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Eglise - Page 546

  • L’homélie lors des obsèques de Jean-Paul Belmondo

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    Document : l’homélie des obsèques de Jean-Paul Belmondo (source)

    10/09/21

    Les obsèques de Jean-Paul Belmondo ont été célébrées ce vendredi 10 septembre à Saint-Germain-des-Prés, dans le VIe arrondissement parisien. Jean-Paul Belmondo, "le comédien qu’il était, vivait dans sa vie ordinaire ce qu’il savait donner aux autres : la joie, la générosité, l’humour", a souligné Mgr Philippe Marsset, évêque auxiliaire de Paris, dans son homélie.

    Le « bien-aimé des hommes » rencontre aujourd’hui « le Bien-Aimé du Père »

    « Si le grain de blé meurt, il porte beaucoup de fruits…. » Avec Paul son fils, nous avons choisi cette page d’Évangile pour vivre avec vous son enterrement, sous le regard de la Parole de Dieu. Nous avons d’abord pensé évidemment à tous ces fruits que révèlent les hommages de la France et de tous les artistes. Lui, l’homme à la gaité communicative, à la joie généreuse, à l’empathie ruisselante… Le comédien qu’il était, vivait dans sa vie ordinaire ce qu’il savait donner aux autres : la joie, la générosité, l’humour. Dans « itinéraire d’un enfant gâté », il nous dévoilait peut-être quelque chose de lui quand il disait à Richard Anconina : « Ce qui intéresse les personnes, c’est que tu leur parles d’eux, pas de toi » ! Et nous savons tous comment il a su insuffler à ses personnages sa sympathie, sa bonne humeur, son charme d’homme heureux.

    Ainsi quand il a tourné « Léon Morin, prêtre » François Mauriac avait écrit dans le Figaro littéraire : « La grâce s’imite donc, me disais-je. Qu’un bon acteur comme Belmondo puisse devenir n’importe quelle créature, entrer dans toutes les peaux, je le savais. Mais ici, dans ce rôle-là il fallait devenir ce saint qui ne sait pas qu’il est saint et qu’il fût en même temps ce garçon aimé d’une jeune femme et qui sait qu’il est aimé ».

    Il y avait en lui, une vraie unité de vie qui a contribué à le faire aimer. Il était aimé des gens parce qu’il aimait les gens, on l’a souvent dit et redit !

    Mais cette page d’Évangile nous parle d’abord d’une autre mort symbolisée par ce grain de blé tombé en terre. C’est la manière pour Jésus-Christ de parler de sa mort et de notre mort, de sa vie et de notre vie. Oui, on ne meurt pas pour rien. La mort fait partie de notre vie. Elle n’en est pas le terme, elle est notre naissance dans le mystère de Dieu. C’est le sens de ce geste d’eau bénite que je verserai à nouveau sur son corps, comme il y a 88 ans, un autre prêtre l’a fait, le jour de son baptême.

    Nous sommes tous sortis, un jour, du ventre de notre mère. Et ce jour-là, on a découvert ce qu’était une maison, un arbre, un petit frère, un chien… tout ce qu’on ne peut pas imaginer dans le sein de sa mère. On a aussi découvert notre père, notre mère, nos amis.

    De la même manière, au jour de notre mort, nous sortons du ventre de notre terre et nous naissons à une réalité inimaginable. Avec au centre de tout : notre Père qui est aux Cieux. Et son Fils, grain de blé semé pour poser en nous la vie divine. Et nous découvrons notre famille humaine dans son intégralité. Jean-Paul Belmondo était baptisé, pas franchement pratiquant dans le domaine liturgique, mais il a gardé dans sa belle humanité des traces indélébiles de sa ressemblance filiale d’avec Dieu.

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    Dans une interview, Il disait qu’il ne craignait pas la mort : « Elle est inéluctable » disait-il « et il y a longtemps que je me suis fait une raison ». Aujourd’hui, l’homme de brio rencontre le Fils du Très-Haut. Le « bien-aimé des hommes » Jean-Paul Belmondo, découvre le Bien Aimé du Père, celui que le Père des Cieux appelle son « Fils Bien Aimé : Jésus ». Le grain de blé était volontairement tombé en terre pour que nos propres vies humaines ne se terminent pas par un saut dans le vide, mais soient absorbés dans sa vie divine. Et ce sera pour lui, comme pour nous à notre heure, une divine surprise.

    Dans les rares paroles qu’il a livré sur sa vie de baptisé, Jean-Paul Belmondo parlait plus d’une deuxième vie qui prolongerait, mais en mieux, les amours et les amitiés de la terre. Il avait dit qu’il retrouverait autour d’une bonne table Lino, Gabin, Audiard et tous ces autres compères. Ses parents aussi, sa fille Patricia… Sa surprise aujourd’hui c’est de découvrir que la mort n’est pas une heureuse (ou douloureuse) prolongation de la vie terrestre mais une totale transformation. Quand on est mort, on est mort. Et c’est pour la vie ! On ne se survit pas à soi-même ! S’il y a une autre vie, elle ne peut pas venir de nous. Elle vient forcément de Dieu. Et ni Dieu, ni l’éternité ne sont comme nous l’imaginons. Heureusement !

    Du coup, la mort a bien deux visages. Celui d’une souffrance, pour nous qui restons sur la terre. Et une souffrance proportionnée au bien que cet homme, peu ordinaire et pourtant ordinaire a fait, une souffrance proportionnée à l’amour que chacun avait pour lui. Ce visage de la mort est peiné, même s’il est admiratif et louangeur parce qu’il est une séparation : Jean-Paul Belmondo est mort.

    L’autre visage de la mort, c’est celui du mort qui découvre cet instant « D », l’instant DIEU non comme un flop, mais comme une rencontre. La mort, c’est être libéré du temps « chronos » du temps-souffrance, du temps vieillissement et entrer dans le temps « kairos », le temps de Dieu, le temps de l’Amour, le temps de l’accomplissement de notre vie devant notre Créateur et notre Sauveur

    Pour nous, pour vous, sa famille charnelle et sa famille de cœur, la mort est encore un point d’interrogation. Mais en présence de Dieu, elle est un point d’exclamation ! Qui mourra, verra. La mort est un passage de l’amour en humanité à l’Amour en éternité, ce lieu où les vrais amours trouvent toute leur place dans le cœur de Dieu

    « Seigneur, je ne te demande pas pourquoi tu nous as enlevé Jean-Paul Belmondo, je te remercie de nous l’avoir donné. »

    Mgr Philippe Marsset,
    évêque auxiliaire de Paris

  • La profession de foi de Pierre à Césarée et l’annonce de la Croix (24e dimanche du temps ordinaire)

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    La profession de foi de Pierre à Césarée et l’annonce de la Croix (source)

    Marc 8 27 : Jésus s’en alla avec ses disciples vers les villages de Césarée de Philippe, et en chemin il posait à ses disciples cette question  : “  Qui suis-je, au dire des gens  ?  ” 28 Ils lui dirent  : “  Jean Baptiste  ; pour d’autres, Élie  ; pour d’autres, un des prophètes  ” 29 “  Mais pour vous, leur demandait-il, qui suis-je  ?  ” Voilà le sommet de l’Évangile, il tient dans les quelques versets qui suivent. Enfin Jésus pose la question dramatique, la question de confiance et – Pierre lui répond  : “  Tu es le Christ.  ” – Il répond au nom de tous les autres, non sans une lumière spéciale. Il mourra à cause de cette affirmation, il versera son sang après une vie d’apostolat laborieuse parce qu’il croyait que Jésus-Christ était le Christ.

    30 Alors il leur enjoignit de ne parler de lui à personne. Il ne dit pas que c’est faux, mais il leur dit très sévèrement  : «  Taisez-vous sur cela  ». C’est le secret messianique. Jésus ne veut pas voir imposer aux âmes cette affirmation sans preuve et sans réflexion. Il faut qu’elles aient le temps de faire un cheminement pour le comprendre du dedans. Mais c’est fait, il est reconnu par les Apôtres et maintenant, c’est à la vie à la mort, un seul trahira.

    31 Et il commença de leur enseigner. Tout de suite, Jésus les enseigne  ; à peine savent-ils qu’il est le Christ, à peine ont-ils fait le pas de la foi, il leur répond  : “  Le Fils de l’homme doit beaucoup souffrir, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, après trois jours, ressusciter. Dépassés, les apôtres sont donc emportés à donner leur adhésion d’esprit. Dès qu’ils l’ont fait, Jésus leur découvre le dessein de Dieu sur lui, le dessein de son Père, leur ouvre la porte de l’avenir effrayant qui est en contradiction absolue avec tous les rêves des Juifs de ce temps concernant le messie  ! Jésus ne pouvait le dire devant les foules de Galilée qui l’auraient abandonné. Là, il le dit en réponse à leur foi.

    32 et c’est ouvertement qu’il disait ces choses. Pierre, le tirant à lui, se mit à le morigéner. 33 Mais lui, se retournant et voyant ses disciples, admonesta Pierre – tança Pierre, et non pas “  admonesta  ” – et dit  : “  Passe derrière moi, Satan  ! Dégage  ! Satan  ! Car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes  !  ”

    Je vais vous faire une révélation  : Notre Seigneur connaît une véritable agonie, parce que s’il avait été en pleine possession de sa force morale, il aurait dit à Pierre qu’il se trompait. Mais ce «  dégage Satan  » veut dire que Jésus, au même moment où il est reconnu comme le Christ, dans toute sa force humaine, son désir de sauver les âmes, son désir de régner sur le monde, de glorifier son Père, Jésus dans sa nature humaine aspire au succès. Il est comme les Apôtres, les saintes Femmes, le peuple de Galilée et de Judée, il attend la libération d’Israël, il attend la réalisation de l’ère messianique telle que les Prophètes l’ont annoncée, et il voudrait que ce soit tout de suite, aussi bien que nous aujourd’hui nous voudrions le succès de notre doctrine, la résurrection de l’Église  ! Satan, c’est le tentateur, celui qui pendant 40 jours a essayé de faire tomber Jésus au début de sa mission. Il revient là dans la personne de Pierre. Pierre est possédé par Satan, lui qui tente Jésus. Alors Jésus, réellement ébranlé, a cette parole terrible  : «  Dégage, cesse de me tenter  ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu mais celle des hommes  ».

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  • Dieu permet que tout ce qui pourra nous arriver sur terre concourra au bien de ceux qui l'aiment

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    Du Père Simon Noël sur son blog :

    Homélie Dimanche 24 année B

    11 Sep 2021

    Depuis plusieurs mois déjà, Jésus parcourait la Galilée. Il annonçait l’Évangile, guérissait les malades, chassait les démons, pardonnait les péchés. Il donnait ainsi des signes de sa mystérieuse origine et de la venue du Royaume. Il avait appelé ses apôtres, les avait instruits, formés et envoyés en mission dans les villages. Ceux-ci apprenaient ainsi à connaître de mieux en mieux qui était vraiment Jésus. Et nous en arrivons à un tournant capital de la vie de Notre Seigneur, le moment où il va interroger ses compagnons sur leur foi personnelle : Pour vous qui suis-je ?

    Saint Pierre va répondre au nom de tous : Tu es le Christ. Pierre adhère ainsi au Christ, reconnaît qu'il est le Messie attendu par Israël. C'est la foi de l’Église que Pierre proclame, la foi qui est encore la nôtre aujourd'hui. Car si nous sommes ici, c'est bien parce que nous croyons, que cet homme qui est passé parmi nous, Jésus de Nazareth, est le Fils éternel de Dieu, qu'il est Dieu, créateur du ciel et de la terre, avec son Père et le Saint-Esprit, qu'il s'est fait homme pour venir nous faire connaître le mystère de Dieu et son dessein sur les hommes et pour donner sa vie, afin que nos péchés soient pardonnés et que nous recevions ainsi la vie éternelle.

    Mais ensuite le ton de Jésus à l'égard de son apôtre change tout à fait. Jésus ne dit plus que Pierre parle sous l'inspiration du Père céleste, mais sous celle de Satan. Pierre, tout pape qu'il soit, reste donc un homme comme les autres. Tous nous devons dans notre vie chrétienne opérer ce que Saint Ignace de Loyola appelait le discernement des esprits. Lorsqu'une pensée germe dans notre esprit, il faut discerner si elle vient du bon esprit ou du mauvais. Pierre a reconnu en Jésus, le Christ, le Fils du Dieu vivant, mais maintenant il refuse l'idée d'un Christ qui sauverait le monde par ses souffrances et par une mort humiliante. La foi de Pierre est réelle mais elle n'est pas encore parfaite et complète. Ce n'est qu'avec le don du Saint-Esprit à la Pentecôte, que tout deviendra enfin clair pour lui. Il deviendra alors vraiment apôtre du Christ, mort et ressuscité pour le salut du monde.

    Notre foi aussi tout au long de notre vie doit s'approfondir avec les années. En particulier il nous faut intégrer dans notre vie spirituelle le mystère de la souffrance. Jésus le dit aujourd'hui : Si quelqu'un veut marcher à ma suite, qu'il prenne sa croix. Tous nous avons une croix à porter, ne fût-ce que celle des ennuis de santé qui apparaissent avec l'âge. Il y a une chose bonne à savoir là-dessus : une croix acceptée est plus légère à porter qu'une croix refusée. Nous avons un chemin de sanctification à suivre et la croix en fait partie. A la suite de Jésus, nous ne pouvons aller vers la sainteté et la vie éternelle qu'en passant par la Croix. Bien sûr, c'est un devoir de lutter contre la souffrance. Nous ne sommes pas des masochistes. Mais il arrive parfois qu'une épreuve nous frappe, sans que nous ne puissions y échapper. Quand une croix surgit dans notre existence, nous devons l'embrasser et l'offrir au Christ pour l’Église et le salut des âmes. Si nous vivons nos épreuves chrétiennement, le Christ sera à nos côtés. Il nous fortifiera et nous soulagera, comme il l'a promis : Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi, je vous soulagerai.

    Si le christianisme est la religion de la Croix, c'est aussi la religion du Cœur de Jésus, doux et humble, miséricordieux et compatissant. Les paroles de l'évangile d'aujourd'hui ne doivent pas nous faire peur par conséquent. Car Dieu permet que tout ce qui pourra nous arriver sur terre concourra au bien de ceux qui l'aiment.

  • Y a-t-il un avenir pour le catholicisme ?

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    De Gérard Leclerc sur le site de France Catholique :

    Quel avenir pour le catholicisme ?

    9 septembre 2021

    © P Deliss / GODONG

    L’historien Guillaume Cuchet, qui s’est fait connaître pour un essai très éclairant sur la chute de la pratique religieuse en France dans la période qui coïncide avec le déroulement et les suites de Vatican II [1], vient de récidiver avec un autre livre qui interpelle forcément les chrétiens : Le catholicisme a-t-il encore de l’avenir en France ? (Le Seuil). Les données du problème paraissent plutôt simples. Il y aurait, aujourd’hui, 2 % des Français qui iraient à la messe chaque dimanche, alors qu’ils étaient 25 % dans les années 1950. Cette chute vertigineuse est significative d’un phénomène de portée historique, quelles que soient les interprétations qu’on lui donne. Certains critiques des idées ont pu parler de la disparition des grands systèmes de sens, caractéristiques de cette époque. Ainsi, le marxisme, qui fut pour plusieurs générations l’idéologie qui rendait compte du dynamisme inhérent à la marche de l’histoire, s’est-il effondré, rendant anachronique et injustifiable le mot de Sartre quant à son caractère «  indépassable  ». Mais il en serait de même de toutes les pensées se réclamant, tel l’hégélianisme, d’une philosophie totale de l’histoire.

    Nouvelle forme du progressisme

    Finis donc les lendemains qui chantent et les grands soirs qui ont fait rêver des générations de militants ! L’heure est à la déconstruction, et d’une façon générale au déni des héritages, tous suspects d’avoir provoqué discriminations et effets de puissance. On pourrait donc en déduire que le christianisme ne saurait échapper à cette logique du déclin et de la déconsidération, d’autant qu’à la chute des statistiques s’ajoute la révélation de nombre de scandales qui entachent jusqu’à la dignité du sacerdoce. Cela conduit certains à réinventer une autre forme de progressisme, assez différent de celui qui avait cours après-guerre et dans la période post-conciliaire. L’allure que prend en ce moment le synode de l’Église d’Allemagne laisse craindre une menace de schisme dont on peut se demander s’il aurait l’aval de Martin Luther.

    Mais nos réformateurs ne sauraient nous tromper sur la nature de leur projet. Là où l’abandon de la discipline et des exigences doctrinales a été mené à terme, ce n’est pas l’afflux de nouveaux fidèles qui s’est manifesté mais une désertion généralisée. Ce qui veut se substituer à l’Église institution risque d’aboutir à des petits cercles, promis rapidement à des ruptures internes. Ce qui oblige à reposer la question en d’autres termes.

    Ce n’est pas la première fois que l’Église se trouve face à un pareil défi. Il y a eu plusieurs rechristianisations de la France. Mais le regain est venu, comme aux XVIe et XVIIe siècles d’une réforme spirituelle radicale de l’Église dans sa tête et dans ses membres, ainsi que d’un renouveau mystique faisant briller de tous ses feux l’espérance du Salut qui ne proviendra que par la redécouverte intégrale de l’Apocalypse, c’est-à-dire de la Révélation trinitaire.


    [1Comment notre monde a cessé d’être chrétien, Points, 2020, 320 p., 8,80 €.

  • Le cardinal Stefan Wyszyński : " Le primat du millénaire "

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    Du Père Raymond J. de Souza  sur le National Catholic Register :

    Le cardinal Stefan Wyszyński : " Le primat du millénaire ".

    COMMENTAIRE : Le chef de l'Église, qui sera béatifié le 12 septembre à Varsovie, était l'incarnation vivante de l'expérience de la Pologne au XXe siècle.

    Image illustrative de l’article Stefan Wyszyński

    9 septembre 2021

    Il y a quarante ans, l'imposant cortège funèbre du cardinal Stefan Wyszyński était mené par une bannière sur laquelle on pouvait lire : "Dieu nous donne un tel père et un tel berger une fois tous les mille ans."

    Il sera béatifié le 12 septembre à Varsovie et connu désormais sous le nom de "Bienheureux Stefan Wyszyński".

    Mais en Pologne, il restera toujours le "Primat du millénaire", comme le reconnaissait la bannière de la procession.

    Emprisonné pendant trois ans (1953-1956) par le régime communiste, il est devenu un colosse culturel qui a mené une "Grande Neuvaine" à l'échelle nationale, neuf années de préparation spirituelle, culturelle et sociale pour le 1000e anniversaire du baptême de la Pologne en 966. La Grande Neuvaine a révélé le véritable caractère de la nation polonaise, en dépit de son régime communiste.

    Le cardinal Wyszyński est apparu au millénaire comme le leader incontesté du peuple polonais. L'invitation qu'il a adressée au pape Saint-Paul VI pour assister aux célébrations du millénaire a été bloquée par les communistes. Lorsque le pape saint Jean-Paul II est venu en Pologne en 1979, il a commencé par parler de sa présence comme de la surprenante réponse providentielle à l'invitation du grand primat. Le pape était en effet en Pologne, mais un pape bien plus redoutable que ce que les communistes auraient pu imaginer.

    Le primat Wyszyński a été pendant 33 ans le Moïse du pharaon communiste à la tête de l'Église de Pologne. Nommé primat de Pologne en 1948, alors le plus jeune évêque de Pologne, il a été simultanément archevêque de Gniezno (l'ancien siège primatial) et de Varsovie (la capitale politique).

    Sa béatification a lieu au cours de ce qui a été déclaré par le Parlement polonais comme l'"Année Stefan Wyszyński", marquant le 120e anniversaire de sa naissance en 1901 et le 40e anniversaire de sa mort en 1981. C'est le couronnement d'une vie polonaise remarquable, une incarnation vivante de l'expérience de la Pologne au XXe siècle. 

    Wyszyński est né le 3 août 1901, sans pays. La Pologne avait été éliminée de la carte de l'Europe en 1795, découpée et occupée par les trois puissances voisines, la Russie, la Prusse (Allemagne) et l'empire austro-hongrois.

    Le jeune Stefan fréquente une école primaire où l'enseignement est dispensé en russe, ce qui lui sera utile plus tard pour lire les documents clandestins de l'Union soviétique. Il perdra sa mère très tôt, à l'âge de 9 ans, une expérience similaire à celle de Jean Paul. Comme lui, sa spiritualité est marquée par une intense dévotion à la Sainte Vierge Marie, la "nouvelle" mère de sa vie. Il offrira sa première messe en tant que prêtre nouvellement ordonné dans la chapelle de l'image miraculeuse de Notre-Dame de Jasna Gora à Czestochowa, le sanctuaire national de la Pologne.

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  • "Traditionis custodes" sous la loupe des "hommes en noir"

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    Du site de l'Homme Nouveau :

    Motu proprio Traditionis custodes,
    l'analyse du Club des Hommes en Noir

    Motu proprio Traditionis custodes, <br>l'analyse du Club des Hommes en Noir

    Retrouvez Le Club des Hommes en Noir pour sa troisième saison. Cette émission fondée en 2012, sur une radio bien connue, par Philippe Maxence, a un concept simple : l'actualité de l'Église décryptée par des prêtres et un laïc. 

    Le Club des Hommes en Noir avec l'abbé de Tanouärn, le Père Viot, le Père Thomas sj et Jean-Pierre Maugendre, sous la direction de Philippe Maxence revient sur le dernier motu proprio du Pape François : Traditionis Custodes.

     

  • Chine : un nouvel évêque proche du parti communiste consacré à Wuhan

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    De Courtney Mares sur Catholic News Agency :

    Le nouvel évêque de Wuhan consacré selon les termes de l'accord entre le Vatican et la Chine
     
     The episcopal ordination of Francis Cui Qingqi in Wuhan, China, on Sept. 8, 2021
     
    L'ordination épiscopale de Francis Cui Qingqi à Wuhan, en Chine, le 8 septembre 2021 / www.chinacatholic.cn.

    Salle de presse de Rome, 8 sept. 2021

    Un nouvel évêque de Wuhan, en Chine, a été ordonné mercredi selon les termes de l'accord Vatican-Chine, a confirmé un porte-parole du Vatican.

    Mgr Francis Cui Qingqi, 57 ans, est le sixième évêque à être consacré en Chine depuis que le Saint-Siège a signé un accord provisoire avec le gouvernement chinois en septembre 2018.

    Selon le porte-parole du Vatican, Matteo Bruni, le pape François a nommé Cui comme évêque du diocèse de Hankou/Wuhan le 23 juin et son ordination épiscopale a eu lieu le 8 septembre à Wuhan, la ville où les premiers cas de COVID-19 ont été signalés.

    Le nouvel évêque ordonné est un franciscain qui serait proche du gouvernement chinois.

    Le diocèse de Wuhan n'a pas eu d'évêque au cours des 14 dernières années, et le père Cui a comblé le vide dans une position de direction non officielle depuis 2012.

    Après avoir étudié à Pékin, le père Cui a été nommé par les autorités provinciales du Parti communiste chinois (PCC) à la tête d'un "comité de gestion" de cinq membres chargé de superviser le diocèse de Wuhan il y a neuf ans, selon un rapport publié en 2012 par le journal italien La Stampa.

    Cui a été nommé secrétaire adjoint de la conférence épiscopale sanctionnée par l'État en 2016 et est devenu le président de l'Association patriotique catholique du Hubei en janvier 2018.

    Il est né dans la province du Shanxi en 1964, 15 ans après la révolution communiste chinoise, et a été ordonné prêtre en 1991 à l'âge de 27 ans.

    En octobre 2020, le Vatican et la Chine ont renouvelé leur accord provisoire sur la nomination des évêques pour deux années supplémentaires. Les termes de l'accord n'ont pas été rendus publics.

    Mgr Cui est le quatrième évêque à être consacré depuis le renouvellement de l'accord. En juillet, le Vatican a annoncé l'ordination d'Anthony Li Hui comme évêque coadjuteur du diocèse de Pingliang.

    Le Père Bernardo Cervellera, ancien rédacteur en chef d'AsiaNews, a déclaré à CNA dans une interview le mois dernier : "D'après ce que j'ai vu, les évêques qui ont été ordonnés, nommés et ordonnés, sont tous président ou secrétaire de l'Association patriotique. Cela signifie donc qu'ils sont très proches du gouvernement."

    L'Église catholique a besoin d'environ 40 évêques supplémentaires en Chine, selon Cervellera.

    Le premier "évêque patriotique" nommé sans l'approbation du Vatican par le gouvernement communiste chinois en 1958 était originaire de Wuhan.

    Dong Guangqing, décédé en 2007, était président de l'Association catholique patriotique de Wuhan et vice-président du Comité administratif national de l'Église catholique chinoise.

    Le diocèse de Wuhan lui-même a été créé de manière autonome par les autorités communistes en fusionnant trois diocèses catholiques historiques : Hankou, Hanyang et Wuchang.

    L'ordination épiscopale de Mgr Cui a eu lieu dans la cathédrale Saint-Joseph, qui était à l'origine le siège du diocèse de Hankou, dans la ville de Wuhan.

    Cette ville de 11 millions d'habitants était autrefois un avant-poste pour les missionnaires catholiques qui y ont fondé des hôpitaux catholiques, dont l'actuel hôpital central de Wuhan, où est décédé le Dr Li Wenliang, qui a dénoncé le coronavirus.

    Le premier saint canonisé de Chine a été martyrisé par suffocation sur une croix à Wuhan. Saint Jean-Gabriel Perboyre, un prêtre missionnaire vincentien français, a été trahi par l'un de ses catéchumènes pour de l'argent, enchaîné, torturé, attaché à une croix en bois et étranglé à mort en 1840. (...)

  • Le sort des églises en Flandre : des dérives prévisibles

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    De John Allen Jr sur Crux :

    10 septembre 2021

    "... commençons par la Flandre, c'est-à-dire la partie nord néerlandophone de la Belgique, où l'État est traditionnellement propriétaire des bâtiments d'église et des biens immobiliers environnants. Au total, 1 768 églises appartiennent à l'État et, au cours des dernières décennies, 181 d'entre elles, qui n'étaient plus utilisées régulièrement comme lieux de culte, ont été converties à des fins civiques telles que des bibliothèques, des centres de jeunesse, des salles de concert, etc.

    Beaucoup d'autres de ces églises pourraient être converties à d'autres usages, 700 seulement étant considérées comme hors limites parce qu'elles sont encore nécessaires à des fins liturgiques et pastorales. Les maires de Flandre se sont apparemment plaints du fait que le processus d'approbation de la conversion de ces structures est trop long et trop limité, et qu'entre-temps, les villes doivent payer pour l'entretien et la maintenance.

    Aujourd'hui, le gouvernement flamand, malgré les objections de l'Église catholique locale, a approuvé un nouveau plan qui autorise la conversion à des fins commerciales, de sorte que ces anciennes églises pourraient devenir des supermarchés, des boîtes de nuit, des immeubles de bureaux ou tout ce que le marché local demande.

    L'évêque Johan Bonny d'Anvers, qui a fait des vagues pendant les synodes sur la famille pour ses positions progressistes sur l'homosexualité et le divorce, a protesté vivement contre cette décision, qui rompt avec les engagements antérieurs du gouvernement de régler ces questions par le dialogue avec l'Église.

    "Ce que les juifs jugent inacceptable pour une synagogue, les musulmans pour une mosquée et les maçons pour une loge, les chrétiens ne peuvent pas non plus le tolérer pour une église", a déclaré Mgr Bonny, en se demandant à voix haute où tout cela va s'arrêter.

    "Et pourquoi pas un refuge pour animaux, ou un magasin de vêtements, ou un théâtre, ou, pourquoi pas, un bordel ?" se demande Bonny.  Rien n'indique cependant que les autorités flamandes aient été particulièrement émues par ces protestations."

  • Procès Becciu : le pape, seul juge suprême aux commandes ?

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    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso, en traduction française sur Diakonos.be :

    Procès Becciu. Triomphe ou défaite des pouvoirs absolus du Pape ?

    Parmi le chapelet d’énormités proférées par le Pape François dans sa dernière interview avec Cope – dont la plus colossale n’est pas tant d’avoir attribué à Angela Merkel une phrase qui est en fait de Vladimir Poutine, mais bien le principe illibéral exprimé dans la citation elle-même et qu’un Pape François enthousiaste a fait sienne, en vertu de laquelle il ne faut même pas essayer de « construire la démocratie » là où elle n’est pas – on trouve notamment l’invention d’une nouvelle figure juridique : la « manière affective de la présomption d’innocence ».

    Le malheureux sur lequel le Pape François l’a appliqué, c’est le cardinal Giovanni Angelo Becciu (photo), 73 ans, qui comparaît avec neuf autres inculpés dans un procès dont la seconde audience a été fixée ce 5 octobre au Vatican, concernant principalement l’achat somptuaire et désastreux d’un immeuble de luxe à Londres par la Secrétairerie d’État.

    Le cardinal Becciu est accusé de détournement de fonds, d’abus de pouvoir et d’incitation à faux témoignage. Mais le 24 septembre 2020, plus de neuf mois avant que ces chefs d’accusations ne soient formulés et ne conduisent au renvoi du cardinal devant les tribunaux, le Pape l’avait déjà personnellement jugé et condamné, déposé de ses fonctions, dépouillé de ses « droits » de cardinal, exposé à l’opprobre publique, le tout sans lui laisser la moindre chance de se défendre et sans un mot pour expliquer les raisons d’une telle dégradation publique. Et pourtant, malgré cela, dans l’interview à Cope, François a osé affirmer : « j’espère de tout mon cœur qu’il est innocent », parce que « c’est une personne que j’estime, il a été l’un de mes collaborateurs et il m’a beaucoup aidé » ; bref, le Pape a déclaré éprouver pour Becciu « une manière affective de la présomption d’innocence ».

    Déjà avant François, tous les papes concentraient en leur personne, sans pouvoir être jugé par personne, les trois pouvoir législatifs, exécutifs et judiciaires qui sont rigoureusement séparés dans toute démocratie moderne. Mais les derniers papes n’ont utilisé ce pouvoir qu’avec une modération extrême. Ce n’est qu’avec l’arrivée de Jorge Mario Bergoglio que cet absolutisme monarchique allait être exercé habituellement et apparaître au grand jour dans toutes ses contradictions. « L’État c’est moi ! », pourrait dire aujourd’hui le Pape Bergoglio, comme le Roi-Soleil au XVIIe siècle. Le procès du cardinal Becciu et des neufs autres inculpés en est la preuve flagrante.

    Settimo Cielo a déjà passé en revue les incidents judiciaires qui ont émaillé les différentes étapes préparatoires du procès qui est sur le point de s’ouvrir au Vatican. Le plus retentissant aura été la relaxe par un tribunal de Londres en 2021 d’un financier, Gianluigi Torzi, auquel il était reproché d’avoir extorqué au Vatican 15 millions d’euros alors que, selon les juges londoniens, il n’aurait fait que percevoir son « salaire », et qui plus est avec la bénédiction du Pape :

    > La justice du Vatican, ou la saga des déboires judiciaires

    Mais à présent que le procès s’apprête à entrer dans le vif du sujet, on s’aperçoit qu’il ne s’agit pas d’un simple incident de parcours. Le mal est à la racine, il est ancré au cœur même du système judiciaire du Vatican, qui est dépourvu de tous les organes constitutifs d’un État de droit moderne, comme l’a notamment dénoncé un important quotidien allemand qu’on ne pourra accuser de prendre parti pour l’un ou l’autre camp ecclésiastique, le « Frankfurter Allgemeine Zeitung », dans un éditorial du 24 août de son spécialiste politique, Thomas Jansen, que l’on peut également consulter en version anglaise :

    > Ein Prozess in einen absolutistischen Staat

    Dans son interview avec Cope, le Pape François a même été jusqu’à dire que la plainte qui a déclenché le procès avait été prise en compte parce que lui-même, le pape, avait « apposé sa signature » en-dessous de celles des dénonciateurs, ordonnant de fait aux magistrats du Vatican de procéder aux perquisitions et aux arrestations.

    Mais tout cela n’est rien par rapport à ce qui s’est passé ensuite. La défense des inculpés reproche à François d’être intervenu au cours de l’enquête – après que les délits présumés aient été commis – avec pas moins de quatre décrets qui ont changé les règles de procédure judiciaire, au gré de ses désirs du moment. L’un de ces décrets autorisait les juges d’instruction à procéder à des perquisitions et à des arrestations « même en dérogeant aux règles en vigueur, si nécessaire ». Une autre ordonnait de soumettre à un procès ordinaire les cardinaux aussi – alors qu’ils relevaient jusque là de la compétence exclusive du tribunal suprême de la Signature apostolique -, exposant ainsi non seulement le cardinal Becciu mais également, si quelqu’un devait le mettre en cause, le cardinal secrétaire d’État, Pietro Parolin.

    Gian Pier Milano, l’un des deux promoteurs de justice de ce procès, a répliqué que les décrets contestés sont en réalité « la plus haute expression du pouvoir papal » et qu’il n’est pas vrai que le Vatican n’est pas un État de droit pour autant.

    Mais surtout, M. Milano et son collègue Alessandro Diddi agissent avec la certitude d’avoir le tout-puissant Pape François de leur côté, vu le zèle sans précédent avec lequel ils ont rejeté en août dernier l’ordre du président du tribunal du Vatican, Giuseppe Pignatone, de remettre à la défense des inculpés l’enregistrement de la déposition de leur principal accusateur, Mgr Alberto Perlasca, ancien chef de la section administrative de la Secrétairerie d’État de 2009 à 2019, licencié de ses fonctions mais qui s’était tout de suite mis à table avec les enquêteurs, ce qui lui permis de ne pas finir aussi sur le banc des accusés.

    Certains rappellent à juste titre que le différend entre Pignatone et Diddi remonte au spectaculaire procès de « mafia capitale » qui s’était tenu à Rome il y a quelques années, et où le premier tenait le rôle de l’accusation en tant que procureur en chef tandis que le second était avocat de la défense de l’un des principaux accusés, une affaire qui s’était conclue par un jugement puis une sentence de la Cour de cassation italienne qui avait exclu de la condamnation la circonstance aggravante d’association mafieuse.

    Mais à présent, au Vatican, la question est plus importante. Le refus opposé par les promoteurs de justice à un ordre du président de leur propre tribunal constitue une autre preuve qu’en réalité, il n’y a qu’un seul juge suprême qui commande, au mépris de toute règle de droit : le Pape.

    Vu la manière dont les choses se présentent, et puisque les dix inculpés sont tous des citoyens italiens ou suisses, on peut se demande si l’Italie et la Suisse accepteront d’exécuter d’éventuelles condamnations à des peines de prison de l’un ou l’autre d’entre eux, ou s’ils refuseront en revanche de le faire, étant donné les lacunes de système judiciaire pontifical en matière de respect de l’habeas corpus, c’est-à-dire du principe élémentaire qui garantit la liberté et l’inviolabilité de l’accusé.

    En fin de compte, ce procès menace de battre en brèche ce mythe populiste qui voit en François un chevalier blanc, toujours du côté du « pueblo santo y fiel de Dios », qui serait occupé à faire le nettoyage et à remettre de l’ordre dans cette institution corrompue que serait la Curie romaine. En effet, qu’est-ce qu’un inculpé tel que le cardinal Becciu pourra dire pour sa défense, sinon que le Pape savait, approuvait, et qu’il était informé à chaque instant de toutes les démarches effectuées par ses subalternes ?

  • Synode : à l'écoute, mais de qui ? Des mots "bulles de savon"

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    De Stefano Fontana sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    A l’écoute, mais de qui ? Les mots-bulles de savon du Synode

    téléchargement.png9 septembre 2021

    traduction de "Benoît et moi"

    Les deux documents fondamentaux de la prochaine phase synodale sur la synodalité ont été publiés. À partir des mots clés qui parsèment le vade-mecum (écoute, inclusion, participation, rêve, espoir, nouveauté, changement, stéréotypes, préjugés, dialogue, réconciliation, partage, périphéries, discernement, accessibilité, équité, coresponsabilité), on peut parler de mots bulles de savon, tellement ils sont vides de sens spécifique et peuvent être remplis de n’importe quel sens. L’inclusion et le dialogue concernent-ils aussi les hérésies ? Le partage est-il une valeur en soi, indépendamment du contenu partagé ? Les stéréotypes et les préjugés concernent-ils aussi des aspects de la doctrine ?

    Le Secrétariat général du Synode des évêques, dirigé par le cardinal maltais Mario Grech, a publié les deux documents fondamentaux de la prochaine phase synodale qui concernera l’Église universelle et les Églises locales dans les années à venir. Le premier est le document préparatoire (en français sur Zenit) intitulé « Pour une Église synodale : communion, participation et mission » et le second est le Vademecum, autrement dit un ensemble de lignes directrices et d’outils opérationnels à utiliser notamment dans les Églises locales. Comme nous le savons, le thème du synode sera la synodalité. La phase dite de consultation est sur le point de commencer. Elle sera ouverte à Rome les 9 et 10 octobre, puis le 17 octobre dans les Eglises locales. Pendant un an, les Églises locales poursuivront ce travail de consultation selon les indications du vade-mecum et, enfin, en octobre 2023, se tiendra à Rome la XVIe assemblée de tous les évêques du monde.

    Il s’agit évidemment d’un processus long, complexe et très lourd – on pense que le Comité central du Synode devra même rédiger deux Instrumenta Laboris – et il est facile de penser combien l’évangélisation gagnerait si toutes ces énergies lui étaient directement consacrées, les soustrayant aux réunions et aux documents. Malgré le fait que le Vademecum indique que l’instrument du Synode n’est pas de « produire des documents » et que l’Église synodale ne doit pas être « autoréférentielle ».

    Une première lecture des deux longs textes et, surtout, une interrogation sur l’étrangeté et la portée réelle d’un synode qui parle de lui-même – un synode, précisément, sur la synodalité – conduit immédiatement à penser qu’il faut se préparer à une période longue et risquée. L’inquiétude concernant le chemin qui s’annonce repose sur les deux interprétations que l’on peut en donner, toutes deux peu rassurantes. Le fait regrettable est qu’on n’en entrevoit pas de troisième. D’un côté, le chemin synodal est présenté comme fluide, voire liquide, ouvert au nouveau d’où qu’il vienne, prêt à partir à l’aventure. De l’autre, il pourrait au contraire être déjà prédéfini dans ses résultats, et le long parcours synodal pourrait n’être qu’une occasion de faire ressortir les aspects d’une nouvelle Église qui ont déjà été décidés. Une période synodale molle et plastique, aux contours indéfinis, qui pourrait produire des nouveautés perturbatrices (et lacérantes), ou aux contours rigides dans ses résultats. Toutefois, il ne faut pas penser que les deux possibilités sont nécessairement antithétiques.

    Des deux documents, le plus important s’avérera être le Vademecum car il nous dit comment nous devons penser et ce que nous devons faire, tandis que le Document préparatoire sera probablement négligé car il est essentiellement doctrinal.

    Voici maintenant une brève liste des mots clés qui parsèment le Vademecum : écoute, inclusion, participation, rêve, espoir, nouveauté, changement, stéréotypes (à abandonner), préjugés (à abandonner aussi), dialogue, réconciliation, partage, périphéries, discernement, accessibilité, équité, coresponsabilité. Je pense que l’on peut parler de mots « bulles de savon » dans la mesure où ils sont vides de sens spécifique et dans la mesure où, pour la même raison, ils peuvent être remplis de n’importe quel sens. L’inclusion et le dialogue concernent-ils aussi les hérésies ? Le partage est-il une valeur en soi, indépendamment du contenu partagé ? Les stéréotypes et les préjugés concernent-ils aussi des aspects de la doctrine ? Les rêves, la nouveauté et le changement sont-ils qualifiés comme tels, ou dépendent-ils de ce dont on rêve, de la nouveauté à laquelle on est confronté et du type de changement auquel on est confronté ?

    Les expressions les plus ambiguës des deux documents – il peut sembler étrange de le dire – sont les plus centrales : la synodalité est un « marcher ensemble » [mot magique du vocabulaire bergoglien depuis toujours, ndt], nous devons « nous mettre à l’écoute de l’Esprit ». Ces expressions devraient servir de guide à toutes les autres, mais elles s’avèrent au contraire confuses. La marche en tant que telle n’a pas de sens et le fait de la faire ensemble ne l’enrichit en rien. L’Esprit doit certainement être écouté et il parle certainement aujourd’hui aussi, mais nous ne pouvons pas penser qu’il dit des choses contraires à celles qui ont été dites au cours des deux mille ans précédents. Que l’Esprit souffle où il veut est également certain, mais cela ne signifie pas qu’il souffle partout et que pour mieux l’écouter il faille accepter tout ce que le monde produit.

    De ces considérations émerge le danger d’une dérive possible vers des changements privés de vérité. Mais, dira-t-on, il s’agit d’une phase consultative. Certes, mais une Église qui écoute avant de dire ce qu’elle pense est beaucoup plus dangereuse qu’une Église qui dit ce qu’elle pense puis écoute. Si nous regardons les expériences récentes, l’écoute a été un moyen d’amener les gens à dire des choses qui n’auraient pas pu être dites autrement. Et nous en revenons donc à la deuxième interprétation. On veut que la situation soit liquide, ouverte, disponible à la nouveauté, aux contours peu définis [poco perimetrata], parce qu’on veut que de cette phase synodale émergent des nouveautés pyrotechniques, pas seulement et pas tellement dans les documents finaux, qui en fin de compte resteront toujours des documents que personne ne lit, mais dans les input au nouveau que produira la pratique synodale, ou plutôt la « conversion synodale ». Des nouveautés qui sont déjà planifiées et incubées aujourd’hui.

  • Pour faire face au totalitarisme qui vient...

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    D'Edward Pentin sur le National Catholic Register

    Rod Dreher sur la résistance à l'idéologie laïque : "N'oubliez pas la valeur de la souffrance"

    L'auteur à succès discute de la montée du totalitarisme mou en Occident lors d'une interview du 31 août.

    Interview
    7 septembre 2021

    ROME - Alors que le "totalitarisme mou" coïncide avec une érosion des libertés civiles, et qu'une "cancel culture" alimentée par les "woke" conduit de nombreuses personnes religieuses et conservatrices sociales à s'autocensurer, l'auteur à succès Rod Dreher, offre ses propres idées et solutions, tirées des expériences de ceux qui ont souffert sous le communisme dans le bloc soviétique. Dans son livre Live Not By Lies (Ne vivez pas de mensonges) - A Manual For Christian Dissidents, publié en septembre 2020, il note comment ces citoyens ont reconnu les graines de la tyrannie en Occident il y a longtemps, et ont essayé d'avertir les Occidentaux depuis lors.  

    S'adressant au Register à Rome le 31 août, M. Dreher explique comment le totalitarisme croissant d'aujourd'hui ressemble, mais diffère aussi de la vie sous le communisme soviétique, ce que les fidèles peuvent apprendre de ceux qui ont souffert sous ces régimes lorsqu'il s'agit d'y résister, et pourquoi il vaut mieux éviter de se fier aux dirigeants de l'Église d'aujourd'hui.

    Auteur de l'ouvrage The Benedict Option (L'option bénédictine), qui appelle les chrétiens à s'exiler de la culture dominante pour construire une contre-culture résistante, M. Dreher écrit une chronique régulière pour le American Conservative et s'est converti à l'orthodoxie.

    Si nous commençons par le moment de la publication de votre livre Live Not by Lies, qu'avez-vous observé qui vous a incité à l'écrire ? Quelles preuves aviez-vous vues de cette tyrannie croissante qui vous ont incité à l'écrire ?

    En 2015, je crois, j'ai reçu un appel téléphonique d'un éminent médecin catholique aux États-Unis. Nous avions un ami commun, et il m'a dit : "Écoutez, je dois juste dire ceci à quelqu'un. Ma mère est assez âgée, elle vit avec moi et ma femme, elle est née en Tchécoslovaquie et a passé quatre ans dans un camp de prisonniers. ... Maintenant qu'elle est très âgée, elle nous dit, à ma femme et à moi, que les choses qu'elle voit se produire en Amérique aujourd'hui lui rappellent ce que c'était en Tchécoslovaquie lorsque le communisme est arrivé au pouvoir."

    Ainsi, lorsque je me rends à une conférence et que je rencontre quelqu'un qui a grandi dans le bloc soviétique et qui est venu en Amérique pour échapper au communisme, je lui demande simplement : "Est-ce que les choses que vous voyez se produire en Amérique aujourd'hui, avec la cancel culture, des choses comme ça, vous rappellent ce que vous avez laissé derrière vous ?" Chacun d'entre eux a répondu oui, catégoriquement oui. Si vous leur parliez suffisamment longtemps, ils exprimaient une profonde colère à l'idée que les Américains ne les prennent pas au sérieux. Alors, j'ai réalisé que j'avais un livre ici et c'est ce qui l'a motivé. Les avertissements spécifiques de ces personnes, ces émigrés, la cohérence de ce qu'ils avaient à dire et la profondeur de la colère que personne ne les écoutait.

    À qui avez-vous parlé pour ce livre, et comment les avez-vous trouvés ?

    J'ai dédié le livre à la mémoire du père Tomislav Kolakovic, dont je n'avais jamais entendu parler avant de me rendre à Bratislava, et j'ai été tellement impressionné par son histoire. [Lorsqu'il s'est enfui] en Slovaquie en 43, il a dit à ses étudiants : "La bonne nouvelle, c'est que les Allemands vont perdre cette guerre ; la mauvaise, c'est que les Soviétiques vont diriger ce pays à la fin. La première chose qu'ils vont faire, c'est s'en prendre à l'Église, nous devons être prêts."

    Il le savait et pouvait dire instantanément que le catholicisme slovaque, très clérical et passif, ne ferait pas le poids face à ce qui allait arriver. Il a donc commencé à préparer ses étudiants. Il réunissait ces groupes, composés principalement d'étudiants, pour prier, discuter et analyser intensément ce qui se passait, et ils décidaient.

    En l'espace de deux ans, un réseau de ces groupes s'est étendu à toute la Slovaquie, et certains prêtres les accompagnaient.

    Ils sont devenus la colonne vertébrale de l'Église clandestine. J'ai donc réalisé que nous vivions un moment à la Kolakovic en Occident. Nous devons profiter de la liberté dont nous disposons maintenant, la liberté de temps et la liberté de religion, telles qu'elles sont, pour nous préparer.

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  • Lettre aux catholiques du monde entier

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    Lettre aux catholiques du monde entier

    Lettre aux catholiques du monde entier

    Quarante-deux personnalités laïcs lancent un appel pour expliquer leur incompréhension et leur souffrance devant le motu proprio Tradionis custodes du pape François qui abolit les dispositions de Summorum Pontificum de Benoît XVI, qui avait permis le retour à la paix liturgique dans l'Église, favorisant ainsi la mission et l'évangélisation.

    Quel père, si son fils lui demande du pain, lui donnera une pierre ? (Mt 7, 9)

    Chers Frères et Sœurs dans le Christ,

    C’est avec une immense tristesse que nous avons appris la décision du pape François d’abroger les principales dispositions du Motu Proprio Summorum Pontificum promulgué par le pape Benoît XVI, le 7 juillet 2007. Après des décennies de divisions et de querelles, ce Motu Proprio fut, pour tous les fidèles catholiques, une œuvre de paix et de réconciliation.

    Rome viole la parole donnée par le pape Benoi?t XVI, avec brutaliteé et intransigeance, bien loin de l’accueil fraternel tant vanté.

    La volonté affirmée du pape François, dans le Motu Proprio Traditionis Custodes du 16 juillet 2021 est de voir disparaître la célèbration de la messe de la Tradition de l’Eglise. Cette décision nous plonge dans la consternation. Comment comprendre cette rupture avec le Missel traditionnel, réalisation « vénérable et antique » de la « loi de la foi », qui a fécondé tant de peuples, tant de missionnaires et tant de saints ? Quel mal font les fidèles qui souhaitent, simplement, prier comme le firent leurs pères depuis des siècles ? Peut-on ignorer que la messe tridentine convertit de nombreuses âmes, qu’elle attire des assemblées jeunes et ferventes, qu’elle suscite de nombreuses vocations, qu’elle a fait surgir des séminaires, des communautés religieuses, des monastères, qu’elle est la colonne vertèbrale de nombreuses écoles, œuvres de jeunesse, catéchismes, retraites spirituelles et pèlerinages ?

    Beaucoup d’entre vous, frères catholiques, prêtres, évêques, nous avez fait part de votre incompréhension et de votre profonde douleur : merci pour vos nombreux témoignages de soutien.

    Favoriser la paix de l’Église afin de construire l’unité dans la charité, mais aussi amener les catholiques à renouer avec leur propre héritage en faisant découvrir au plus grand nombre les richesses de la tradition liturgique, trésor de l’Eglise, tels étaient les buts poursuivis par Summorum Pontificum. Le pape émérite Benoît XVI voit son œuvre de réconciliation détruite de son vivant.

    Dans une époque imprégnée de matérialisme et déchirée par les divisions sociales et culturelles, la paix liturgique nous apparaît comme une nécessité absolue pour la foi et la vie spirituelle des catholiques dans un monde qui meurt de soif. La restriction drastique de l’autorisation de célébrer la Messe selon sa forme traditionnelle fera resurgir la méfiance, le doute et annonce le retour d’une querelle liturgique déchirante pour le peuple chrétien.

    Nous l’affirmons solennellement, devant Dieu et devant les hommes : nous ne laisserons personne priver les fidèles de ce trésor qui est d’abord celui de l’Église. Nous ne resterons pas inactifs devant l’étouffement spirituel des vocations que prépare le Motu proprio Traditionis Custodes. Nous ne priverons pas nos enfants de ce moyen privilégié de transmission de la foi qu’est la fidélité à la liturgie traditionnelle.

    Comme des fils à leur père, nous demandons au pape François de revenir sur sa décision, en abrogeant Traditionis Custodes et en rétablissant la pleine liberté de célébration de la messe tridentine, pour la gloire de Dieu et le bien des fidèles. Du pain plutôt que des pierres.

                              Le 8 septembre 2021, en la fête de la Nativité de la Très sainte Vierge Marie        

    Jeanne Smits, journaliste - directrice de Blog

    Jean-Pierre Maugendre, Renaissance Catholique

    Philippe Maxence, journaliste et écrivain, rédacteur en Chef de L'Homme Nouveau

    Jean de Tauriers, Président de ND de Chrétienté 

    Guillaume de Thieulloy, éditeur de presse 

    Charles de Meyer, Président de SOS Chrétiens d'Orient

    Benjamin Blanchard, DG de SOS Chrétiens d'Orient

    Christian Marquant, Président de Paix Liturgique 

    Michel De Jaeghere, journaliste et essayiste

    Hervé Rolland, Vice-Président de ND de Chrétienté

    Maike Hickson, écrivain, LifeSiteNews

    Robert Hickson, écrivain 

    Roberto de Mattei, professeur

    Michael Matt, Editor in chief The Remnant

    Marie-Pauline Deswarte, professeur

    Jean-Baptiste  Pierchon, Maitre de conférences, Docteur en Droit

    Hugues Petit, professeur, Docteur en Droit

    Jean Sévillia, journaliste, historien, écrivain

    Xavier  Arnaud, directeur du Forum catholique

    Laurent Dandrieu, journaliste

    Henri Sire, écrivain     

    Jacques Charles-Gaffiot, historien d'art 

    Victor Aubert, Président d’Academia Christiana

    Bernard Antony, Président de l’AGRIF

    Reynald  Seycher, professeur d'université

    François Billot de Lochner, Président de Fondation de Service politique

    Anne Brassié, journaliste et écrivain

    Jérôme Triomphe, avocat

    Cyrille  Dounot, professeur et avocat ecclésiastique

    Thibaud Collin, philosophe et professeur

    Alvino-Mario Fantini, Editor in chief The European Conservative

    Pawe? Milcarek, Dir. Rédaction Christianitas

    Marek Jurek, ancien Président de la Diète de Pologne

    Philippe Pichot-Bravard, Maître de conférence

    Philippe Lauvaux, professeur à ULB Paris Assas

    Claude Goyard, professeur à Paris Assas

    Philippe de Villiers, ancien ministre, écrivain

    Max Guazzini  

    Pierre  de Lauzun, Haut fonctionnaire, écrivain

    Yves Daoudal, journaliste - Directeur de Blog

    Jean-Marie Molitor, journaliste

    Michael Hageböck, Président de Summorum Pontificum Freiburg

    Stéphane Deswarte