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Hostilité au christianisme et à l'Eglise - Page 2

  • Venezuela : quand un pays se retourne contre son peuple

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    De Catalina Henríquez Cajales sur le site de l'ECLJ :

    Le Venezuela: un pays qui se retourne contre son peuple

    17 Août 2026

    Le Venezuela est l’un des pays les plus chrétiens d’Amérique latine, avec 88,5% de sa population se déclarant chrétienne. Pourtant, sous un parti au pouvoir depuis plus de vingt-cinq ans, cette majorité religieuse est devenue une cible. À l’occasion de l’Examen périodique universel, l’ECLJ a officiellement présenté un rapport dénonçant l’incapacité du Venezuela à protéger les droits fondamentaux des Vénézuéliens.

    La République bolivarienne du Venezuela

    Le Venezuela est dirigé par le même mouvement politique depuis plus d’un quart de siècle, d’abord sous la houlette d’Hugo Chávez, puis de Nicolás Maduro. Son gouvernement a été largement critiqué pour son contrôle autoritaire, l’érosion de l’indépendance judiciaire et la répression de la dissidence, notamment parmi les chefs religieux et la société civile. Des années de mauvaise gestion de ses ressources naturelles, combinées aux sanctions internationales et au déclin de l’industrie pétrolière d’État, ont conduit le pays à l’effondrement économique et déclenché l’une des plus grands déplacements de population d’Amérique du Sud. Des millions de Vénézuéliens ont fui le pays à la recherche d’une stabilité à l’étranger. Bien que Maduro ait été capturé par les États-Unis, le parti politique de son régime reste solidement ancré au pouvoir, contrôlant la grande majorité des gouvernements des États et maintenant la structure politique sous-jacente du pays largement inchangée.

    Cette situation s’est encore aggravée en juin dernier, lorsque deux puissants séismes (de magnitude 7,2 et 7,5 sur l’échelle de Richter) ont frappé à moins d’une minute d’intervalle près de la ville côtière de Morón, dévastant le nord du Venezuela et produisant l’un des événements sismiques les plus meurtriers que le pays ait connus depuis plus d’un siècle. Ces séismes ont fait plus de 5 000 morts, des dizaines de milliers de blessés et réduit en ruines des quartiers entiers de Caracas et de l’État de La Guaira. Cette catastrophe a encore mis à rude épreuve les systèmes de santé publique et l’aide humanitaire dans un pays déjà affaibli par la crise économique, l’émigration massive et un gouvernement aux capacités institutionnelles limitées. Les communautés déplacées dépendent désormais de l’aide étrangère et des ONG qui peinent déjà à combler les lacunes laissées par l’État dans d’autres domaines, tels que la lutte contre la traite des êtres humains.

    Persécution des chrétiens et libertés fondamentales

    L’article 59 de la Constitution vénézuélienne garantit à chaque citoyen le droit de professer et d’exprimer librement sa foi religieuse, en privé ou en public, et protège l’autonomie des Églises contre toute ingérence de l’État[1]. En droit international, le Venezuela a ratifié le Pacte international relatif aux droits civils et politiques. En vertu de l’article 18, il est tenu de protéger la liberté de pensée, de conscience et de religion, y compris le droit de manifester ses convictions sans contrainte.

    Dans les faits, le gouvernement considère l’expression religieuse comme une menace dès lors qu’elle débouche sur une critique du régime. Les membres du clergé qui dénoncent les violations des droits de l’homme sont pris pour cibles et font l’objet de harcèlement, d’intimidation et de détentions arbitraires. Ainsi en mai 2026, un pasteur convoqué par les forces de l’ordre en tant que témoin a en fait été détenu pendant huit jours dans des conditions dégradantes et soumis à des violences psychologiques. Des prêtres catholiques se sont vu refuser leur titre de séjour, et l’un d’entre eux a même été arrêté par la Garde nationale alors qu’il priait dans une chapelle lors d’une manifestation contre le régime[2]. Les églises ont également été prises pour cible: le gouvernement est la seule entité autorisée à distribuer de l’aide aux personnes dans le besoin. Par conséquent, les autorités ont fermé des églises pour ce motif, criminalisant de fait l’action humanitaire[3].

    Les méthodes du régime sont clairement discriminatoires: les églises et les pasteurs qui soutiennent publiquement le gouvernement bénéficient de financements et d’un traitement de faveur, tandis que ceux qui le critiquent sont confrontés à la surveillance, aux menaces et à la violence à l’encontre de leur personnel et de leurs biens. Cela crée un climat d’autocensure, qui se reflète dans le dernier classement de l’Index mondial de persécution de Portes ouvertes, qui place le Venezuela parmi les pires pays au monde pour pratiquer le christianisme[4]. La destitution de Nicolás Maduro en janvier 2026 n’a pas modifié cette dynamique, puisque le même parti est toujours au pouvoir, et les membres du clergé susceptibles de dénoncer les abus passés sont désormais confrontés à un sentiment d’incertitude encore plus grand.

    Dans notre contribution (disponible en anglais), nous avons souligné que le Venezuela ne peut plus prétendre garantir la liberté religieuse dans sa Constitution tout en punissant les croyants qui l’exercent.

    La traite des êtres humains augmente

    La législation vénézuélienne interdit la traite des êtres humains en vertu de l’article 54 de la Constitution et de l’article 174 du Code pénal. Le pays est également partie au Protocole de Palerme, qui oblige les États à mettre en place des systèmes complets de prévention et de protection des victimes, plutôt que de se contenter d’interdire cette pratique.

    L’ampleur du problème dépasse largement la capacité de réaction de l’État. L’effondrement de l’économie vénézuélienne a poussé des millions de personnes à fuir le pays. Des réseaux criminels, notamment des gangs tels que le «Tren de Aragua», ciblent des migrants désespérés en leur promettant des emplois ou un passage sûr, pour finalement les contraindre au travail forcé, à l’exploitation sexuelle ou au mariage forcé. En 2024, la traite des êtres humains liée au Venezuela générait 2,6 milliards de dollars de recettes, et on estimait que des centaines de milliers de Vénézuéliens vivaient dans des conditions d’esclavage moderne[5]. On estime qu’environ un tiers des migrants vénézuéliens se dirigeant vers les États-Unis ont subi des abus sexuels en cours de route.

    Cette crise est particulièrement accablante non seulement en raison de son ampleur, mais aussi parce que l’État ne parvient pas à lutter de manière significative contre la traite des êtres humains. Au cours de la dernière année de référence, les autorités n’ont enregistré aucune enquête ni aucune condamnation pour traite, et le gouvernement continue de ne fournir aucun hébergement aux victimes. Il convient de noter que, lors de son précédent cycle d’examen, le Venezuela avait accepté une recommandation visant à mettre en place des mécanismes spécialisés pour identifier les victimes de la traite, mais ceux-ci n’ont jamais été mis en œuvre. En attendant, ce sont les ONG qui fournissent le peu de soutien psychologique, juridique et matériel, travaillant souvent sous le joug des restrictions imposées par ce même gouvernement.

    Les atteintes du Venezuela en matière de libertés fondamentales et son incapacité à lutter contre la traite ne constituent pas seulement un problème national. Toute personne qui quitte le pays en quête de sécurité devient une cible potentielle, et les réseaux de traite et d’exploitation sexuelle exploitent désormais les voies de sortie du Venezuela pour étendre leurs activités à l’étranger. Les réseaux criminels tirent parti de la crise migratoire du pays pour étendre leurs activités, exacerbant ainsi la crise humanitaire dans toute la région.

    ______

    [1] Constitution of the Bolivarian Republic of Venezuela (30 dec. 1999), https://www.oas.org/dil/esp/constitucion_venezuela.pdf

    [2] General Briefing: Venezuela, CHRISTIAN SOLIDARITY WORLDWIDE (May 29, 2025), https://www.csw.org.uk/2025/05/29/report/6520/article.htm  [hereinafter CSW].

    [3] GNB Assault on Monsignor Zárate Condemned for Bringing Humanitarian Aid to Victims of Cumanacoa, NTN24 (July 16, 2024), https://www.ntn24.com/noticias-actualidad/condenan-agresion-de-la-gnb-a-monsenor-zarate-por-llevar-ayuda-humanitaria-a-damnificados-de-cumanacoa-502285

    [4] OPEN DOORS, WWL 2026 Compilation of all Main Documents (Jan. 2026), https://www.opendoors.org/research-reports/wwl-documentation/WWL2026-Compilation-of-main-documents.pdf

    [5] Antonio Mariá Delgado, Human Trafficking of Venezuelans Explodes into $2.6 Billion Industry, Report Says, MIAMI HERALD (Sep. 11, 2025), https://www.miamiherald.com/news/nation-world/world/americas/venezuela/article312055509.html

  • Les colons israéliens créent un climat de peur parmi les chrétiens de Cisjordanie

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    De Crux Now :

    Les colons israéliens créent un « climat de peur » parmi les chrétiens de Cisjordanie

    11 août 2026

    Le curé de la dernière paroisse entièrement chrétienne de Palestine a déclaré que les colons israéliens créent un « climat de peur » dans le but de chasser les habitants de leurs terres.

    Dans un entretien accordé à Vatican News, le père Bashar Fawadleh de Taybeh a expliqué l'immense pression que subissaient les populations locales de la part des colons, notamment l'intimidation, les saisies de propriétés et les efforts pour étendre les colonies.

    Le 5 août, des colons ont fait irruption dans la maison d'une des familles de la paroisse de Fawadleh, ce qui, selon lui, n'était « pas un incident isolé ».

    Dimanche, l'armée israélienne a fermé Taybeh aux non-résidents, une restriction qui, selon un porte-parole militaire, ne s'applique qu'aux Israéliens et a été mise en place en raison de « plusieurs attaques violentes perpétrées par des Israéliens dans la région ».

    « Malheureusement, ce à quoi nous assistons actuellement est profondément alarmant », a-t-il déclaré, soulignant que la maison en question « venait d’être préparée pour accueillir ses occupants ».

    « Pendant plusieurs jours », a-t-il déclaré, « deux colons ont pénétré par effraction sur la propriété à plusieurs reprises. Ils ont occupé les terres et ont amené un troupeau de moutons juste devant la maison. »

    « Les colons ont également coupé la clôture », a-t-il déclaré.

    « Il s’agit d’une stratégie de harcèlement délibérée visant à instaurer un climat de peur et à contraindre les familles palestiniennes à quitter leurs terres. Nous remercions Dieu que la famille soit saine et sauve », a-t-il ajouté.

    « Imaginez préparer une maison pour votre famille, pour ensuite découvrir que des étrangers s'y sont introduits illégalement et l'occupent à leur guise. C'est la réalité que nous vivons ici à Taybeh. En fait, au moment même où je vous parle, ces mêmes personnes sont revenues installer des tentes sur la propriété. C'est une situation incroyablement difficile à supporter », a-t-il également déclaré à Vatican News.

    « De nombreuses familles à l’ouest, à l’est et au sud de Taybeh souffrent des violences des colons. Comme à leur habitude, ils incendient des terrains vagues. Dernièrement, ils ont mis le feu à une colline au sud-est du village. Les colons israéliens viennent pour nuire et occuper les terres », a déclaré Fawadleh.

    « Ces derniers mois, la situation s’est considérablement détériorée. Presque quotidiennement, nous subissons des incursions, des attaques contre des propriétés privées, la destruction de terres agricoles, des fermetures de routes, des restrictions de déplacement et une pression incessante sur la population », a-t-il ajouté.

    Dans le Nouveau Testament, Taybeh est appelée Ephraïm, une ville où Jésus et ses disciples ont séjourné après la résurrection de Lazare.

    « C’est un symbole vital et fondamental pour tous, surtout à l’approche du Jubilé de 2033, qui marquera le bicentenaire de la venue de Jésus-Christ sur terre. Taybeh est en première ligne pour préserver le christianisme ici, en Terre sainte », a déclaré Fawadleh.

    « Jésus a choisi de se réfugier à Taybeh avant sa passion, sa mort et sa résurrection. Nous devons demeurer un témoignage vivant du christianisme et de sa présence constante en Terre sainte. Le monde doit se tenir aux côtés de Taybeh », a-t-il ajouté.

    Fawadleh a également appelé la communauté internationale à aider les Palestiniens qui souffrent dans ces conditions, et a également demandé des prières.

    « Nous nous sentons oubliés et complètement seuls. Des recours juridiques existent, mais ils sont malheureusement très limités et rarement efficaces. C’est pourquoi la présence et la pression internationales sont vitales en ce moment. Nous avons besoin d’une protection concrète pour les civils et d’une véritable volonté politique pour mettre fin à ces violences », a-t-il déclaré.

    « N’oubliez pas Taybeh. J’invite tous les diocèses catholiques du monde entier à s’exprimer sur la situation ici, à parler de ces frères et sœurs chrétiens qui vivent dans la terreur. Le berceau de la communauté chrétienne ne doit pas sombrer dans le silence », a-t-il ajouté.

  • La France perdrait un édifice religieux chaque semaine

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    De Corrie Douglas-Young sur le Catholic Herald :

    La guerre contre la France catholique

    L'Église de France souffre de toutes parts. La faible fréquentation entraîne la fermeture d'églises dans tout le pays. Les attaques de plus en plus fréquentes contre ses bâtiments frappent les paroisses qui restent ouvertes. Là où elle connaît une croissance, notamment dans les formes traditionnelles du catholicisme, celle-ci témoigne d'un rejet catégorique de la nouvelle France, où l'Église semble de plus en plus indésirable.

    Ce mois-ci, trois églises ont été vandalisées dans l'archidiocèse de Tours. Ce n'était pas la première fois : en novembre 2024, quatre églises avaient été prises pour cible. La semaine dernière, cependant, la profanation du Saint-Sacrement a suscité une réaction qui a dépassé toute forme de résignation face aux atrocités que subissent régulièrement les églises du pays.

    Les bâtiments ont été pillés, des objets profanés et le tabernacle forcé avant la profanation. L’archidiocèse a déclaré que ces « événements douloureux et choquants » révèlent à quel point la société française est « imprégnée de violences, d’un manque de culture et d’un inquiétant manque de civilité ». Des messes de réparation ont été célébrées en réponse.

    Le maire de Chambray-lès-Tours, Michel Lamy, a déclaré que l'incident avait suscité une « profonde indignation » et l'a qualifié d'attaque contre « notre patrimoine ».

    Le patrimoine catholique de la France est bel et bien menacé. Un rapport publié en mai par le ministère de l'Intérieur français constate une augmentation des actes antichrétiens depuis plus de 15 ans. En 2025, on a dénombré 817 incidents anticatholiques, dont près de 90 % visaient des biens de l'Église.

    Ces attaques véhiculent un message implicite : l'Église est indésirable au sein d'une minorité non négligeable de la société française. Parfois, elles véhiculent également un message explicite. En décembre 2025, l'église Sainte-Marie-Madeleine, dans le diocèse de Marseille, a été vandalisée. On pouvait y lire, à travers un graffiti : « La seule église qui brille est celle qui brûle ».

    Ce même mois, une étude de l'Observatoire du patrimoine religieux a révélé que la France perd un édifice religieux chaque semaine, et que les deux tiers des incendies présentent des signes d'acte criminel.

    L’Observatoire de l’intolérance et de la discrimination envers les chrétiens (OIDAC) a indiqué que le pays continue d’enregistrer le plus grand nombre d’incidents de ce type en Europe. Derrière ces actes de vandalisme se cachent divers motifs, notamment le laïcisme militant et l’islamisme.

    Ce phénomène ne se limite pas à la France. L’OIDAC a relevé, dans son rapport sur les crimes de haine antichrétiens en Europe : « De façon alarmante, 94 incendies criminels ont été recensés, soit près du double du total de l’année précédente. Un tiers de ces actes ont eu lieu en Allemagne, où la Conférence des évêques a récemment averti que “tous les tabous ont été brisés” concernant le vandalisme d’églises. »

    Le texte poursuivait : « Les pays les plus touchés en 2024 étaient la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Espagne. En novembre, un moine de 76 ans a été tué et plusieurs autres blessés lors d’une attaque contre un monastère espagnol. En janvier, un homme a été abattu lors d’une attaque liée à l’État islamique pendant la messe dominicale dans une église catholique d’Istanbul. En septembre, une église historique de Saint-Omer, en France, a été presque entièrement détruite par un incendie criminel. »

    Le rapport conclut à une « sous-déclaration importante » des agressions contre le clergé en Pologne et en Espagne. Près de la moitié des prêtres interrogés en Pologne ont déclaré avoir subi des agressions au cours de l'année écoulée, mais plus de 8 % n'ont pas porté plainte auprès de la police.

    Thibault van den Bossche, du Centre européen pour le droit et la justice, déclarait l'an dernier à Europe1 que les chrétiens « n'osent pas se plaindre. Ne pas porter plainte signifie qu'il n'y a pas de suite, les autorités ne peuvent pas intervenir et, par conséquent, ce phénomène, pourtant bien réel, dangereux et tragique, reste invisible ».

     « La difficulté réside dans le fait que les statistiques policières ne sont pas établies de manière homogène. Par exemple, en Allemagne, seuls les actes à motivation politique sont pris en compte, et non les actes à motivation religieuse. Cela fausse les statistiques produites par l'État », a-t-il déclaré.

    Il a souligné l'importance des attaques physiques islamistes ainsi que la contribution d'un « laïcisme exacerbé » qui vise non seulement la neutralité de l'État en matière de religion, mais aussi en matière d'espace public. Cette position laïque entre en conflit direct avec les racines chrétiennes de la France, un fait que van den Bossche a qualifié d'« indéniable ».

    « La traque des symboles chrétiens dans l’espace public contribue à alimenter le climat anti-chrétien », a-t-il déclaré.

    On a déjà remarqué l'existence de deux Frances. La distinction entre elles – l'ancienne France catholique et la nouvelle France laïque – n'a pas toujours été aussi nette qu'on pourrait le croire, mais elle est profondément ancrée dans la société, l'histoire et la conception même de la France. La laïcité française a été pionnière en la matière et dans sa rigueur. Elle est née du radicalisme de la Révolution française, qui visait à réduire l'influence de l'Église autant que possible. Elle subsiste aujourd'hui sous une forme atténuée et aseptisée.

    Une loi de 2004, présentée par le ministre de la Jeunesse, de l'Éducation nationale et de la Recherche afin de « réaffirmer le principe de laïcité » dans les écoles publiques, interdisait le « port de signes ou de vêtements permettant aux élèves de manifester ostensiblement une appartenance religieuse ». Elle n'autorisait que la possibilité de signes « discrets » d'appartenance religieuse.

    Le gouvernement français rappelle que si les fonctionnaires sont libres de pratiquer leur religion « à titre privé », ils sont tenus à une obligation de neutralité. Conformément à cette obligation, il leur est interdit d'afficher leurs convictions religieuses.

    Pourtant, l'ardeur avec laquelle la France revendique la laïcité est indissociable, comme le soulignait van den Bossche, de ses profondes racines catholiques. Ce sont ces racines qui engendrent la nécessité d'une neutralité religieuse absolue. Si la France perd tant d'églises, c'est en partie parce qu'elle en possède une telle profusion, un patrimoine architectural fruit de siècles de labeur et de dévotion.

    À mesure que les églises disparaissent, la France montre l'exemple à l'Europe, perdant peu à peu la mémoire culturelle de ce qui la définissait autrefois : la foi catholique. Face à ce processus, l'Église se retrouve dans la situation douloureuse de subir des abus tout en se demandant s'il est possible d'y mettre un terme.

  • Deux évêques italiens annulent des funérailles maçonniques

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    Du Pillar :

    Deux évêques italiens annulent des funérailles maçonniques

    Ces interventions sont les dernières d'une série de mesures prises par des évêques du monde entier pour renforcer l'opposition séculaire de l'Église à la franc-maçonnerie.

    Deux évêques italiens sont intervenus la semaine dernière pour annuler les funérailles de hauts francs-maçons qui devaient se dérouler dans des églises catholiques. Ces interventions s'inscrivent dans une série de mesures prises par des évêques du monde entier pour réaffirmer l'opposition séculaire de l'Église à la franc-maçonnerie et sa discipline canonique à l'égard des catholiques qui adhèrent aux loges maçonniques.

    Le diocèse de Rome et le diocèse de Vintimille-San Remo sont tous deux intervenus dans des affaires sans lien entre elles, après que les autorités maçonniques italiennes ont annoncé l'appartenance à la franc-maçonnerie de deux hommes récemment décédés qui devaient recevoir des funérailles catholiques dans des églises locales.

    Depuis 1738, l'Église interdit aux catholiques d'adhérer aux loges maçonniques ou aux groupes et organisations qui y sont affiliés. Les interventions des deux diocèses italiens constituent les dernières initiatives des autorités ecclésiastiques visant à réaffirmer et à faire respecter les normes disciplinaires de l'Église concernant l'appartenance des catholiques à la franc-maçonnerie.

    Le cardinal Baldassarre Reina, vicaire pontifical du diocèse de Rome du pape, est intervenu le 7 août pour empêcher des funérailles prévues plus tard dans la journée à Santa Maria in Montesanto, sur la Piazza del Popolo.

    Les obsèques de Bruno Battisti d'Amario, musicien renommé, notamment pour ses collaborations avec le cinéaste italien Ennio Morricone, devaient avoir lieu à l'église Santa Maria in Montesanto, traditionnellement considérée comme l'« église des artistes » à Rome. D'Amario est décédé le 5 août à l'âge de 88 ans et le recteur de l'église n'avait initialement rien laissé présager de l'organisation des obsèques.

    Cependant, le Grand Orient d'Italie – l'instance maçonnique nationale dont les origines remontent à l'immédiat après-guerre, lorsque les forces d'invasion américaines ont rétabli les institutions maçonniques italiennes – a publié un communiqué de presse immédiatement après le décès de d'Amario. Ce communiqué révélait non seulement son appartenance à la franc-maçonnerie, mais énumérait également plusieurs postes importants qu'il avait occupés au cours de sa vie, notamment celui de président du Collège de district des Vénérables Maîtres du Latium.

    Selon les déclarations publiques du recteur de l'église, Monseigneur Antonio Staglianò, lorsqu'il a appris la question maçonnique, il « a appelé le cardinal Baldassarre Reina, vicaire général de Sa Sainteté pour le diocèse de Rome et mon supérieur immédiat, et après avoir consulté le bureau juridique du diocèse de Rome, il n'a eu d'autre choix que de refuser l'autorisation pour la messe de funérailles. »

    Une situation similaire s'est produite quelques jours plus tard dans le diocèse de Vintimille-San Remo, lorsque ce dernier a annoncé, le 8 août, que l'évêque Antonio Suetta était intervenu pour annuler les obsèques prévues ce jour-là dans une église de Camporosso. Mgr Suetta est intervenu dans l'organisation des funérailles de Mario Tarducci après avoir appris, « seulement après que les préparatifs aient été finalisés, par le biais d'un média local et d'avis de décès publics, l'appartenance de M. Tarducci à une loge maçonnique dont il avait été le vénérable maître ».

    Selon un communiqué du diocèse, l'évêque avait consulté à la fois la famille du défunt et le curé de la paroisse avant de prendre sa décision.

    « À la lumière d’un cas similaire survenu simultanément dans le diocèse de Rome — et conformément aux directives émises par le vicaire de Sa Sainteté le cardinal Reina —, l’évêque, en vertu du canon 1184, a décidé que les funérailles ecclésiastiques prévues aujourd’hui à l’église paroissiale San Marco in Camporosso n’auront pas lieu », indique le communiqué diocésain.

    Le canon 1184 du Code de droit canonique prévoit que les « apostats notoires, les hérétiques et les schismatiques » doivent être privés de funérailles ecclésiastiques, ainsi que « d’autres pécheurs manifestes qui ne peuvent se voir accorder des funérailles ecclésiastiques sans scandale public parmi les fidèles ».

    Il ne ressort pas clairement des déclarations des deux diocèses si l'appartenance à la franc-maçonnerie était considérée comme relevant de l'apostasie ou de l'hérésie — soit le rejet total et partiel de la foi, respectivement — ou si les deux hommes se voyaient refuser des funérailles en tant que « pécheurs manifestes » qui auraient provoqué un scandale public s'ils avaient bénéficié de funérailles religieuses.

    Du XVIIIe siècle jusqu'à la promulgation du premier Code de droit canonique universel en 1917, huit papes ont publié des encycliques ou des bulles papales dénonçant la franc-maçonnerie et imposant l'excommunication automatique, peine réservée au Saint-Siège, à tout catholique y adhérant. Le canon du Code de droit canonique de 1917 relatif aux personnes privées du droit aux funérailles chrétiennes incluait spécifiquement les francs-maçons au même titre que les hérétiques, les apostats et les schismatiques.

    Le Code de canon de 1983 a supprimé toute mention explicite de la franc-maçonnerie, alors qu'elle était nommée dans plus d'une douzaine de canons du code de 1917. Si certains ont interprété cette suppression comme un assouplissement de la position de l'Église à l'égard de la franc-maçonnerie, des décrets successifs du Saint-Siège, notamment du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, ont clairement établi que l'Église maintient son interdiction absolue d'appartenance à la franc-maçonnerie pour les catholiques.

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  • La facilité avec laquelle les stéréotypes antichrétiens peuvent influencer le débat public

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    De OIDAC Europe :

    Les suites de l'horrible attentat perpétré à Berlin lors de la commémoration de Christopher Street, inspiré par l'État islamique, ont mis en lumière non seulement la menace persistante de la violence islamiste, mais aussi la facilité avec laquelle les stéréotypes antichrétiens peuvent influencer le débat public. Lors de la cérémonie commémorative, un intervenant a déploré que l'auteur de l'attentat ne soit pas un « chrétien blanc », tandis qu'un représentant du SPD berlinois a affirmé que des « acteurs de droite et conservateurs » avaient créé le climat propice à l'attaque, malgré son mobile islamiste.

    Lors d'un incident similaire au Royaume-Uni, Amnesty International a retiré un rapport et présenté ses excuses pour avoir collectivement qualifié les organisations chrétiennes et pro-vie de groupes « anti-droits ».

    Parallèlement, plusieurs développements juridiques récents ont soulevé d'importantes questions concernant la liberté de religion et d'expression. En Écosse, Sarah Morse, enseignante catholique, conteste son licenciement après avoir exprimé son opposition à l'avortement, fondée sur ses convictions religieuses, en réponse à la question d'un élève. En Irlande du Nord, de nouvelles directives policières suggèrent que le port d'une Bible dans les hôpitaux situés dans les « zones tampons » pourrait constituer une infraction pénale. La députée finlandaise Päivi Räsänen s'est vue refuser une correspondance à Heathrow après que les autorités britanniques lui ont retiré son autorisation ESTA suite à la cassation partielle de son acquittement par la Cour suprême finlandaise dans son long procès pour « discours de haine ». À Genève , des responsables chrétiens contestent un amendement constitutionnel interdisant aux élus de porter des signes religieux visibles .

    Notre dernier rapport sur les incidents violents touchant les chrétiens et les églises en juillet a fait état d'un nombre de cas toujours élevé, avec 40 incidents recensés.

    Si le vandalisme reste la forme d'attaque la plus courante, l' agression au couteau d'une femme en pleine prière dans une église en Irlande et les informations faisant état d'une agression physique contre un demandeur d'asile chrétien en Allemagne ont mis en lumière les préoccupations sécuritaires persistantes.

    Téléchargez notre rapport ici

  • La rébellion des Cristeros de 1926 constitue aujourd’hui un avertissement qui donne à réfléchir

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    Du Père Raymond J. de Souza sur le NCR :

    La rébellion des Cristeros de 1926 constitue aujourd’hui un avertissement qui donne à réfléchir

    COMMENTAIRE : Des horreurs sont possibles à notre époque, et dans des endroits qui ne sont pas si lointains.

    Le bienheureux Miguel Agustín Pro (1891–1927), photographié quelques instants avant son exécution par un peloton d'exécution, les bras tendus en forme de croix, est présenté à côté de l'image originale de la tilma de Notre-Dame de Guadalupe.
    Le bienheureux Miguel Agustín Pro (1891–1927), photographié quelques instants avant son exécution par un peloton d’exécution, les bras tendus en forme de croix, est représenté aux côtés de l’image originale de Notre-Dame de Guadalupe sur la tilma. (photo : Wikimedia Commons / Domaine public)

    4 août 2026

    Les catholiques du Canada et des États-Unis ont tendance à admirer la piété populaire du Mexique, dans l’attente du 500e anniversaire des apparitions de Guadalupe, qui aura lieu en 2031.

    Mais il y a 100 ans, le Mexique subissait une violente persécution anticatholique. L’administration des sacrements fut suspendue pendant trois ans, et les fidèles catholiques furent pourchassés et tués. 

    Le pape saint Jean-Paul II décida de célébrer la canonisation des martyrs mexicains lors du Grand Jubilé de l’an 2000 — une année où il se montra particulièrement sélectif quant au choix des saints à canoniser.

    La « Cristiada » ou « rébellion des Cristeros » fut l’une des nombreuses persécutions déplorables qui éclatèrent dans des pays à forte identité chrétienne après la Première Guerre mondiale — qui fut elle-même un échec cuisant de la civilisation chrétienne. Il est plausible que les grandes tendances sécularisantes du XXe siècle aient été en partie le résultat de la perte de crédibilité du christianisme pendant la Grande Guerre.

    Au lendemain de la Première Guerre mondiale, des persécutions antichrétiennes ont éclaté dans des contrées historiquement chrétiennes, notamment en Russie (communisme), en Italie (fascisme) et en Allemagne (nazisme). 

    On oublie souvent le Mexique. Jean-Paul II souhaitait que ce souvenir reste vivant au XXIe siècle.

    « Cristóbal Magallanes et ses vingt-quatre compagnons martyrs appartenaient [pour la plupart] au clergé séculier et trois d’entre eux étaient des laïcs profondément engagés à aider les prêtres », a déclaré Jean-Paul II lors de la canonisation en 2000. « Ils n’ont pas cessé d’exercer courageusement leur ministère lorsque la persécution religieuse s’est intensifiée sur la terre bien-aimée du Mexique, déchaînant la haine contre la religion catholique. Tous ont accepté librement et sereinement le martyre comme témoignage de leur foi, pardonnant explicitement à leurs persécuteurs. … Aujourd’hui, ils sont un exemple pour toute l’Église et pour la société mexicaine en particulier. »

    Que s’est-il passé au Mexique il y a exactement 100 ans ?

    La Révolution mexicaine (1910-1920) a mis fin à une dictature de longue date et a abouti à l’adoption d’une nouvelle Constitution en 1917. Cette Constitution prévoyait des restrictions explicites à la liberté religieuse, visant à réduire l’influence de l’Église catholique sur la société et la culture mexicaines. 

    Le droit de l’Église à enseigner la religion était restreint, ses biens étaient soumis à la disposition du gouvernement, aucun culte public n’était autorisé en dehors des lieux de culte (par exemple, les processions) et il était interdit aux prêtres de porter leur habit ecclésiastique en dehors des églises. (Cette dernière disposition était encore en vigueur lors de la visite de Jean-Paul II en 1979, mais le président mexicain avait symboliquement payé l’amende pour cette infraction.)

    Ces lois antireligieuses et anticatholiques ont causé une grande détresse aux catholiques mexicains et ont été vivement contestées par l’Église au Mexique. Mais les conflits et les crises ont été largement évités, car les dispositions constitutionnelles n’étaient tout simplement pas appliquées. 

    La situation changea avec l’arrivée au pouvoir d’un nouveau président mexicain en 1924, Plutarco Calles. Farouchement anticlérical, il choisit d’appliquer de plus en plus rigoureusement les restrictions constitutionnelles en matière de religion, signant finalement en juin 1926 la « loi Calles », qui imposait une application stricte des mesures anticatholiques à compter du mois suivant. 

    Les évêques mexicains protestèrent avec véhémence, mais en vain. Ils consultèrent le pape Pie XI et, avec son soutien, annoncèrent que la loi Calles rendrait impossibles le culte religieux, les sacrements et l’enseignement ; par conséquent, tous les services religieux nécessitant la présence d’un prêtre — y compris la Sainte Messe et les sacrements — seraient suspendus au Mexique par décret à compter du 31 juillet 1926. 

    C’est difficile à imaginer aujourd’hui, mais la logique était similaire à celle d’une excommunication. Il arrive parfois qu’une offense soit si grave qu’un catholique puisse se voir interdire purement et simplement de recevoir les sacrements, la sévérité de la sanction visant à souligner à quel point le repentir et la conversion sont urgents. Par analogie, les évêques mexicains, avec le soutien du pape, ont excommunié la nation tout entière pour souligner la gravité de l’offense commise par le gouvernement à l’encontre de la liberté religieuse et des droits des catholiques.

    On compare parfois la suspension prononcée par les évêques mexicains à une « grève » ou à une manifestation, mais il vaut mieux la considérer comme une sanction à l’échelle nationale visant à inciter le gouvernement à changer de cap. On pensait également que le mécontentement populaire exercerait une pression irrésistible sur le gouvernement pour qu’il revienne sur sa décision. Qui aurait pu imaginer un Mexique sans messes, sans baptêmes, sans mariages ni funérailles ?

    Ce jugement tactique s’est avéré erroné. Le gouvernement de Calles s’est encore davantage engagé sur cette voie et a intensifié sa persécution.

    Dans certaines régions du Mexique, l’opposition au gouvernement a pris la forme d’une rébellion armée, ce qui a conduit les forces fédérales mexicaines à traquer les rebelles et leurs sympathisants, parmi lesquels elles comptaient, par définition, tous les prêtres. Les prêtres — ainsi que ceux qui leur venaient en aide — ont été martyrisés dans leurs églises ou pendus sur la place publique. 

    Le plus célèbre d’entre eux fut le père jésuite Miguel Pro, fusillé en 1927 et béatifié en 1988.

    Les rebelles catholiques étaient appelés les « Cristeros ». Leur histoire a été racontée de manière saisissante par le romancier Graham Greene dans *Le Pouvoir et la Gloire* et dans le film *For Greater Glory*.

    La Cristiada débuta quelques jours après la suspension des sacrements, le 3 août 1926. Ni la rébellion ni la suspension n’ont conduit à une résolution rapide. En effet, la Cristiada s’est poursuivie pendant trois ans, jusqu’en 1929, et n’a trouvé une issue qu’après le départ de Calles du pouvoir. Les sacrements ont été rétablis la même année.

    La rébellion des Cristeros semble si étrangère à notre époque : l’Église suspendant ses propres sacrements, une persécution féroce de l’Église dans un pays catholique, le Mexique devenu le théâtre d’une persécution anticatholique. Pourtant, tout cela s’est produit il y a un siècle. Le Mexique des années 1920 nous rappelle la fragilité d’une culture catholique, et à quelle vitesse la paix et l’ordre peuvent être perdus au profit de la révolution, de la violence et du martyre.

    Le sang des martyrs a préservé l'intégrité de la foi et a porté ses fruits avec le renouveau de la piété mexicaine, mais les événements survenus il y a un siècle constituent toujours un avertissement saisissant. Des horreurs sont possibles à notre époque, et dans des lieux qui ne sont pas très éloignés.

  • Des survivants des persécutions espagnoles révèlent des histoires cachées de foi et de résistance.

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    De Victoria Cardiel pour EWTN News :

    Des survivants des persécutions espagnoles révèlent des histoires cachées de foi et de résistance.

    3 août 2026
    « Les martyrs qui n’en furent pas : survivants, catholiques clandestins, réfugiés, évadés et victimes de la persécution religieuse en Espagne (1936-1939) », par le prêtre et théologien Melchor Sánchez de Toca Alameda, publié par Didaskalos. | Crédit : Daniel Ibañez/EWTN News
    Les violences antichrétiennes ont coûté la vie à de nombreux membres du clergé, religieux et laïcs catholiques en Espagne dans les années 1930, constituant ainsi l'un des chapitres les plus étudiés de l'histoire moderne de l'Église.Le souvenir de cette persécution religieuse s'est toutefois largement construit autour de ses martyrs, reléguant au second plan ceux qui ont enduré la même brutalité mais n'ont pas reçu la palme du martyre.Un nouveau livre du prêtre et théologien espagnol Monseigneur Melchor Sánchez de Toca Alameda met en lumière les histoires de catholiques qui ont survécu aux bouleversements et à la violence de ces années.Publié en espagnol par la maison d'édition Didaskalos sous le titre « Los mártires que no fueron. Salvados, clandestinos, refugiados, evadidos y muertos de la persecución religiosa en España (1936–1939) » (« Les martyrs qui n'ont pas été martyrisés : survivants, catholiques clandestins, réfugiés, évadés et victimes de la persécution religieuse en Espagne, 1936–1939 »), l'ouvrage relate les expériences de personnes qui ont échappé à la mort, vécu cachées, fui des zones dangereuses ou sont mortes pendant la guerre civile espagnole dans des circonstances qui ne répondaient pas aux critères du martyre définis par l'Église.Sánchez de Toca, rapporteur au Dicastère pour les causes des saints, a travaillé sur de nombreuses causes de martyre liées à la persécution religieuse des années 1930.Cette expérience, a-t-il confié à ACI Prensa, l'a incité à commencer à recueillir les histoires de ceux dont la vie avait reçu moins d'attention.« Ceux qui ont subi la persécution sans y mourir, ou qui sont morts pendant cette période sans avoir bénéficié du martyre, ont été quelque peu laissés dans l’ombre », a-t-il déclaré.

    martyrs en puissance

    Le livre présente un large éventail d'hommes et de femmes qui ont enduré la même épreuve que les martyrs, mais qui ont connu un destin différent.

    Monseigneur Melchor Sánchez de Toca Alameda, rapporteur au Dicastère pour les causes des saints, lors de la présentation de son livre en février 2026 à l'ambassade d'Espagne près le Saint-Siège. | Crédit : Daniel Ibañez/EWTN News
    Monseigneur Melchor Sánchez de Toca Alameda, rapporteur au Dicastère pour les causes des saints, lors de la présentation de son livre en février 2026 à l'ambassade d'Espagne près le Saint-Siège. | Crédit : Daniel Ibañez/EWTN News

    Certains ont échappé à la mort par des circonstances inattendues. D'autres sont restés cachés pendant des années, soutenant une Église contrainte à la clandestinité. Certains ont fui les zones les plus dangereuses, tandis que d'autres sont morts pendant la guerre sans que leur mort soit reconnue comme un martyre.« Tous les saints qui vivent une persécution religieuse n’atteignent pas la palme du martyre en mourant au cours de celle-ci, et tous ceux qui meurent pendant une persécution ne sont pas des martyrs », a expliqué Sánchez de Toca.Plutôt que de tenter un catalogue exhaustif, l'auteur a sélectionné des personnalités canonisées ou faisant actuellement l'objet de causes de béatification, offrant ainsi une perspective différente sur les événements marquants de cette période.Parmi les personnalités les plus connues figurent saint Maravillas de Jésus, saint Josémaria Escrivá, le bienheureux Álvaro del Portillo, le vénérable José María García Lahiguera, le bienheureux Père Tarrés, Isidoro Zorzano et la Servante de Dieu Carmen Hidalgo, co-fondatrice des Sœurs Oblates du Christ Prêtre.Le livre présente également des personnes moins connues dont la vie a été marquée par la persécution, notamment Ismael de Tomelloso, surnommé « le milicien saint » ; Antonio Rivera, appelé « l'ange de l'Alcázar » ; et le père jésuite Fernando Huidobro, aumônier de la Légion espagnole.Ces trois cas ont d'abord attiré l'attention de l'auteur. Bien que tous aient subi les conséquences de la guerre et que deux soient morts des suites de leurs blessures ou au front, aucun ne peut être considéré comme un martyr au sens strict.« On a tenté de les présenter comme des martyrs, notamment pendant la période d'après-guerre à travers la propagande franquiste », a déclaré Sánchez de Toca.

    On les décrivait parfois par une expression courante à l'époque : « tombés pour Dieu et pour l'Espagne ». Cependant, les circonstances de leur mort ne répondaient pas aux critères établis par l'Église pour la reconnaissance du martyre.

    L'Église souterraine

    L'une des sections les plus marquantes du livre reconstitue le quotidien des catholiques restés en territoire républicain et contraints de pratiquer leur foi clandestinement.Un chapitre consacré à « la clandestinité et à la prière à l’arrière » relate les expériences d’hommes et de femmes courageux qui ont organisé des réseaux secrets pour aider les prêtres cachés, permettre la célébration des sacrements et maintenir vivante la pratique religieuse catholique.« Ils ont créé des réseaux d’assistance qui ne détonneraient pas dans les meilleurs romans d’espionnage », a déclaré Sánchez de Toca.Isidoro Zorzano, le vénérable José María García Lahiguera et Mère Carmen Hidalgo ont organisé un réseau d'assistance financière pour les prêtres qui avaient survécu.« Ils leur ont fourni le matériel nécessaire pour célébrer la messe, puis ils ont redistribué la communion en la distribuant dans les foyers par l’intermédiaire d’agents clandestins », a-t-il expliqué.

    Franchir les lignes de front

    Un autre chapitre relate les histoires de catholiques qui ont franchi les lignes de front au cours d'opérations exceptionnellement dangereuses.

    Parmi eux figurent le bienheureux Álvaro del Portillo, qui traversa le front ; le serviteur de Dieu Tomás Alvira, qui accompagna saint Josémaria Escrivá à travers les Pyrénées ; et la vénérable sœur Justa Domínguez de Vidaurreta, supérieure des Filles de la Charité, qui s'échappa de Madrid après de nombreuses difficultés et finit par s'installer à Pampelune.

    Le fardeau de la survie

    Sánchez de Toca a également été touché par ce que l'on appelle communément la culpabilité du survivant, un phénomène psychologique vécu par de nombreuses personnes ayant échappé à la persécution.Bien qu'un chapitre consacré à ce sujet ait été supprimé pour des raisons éditoriales, l'auteur a déclaré que de nombreux survivants ont passé le reste de leur vie à se débattre avec une question troublante : pourquoi avaient-ils survécu alors que tant de leurs compagnons avaient été tués ?« Il n’est pas toujours facile de répondre à la question : “Pourquoi le Seigneur n’a-t-il pas voulu que je sois un martyr alors que tant de mes compagnons ont été tués ?” », a-t-il déclaré.

    Sauvé au dernier moment

    Certains des passages les plus poignants du livre relatent les expériences de personnes qui ont échappé à ce qui semblait être une mort certaine.L'un des récits les plus marquants concerne un frère augustin emprisonné à Madrid pendant la persécution.Selon Sánchez de Toca, les mains du frère étaient déjà liées et il s'apprêtait à être transporté à Paracuellos lorsqu'une personne inconnue coupa ses cordes et murmura : « Faites demi-tour et retournez dans votre cellule. Ne vous retournez pas. »

    Le moine obéit machinalement et survécut.« Il est retourné dans sa cellule et s’est mis à trembler et à convulser sous l’effet du choc post-traumatique avec une telle violence que plusieurs compagnons ont dû le maîtriser », a raconté Sánchez de Toca.D'autres ont survécu grâce à des erreurs dans les listes de prisonniers ou à l'intervention inattendue de personnes anonymes. Nombreux sont ceux qui ont interprété leur sauvetage comme un acte de la providence divine et qui ont passé le reste de leur vie à se demander pourquoi ils avaient été choisis pour survivre.L'auteur aborde également les crimes commis par les forces nationalistes. Le père Huidobro, par exemple, a dénoncé les exécutions sommaires de prisonniers dans des plaintes adressées au quartier général du général Francisco Franco.

    Une leçon pour aujourd'hui

    Au-delà de leur valeur historique, Sánchez de Toca estime que ces biographies offrent des leçons particulièrement pertinentes pour les chrétiens d'aujourd'hui.« Ils vivaient tous avec une vocation claire au martyre », a-t-il déclaré.Selon l'auteur, le martyre faisait partie de l'horizon spirituel de nombreux catholiques espagnols avant même le déclenchement de la guerre civile.

    « Cela transparaît dans leurs lettres, leurs homélies et leurs conversations, comme l’expression de leur volonté de donner leur vie pour le Christ si nécessaire », a-t-il déclaré.Sánchez de Toca a également souligné l'extraordinaire créativité apostolique dont les catholiques ont fait preuve dans des circonstances extrêmes.« Voici une autre leçon essentielle pour notre époque », a-t-il conclu. « L’Esprit Saint inspire la créativité apostolique dans les circonstances de vie de chacun. »

    Cet article a été initialement publié par ACI Prensa, le service affilié hispanophone d'EWTN News.

  • "L'Espagne a cessé d'être chrétienne !"

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    D'Anne Bernet sur 1000 raisons de croire :

    1936-1939

    Ils prouvent que l’Espagne est toujours chrétienne

    En 1933, le président du conseil espagnol déclare aux Cortès : « L’Espagne a cessé d’être chrétienne ! » Cette phrase se traduit aussitôt par des actes et des décisions politiques : imposition d’une laïcité absolue, interdiction faite aux ordres religieux d’enseigner, se livrer à des activités commerciales ou industrielles alors qu’elles les font vivre, interdiction du crucifix dans les lieux publics, obligation du mariage civil, introduction du divorce, etc. Dès lors, deux conceptions de l’avenir de l’Espagne se font face, prêtes à en découdre. Pendant deux ans, jusqu’à la victoire des nationalistes, les catholiques espagnols entament un épouvantable chemin de croix qui fera au bas mot 7 500 martyrs, et probablement beaucoup plus.


    Les raisons d'y croire

    • Même si, quatre-vingt-dix ans après les événements, les événements de cette période déchaînent toujours des passions politiques violentes et opposées, nous sommes parfaitement documentés sur ce qui s’est passé, tant par la presse internationale que par les témoins des deux bords. À cela s’ajoutent les récits circonstanciés de quelques rescapés, ainsi que par l’importante documentation rassemblée afin d’instruire les causes de béatification des martyres. Nous savons parfaitement ce qui est advenu ; les épisodes de massacres et d’atrocités sont avérés. Nous ne sommes pas dans l’imaginaire.
    • Consciente d’être accusée de s’ingérer dans les conflits politiques espagnols et leurs retombées actuelle, l’Église a pris toutes les précautions, comme elle le fait d’ailleurs toujours, pour que les dossiers retenus n’impliquent pas des personnes connues pour leurs engagements politiques mais seulement des catholiques assassinés exclusivement en haine de la foi.
    • En effet, la volonté d’éradiquer tous les prêtres était patente. Quelques survivants qui ont réussi à s’enfuir ou ont été laissés pour morts dans les fosses communes raconteront qu’on leur a dit qu’ils devaient mourir simplement en raison de leur état clérical. De nombreux témoignages font état de chasses aux prêtres impitoyables, souvent avec des chiens, et des exécutons sans jugement qui suivaient aussitôt les arrestations.
    • D’éducation chrétienne, les bourreaux, comme en Vendée pendant la Terreur, vont souvent s’amuser en mettre en scène dans des versions modernisées les supplices endurés par les martyrs de l’Antiquité. Ainsi verra-t-on des catholiques jetés aux bêtes dans les cages du zoo de Madrid, ou livrés dans l’arène à des taureaux de combat, certains ont été châtrés, énucléés, coupés en morceaux à coups de hache, attachés à l’arrière du tramway, torturés de mille façons plus atroces les unes que les autres. À Santander, on les jette dans le port un bloc de béton aux pieds. Aucun d’entre eux n’a apostasié.
    • Si mourir pour une conviction n'est pas exceptionnel dans l'histoire, ce qui l’est est de pardonner à ses bourreaux avant d'être exécuté. C’est le cas des martyrs d’Espagne qui sont morts sans haine, en renonçant à toute vengeance et en manifestant de la compassion pour ceux qui les tuaient. Ces hommes et ces femmes ordinaires, confrontés à la torture et à une mort imminente, ont trouvé la force non seulement de demeurer fidèles à leur foi, mais encore d’aimer ceux qui les tuent. C’est qu’ils ne puisent pas cette capacité en eux-mêmes, mais dans une grâce reçue du Christ vivant.
    • On peut donner en exemple ce prêtre qui, épargné par les balles du peloton d’exécution, voyant que l’un des soldats adverses a été blessé par erreur, se relève pour lui donner l’absolution.
    • L’on estime la création de nombreuses œuvres catholiques par la suite tel les Cursillos le fruit des persécutions, en vertu de l‘adage indémodable de Tertullien : « Le sang des martyrs est semence de chrétiens. »

    En savoir plus

    L’encyclique Dilectissima nobis de Pie XI du 3 juin provoque un sursaut au sein du peuple espagnol qui n’entend pas se laisser dépouiller de sa foi mais aussi la réaction violente des partis de gauche qui entendent en finir avec le christianisme. Des massacres de prêtres et de religieuses dans les Asturies en juillet 1934 par des groupes anarchistes donnent le ton mais c’est l’assassinat du député monarchiste Calvo Sotelo le 14 juillet 1936 qui met le feu aux poudres.

    La guerre civile espagnole a été impitoyable, d’un côté comme de l’autre. Des exactions ont été commises par les nationalistes. Ces réactions sont inadmissibles d’un point de vue chrétien, comme le dénonçait déjà Bernanos dans Les grands cimetières sous la lune, elles sont cependant compréhensibles.

    Du côté de l’Église espagnole, le nombre de victimes est hallucinant puisque l’on comptabilise 13 évêques, 4 184, prêtres, 2 965 religieux, 283 religieuses, auxquels il faut ajouter un nombre encore indéterminé de laïcs. 7 500 martyrs est une estimation certaine, mais basse. 2 127 ont été aujourd’hui béatifiés, 11 canonisés et 2 000 dossiers sont encore en d’étude.

    Dans leur volonté d’écarter toute influence cléricale sur le peuple, les prêtres les plus engagés dans l’action sociale et caritative ont été particulièrement ciblés : les enseignants, les aumôniers de prisons, d’hôpitaux, de léproseries, d’hospices de vieillards. L’on estime que 40 % du clergé espagnol a été tué en quelques mois, certains diocèses, tel celui de Malaga, approchent 80 ou 90 % de prêtres massacrés.

    Il est manifeste qu’une haine anti-chrétienne quasiment satanique s’est déchaînée contre l’Église espagnole qui, à travers ses membres voulait atteindre le Christ lui-même. La destruction sur la Colline des Anges du monument au Sacré Cœur dont la statue a été fusillée avant d’être dynamitée l’illustre tristement. Le pardon a pourtant été le maître mot des victimes.

    Spécialiste de l’histoire de l’Église, postulateur d’une cause de béatification, journaliste pour de nombreux médias catholiques, Anne Bernet est l’auteur de plus d’une quarantaine d’ouvrages, pour la plupart consacrés à la sainteté.


    Aller plus loin

    Antonio Montero Moreno, Historia de la persecución religiosa en España, 1936-1939, Madrid, Biblioteca de Autores Cristianos (BAC), 1961 (nombreuses rééd.).


    En complément

    • The 498 Spanish Martyrs, Rome Reports : Court documentaire réalisé à l'occasion de la béatification des 498 martyrs en 2007.
    • Un Dios prohibido, 2013 : film historique consacré aux cinquante-et-un martyrs clarétains de Barbastro.
    • Dicastère pour les Causes des Saints, « Causes des martyrs espagnols », Cité du Vatican, https ://www.causesanti.va .

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    Auteur :

    Spécialiste de l’histoire de l’Église, postulateur d’une cause de béatification, journaliste pour de nombreux médias catholiques, Anne Bernet est l’auteur de plus d’une quarantaine d’ouvrages, pour la plupart consacrés à la sainteté.

  • 7 bienheureuses martyres espagnoles victimes des "Rouges" en 1936 (27 juillet)

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    D'Evangile au Quotidien :

    BBses Raymonde Fossas Romans et consœurs

    MARTYRES († 1936)

    Fête Le 27 Juillet

    BBses Ramona Fossas Románs, Adelfa Soro Bo,
    Reginalda Picas Planas,Teresa Prats Martí,
    Ramona Perramón Vila, Rosa Jutglar Gallart,
    Otilia Alonso González. Martyres le 27 juillet 1936

    Le 28 octobre 2007, le card. José Saraiva Martins, Préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints, représentant le Pape Benoît XVI, a présidé, à Rome, la Messe de béatification de 498 martyrs des “persécutions religieuses” de la guerre civile espagnole. Ces catholiques ont été tués dans diverses circonstances en 1934, 1936 ou 1937 ; parmi eux il y avait deux évêques, vingt-quatre prêtres, quatre cent soixante-deux religieux, trois diacres ou séminaristes et sept laïcs qui « versèrent leur sang pour rendre témoignage de l'Evangile de Jésus Christ…soient dorénavant appelés du nom de bienheureux et que leur fête soit célébrée chaque année le 6 novembre dans les lieux et selon les modalités établies par le droit. » (>>> Lettre du Pape Benoît XVI).

     Commémoration propre à l’Ordre en date du 26 juillet

    Ramona Fossas Románs, naît à Ripoll (Gérone) le 1er novembre 1881. Elle fréquente le collège des Carmélites de la Charité. À 19 ans elle perd son père, et étant l’aînée de 4, elle aide sa mère dans son travail de modiste. Elle visite les pauvres et les malades, chez eux ou à l’hôpital. Elle entre chez les Dominicaines de l’Anunciata le 6 juillet 1903. Elle appartient aux communautés de Vic, Villanueva de Castellón (Valencia), Valencia, Sant Viçens de Castellet (Barcelone), Játiva (Valencia), Castell del Remei (Lérida), Gérone, Pineda de Mar, Canet de Mar, monastère de Montserrat, et Barcelone-Trafalgar, comme prieure dans les trois derniers.

    Le 27 juillet 1936 les persécuteurs ordonnent aux sœurs Ramona Fossas, Adelfa Soro, Teresa Prats, Otilia Alonso et Ramona Perramón de sortir de leur couvent de la rue de Trafalgar, pour interrogatoires. Ils déployèrent la plus grande insistance pour qu’elles apostasient leur foi, abandonnent la profession religieuse et accèdent à leurs propositions malhonnêtes, mais elles répondirent avec une sérénité et une foi invincibles. Sous prétexte de les ramener au couvent, ils les firent monter dans un camion, qui prit la direction de la montagne du Tibidabo. Passé le village de Vallvidrera, ils les firent descendre du véhicule et les fusillèrent une à une. Mais deux d’entre elles survécurent quelques heures et purent raconter leur « passion ». La sœur Fossas avait 54 ans.

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  • « Tirez-leur dessus, ce sont des religieuses ! » Les trois carmélites de Guadalajara (24 juillet 1936)

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    De Mgr. Alberto José González Chaves sur InfoVaticana :

    « Tirez-leur dessus, ce sont des religieuses ! » Les trois carmélites de Guadalajara

    « Tirez-leur dessus, ce sont des religieuses ! » Les trois carmélites de Guadalajara

    Le 24 juillet 1936, dans les rues de Guadalajara, trois carmélites déchaussées furent prises en chasse et abattues. L’aînée avait cinquante-huit ans ; les deux autres à peine trente. « Tirez-leur dessus, ce sont des religieuses ! » Il n’en fallut pas plus pour connaître le crime, la sentence et la cause du décès. On ne leur demanda pas leurs noms, on ne fouilla pas leurs poches, on ne vérifia pas si elles cachaient des armes, des documents ou des instructions ; il suffit de reconnaître chez ces trois femmes, maladroitement déguisées en femmes, quelque chose qu’elles n’avaient pu dissimuler : elles étaient religieuses. Elles ne moururent pas pour ce qu’elles avaient fait, mais pour ce qu’elles étaient ; elles n’appartenaient pas à un commando, elles ne portaient pas de fusils, elles ne défendaient pas une position militaire ; elles défendaient en silence le droit de Jésus-Christ à posséder pleinement un cœur humain. Les trois femmes moururent à quelques minutes d'intervalle et à quelques centaines de mètres de distance, mais ensemble, elles avaient parcouru un chemin bien plus long : celui d'une fidélité humble, quotidienne et cachée. Car leur martyre ne commença pas avec les coups de feu : il avait débuté bien des années auparavant, dans la cellule, dans la chorale, au réfectoire, dans l'obéissance acceptée, dans les moments de partage fraternel, dans les petits renoncements du quotidien. Les dernières minutes sont saisissantes : les fusils, les cris, les corps gisant dans la rue ; mais ces femmes, pour leur heure suprême, s'étaient préparées dans les petits instants. Car on n'apprend pas à dire oui devant un peloton d'exécution si l'on a passé sa vie à dire non à Dieu ; on n'offre pas soudainement son sang si l'on a marchandé chaque jour les infimes gouttes de sacrifice, et celui qui a toujours eu honte de Jésus ne peut pas défendre son nom sous le feu des balles. Ces trois-là savaient que le martyre s'atteint en balayant proprement, en gardant le silence, en arrivant ponctuellement au chœur, en obéissant sans faire de vagues, en acceptant la monotonie, en souriant pendant les loisirs et en recommençant après chaque faiblesse.

    María Pilar, pardon ; Ángeles, silence ; Teresa : Vive le Christ Roi !

    Le monastère de San José à Guadalajara trouve ses racines dans l'expansion initiale de la réforme de sainte Thérèse. La communauté fut fondée à Arenas de San Pedro en 1594 et s'installa à Guadalajara en 1619, sous le patronage de la duchesse d'Infantado. Aspirant à une vie entièrement cachée avec le Christ en Dieu, des générations de femmes franchirent ses portes pendant des siècles pour se retirer du monde avec le désir de le sauver. Car la clôture n'est pas un oubli indifférent ; celles qui entrent au Carmel n'abandonnent pas l'humanité : elles l'attirent dans leur prière ; elles se retirent de la surface pour descendre là où se livrent les véritables combats. En juillet 1936, la communauté comptait dix-huit religieuses vivant dans une Espagne tendue, meurtrie par la haine idéologique, la violence politique et l'hostilité croissante envers l'Église. Aux premiers jours de la guerre civile, la persécution religieuse se manifesta avec une brutalité qui ne faisait aucune distinction entre combattants et religieuses, entre hommes armés et femmes emprisonnées. Le 22 juillet, Guadalajara tomba aux mains des forces révolutionnaires, et les carmélites durent abandonner précipitamment leur couvent, craignant qu'il ne soit pris d'assaut et incendié. Vêtues en civil, elles partirent deux par deux pour se réfugier chez des connaissances. Pour une carmélite, l'habit est un rappel d'alliance, un signe visible d'appartenance, l'humble livrée de la Vierge ; ces femmes durent l'échanger contre d'autres vêtements, mais sous leurs habits profanes, leur consécration demeurait intacte. Quand on parle des « trois carmélites », on a l'impression que leur sainteté était uniforme, comme si elles étaient trois silhouettes identiques se détachant sur un même fond. Mais la grâce ne produit pas de copies : Dieu conduit chaque âme sur un chemin unique. Elles étaient trois femmes, différentes par l'âge, le caractère, l'éducation et la sensibilité, unies par le sang car liées auparavant par la même vocation.

    María Pilar de San Francisco de Borja, connue dans le monde sous le nom de Jacoba Martínez García, née à Tarazona en 1877, aînée de trois enfants, était la benjamine d'une fratrie de onze, dont huit moururent en bas âge. Parmi les survivants figuraient un prêtre et deux carmélites du même couvent. Au moment de son martyre, elle avait déjà consacré de nombreuses années à la vie religieuse, vécu des journées qui se ressemblaient étrangement et accompli d'innombrables actes de fidélité restés dans l'ombre. Car la sainteté exige souvent de la persévérance ; tout ne se résout pas dans un élan d'enthousiasme initial. Certaines vertus ne s'acquièrent qu'après des décennies de répétition des mêmes actes d'amour : après avoir assisté aux matines malgré la fatigue ; après avoir accepté la correction ou persévéré dans la prière quand l'âme est insensible ; après avoir soutenu sa vocation même lorsqu'elle a perdu toute nouveauté. Le sang de María Pilar n'était pas le fruit d'un acte héroïque improvisé, mais le dernier trait d'une vie écrite lentement. Dans ses conversations avec sa communauté, elle avait exprimé sa vision du martyre : si cette heure arrivait, disait-elle, ils chanteraient « Cœur Saint, tu régneras ». Le règne du Christ n'était pas pour elle un slogan politique ni une formule de circonstance, mais la certitude que son Cœur transpercé triompherait précisément là où tout semblerait l'anéantir. Elle ne put chanter cet hymne lorsqu'elle fut blessée par balle ; elle cria plus fort encore : « Vive le Christ Roi ! Mon Dieu, pardonne-leur ! » Grièvement blessée, elle s'effondra dans la rue. Lorsqu'ils s'aperçurent qu'elle était encore en vie, ils lui tirèrent une seconde fois dessus et la poignardèrent. Un garde parvint à la conduire d'abord à une pharmacie, puis à la Croix-Rouge, et enfin à l'hôpital provincial. Là, elle mourut en tenant un crucifix et en répétant son pardon pour ceux qui l'avaient brisée. Une interprétation politique de ce martyre est-elle possible ? Admettons-le : on pourrait crier « Vive le Christ Roi ! » avec une certaine exaltation, mais seule la grâce permet d'ajouter : « Pardonne-leur. » Le Royaume proclamé par María Pilar était unique au monde : son Roi portait une couronne d'épines, son trône était une croix, sa victoire résidait dans l'amour, là où la haine semblait détenir toutes les armes. María Pilar ne mourut pas en maudissant, mais en intercédant pour l'Espagne ; non pas en réclamant le châtiment, mais la miséricorde. Bien qu'ils aient brisé son corps, ils ne purent insuffler la haine dans son cœur. Là réside le véritable triomphe du martyr : non seulement endurer la violence, mais empêcher qu'elle ne s'empare de lui de l'intérieur.

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  • Face à la persécution des chrétiens, un archevêque indien défie le pouvoir devant la Cour suprême

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    De Manon Bordier sur Tribune Chrétienne :

    Inde : face à la persécution des chrétiens, un archevêque défie le pouvoir devant la Cour suprême

    Plus de 800 actes antichrétiens auraient été recensés en Inde en 2025, puis 285 au cours du premier semestre 2026. Face à cette violence persistante et à l’inaction dénoncée des autorités, Monseigneur Peter Machado porte devant la plus haute juridiction du pays la voix d’une minorité chrétienne de plus en plus menacée

    En Inde, les chrétiens ne veulent plus subir en silence. Le 15 juillet 2026, la Cour suprême a repris l’examen d’une requête portée par Monseigneur Peter Machado, archevêque de Bangalore, avec le National Solidarity Forum et l’Evangelical Fellowship of India. Leur objectif : obtenir des mesures concrètes contre les violences, les intimidations et les discours de haine visant les communautés chrétiennes. Le recours avait été engagé dès 2022, avant de connaître plusieurs reports et audiences intermédiaires. Intitulée Most Rev. Peter Machado & Ors. vs. Union of India & Ors., l’affaire est désormais examinée par les juges P. S. Narasimha et Alok Aradhe.

    Les chiffres versés au dossier donnent la mesure du phénomène. Selon les requérants, plus de 800actes antichrétiens ont été documentés en 2025, auxquels s’ajoutent 285 faits signalés durant les six premiers mois de 2026. Réunions de prière interrompues, célébrations attaquées, églises prises pour cible, fidèles intimidés : les violences s’intensifieraient particulièrement lors des grandes fêtes liturgiques, notamment Noël, le Carême, le Vendredi saint et Pâques. Bien souvent, les accusations de « conversions forcées » servent de prétexte à l’intervention de groupes nationalistes hindous. Les victimes peuvent alors se retrouver elles-mêmes poursuivies en vertu de lois anticonversion adoptées dans plusieurs États indiens.

    La requête attire notamment l’attention sur le district de Narayanpur, dans l’État du Chhattisgarh. Des familles chrétiennes y ont été chassées de leurs villages lors de violences survenues en 2022 et 2023. Certaines ont ensuite été poursuivies au lieu de recevoir la protection des autorités. En février et en avril 2026, 38 chrétiens ont finalement été acquittés, faute d’éléments permettant de retenir les accusations portées contre eux.

    Les requérants demandent à la Cour suprême d’imposer une protection policière effective, notamment pendant les grandes fêtes chrétiennes, de garantir des enquêtes impartiales et de faire respecter les directives déjà prononcées contre les violences collectives. Ils réclament également que les victimes ne soient plus traitées comme des coupables sur la seule base d’accusations de prosélytisme.

    Le gouvernement indien conteste cependant cette présentation. Depuis le début de la procédure, New Delhi affirme que certains incidents auraient été exagérés, mal interprétés ou liés à des différends privés sans caractère religieux. La Cour suprême cherche précisément à vérifier la réalité des faits signalés et la manière dont ils ont été traités par les forces de l’ordre. Cette affaire intervient dans un climat marqué par la progression de l’idéologie de l’Hindutva, qui entend définir l’identité nationale indienne à partir de l’hindouisme. Depuis l’arrivée au pouvoir de Narendra Modi et du Bharatiya Janata Party en 2014, les organisations chrétiennes dénoncent une aggravation des violences et un sentiment croissant d’impunité chez les groupes nationalistes hindous.

    À l’issue de l’audience du 15 juillet, la Cour a indiqué avoir besoin de davantage de temps pour étudier les observations écrites présentées par l’avocat Colin Gonsalves. La prochaine audience est annoncée pour le 21 août 2026, sous réserve de son inscription au rôle. Devant la plus haute juridiction de la démocratie indienne, Monseigneur Peter Machado ne réclame aucun privilège. Il demande simplement que les chrétiens puissent prier, célébrer et vivre leur foi sans craindre l’irruption d’une foule hostile, autrement dit, que l’Inde respecte enfin les libertés religieuses inscrites dans sa propre Constitution.

  • L'Occident est le nouveau front de la persécution des chrétiens

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    D'Anna Bono sur la NBQ :

    RAPPORT DE LA CPI

    L'Occident est le nouveau front de la persécution des chrétiens.

    Le nouveau rapport d'International Christian Concern met en lumière l'érosion croissante de la liberté religieuse en Occident. Il dénonce également la répression en Turquie et en Chine, qui cible les minorités religieuses, même en exil. La Russie, par exemple, réprime toute personne qui n'est pas sous l'autorité du Patriarcat de Moscou.

    20/07/2026

    International Christian Concern (ICC), organisation à but non lucratif fondée en 1995 pour venir en aide aux chrétiens confrontés à des difficultés en raison de leur foi, a récemment présenté l’Indice mondial de persécution 2026, couvrant la période du 1er juillet 2024 au 1er juillet 2025. Ce rapport, intitulé cette année « Visages des persécutés », documente la détérioration des conditions de vie des chrétiens, confirmant ainsi l’alerte lancée en janvier par Portes Ouvertes, l’organisation à but non lucratif qui publie chaque année la liste des 50 pays où les chrétiens sont les plus sévèrement persécutés.

    Plus de 388 millions de chrétiens – soit un sur sept – vivent dans des pays où leur droit fondamental à la liberté religieuse est bafoué, où ils subissent violences, discriminations et restrictions de leur culte. La CPI, à l’instar de Portes Ouvertes, désigne le nationalisme religieux, l’islam et les régimes communistes comme les principaux responsables de ces persécutions. Elle fonde son analyse sur des fiches d’information détaillées qui dressent le tableau de 20 pays : trois en Afrique, deux en Amérique du Sud et quinze en Asie.

    Le rapport consacre également un chapitre entier au cas de la Fédération de Russie. La CPI estime qu'un système complexe de répression du christianisme s'est développé dans le pays. L'accusation est grave : « La Russie, affirme la CPI, utilise ses ressources politiques et militaires pour réprimer toute expression du christianisme qui n'est pas sous le contrôle du Patriarcat de Moscou. » Durant la période considérée, le rapport fait état de 37 édifices religieux endommagés ou fermés, de 130 chrétiens arrêtés et de 167 tués – et il ne s'agit là que des cas recensés.

    La CPI attire donc l'attention sur deux phénomènes, tous deux en pleine expansion. Le premier est la persécution que le rapport qualifie de transnationale, c'est-à-dire qui s'étend au-delà des frontières nationales. Selon la CPI, certains gouvernements persécutent de plus en plus les minorités religieuses et les dissidents réfugiés à l'étranger. Le rapport cite notamment les cas de la Turquie et de la Chine. La Turquie a intensifié sa campagne contre les dissidents et les minorités religieuses en exil, utilisant les réseaux de renseignement internationaux pour identifier, surveiller et enlever ses citoyens ayant fui à l'étranger.
    La Chine continue d'étendre sa répression transnationale, ciblant les musulmans ouïghours, les pratiquants de Falun Gong et toute personne associée à des groupes chrétiens non enregistrés. Certains rapports font état d'agents chinois faisant pression sur des gouvernements étrangers pour qu'ils rapatrient des demandeurs d'asile et intimidant les communautés de la diaspora en Asie, en Afrique et en Occident.

    L'autre phénomène croissant est la persécution des chrétiens dans les pays occidentaux, un phénomène qui commence seulement à attirer l'attention et qui reste encore largement méconnu. « Bien qu'ils ne subissent pas les mêmes persécutions horribles que celles infligées aux croyants dans d'autres régions troublées », explique l'ICC, « la liberté religieuse s'érode également en Occident ».
    L'exemple cité est celui de la loi 21 sur la laïcité dans la province de Québec, au Canada, qui interdit aux employés municipaux de porter des signes religieux, établit les lieux et les modalités de prière des chrétiens, ainsi que le contenu qu'ils peuvent partager sur les réseaux sociaux.

    La CPI cite des cas de chrétiens arrêtés pour avoir prié en silence près de cliniques pratiquant l'avortement, en violation des lois sur les « zones tampons ». Le rapport appelle également à prendre en compte la menace que représente pour le christianisme, et les autres religions, l'islamisation croissante de l'Europe et l'augmentation exponentielle des obstacles et des restrictions à la liberté religieuse sur le continent, les actes d'intolérance et les attaques contre les personnes et les biens.

    Le rapport cite plusieurs cas, dont celui de la députée finlandaise Paivi Rasanen, accusée d'incitation à la haine pour avoir remis en question le soutien de l'Église luthérienne à une marche des fiertés homosexuelles sur les réseaux sociaux ; celui du révérend Bernard Randall en Grande-Bretagne, qui a été licencié d'une école chrétienne pour avoir désapprouvé le programme scolaire radical de l'établissement ; et celui du Dr Aaron Edwards, également en Grande-Bretagne, qui a perdu son poste de maître de conférences à l'université pour avoir publié un tweet soutenant la vision biblique du mariage.

    L'ICC, note le rapport, a participé au Sommet international sur la liberté religieuse, qui se tient chaque année à Washington et dont les sessions des deux dernières années ont porté sur les obstacles à la liberté religieuse dans les sociétés occidentales. « Des organisations telles que l'Alliance pour la défense de la liberté, l'Institut pour la liberté religieuse et le Conseil de recherche sur la famille », indique l'ICC, « ont contribué à mieux cerner les atteintes subies par le christianisme. » Par ailleurs, l'Observatoire de l'intolérance et de la discrimination à l'égard des chrétiens en Europe (OIDAC) publie un rapport annuel recensant les agressions et les crimes de haine en France, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Espagne et en Autriche. S'appuyant sur les rapports de police et ses propres statistiques et conclusions, le rapport 2025 de cette organisation à but non lucratif fait état de 2 211 incidents visant des chrétiens en 2024. L'OIDAC inclut les agressions physiques et les attaques contre des églises. On a dénombré 94 incendies criminels d'églises, soit le double de l'année précédente, la plupart ayant eu lieu en Allemagne.

    Le rapport de la CPI contient cependant une note positive : la foi peut perdurer même en l’absence de liberté. Malgré une répression croissante, le christianisme continue de se développer, même dans des lieux où il est le plus souvent contesté, comme en Iran, où le mouvement des églises de maison demeure l’un des plus dynamiques au monde, alimenté par des réseaux clandestins et l’évangélisation numérique ; et en Chine, où les croyants se réunissent dans des foyers et lors de réunions en ligne cryptées, malgré une surveillance constante.