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Livres - Publications - Page 95

  • Chine : les mots religieux sont proscrits des manuels scolaires

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    Du site des missions étrangères de Paris :

    Sinisation : les mots religieux proscrits des manuels scolaires destinés à l’école primaire

    02/08/2019

    La sinisation des religions continue d’être défendue par le Parti communiste chinois, afin de correspondre aux directives lancées par le président Xi Jinping en 2015. Selon ces directives, pour pouvoir exister dans le pays, les religions doivent s’adapter à la culture chinoise et se soumettre au Parti. Une tendance qui conduit à certaines censures dans l’éducation, comme l’attestent certaines modifications de textes classiques contenus dans un manuel scolaire paru au début de l’année. Des mots comme « Dieu », « Bible » ou « Christ » ont ainsi été retirés d’extraits de Hans Christian Andersen, Daniel Defoe, Anton Chekhov, Tolstoï ou Victor Hugo, supprimant toute référence religieuse.

    Des mots comme « Dieu », « Bible » ou « Christ » ont été effacés d’un manuel scolaire utilisé par des enfants d’école primaire. Dans une tentative de dissuader l’adhésion aux religions (et en particulier au christianisme), et de renforcer la sinisation des religions dans le pays, ces mots ont même été censurés dans les romans d’auteurs étrangers. Au début de l’année, les Éditeurs de l’Éducation Populaire, liés au gouvernement, ont publié un manuel scolaire pour les élèves de CM2, contenant quatre extraits d’auteurs étrangers et d’autres textes issus d’auteurs classiques chinois. Selon le ministère chinois de l’Éducation, le manuel est destiné à permettre aux élèves de comprendre d’autres cultures. Pourtant, les extraits en question ont été modifiés afin de correspondre à la volonté du Parti communiste chinois de réprimer toute référence religieuse.

    Ainsi, dans l’histoire de La petite fille aux allumettes, de Hans Christian Andersen, la grand-mère défunte de l’enfant lui apparaît dans une vision pour lui dire : « Quand on voit filer une étoile, c’est une âme qui monte vers Dieu. » Dans la version « chinoise », la grand-mère dit à l’enfant : « Quand on voit filer une étoile, c’est qu’une personne quitte ce monde. » Un extrait de Robinson Crusoé, de Daniel Defoe, a également été censuré. Naufragé sur une île déserte, le protagoniste parvient à trouver trois copies de la Bible parmi les restes du naufrage. La nouvelle version modifiée élimine le mot « Bible » et raconte que Crusoé a retrouvé « quelques livres » dans les restes du navire. Un passage a également été éliminé d’un extrait de Vanka, une nouvelle d’Anton Chekhov. Le passage en question représentait une prière dans une église, et le mot « Christ » a été effacé partout. Ce type de censure s’est répandue dans l’éducation chinoise, à plusieurs niveaux, y compris à l’université où certains enseignants condamnent et confisquent les classiques contenant des mots religieux. Cela concerne des œuvres comme Le Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas, Résurrection de Léon Tolstoï, Notre-Dame de Paris de Victor Hugo…

    Toutes ces censures répondent aux directives lancées par le président Xi Jinping en 2015, selon lesquelles les religions, afin de pouvoir exister en Chine, doivent s’assimiler à la culture chinoise et se soumettre au Parti communiste. Leur sinisation consiste donc à exalter le patriotisme national contre les religions « étrangères » comme le christianisme. Selon les observateurs, cette campagne contre le christianisme est due aux craintes que la Chine devienne « le pays le plus chrétien au monde » d’ici 2030, comme l’ont prédit certains sociologues comme Fenggang Yang. Pour les critiques, la sinisation sert également de boucliers contre la démocratie, les droits de l’homme, et l’État de droit.

    (Avec Asianews)

  • La Bonne Nouvelle de l’Eglise sur le Mariage

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    De Louis Henri sur le site de l'Homme Nouveau :

    La Bonne Nouvelle de l’Eglise sur le Mariage

    Rédigé par Louis Henri, suite à un entretien avec l'abbé Michel-Jean Pillet le 

    La Bonne Nouvelle de l’Eglise sur le Mariage

    L’Église, en France aujourd’hui, apparaît comme la seule institution à croire encore et toujours au mariage et à le promouvoir comme l’union sacrée d’un homme et d’une femme pour la vie. La fragilisation même du mariage et de la famille a contribué à remettre en valeur la bonne nouvelle, la vision transcendante que l’Église seule est en mesure d’apporter aux époux. Ce petit livret de l'abbé Pillet pourra rejoindre et conforter les convictions de tous ceux et celles qui croient, plus que jamais, au mariage et à son sacrement. Henri Louis l'a interrogé pour en savoir plus.

    Quelles sont vos intentions en écrivant ce petit livre et à qui voulez-vous vous adresser spécialement ?

    A l’évidence, ce modeste livret ne prétend pas être un traité sur le mariage. Et on peut trouver aujourd’hui beaucoup de bons livres sur les fondamentaux de la vie conjugale. 

    Mais il me paraît important de rappeler la nouveauté chrétienne du mariage, la bonne nouvelle de l’Eglise sur le mariage, parce qu’aujourd’hui on manque beaucoup de foi et d’espérance à l’égard de ce sacrement. Je rencontre des confrères prêtres plutôt désabusés qui célèbrent des mariages à contrecœur et à reculons, en mettant en avant la fragilité du mariage. Un couple me confiait que, lors de leur rencontre avec le prêtre, celui-ci leur avait surtout parlé… du divorce ! C’est donc important de conforter les convictions de tous ceux et celles qui accompagnent la préparation au mariage. Et aussi d’annoncer cette bonne nouvelle aux couples qui souvent n’ont reçu aucune catéchèse sur ce sacrement mais sont prêts à la recevoir en pressentant confusément la dimension sacrée de leur union. 

    Que pensez-vous de l’interdépendance entre mariage civil et mariage religieux ?

    C’est la première question que je pose au couple qui demande un mariage religieux. Si la salle des mariages ne leur suffit pas pour solenniser leur union, c’est déjà le signe d’une attente plus spirituelle. Et la fragilisation du mariage civil – pour ne pas dire sa dénaturation – a sûrement contribué à revaloriser la démarche à l’église.

    Il semble bien qu’aujourd’hui les jeunes se marient par conviction ; le mariage en est-il pour autant plus solide ?

    On peut faire une double constatation. D’une part, les couples qui se présentent à nous sont moins nombreux mais peut-être plus motivés et plus demandeurs pour une bonne préparation. Mais il y a aussi une grande fragilité de l’engagement. Du fait du climat social, où cette génération n’a pas été formée à construire dans la durée. Du fait aussi de leur propre situation où ils se trouvent déjà souvent en concubinage. Se retrouver ensemble n’est pas forcément un facteur de liberté…

    D’où l’importance de la préparation au mariage qui doit être un temps fort, pour prendre du recul et de la hauteur, et pour permettre à l’un et l’autre de se re-choisir mutuellement en toute liberté et connaissance, avec un projet commun bien élucidé.

    Quels sont donc les accents de votre livre ?

    Je reprends l’enseignement du Catéchisme de l’Eglise Catholique sur le sacrement du Mariage, en insistant sur le message fondamental que nous donne, dès l’origine, le poème de la Création dans le livre de la Genèse : ce projet initial du Créateur que Jésus vient confirmer et consacrer dans l’Evangile.

    Puis j’insiste sur la dimension sacramentelle du mariage où Dieu a l’initiative : ce ne sont pas les mariés qui font leur show !

    Enfin, je « livre » – en toute modestie – mon homélie de mariage à tous ceux et celles qui sont prêts à recevoir cette bonne nouvelle…

    Et je termine en évoquant cette étonnante et paradoxale complémentarité et complicité qu’il y a entre le mariage consacré et le célibat consacré !

    La Bonne Nouvelle de l’Eglise sur le Mariage, Abbé Michel-Jean Pillet, Collection FOCUS, Edition de l’Homme Nouveau, 9€. 

  • Quand une jeune romancière déclare que la messe traditionnelle est le culte le plus utile et l'adoration la plus profonde que nous puissions offrir à Dieu

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    Du site "Paix Liturgique" :

    NATALIA SANMARTIN « LA MESSE TRADITIONNELLE EST LE CULTE LE PLUS UTILE ET L'ADORATION LA PLUS PROFONDE QUE NOUS PUISSIONS OFFRIR A DIEU »

    Natalia Sanmartin Fenollera, née en Galice en 1970, journaliste au grand journal économique espagnol Cinco Días, est une révélation littéraire internationale : elle s’est fait connaître par un roman, L’éveil de Mademoiselle Prim (Grasset, 2013), dont on espère qu’il en annonce bien d’autres, qui a eu un tel succès que l’éditeur espagnol, Editorial Planeta en a vendu les droits pour 70 pays.

    C’est un roman délicieusement décalé, dont l’héroïne, Prudence Prim, débarque dans un petit village, quelque part vers le centre de la France, Saint-Irénée d’Artois, voisin d’une abbaye bénédictine où l’on célèbre la liturgie en latin (qui fait penser à un abbaye des bords de la Creuse…), pour y tenir le rôle de bibliothécaire chez un célibataire aussi cultivé qu’original.

    Dans ce village, volontairement hors du temps présent, les enfants, dont un certain nombre vont à la messe traditionnelle tous les matins, reçoivent une éducation de haute qualité humaniste, non au lycée mais à la maison. On ne parle, dans ce bourg, ni de télévision, ni de téléphone mobile, mais on vit d’art, de lecture, de musique, des plaisirs de la conversation. Les dames se veulent vraiment « féministes », c’est-à-dire qu’elles sont suprêmement féminines. Et le temps coule au ralenti, en marge de la modernité.

    Sans être hermétiquement séparés des circuits économiques d’aujourd’hui, commerçants, artisans, propriétaires de Saint-Irénée vivent dans une espèce de système « distributiste », résolument antilibéral, inspiré de Chesterton (et de la doctrine sociale de l’Eglise). Leur contestation du « système », pour être douce et policée, n’en est pas moins, une contestation assez radicale, qui plus est, une contestation catholique, spécialement du point de vue de l’éducation, pour laquelle la messe traditionnelle tient une place cardinale.

    Nous avons demandé à Natalia Sanmartin de s’en expliquer, et aussi de nous donner quelques lumières sur son propre itinéraire.

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  • Eloge du combat spirituel (Martin Steffens)

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    Une émission de RCF :

    Éloge du combat spirituel, par Martin Steffens

    Présentée par Christophe Henning
    Éloge du combat spirituel, par Martin Steffens
    © Martin Steffens
     

    Le mal que l'on fait sans forcément le vouloir, il faut s'en étonner et le pleurer. Car il y a bien de l'inhumain en nous dit Martin Steffens, mais on n'est pas seul. Par Christophe Henning.

    CE QUI NOUS ÉCHAPPE ET NOUS TOURMENTE

    "Mais qu'est-ce qui m'a pris?". On a tous été sujet au regret abyssal d'avoir dit une parole de trop ou d'avoir commis un acte blessant. Le philosophe ne nous dit pas "Rien de grave, poursuivez". Reconnaître qu'il y a en soi-même quelque chose qui nous échappe et nous tourmente "est indispensable pour advenir à notre humanité", encourage-t-il. Mieux, il est "nécessaire" de s'en étonner. "Il faut toujours des larmes pour pleurer le mal dans le monde et en soi." Car ce sont ces larmes qui nous permettent de dépasser le mal. 

    QUATRE VISAGES DU MAL...

    Sommes-nous réellement maître de nos actions? Le mal a ceci de mystérieux qu'il nous résiste. Martin Steffens l'affirme: "Il y a bien quelque chose d'inhumain" en nous. Un mastère à arpenter donc, et à nommer. Certes, parler du mal cela a de quoi effrayer ou à défaut déranger. Le philosophe considère cependant l'importance de le dire. Notre langue française l'applique à quatre situations:
    1) "Faire mal", comme dans "Tu m'as fait mal, tu n'as pas fais attention" ;
    2) "Mal faire", pour parler d'un travail bâclé ;
    3) "Faire du mal", ce qui désigne la malice, dire une parole blessante ;
    4) "Faire le mal", soit pervertir l'ordre des valeurs.

    ... MAIS L'ON N'EST PAS SEUL

    "Alors même que l'on sait, on n'y arrive pas ; alors même que l'on veut, on ne peut pas." Pour le philosophe, converti au catholicisme, le combat n'est pas simplement moral mais aussi spirituel. "Le mal est toujours plus fort que nous", annonce-t-il. Mais nul désespoir dans ces propos: l'homme a besoin de quelqu'un ou de quelque chose pour le dépasser. Et cela est une bonne nouvelle. Dans son impuissance primordiale, l'humain n'est pas seul.Philosophe, Martin Steffens est enseignant à Metz, au lycée et en classe préparatoire. Il est l'auteur de nombreux ouvrages, notamment l'auteur de "Petit traité de la joie" (éd. Salvator, 2011).

  • Face au mythe d'Al-Andalus, la vérité s’avère nécessaire

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    D'Annie Laurent sur le site de La Nef :

    L'Alhambra de Grenade © AdobeStock

    Al-Andalus revisité

    Al-Andalus désigne la période de domination musulmane dans la péninsule Ibérique (VIIIe-XVe siècles). Largement mythifiée, cette présence fait aujourd’hui l’objet d’études historiques intéressantes qui remettent les pendules à l’heure. Panorama.

    «L’Espagne sous domination islamique ne se distingue pas radicalement des autres régions de l’Empire islamique. Elle ne constitue nullement une oasis de “tolérance” et de “coexistence” entre les religions. » Tel est le constat établi par l’académicien Rémi Brague dans sa préface au livre de Dario Fernandez-Morera, Chrétiens, juifs et musulmans dans Al-Andalus. Mythes et réalités (1), texte dans lequel il se félicite également de l’édition du volume de Serafin Fanjul, Al-Andalus, l’invention d’un mythe (2). Deux autres auteurs proposent aussi le résultat de leurs recherches sur cette période : Rafaël Sanchez Saus, qui signe Les chrétiens dans Al-Andalus. De la soumission à l’anéantissement (3), et Joseph Pérez, avec Andalousie. Vérités et légendes (4).

    Cette abondance éditoriale, caractérisée par une démarche critique, qui s’appuie sur des sources irréfutables et se distingue par une érudition impressionnante, mérite d’être saluée. Selon des approches diverses, les quatre spécialistes se rejoignent autour d’un même projet : en finir avec l’illusion d’une époque fantasmée qui n’a, en fait, jamais existé telle que la présentent les bien-pensants, surtout français et espagnols, depuis quelques décennies. Ne serait-ce pas le signe d’un réveil opportun alors que l’Europe se trouve confrontée en son sein au défi de l’islam ?

    Bien des idées reçues sont donc corrigées dans ces livres, à commencer par le sens du terme « Al-Andalus » que d’aucuns seraient tentés de confondre avec la province d’Andalousie (5). Al-Andalus est un nom arabe choisi par le pouvoir mahométan en 719 pour désigner l’ensemble des territoires de l’Hispania conquis à partir de 711, à savoir la presque totalité de la péninsule Ibérique, comprenant une partie du Portugal. La libération de cet espace a été progressive jusqu’à la Reconquête scellée par la victoire de Grenade que remportèrent les souverains catholiques, Ferdinand et Isabelle, en 1492.

    Au-delà de la géographie, Al-Andalus est une idée moderne qui, à l’heure de la mondialisation, utilise cet épisode historique pour vanter un soi-disant « paradis » interculturel. Ainsi, discours politiques, manuels scolaires, guides touristiques, articles de journaux « répètent à l’envi que l’influence d’Al-Andalus sur la pensée européenne a été cruciale, incomparable et que la dette culturelle de l’Europe envers l’islam est exorbitante » (6). Cette thèse, contestée, preuves à l’appui, par Fernandez-Morera, qui montre même comment « l’Empire musulman coupa l’Espagne chrétienne – et donc l’Europe chrétienne – de son contact direct avec la science, la médecine, l’art et la littérature de l’Empire chrétien gréco-romain », illustre l’inhibition obsessionnelle qui caractérise la relation de l’Occident avec le monde musulman.

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  • Abus sexuels dans l’Eglise : le cléricalisme, voilà l’ennemi ?

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    La « Libre Belgique » du 9 juillet 2019 consacre une double page à un ouvrage qui vient de paraître aux éditions Bayard : « L’Eglise catholique face aux abus sexuels sur mineurs » (Bayard 2019, 720 pages, env. 24,9 euros). L’auteur de ce livre, Marie-Jo Thiel, médecin et théologienne, est professeur d’éthique à l’Université de Strasbourg. En 2017, le pape François l’a aussi nommée membre de l’Académie pontificale  pour la Vie dont il a modifié la composition et confié la présidence à Mgr Vincenzo Paglia.

    Dans l’interview qu’elle accorde à « La Libre », la professeure souscrit à la thèse du pontife régnant pour qui les abus sexuels des clercs seraient principalement dus à une cause «structurelle»: le cléricalisme, instituant dans l’Eglise une mauvaise relation entre prêtres dominateurs et fidèles asservis. Selon l’académicienne pontificale, cette relation perverse serait due à la contre-réforme tridentine : « la formation psychosexuelle [des séminaristes] était très insuffisante ; était promue aussi une image singulière du prêtre dans la mouvance du concile de Trente, au XVIe siècle. Considéré comme un ‘autre Christ’, le clerc était mis à part,  ‘sacralisé’ dans une perfection supérieure à celle du laïc, ce qui pouvait engendrer un entre-soi problématique ». 

    On ne s’étonnera donc pas de la « surprise » exprimée par Mme Thiel à la lecture du texte publié en avril dernier par le pape émérite Benoît XVI expliquant que la source fondamentale des abus avait une origine moins lointaine : il s’agit du relativisme moral actuel de nos sociétés depuis les années 1960.

    Il est vrai que, dans sa «Lettre au peuple de Dieu» du 20 août 2018, le pape François attribue les abus sexuels ecclésiastiques au « cléricalisme », qualifiant ainsi, sans autre précision, un abus de pouvoir qu’il a raison de souligner. Mais, d’un point de vue sémantique, on peut regretter, avec l’abbé Christian Gouyaud (1), de voir assumée dans le discours pontifical une expression ambiguë, historiquement connotée dans un autre contexte et assénée à tout propos par les adversaires de l’Église: « Le cléricalisme, voilà l’ennemi! » : elle est parfaitement relayée, encore aujourd’hui, par les laïcards de tous poils dénonçant, à tort et à travers, l’ingérence de l’Église dans les questions sociétales.

    Enfin, émanant d’une théologienne membre d’une académie pontificale, la mise en cause de la sacralisation du prêtre surprend d’autant plus que l’argument est facile à retourner : « N’est-ce pas par défaut de sens du sacré de l’homme – et de l’enfant, en l’occurrence – qu’on le réduit à un objet de concupiscence et à un moyen d’assouvir sa pulsion ? Même si ces crimes ont été encore récemment commis, il faut dire que la plupart d’entre eux – connus – relèvent aussi d’une époque où le prêtre a justement été désacralisé.  On évoque aussi, comme remède, la promotion du laïcat, mais une telle promotion, justement fondée sur le sacerdoce baptismal, ne s’est-elle pas, hélas, bien souvent opérée pratiquement en termes de prise de pouvoir et de cléricalisation des laïcs ? Quant au comportement clérical, ne pourrait-on pas complètement s’en affranchir en acceptant de répondre simplement aux doutes soulevés courageusement à propos d’une inflexion possible de la doctrine ? » (2)

    JPSC

    ________

    (1)(2) La faute au « cléricalisme » ? par l’Abbé Christian Gouyaud, membre de l’association sacerdotale « Totus tuus », article publié dans « La Nef », n° 309, décembre 2018.

    Ref. "Dans l’Église, les abus ne sont pas accidentels, mais structurels"

  • Le taux de survie des Juifs de France, supérieur à celui de la plupart des pays occupés, s’explique en partie par le rôle de l'Eglise

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    Du site de France Catholique :

    L’Eglise a-t-elle contribué à contenir les déportations de Juifs ?

    mardi 16 juillet 2019

    Le 23 août 1942, Mgr Jules Saliège fit lire dans toutes les paroisses de son diocèse une lettre dénonçant les persécutions antisémites (DR)

    « Cogito », la lettre de la recherche éditée par Sciences-Po vient de publier une interview de Jacques Semelin, directeur de recherche CNRS au Centre de recherches internationales (CERI). Selon ce spécialiste reconnu des violences de masse, le taux de survie des Juifs de France, supérieur à celui de la plupart des pays occupés, s’explique en partie par les « racines chrétiennes » du pays.

    Jacques Semelin est l’auteur de La survie des Juifs de France – 1940-1944 (CNRS Editions). Publié en octobre 2018, cet ouvrage dense, préfacé par Serge Klarsfeld, cherche à comprendre pourquoi près de 75% des Juifs ont échappé à la mort en France, quand cette proportion était parfois bien supérieure dans d’autres pays de l’Europe occupée : seulement 25% des Juifs ont survécu aux Pays-Bas, 45% en Belgique. Ne relativisant en aucune manière les souffrances subies, l’auteur identifie une série de facteurs explicatifs, parmi lesquels figure en bonne place l’influence de l’Eglise.

    Interviewé par Miriam Perié pour la revue Cogito (06/07), l’organe de la recherche à Sciences-Po, l’auteur dresse la synthèse de ses conclusions, fondées sur des études statistiques et le recueil ou la consultation de nombreux témoignages. Il existe tout d’abord des facteurs structurels, comme l’existence d’une zone non-occupée jusqu’en novembre 1942 qui – en dépit des mesures antisémites de Vichy – offrait un environnement moins menaçant que les zones occupées par les nazis. De manière conjoncturelle, les revers subis par l’Axe à partir de 1943 auraient également conduit Vichy à faire preuve de moins d’empressement pour appliquer certaines mesures de persécution comme la dénaturalisation des Juifs français.

    Prise de conscience

    Mais l’auteur estime aussi que la survie relative des Juifs de France sous l’occupation s’explique aussi par la répugnance d’une partie non-négligeable de la population à se faire complice des mesures de persécution, et a fortiori de déportation. Sentiment qui se serait cristallisé à partir de l’été 1942. « À l’été 1942, l’opinion est émue voire choquée que des policiers et des gendarmes français arrêtent des femmes et des enfants alors que les mesures légales de discrimination antisémite adoptées en 1940 n’avaient jusqu’alors suscité qu’une relative indifférence au sein de la population. C’est donc le basculement dans la persécution physique qui provoque des réactions de désapprobation ou d’entraide  », estime Jacques Semelin.

    En août 1942, la dénonciation publique des persécutions antisémites par le cardinal Jules Saliège, archevêque de Toulouse, joue un rôle majeur. C’est, dit l’historien, « la protestation probablement la plus diffusée par la Résistance ». Dans toute la France, on aurait alors assisté à une « solidarité des petits gestes ». Ce sursaut « puise dans les racines chrétiennes, l’héritage républicain et l’esprit patriotique de la France », souligne Jacques Semelin. Ce qui n’empêchera pas 25% des Juifs de France de disparaître dans la tourmente de l’Occupation. «  Il ne s’agit pas de soutenir que les trois quarts des juifs vivant en France ont été « sauvés » mais qu’ils ont pu survivre dans le pays. Ce n’est pas du tout la même chose », précise-t-il.

  • Pour faire face aux bouleversements à venir

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    Du site "Ichtus.fr" :

    PROPORTION IS BEAUTIFUL

    Mathématicien et philosophe, auteur de l’essai 'Une question de taille' (Éd. Stock, collection Les essais, 2014), Olivier Rey invite notre Modernité à retrouver le sens des proportions.

    La sobriété nous sera imposée par les circonstances, par l’état du monde. Les dernières décennies écoulées, de consommation à outrance, ayant fait la preuve que ladite consommation n’apporte nullement un bonheur et un épanouissement sans précédents, la perspective de revenir à des modes de vie plus sobres n’a rien d’effrayant. Ce qui l’est, en revanche, c’est l’ampleur de la transition à effectuer en un temps très restreint. La cure de désintoxication menace d’être très brutale et, comme il n’existe pas d’institution à même de prendre en charge le patient le temps qu’il trouve un nouvel équilibre, la détresse accompagnant le sevrage risque d’engendrer des crises profondes, provoquant de terribles dégâts.

    C’est pourquoi il importe :
    - premièrement, de faire évoluer nos modes de vie aussi vite que possible, pour essayer de devancer,si peu que ce soit, le choc contre le mur de la nécessité, et de lisser, autant que faire se peut, les bouleversements que nous aurons à vivre ;
    - deuxièmement, de donner un sens positif à ces bouleversements. Il s’agit de comprendre que les changements majeurs qui nous attendent portent véritablement en eux la promesse d’une vie meilleure. En être conscient sera une ressource considérable pour nous aider à traverser les phases ingrates de la transition, et à faire que ces phases soient, précisément, les moins ingrates possible.

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  • Vivons-nous une époque apocalyptique ?

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    Du blog de la lettre d'information de Denis Sureau "Chrétiens dans la Cité" (15 juillet) :

    Vivons-nous des temps apocalyptiques?

    Écrivain et peintre catholique canadien de 71 ans, auteur de nombreux et bons romans (notamment Père Elijah, Une île au cœur du monde...), Michael D. O'Brien se pose la question dans un essai intitulé  L'Apocalypse(Salvator, 156 p., 17 €) :  vivons-nous des temps apocalyptiques? Il n'y répond pas en annonçant la fin imminente du monde (sans l'exclure pour autant), ni en disséquant le dernier livre de la Bible, mais en incitant son lecteur à la vigilance et au discernement. Son diagnostic de l'état présent est sans complaisance : "La Bête qui est maintenant tout autour de nous dévore les innocents à des nombreux niveaux de notre société."  Dans notre époque  sombre et antéchristique, dominée par un matérialisme totalitaire "mou" (quoique parfois aussi violent, comme le montre le regain des persécutions) et une apostasie croissante des anciennes nations chrétiennes, l’Église ne peut qu'être un signe de contradiction, une force de résistance. Et pourtant, déplore Michael D. O'Brien, les chrétiens sont souvent tièdes, et donc vulnérables aux tromperies de l'Adversaire. Il veut les secouer, en les aidant à voir le monde avec lucidité mais sans avoir peur, en cultivant foi, espérance et amour. Un essai tonique.

    Voir aussi : https://www.pierre-et-les-loups.net/l-apocalypse-avertissement-esperance-et-consolation-le-nouveau-livre-de-michael-o-brien-306.html

  • À propos du pluralisme religieux

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    amazonie.jpg

    La foi chrétienne ne s’identifie à aucune culture déterminée. Un certain pluralisme y est donc intimement lié. C’est une évidence aussi vieille que l’histoire de l’Eglise.  

     

    On n’a pas attendu  l’Exhortation apostolique Evangelii Nuntiandi du pape Paul VI pour être confronté à la question du rapport entre l’Evangile et les cultures. En parlant d’un processus d’ « inculturation », Jean-Paul II souligne le fait que l’Evangile transcende les cultures tout en étant vécu par des hommes et des femmes toujours liés à des cultures spécifiques. Et Benoît XVI précise que le dialogue des cultures inclut l’effort de l’Eglise pour faire pénétrer l’Evangile dans chaque milieu socioculturel mais aussi son influence sur les cultures elles-mêmes, à laquelle est rattachée l’idée de croissance et d’enrichissement mutuel des personnes et des groupes.

    Le reproche fait aux « lineamenta » du prochain synode dédié à l’Amazonie est d’inverser le processus au détriment de la foi. La note ci-dessous d’Edouardo J. Echeverria, publiée sur le site web "France Catholique", résume l’hétérodoxie affectant, selon lui, l’Instrumentum laboris de ce synode convoqué par le pape François:

    « L’Instrumentum Laboris qui vient juste de sortir pour le prochain Synode, « l’Amazonie, de nouveaux chemins pour l’Eglise et l’Ecologie Intégrale », accepte implicitement la présupposition que Dieu a voulu la diversité des religions - le pluralisme religieux. Et cette présupposition se trouve derrière le concept défectueux de l’inculturation. L’acceptation du pluralisme religieux prédispose les auteurs de ce document à comprendre l’inculturation comme étant principalement l’appel à adapter ou accommoder la totalité de la foi catholique aux cultures amazoniennes (no. 94) ; sur les plans ecclésiastiques (nos. 107, 110) ; liturgiques (nos. 124-124, 127) et doctrinaux (26, 29, 33, 56, 98.b.1, 103, 110, 121).

    En conséquence, la foi catholique perd son point de vue « transcendent », sa distance critique et donc normative au-dessus de la culture. Elle fait de la culture le standard de l’Evangile, plutôt que les sources catholiques faisant autorité : la foi, les Ecritures et la Tradition

    En fait, dans ce document de 65 pages (149 paragraphes), une seule position critique est suggérée à propos des pratiques culturelles qui sont opposées à l’Evangile (n° 144). En outre, la foi est conçue principalement comme une expérience religieuse avec Dieu, avec peu de contenu déterminé, comme si les croyances étaient générées principalement par un dialogue inter religieux continuel avec la culture.

    Par conséquent, la priorité est donnée à l’insertion du Catholicisme dans les cultures amazoniennes. Cette vision au mieux sous-estime, ou au pire néglige, la dynamique de l’inculturation transformiste et critique. (Voir Lumen Gentium 17 ; Ad Gentens 9). Le document ne voit pas que l’inculturation inclut à la fois l’insertion mais aussi la transformation et par conséquent la réception critique de ce qui est bon et vrai dans ces cultures en les intégrant dans le Catholicisme de manière que toute pensée soit dépendante du Christ.

    Le document a une fascination étrange et boiteuse à recevoir tout ce qui est bon et valable de ces cultures amazoniennes. Ainsi il échoue sérieusement à considérer que l’interprétation de ces vérités et de ces biens dans d’autres cultures est souvent telle qu’ils sont déformés, mal interprétés et en fait rejetés. Par exemple, une juste considération de l’ordre de la création de Dieu dans ce document semble impossible à distinguer du panthéisme.(« Amazon cosmovision »). C’est ainsi parce que les auteurs du document ont négligé l’influence décisive du péché sur nous, et particulièrement sur nos esprits, c’est à dire à la racine de la résistance de l’homme à la Révélation générale Dieu, dans et par les oeuvres de la Création, ainsi que l’ordre moral objectif qui pèse sur nos consciences.

    Mais le problème principal est que, derrière ce concept imparfait d’inculturation, repose la un pluralisme religieux pré-supposé. Ceci est le point de vue que Dieu a été légitimement révélé de différentes manières dans la diversité des religions, et qu’elles sont également vraies et par conséquent sont des véhicules de rédemption de façon égale. Ce point de vue ne peut pas être distingué du relativisme religieux.

    Le pape François a semblé accepter que Dieu veut la diversité des religions dans un document qu’il a co-signé avec Ahmed el-Tayeb, Grand Iman de al-Azhar, durant le grand meeting inter-religieux d’Abu Dhabi. Après beaucoup de critiques, cependant, il a semble-t-il clarifié sa position de façon informelle durant la visite ad limina à Rome des évêques du Kazakhstan et de l’Asie centrale. Selon un rapport officiel du Vatican : « Le pape a explicitement déclaré que le Cardinal Schneider pouvait partager le contenu de leurs échanges sur ce point. ‘ Vous pouvez dire que la phrase en question sur la diversité des religions signifie la volonté permissive de Dieu,’ a-il-dit à l’assemblée des évêques, qui venaient de régions à prédominance musulmane. »

    Néanmoins, le pape François n’a pas formellement corrigé le document lui-même, et donc la confusion persiste, comme c’est évident dans le document synodal.

    Le document du Synode met en garde contre l’absolutisme de toute croyance qui, selon les auteurs de ce document, est le fruit de l’échec de la reconnaissance d’autres moyens par lesquels Dieu se fait connaître, ce qui, par conséquence, ferme la porte du Salut aux autres qui professent d’autres croyances. (n° 39). Ce document proclame que l’on découvre sa propre identité par la rencontre avec les autres, par les différences et les coïncidences qui nous montrent l’impossibilité de scruter la. réalité et le mystère de la présence de Dieu » (n°40). Il nous avertit que « écouter respectueusement » l’autre n’impose pas des formules de foi exprimées avec d’autres références culturelles qui ne correspondent pas à la réalité de leur vécu. (n° 120). En conséquence, le document du Synode affirme, « L’amour vécu dans toute religion plaît à Dieu ».

    Les auteurs de ce document proclament que ce point de vue ne relativise pas les convictions chrétiennes. Pourtant, relativiser les vérités-proclamées des Chrétiens, c’est justement ce que ce document fait. Ils n’arrivent pas à poser la question non seulement de la vérité en général, mais également du désaccord religieux et en particulier des revendications conflictuelles de croyance entre les différentes religions.

    La vérité est une propriété des propositions selon laquelle une proposition est vraie si ce qu’elle affirme est, en fait, le cas d’une réalité objective. Pour faire court, la vérité signifie une correspondance objective avec la réalité ; autrement cette proposition est fausse. Dans cette optique, L’Eglise ne considère pas que les religions non chrétiennes sont complètement fausses en toutes leurs affirmations (voir Nostra Aetate 2) mais seulement en celles qui sont logiquement incompatibles avec les affirmations de la vérité chrétienne.

    En outre, mon identité est enracinée en union avec le Christ, en qui et avec qui, j’ai été fait une nouvelle création par le baptême. (2 Cor 5 : 17). Ainsi que Gaudium et Spes 22 le formule, « La vérité est que c’est seulement dans le mystère du Verbe fait chair que le mystère de l’homme est éclairé ». Les auteurs du document reconnaissent cette vérité absolue (n° 20) mais minimisent la capacité de l’Eglise à la proclamer. Pourquoi ?

    Ils ne comprennent pas que ce que les Chrétiens croient, affirment et tiennent pour vrai doit avoir une correspondance correcte avec la réalité. Plutôt, ils cherchent à tort à légitimer les revendications des autres religions, en suggérant que les formulations de la vérité divine par la foi chrétienne sont non seulement inadéquates mais encore inexprimables. (no 40). Pour eux, nous ne pouvons pas soutenir que les affirmations du catholicisme sont résolument vraies, et donc absolument vraies. En outre, ils épousent le subjectivisme, en faisant de la soi-disant « réalité vécue » la pierre de touche de ce qui est vrai.

    Les auteurs du document du Synode doivent retourner à l’école avec les documents de Vatican II, le Catéchisme de l’Eglise Catholique, et Dominus Jesus. Ils trouveront là une norme sûre de foi. »

    Ref. À propos du pluralisme religieux

    Source : https://www.thecatholicthing.org/2019/06/25/more-roman-confusion-about-religious-pluralism/

    Eduardo J. Echeverria est professeur de philosophie et de théologie systématique au Sacred Heart Major Seminary Detroit. Ses publications comprennent Pope Francis, The Legacy of VaticanII,(2015) et Revelation, History and Truth. A Hermeneutics of Dogma (2018) ;

    JPSC

  • On lit Simone Weil comme on tombe amoureux...

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    De RCF :

    Simone Weil, l'attente comme art d'aimer

    Présentée par Diocèse de Metz

    DURÉE ÉMISSION : 55 MIN

    Simone Weil, l'attente comme art d'aimer

    Par Martin Steffens, professeur de philosophie au lycée Georges de la Tour de Metz, et spécialiste de la figure de Simone Weil.

    On lit Simone Weil comme on tombe amoureux: après cela, rien n'est plus jamais facile. L'amour, pour Simone Weil, relève, d'un non "faire", mais d'une attente. Nous sommes, dit-elle, comme des amoureux en avance sur l'heure du rendez-vous.

  • Pas de théologiens d'envergure derrière le document préparatoire au synode sur l'Amazonie

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    D'E Pentin sur le National Catholic Register en traduction française sur le Forum catholique :

    Le cardinal Müller s'exprime sur l'Instrumentum Laboris

    C'est une interview donné à E. Pentin au National Catholic Register. Pour lui, on a affaire à une crise de la Foi (répété deux fois dans l'interview) : la vraie réforme de l'Eglise se fera dans le renouveau dans le Christ et le zéle apostolique

    Votre Eminence, comment voyez-vous l'instrumentum laboris pour le synode pan-amazonien?

    Ce n’est qu’un document de travail, ce n’est pas un document du magistère de l’Eglise, et chacun est libre de donner son avis sur la qualité de la préparation de ce document. Je pense qu’il n’y a pas de grand horizon théologique derrière cela. Il a été écrit principalement par un groupe de descendants allemands et non par des personnes qui y vivent. Son point de vue est très européen et je pense que c'est davantage une projection de la pensée théologique européenne sur les habitants de la région amazonienne, car nous avons entendu toutes ces idées il y a 30 ans.

    Toutes les idées ne correspondent pas aux éléments de base de la théologie catholique, en particulier la conception de la religion. Nous avons la conception d'une foi révélée, historiquement réalisée dans l'Incarnation de la Parole du Père en Jésus-Christ, infusée par le Saint-Esprit. Mais l'Église catholique n'est pas une religion en tant que relation naturelle à la transcendance. Nous ne pouvons pas comprendre l'Église catholique uniquement dans le cadre d'un concept de religion. Les religions sont faites par l'homme, ce sont des impressions, des moyens, des rites de désirs anthropologiques et de réflexion sur le monde, mais notre foi est basée sur la révélation de Dieu dans l'Ancien et le Nouveau Testament, en Jésus-Christ. Nous devons donc corriger cette pensée dans ce document d’une manière plus catholique.

    Les critiques ont déclaré que ce document s'inspire des épreuves et des souffrances du peuple amazonien et non de l'Apocalypse et du Christ lui-même.

    Cela peut commencer par la souffrance du peuple, mais ce n'est pas le point de départ de la foi catholique. Nous commençons par le baptême et nous confessons notre foi à Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit. Le Christ lui-même est venu au monde et sa croix assume toutes les souffrances du monde. Mais c’est une autre chose de commencer par les gens, puis de relativiser la révélation en tant qu’expression de la culture européenne. C'est absolument faux.

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