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Ethique - Page 577

  • Euthanasie et transplantation d'organes en Belgique : précisions

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    Hier, nous avions mis en ligne une note sur la transplantation d'organes de personnes euthanasiées en Belgique. Un de nos visiteurs nous a fait remarquer que cet article (que nous avions relayé avec un point d'interrogation) ne citait pas ses sources et constituait une accusation grave sans preuves. Nous l'avons donc retiré momentanément jusqu'à plus ample informé.

    Cependant, nous avons retrouvé un article publié par l'Institut Européen de Bioéthique qui semble étayer les thèses de la note en question :

    Transplantation d’organes : donation vivante et après euthanasie ?

    http://www.ieb-eib.org/en/bulletins/revue-de-presse-bioethique-18-janvier-2011-45.html#sujet98

    09/12/2010 - Status of the human body

    L’Académie Royale de Médecine de Belgique et la Koninklijke Academie voor Geneeskunde van België ont organisé un symposium sur le don et la transplantation d’organes en Belgique. Un panel national et international d’experts médicaux et de juristes a informé un auditoire d'une centaine de personnes sur l’état actuel de la transplantation en Belgique en la situant dans un contexte international.
    Malgré l’existence d’excellents programmes de transplantation d’organes provenant de personnes décédées, une pénurie croissante de donneurs prévaut dans le pays.
    Le communiqué de presse mentionne que « les orateurs se sont penchés sur la question de savoir dans quelle mesure cette pénurie peut être compensée par la donation vivante, dans un contexte éthique strict renforcé par la Déclaration d’Istanbul sur le commerce d’organes et le tourisme en transplantation. Une juste compensation des frais encourus par les donneurs vivants est nécessaire de même que la création d’un registre national des donneurs vivants ».
    Les participants ont abordé la question du prélèvement d’organes chez des personnes incapables de manifester leur volonté en raison de leur état mental, moyennant l'accord du représentant légal.
    Ils ont aussi évoqué les « quelques cas au cours des dernières années, en Belgique, chez des donneurs ayant demandé l’euthanasie, le prélèvement ayant lieu après leur décès, et dans tous les cas à leur propre demande », soulignant que s’il n’y avait pas de pénurie d’organes à transplanter, la question du recours à cette « donation extrême » ne serait pas posée.
    Cette démarche est loin de faire l’unanimité parmi les intervenants.

    La présentation des Professeurs Dirk Ysebaert, Dirk Van Raemdonck, Michel Meurisse (Hôpitaux universitaires d’Anvers, de Louvain et de Liège) – Organ Donation after Euthanasia. Belgian experience: medical & practical aspects – propose des directives concrètes aux comités d’éthique des hôpitaux concernés par ces prélèvements après euthanasie.
    Les « candidats » à ces dons seraient les personnes qui, souffrant d’une dégénérescence neuromusculaire, demanderaient l’euthanasie dans le cadre de la loi, et pourraient aussi se porter donneurs pour plusieurs organes tels que le foie, les reins, et les poumons.
    Précisons qu’en 2008, les personnes ayant été euthanasiées pour dégénérescence neuromusculaire représentaient 20% du total des euthanasies, soit 141 personnes, qui pourraient, selon les professeurs précités, être des donneurs potentiels.
    Malgré le cadre strict et renforcé par rapport à la procédure normale d’euthanasie mais aussi de la transplantation d’organes, certains médecins craignent que la personne demandant l’euthanasie ne trouve un incitant supplémentaire et une justification malsaine dans le fait de donner ses organes qui sauveraient une vie alors qu’elle-même demande la mort.

  • Une ère de reniement sans précédent

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    Les affaires de pédophilie dont on reparle à propos de l'Irlande posent la question de la fidélité des prêtres et des religieux aux engagements qu'ils avaient pris, solennellement, devant Dieu, devant leurs supérieurs, et devant l'Eglise toute entière. Depuis le dernier concile, le nombre de défections et de retours à l'état laïc de gens qui avaient consacré leur vie au Christ et à l'Eglise est proprement hallucinant.

    Et que dire des liens du mariage où les consentements échangés, en prenant Dieu et les communautés à témoin, ne pèsent vraiment plus très lourd, quelles que soient les conséquences pour le (la) partenaire que l'on abandonne et pour les enfants condamnés à faire le deuil d'une relation dans laquelle s'enracine pourtant leur existence.

    On pourrait y ajouter les serments prêtés par les enseignants lors de leur engagement, par les officiers lors de leurs promotions, par les médecins qui ont prononcé le serment d'Hippocrate, par les prêtres qui ont prêté le serment anti-moderniste, par les fonctionnaires et les élus lors de leur accession à des postes à responsabilité, etc. "Verba volant", voilà comment se sont évaporées aussi les formules prononcées avec émotion lors des professions de foi ou à l'occasion des promesses scoutes.

    Paroles, paroles, paroles ? Pourtant, une parole d'engagement n'est pas un simple énoncé, comme le fait de constater qu'il fait beau ou que l'euro est en mauvaise posture; c'est proférer des mots qui ont une dimension "performative", qui équivalent à une véritable action résultant de notre détermination, engageant notre être tout entier, corps, coeur et esprit. Renier ces paroles, c'est se renier soi-même, c'est compromettre la confiance que l'on pourra nous faire désormais, c'est détériorer l'estime que les autres et que nous-mêmes pouvons avoir à notre propre égard.

    Si l'on considère que la fidélité à la parole donnée constitue le ciment d'une société, il n'y a guère lieu de s'étonner du degré de délabrement de la nôtre.

    Heureusement que Dieu, Lui, reste fidèle, et d'une miséricorde infinie...

  • Hongrie : succès de la campagne en faveur de l'adoption malgré les injonctions européennes

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    C'est Zenit qui met cette dépêche en ligne : http://www.zenit.org/article-28496?l=french

    "La population et les institutions hongroises, très inquiètes du nombre élevé des interruptions volontaires de grossesses pratiquées dans le pays, ont décidé de soutenir en masse la campagne en faveur de l’adoption lancée par le gouvernement.

    La Hongrie est l’un des pays européens où les interruptions volontaires de grossesses sont les plus pratiquées.

    « Je comprends bien que tu n’es pas prête pour moi, mais je t’en prie : donne-moi en adoption. Fais-moi vivre ». C'est ce que l’on peut lire, sur les affiches collées aux murs avec la photo d’un enfant à naître, et qu’a déploré publiquement la vice-présidente de la commission européenneViviane Reding, cette dernière déclarant que « les Etats membres ne pouvaient utiliser des fonds européens pour des campagnes contre l’avortement » (cf. ZENIT 6 juillet 2011).

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  • Espagne : le droit à l'objection de conscience des médecins mis à mal

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    "Samedi dernier, l'Organizacion colegial medical (OMC) d'Espagne a adopté un nouveau code de déontologie qui restreint gravement le droit à l'objection de conscience, notamment en ce qui concerne l'avortement. Le texte interdit aux médecins de refuser de donner des informations conduisant à l'exécution d'un avortement ; il interdit également aux institutions ou collectivités en tant que telles de refuser toute pratique de l'avortement."

    C'est sur le blog de Jeanne Smits : découvrir l'entièreté de la note ICI : leblogdejeannesmits

  • Les droits des personnes homosexuelles et la liberté de l'Eglise

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    Sur son blog, Jeanne Smits intitule une note (12 juillet) : 

    Quand l'ONU défend les droits gays, elle cherche à restreindre la liberté de l'Eglise

    "Tel est l'avis de Mgr Silvano Tomaso, représentant du Saint-Siège auprès du Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève, à propos de la récente résolution sur « l'orientation sexuelle et l'identité de genre » (voir ici le résumé du Salon beige). Pour l'archevêque, elle s'inscrit dans la cadre d'une politique générale de restriction de la liberté de l'Eglise."

    Voir la suite ici : Quand l'ONU...

    Voilà bien le péril que représente cette référence aux "Droits de l'Homme" (dont ne se privent pourtant pas certains milieux catholiques) dont le contenu n'est pas écrit une fois pour toutes mais est susceptible de modifications, d'ajouts, etc. On le voit bien avec l'enfant à naître qui ne bénéficie pas de protection au nom de ces droits; on le voit avec cette insistance sur les droits des personnes homosexuelles qui conduira bientôt à traîner devant les tribunaux ceux qui défendent la règle du mariage (par définition hétérosexuel), etc. La relativité de ces droits, susceptibles de redéfinitions sous l'action de lobbies, particulièrement aux Nations Unies, est évidente, et les conflits entre, d'une part, les partisans de ces droits à géométrie variable et, d'autre part, les tenants d'une loi naturelle immuable conforme à la vérité de l'homme apparaissent comme inévitables.

  • "Sexualité, parlons-en!" : une nouvelle chronique dans Famille Chrétienne

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    L'hebdomadaire familial catholique annonce :

    "La sexualité, sa juste place dans le couple, ce qu’elle exprime de l’amour du couple, de l’amour de Dieu mais aussi de nos faiblesses et de nos fragilités : c’est – en très résumé – le sujet d’une nouvelle chronique bi-mensuelle réalisée par Sophie Lutz, auteure de Philippine, la force d’une vie fragile. Nous l’inaugurons cette semaine, alors même que nous fêtons le n° 100 de notre newsletter."

    C'est ici et l'on y découvrira une réflexion sur "l'amour libre"

  • Le planning familial naturel : particulièrement efficace d'après le CBIP

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    C'est Sud-Presse qui nous l'apprend :

    "La méthode de contraception NFP (pour “ natural family planning ”) est souvent décriée. Parce que peu la connaissent, et parce que beaucoup ont encore tendance à confondre méthodes naturelles et Ogino. On le sait, beaucoup d’enfants ont dû leur naissance à cette méthode contraceptive, surtout célèbre pour son taux d’échec particulièrement élevé.

    Par contre, et c’est le Centre belge d’information pharmaco-thérapeutique (CBIP) qui le souligne, la méthode du Planning familial naturel semble, elle, particulièrement efficace. En tout cas autant que la pilule. Les experts du CBIP font ainsi référence à une étude conduite en Allemagne, auprès de 900 femmes âgées de 19 à 45 ans, qui a fait apparaître que la méthode NFP était “ aussi efficace que les contraceptifs hormonaux ”." 

    Et de conclure : "Boostée par la demande écologique et le respect de l’environnement, la méthode du PFN rencontre aujourd’hui un certain succès. Au CBIP, on note aussi qu’elle est non seulement intéressante comme méthode contraceptive, mais aussi “ pour augmenter les chances de grossesse en cas de problèmes de fertilité ”."

    Voir l'intégralité de cet article ICI : http://archives.sudpresse.be/contraception-une-methode-naturelle-

  • Déclarée en état de mort cérébrale, une femme se réveille

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    La revue de presse de généthique.org nous apprend qu'une femme (au Canada) s’est réveillée après avoir été diagnostiquée en état de mort cérébrale.

    "Agée de 76 ans, Madeleine Gauron avait été hospitalisée à l’hôpital Sainte Croix de Drummondville pour une inflammation de la gencive. S’étant étouffée en consommant des aliments solides, la vieille dame tombe dans le coma, après des manœuvres de réanimation cardiaque inappropriées. Le personnel médical contacte alors ses proches et leur déclare que leur parente est en état de mort cérébrale, et qu’il n’y a plus d’espoir. Il leur demande aussi si la défunte était favorable au don d’organe, l’équipe ayant notamment besoin de "ses yeux" pour un autre patient. La famille, pourtant favorable au don d’organe lorsque les analyses médicales prouvent sans ambigüité le décès de la personne, s’oppose à la demande du corps médical devant l’irréalisme de la situation. Le lendemain, ils apprennent avec stupeur que leur parente s’est réveillée. "On n’en revenait pas, témoigne son fils, elle n’était pas morte. Si on avait décidé de donner ses organes, on l’aurait tuée…".

    La vieille dame est aujourd’hui capable de manger, parler et marcher et a tout de suite reconnu ses proches. Sa famille souhaite à présent lui faire pratiquer un scanner cérébral afin d’évaluer les séquelles de cet incident. Elle va également entamer des poursuites judiciaires contre l’hôpital."

  • La spéculation sur la nourriture hypothèque le droit de toute personne à se nourrir

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    « La pauvreté, le sous-développement et donc la faim sont souvent le résultat d’attitudes égoïstes qui, partant du cœur de l’homme, se manifestent dans son activité sociale, dans les échanges économiques, dans les conditions de marché, dans le non-accès à la nourriture et se traduisent par la négation du droit primaire de toute personne à se nourrir et donc à être libérée de la faim ». C’est ce qu’a affirmé le Saint-Père Benoît XVI en recevant au Vatican, le 1er juillet, les participants à la 37ème Conférence de l’Organisation des Nations unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO). Le Pape a ainsi poursuivi : « Comment pouvons-nous taire le fait que même la nourriture est devenue objet de spéculations ou bien est liée aux évolutions d’un marché financier qui, privé de règles sûres et pauvre de principes moraux, n’apparaît attaché qu’au seul objectif du profit ? L’alimentation est une condition qui concerne le droit fondamental à la vie ».

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  • Abus sexuels: les modifications législatives recommandées par la commission Lalieux bientôt traduites en propositions de loi

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    parlement.jpgLu sur Catho.be : « Après la désignation des experts en vue de la mise en place d’un tribunal arbitral pour lequel l’Église catholique a accepté de coopérer, la Chambre des Représentants devrait voter rapidement quelques-unes des recommandations de la Commission Lalieux.

    Le 7 avril dernier, la Chambre des Représentants votait à l’unanimité (moins une voix) le rapport de la « Commission spéciale relative au traitement d’abus sexuels et de faits de pédophilie dans une relation d’autorité, en particulier au sein de l’Église ». Outre l’instauration d’un tribunal arbitral, les membres de cette commission faisaient part de 70 recommandations afin d’aménager notre droit civil et pénal et d’améliorer le fonctionnement de la justice et de la prévention en matière de pédophilie.

    Bon nombre de ces recommandations, les plus urgentes, devraient rapidement être traduites en proposition de loi et même adoptées avant le 21 juillet, rapporte La Libre Belgique.

    Elles ont été regroupées dans un texte unique. Parmi les changements à venir figurent l’allongement du délai de prescription à 15 ans (au lieu de 10 actuellement) après la majorité de la victime, ainsi que l’enregistrement systématique des auditions de mineurs (dans des pièces adaptées au sein des commissariats) afin d’éviter que les victimes soient obligées de répéter plusieurs fois leur douloureux récit. La nouvelle loi devrait également étendre la levée du secret professionnel, notamment en l’étendant aux infractions révélées par l’auteur de faits et non plus seulement par la victime, et le champ d’incrimination de la pédopornographie à la consultation des sites. Les députés devraient également étendre la possibilité de mise à disposition du gouvernement et du tribunal d’application des peines pour les peines accessoires, et faciliter la « déclaration de personne lésée » afin de permettre à plus de victimes d’être tenues informées des suites données à leur plainte.

    P.G. »

    S’agissant d’étendre la levée du secret professionnel, rappelons que la Commission Lalieux n’a apparemment pas formulé de proposition incompatible avec les dispositions canoniques relatives au secret de la confession.

  • Une mobilisation contre l'extension de l'euthanasie

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    Des amis nous font parvenir cet appel que nous relayons bien volontiers (en refusant toutefois de nous identifier à un parti) :

    "Alors que nos édiles concoctent vaillamment une Belgique institutionnelle nouvelle, sans l’avis de sa population, d’autres menaces pèsent également sur le devenir de nos enfants et de nos aînés, et ce dans un silence médiatique complet. A ce jour, une proposition de loi visant à autoriser l’euthanasie sur les mineurs de 15 ans et plus, et deux propositions de loi visant à ouvrir l’euthanasie, d’une part aux jeunes et aux enfants, et d’autre part aux personnes démentes et celles plongées dans un état d’inconscience, ont été déposées, respectivement, au Sénat et à la Chambre.
    Si nous ne réagissons pas, en écrivant à nos élus, sénateurs et députés, ces projets risquent de passer comme une lettre à la poste … sans avoir reçu l’aval des électeurs, comme le demande le CDF pour tout projet éthique ! C’est l’avenir de toute une génération qui est en jeu !

    Propositions de loi euthanasie

    Madame, Monsieur le Sénateur,
    Madame, Monsieur le Député,

    J’ai appris avec consternation que des extensions de la loi sur l’euthanasie, avaient été déposées au Sénat/à la Chambre.
    Le sujet me préoccupe fort et je crains que ces nouvelles brèches dans la loi n’étendent les risques à ce que des personnes ne subissent des pressions pour demander l’euthanasie. Ces extensions risquent d’engendrer un stress, un mal-être encore accru pour des personnes qui doivent déjà faire face à leur maladie.
    Il existe des aides pour soulager la douleur, et des soins palliatifs des plus performants, ne pourrions-nous pas encourager et soutenir davantage le développement de ceux-ci, sans contrepartie ? "La manière dont une société prend soin des plus faibles de ses membres témoigne de son degré d’humanité."

    Je fais appel à votre honnêteté et votre courage pour rejeter les articles contraires au respect de l’être humain et pour proposer les alternatives qui associent éthique et progrès scientifiques.

    Confiant(e) dans votre attachement au respect de la dignité et de toute vie humaine, je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur le Sénateur, Madame, Monsieur le Député, l'expression de toute ma considération.

    Liens vers les projets de lois en question :
    http://www.lachambre.be/kvvcr/showpage.cfm?section=/flwb&language=fr&rightmenu=right&cfm=ListOneKeyword.cfm?key=0014784&legislat=53&word=EUTHANASIE

    http://www.senate.be/www/?MIval=/index_senate&MENUID=22110&LANG=fr

    Une pétition vient d'être lancée : vous pouvez y accéder en cliquant sur le lien suivant : http://lapetition.be/en-ligne/petition-10102.html

  • Répondre à l'intolérable par l'intolérable ?

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    C'est l'incontournable revue de presse de genethique.org qui relaie les propos de Fabrice Hadjadj tenus dans la Croix à propos de l'euthanasie.

    Alors que le premier Congrès francophone d'accompagnement et de soins palliatifs commence aujourd'hui, mardi 28 juin 2011 à Lyon, La Croix interroge le philosophe Fabrice Hadjadj sur la question de l'euthanasie, dont certains réclament la légalisation en France au nom de la "dignité" de chacun (Cf. Synthèse de presse du 20/06/11).

    Il y a bien sûr un "droit de mourir dans la dignité", souligne Fabrice Hadjadj, mais il faut d'abord se demander : "qu'est-ce que la dignité ?" Utilisé "à toutes les sauces", le terme de "dignité" en vient à être vidé de son sens. Fabrice Hadjadj se dit "frappé par l'idée selon laquelle chacun serait seul juge de sa propre dignité. Comme si le sentiment de ma dignité ne dépendait nullement du regard des autres, comme si je pouvais être entièrement détaché de ceux qui m'entourent". La dignité est livrée à tous les caprices dès lors qu'elle est rendue totalement subjective : il est en effet "très facile de susciter chez quelqu'un le sentiment qu'il n'est plus "digne". [...] Imaginez une grand-mère souffrante ou un jeune homme paralysé, il est facile de les laisser penser qu’ils sont un poids et les pousser à demander qu’on les aide à mourir". Un danger d'autant plus grand dans une société gouvernée par l'efficience et le jeunisme. Légaliser l'euthanasie ne peut aboutir qu'à l'élimination des plus vulnérables et fragiles car en oubliant que la dignité humaine est inconditionnelle, il devient aisé d'extorquer des demandes de mort aux plus souffrants.

    Les partisans de l'euthanasie évoquent la liberté de chacun pour justifier une pratique légale de celle-ci. Or, "quelle est la réalité du libre arbitre quand on souffre et qu’on est exclu, quand on n’a plus sa place ?" La volonté de la personne qui demande à mourir étant submergée par la douleur, peut-on "considérer qu'une demande ainsi arrachée est le signe d'une liberté lucide ?" En outre, l'objet de la demande vise la douleur et non l'élimination de soi-même : "on ne demande pas à être supprimé soi-même, mais que la douleur soit supprimée, ou du moins rendue supportable". Du côté du médecin qui aurait à euthanasier quelqu'un, la liberté n'est pas respectée non plus. Il serait doublement aliéné : en tant qu'homme, et en tant que médecin, le but de la médecine étant de soigner et non de tuer.

    Si des personnes meurent encore dans des conditions déplorables en France, "on ne répond pas à l'intolérable par l'intolérable - en légalisant la mise à mort!", explique Fabrice Hadjadj. L'enjeu réel est ici de "supprimer les conditions de cet intolérable", ce qui passe par le développement de la recherche médicale pour combattre la douleur physique, la lutte contre l'acharnement thérapeutique, et surtout le soulagement de la douleur morale, car "c'est là la plus grande douleur : l'isolement, la désocialisation, la perte de sens..."

    Le temps passé auprès d'un plus faible, d'un souffrant, est considéré comme "contre-productif" dans notre société de l'efficience, pourtant, "il nous ramène à l'essentiel". Certaines sociétés traditionnelles plaçait justement le mourant au centre de la vie du village "parce qu’il était perçu comme un éclaireur, alors que nous, bien au contraire, nous parquons les mourants pour ne pas les voir".

    Nous avons pourtant toujours le choix, rappelle Fabrice Hadjadj, qui voit dans le développement des soins palliatifs et les initiatives de solidarité à l'égard des plus vulnérables, la capacité de l'homme d'expérimenter son être propre, comme être de communion. Dans les débats sur la mort, la société doit avoir l'ambition de faire surgir les questions fondamentales du sens de la vie et de la spécificité humaine.