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Politique - Page 407

  • Enigmes historiques : un livre remet l’histoire à l’endroit et démolit les mythes fabriqués dans l’intention de nuire

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    D'Anne Bernet sur le site de l'Homme Nouveau :

    Énigmes historiques ou machines de guerre ?

    Énigmes historiques ou machines de guerre ?

    « Les grandes énigmes historiques », filon longtemps inépuisable - le recours aux analyses d’ADN a apporté récemment des réponses définitives à quelques-unes des plus excitantes …- de l’édition, auront eu l’incontestable mérite, par les efforts d’intelligence, de recherches, de logique qu’elles exigeaient, de susciter des vocations d’historiens passionnés. Sont-elles, cependant, en leur genèse, aussi innocentes qu’il y parait ?

    La parution d’un recueil grand public, mais signé des meilleurs spécialistes et enrichi de fortes bibliographies, Les énigmes de l’histoire de France, (Perrin. 400 p. 21 €.) supervisé par Jean-Christian Petitfils, invite, en le lisant, à se poser des questions.

    Exceptée le débat, qui restera sans doute ouvert, de la localisation du site d’Alésia et des raisons de la défaite de Vercingétorix, auquel le terrain comme le nombre de combattants semblaient promettre la victoire, des faits plus récents, telle l’arrestation de Jean Moulin à Caluire ou le voyage à Baden-Baden de De Gaulle en 1968, tous ces récits ou presque, en effet, concernent des affaires dont les contemporains parfois, les politiques, les idéologues et l’historiographie à leur service toujours, se servirent pour porter des coups violents à l’Église, au catholicisme, à la monarchie.

    Il y a là, à n’en pas douter, plus qu’une coïncidence.

    Prenons les Templiers. Pour les médiévistes sérieux, tout est clair : Philippe le Bel trouve son intérêt à abattre la puissance financière plus encore que militaire de l’Ordre du Temple, inutile depuis la perte du royaume latin de Jérusalem. La seule vraie question, toujours disputée, est de savoir qui a lancé les premières accusations contre l’Ordre, et si le roi y a cru ou non, selon que chacun le voit cynique et pragmatique, ou pieux et naïf. Les textes médiévaux concernant le Temple, de mieux en mieux étudiés, ont permis d’écarter les assertions concernant une « règle secrète », des pratiques païennes parmi les moines soldats, la conversion cachée de certains d’entre eux à l’Islam. Rien, comme le rappelle Alain Demurger, auteur du chapitre, n’y renvoie au moindre ésotérisme, encore moins aux origines de la maçonnerie ni aux trésors, spirituels et matériels supposés découverts sous le temple de Salomon. Tout cela est un fatras inventé à compter du XVIIIe siècle à partir de rien, et grossi à l’infini par une foule d’illuminés, certains sachant fort bien ce qu’ils faisaient, afin d’accréditer l’existence d’un secret gnostique détenu par les Templiers, lesquels auraient été, pour cette raison, éradiqués par la papauté et la monarchie. Le Da Vinci Codene fut que le dernier avatar de cette énorme fumisterie, qui aura écarté de l’Église des multitudes de crédules manipulés.

    Créer artificiellement des zones d’ombre et des « mystères » autour de Jeanne d’Arc, la vouloir bâtarde d’Isabeau de Bavière et de Louis d’Orléans, gloser sur sa santé mentale, la prétendre échappée au bûcher de Rouen, c’est nier la réalité du miracle johannique et la possibilité que Dieu soit intervenu dans les difficultés du royaume de France. Ainsi que le dit Jacques Trémolet de Villers, le seul mystère de Jeanne tient à la grandeur du miracle qu’elle incarne, et c’est précisément ce qui dérange.

    À travers la Saint-Barthélemy, et les pamphlétaires huguenots l’avaient fort bien saisi, qui s’en servirent d’abondance, c’est la légitimité monarchique, le rôle du roi, accessoirement de la reine mère, qui sont dénoncés afin de remettre en cause la dynastie des Valois.

    Affirmer que Ravaillac fut manipulé par les ultimes partisans de la Ligue, c’est accuser les catholiques d’avoir trahi les intérêts de la France dans une sombre alliance avec l’ennemi espagnol, donc faire du pape et de l’Église un péril pour l’État et la cohésion nationale … S’interroger sur la nature des liens entre Anne d’Autriche et le cardinal de Mazarin, ou sur la volonté de Louis XIV de minimiser le rôle de Mme de Montespan, sa maîtresse et la mère de princes légitimés, dans l’Affaire des Poisons, c’est encore saper les fondements sacrés de l’ordre royal. Tout comme disserter gravement, même contre tout bon sens, sur l’éventualité que le Masque de fer fût le frère jumeau du Roi Soleil, ou que l’on ait caché au couvent de Moret l’existence d’une fille à la peau noire née du souverain et de sa femme …

    Toutes ces histoires enflent, grossissent, sortent sur la place publique à l’époque des Lumières et comment douter que cela soit voulu, calculé pour atteindre le trône et l’autel ?

    Cela devient évident avec l’agitation autour de l’affaire du collier de la Reine, née de l’aveuglement du cardinal de Rohan, pourtant bon diplomate admiré pour son intelligence, et de la vindicte de Marie-Antoinette, qui ne comprit pas qu’elle serait la première victime d’une « médiatisation » qu’il eût fallu à tout prix éviter …

    Ne revenons pas, Philippe Delorme le fait à la perfection, sur le drame Louis XVII, désormais éclairci. Faire croire à la survie du petit roi, c’était saper, et d’abord dans le cœur des fidèles déçus par la réalité de la Restauration, le sentiment de la légitimité bourbonienne.

    Dans un registre plus scabreux, feindre de ne pas comprendre les circonstances exactes du décès du prince de Condé, retrouvé pendu à une « espagnolette qui ressemblait à une petite baronne anglaise », c’était faire peser sur Louis-Philippe des soupçons de crime d’intérêt assez répugnants, ce qui arrangeait autant la droite légitimiste que la gauche républicaine.

    Mêmes manœuvres de déstabilisation politique concernant les morts suspectes de la Troisième République, telles les circonstances, montées en épingle du décès de Zola, icône de la gauche et du progrès fatalement assassiné par un complot réactionnaire.

    Quant à l’abbé Saunière, et à l’or de Rennes-le-château, ils servirent à jeter un discrédit supplémentaire sur l’Église, comme si les énormes trafics de messes d’un prêtre indigne n’y avaient pas suffi.

    Tout cela, au fil du temps, aura toujours visé les mêmes buts : favoriser la rupture de la France avec un modèle politique et religieux qu’il convenait d’éradiquer.

    Il faut se féliciter du sérieux d’un ouvrage qui remet, sauf rares exceptions, l’histoire à l’endroit et démolit les mythes fabriqués dans l’intention de nuire.

    Malheureusement, ils ont la peau dure et rencontreront toujours des adeptes pour les préférer à la vérité historique.

    Les énigmes de l’histoire de France, (Perrin. 400 p. 21 €.) supervisé par Jean-Christian Petitfils

  • Et si le vrai féminisme était de briser enfin l’interdit qui règne autour de l’avortement et de le descendre de son piédestal imposé ?

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    D'Anne-laure Debaecker sur le site de Valeurs Actuelles :

    Avortement : une liberté tronquée 

    Loi du silence. De nombreux témoignages, au fil des ans, dévoilent un manque d’information et de suivi pour celles qui ont eu recours à l’IVG. Un livre écrit par la fondatrice d’Ivg.net revient sur ce tabou sociétal.

    On est marqué au fer rouge. On souffre en cachette. Cela fait vingt ans que j’ai fait cet avortement. Mon corps et mon esprit sont mutilés. » Ce cri du coeur de Catherine, 45 ans, rejoint celui de milliers d’autres femmes, au sujet d’une douleur cachée car non reconnue. Plus que l’argent, le sexe ou même l’euthanasie, l’avortement est le sujet tabou en France. Le sujet que l’on ne peut évoquer sans risquer d’essuyer, d’emblée, une levée de boucliers scandalisés, une accusation d’entrave voire, désormais, des menaces de représailles judiciaires. Les séquelles physiques et psychologiques qui découlent malheureusement souvent de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) sont alors tout autant tues et négligées. Comment reconnaître qu’un acte médical que la société et la loi décrètent anodin pourrait avoir des conséquences aussi lourdes ?

    « Au moment de l’IVG, c’est sûr que ce n’est pas un moment très agréable à passer », concède le site du gouvernement (Ivg.gouv.fr), qui compare la douleur découlant de l’arrêt d’un processus de vie à n’importe quelle douleur physique que certaines vivent plus ou moins bien. Et pourtant. Dépression, angoisse d’infertilité, syndrome de la date anniversaire, besoin de retomber rapidement enceinte, comportements d’évitement, troubles sexuels, colère, anxiété, refoulement, perturbations des relations humaines… Multiples sont les facettes du syndrome post-IVG qu’identifie Marie Philippe, fondatrice du site Ivg.net, après dix années passées à lire à et écouter personnellement plus de 8 500 appels et 1 500 témoignages écrits. Le site, qui reçoit plus de 3 000 appels par an pour 15 écoutantes, avait subi les foudres de Marisol Touraine, car sa popularité le faisait se trouver en tête des recherches Google. Il a, en effet, pour objectif de permettre aux femmes de faire le choix qui leur corresponde, en pleine conscience de l’acte qu’elles accompliront, quel qu’il soit, et de « libérer une parole ignorée ». Car, dénonce Marie Philippe dans un ouvrage édifiant qui expose le fruit de cette décennie d’écoute, l’IVG banalisée devient un véritable problème de santé publique.

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  • Le président du Chili est opposé à toute légalisation de l'avortement

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    De François Dupas sur infocatho.fr :

    Chili : le président opposé à toute légalisation de l’IVG

    « Si le projet de loi sur l’avortement dit libre passe, le président s’y opposera totalement et utilisera tous les moyens constitutionnels, comme il l’a déjà dit, pour empêcher que cela devienne une loi », a déclaré Andres Chadwick, ministre de l’Intérieur au Chili.

    En août 2017, après deux ans de négociations, les assemblées législatives du Chili avaient approuvé une loi dépénalisant partiellement l’avortement, le rendant possible en cas de viol, en cas de danger pour la mère ou en cas de fœtus non viable (cf. Le Chili dépénalise l’avortement dans certains cas ). Mais lorsque le conservateur Sebastian Piñera[1] est revenu à la présidence en mars 2018 après quatre années de gouvernement socialiste, il a immédiatement autorisé les cliniques privées à ne pas réaliser d’IVG en cas d’objection de conscience, limitant ainsi considérablement l’accès à l’IVG.

    La ministre de la Femme et de l’Egalité des genres, Isabel Pla, a déclaré : « Dans une démocratie, il n’est pas question de veto : le gouvernement du président Sebastian Piñera a un positionnement sur cette question qui n’a pas changé, dont les Chiliens ont eu connaissance, qu’ils continueront à connaître, et qui sera toujours le même : c’est la défense de la vie. »

    [1] Sebastian Piñera avait déjà été président du chili de 2010 à 2014, il est revenu au pouvoir en mars 2018.

    Source : genethique.org

  • Italie : le crucifix exposé dans les lieux publics

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    De François Dupas sur infocatho.fr :

    Italie : vers l’exposition de crucifix dans les lieux publics

    Un projet de loi a été présenté au Parlement italien. Il vise à faciliter l’exposition des crucifix dans les bâtiments publics.

    Le projet de loi intitulé « Dispositions relatives à l’exposition du crucifix dans les écoles et dans les bureaux de l’administration publique », prévoit d’installer des croix dans les écoles, les universités, les prisons, les bureaux publics, les consulats, les ambassades et les ports.

    Une amende est prévue en cas de non-respect de ces dispositions. Le projet de loi doit encore être discuté à la Chambre et au Sénat.

    Le parti de la Ligue du Nord est à l’origine de cette initiative. Il est dirigé par Matteo Salvini, le nouveau ministre de l’Intérieur et vice-président du Conseil, le gouvernement italien.

    Une décision semblable sur les crucifix a déjà été prise par le gouvernement du Land de Bavière. Le Premier ministre bavarois, Markus Söder, avait annoncé le 24 avril 2018 que les bâtiments publics devraient arborer une croix à compter du 1er juin suivant.

    Le cabinet de Markus Söder avait alors déclaré que son projet avait pour but d’ « exprimer le caractère historique et culturel de la Bavière ».

    Source : FSSPX news

  • RDC: Kabila s'incruste

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     Natikali, natikala, j’y suis, j’y reste .  Un regard pertinent sur la fausse sortie de Kabila : le point de vue de l’ancien ministre Antipas Mbusa interviewé par Hubert Leclerq :

    « Antipas Mbusa Nyamwisi est un homme discret. Ancien rebelle devenu ministre des Affaires étrangères du gouvernement Gizenga en 2007, il est un des tout premiers à avoir claqué la porte de la « Kabilie ». L’homme apparaît peu dans les médias mais ses mots sont souvent choisis…

    Le nom d’Antipas Mbusa Nyamwisi a été évoqué dans l’Accord de la Saint-Sylvestre. Il est un des opposants en exil qui a été autorisé à rentrer au pays. Pourtant, il n’est toujours pas revenu. « Ce n’est pas parce que mon nom s’est retrouvé sur cette liste que je ne suis plus une cible pour le pouvoir. Je ne tiens pas à m’exposer inutilement. Aujourd’hui, je suis plus utile à l’extérieur. Il faut voir du monde, il faut mobiliser la communauté internationale, nos frères africains, nos voisins. Je ne chôme pas, croyez-moi », nous disait-il début du mois d’août 2017, il y a pratiquement un an jour pour jour, lors d’un passage à Bruxelles. Deux mois plus tard, en octobre 2017, il se retrouve au centre d’une histoire rocambolesque alors qu’il est de passage en Ouganda. A peine arrivé sur le tarmac d’Entebbe, il est emmené par la police de l’aéroport. « Problème de passeport », lui explique-t-on. Selon divers témoignages recueillis quelques semaines après les faits, l’officier qui l’a arrêté avait été corrompu et devait « exfiltrer » le « passager » vers la RDC voisine. Mbusa Nyamwisi évitera ce retour précipité au pays grâce à ses bonnes relations avec les plus hautes autorités ougandaises. L’affaire a été suivie de plusieurs arrestations à Kampala.

    Il y a un an, Mbusa Myamwisi nous expliquait qu’il ne croyait pas aux élections en RDC. Si des élections devaient se tenir, ce serait au service et en faveur de Kabila.

     Nyamwisi avez-vous changé d’avis sur la tenue d’élections libres et démocratiques en RDC en décembre prochain ?

    « Pas le moins du monde. Je reste sur mes positions et malheureusement, car j’aurais préféré me tromper, je vois que plus en plus de personnes pensent comme moi. Kabila n’organisera des élections que s’il est certain de demeurer au pouvoir lui-même ou à travers un président fantoche qui n’aura pas les mains libres. Tous les appareils répressifs, sécuritaires ou judiciaires sont à ses ordres. Il vient de remodeler l’armée en rappelant les pires criminels. Il a bâti une cour constitutionnelle sur mesures. Il a tout en main pour rester au pouvoir. En tout cas, ce n’est pas l’attitude d’un homme qui s’apprête à partir. »

    Rien à attendre des élections à venir, alors ?

    « Rien, si ce n’est le chaos. Vous avez vu, comme le monde entier, ce qu’il a pu faire pour empêcher Moïse Katumbi de rentrer au pays. Il n’a pas hésité à fermer une frontière. En fait, il a fait bloquer tous les postes frontières entre le Katanga et la Zambie. C’est de la folie. Pour un seul homme. Cela en dit long sur la crainte que lui inspire Katumbi, ça en dit long aussi sur les actions auxquelles ce Monsieur est prêt à recourir pour conserver son pouvoir. Il ne veut prendre aucun risque. Il veut éliminer de la course à la présidence tous ceux qui pourraient lui faire de l’ombre. Moïse Katumbi est privé de retour au pays, la candidature de Jean-Pierre Bemba pourrait être invalidé, Félix Tshisekedi ne peut ramener le corps de son père sur la terre de ses ancêtres, autant de subterfuges intolérables signés par la Kabilie. Sans ces plans machiavéliques , sans la machine à voter, Kabila, ou son représentant, n’a aucune chance de passer. En agissant comme il le fait, le pouvoir invalide lui-même le processus électoral. Il se moque de la Constitution, il se moque de l’Accord de la Saint-Sylvestre, il se moque des organisations régionales et internationales… Et, évidemment, il se moque éperdument de 80 millions de Congolais. » 

    Le tableau que vous dressez est particulièrement sombre. Que reste-t-il comme marge de manoeuvre ? 

    « Ce Monsieur ne nous laisse pas le choix ! On doit se prendre en charge. L’article 64 de la Constitution est là pour nous pousser à réagir. On ne peut laisser un homme s’approprier le pays. »

    Le fameux article 64 de la Constitution, qui appelle le peuple congolais à s’opposer à tous ceux qui voudraient confisquer le pouvoir, est mis à toutes les sauces depuis des mois. Vous croyez vraiment qu’un mouvement populaire peut apparaître du jour au lendemain ? 

    « Pourquoi pas. Regardez la foule dans la rue à Kinshasa pour le retour de Bemba. Regardez la mobilisation à Lubumbashi et Kasumbalesa pour Katumbi. Un mouvement peut naître à la suite d’événements comme ceux-ci. Regardez aussi le ras-le-bol généralisé dans le nord-est du pays où les gens sont confrontés quotidiennement aux massacres depuis de longues années. Ici aussi, on peut aussi voir des mouvements naître face à ces tueries ou aux excès de pouvoir du régime. Et croyez-moi, ces mouvements vont aller en s’ntensifiant au fil des semaines. Quand les Congolais comprendront qu’ils n’ont rien à espérer de ce passage par les urnes, la situation va devenir très critique. La moindre étincelle pourra mettre le feu aux poudres dans n’importe quel coin du pays. »

    C’est une menace ? 

    « Pas du tout, c’est une analyse et je sais que beaucoup la partagent et s’interrogent : pourquoi ce Monsieur ferait-il dans l’avenir ce qu’il n’a pas fait en 17 ans. La communauté internationale, notamment via la Monusco, a investi des milliards de dollars pour la paix chez nous. Est-on prêt à sacrifier tous ces investissements, ces casques bleus qui sont morts, pour permettre à un seul homme de continuer à s’enrichir sur le dos de son peuple et du monde entier ? C’est à nous, le peuple congolais de dire non et de nous mobiliser pour mettre fin à ces dérives. »

    On a vu ces derniers temps que certains voisins se montraient plus insistants à l’égard de Kabila ?  

    « Il est évident que la pression monte. Vous savez, si ce Monsieur est un obstacle majeur pour le Congo et le peuple congolais, c’est aussi un frein catastrophique pour le développement de l’Afrique centrale et de tout le continent. Il faut que tout le monde en tire les conséquences. On a suffisamment constaté ses méfaits, on a suffisamment essayé de discuter, il ne veut rien entendre. Il ne laisse guère d’alternative. Il faut envisager d’autres pistes de solution. Mais, je le répète, c’est à nous, Congolais de nous organiser pour trouver la solution à cette situation et on y travaille. »

    Ref. Mbusa Nyamwisi : « Face au blocage des urnes, il faut envisager d’autres pistes de solution »

    La Belgique et la CENCO (conférence épiscopale nationale du Congo) réclament un processus « inclusif » sérieux.

    JPSC

  • Argentine : l'IVG recalé par le Sénat

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    Argentine : le Sénat s'est prononcé sur la légalisation de l’avortement (d'après aleteia.org)

    Après avoir passé de justesse le cap de l'assemblée en juin dernier, une loi autorisant l'avortement en Argentine vient d'être refusée par le sénat argentin.

    Après l’Irlande, l’Argentine allait-elle légaliser l'avortement ? Le Sénat argentin s'est prononcé ce 8 août sur la légalisation de l’avortement : 38 voix contre, 31 pour, 2 abstentions. Le 14 juin, le texte avait été voté à l’Assemblée à une très courte majorité (129 voix pour, 125 contre). Dans le détail, le texte autorisait l’interruption volontaire de grossesse (IVG) jusqu’à la 14e semaine de gestation. L’IVG est actuellement possible dans le pays en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère. D’après différentes estimations, environ 500.000 avortements clandestins sont réalisés chaque année dans le pays pour 720.000 naissances. 2.700 mères-filles, âgées de 10 à 14 ans, accouchent tous les ans, estime l’Unicef.

    Dans ce pays historiquement très catholique, les sénateurs, qui représentent des régions plus excentrées et plus traditionnelles, sont réputés plus conservateurs que les députés. Ce qui expliquerait que la majorité d’entre eux se soient opposés à ce texte de loi.

    Le pape François dénonce une « culture du déchet »

    Dans une lettre apostolique destinée aux argentins, le pape François a tenu à encourager à la mobilisation contre ce projet de loi (voir ICI). Il s’était déjà exprimé sur le sujet à plusieurs reprises, dénonçant l’avortement comme une « culture du déchet » en mai, et comme un « eugénisme en gants blancs » en juin.

    Pour mémoire l’Argentine, pays d’origine du pape François, a été le premier pays d’Amérique latine à autoriser le mariage pour tous en 2010. Dès 2011, l’Argentine a également l’un des premiers pays au monde à reconnaître d’un point de vue légal l’existence d’un « troisième sexe ».

  • L'antipathie de Pie XII à l'égard du régime nazi

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  • En changeant la doctrine de la peine de mort, le pape François change-t-il la foi ?

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    La pastorale de l’Eglise face à la peine de mort (23 mn).

    1992, 1998, 2018, Catéchisme de l’Eglise Catholique, article 2267 : trois versions différentes de la pastorale de la peine de mort pour une doctrine universelle identique : « La peine de mort est toujours un mal. Tuer un homme, même criminel, est un mal. Mais l’autorité publique a le devoir de défendre la vie des citoyens. » A partir de cet exemple et de l’évolution en acte de la pastorale, comprendre la différence entre doctrine universelle et pastorale, qui sont les deux pôles de la théologie morale. 1992 : « La peine de mort est parfois un mal nécessaire, pour protéger des vies innocentes » 1998 : « La peine de mort est parfois un mal nécessaire, mais il faut tendre à le faire disparaître, grâce à des peines sûres et non sanglantes. » 2 août 2018 : « L’Église enseigne, à la lumière de l’Évangile, que la peine de mort est une mesure inadmissible qui blesse la dignité personnelle et elle s’engage de façon déterminée, en vue de son abolition partout dans le monde. Etant donné que la société actuelle dispose de systèmes de détention plus efficaces, la peine de mort n’est plus nécessaire pour protéger les personnes innocentes. »

  • Le non absolu à la peine de mort : une victoire de l’Évangile ou de « l’humanisme séculier » ?

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    De Sandro Magister en traduction sur le site diakonos.be :

    Le non absolu à la peine de mort. Victoire de l’Évangile ou de « l’humanisme séculier » ?

    La décision du Pape François de réécrire le Catéchisme de l’Église Catholique concernant la peine de mort a enflammé la controverse.

    Le changement était dans l’air et Jorge Mario Bergoglio l’avait fait présager depuis longtemps. Dans la lettre du Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi accompagnant le rescrit, le cardinal Luis F. Ladaria déclare que « la nouvelle formulation du n°2267 du Catéchisme exprime un développement authentique de la doctrine qui n’est pas en contradiction avec les enseignements antérieurs du magistère ».

    Mais c’est justement ce point qui suscite le plus de controverses. Beaucoup pensent qu’il y a contradiction avec l’enseignement précédent de l’Église.  Et qu’il s’agit non pas d’un « développement » mais bel et bien d’une rupture.

    En outre, la nature « historique » des motivations avancées par François sont frappantes : nouvelle prise de conscience de la dignité de la personne, nouvelle compréhension du sens des sanctions pénales, nouveaux et plus efficaces systèmes de détention, etc. D’où découleraient, « à la lumière de l’Évangile », l’actuel et nouvel enseignement de l’Église sur l’inadmissibilité absolue de la peine de mort.

    Devant un tel précédent – comme beaucoup l’espèrent ou au contraire le craignent – qu’est-ce qui pourra empêcher à un pape de changer la doctrine de l’Église sur n’importe quel autre sujet ? En rupture non seulement avec le magistère précédent mais avec les Écritures saintes elles-mêmes ?

    Pour faciliter notre compréhension du débat, voici deux éléments de documentations intéressants.

    *

    Le premier est l’ancien article du Catéchisme de l’Église catholique sur la peine de mort et le nouvel article rescrit par la volonté du Pape François.

    L’ancien article

    2267 L’enseignement traditionnel de l’Eglise n’exclut pas, quand l’identité et la responsabilité du coupable sont pleinement vérifiées, le recours à la peine de mort, si celle-ci est l’unique moyen praticable pour protéger efficacement de l’injuste agresseur la vie d’êtres humains.

    Mais si des moyens non sanglants suffisent à défendre et à protéger la sécurité des personnes contre l’agresseur, l’autorité s’en tiendra à ces moyens, parce que ceux-ci correspondent mieux aux conditions concrètes du bien commun et sont plus conformes à la dignité de la personne humaine.

    Aujourd’hui, en effet, étant données les possibilités dont l’Etat dispose pour réprimer efficacement le crime en rendant incapable de nuire celui qui l’a commis, sans lui enlever définitivement la possibilité de se repentir, les cas d’absolue nécessité de supprimer le coupable  » sont désormais assez rares, sinon même pratiquement inexistants  » (Evangelium vitae, n. 56).

    Le nouvel article

    2267 Pendant longtemps, le recours à la peine de mort de la part de l’autorité légitime, après un procès régulier, fut considéré comme une réponse adaptée à la gravité de certains délits, et un moyen acceptable, bien qu’extrême, pour la sauvegarde du bien commun.

    Aujourd’hui on est de plus en plus conscient que la personne ne perd pas sa dignité, même après avoir commis des crimes très graves. En outre, s’est répandue une nouvelle compréhension du sens de sanctions pénales de la part de l’État. On a également mis au point des systèmes de détention plus efficaces pour garantir la sécurité à laquelle les citoyens ont droit, et qui n’enlèvent pas définitivement au coupable la possibilité de se repentir.

    C’est pourquoi l’Église enseigne, à la lumière de l’Évangile, que « la peine de mort est une mesure inhumaine qui blesse la dignité personnelle » [1] et elle s’engage de façon déterminée, en vue de son abolition partout dans le monde.

    [1] François, Discours aux Participants à la Rencontre organisée par le Conseil Pontifical pour la Promotion de la Nouvelle Évangélisation, 11 octobre 2017 : L’Osservatore Romano (13 octobre 2017), 5.

    *

    Le second document que nous vous proposons est extrait d’un essai publié en 2001 sur « First Things » par le cardinal Avery Dulles (1918-2008), jésuite, l’un des plus grands théologiens nord-américains du vingtième siècle, très estimé par le Pape Jean-Paul II et par Benoît XVI.

    Lire la suite sur diakonos.be

  • La popularité du pape chute de 88% à 71% en Italie

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    De Kevin Dupont sur le site de La Libre :

    La popularité du pape victime de son soutien aux migrants

    Le pape François est toujours populaire, mais plus autant qu'avant. Sa popularité chute de 88 % à 71% en Italie.

    Fini le temps où il faisait la quasi-unanimité. L'enthousiasme datant de sa prise de fonction est désormais plus terne. Une enquête publiée aujourd'hui par "la Repubblica" note une baisse de 17 % de la popularité du Pape dans le pays de la cité éternelle. Pas de quoi ébranler totalement le Saint-Siège, mais cela reste significatif.

    Il y a cinq ans, l'ambiance était à la nouveauté. Jorge Mario Bergoglio, maintenant plus connu sous le nom de François, venait d'un autre continent que l'Europe. Son ton progressiste tranchait avec celui de son prédécesseur. Sa venue insufflait un air plus contemporain. Mais après cinq ans sur le trône de Saint-Pierre, la population juge plus par les actes. Et ils ne font pas autant consensus que le vent de renouveau qui s'est progressivement dissipé.

    Le reflet des tensions migratoires dans la botte italienne

    Le rang des mécontents gonfle, même s'il reste minoritaire. Les ultra-conservateurs catholiques sont maintenant rejoints par d'autres. Et parmi ceux-ci, les partisans d'un contrôle plus strict de l'immigration. À l'heure où le Vatican multiplie les appels à accueillir les migrants dans une Italie gouvernée par des partis opposés à cette option.

    La tension est d'ailleurs de plus en plus palpable entre le Saint-Siège et le ministre de l'Intérieur d'extrême droite, Matteo Salvini (Lega). Alors que le premier vient de condamner la peine de mort, le deuxième veut assouplir le port d'armes. Deux mouvements contraires qui finissent par entrer en collision.

    L'étude de la "Repubblica" note par ailleurs que la popularité du pape est particulièrement faible chez les plus jeunes. Moins de 60 % des 15 à 34 ans lui donnent leurs faveurs. Alors qu'ils représentent un important vivier de voix pour la coalition au pouvoir. Dans le même temps, il s'agit d'une classe d'âge moins sensible aux messages religieux. Enfin, une région se fait bien moins enthousiaste au sujet du pape François : le Nord-Est de l'Italie. Autrement dit la zone de prédilection de la Lega.

    Pas qu'en Italie

    Cette baisse de popularité n'est pas le fait propre de la péninsule méditerranéenne. La popularité du pontife baisse également ailleurs. En France, Le Figaro a publié en mars dernier un même type de sondage. Résultat : 9 % en moins au compteur. Là aussi sa popularité reste néanmoins forte, à 78 %. Mais ce qui frappe ici, c'est que cela se ressent plus fortement chez les catholiques pratiquants (-12%). Chez les non pratiquants par contre, cette popularité augmente (+4%).

    Cette tendance reflète aussi ici en partie le débat sur l'accueil des migrants au sein de la communauté catholique. Les affaires de pédophilie au sein de l'Église au Chili ont également pu jouer un rôle. Mais malgré cela, plus de trois quarts des sondés restent en faveur du pape.

    Si ces désaffections restent limitées, il a encore toutes les raisons de ne pas trop s'en faire. Son opposition à Salvini, elle, ne semble pas être sur le point d'être remise en cause.

  • Quand Giovannino Guareschi adressait une dernière lettre à Don Camillo

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    Du site "Paix Liturgique" :

    LA DERNIÈRE LETTRE DE GIOVANNINO GUARESCHI A DON CAMILLO

    Le 21 juillet 2018, l'église Saint-Michel-Archange de Roncole Verdi, village de la commune de Busseto, en Émilie-Romagne (Italie), a accueilli une messe de Requiem à l'occasion du cinquantième anniversaire du rappel à Dieu de Giovannino Guareschi, le créateur de don Camillo. À la demande des enfants de l'écrivain – car don Camillo, avant d'être la série de films à succès que nous connaissons, est une œuvre littéraire profondément catholique – cette messe a été célébrée selon la forme extraordinaire du rite romain, en présence du maire de Busseto, lieu de sépulture de Guareschi, et de celui de Roccabianca, son lieu de naissance. Don Marino Neri, secrétaire de l'Amicizia sacerdotale Summorum Pontificum (voir notre lettre 584 notamment), a prononcé pour l'occasion un sermon vigoureux rappelant que, si la fin proche de l'homme est sa sanctification, sa fin ultime est la gloire de Dieu à laquelle l'auteur de don Camillo a contribué excellemment.

    Cet événement nous a permis de prendre connaissance d'un petit chef-d'œuvre que nous vous proposons bien volontiers en cette période de lectures estivales : la lettre adressée par Giovannino Guareschi à « son » don Camillo au lendemain du concile Vatican II et publiée le 19 mai 1966 par le journal Il Borghese. Nous omettons la dernière partie de cette lettre dans laquelle Guareschi regrette avec son ironie mordante que le cardinal Josef Mindszenty n'ait pas été élu Pape à la suite de Jean XXIII car « l'Église du Silence aurait alors acquis une voix puissante ».

    Cher don Camillo, 

    Je sais que vous avez des problèmes avec votre nouvel évêque. Il m'a été rapporté que vous avez dû détruire le maître-autel de l'église paroissiale pour le remplacer par la fameuse « table à repasser », modèle Lercaro (1), reléguant votre bien-aimé Crucifix dans un coin près de la porte d'entrée, de façon à ce que l'Assemblée lui tourne le dos...

    De même, j'ai su que le dimanche, une fois célébrée la « Messe du Peuple », vous alliez en célébrer une autre dans la vieille chapelle, intacte, de votre ami Perletti : une messe clandestine, en latin, pour les catholiques.Du coup, les gros bonnets de la Démocratie chrétienne vous ont dénoncé et vous voici fiché en curie parmi les « prêtres subversifs » après avoir reçu un dur avertissement de l'évêque.

    Mon Père, vous n'avez décidément rien compris. Il est juste que le Christ ne soit plus sur l'autel : le Christ en Croix est l'image de l'extrémisme. Notre Seigneur était un factieux, un fasciste, et son exhortation « Ou avec Dieu ou contre Dieu » n'est qu'un plagiat du célèbre slogan mussolinien « Ou avec nous ou contre nous ».
    Ne se comportait-il pas comme un fasciste en chassant à coups de matraque les marchands du Temple ???
    C'est le sectarisme, l'intransigeance et l'extrémisme du Christ qui l'ont amené à la Croix alors que, s'il avait choisi la voix du compromis démocratique, il aurait très bien pu s'entendre avec ses adversaires.

    Don Camillo, vous ne vous rendez pas compte que nous sommes en 1966 : les aéronefs parcourent le cosmos à la découverte de l'Univers et la religion chrétienne n'est plus adaptée à la situation. Le Christ a voulu naître sur la Terre ce qui, tant que l'ignorance et la superstition faisaient de la Terre le centre voire l'essence de l'Univers, pouvait encore passer mais qui aujourd'hui, à l'heure des explorations spatiales et de la découverte de nouveaux mondes, le rapporte à un phénomène provincial. Un phénomène qui, comme l'a solennellement établi le Concile, va redimensionner.

    Pour vous, Mon Père, les beatniks et leurs cheveux longs ne sont que des pouilleux à envoyer se faire tondre le crâne, et leurs compagnes avec ces jupes courtes qui leur couvrent à peine l'aine des filles de petite vertu à soumettre d'urgence au dépistage de la syphilis. En revanche, à Rome, l'Autorité Ecclésiastique Supérieure a créé une messe spéciale pour ces pouilleux et ces demoiselles de petite vertu – une messe Beat, jouée et hurlée par trois groupes de chevelus.

    Vous êtes resté bloqué dans l'autre siècle, Mon Père. Aujourd'hui, l'Église s'adapte à son époque, se mécanise. À Ferrare, sur la « table à repasser » de l'église San Carlo, il y a un distributeur d'hosties : au moment de l'Offertoire, le fidèle qui souhaite communier dépose son offrande sur un plateau, presse un bouton et, au son d'un joyeux carillon, l'hostie tombe dans le calice !

    Et, croyez-moi, il n'est pas impossible que dans les laboratoires du Vatican ne soit déjà à l'étude une machine plus complète dotée d'une petite pince qui, une fois la pièce introduite et le bouton pressé, porte directement aux lèvres du communiant l'hostie consacrée électroniquement.

    Don Camillo, l'an dernier vous m'avez fait des reproches parce que dans une de mes pièces j'ai raconté que don Giacomo, jeune prêtre des temps modernes, confessait ses fidèles par téléphone et leur envoyait des pulvérisateurs d'eau bénite au lieu de se déplacer pour bénir leurs foyers. Vous m'avez dit qu'on ne plaisantait pas avec ces choses-là...

    Pourtant, sur initiative de l'Autorité Ecclésiastique Supérieure, voici qu'on y est presque. Le jour n'est pas si loin où après s'être confessé par téléphone, le fidèle recevra par courrier recommandé l'hostie consacrée à domicile accompagnée d'une petite pince fournie par le « service mécanique » de la paroisse pour pouvoir la consommer sans la toucher avec ses doigts impurs (2). Je n'exclus pas que, pour arrondir les maigres revenus de la paroisse, le curé ne fasse imprimer sur l'hostie quelque message publicitaire...

    Don Camillo, je sais que Peppone, aujourd'hui, se fiche ouvertement de vous. Je sais qu'il vous a intimé de retirer du prieuré le portrait provocateur de Pie XII, « le pape fasciste et ennemi du Peuple », menaçant de vous dénoncer à l'évêque. Mais Peppone a raison : les rôles se sont inversés et bientôt la Section du Parti vous ordonnera de déplacer l'horaire des fonctions sacrées pour ne pas menacer la « Festa dell'Unità » (3) organisée sur le parvis de l'église.Don Camillo, si vous ne vous mettez pas à la page et n'arrêtez pas d'appeler « Sans-Dieu » les communistes et de les décrire comme des ennemis de la religion et de la liberté, la Fédération locale du Parti vous suspendra a divinis. Moi qui vous suis attentivement et vous suis attaché depuis vingt ans, je ne voudrais pas vous voir finir d'une si triste façon.

    Je sais bien que de nombreux paroissiens, et pas seulement les plus âgés, sont avec vous mais je sais aussi que vous préféreriez partir en silence, en cachette, pour éviter tout incident ou toute polémique qui pourrait tourmenter votre troupeau.

    En réalité, vous avez une sainte terreur de voir les catholiques se diviser. Malheureusement, cette division existe déjà.

    -------

    (1) Du nom du très rouge cardinal de Bologne, Giacomo Lercaro, l'un des plus virulents promoteurs de l'aggiornamento conciliaire en Italie. Choisi par Paul VI, Mgr Lercaro présida de 1964 à 1968 la Commission pour l’Application de la Réforme liturgique, dont le secrétaire n'était autre que Mgr Bugnini...

    (2) Là, Guareschi n'osait pas imaginer que les fidèles pourraient un jour être encouragés à se saisir par eux-mêmes de la sainte Hostie !

    (3) L'Unità est l'équivalent italien de L'Humanité. Chaque section du PCI (Parti communiste italien) avait l'habitude d'organiser une ou plusieurs fêtes annuelles placées sous le patronage du quotidien du Parti.

  • RWANDA : plus de 8.000 églises et temples chrétiens fermés au cours des sept derniers mois suite à une directive gouvernementale

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    De l'Agence Fides :

    AFRIQUE/RWANDA - Fermeture de plus de 8.000 églises et temples chrétiens au cours des sept derniers mois suite à une directive gouvernementale

    Kigali (Agence Fides) – Suite à une directive gouvernementale, au cours de ces sept derniers mois, 8.000 églises ont été fermées. La décision de réduire le nombre des lieux de culte, tant chrétiens que musulmans, dans le pays prévoir la fermeture des églises ne disposant pas des caractéristiques d’hygiène et de sécurité suffisantes pour continuer à exercer leurs activités. C’est ce qu’indique l’agence progouvernementale Kigali Today Press. L’accusation qui est faite par les chrétiens rwandais – catholiques et protestants – qui représentent 90% de la population, est que le gouvernement utilise la nouvelle loi pour justifier la fermeture d’églises et de mosquées.

    « Fermer des églises, exiger des diplômes de théologie aux dirigeants d'églises, est- ce vraiment une solution adéquate au problème de la religion en Afrique ? » intervient le Père Donald Zagore, théologien de la Société des Missions africaines, qui explique que cela peut en être une solution, mais il faudra faire attention aux impacts qu’une telle décision pourrait avoir sur la nature fondamentale de la dynamique religieuse. « La religion a un mode de fonctionnement différent d'un parti politique ou d'une association quelconque. Vouloir mettre de l'ordre dans un désordre en est une chose, mais tuer consciemment ou inconsciemment  le caractère prophétique de la religion qui échappe à toute logique et impératif  académique, au nom d'une certaine mécanisation de la sphère religieuse, en vue de sa bonne gestion, en est une autre.

    Il faut le dire haut et fort, on peut être bon théologien sans jamais être un homme ou une femme de foi. La formation académique et intellectuelle est certes nécessaire, mais en religion, elle n’est pas un préalable. L'unique préalable reste la foi. Dieu appelle à son service, pas des hommes et des femmes nécessairement intelligents ou diplômés, mais avant tout des hommes et des femmes convaincus de leur foi et prêts à vivre et a témoigner de cette fois jusqu’au péril de leurs vies. Aussi, ils convient de se demander sérieusement si quand ils auront fini leurs multiples diplômes en théologie comme le souhaite le gouvernement Rwandais, arrêteront-ils de faire de la religion leur business? La question essentielle est de savoir pourquoi le commerce de la religion est-il si en vogue et rentable en Afrique? Même si les arnaqueurs religieux restent un danger qu'il faut combattre, le vrai problème est ceux qui se font arnaqués. Pourquoi  nos populations se font-elles abusées et arnaquées religieusement? ».

    La liberté religieuse est intégrée en tant que droit dans la Constitution rwandaise de 2003 en sont article 37 mais, selon ce qu’indique le World Monitor Watch, toute référence à la religion chrétienne a été éliminée du préambule de la Constitution ; au cours des commémorations du génocide, aucun prêtre ou pasteur ne peut intervenir – à moins que l’événement ne soit organisé par une église – et dans les bureaux de l’administration, il n’est pas permis d’organiser des rencontres de prière.

    Pour être clairs, commente le Père Zagore, « deux points majeurs peuvent être soulignés. Dans un premier temps, il faut reconnaître que nos populations se réfugient en masse derrière ces pasteurs « bon marché » parce qu’en quête d’espérance. Espérance dont ils sont privés à cause de leurs politiciens et de leur soif inétenchable du pouvoir qui fait que le peuple croupit toujours dans la misère ».

    « En outre – poursuit le prêtre – il existe la conception africaine de Dieu et de la religion qui n’est pas trop saine et qui mérite d’être purifiée. Dans la dynamique d’un spiritualisme parfois trop émotionnel, Dieu se retrouve dans le rôle exclusif de faiseur de miracles et de solutions. Ce qui fait que Dieu n’est pas loin d’être assimilé à un charlatan. Tant que l'homme Africain ne prendra pas conscience que tout ne peut tomber du ciel, et que Dieu n'est pas magicien ou un marabout, tant que l'homme Africain ne sortira pas de sa logique émotionnelle et sentimentaliste de la religion en vue de faire à bon escient usage de sa raison pour un discernement approprié et équilibré, tant que l'homme africain ne  prendra pas conscience que malgré sa toute-puissance Dieu ne peut changer la vie des hommes tant que ceux-ci n'y apportent pas leur contribution, ils continueront à vivre et à se nourrir d'idéologies et ainsi à se faire continuellement arnaquer. La naissance d'une conscience religieuse africaine de la masse, rationnellement et herméneutiquement structurée est la clé de salut » conclut le Père Zagore.

    Selon des sources gouvernementales, les autorités ont décidé de fermer les lieux de culte à la suite de la construction de trop d’églises et de temples chrétiens par habitant, sans cependant calculer la forte fragmentation des villages au Rwanda qui sont peuplés par un petit nombre de personnes. Très souvent, ces villages se trouvent à des kilomètres les uns des autres et, à cause de l’absence d’infrastructures reliant les centres habités, chacun d’entre eux construit sa propre église pour éviter que ses habitants doivent parcourir 20 Km voire plus à pieds pour participer à une liturgie.

    Dernièrement, une église a même été fermée au cours d’un mariage, dénonce le site chrétien World Monitor Watch, les participants ayant été invités à abandonner la cérémonie en cours. Une communauté chrétienne s’est par ailleurs vue interdire de célébrer des liturgies sous le préau d’une école, choisi du fait du manque d’église dans les environs, dans la mesure où ce dernier disposait d’une porte d’entrée en bois et non en métal. (DZ/AP) (Agence Fides 01/08/2018)