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Hostilité au christianisme et à l'Eglise

  • Recul de le liberté religieuse en Espagne

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    De zenit.org :

    La liberté religieuse est en recul en Espagne

    57 % de cas supplémentaires par rapport à 2023, selon un nouveau rapport

    18 septembre 2026

    « Les données confirment que la liberté religieuse est en déclin constant et de plus en plus rapide en Espagne. Chaque année qui passe aggrave le problème et la réponse institutionnelle devient de plus en plus inadéquate », déclare María García, présidente de l’Observatoire de la liberté religieuse et de la liberté de conscience.

    (ZENIT News / Madrid, le 16 septembre 2026) – L’Observatoire de la liberté religieuse et de la liberté de conscience (OLRC) a présenté son rapport 2025 sur les atteintes à la liberté religieuse en Espagne le mercredi 16 septembre 2026. Avec 306 cas documentés, le rapport enregistre le niveau le plus élevé de la série historique de ce rapport, qui a débuté en 2012 : 26 % de plus qu’en 2024 (243 cas) et 57 % de plus qu’en 2023 (195 cas).

    « Les données confirment que la liberté religieuse est en déclin constant et de plus en plus rapide en Espagne. Chaque année qui passe aggrave le problème et la réponse institutionnelle devient de plus en plus inadéquate », déclare María García, présidente de l’Observatoire de la liberté religieuse et de la liberté de conscience.

    Deux attaques sur trois visent des chrétiens

    Sur les 306 attaques recensées, 173 (56,5 %) ont visé des catholiques. Si l’on ajoute les 33 cas enregistrés contre les chrétiens en général, les cinq contre les évangéliques et le cas contre les orthodoxes, le total s’élève à 212 ; autrement dit, deux attaques sur trois contre la liberté religieuse en Espagne ciblent les chrétiens. Les catégories ayant le plus d’impact sur cette communauté sont le laïcisme militant (60 cas) et la parodie de la religion (40 cas). Par ailleurs, cinq évangéliques ont été victimes d’attaques et un orthodoxe.

    L’antisémitisme a été multiplié par 13

    Avec 40 cas en 2025 (13 % du total), la communauté juive se classe deuxième en nombre absolu d’attaques. Ce chiffre est particulièrement alarmant, sachant que la population juive en Espagne représente moins de 0,1 % de la population totale. Depuis 2022, les attaques contre les Juifs ont été multipliées par treize.

    Les musulmans ont subi 26 attaques (une augmentation notable par rapport aux 11 de 2024) et les Témoins de Jéhovah, 11. Enfin, 17 cas sont considérés comme visant toutes les confessions.

    Les violences physiques contre les croyants se poursuivent

    Par catégorie, le rapport recense six cas de violence physique contre des croyants (un chiffre identique à celui de 2024). « Que la violence physique contre les croyants se maintienne à six cas est scandaleux. Ce chiffre est disproportionné et ne saurait être toléré. Un seul cas d’agression physique contre une personne en raison de sa foi serait intolérable dans un État de droit. »

    « Derrière chacun de ces six cas se cache une personne agressée physiquement en raison de ses convictions. Rien ne peut justifier de tels actes, et nous exigeons que les autorités les traitent avec la même fermeté que si les victimes appartenaient à un autre groupe », déclare María García, présidente de l’Observatoire pour la liberté religieuse et la liberté de conscience.

    Nouvelles attaques contre des lieux de culte

    En 2025, on a également dénombré 73 attaques contre des lieux de culte et des symboles religieux (59 % de plus qu’en 2024), 50 cas de harcèlement de croyants (67 % de plus qu’en 2024), 72 cas de moquerie envers la religion (7 % de plus qu’en 2024) et 105 cas de laïcité belliqueuse (12 % de plus qu’en 2024), la catégorie la plus nombreuse pour la deuxième année consécutive.

    « Le fait que les attaques contre les lieux de culte aient augmenté de près de 60 % en une seule année est une statistique alarmante pour tout gouvernement soucieux de la coexistence pacifique. Cette augmentation est d’autant plus préoccupante qu’elle affecte le patrimoine des communautés religieuses et leur capacité à pratiquer leur foi normalement. Dans la plupart des cas, les auteurs de ces actes restent inconnus, ce qui entrave les poursuites judiciaires, mais n’exonère pas le public de sa responsabilité de prévenir et de réprimer plus efficacement ces actes », souligne García.

    Le gouvernement espagnol, à l’avant-garde de la responsabilité politique

    Près d’un tiers des attaques proviennent de représentants politiques ou de groupes parlementaires : 105 cas au total. Les principaux partis identifiés comme responsables sont le PSOE (31 cas), Sumar (26) et Podemos (18). Le fait que les deux partis au pouvoir en Espagne figurent en tête de liste constitue, de l’avis de l’Observatoire, une grave responsabilité institutionnelle. Dans le domaine médiatique, RTVE est impliquée dans 5 cas, les attaques ayant débuté le 1er janvier avec l’émission spéciale du Nouvel An, durant laquelle une image caricaturale du Sacré-Cœur de Jésus a été diffusée.

    « Il est inacceptable que la télévision publique, financée par les impôts de tous les Espagnols, y compris les croyants, soit l’un des acteurs les plus fréquemment responsables des atteintes à la liberté religieuse. Il est tout aussi inacceptable que les partis au pouvoir figurent en tête de liste des responsables politiques. Ce n’est pas de la laïcité : c’est une laïcité belliqueuse et une hostilité envers la religion », a déclaré le président de l’Observatoire.

    La liberté artistique comme bouclier

    Le rapport documente l’instrumentalisation systématique de la liberté artistique et d’expression pour justifier la moquerie et le ridicule des croyants, notamment catholiques. Des exemples tirés de la télévision et de la radio publiques et privées, d’affiches de partis politiques et de spectacles de carnaval révèlent un schéma qui se répète année après année. L’Observatoire souligne que ce traitement inégal par rapport aux autres groupes constitue, en soi, une violation du principe d’égalité.

    Répartition géographique

    L’Andalousie (37 cas), la Catalogne (32) et la Communauté de Madrid (31) enregistrent le plus grand nombre d’attaques au niveau régional. À cela s’ajoutent 78 cas d’envergure nationale, recensés par des déclarations institutionnelles, des initiatives législatives et des médias d’État.

    Les exigences de l’Observatoire

    Face à cette situation, l’Observatoire de la liberté religieuse exige du gouvernement et des législateurs espagnols qu’ils protègent les symboles religieux et les lieux de culte, maintiennent le délit d’outrage aux sentiments religieux dans le Code pénal, respectent le droit de prier en public et éradiquent le laïcisme belliqueux des institutions publiques et des médias. « L’Espagne a l’obligation, envers ses citoyens et envers le droit international, de garantir que la liberté religieuse ne soit pas un droit de second ordre », conclut le président de l’Observatoire.

  • L’Église vit véritablement une « nouvelle ère de martyre »

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    De Victoria Cardiel sur EWTN News :

    Les documents de l'Église recensent 304 martyrs en Amérique latine depuis le début du siècle.

    L’historien Andrea Riccardi, fondateur de la Communauté de Sant’Egidio, affirme que l’Église vit véritablement une « nouvelle ère de martyre ».

    15 septembre 2026

    L’Église catholique a recensé 304 martyrs en Amérique latine depuis le début du siècle. Il s’agit d’hommes et de femmes tués non seulement pour avoir professé leur foi, mais aussi pour avoir défendu les pauvres, combattu le crime organisé et protégé la création.

    Leurs histoires font partie d'un catalogue mondial de martyrs promu par le Vatican, qui compte déjà plus de 1 700 cas documentés.

    « Nombre d’entre eux ont été assassinés pour des raisons liées au trafic de drogue, à la déforestation ou à leur opposition à l’exploitation des ressources naturelles », a expliqué le cardinal Marcello Semeraro, préfet du dicastère pour les causes des saints.

    Le cardinal a fait remarquer que si beaucoup étaient des missionnaires, le groupe comprenait également des fidèles laïcs qui ont donné leur vie pour défendre l'Évangile et dénoncer les trafiquants de drogue, protéger les territoires autochtones de la déforestation ou lutter contre l'exploitation illégale des ressources naturelles.

    Comme il l'a expliqué, le point commun de ces affaires est que ces personnes sont devenues « gênantes » pour ceux qui contrôlaient les activités illicites. Leur témoignage de l'Évangile s'est heurté de plein fouet aux intérêts économiques et aux structures criminelles.

    Une conférence pour réfléchir aux nouveaux martyrs

    Semeraro a partagé ces réflexions lors de la conférence internationale « Le XXIe siècle : une nouvelle ère de martyrs ? » au Vatican, une journée d'étude et de réflexion consacrée à l'exploration du témoignage des chrétiens qui ont perdu la vie pour l'Évangile dans différentes parties du monde.

    Le rassemblement, organisé par la Commission pour les nouveaux martyrs — témoins de la foi, devait avoir lieu le 15 septembre à l'Institut pontifical augustinien de Rome.

    Le congrès international réunira à Rome certaines des voix les plus éminentes de l'Église, du monde universitaire et du journalisme afin de réfléchir au témoignage chrétien dans le monde contemporain.

    Parmi les participants figurent le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, République démocratique du Congo ; le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem ; et Andrea Riccardi, fondateur de la Communauté de Sant'Egidio. Interviendront également des experts, comme Mgr Fabio Fabene, président de la Commission pour les Nouveaux Martyrs ; la journaliste Lucia Capuzzi ; l'historien Père Roberto Regoli ; et la religieuse sud-soudanaise Alice Jurugo Drajea, qui partagera la vie chrétienne au milieu de la guerre qui ravage son pays.

    Cette initiative intervient un an après la commémoration des martyrs et des témoins de la foi du XXIe siècle, présidée le 14 septembre 2025 par le pape Léon XIV en présence de représentants d'autres Églises et communautés chrétiennes à la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs.

     

    La commission continue de recueillir des témoignages et des informations concernant les chrétiens tués pour leur foi, dans le but de préserver leur mémoire et de documenter les différentes formes de persécution et de témoignage chrétien à l'époque contemporaine.

    Selon les données publiées par l'organisation l'année dernière, 1 624 martyrs dans le monde ont été recensés entre 2000 et 2025. Parmi eux, 304 provenaient des Amériques, un chiffre qui reflète la nature spécifique du martyre dans cette région aujourd'hui.

    La commission a également noté que le nombre de cas recensés dépasse désormais 1 700 et qu’entre 100 et 150 nouveaux témoignages ont été ajoutés au cours de la seule année écoulée, confirmant ainsi que le phénomène est toujours d’actualité.

    La sainteté va au-delà de la canonisation

    Dans son discours, Semeraro a souligné que la sainteté dans l'Église ne se limite pas aux personnes officiellement canonisées.

    « La grâce de la sainteté dans l’Église est représentée par la canonisation, mais elle ne s’y réduit pas. Bien entendu, cela n’exclut pas la possibilité que, si les conditions nécessaires sont réunies, les procédures de béatification et de canonisation correspondantes puissent être engagées pour certaines des personnes figurant au catalogue », a-t-il précisé.

    C’est le cas, par exemple, de Floribert Bwana Chui , un jeune Congolais de la Communauté de Sant’Egidio, assassiné en 2007 pour avoir refusé d’accepter des pots-de-vin et béatifié en 2025.

    Il a toutefois souligné que l’objectif principal est de mettre en lumière le « haut niveau de vie chrétienne ordinaire » dont parle saint Jean-Paul II dans Novo Millennio Ineunte , que le pape François a plus tard qualifié de celui des « saints d’à côté ».

    La valeur anthropologique de la sainteté

    Le cardinal a également souligné la dimension profondément humaine de la sainteté chrétienne.

    « Nous avons besoin de témoins, de martyrs, qui se sont entièrement donnés pour nous le démontrer jour après jour. Nous avons besoin d’eux afin que, même dans les petits choix de la vie quotidienne, nous puissions choisir le bien plutôt que le confort, sachant que c’est précisément ainsi que nous vivons véritablement », a-t-il expliqué, citant l’encyclique Spe Salvi du pape Benoît XVI .

    Semeraro a également souligné la valeur œcuménique de ce projet, une caractéristique que, selon lui, saint Jean-Paul II avait cherché à inculquer à la commission dès sa création.

    Le martyre continue de croître au XXIe siècle

    Lors de la présentation de la conférence, l'historien Riccardi, vice-président de la commission, a affirmé que l'Église vivait véritablement une « nouvelle ère de martyre ».

    Il a rappelé que saint Jean-Paul II avait encouragé la collecte de témoignages de martyrs du XXe siècle pour le jubilé de l'an 2000, une initiative profondément marquée par son expérience personnelle sous les régimes nazi et communiste. Selon Riccardi, cette intuition s'avère encore plus pertinente aujourd'hui.

    C’est pourquoi, a-t-il expliqué, le pape François a décidé de réactiver et de consolider la Commission pour les nouveaux martyrs, convaincu que « le temps du martyre continue ».

    La réaction de l’Église a été massive. Diocèses, congrégations religieuses, mouvements laïcs, conférences épiscopales et nonciatures apostoliques ont adressé des centaines de témoignages au Vatican.

    Cet article a été initialement publié par ACI Prensa.

  • La Chine tient l’Église à sa botte, à la grande satisfaction de l’opinion publique internationale

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    La Chine tient l’Église à sa botte, à la grande satisfaction de l’opinion publique internationale

    En juillet, août et septembre, la Chine a célébré les quatre premières ordinations d’évêques intégralement attribuables au pontificat de Léon. Les deux évêques précédents, ordonnés à l’automne 2025, avaient en effet été choisis de manière unilatérale par les autorités chinoises pendant l’interrègne entre la mort du pape François et l’élection de son successeur.

    Cette année encore, tout s’est déroulé comme prévu dans  l’accord secret sur la nomination des évêques signé par Pékin et Rome en 2018, et actuellement prorogé jusqu’en 2028. Et comme d’habitude, deux communiqués séparés ont été publiés, par le bureau de presse du Saint-Siège d’un côté, et par l’agence de l’Association patriotique des catholiques chinois de l’autre. Le premier annonce que l’ordination a eu lieu, avec la biographie du nouvel évêque et la notification du jour où le pape l’a nommé. Le second donne les noms des évêques consécrateurs et insiste sur le caractère « officiel » de la nomination du nouveau prélat par le Conseil des évêques chinois (une conférence épiscopale fantoche non reconnue par Rome), datant de plusieurs mois avant l’acceptation de cette même nomination par le pape — qui n’est par ailleurs jamais mentionné.

    En théorie, le pape est censé avoir la faculté de refuser une nomination faite en première instance par les autorités chinoises, mais dans les faits, cela n’est jamais arrivé. Depuis l’entrée en vigueur de l’accord, Rome a toujours avalisé les nominations décidées par Pékin, y compris celles qui ont été décidées en violation manifeste de l’accord lui-même, comme pour l’actuel évêque de Shanghai, Joseph Shen Bin.

    Sur les quatre récentes ordinations épiscopales, la plus significative est celle de Joseph Chang Yanfeng à la tête du diocèse de Chifeng, dans la province de Mongolie-Intérieure.

    Depuis des décennies, une immigration massive de populations d’ethnie Han est en cours dans cette région, réduisant désormais la population d’origine mongole à moins d’un cinquième. Ceci dans le but avoué de promouvoir l’unité nationale — culture, traditions et langue —, avec obligation de l’apprentissage le mandarin dès l’école primaire.

    Et le nouvel évêque de Chifeng est plus qu’aligné sur cette directive politique, qui a récemment pris corps dans une loi « pour la promotion du progrès de l’unité nationale », en symbiose absolue avec le processus de « sinisation » des religions, si cher au président Xi Jinping.

    Le 30 juin dernier, alors que le pape Léon l’avait déjà nommé évêque mais avant que la nouvelle ne soit rendue publique, Chang Yanfeng a organisé une réunion avec les notables du diocèse et des cadres politiques. L'objectif ? « Adapter activement » le diocèse « aux exigences du travail ethnique et religieux de la nouvelle ère, en promouvant soigneusement l’éducation à l’unité nationale et l’étude du droit, en maintenant une foi et une pratique authentiques, en renforçant l’unité des fidèles par une discipline rigoureuse et en garantissant, par l’État de droit, l’harmonie, la stabilité et le bon ordre dans le secteur catholique », d’après le compte-rendu officiel.

    Fin août, nous avons eu la confirmation que cette ligne politique inspire bel et bien le choix des nouveaux évêques par Pékin avec l’inauguration à Wuhan d’un musée dédié aux « œuvres patriotiques et catholiques de Dong Guangqing » — le tout premier évêque ordonné en Chine sans mandat du Saint-Siège, en 1958, en plein règne de Mao Tsé-toung.

    Pour chanter les louanges de cet évêque « pionnier de la voie de l’indépendance, de l’autonomie et de l’autogestion » lors de l’inauguration, deux des plus hauts représentants actuels de l'Église catholique chinoise intégrée au régime ont pris la parole : l’évêque de Shanghai, Joseph Shen Bin, président du Conseil des évêques chinois, et l’évêque de Pékin, Joseph Li Shan, président de l’Association patriotique.

    Un musée similaire de la sinisation de l’Église chinoise a déjà ouvert à Pékin en 2023, lors du quinzième anniversaire de la nomination de Li Shan. Et un autre est en projet à Shanghai.

    Pendant ce temps, le 3 septembre à Hong Kong, la condamnation prononcée en 2022 contre le cardinal Joseph Zen Ze-kiun (96 ans) a été confirmée. L'irréductible défenseur de la liberté de l’Église et des citoyens a été condamné pour avoir collecté des fonds afin d’aider des manifestants détenus ou blessés, avec toujours en toile de fond une accusation jamais classée de « collusion avec des puissances étrangères ».

    Tout cela sans que les organes de presse du Saint-Siège n’y fassent la moindre allusion. Ces derniers ont également passé sous silence les condamnations infligées le 22 août pour « incitation à la transgression » à deux figures de l’opposition démocratique de Hong Kong, Chow Hang-tung et Lee Cheuk-yan, deux convertis au catholicisme. Sans parler de leur mutisme assourdissant sur la condamnation définitive à 20 ans de prison, le 20 mars dernier, de Jimmy Lai (79 ans), lui aussi fervent catholique, le plus célèbre et le plus persécuté des défenseurs des libertés révoquées par le régime.

    « Vatican News », le portail d’information du Saint-Siège, a en revanche abondamment couvert début août le premier dialogue officiel entre des représentants de l’Église catholique — présidés par le cardinal George Jacob Koovakad, préfet du dicastère pour le dialogue interreligieux — et de la pensée confucéenne. Organisées à Séoul, ces rencontres portaient sur le thème : « Nouveau ciel, nouvelle terre et ‘Dafong’, la grande harmonie », en présence de représentants du confucianisme issus de douze pays, dont la Chine.

    L’événement s'est conclu par une déclaration conjointe. Mais sans la moindre allusion à l’instrumentalisation politique que les autorités de Pékin font aujourd’hui du confucianisme — un détournement en revanche pointé du doigt par Gianni Criveller, de l’Institut pontifical des missions étrangères, fin connaisseur de la Chine et directeur de l’agence « AsiaNews », dans un éditorial du 9 septembre pour les cinquante ans de la mort de Mao Tsé-toung :

    « Aujourd’hui, Xi Jinping ne gouverne pas la Chine avec l’idéologie communiste de Mao, mais avec une idéologie nationaliste inspirée par l'instrumentalisation politique du confucianisme. Si Mao combattait le confucianisme, qu’il accusait d'être la cause du retard de la Chine, Xi en fait le cœur idéologique de son nationalisme et de son programme de sinisation. »

    Face à un tel tableau, on s’attendrait à voir grandir dans le monde une méfiance envers le régime de Pékin, qui réprime à ce point la liberté religieuse et toutes les autres libertés.

    Mais il n’en est rien. C’est tout l’inverse qui se produit, à en croire une récente enquête du « Pew Research Center » de Washington menée dans 36 pays.

    L’étude compare la proportion de populations qui expriment une opinion favorable sur la Chine d’un côté, et sur les États-Unis de l’autre.

    Le résultat est édifiant : il n’y a que dans 9 pays — Israël en tête, suivi du Japon, de l’Inde et, en Europe, de la Pologne — que les opinions publiques sont davantage favorables aux États-Unis qu’à la Chine.

    Dans tous les autres pays, c’est le contraire. Au Pakistan, les jugements favorables à la Chine atteignent 90 %, contre 15 % pour les États-Unis. En Indonésie, 72 % contre 29 % ; en Turquie, 43 % contre 13 % ; en Italie, 51 % contre 31 % ; en Espagne, 54 % contre 30 % ; au Royaume-Uni, 46 % contre 41 % ; en Allemagne, 27 % contre 19 % ; en France, 36 % contre 27 % ; en Afrique du Sud, 52 % contre 35 % ; au Nigeria, 78 % contre 63 % ; au Mexique, 59 % contre 49 % ; au Pérou, 61 % contre 51 % ; au Canada, 44 % contre 33 % ; en Australie, 31 % contre 24 %.

    Bien entendu, Donald Trump pèse lourdement dans l’opinion négative portée sur les États-Unis. En 2023, une étude similaire révélait encore une majorité d'avis favorables aux États-Unis par rapport à la Chine dans de nombreux pays. En Italie par exemple, 60 % de la population percevait favorablement les États-Unis, contre 36 % pour la Chine.

    Mais même quand on se limite à demander aux personnes interrogées d’évaluer le niveau de liberté individuelle garanti aux États-Unis et en Chine, l’évolution de l’opinion publique depuis 2023 profite presque partout à Pékin. En Italie, le pourcentage de citoyens convaincus que les libertés individuelles sont garanties en Chine a grimpé de 9 à 15 % en trois ans, tandis que ceux qui estiment qu'elles le sont aux États-Unis a chuté de 64 à 39 %.

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    Sandro Magister est le vaticaniste émérite de l'hebdomadaire L'Espresso.
    Tous les articles de son blog Settimo Cielo sont disponibles sur diakonos.be en langue française.

    Ainsi que l'index complet de tous les articles français de www.chiesa, son blog précédent.

  • Ce que révèle une enquête sur la persécution antichrétienne en France

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    De Federico Catani sur Correspondance Européenne :

    Ce que révèle une enquête sur la persécution antichrétienne en France

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    C’est la question à laquelle tente de répondre La persécution antichrétienne a commencé, ouvrage d’Atilio Faoro, chercheur et journaliste catholique installé en France, récemment publié par Avenir de la Culture (le livre peur être commandé sur https://avenirdelaculture.info/commandez/la-persecution-antichretienne-a-commence)

    Le titre est volontairement provocateur. Peut-on réellement parler de « persécution » dans un pays où les catholiques vont librement à la messe et où personne n’est emprisonné pour sa foi ?

    L’auteur reconnaît lui-même la difficulté. La France ne connaît évidemment pas la persécution sanglante que subissent les chrétiens dans certaines régions d’Afrique, d’Asie ou du Moyen-Orient. Mais la persécution commence-t-elle seulement lorsque le sang coule ?

    C’est ici que se situe la thèse centrale du livre : avant de frapper les corps, une persécution peut commencer par transformer les mentalités, marginaliser une religion, effacer ses symboles et rendre progressivement sa présence illégitime dans la vie publique.

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  • Un nouveau rapport indique que plus de 3000 chrétiens ont été tués au Nigéria en seulement huit mois en 2026.

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    De Ngala Killian Chimtom sur le CWR :

    Un nouveau rapport indique que plus de 3000 chrétiens ont été tués au Nigéria en seulement huit mois en 2026.

    La Société internationale pour les libertés civiles et l'État de droit, Intersociety, affirme que juillet et août ont peut-être été les mois les plus meurtriers de 2026, avec 437 chrétiens tués et 393 enlevés.

    Un nouveau rapport alarmant affirme qu'au moins 3 083 chrétiens ont été tués et 3 193 enlevés lors d'attaques qui auraient été perpétrées par des groupes djihadistes au Nigéria entre janvier et août de cette année.

    Le rapport, publié dimanche par la Société internationale pour les libertés civiles et l'État de droit (Intersociety), souligne que juillet et août ont peut-être été les mois les plus meurtriers de 2026, avec 437 chrétiens tués et 393 enlevés.

    Des chiffres stupéfiants

    Outre les meurtres et les enlèvements, le rapport révèle également que 400 églises ont été attaquées et que 25 prêtres et pasteurs ont été tués ou enlevés.

    D'après ce rapport, la plupart des meurtres et des enlèvements ont eu lieu dans la ceinture centrale du Nigeria, une région où la population majoritairement musulmane du nord rencontre la population majoritairement chrétienne du sud.

    Le diocèse de Wukari, dans l'État de Taraba, a enregistré à lui seul un nombre alarmant d'atrocités : environ 239 édifices religieux ont été attaqués ou détruits entre septembre 2025 et août 2026, et près de 100 000 paroissiens ont été déracinés et contraints de fuir leurs communautés. De plus, plus de 200 communautés chrétiennes ont été pillées et leurs habitants déplacés. Seize prêtres catholiques ont été contraints à l'exil, et les résidences de huit autres ont été détruites.

    Le rapport indique en outre que l'Église des Frères au Nigéria et l'Église chrétienne réformée universelle ont collectivement perdu plus de 27 000 membres et des milliers d'églises à cause d'attaques depuis juillet 2009.

    En 2020, l'Église des Frères au Nigéria a déclaré avoir perdu plus de 8 600 membres et des centaines de lieux de culte de district à cause de Boko Haram. De même, l'Église chrétienne réformée universelle a annoncé avoir perdu 5 987 de ses membres et 753 églises.

    Le dernier rapport d'Intersociety dresse un tableau plus large de ce que l'organisation considère comme la violence à motivation religieuse au Nigéria.

    Depuis 2009, date à laquelle Boko Haram a lancé sa campagne meurtrière pour créer un califat à travers le Sahel, au moins 19 800 églises ont été attaquées.

    Emeka Umeagbalasi, chercheur principal et directeur d'Intersociety, a déclaré à CWR que le nombre de chrétiens tués au Nigéria depuis 2009 a atteint le chiffre effarant de 130 783. M. Umeagbalasi, catholique fervent, a ajouté qu'au moins 82 603 chrétiens ont été enlevés ou kidnappés durant cette période. Il prévient qu'il existe 20 % de chances que ces victimes ne reviennent jamais vivantes auprès de leurs familles ni ne renouent avec leur foi.

    L’islamisation et la question du « génocide »

    Des organisations internationales de surveillance des persécutions ont averti que les chrétiens du Nigéria sont confrontés à un programme d'islamisation.

    « Le Nigeria est depuis plusieurs années l'endroit le plus violent au monde pour les disciples de Jésus », affirme Portes Ouvertes, expliquant que l'imposition de la charia dans 12 États du nord rend la vie des chrétiens nigérians de plus en plus précaire.

    L’organisation Global Christian Relief décrit le Nigeria comme « un épicentre mondial du martyre des chrétiens », expliquant que chaque année, au moins 4 000 chrétiens sont tués par des organisations extrémistes au Nigeria, un chiffre « qui dépasse souvent le total cumulé des décès de chrétiens persécutés dans le reste du monde ».

    Au Nigéria et dans le monde entier, les responsables religieux et civils ont présenté des points de vue contrastés sur la situation des chrétiens dans ce pays qui compte environ 113 millions de chrétiens.

    En septembre dernier, l'humoriste et animateur de télévision américain Bill Maher a déclaré sans ambages que les chrétiens nigérians étaient victimes d'un « génocide ». Il a affirmé que le groupe Boko Haram avait « tué plus de 100 000 personnes depuis 2009 et incendié 18 000 églises ».

    Le sénateur américain Ted Cruz a dressé un constat similaire, écrivant sur X que « depuis 2009, plus de 50 000 chrétiens ont été massacrés au Nigéria, et plus de 18 000 églises et 2 000 écoles chrétiennes ont été détruites ».

    L’homme politique américain a accusé les autorités nigérianes d’« ignorer, voire de faciliter, le massacre de chrétiens par des djihadistes islamistes… »

    Le président Donald Trump, reprenant ces propos, a décrit le Nigeria comme un « pays déshonoré », affirmant que le gouvernement « continue de permettre le meurtre de chrétiens ».

    Même les Nations Unies ont indiqué que les violences au Nigéria ciblent principalement les chrétiens. Le 8 juin 2026, des experts de l'ONU ont mis en garde contre les violations des droits des femmes et des filles issues des communautés chrétiennes et d'autres minorités religieuses.

    Citant les lois de la charia en vigueur dans 12 États du nord, ainsi que l'application des codes sur le blasphème, les experts ont noté que « la violence visant les chrétiens et les autres minorités religieuses reste endémique ».

    « Nous sommes particulièrement alarmés par les risques très spécifiques et accrus de discrimination, de violence et d’exploitation auxquels sont exposées les femmes et les filles chrétiennes, alors que nous continuons de documenter de graves cas de violence sexuelle, d’enlèvements, d’actes assimilables à des disparitions forcées, de conversions forcées et de mariages d’enfants parmi elles », ont déclaré les experts.

     « Dans de nombreux cas, ceux qui résistent seraient menacés, punis, portés disparus ou tués », ont-ils ajouté.

    Mais le gouvernement nigérian a répliqué, arguant que « les terroristes attaquent tous ceux qui rejettent leur idéologie meurtrière – musulmans, chrétiens et personnes sans confession indifférents ».

    Les rapports d'Intersociety suggèrent cette contradiction : entre 2009 et mars 2026, 128 750 chrétiens ont été tués, et 61 400 musulmans modérés ont été tués.

    Durant cette même période, 81 100 chrétiens et 50 000 musulmans modérés ont été enlevés.

    Bien que des musulmans modérés aient également été victimes d'attaques djihadistes, l'évêque Wilfred Chikpa Anagbe de Makurdi affirme qu'il n'y a aucune ambiguïté, insistant sur le fait que ce qui se passe au Nigeria est un génocide contre les chrétiens.

    « L’élimination totale de la population chrétienne est en cours. C’est un génocide perpétré par des djihadistes », avertit l’évêque Anagbe.

    Son diocèse dans l'État de Benue, où 98 % de la population est chrétienne, est devenu un foyer de violence.

    Mgr Anagbe décrit une campagne implacable au cours de laquelle des djihadistes massacrent des civils, rasent des églises et incendient des terres agricoles, forçant les communautés à quitter leurs foyers pour occuper les terres.

    Il qualifie cela de « stratégie calculée d’islamisation ». Pour illustrer l’horreur, il a mis en lumière le massacre de Yelewata : environ 200 personnes ont été tuées, dont beaucoup brûlées vives dans une pièce fermée à clé, parmi lesquelles deux bébés de seulement trois et cinq mois.

    Umeagbalasi a déclaré à CWR que si la tendance actuelle se poursuit, le christianisme pourrait disparaître du Nigeria au cours des 100 prochaines années.

    « C’est un génocide, quelle que soit la définition », a-t-il déclaré.


  • La passion de soixante-quinze bienheureux martyrisés à Paris en 1792

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    D'Evangile au Quotidien :

    BBx André-Abel Alricy et 71 comp.

    martyrs († 1792)

    Fête : le 3 Septembre

    Martyrologe Romain : À Paris, en 1792, la passion de soixante-quinze bienheureux martyrs.

    Prêtres : André-Abel Alricy, de Crémieu, au diocèse de Grenoble, attaché à la prison Saint-Médard, à Paris - René-Marie Andrieux, de Rennes, ancien jésuite, supérieur de la Communauté de Saint-Nicolas du Chardonnet à Paris - Pierre-Paul Balzac, de Paris, vicaire à Villejuif, retiré dans la communauté de Saint-Nicolas du Chardonnet - Jean-François Benoît, dit Vourlat, de Lyon, ancien jésuite, aumônier des Dames de l’Adoration perpétuelle, à Paris - Jean-Charles-Marie Bernard du Cornillet, de Châteaubriant, au diocèse de Nantes, chanoine régulier de Saint-Victor à Paris et bibliothécaire de l’abbaye - Michel-André-Sylvestre Binard, de Laulne, au diocèse de Coutances, professeur au Collège de Navarre, à Paris - Nicolas Bize, de Versailles, directeur du séminiaire Saint-Nicolas du Chardonnet, à Paris - Claude Bochot, de Troyes, supérieur de la Maison Saint-Charles des Pères de la Doctrine chrétienne, à Paris - Jean-François Bonnel de Pradal, d’Ax-les-Thermes, au diocèse de Pamiers, chanoine régulier de Sainte-Geneviève, à Paris - Pierre Bonze, de Paris, curé de Massy - Pierre Briquet, de Vervins, au diocèse de Laon, professeur au Collège de Navarre, à Paris - Pierre Brisse, de Brombos, au diocèse de Beauvais, curé de Boran-sur-Oise, dans le même diocèse - Charles Carnus, de Salles-la-Source, au diocèse de Rodez, professeur au collège de Rodez - Jean-Charles Caron, d’Auchel, au diocèse de Boulogne, prêtre de la Mission, curé de Collégien, au diocèse de Meaux - Bertrand-Antoine de Caupène, de Jégan, au diocèse d’Auch, vicaire à Montmagny - Nicolas Colin, de Grenant, au diocèse de Langres, prêtre de la Mission, curé de Genevrières, au même diocèse - Jacques Dufour, de Troisgots, au diocèse de Coutances, vicaire à Maison-Alfort, au diocèse de Paris - Denis-Claude Duval, de Paris, vicaire à Saint-Étienne du Mont - Jean-Pierre Duval, de Paris, capucin (frère Côme), aumônier de l’hôpital de la Pitié, à Paris - Joseph Falcoz, de Saint-Sorlin d’Arves, au diocèse de Maurienne, chapelain de l’hôpital de la Pitié - Gilbert-Jean Fautrel, de Marcilly, au diocèse de Coutances, aumônier de la Maison des Enfants-trouvés, à Paris - Eustache Félix, de Troyes, procureur de la Maison des Pères de la Doctrine chrétienne à Paris et conseiller provincial - Pierre-Philibert Fougères, de Paris, curé de Saint-Laurent de Nevers, député à l’Assemblée nationale - Louis-Joseph François, de Busigny, au diocèse de Cambrai, prêtre de la Mission, supérieur du séminaire Saint-Firmin - Pierre-Jean Garrigues, de Sauveterre, au diocèse de Rodez, attaché au diocèse de Paris - Nicolas Gaudreau, de Paris, curé de Vert-le-Petit - Étienne-Michel Gillet, de Paris, directeur au séminaire Saint-Nicolas du Chardonnet - Georges-Jérôme Giroust, de Bussy-Saint-Georges, au diocèse de Meaux, vicaire à Gennevilliers, au diocèse de Paris - Joseph-Marie Gros, de Lyon, curé de Saint-Nicolas du Chardonnet, député aux États généraux - Jean-Henri Gruyer, de Dole, au diocèse de Saint-Claude, prêtre de la Mission, vicaire à Saint-Louis de Versailles - Pierre-Marie Guérin du Rocher, de Sainte-Honorine-la-Guillaume, au diocèse de Séez, ancien jésuite, supérieur de la Maison des Nouveaux Convertis, à Paris - François-Robert Guérin du Rocher, frère cadet du précédent, né au Repas, au diocèse de Séez, ancien jésuite, aumônier de l’hospice des Capucins, à Paris - Yves-André Guillon de Kerenrun, de Lézardrieux, au diocèse de Tréguier, proviseur de la Maison de Navarre et vice-chancelier de l’Université de Paris - Julien-François Hédouin, de Coutances, chapelain de la Communauté de la Compassion, à Paris - Pierre-François Hénoque, de Tronchoy, au diocèse d’Amiens, professeur au Collège du Cardinal Lemoine, à Paris - Éloi Herque, dit du Roule, de Lyon, ancien jésuite, aummônier de l’hôpital de la Pitié, à Paris - Pierre-Louis Joret, de Rollot, au diocèse de Beauvais, résidant à Paris - Jean-Jacques de La Lande, de La Forêt-Auvray, au diocèse d’Évreux, curé de Saint-Martin d’Illiers-l’Évêque, au même diocèse, député aux États généraux - Gilles-Louis Lanchon, des Pieux, au diocèse de Coutances, directeur spirituel des religieuses de Port-Royal, à Paris - Louis-Jean Lanier, de Château-Gontier, au diocèse d’Angers, préfet du séminaire Saint-Nicolas du Chardonnet, à Paris - Jean-Joseph de Lavèze-Belay, de Gluiras, au diocèse de Viviers, confesseur des malades à l’Hôtel-Dieu de Paris - Michel Leber, de Paris, curé de La Madeleine - Jean-Baptiste Legrand, de Versailles, professeur au Collège de Lisieux, à Paris - Jean-Pierre Le Laisant, de Valognes, au diocèse de Coutances, vicaire à Dugny, au diocèse de Paris - Julien Le Laisant, frère aîné du précédent, de Valognes, vicaire à Videcosville, au diocèse de Coutances - Jean Lemaître, de Beaumais, au diocèse de Bayeux, ordonné prêtre le 17 juin précédent - Jean-Thomas Leroy, d’Épernay, au diocèse de Châlons, grand prieur de l’abbaye de chanoines réguliers de Saint-Jean des Vignes et curé-prieur de La Ferté-Gaucher, au diocèse de Soissons - Martin-François Loublier, d’O, près de Mortrée, au diocèse de Séez, curé de Condé-sur-Sarthe, au même diocèse - Claude-Louis Marmotant de Savigny, de Paris, curé de Compans-la-Ville, au diocèse de Meaux - Claude-Sylvain Mayneaud de Bizefranc, de Digoin, au diocèse d’Autun, prêtre de la Communauté de Saint-Étienne du Mont, à Paris - Henri-Jean Milet, de Paris, vicaire à Saint-Hippolyte - François-Joseph Monnier, de Paris, vicaire à Saint-Séverin - Marie-François Mouffle, de Paris, vicaire à Saint-Merry - Jean-Louis Oviefre, de Paris, directeur de la petite Communauté de Saint-Nicolas du Chardonnet - Jean-Michel Phelippot, de Paris, chapelain du Collège de Navarre, à Paris - Claude Pons, du Puy-en-Velay, chanoine régulier de Sainte-Geneviève de Paris - Pierre-Claude Pottier, du Hâvre, au diocèse de Rouen, eudiste, supérieur du Séminaire Saint-Vivien de Rouen - Jacques-Léonor Rabé, de Sainte-Mère-Église, au diocèse de Coutances, chapelain de l’hospice des Enfants-Assistés, à Paris - Pierre-Robert Régnet, de Cherbourg, au diocèse de Coutances, résidant à Paris - Yves-Jean-Pierre Rey de Kervizic, de Plounez, au diocèse de Saint-Brieuc, vicaire à Saint-Jacques du Haut-Pas, à Paris - Nicolas-Charles Roussel, confesseur des Hermites à Grosbois, au diocèse de Paris - Pierre Saint-James, de Caen, au diocèse de Bayeux, recteur de l’Hôpital général, à Paris - Jacques-Louis Schmid, de Paris, curé de Saint-Jean l’Évangéliste, à Paris - Jean-Antoine Seconds, de Rodez, ancien jésuite, chapelain de l’Hôpital de la Pitié, à Paris - Pierre-Jacques de Turménies, de Gournay-en-Bray, au diocèse de Rouen, grand-maître du Collège de Navarre, à Paris - René-Joseph Urvoy, de Plouisy, au diocèse de Tréguier, maître de conférences au séminaire des Trente-Trois, à Paris - Nicolas-Marie Verron, de Quimperlé, au diocèse de Cornouaille, ancien jésuite, directeur des religieuses de Sainte-Aure, à Paris.
    Diacre : Pierre-Florent Leclercq ou Clerq, de Hautvillers, au diocèse d’Amiens, élève au séminaire Saint-Nicolas du Chardonnet, à Paris.

    Laïcs : Sébastien Desbrielles, de Bourges, maître d’hôtel à l’Hôpital de la Pitié, à Paris - Louis-François Rigot, d’Amiens, sous-sacristain à l’Hôpital de la Pitié, à Paris - Jean-Antoine de Villette, de Cateau-Cambrésis, au diocèse de Cambrai, ancien officier, retiré au séminaire Saint-Firmin.

    Martyrs de Paris et prêtres pour la plupart, le lendemain du massacre perpétré au couvent des Carmes, sous la Révolution française, ils furent à leur tour mis à mort sans jugement, quelques-uns à la prison de la Force, tous les autres au séminaire Saint-Firmin transformé en prison.

  • 2 septembre 1792 : les martyrs du couvent des Carmes à Paris

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    De Solveig Parent sur 1000 raisons de croire :

    Massacres de septembre 1792 à la Prison des Carmes (couvent) le 2 septembre.  Un épisode sanglant de la Révolution française

    Les martyrs du couvent des Carmes

    « J’appartiens à l’Église catholique, apostolique et romaine. » À ce titre, exécution immédiate. Le 2 septembre 1792, lors des massacres de septembre, plus d’une centaine de prêtres et de religieux réfractaires enfermés au couvent des Carmes, à Paris, sont massacrés pour avoir refusé de prêter serment à la Constitution civile du clergé. Sommés un à un de se soumettre, tous persistent dans leur fidélité à l’Église du Christ. Ils sont tués à l’arme blanche dans le cloître et le jardin. Leur attitude impressionne jusqu’à certains témoins révolutionnaires. L’Église a reconnu comme martyres 191 victimes des massacres de septembre et les a béatifiées en 1926.

    Les raisons d'y croire

    Nous connaissons en détail l’histoire du martyre des Carmes et des massacres de septembre 1792 grâce aux témoignages de quelques rescapés – notamment l’abbé de Lapize de la Pannonie et l’abbé Saurin – qui ont pu survivre aux tueries, et dont les récits ont été soigneusement recueillis. À cela s’ajoutent des lettres, des journaux de l’époque et des procès-verbaux qui ont permis, parmi les nombreuses victimes, d’identifier 191 martyrs morts en haine de la foi, et de retracer leur parcours, leurs paroles et leurs gestes.

    Les massacres de septembre 1792 ne sont pas le résultat d’une rébellion politique, mais d’un témoignage de foi. C’est par fidélité à l’Église du Christ que les ecclésiastiques ont refusé de prêter le serment constitutionnel. Ils choisissent l’obéissance à Dieu plutôt qu’aux hommes (cf. Ac 5,29-32 ). « Je ne puis, sans trahir mon Dieu, reconnaître une autorité qui veut me faire renier mon vœu et désobéir à l’Église », explique l’un d’eux, Salomon Leclercq.

    Pour les 191 personnes assassinées, il y a quelque chose – la foi chrétienne – et quelqu’un – Jésus – qui mérite qu’on donne sa vie. Si chacun d’eux a voulu tout donner pour le Christ, c’est qu’il y a en lui une vérité si profonde qu’elle dépasse tout le reste. En refusant le compromis, ils montrent que la vérité de l’Évangile ne dépend pas des régimes politiques ou des modes de pensée.

    Les martyrs des Carmes ont suivi le Christ jusque dans sa Passion : comme Jésus, ils ont été condamnés injustement et, devant la menace de mort, ils ont offert leur vie. Les témoignages décrivent une scène saisissante : à l’extérieur, une foule vociférante, et, à l’intérieur, la paix priante d’hommes prêts à mourir pour leur foi. Dans la chapelle, au pied du crucifix, ils chantent les psaumes. Cette attitude extraordinaire, marquée par la douceur, la prière et le pardon, renvoie à l’attitude du Christ en Croix.

    Le commissaire révolutionnaire Maillard, frappé par leur calme, confia : « Je m’y perds ; je n’y connais plus rien ; vos prêtres allaient à la mort avec la même joie que s’ils fussent allés à des noces ! » Le lien de ces hommes avec le Christ est existentiel, c’est lui qu’ils prennent pour modèle et cela leur donne une force, un courage et une joie surnaturels.

    On retrouve dans des lettres écrites par ces martyrs avant leur mort une espérance profonde dans la Résurrection. Cela renvoie directement à la parole du Christ : « Celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera. » ( Lc 9,24 ).

    Parmi les martyrs qui seront béatifiés figure Salomon Leclercq. En 2007, un miracle lui est attribué : une fillette vénézuélienne, Maria Alejandra Hernandez, mordue par un serpent venimeux, guérit de façon inexpliquée après que des religieuses ont prié par l’intercession de Salomon. Ce miracle est reconnu officiellement en 2011 et Salomon Leclerc est canonisé par le pape François le 16 octobre 2016.

  • 2 septembre : les martyrs de septembre 1792

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    1906026849.jpg"Après la chute de la Monarchie le 10 août 1792, la fièvre monte à Paris. De nombreux suspects sont arrêtés : laïcs, prêtres séculiers, religieux, souvent réputés réfractaires, même si ce n’est pas le cas de tous. Environ 350 ecclésiastiques sont ainsi incarcérés, dont plus de la moitié étrangers à la capitale. Entre le 2 et le 5 septembre, des bandes armées d’hommes et de femmes envahissent les prisons parisiennes pour se livrer à l’exécution collective des détenus au couvent des Carmes, à l’abbaye de Saint-Germain, au séminaire Saint-Firmin, aux prisons de la Force, rue Saint-Antoine.

    Le couvent des Carmes, avec son très vaste enclos, est le premier et le plus symbolique théâtre des tueries. Au témoignage de l’abbé Saurin, jésuite rescapé, le contraste est saisissant entre la sérénité qui règne au-dedans, parmi les ecclésiastiques prisonniers, groupés autour de trois évêques, et, au dehors, le hurlement de la foule, les canonnades, les roulements de tambour, et finalement, le 2, vers quatre heures du soir, le tocsin de Saint-Sulpice qui donne le signal aux émeutiers. La tuerie qui a commencé dans le jardin s’achève, après un simulacre de jugement, au pied du petit escalier faisant communiquer la chapelle, où les prisonniers ont d’abord reflué et se sont mutuellement donné l’absolution, et le jardin. " Je n’ai entendu se plaindre aucun de ceux que j’ai vu massacrés " écrira l’abbé de la Pannonie, blessé et rescapé de la tragédie des Carmes.

    Parmi les 3 000 victimes de septembre 1792, 191 personnes mortes pour leur foi ont été béatifiées par Pie XI le 17 octobre 1926. 86 prêtres étaient membres du clergé parisien. Les quatre laïcs et de nombreux religieux béatifiés appartenaient aussi à l’Église de Paris."

    http://viechretienne.catholique.org/saints/3806-bienheureux-martyrs-de-septembre

  • Accord controversé Vatican-Chine : comment le Saint-Siège croit apaiser un régime communiste

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    De sur The European Conservative :

    Accord controversé Vatican-Chine : comment le Saint-Siège croit apaiser un régime communiste

    En maintenant l'accord avec le PCC, le Vatican soutient de fait sa distorsion des pratiques religieuses et se rend dangereusement complice de l'escalade des violations des droits de l'homme dans le pays.

    26 août 2026

    Lord David Alton de Liverpool, membre éminent de la Chambre des Lords au Royaume-Uni, a récemment condamné l'accord provisoire de 2018 entre le Saint-Siège et la République populaire de Chine (RPC) comme un « pacte avec le diable », soulignant sa complicité dans des « violations flagrantes » de la liberté religieuse et la trahison qui en résulte de l'Église clandestine dans le pays.

    « Dans le cas du régime communiste chinois, c’est un pacte avec le diable – un régime qui a commis un génocide contre les musulmans ouïghours et persécute les bouddhistes tibétains, les pratiquants de Falun Gong et les chrétiens chinois », a déclaré Alton . 

    L'accord provisoire entre le Saint-Siège et le Parti communiste chinois (PCC), dont les détails restent confidentiels, concerne une possible intégration avec l'Association patriotique catholique chinoise (APCC), organisation reconnue par l'État. L'APCC a été fondée en 1957 sur ordre de Mao Zedong et est gérée par le Département du travail du Front uni du PCC , dans le but d'aligner le catholicisme sur l'idéologie communiste. Début 1958, Pékin avait illégalement nommé ses premiers évêques sans consulter le Saint-Siège. En juin de la même année, le pape Pie XII publia son encyclique Ad Apostolorum Principis, dans laquelle il dénonçait l'Église « parallèle » de Chine et refusait de reconnaître toute consécration épiscopale effectuée par l'APCC sans l'approbation préalable du Vatican. D'après les informations disponibles, il ressort également que cet accord renforce l'autorité suprême du PCC en matière de nomination des évêques et de création ou de dissolution de diocèses en Chine ; le pape ne fait qu'entériner les décisions du Parti.

    Les catholiques restés fidèles à Rome furent contraints à la clandestinité. Une figure marquante de cette époque fut le cardinal Ignatius Kung Pin-Mei, évêque catholique romain de Shanghai et administrateur apostolique de Suzhou et Nankin . Aujourd'hui encore, ces catholiques forment une Église clandestine, que le Vatican ne reconnaît plus en raison de l'accord provisoire. De nombreux prêtres, religieuses et laïcs continuent de subir l'emprisonnement, la torture et, dans certains cas, même l'exécution, pour avoir refusé de se conformer à l'Église institutionnelle du PCC. 

    Quelles que soient les intentions du Vatican en œuvrant à l'unification des catholiques au sein de l'Accord de paix du Congrès général (APCG), il était évident, au moment de la signature de l'accord, que la Chine, sous la direction du secrétaire général Xi Jinping, agissait de manière extrêmement répressive, notamment en matière de liberté religieuse. Les autorités chinoises répriment systématiquement les droits à la liberté d'expression, d'association, de réunion et de religion, et ciblent les opposants au gouvernement. Le renforcement du contrôle idéologique exercé par le PCC s'accompagne d'une assimilation forcée sévère des Tibétains et des Ouïghours, ainsi que de l'application d'un cadre sécuritaire national rigoureux à Hong Kong. L'impunité règne pour les crimes contre l'humanité commis au Xinjiang, où plusieurs centaines de milliers d'Ouïghours continuent d'être injustement détenus, selon un rapport de Human Rights Watch de 2026. En substance, Xi Jinping vise à siniser tous ses sujets, ce qui revient ni plus ni moins à une subjugation complète – ou plutôt à un endoctrinement – ​​des membres des groupes religieux susmentionnés afin de les aligner sur le programme politique du PCC et sa vision marxiste de la religion.

    Ce n'est pas la première fois que le Vatican cherche à conclure un accord avec un pays communiste. Cela s'est produit pendant la Guerre froide, notamment sous les pontificats de Jean XXIII (1958-1963) et de Paul VI (1963-1978). Dans le cadre de ce qu'on a appelé l'Ostpolitik, Rome a mené une diplomatie avec les régimes communistes tout en fermant les yeux sur les persécutions religieuses internes subies par les catholiques et les autres chrétiens. Parmi ses mesures d'apaisement, le Saint-Siège a consenti à cesser toute dénonciation publique de l'idéologie communiste athée et a laissé chaque gouvernement gérer ses affaires ecclésiastiques. 

    Parallèlement à la violation des accords par les communistes, l'Ostpolitik a permis l'infiltration du Vatican par des services de renseignement communistes, tels que le KGB soviétique, la Stasi est-allemande, la StB tchécoslovaque, la SB polonaise et l'ÁVH hongroise. Les voix dissidentes, comme celle du cardinal József Mindszenty, archevêque-prince d'Esztergom et primat-régent de Hongrie, ont été réprimées ; Mindszenty a été arrêté et torturé sous l'accusation d'« activité subversive ».  

    Le communisme est intrinsèquement mauvais. Outre la promotion d'une idéologie athée, les gouvernements communistes sont responsables de certains des événements les plus meurtriers de l'histoire moderne ; on estime qu'environ 100 millions de personnes ont perdu la vie sous leur autorité au cours du XXe siècle. De plus, l'héritage de cette idéologie se caractérise par la stagnation économique, la répression systématique des libertés fondamentales, des catastrophes environnementales et l'hypocrisie d'une élite dirigeante qui contredit ses propres principes d'une société sans classes. Par ailleurs, un « accord de paix » avec l'Église de Rome a peu de chances de modifier le cadre politique oppressif du PCC.

    Les initiatives entreprises par le gouvernement chinois pour « siniser » les religions vont bien au-delà du simple renforcement de la réglementation ; elles impliquent une reconfiguration des différentes confessions. Cela est particulièrement flagrant dans le catholicisme, qui possède une théologie structurée et systématique promouvant les valeurs occidentales, notamment les droits naturels inaliénables, et, plus inquiétant encore pour les autorités chinoises, contrairement aux autres religions, un chef suprême qui est également chef d’État : le pape. Nombre de fidèles chinois, refusant de se soumettre à la loi chinoise sur la protection de la vie privée (CCPA), continuent d’être détenus. 

    De plus, dans sa volonté de siniser la population chrétienne, le PCC a pris la mesure extrême de produire des éditions de la Bible pour les établissements d'enseignement publics qui modifient les récits des Évangiles, notamment l'épisode où Jésus pardonne à la femme adultère, tel que décrit dans l' Évangile de Jean. Dans cette version sinisée, Jésus la lapide en disant :  « Moi aussi, je suis pécheur. Mais si la loi ne pouvait être appliquée que par des hommes sans tache, la loi serait morte. » 

    Comme Lord Alton l'avait exprimé il y a peu, on aurait pu supposer que la libération des évêques et prêtres catholiques emprisonnés aurait dû être une condition préalable à l'approbation du Vatican quant à la prolongation de cet accord contestable. De plus, le Saint-Siège aurait dû exiger la levée de l'emprisonnement injuste de Jimmy Lai, militant pro-démocratie hongkongais, catholique loyal et profondément dévoué – condamné en février à vingt ans de prison. Le tribunal de Hong Kong a également infligé de lourdes peines à six anciens employés de son journal, désormais fermé, établissant ainsi une nouvelle norme en matière de restrictions à la liberté de la presse dans la ville.

    En maintenant son accord avec le PCC, le Vatican soutient de fait sa perversion des pratiques religieuses et se rend dangereusement complice de l'escalade des violations des droits humains en Chine. Les autorités romaines ont néanmoins la possibilité de se retirer de cet accord. À tout le moins, le Vatican devrait le rendre public, garantir la protection de la liberté religieuse et exhorter Pékin à abandonner les charges retenues contre Jimmy Lai et les autres détenus. Si la communauté catholique en Chine, face à l'Église clandestine, a pu continuer à défendre la justice et les droits humains malgré des décennies d'oppression, Rome peut sans aucun doute faire preuve de la force morale nécessaire pour la soutenir.

    Le père Mario Alexis Portella est prêtre de la cathédrale Santa Maria del Fiore et chancelier émérite de l'archidiocèse de Florence, en Italie. Docteur en droit canonique et en droit civil de l'Université pontificale du Latran à Rome, il est l'auteur de l'ouvrage *Islam : Religion de paix ? La violation des droits naturels et la dissimulation occidentale*  (Westbow Press, 2018).
  • Quand la Tunisie devient une dictature qui s'en prend aux chrétiens

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    De Constance Avenel sur le site de l'ECLJ :

    Tunisie: les chrétiens face au virage identitaire de Kaïs Saïed

    20 Août 2026
     

    Depuis la Covid-19, la Tunisie tombe de haut: d’une démocratie pionnière et libérale exemplaire dans le monde arabe, elle est devenue une dictature qui s’en prend aux chrétiens, entre autres. Comment un tel retournement est-il survenu?

    Dès le 19e siècle, la Tunisie s’est distinguée dans le monde arabo-musulman par une grande soif de liberté. Elle fut l’un des premiers États à abolir l’esclavage en 1846, à adopter une déclaration des droits avec le Pacte fondamental de 1857, ou encore une Constitution en 1861. En 2011, c’est elle qui déclenchait les Printemps arabes en renversant la dictature de Ben Ali, incarnant ensuite pendant 10 ans une exception démocratique dans le monde arabe. Elle s’est dotée, en 2014, d’une Constitution que beaucoup ont qualifiée de «révolutionnaire», qui consacre notamment la liberté de conscience, une première au Maghreb; et interdit explicitement les campagnes d’accusation d’apostasie.

    Cette trajectoire nourrit un temps l’idée d’une transition démocratique durable. Elle se brise toutefois avec l’arrivée au pouvoir de Kaïs Saïed en 2019, puis avec son coup de force institutionnel du 25 juillet 2021. Au nom de la lutte contre la corruption et de la restauration de l’État, le président démantèle progressivement les principaux contre-pouvoirs issus de la révolution. Arrestations de ses opposants, mise au pas de la magistrature et affaiblissement du Parlement: tous les éléments d’une dérive autoritaire sont réunis. Cette désillusion démocratique se traduit également dans le champ des libertés religieuses, dont la portée devient de plus en plus théorique pour les chrétiens.

    Le virage Saïed : le professeur de droit qui a enterré la Constitution

    En 2019, Kaïs Saïed, professeur de droit constitutionnel à l’université de Tunis, s’impose comme le candidat de l’intégrité face à une classe politique discréditée. Dans un contexte de rejet des partis traditionnels, notamment du parti islamiste d’Ennahdha, il promet de restaurer l’État de droit et de défendre les acquis de la Constitution de 2014, dont il est lui-même un spécialiste reconnu.

    Son élection apparaît alors comme la poursuite de l’esprit de la révolution plutôt que sa remise en cause. Pourtant, moins de deux ans plus tard, alors que le président est engagé depuis des mois dans un bras de fer avec les islamistes d’Ennahdha, la crise économique aggravée par la pandémie de Covid-19 lui fournit l’occasion de réaliser un coup de force afin de concentrer entre ses mains l’essentiel du pouvoir. Le 25 juillet 2021, invoquant l’article 80 de la Constitution, il suspend le Parlement, limoge une partie du gouvernement et se met à gouverner par décrets.

    La Tunisie tombe de haut: la promesse de restaurer l’État de droit se mue progressivement en concentration du pouvoir, et celui qui prétendait sauver la Constitution entreprend rapidement de la remplacer. Le nouveau texte, adopté en 2022, renforce considérablement les pouvoirs présidentiels et réduit les mécanismes de contrôle, paralysant notamment la mise en place de la Cour constitutionnelle. Depuis lors, se multiplient les arrestations d’opposants et de journalistes (par le biais du fameux décret-loi 54), ainsi que les révocations de magistrats. Son élection en octobre 2024 avec plus de 90% des voix dissipe les dernières illusions sur l’état de la démocratie tunisienne.

    L’islam politique recule, l’islamisation sociale progresse

    L’un des principaux arguments avancés par Kaïs Saïed pour légitimer sa politique autoritaire est la lutte contre le parti islamiste Ennahdha. Longtemps première force politique du pays, ce mouvement, historiquement inspiré des Frères musulmans, a vu son influence s’effondrer à partir de 2021, à mesure que le président consolidait son emprise sur les institutions. Son chef historique, figure de l’opposition, Rached Ghannouchi, a été condamné début juin à la prison à perpétuité, tandis que plusieurs cadres du mouvement ont été arrêtés et condamnés également à de lourdes peines.

    À première vue, cette marginalisation laisse penser que l’islam politique est en recul. La réalité est plus complexe. Si Saïed ne souhaite pas créer un État religieux, ce démantèlement d’Ennahdha ne s’accompagne pas non plus d’une sécularisation de la société tunisienne. Au contraire, l’islam demeure au cœur du projet politique présidentiel: la Constitution de 2022 en témoigne. Certes, elle ne proclame pas explicitement l’islam comme religion d’État, mais son article 5 dispose que «la Tunisie constitue une partie de la nation islamique» et que l’État doit œuvrer à la réalisation «des finalités de l’islam authentique». Notons que la Constitution réserve la fonction de président de la République aux seuls musulmans.

    De plus, le chef de l’État émaille ses discours de références coraniques et aux hadiths, et se fait le défenseur engagé de l’identité arabo-musulmane du pays, au nom de laquelle il tient un discours d’exclusion systématique envers toutes les minorités. En février 2023, lors d’une séquence aux conséquences dramatiques, le président avait accusé les immigrés d’Afrique subsaharienne en Tunisie d’un «plan criminel pour métamorphoser la composition démographique en Tunisie». Une vision identitaire qui irrigue également la politique menée à l’égard des minorités religieuses, et en particulier des chrétiens.

    Cette dérive autoritaire ne se limite donc pas au seul champ politique: elle façonne aussi, plus discrètement, le rapport de l’État à la pluralité religieuse. Si les opposants et journalistes sont les cibles les plus visibles de la reprise en main de Kaïs Saïed, les chrétiens en subissent une forme dérivée, moins spectaculaire mais tout aussi structurelle.

    Une liberté religieuse largement théorique: les chrétiens en première ligne

    Aucune statistique officielle n’existe en Tunisie sur le nombre de chrétiens, mais les ONG estiment qu’ils sont entre 23 000 et 30 000 fidèles, principalement des expatriés, catholiques, protestants ou évangéliques venus d’Europe ou d’Afrique subsaharienne, auxquels s’ajoute le chiffre difficile à évaluer des convertis tunisiens. Depuis une dizaine d’années, on observe en effet une augmentation des conversions, touchant principalement les jeunes, que l’on peut expliquer par une distanciation vis-à-vis de l’islam institutionnel, une quête de sens, ainsi qu’une plus grande circulation de discours religieux alternatifs.

    Tous ne sont pas logés à la même enseigne: si les chrétiens occidentaux bénéficient d’une relative liberté, la situation des Subsahariens est rendue très précaire par leur situation d’immigrés et des discriminations raciales. Les procédures administratives rendent quasiment impossible l’ouverture de nouvelles églises et plusieurs communautés protestantes ou évangéliques peinent à obtenir une reconnaissance officielle ou à disposer de lieux de culte stables. Quant aux Tunisiens convertis, ils sont privés de lieux de culte et se rassemblent principalement dans des églises de maison.

    Les dispositions du droit de la famille, contenues dans le Code du statut personnel de 1956, demeurent largement inspirées de la tradition islamique. Dans la pratique, une musulmane ne peut toujours pas librement épouser un non-musulman — la circulaire l’interdisant a été levée en droit en 2017 mais de nombreux maires refusent encore de célébrer ces unions — et les non-musulmans sont exclus des successions dans les couples mixtes. La plupart des convertis évangéliques se retrouvent privés de sépulture chrétienne et inhumés, contre leur volonté, dans un carré musulman. Quant à l’éducation des enfants: aucun statut ne permet à un parent converti de transmettre légalement sa foi. L’école publique dispense un enseignement religieux exclusivement islamique, et la conversion d’un parent peut être invoquée devant les tribunaux pour lui retirer la garde.

    Les chrétiens tunisiens issus de l’islam sont les chrétiens les plus exposés. Surveillés par les services de sécurité lorsqu’ils se rassemblent, ils n’ont généralement pas d’autres choix que de vivre leur foi dans la clandestinité. Si l’apostasie n’est pas pénalement réprimée, elle l’est dans les faits, et la sentence est sévère: rupture familiale, pressions psychologiques, menaces, ostracisme social ou encore perte d’emploi ou de perspective d’évolution professionnelle. Les chrétiennes converties peuvent être battues et menacées de viol ou de mort.

    Des leviers pour sortir de l’impasse

    On a peine à se rappeler aujourd’hui que la Tunisie fut une grande terre chrétienne, elle qui a vu célébrer la messe en latin avant même Rome. De la même manière, les espoirs démocratiques qui avaient fait de ce pays une exception dans le monde arabe, il y a quinze ans, semblent désormais ensevelis. Entre l’effacement d’une mémoire et celui d’une promesse politique, le fossé s’élargit.

    Des changements seraient pourtant nécessaires pour que soit garanti dans les faits l’article 27 de la Constitution actuelle sur la liberté de croyance et de conscience — à commencer par la suppression des dispositions pénales vagues qui ont servi à criminaliser le prosélytisme, et par un dialogue interconfessionnel plus soutenu. Ce sont notamment les recommandations qu’a portées la société civile tunisienne et internationale lors de l’Examen périodique universel de la Tunisie en 2022. Cette année-là, les différentes communautés religieuses du pays avaient signé un «Pacte national pour la coexistence». Quatre ans après, rien n’indique qu’il ait été mis en œuvre.

    La France et l’Union européenne, engagées dans un dialogue bilatéral suivi avec Tunis, pourraient utilement y intégrer la question religieuse — à travers, par exemple, les programmes de coopération européens ou le soutien français aux acteurs civils tunisiens de défense de la liberté religieuse.

    Huit ans après la dernière visite d’un rapporteur spécial des Nations unies sur la liberté de religion en Tunisie, une nouvelle mission semble d’autant plus justifiée que la condition des chrétiens s’est détériorée ces dernières années.

  • Canada : le nom de Dieu et toute référence religieuse doivent être bannies à l'armée

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    Déclaration de l’Ordinaire militaire du Canada concernant les réflexions spirituelles dans le milieu militaire

    18 août 2026

    Ottawa – Mgr Scott McCaig, C.C., évêque de l’Ordinariat militaire du Canada, a publié une déclaration concernant les « Instructions au personnel militaire des Forces armées canadiennes (FAC) relatives aux réflexions spirituelles en milieu militaire », parues le 29 juillet 2026.

    Dans sa déclaration, Mgr McCaig s’oppose à cette nouvelle politique, qui exige des membres des FAC, y compris des aumôniers, qu’ils proposent des réflexions spirituelles sans recourir à des mots, des gestes ou des symboles propres à une foi ou à une tradition spirituelle particulière. En vertu de cette nouvelle politique, « les membres des FAC […] doivent respecter le principe de neutralité religieuse et spirituelle de l’État en s’abstenant d’utiliser, de la part du gouvernement du Canada, des mots, des gestes ou des symboles propres à une [tradition spirituelle ou religieuse] particulière ».

    Mgr McCaig affirme que, pour de nombreuses personnes, « le sens, la raison d’être et le bien-être spirituel » ne peuvent être dissociés de Dieu. Il fait valoir que la nouvelle politique impose précisément une telle dissociation et qu’elle est donc en contradiction avec la protection des libertés fondamentales de conscience et de religion garantie par la Charte.

    La CCCB exprime sa solidarité avec Mgr McCaig, qui soulève ces préoccupations au nom des fidèles catholiques confiés à sa charge pastorale. La Conférence examine actuellement la nouvelle politique et continuera à suivre sa mise en œuvre, notamment en ce qui concerne ses implications pour la liberté de conscience et de religion, ainsi que pour la place de l’expression religieuse au sein des Forces armées canadiennes. À ce stade précoce, la CECC encourage les fidèles et toutes les personnes de bonne volonté à s’informer sur ces développements et à prier pour les FAC, leurs membres, leurs aumôniers et leurs familles, ainsi que pour Mgr McCaig dans son ministère pastoral auprès de la communauté militaire catholique du Canada.

    La déclaration complète de l’Ordinariat militaire est disponible ici.

    L’ordinariat militaire a pour mission de répondre aux besoins pastoraux des hommes et des femmes des forces armées, y compris de leurs familles. Il est composé d’aumôniers militaires et dirigé par un évêque résident, appelé « ordinaire militaire ». Un ordinariat militaire n’est pas limité par des frontières géographiques ; il est lié aux personnes (ou « personnel ») en ce sens qu’il existe partout où sont déployés les hommes et les femmes des forces armées d’une nation donnée. Les normes qui régissent un ordinariat militaire sont énoncées dans la constitution apostolique du pape Jean-Paul II, *Spirituali Militum Curae*.

  • Le Vatican considère-t-il la franc-maçonnerie comme une chose importante, ou non ?

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    D'Ed. Condon sur le Pillar :

    Le Vatican considère-t-il la franc-maçonnerie comme une chose importante, ou non ?

    Après avoir insisté pendant des années sur le fait que la franc-maçonnerie est fondamentalement opposée à l'Église, le Vatican a apparemment nommé un franc-maçon à un comité pontifical.

    Dans le même laps de temps, le Saint-Siège a annoncé la nomination d'un éminent universitaire italien à un comité pontifical qui, comme cela a été rapporté depuis, est également franc-maçon.

    Professeur Umberto Longo. Crédit : Festival de Medioevo.

    Umberto Longo, universitaire de renom et directeur de l'Institut historique italien du Moyen Âge à Rome, a été nommé au Comité pontifical pour les sciences historiques le 13 août. Le site web InfoVaticana a ensuite rapporté que des documents publics le présentent comme un participant fréquent aux conférences maçonniques et le reconnaissent comme un membre relativement important d'une branche particulièrement anti-catholique de la franc-maçonnerie.

    On ignore pour l'instant quelle sera la réaction du Vatican face à l'affaire Longo, même s'il est loin d'être le premier membre d'un comité pontifical à être affilié à des fonctions ou des organisations condamnées par l'Église. Il est possible que le Vatican agisse rapidement pour annuler la nomination de Longo, et tout aussi plausible qu'il minimise officiellement ses liens avec la franc-maçonnerie en invoquant son rôle non religieux ainsi que son expertise et son rayonnement académiques.

    Mais la réaction du Vatican sera perçue comme une leçon particulièrement instructive dans le contexte plus large de l'opposition de l'Église à la franc-maçonnerie — après que les conférences épiscopales du monde entier ont publié une série de déclarations et de clarifications soulignant l'opposition séculaire de l'Église à la franc-maçonnerie, et alors que le Dicastère pour la Doctrine de la Foi a appelé à des « stratégies coordonnées » pour éviter toute ambiguïté ou tout malentendu parmi les fidèles.

    En résumé, cette nomination soulève une question simple : le Vatican considère-t-il la franc-maçonnerie comme quelque chose d’important, ou non ?

    La nomination de Longo au Vatican et son appartenance présumée à la franc-maçonnerie ne sont que les derniers exemples d'une longue série de nominations papales controversées à des comités et commissions pontificaux. Parmi les personnes nommées précédemment, sous plusieurs pontificats, figuraient des individus ayant des opinions ouvertement dissidentes, voire farouchement opposées, à divers enseignements de l'Église, notamment sur des questions morales fondamentales comme le caractère sacré de la vie.

    Bien souvent, ces cas ont été balayés d'un revers de main par les responsables du Vatican, qui ont fait valoir, comme l'a fait l'Académie pontificale pour la vie dans le cas d'un économiste pro-avortement en 2022, que la nomination concernait un domaine de travail et d'expertise spécifique, sans lien avec les points de divergence du candidat avec la doctrine catholique.

    L'écoute des avis d'experts, parfois même ou surtout critiques, est souvent considérée comme essentielle au bon fonctionnement des comités pontificaux et des groupes de réflexion.

    Dans le cas de Lungo, il est probable que certains, au moins, adopteront la même position face à son appartenance apparente à la franc-maçonnerie. Mais pour le Vatican, la situation est – ou devrait être – bien plus grave, puisqu'elle implique la condamnation morale généralisée par l'Église d'une catégorie juridique de personnes.

    Juridiquement parlant, l'Église ne condamne pas la franc-maçonnerie pour des opinions ou des enseignements différents des siens, comme pourrait le faire une autre confession religieuse. Elle l'interdit légalement depuis le XVIIIe siècle, la considérant comme une organisation qui, par sa nature même, s'oppose à elle.

    Alors que les déclarations du Dicastère pour la Doctrine de la Foi ont toujours clairement indiqué qu'un catholique qui rejoint la franc-maçonnerie est en état de péché grave et qu'il lui est interdit, entre autres, de recevoir la communion, le Code de droit canonique traite la franc-maçonnerie comme une « société qui complote contre l'Église ».

    Dans sa lettre apostolique de 1890 à l'Église d'Italie, Dall'alto dell'Apostolico Seggio , Léon XIII décrit le complot de la franc-maçonnerie comme « possédés par l'esprit de Satan, dont ils sont l'instrument, ils brûlent comme lui d'une haine mortelle et implacable de Jésus-Christ et de son œuvre ; et ils s'efforcent par tous les moyens de la renverser et de l'enchaîner ».

    Leo a ensuite énuméré un programme spécifiquement politique de la franc-maçonnerie, qui, selon lui, comprenait l'exclusion progressive de l'Église des écoles et des hôpitaux et, à terme, de l'intégralité de la vie publique institutionnelle.

    Lors de la réunion de 1980 de la commission chargée de rédiger la section pénale du nouveau Code de droit canonique, les cardinaux participants, et notamment le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi de l'époque, le cardinal Franjo Šeper, ont clairement indiqué que si la franc-maçonnerie semblait moins active dans les complots contre l'Église à l'époque moderne, c'était uniquement parce qu'elle avait largement atteint la plupart de ses objectifs.

    « Aujourd’hui, peut-être ne complotent-ils plus autant parce qu’ils ont déjà suffisamment comploté et n’ont plus rien à comploter », a observé Šeper, « tout ce qui s’est passé en Italie en ce moment concernant le mariage civil, le divorce, l’avortement et d’autres questions sont des fruits de la franc-maçonnerie, et pas seulement en Italie mais aussi dans d’autres nations. »

    De ce fait, inviter un franc-maçon à devenir membre d'un comité pontifical apparaîtra aux canonistes versés dans la position juridique de l'Église comme analogue au fait de demander à Kim Jong Un de siéger à un comité pour le désarmement nucléaire.

    La situation est d'autant plus délicate, d'un point de vue juridique, que Longo serait membre du Rite écossais ancien et accepté de la franc-maçonnerie. Malgré son nom, il s'agit d'une branche américaine de la franc-maçonnerie particulièrement virulente et explicite dans son anticatholicisme – elle s'est ouvertement opposée aux candidats politiques catholiques et a œuvré pour l'interdiction des écoles catholiques.

    Le Rite écossais entretient également des liens étroits avec l'héritage du Sud confédéré, plusieurs généraux de la guerre de Sécession qui étaient francs-maçons du Rite écossais ayant fondé le Ku Klux Klan, une organisation avec laquelle il s'est ouvertement associé pour soutenir des politiciens et des politiques anti-catholiques au début du XXe siècle.

    Lors d'un des plus hauts degrés d'initiation, le franc-maçon se voit présenter un crâne coiffé d'une tiare papale. On lui explique qu'il « représente la tiare du pontife cruel et lâche » et qu'il « est donc la couronne d'un imposteur ». À un moment du rituel, un haut dignitaire maçon transperce le crâne d'un poignard, tandis que le candidat crie « À bas l'imposteur, à bas le crime ! » avant de le piétiner. Dans le texte officiel du Rite écossais, « Morale et Dogme », écrit par Albert Pike, franc-maçon de haut rang, général confédéré et membre éminent du Ku Klux Klan, il est affirmé sans ambages que la franc-maçonnerie « était, dès son origine, vouée à la lutte contre la tiare de Rome ».

    Si la franc-maçonnerie avait largement disparu des radars de l'Église au cours du dernier demi-siècle, l'appartenance présumée de Longo pourrait peut-être être considérée comme une question historique plutôt que d'actualité, mais au contraire, le Vatican s'est montré particulièrement actif ces dernières années pour souligner sa condamnation absolue de la franc-maçonnerie et le caractère inacceptable de tout chevauchement avec l'Église.

    Outre les interventions, au début du mois, de hauts responsables de l'évêque italien pour interdire les funérailles catholiques des francs-maçons , plusieurs conférences épiscopales, en consultation directe avec le Dicastère pour la Doctrine de la Foi, ont publié des dénonciations sans équivoque de la franc-maçonnerie comme étant antithétique à la foi — notamment les évêques des pays nordiques et des Philippines .

    En 2023 encore, une note doctrinale a été signée par le pape François et le cardinal Victor Manuel Fernandez, préfet de la DDF, appelant à « une stratégie coordonnée entre les différents évêques » pour s’opposer à la franc-maçonnerie.

    De ce fait, la nomination de Longo et la réaction, le cas échéant, du Vatican aux informations concernant son appartenance à la franc-maçonnerie seront suivies de près non seulement par les canonistes, mais aussi par les évêques du monde entier.

    Si la conséquence est qu'un franc-maçon puisse être considéré comme un collaborateur utile de l'Église au niveau d'un comité pontifical, beaucoup y verront un abandon de fait de tout le traitement canonique de la franc-maçonnerie et d'années de collaboration de la DDF avec les évêques du monde entier.