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Livres - Publications - Page 99

  • Quand, du fond de sa cellule, le pape émérite lève un tabou énorme

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    De Louis Daufresne dans "La sélection du jour" :

    Benoit XVI, le sexe et les sixties

    Aux bougies d’anniversaire, Benoît XVI préfère les feux d’artificesi l’on en juge par l’écho planétaire que reçoit sa lettre intitulée L’Église et le scandale des abus sexuels. Le pape de 92 ans (le 16 avril !) est toujours écouté, bien qu’il vive reclus dans un monastère de la Cité du Vatican et que son statut émérite ne soit pas du tout comparable à celui, par exemple, d’un ex-président des États-Unis. Cette audience rend compte de la puissance symbolique de l’Église catholique. Benoît XVI parle peu depuis sa renonciation il y a six ans, ce qui donne du poids à sa parole mais complique la gouvernance actuelle, nuit à sa lisibilité et introduit du désordre dans l’action publique. Le pape allemand ne déjuge pas François mais donne l’impression de le « recadrer », comme si les rames de la barque de Pierre étaient tenues par deux personnes différentes. Naturellement, les media ne citent pas Joseph Ratzinger pour relayer ses propos avec complaisance mais pour les mettre en porte-à-faux avec son successeur. Laissons-là ces calculs pour traiter le fond de la question. Benoît XVI ne fait qu’ajouter un couplet à son refrain bien connu sur la « dictature du relativisme », quand l'absence de normes devient la norme et que la morale sombre dans le ridicule. Mais il le fait dans un moment particulièrement aigu et de manière frontale. En deux mots, il attribue les crimes sexuels dans l’Église catholique à l’esprit des Sixties ! Il faut oser pareille assertion. Ces contempteurs de tous bords peuvent la juger malhonnête, au moins pour trois raisons :

    Affirmer cela, c’est se décharger de ses responsabilités. Prosaïquement, le pape émérite « repasserait la patate (très) chaude » des scandales sexuels à une société dont il estime qu’elle promeut et banalise les conditions de leur émergence depuis un demi-siècle. En clair, ce n’est pas moi, c’est vous. 

    Dans la ligne de cet argument, l’ancien pape contribuerait à véhiculer l’image d’une Église-forteresse et témoignerait, comme le souligne José Andres Murillo, une victime chilienne d’abus sexuel, d’un « narcissisme théologique » qui « fait partie du problème de la culture d'abus et de silence de l'Église ». Mu par un réflexe égoïste d’autodéfense, le Panzerkardinal écrabouillerait les efforts d’équilibristes du pape François qui, pendant ce temps, embrasse les pieds des dirigeants sud-soudanais … Le court-circuit des images est flagrant et il apparaît improbable que Benoît XVI agisse en service commandé.

    La troisième raison, c’est qu’on ne voit pas bien ce que les années 60 auraient à faire avec les abominations commises, par exemple, par le père Marcial Maciel, fondateur de la Légion du Christ. Benoît XVI simplifierait à l’extrême en désignant Mai 68 comme le bouc émissaire des maux et de l’impéritie d’une institution. Là où le pape François accuse le cléricalisme, maladie du pouvoir, Joseph Ratzinger pointe le rejet de la morale. Les deux angles d’attaque ne sont pas incompatibles. Dans les sociétés occidentales, toute une génération vibre encore aux promesses d’émancipation des Sixties. C’est le logiciel des nouvelles mœurs. La lettre du pape émérite représente ici une faute de goût calamiteuse, un peu comme Humanae Vitae. Mais Benoît XVI n’a cure des codes de la respectabilité médiatique et cela lui vaut à coup sûr un fort coefficient de sympathie. C’est le privilège de l’âge. En rien ce texte ne trahit un quelconque gâtisme. On observe une habileté un rien malicieuse à faire publier son texte touffu de 18 pages dans le Klerusblatt, mensuel bavarois destiné au clergé, avec une reprise exclusive dans le Corriere della Serra. C’est une façon d’y aller discrètement avec ses gros sabots.

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  • L'Église : une structure de péché collectif, aveugle et en faillite ?

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    Livre d'une Église prétendument en faillite

    L'Église est-elle une structure de péché collectif, aveugle et en faillite ?

    «Un moment de vérité». Tel est le titre alléchant du livre publié par sœur Véronique Margron, théologienne et présidente de la CORREF, livre dans lequel elle analyse la crise des agressions sexuelles dans l’Église en stigmatisant celle-ci comme un système devenu en lui-même une structure de péché. Une accusation dont les arguments méritent une analyse approfondie, ne serait-ce que pour se mettre à la hauteur des enjeux de cette crise.

    Analyse de Jérôme FOUQUET : Lire l'article

    Lire également l'éditorial d'Aline Lizotte "Et la raison s'en alla..."

  • La dernière "encyclique" de Benoît XVI ou le diagnostic extraordinaire de la grande calamité qui a frappé l'Eglise

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    LA DERNIÈRE "ENCYCLIQUE" DE BENOÎT XVI

    par Luisella Scrosati sur la Nuova Bussola Quotidiana (www.lanuovabq.it) en traduction française sur le site "Benoît et moi"

    Elle est présentée comme une petite contribution au thème de la pédophilie dans l'Église, mais la lettre que le Pape émérite Benoît XVi a rendue publique hier aborde de nombreux points névralgiques et résonne comme une humble offre d'aide aux pasteurs de l'Église pour éviter le naufrage total, désormais imminent. Elle renvoie au vrai mal qui porte comme conséquence tous les autres: s'éloigner de Dieu. Et elle répond aux Dubia en confirmant à nouveau l'existence d'actes intrinsèquement mauvais, elle dénonce la banalisation de la Communion, et rappelle le devoir de protéger la foi même dans les procès au pénal.

    Il les appelle «notes pour fournir des indications qui puissent être utiles en ce moment difficile» en référence à la pédophilie dans l'Église, mais en réalité nous sommes confrontés à ce que l'on pourrait considérer comme la dernière "encyclique" de Benoît XVI, un diagnostic extraordinaire de la "grande calamité" qui a frappé "la vierge, fille de mon peuple", un traitement radical pour soigner sa "blessure mortelle" (cf. Jérémie 14, 17).

    Tout Benoît est là, dans ce textetous les thèmes qui lui sont chers s'entrecroisent ici pour donner au lecteur une vue d'ensemble qui lui permet d'affronter la tempête actuelle sur une embarcation sûre. C'est donc une main tendue à nous, chrétiens, qui sommes jetés par des vents tumultueux et toujours en danger d'être emportés par la tempête; mais c'est aussi et surtout une humble offre d'aide aux pasteurs de l'Église, en premier lieu le Pape François, pour éviter le naufrage total, désormais imminent.

    Le cœur battant de l'ensemble de la réflexion est contenu dans la troisième partie, après deux sections consacrées à retracer l'effondrement de la société et de la théologie morale et ses répercussions sur la formation sacerdotale: «La force du mal vient de notre refus de l'amour pour Dieu». Comme l'affirmait déjà saint Irénée de Lyon, «la communion avec Dieu est la vie, la lumière et la jouissance de ses biens. Mais sur ceux qui se séparent de lui par leur libre décision, il fait tomber la séparation qu'ils ont choisie». Si nous éloignons de nous la vie, la lumière, la pureté et le bien, pourquoi être surpris si peu à peu la mort nous prend à la gorge, les ténèbres nous enveloppent, la saleté morale nous souille et le mal nous étouffe? C'est un thème très cher à Benoît XVI, qui en parlait il y a des années avec Pierre Seewald en ces termes: «Celui qui s'éloigne de Dieu, celui qui s'éloigne du bien, expérimente sa colère. Celui qui se place en dehors de l'amour, sombre dans le négatif. Il ne s'agit donc pas d'un coup porté par un dictateur assoiffé de pouvoir, mais seulement de l'expression de la logique intrinsèque à une action. Si je me place en dehors de ce qui est conforme à mon idée de la création, en dehors de l'amour qui me soutient, alors je plonge dans le vide, dans les ténèbres».

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  • Le pape Benoît XVI, sorti de son silence, apporte son éclairage sur la crise actuelle des abus sexuels

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    Les notes, rédigées par le pape émérite Benoît XVI l’hiver dernier, viennent de paraître dans le mensuel allemand « Klerusblatt » et en exclusivité pour l’Italie sur « AciStampa » et « Il Corriere della Sera » du 11 avril 2019. C'est, à notre connaissance, le site "Benoît et moi" qui a, le premier, mis en ligne une traduction correcte du texte de Benoît XVI alors que d'autres sites se contentaient de publier une traduction (parfois illisible ou à la limite du contre-sens) exécutée par un moteur de traduction automatique. Nous vous renvoyons donc à cette traduction en deux parties :

    Jeanne Smits, sur son blog, a également mis en ligne une traduction fiable de ce texte.

  • L'outrance provocatrice des auteurs du nouveau "Que sais-je ?" consacré à l'homophobie

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    Outrance provocatrice des auteurs de ce nouveau "Que sais-je ?" qui osent asséner p.36 que l'Eglise aurait décidé de "passer sous silence les relations intenses - signe d'une homophilie latente - des figures bibliques, telles que [...] Jésus et Jean, son disciple bien-aimé."

  • D'ici 25 ans, il n'y aura plus de prêtres catholiques en France

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    Du site podcastusbeketrica.com, :

    Jérôme Fourquet : « D'ici 25 ans, il n'y aura plus de prêtres catholiques en France »

    Analyste politique et directeur de département Opinion à l’IFOP, Jérôme Fourquet vient de publier, au Seuil, L’Archipel français – Naissance d’une nation multiple et divisée. Une plongée en chiffres et en cartes dans un phénomène selon lui irréversible : l’atomisation de notre société.

    Effondrement du socle catholique français, dislocation du Parti communiste, fin de la conscription, mais aussi chute drastique du nombre d’enfants envoyés en colonies de vacances, spectaculaire diversification des prénoms… « En quelques décennies, tout a changé », prévient d’emblée cet essai ultra-documenté et objectif.

    Les jeunes générations ne s’en rendent pas forcément compte, mais ce pays, la France, est passé, depuis la fin des années 1970, de l’état de territoire unifié à celui « d’archipel », à la manière des Antilles ou des Cyclades : un amoncellement d’îlots au sein desquels cohabitent sans se croiser « différents groupes ayant leur propre mode de vie, des mœurs bien à eux et parfois une vision du monde singulière ».

    « Où va la France ? », se demandait Trotski en 1938… Quatre-vingt ans plus tard, Jérôme Fourquet a un début de réponse : vers la division. Un constat qui méritait bien un entretien avec l’auteur de ce brutal constat.

  • L'Eglise catholique sous le feu des médias

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    D'Aline Lizotte sur "Smart Reading Press" :

    L’ÉGLISE CATHOLIQUE FACE À LA CRISE MÉDIATIQUE

    Parmi les réactions récentes aux scandales dans l’Église, plusieurs livres ont été publiés, qui proposent des réformes pour y remédier et ouvrir à un nouvel avenir. En pointe, celui de Marie-Jo Thiel, L’Église catholique face aux abus sexuels sur mineurs, propose des analyses fondées sur la sociologie et la psychologie systémiques, qui voudraient orienter ces réformes vers une profonde remise en cause d’un système autoritariste et sacralisant, présenté comme la cause structurelle de ces déviances. Réforme véritable ou leurre dangereux ? Aline Lizotte propose des clefs pour un discernement.

    Tel que promis, je fais. La semaine dernière, après la condamnation du cardinal Barbarin, nous avons vécu une semaine quasi hystérique d’opinions diverses. Tout s’est passé comme si cette condamnation et la décision de l’archevêque d’offrir sa démission au pape avaient donné un coup de pied dans une fourmilière. Les protestations sont venues de toute part, souvent erronées ou naïves ou idéologiques.

    On a lu par exemple dans plusieurs journaux que quarante-huit prêtres du conseil presbytéral du diocèse de Lyon auraient voté un sorte de demande pressante au pape pour qu’il accepte la démission de l’archevêque afin, disait-on, de pouvoir «tourner la page». Mais cette information est fausse. Le message de rectification du Père Yves Baumgarten, vicaire général, désigné pour diriger provisoirement le diocèse de Lyon, publié sur le site du diocèse, dit le contraire : «Les conseils du diocèse ont été entendus le 26 mars dans un très bel esprit de communion, de paix et d’unité. Les débats ont été riches et sereins. Je ne peux pas accepter que ce beau travail de communion soit réduit aux quelques lignes écrites dans certains médias qui ne reflètent absolument pas l’esprit de cette assemblée et qui présentent une interprétation partiale des avis responsables qui ont été demandés et donnés. Les membres des conseils ont exprimé les souffrances et incompréhensions ressenties actuellement par les laïcs et les prêtres de notre diocèse. Beaucoup ont également souligné la richesse du travail pastoral réalisé par notre cardinal depuis 17 ans.»

    Par contre, l’opinion de Danièle Hervieu-Léger, directrice d’étude de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, transmise par La Croix1, émet un tout autre son : Mgr Barbarin «a perdu sa dignité d’évêque, dont la première responsabilité est d’assurer l’unité du peuple qui lui est confié. Il était peut-être légitime de faire appel comme citoyen, mais pas comme évêque. L’archevêque de Lyon aurait eu la dignité de ne pas faire appel, le pape aurait pu accepter sa démission, celle de quelqu’un qui s’est simplement tu et qui porte les fautes morales et juridiques commises par ses prédécesseurs. Le cardinal Barbarin serait alors sorti par le haut».

    On ne peut qu’être étonné de cette remarque. Même Jésus Christ n’a pas fait cela. Il n’a jamais acquiescé à la condamnation prononcée par le Sanhédrin qui l’accusait d’avoir blasphémé, ni n’a confirmé l’autorité de Pilate le condamnant injustement. A-t-il perdu pour autant sa dignité ? Il n’est jamais demandé de donner son assentiment à une injustice !

    Fait surprenant, l’opinion de Chantal Delsol, publiée dans le Figaro Vox2, qui définit l’Église comme un «société holistique», et lui fait la leçon : elle «se voit obligée, sous peine de reproches intolérables, de se porter à la défense des individus contre l’institution. Cela est nouveau, inédit. C’est un pas important franchi dans la défense de l’individualisme. L’abandon du secret revient à rejoindre la société moderne, dans laquelle l’individu vaut davantage que la communauté ».

    L’Église une société holistique ! Surprenant ! On est attardé si, avec saint Paul, on la considère comme un «corps mystique» ou, avec Lumen gentium, comme une «Communion». Quant à considérer que la personne, dans son individualité, vaut mieux que l’institution, on réfléchit face à cette assertion qui vient en droite ligne du personnalisme d’Emmanuel Mounier et qui met le bien de la personne individuelle au-dessus du Bien commun. Et comment devrait faire le Politique si sa tâche consiste d’abord à poursuivre le bien de chacune des personnes individuelles, en tenant compte d’abord des individualismes égoïstes, dont la primauté devrait être satisfaite contre le Bien commun qui, bien défini, est le meilleur bien de la personne3.

    Quant à notre inénarrable Véronique Margron, je laisse à Jérôme Fouquet le soin de l’analyse de son «moment de vérité4», qui sera publié la semaine prochaine. Pour ma part, je me suis surtout occupée du livre de Marie-Jo Thiel5 : L’Église catholique face aux abus sexuels6.

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  • "Christus vivit" ou quand le Pape offre aux jeunes une «balise sur un chemin synodal»

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    D'Adélaïde Patrignani sur Vatican News :

    Christus vivit: le Pape offre aux jeunes une «balise sur un chemin synodal»

    Six mois après le Synode sur “Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel”, un de ses fruits majeurs est rendu public ce 2 avril: l’Exhortation apostolique post-synodale Christus vivit («Il vit, le Christ»). Un document que le Pape François avait signé le 25 mars dernier, aux pieds de la Vierge Marie, dans le sanctuaire de la Sainte Maison de Lorette. Dans ce texte divisé en neuf chapitres reprenant les principaux sujets abordés lors du Synode, le Saint-Père s’adresse directement aux jeunes, mais aussi «à tout le peuple de Dieu, à ses pasteurs et à ses fidèles, car la réflexion sur les jeunes et pour les jeunes nous interpelle et nous stimule tous».
     

    Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

    «Il vit, le Christ, notre espérance et il est la plus belle jeunesse de ce monde. Tout ce qu’il touche devient jeune, devient nouveau, se remplit de vie. Les premières paroles que je voudrais adresser à chacun des jeunes chrétiens sont donc: Il vit et il te veut vivant !». Ainsi commence le tout premier des 299 paragraphes de cette Exhortation apostolique post-synodale rédigée et signée par le Saint-Père. Le style du document magistériel est déjà perceptible dans ces quelques phrases: direct, vivifiant, plein d’espérance et jalonné par la personne du Christ. 

    Une exhortation apostolique écrite avec et pour les jeunes

    Le Pape lui-même explique sa démarche concernant la rédaction d’un document qu’il qualifie de «balise sur un chemin synodal». Une lettre écrite «avec affection» et en tenant compte des rencontres passées. «Je me suis laissé inspirer par la richesse des réflexions et des échanges du Synode de l’année passée [du 3 au 28 octobre 2018]. [...] Ainsi, ma parole sera chargée de mille voix de croyants du monde entier qui ont fait parvenir leurs opinions au Synode. Même les jeunes non croyants, qui ont voulu y prendre part par leurs réflexions, ont soulevé des questions qui ont suscité en moi de nouvelles interrogations», reconnaît le Souverain Pontife.

    Pour le fond, le Pape a voulu un texte «qui rappelle certaines convictions de foi et qui, en même temps, encourage à grandir en sainteté et dans l’engagement de sa propre vocation». Et concernant la forme, soit François s’adresse «directement aux jeunes» - le tutoiement est de mise dans la plupart des paragraphes -, soit il propose «des approches plus générales pour le discernement ecclésial», particulièrement utiles pour les pasteurs et les acteurs de la pastorale des jeunes et des vocations.

    Dans le Verbe de Dieu, des trésors de jeunesse

    Après un premier chapitre consacré aux figures marquantes de jeunes dans la Bible, le Pape attire l’attention de ses lecteurs sur «Jésus-Christ, toujours jeune», dont les aspects de la vie constitue une inépuisable source d’inspiration. «Cela implique qu’il faut mûrir dans la relation avec le Père, conscient d’être membre de la famille et du peuple, se disposer à être comblé de l’Esprit et à être conduit [...]. Rien de cela ne devrait être ignoré dans la pastorale des jeunes, pour qu’on ne crée pas des projets qui isolent les jeunes de la famille et du monde, ou qui les transforment en une minorité sélectionnée et préservée de toute contagion. Nous avons plutôt besoin de projets qui les fortifient, les accompagnent et les lancent vers la rencontre avec les autres, vers le service généreux, vers la mission», conseille également le Saint-Père. «Il est très important de contempler le Jésus jeune que nous montrent les Évangiles, car il a été vraiment l’un de vous, et en lui on peut reconnaître beaucoup de caractéristiques des cœurs jeunes», poursuit-il.

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  • Quand le jour baisse sur l’Eglise catholique…

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    Sur le site web « Pro Liturgia » :

    Sarah le jour baisse ob_08de29_5bfba909-bb73-4651-a196-ba891908020e.jpeg

    Quelques petites vidéos dans lesquelles le cardinal Sarah, à l’occasion de la parution de son dernier livre, rappelle des points fondamentaux:
    ... sur la crise de la foi : cliquer ici
    ... sur la crise de l’Eglise : cliquer ici
    ... sur les raisons du combat à mener : cliquer ici
    ... sur la crise sacerdotale : cliquer ici.
    Le cardinal Sarah sait que la situation est grave; il descend donc dans l’arène pour mener “le bon combat de la foi”.

    Ref.  https://www.proliturgia.org/actua.html

    JPSC

    A lire également l'article de Christophe Geffroy sur le site de La Nef : Un monde à reconstruire

  • Le nouveau Makine : "Au-delà des frontières"

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    De Gédéon Pastoureau sur le site "MauvaiseNouvelle.fr" :

    Makine au-delà des frontières

    Makine au-delà des frontières


    A Bruno Lafourcade, écrivain vivant.

    Difficile de brûler d’enthousiasme pour la production littéraire française actuelle. On a tôt fait de se tourner vers des auteurs plus morts que courant les salons. Et lorsqu’en cette matière, on ne partage pas les dilections de l’époque, tenter de causer littérature avec ses contemporains expose à d’inconfortables moments durant lesquels le fossé qui nous sépare de notre prochain nous apparaît plus large et profond que la fosse des Mariannes.

    Il existe tout de même quelques romanciers non décédés qui méritent que vous vous intéressiez à leurs écrits, éternellement vivants : des écrivains qui n’ont pas abdiqué, des auteurs qui sont encore des hommes et non de falots homoncules juchés sur leurs certitudes post-modernes.

    L’écrivain et ses doubles

    Je n’avais réellement lu de Makine que son petit livre Cette France qu’on oublie d’aimer. Sans doute le plus court de sa bibliographie et à la marge de son œuvre romanesque, ce pamphlet en forme d’hommage délicat, érudit et clairvoyant témoignait en 2006 de la lucidité de l’auteur quant à la situation de notre pays : à la fois déclaration d’amour et cri brisé de Cassandre, les pages de cet ouvrage laissent un goût amer et quelques acouphènes, malgré l’optimisme final affiché[1]. Les réactions très contrastées qu’il suscita lors de sa sortie – notamment celles, outrées ou silencieuses, des clercs germanopratins et de leurs suiveurs thanatopraxiés – ne manquèrent pas de confirmer que l’auteur avait visé juste.

    Cette première lecture ayant suffisamment aiguisé l’envie, je me tournai alors vers son roman Le Testament français, publié en 1995, qui trônait dans une bibliothèque amie. Toutefois, lui ne me porta pas plus loin qu’une cinquantaine de pages, mais je me promets aujourd’hui d’y replonger bientôt.

    Même si Mauvaise Nouvelle a déjà accueilli Andreï Makine, à travers les lectures de Maximilien Friche (Le pays du lieutenant Schreiber) et de Murielle Lucie Clément (L’archipel d’une autre vie), les romans en question ont demeuré sur ma liste de livres à lire, sans que je les en déloge.

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  • "Le christianisme n'est pas là pour décorer !"

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    De Paul Sugy sur le site du Figaro Vox :

    Jean-Pierre Denis: «Le christianisme n'est pas là pour décorer!»

    FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - Dans un essai très intime, le directeur de la rédaction de La Vie plaide en faveur d'un catholicisme «attestataire» ; c'est-à-dire sans fausses pudeurs et prêt à renouer avec l'apostolat. Quitte à parler davantage de foi chrétienne, et un peu moins de politique ou de morale.

    Jean-Pierre Denis est «un catholique libéré»: dans son dernier essai*, il raconte comment il a peu à peu pris conscience que le discours de l'Église perdait parfois de vue l'essentiel. Si la culture chrétienne est selon lui indissociable de la culture française, il appelle toutefois les chrétiens à regarder davantage vers l'avenir que vers le passé. Devenus aujourd'hui minoritaires, affaiblis qui plus est par la terrible crise des abus sexuels dans l'Église, les croyants peinent parfois à trouver leur place dans une société qui paraît n'avoir plus besoin d'eux. Faux, répond le journaliste: si le christianisme s'attache à répondre aux questions les plus essentielles, alors le sens et l'espoir qu'il peut apporter aux hommes de son temps sont plus que jamais nécessaires. Et de joindre le geste à la parole, car dans un texte magnifiquement illustré par les peintures de François-Xavier de Boissoudy, le journaliste se fait aussi poète et propose une belle méditation du chemin de croix (éd. Corlevour, mars 2019).

    *Un catholique s'est échappé , éditions du Cerf, 192 p., 18 €.

     
    FIGAROVOX.- Votre livre s'ouvre sur des funérailles, celles de votre père. Après ce jour, vous décidez de ne plus taire votre foi: «j'ai retrouvé la parole», écrivez-vous. Par ailleurs, beaucoup de gens n'entrent plus dans les églises que pour l'enterrement de leurs proches: la mort est-elle le dernier lieu où la foi a encore son importance?

    Jean-Pierre DENIS.- Je me souviens en effet d'un vieux prêtre des Pyrénées qui m'avait dit un jour: «heureusement que les gens meurent encore, ça me permet de les voir!» Cela me semble logique: l'ensevelissement des morts et le culte qui leur est rendu sont la marque l'hominisation et de l'humanisation: l'homme est un animal spirituel qui accompagne vers le grand passage les défunts. La mort pose aujourd'hui encore à tous les hommes une question essentielle et existentielle, car en réalité elle les interroge sur le sens de la vie. Et la seule vraie question qui compte devient alors celle que m'a posée mon père sur son lit de mort: «quel est le chemin?» Le christianisme n'a pas à répondre à grand-chose d'autre! Quel est le chemin? Où est l'amour? Pourquoi la mort? Ce sont des questions toutes simples, mais l'Église touche le cœur des hommes quand elle y répond, bien plus que quand elle fait la morale ou qu'elle parle de politique. Non qu'elle ne doive pas le faire aussi ; mais ce n'est pas là qu'elle atteint le cœur des gens.

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  • Européens, si vous ne retrou­vez pas ce que vous êtes, vous disparaî­trez

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    Du site "Pour une école libre au Québec" : 

    Préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements depuis 2014, le cardinal Sarah publie son troisième ouvrage, Le soir approche et déjà le jour baisse, en collaboration avec Nicolas Diat, spécialiste de l’Église catholique et auteur notamment d’un ouvrage de référence sur Benoît XVI, L’Homme qui ne voulait pas être pape.

    Le soir approche et déjà le jour baisse se penche sur la décadence de l’Occident, les errements de certains prêtres, le retour de l’Europe à ses racines chrétiennes et les vagues de migrations qui submergent le continent.

    Si les ouvrages de prélats catholiques suscitent souvent un ennui poli par leur ton mièvre, le nouveau livre d’entretiens du cardinal Robert Sarah avec Nicolas Diat tranche. Il rappelle qu’un monde qui oublie toute transcendance court à sa perte, il renvoie dos à dos la « barbarie matérialiste » et la « barbarie islamiste », exhorte l’Église à remettre le Christ au centre, dénonce le pacte de Marrakech soutenu par le Vatican et met en garde contre l’ordination d’hommes mariés que certains voudraient expérimenter à l’occasion du prochain synode sur l’Amazonie.

    Pour le cardinal Sarah, il existe « une forte majorité de prêtres qui restent fidèles à leur mission d’enseignement, de sanctification et de gouvernement. Mais il y a aussi un petit nombre qui cède à la tentation morbide et scélérate d’aligner l’Église sur les valeurs des sociétés occidentales actuelles. Ils veulent avant tout que l’on dise que l’Église est ouverte, accueillante, attentive, moderne. L’Église n’est pas faite pour écouter, elle est faite pour enseigner : elle est mater et magistra, mère et éducatrice. Certes, la maman écoute son enfant, mais elle est d’abord présente pour enseigner, orienter et diriger, car elle sait mieux que ses enfants la direction à prendre. Certains ont adopté les idéologies du monde actuel sous le prétexte fallacieux de s’ouvrir au monde ; mais il faudrait plutôt porter le monde à s’ouvrir à Dieu qui est la source de notre existence. On ne peut pas sacrifier la doctrine à une pastorale qui serait réduite à la portion congrue de la miséricorde : Dieu est miséricordieux, mais dans la seule mesure où nous reconnaissons que nous sommes pécheurs. Pour permettre à Dieu d’exercer sa miséricorde, il faut revenir à Lui, comme l’enfant prodigue. Il y a une tendance perverse qui consiste à fausser la pastorale, à l’opposer à la doctrine et à présenter un Dieu miséricordieux qui n’exige rien : mais il n’y a pas un père qui n’exige rien de ses enfants ! Dieu, comme tout bon père, est exigeant, parce qu’il nourrit des ambitions immenses pour nous. »

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