangeable d’hommes réduits à leur utilité économique. Cette tyrannie profondément contre nature sera renversée, comme toute tyrannie, car le choix appartient aux peuples. Le problème n’est pas tant là que dans la conception de ce qui doit s’y substituer.

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  • Des entreprises américaines de vente d’enfants s’invitent pour la cinquième fois à Bruxelles

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    De l'Institut Européen de Bioéthique :

    Des entreprises américaines de vente d’enfants s’invitent pour la cinquième fois à Bruxelles

    A Bruxelles, les 21 et 22 septembre prochains, des entreprises américaines et canadiennes proposeront sur catalogue un éventail de femmes qui acceptent de porter un enfant contre rémunération pour le remettre ensuite aux commanditaires à la naissance. Des adultes belges et étrangers verront ainsi s'offrir la possibilité de commander la gestation et la délivrance d'un enfant pour un prix situé entre 80.000 et 150.000 euros. C'est la cinquième année de suite que ces organisations promeuvent en Belgique la gestation rémunérée d'enfants portés à l'étranger.

    La gestation pour autrui (GPA) n'est pas formellement interdite en Belgique, malgré quelques tentatives de la pénaliser, mais les contrats de gestation pour autrui n'y ont aucune valeur légale.  Pratiquement, l'opération est suivie d'une procédure d'adoption plénière par le couple commanditaire.

    En accueillant des entreprises commerciales qui proposent la gestation pour autrui, la Belgique, carrefour de l'Europe, semble oublier la position du Parlement européen, qui dans son rapport de 2015 sur les droits de l'Homme et la démocratiea explicitement condamné « la pratique des mères porteuses, qui porte atteinte à la dignité humaine de la femme dans son corps et ses fonctions de reproduction utilisés comme une marchandise ».

    Une mobilisation citoyenne aura lieu le samedi 21 septembre à 14h30 devant l'hôtel qui accueille ce salon, The Hotel (Porte de Namur), pour demander l'interdiction de la promotion commerciale de la GPA en Belgique.

    Pour une analyse juridique et éthique plus approfondie sur la GPA : voir le Dossier de l'IEB « Faut-il légaliser la gestation pour autrui ».

  • G7 : des pays marqués par une natalité très faible et par un vieillissement de la population

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    De Christine Tamir sur le site du Pew Research Center :

    Les pays du G7 se distinguent par leur faible taux de natalité et leur population vieillissante
    PAR CHRISTINE TAMIR

    La baisse des taux de fécondité et le vieillissement de la population sont devenus des préoccupations mondiales, mais les pays du G7 - Canada, France, Allemagne, Italie, Japon, Royaume-Uni et États-Unis - se sont distingués par leur faible taux de natalité et le vieillissement de leurs citoyens depuis le milieu du 20e siècle, lorsque les Nations Unies ont enregistré ces données pour la première fois.

    Les taux de fécondité des pays du G7 ont toujours été inférieurs aux taux mondiaux. L'écart le plus important a été enregistré entre 1970 et 1975, année de la création du groupe des principaux pays industrialisés. À cette époque, le taux de fécondité mondial était de 4,47 naissances projetées par femme au cours de la vie, mais de 2,03 parmi les pays du G7. L'écart entre les taux de fécondité mondiaux et ceux des pays du G7 s'est considérablement réduit depuis lors, et l'ONU prévoit que l'écart entre la fécondité mondiale et celle du G7 continuera à se réduire.

    G7 countries' fertility rates have been historically lower than global rates

    La France préside le 45ème sommet annuel du G7 ce week-end à Biarritz. La réunion vise notamment à améliorer l’accès aux soins de santé et à l’éducation et à promouvoir l’égalité des sexes. Le vieillissement de la population mondiale, que l'ONU a identifié comme l'une des transformations sociales les plus importantes du XXIe siècle, n'est pas à l'ordre du jour.

    Au Japon, la fécondité est particulièrement longue depuis longtemps, après des décennies de fécondité inférieure au seuil de remplacement. En 2018, le gouvernement japonais a signalé le plus petit nombre de bébés nés depuis 1899, année de la collecte de ces données. L’Italie a enregistré son nombre total le plus bas de bébés nés en 2018, et les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies indiquent que les États-Unis ont enregistré le nombre le plus bas de naissances en 32 ans, après un déclin continu pendant de nombreuses années.

    Japan and Italy projected to have the oldest median age of G7 nations by 2100, U.S. and Canada the youngest

    Le Japon et l’Italie devraient avoir l’âge moyen le plus vieux des pays du G7 d’ici à 2100, tandis que les États-Unis et le Canada sont les plus jeunes. En plus d’une baisse générale des taux de fécondité au XXIe siècle, l’ONU prévoit une population mondiale vieillissante. Alors que les Nations Unies prévoient que l'âge moyen mondial sera de 41,9 ans en 2100, les pays du G7 devraient avoir un âge moyen supérieur (48,5 ans) à la moyenne mondiale.

    Le Japon et l'Italie se distinguent particulièrement par leurs populations les plus âgées. D'ici 2025, l'âge moyen au Japon devrait être légèrement supérieur à 50 ans, tandis que l'Italie devrait atteindre ce niveau cinq ans plus tard, en 2030. Les États-Unis et le Canada devraient avoir les âges les plus jeunes de tous les pays du G7. d’ici à 2100 - 45,5 et 46,8, respectivement - principalement en raison de la migration du reste du monde vers ces pays. Malgré cette migration, les États-Unis et le Canada auront toujours des populations plus âgées que la moyenne mondiale.

    Certains experts affirment que le vieillissement de la population présente des défis pour les économies et les gouvernements nationaux, tandis que d’autres estiment que le vieillissement de la population n’est pas aussi problématique que prévu. Une population plus âgée peut créer une pénurie de main-d’œuvre - comme c’est le cas au Japon - ou peser sur le système de retraite d’un pays, un dilemme auquel l’Italie est confrontée.

    Face à cette situation, les Nations Unies se demandent si une immigration de remplacement ne serait pas la solution :

    Migration de remplacement: une solution pour les populations en déclin et vieillissantes?

    Selon les prévisions des Nations Unies, au cours des 50 prochaines années, la population de pratiquement tous les pays d'Europe, ainsi que du Japon, fera face à un déclin de la population et à son vieillissement. Les nouveaux défis posés par le déclin et le vieillissement de la population nécessiteront une réévaluation complète de nombreux programmes et politiques établis, notamment ceux relatifs aux migrations internationales.

    Le rapport examine les migrations de remplacement de huit pays à faible taux de fécondité (France, Allemagne, Italie, Japon, République de Corée, Fédération de Russie, Royaume-Uni et États-Unis) et de deux régions (Europe et Amérique centrale).

    La migration de remplacement désigne la migration internationale dont un pays aurait besoin pour compenser le déclin de la population et le vieillissement de sa population résultant de faibles taux de fécondité et de mortalité.

    Voir le rapport dans son intégralité

  • "Toute maternité de substitution est de l’exploitation"

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    Lu sur ce blog féministe (Tradfem) :

    Toute maternité de substitution est de l’exploitation — le monde devrait se rallier à l’interdiction adoptée en Suède.

    Aucun pays n’autorise la vente d’êtres humains, alors pourquoi la maternité de substitution est-elle encore légale ? Même quand elle est « altruiste », la société en paie le prix.

    Il est évident depuis un certain temps que quelque chose ne va pas avec la maternité de substitution. Depuis les débuts de cette industrie commerciale à la fin des années 1970, elle est truffée de scandales et de cas d’exploitation et de violences. De l’infâme affaire « Baby M » — dans laquelle la mère a changé d’avis et a été contrainte, en pleurs, à se départir de son bébé — au milliardaire japonais qui a commandé 16 enfants dans différentes cliniques thaïlandaises, on assiste à une marchandisation totale de la vie humaine : cliquez, choisissez la race et la couleur des yeux, payez, puis faites-vous livrer votre enfant.

    Il y a aussi le cas récent de la mère porteuse étatsunienne qui est décédée ; ou encore les futurs parents qui ont refusé d’accepter un enfant handicapé et ont essayé de faire avorter la mère porteuse ; sans parler des usines à bébés omniprésentes en Asie.

    Cette semaine, la Suède a pris fermement position contre la maternité de substitution. L’enquête gouvernementale à ce sujet a publié ses conclusions, que le Parlement devrait approuver plus tard cette année. Il s’agit notamment d’interdire toute maternité de substitution, qu’elle soit commerciale ou altruiste, et de prendre des mesures pour empêcher les citoyens de fréquenter dans ce but des cliniques situées à l’étranger.

    Il s’agit d’une décision révolutionnaire, un véritable pas en avant pour le mouvement des femmes. Initialement divisées sur la question, lcelles-ci ont progressivement fait front commun et mieux ciblé cet enjeu. Au début du mois de février (2016), des militantes féministes et des droits de la personne du monde entier se sont réunies à Paris pour signer une Charte pour l’abolition universelle de la maternité de substitution, et le Parlement européen a également demandé à ses États de l’interdire.

    Les principales objections au rapport de l’enquête suédoise viennent d’hommes voulant devenir pères, qui affirment que si une femme veut devenir mère porteuse, il est certainement erroné de l’en empêcher. Par contre, il est révélateur de constater que très peu de femmes se désolent de cette occasion manquée. Il est clair qu’au bout du compte, c’est la demande masculine qui alimente cette industrie.

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  • Le trafic des migrants : c'est peu risqué et ça peut rapporter gros

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    De la Sélection du Jour (Philippe Oswald) :

    MIGRANTS : UN TRAFIC PEU RISQUÉ ET TRÈS RÉMUNÉRATEUR

    « La traite des humains générerait à l'échelle mondiale un profit de près de 32 milliards de dollars par an » selon Pierre Henry, directeur général de l'association Terre d'asile, interviewé le 8 août sur France Info (en lien ci-dessous). Peu de ces trafiquants sont arrêtés comme l’ont été dernièrement sept d’entre eux, à l’origine d’un vaste trafic d’êtres humains en France et en Espagne. Rien qu’en France, ils auraient fait entrer clandestinement 350 migrants africains.

    Ces trafiquants de chair humaine sont assurés d’une excellente rentabilité : si le passage a coûté 10 000 euros, le migrant clandestin aura à rembourser 40 000 euros, en s’acquittant de sa dette à travers un certain nombre d'activités, de travail, de mendicité organisée, de prostitution.  L’exploitation sexuelle est, avec le travail forcé, une des formes de l’esclavage de toujours (l'ONU estime que 84% des victimes de traite dans le monde sont des femmes). S’y ajoute cette autre forme d’esclavage, contemporaine celle-là, qu’est le prélèvement d’organes… Au regard de l’horreur des faits, le risque encouru sur le sol européen est très faible. Certes, le Code pénal français prévoit des peines de prison allant de 5 à 20 ans en cas de crime en bande organisée, mais pratiquement, les sanctions prononcées n’excèdent guère 3 ans de prison…rarement effectués.

    Alors que les Européens sont accusés de manquer de générosité dans l’accueil des migrants et que la polémique s’installe sur l’alliance de fait entre les passeurs et les ONG qui affrètent des navires pour les secourir en mer, un constat s’impose : les critiques épargnent généralement les riches pays musulmans qui, tels les monarchies pétrolières du Golfe, sont totalement fermés à l’immigration « humanitaire ». Quant aux pays musulmans qui n’ont pas les moyens d’empêcher le passage de migrants sur leur sol, comme la Libye en proie à la guerre intestine, ils contribuent largement à leur exploitation dans des conditions effroyables, et à leur maltraitance incluant tortures et meurtres (« En Libye, nous les Blacks, on est des objets (…) Jamais je n'aurais imaginé que des musulmans puissent faire ça à d'autres musulmans » a confié au Nouvel Obs un des migrants secourus en mer par l’Ocean Viking affrété par SOS Méditerranée et Médecins sans Frontières). Dans d’autres régions du globe, par exemple en Amérique latine, les régimes responsables de l’exode massif de leur population comme le socialisme collectiviste de Maduro au Venezuela (plus de deux millions de Vénézuéliens ont fui le pays depuis 2015 selon les Nations-Unies), sont eux aussi moins ciblés par nos médias que les pays qui mettent en place des mesures pour empêcher l’afflux de migrants sur leur sol, en particulier l’Amérique de Trump.

    France info 08-08-2019
    Trafic de migrants : "La traite des humains générerait à l'échelle mondiale un profit de près de 32 milliards de dollars par an"
    Lire l'interview sur : France info
  • Journée de dépassement de la Terre : l’empreinte écologique est-elle de la bonne science ?

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    Du site "Pour une école libre au Québec" :

    La Journée de dépassement de la Terre et l'empreinte écologique sont-elles de la pseudoscience ?

    Texte de Michael Shellenberger, President paru dans Forbes. Il résume un article paru dans PLOS Biology.

    À partir d’aujourd’hui et jusqu’à la fin de l’année, l’humanité commencera à consommer plus de ressources que notre planète ne peut en produire durablement, selon le Global Footprint Network (GFN), qui organise ces journées depuis 1986.

     
    « L’humanité utilise la nature 1,75 fois plus vite que les écosystèmes de notre planète ne peuvent se régénérer », déclare le groupe. « C’est un peu comme utiliser 1,75 Terre. »

    Les pays riches utilisent leurs ressources plus rapidement que les pays pauvres, selon le GFN. Les États-Unis, l’Australie, le Danemark et le Canada épuisent leurs ressources avant la fin mars, tandis que Cuba, le Nicaragua, l’Irak et l’Équateur ne le font pas avant décembre.

    Le « Jour de la Terre en dépassement » est basé sur ce que l’on appelle l’« empreinte écologique », qui est utilisée par le Fonds mondial pour la nature, le Programme des Nations Unies pour l’environnement, le Rapport mondial sur le développement humain du Programme des Nations Unies pour le développement et l’Union internationale pour la conservation de la nature.

    Mais l’empreinte écologique est-elle de la bonne science ? Ce n’est pas le cas.

    Il y a six ans, j’ai aidé à démystifier la Journée du dépassement de la Terre et le calcul de l’empreinte écologique sur lequel elle est basée dans un article de la revue scientifique à comité de lecture PLOS Biology, intitulé « Does the Shoe Fit? Empreintes réelles contre empreintes imaginaires. »

    Nous avons réparti les six mesures qui composent l’empreinte écologique et nous avons constaté que cinq d’entre elles, y compris les aliments et les produits forestiers, étaient soit en équilibre, soit excédentaires [Note du carnet : rappelons que la planète est de plus en plus verte !]La seule chose qui n’était pas équilibrée, c’était les émissions de carbone de l’humanité.

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  • Finances et propriétés du Vatican: des questions qui restent sans réponse

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    De Sandro Magister en traduction française sur Diakonos.be :

    Comptes irréguliers en Suisse et palaces londoniens achetés à prix d’or.  Les mauvaises affaires de l’APSA

    Après un préconclave, en 2013, pratiquement entièrement gaspillé en bavardages futiles sur la réforme de la curie vaticane et au terme de six années de travail désordonné dans ce but, il semble que la réorganisation de la curie soit en passe d’aboutir à un résultat qui ne satisfait pratiquement personne, si l’on s’en tient aux critiques qui se sont déjà abattues, de droite comme de gauche, sur l’avant-projetdes futurs nouveaux statuts.

    Parmi les plus mal en point, on retrouve les services administratifs et financiers.  Leur rénovation est loin d’être achevée, particulièrement en ce qui concerne la clé de voûte de la curie en la matière, l’Administration du Patrimoine du Siège Apostolique, l’APSA.

    C’est ce que met en lumière le vaticaniste anglais Edward Pentin dans un article publié le 22 juillet dans le “National Catholic Register” qui regorge d’informations inédites du plus haut intérêt.

    Nous reproduisons ci-dessous l’article traduit intégralement avec l’autorisation de l’auteur.

    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

    *

    Finances et propriétés du Vatican: des questions restent sans réponse

    par Edward Pentin

    Cité du Vatican – C’est en octobre 2016, soit deux ans après avoir entamé son mandat en tant que préfet du secrétariat pour l’Économie, que le cardinal George Pell s’est rendu compte qu’un dicastère du Vatican gérait de grosses sommes d’argent non répertoriées issues de comptes offshore.

    Mais près de trois ans plus tard, il semblerait que les questions soulevées par le Cardinal Pell concernant la gestion de l’Administration du Patrimoine du Saint-Siège (APSA), le dicastère qui gère le patrimoine immobilier et financier du Vatican, restent encore sans réponse.  Le cardinal Pell avait identifié des risques de blanchiment d’argent et de fraude liés à la manière dont l’APSA utilisait des comptes bancaires à l’étranger et il avait commencé à s’intéresser de plus près à certaines transactions financières et immobilières.

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  • Le bien commun, pierre angulaire de la doctrine sociale de l’Église

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    De Jean-Yves Naudet sur aleteia.org :

    Le bien commun, premier principe de la doctrine sociale de l’Église

    La foi donne aux catholiques une responsabilité politique. Le principe autour duquel s’articule leur pensée et leur action politiques est le bien commun. Celui-ci n’est pas un idéal, mais un ensemble de conditions qui permet la progression de l’épanouissement intégral des personnes et des groupes sociaux.

    Le bien commun est une notion complexe et ancienne. Ce principe est au cœur de la doctrine sociale de l’Église et d’une certaine façon, son premier principe. Dans le Compendium de la doctrine sociale de l’Église, la notion de « bien commun » apparaît plus de cent fois. C’est l’une des notions les plus citées. Le bien commun est présenté comme le premier principe de la doctrine sociale de l’Église — si l’on met à part, évidemment, la question de la dignité des personnes, qui est le fondement essentiel. Le principe du « bien commun », en tant que fin de tous et de chacun, apparaît avant même la destination universelle des biens, la subsidiarité ou les autres notions-clés.

    L’enseignement des encycliques sociales

    Dans la première encyclique sociale, Rerum novarum de Léon XIII (1891), le « bien commun » est cité cinq fois. Chez Pie XI, dans Quadragesimo anno (1931), vingt fois. Chez Jean XXIII (l’un de ceux qui le cite le plus), la notion de « bien commun » est citée trente fois dans Mater et Magistra (1961), et quarante-quatre fois dans Pacem in terris (1963). Un peu moins chez Paul VI : cinq fois dans Populorum progressio (1967), huit fois dans Octogesima adveniens (1971). Chez Jean Paul II, on voit à nouveau l’importance du bien commun : neuf fois dans son encyclique sur le travail, Laborem Exercens (1981), douze fois dans l’encyclique sur le développement, Sollicitudo rei socialis (1987), quatorze fois dans la grande encyclique qui fait une synthèse de toute la doctrine sociale, Centesimus annus (1991). Enfin, chez les deux derniers papes : chez Benoît XVI, dix-neuf fois dans Caritas in Veritate (2009) et chez le pape François, vingt-neuf fois dans Laudato si’ (2015) sur l’environnement. Ces données quantitatives suggèrent bien l’importance de la notion.

    L’orientation de la Création vers le bien

    Le bien commun a une dimension et une portée non seulement politique, mais philosophique, et même théologique. On peut faire remonter la notion de « bien commun » au Moyen Âge et à la théologie chrétienne, notamment chez saint Thomas d’Aquin. C’est l’idée que toute la création, et notamment les personnes humaines, sont orientées vers un bien : le bien suprême qui est Dieu, mais ce bien a aussi une dimension matérielle, sociale, politique. Les choses ont été précisées ou affinées dans la doctrine sociale de l’Église, à partir donc de Léon XIII. Si l’on veut chercher une définition simple du bien commun, dans la pensée sociale de l’Église, les deux définitions les plus claires se trouvent chez Jean XXIII et dans le concile Vatican II.

    Chez Jean XXIII, le bien commun est défini comme « l’ensemble des conditions sociales permettant à la personne d’atteindre mieux et plus facilement son plein épanouissement » (Mater et Magistra, n. 65). Il ajoute à cette idée que les corps intermédiaires doivent jouer un grand rôle et avoir une grande autonomie ; il y a donc un lien entre le bien commun et les « corps intermédiaires ». Dans la définition de Jean XXIII, on voit que le bien commun a pour but l’épanouissement des personnes. Cela permet de faire une distinction par rapport à d’autres notions, comme l’intérêt général, où c’est le bien collectif, au sens de l’intérêt de chacun, au sein d’un groupe qui est visé, en comptant que celui de chacune des personnes qui le composent est automatiquement assuré.

    La définition du concile Vatican II

    Le Concile Vatican II donne à nouveau une définition dans Gaudium et Spes, au paragraphe 26-1 : le bien commun est présenté comme « l’ensemble des conditions sociales » (on retrouve donc le même terme que chez Jean XXIII) « qui permettent tant aux groupes qu’à chacun de leurs membres d’atteindre leur perfection d’une façon plus totale et plus aisée ». On voit ici une précision : l’épanouissement recherché n’est pas seulement celui des personnes, mais aussi celui des groupes, des communautés et des corps intermédiaires.

    Les corps intermédiaires sont, en quelque sorte, deux fois dans le bien commun : en tant qu’objet et en tant que condition. Ils font partie des conditions du bien commun, car il faut une vitalité des corps intermédiaires pour que chacun puisse atteindre sa perfection et, en même temps, ils sont au centre du bien commun, car l’épanouissement recherché est celui non seulement des personnes, mais des groupes.

  • Le transhumanisme mène à la mort de l'humain

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    Du site de Marianne.net :

    "La nécrophobie des transhumanistes est mortifère"

    Pour Jacques Luzi, le transhumanisme, issu de l'idéologie du Progrès, mène à la mort de l'humain.

    Jacques Luzi est animateur de la revue Écologie et politique et auteur d'Au rendez-vous des mortels : Le déni de la mort dans la culture moderne de Descartes au transhumanisme(La Lenteur).

    Le transhumanisme, qui prétend pouvoir "tuer la mort" est-il un anti-humanisme ? Pour Jacques Luzi, animateur de la revue Écologie et politique et auteur d'Au rendez-vous des mortels : Le déni de la mort dans la culture moderne de Descartes au transhumanisme (La Lenteur), c'est une évidence. Radicalisation du projet moderne d'organiser rationnellement la société autour des technosciences, le transhumanisme rejetterait la finitude de la condition humaine. Jacques Luzi revient avec nous sur cette idéologie défendue principalement, mais pas exclusivement, par des libertariens de la Silicon Valley. 

    Propos recueillis par Kévin Boucaud-Victoire

    Marianne : Comment définissez-vous le transhumanisme ? En quoi représente-t-il un danger ?

    Jacques Luzi : Le transhumanisme est une pensée libertarienne qui prône l’usage dérégulé de la technologie [la rationalisation scientifique de la technique] pour outrepasser les limites de la condition humaine : abolir les frontières de la vie terrestre, étendre indéfiniment des capacités corporelles et intellectuelles par la fusion de l’humain et de la machine "intelligente", accéder à l’immortalité.

    Cette pensée est née dans les années 1980 en Californie, avec la volonté explicite d’affranchir le déploiement des nouvelles technologies (nano, bio, IA) de tout encadrement, dénoncé comme l’expression d’une "technophobie" obscurantiste.

    À présent, ce discours, bénéficiant de moyens financiers gigantesques (émanant des GAFA), s’est internationalisé et a pénétré l’ensemble des milieux politiques. En France, la nébuleuse transhumaniste va de Mélenchon à Luc Ferry, en passant par l’écologiste Didier Coeurnelle.

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