A Constance du Bus
Chère Constance,
Vous avez accepté de descendre sur un plateau de télévision ("A votre avis", 18 avril 2018) où, vous le saviez d’avance, tout avait été mis en place pour dégager et promouvoir un consensus pro-mort. Face à vous, toutes les composantes des forces qui œuvrent au sein de notre société pour y faire triompher le désir individuel au détriment du respect de la vie étaient réunies : depuis les représentants du Centre d’Action Laïque et du Planning familial aux vieilles professionnelles de la politique (les Lalieux, Defraigne et consorts) en passant par les « scientifiques » ralliés à la cause, le caricaturiste de service et le meneur de débat dont l’arbitrage partisan et manipulateur est habituel à la RTBF.
Et c’est ainsi que l’on nous a martelé que cette trouble notion de la viabilité du fœtus, au détriment de toute autre considération, était déterminante pour établir un saut qualitatif permettant à ce qui n’était pas encore un enfant de le devenir ensuite. Et c’est ainsi que la plupart des intervenants mobilisés pour la circonstance verraient d’un bon œil la prolongation de douze à dix-huit semaines du délai accordé aux femmes pour se faire avorter, au mépris de tout ce que l’on sait aujourd’hui de la merveille que constitue un petit d’homme en gestation depuis les premiers moments de sa vie intra-utérine.
Nous le savions : notre pays est ce lieu où toutes les dérives éthiques de notre temps finissent par s’inscrire dans la loi. Celui ou celle qui se démarque de ce légal devenu normatif pour témoigner d’une vérité ou d’un bien supérieurs est montré du doigt et désigné à la vindicte des tenants du consensus ambiant.
A vous qui avez eu le courage d’affronter seule cette meute déterminée, je voudrais exprimer notre reconnaissance et notre admiration. Vous avez rappelé l’essentiel : que la vie humaine, dès sa conception, est un continuum dont il est totalement arbitraire – et criminel - de vouloir justifier l’interruption à quelque moment que ce soit ; que les lois humaines se disqualifient dès lors qu’elles autorisent, au nom de la recherche ou de la procréation médicalement assistée, la destruction d’embryons ; que la viabilité est une notion relative que l’on ne saurait établir comme condition de reconnaissance d’un être humain ; que les délais variables institués dans différents pays attestent qu’il n’y a pas moyen d’établir un moment déterminant où la vie, tout à coup, deviendrait respectable ; que le moment de la conception est bel et bien le moment de l’apparition d’une nouvelle vie humaine…
Vous étiez Antigone ; tous, ils étaient Créon. Vous étiez la voix, jeune et incandescente, qui rendait témoignage à ce qui est bien et vrai.
Merci.
Politique - Page 411
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Merci Constance !
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RDC : l’Eglise et l’Etat en chiens de faïence 8 mois avant l’échéance électorale présumée.
Vendredi 13 avril, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a exprimé sa préoccupation quant à la situation qui prévaut en RD-Congo. À 8 mois des élections, la Cenco s’est inquiétée des tensions entre le gouvernement congolais et la communauté internationale et a demandé des garanties sur la « machine à voter ». Lu sur le site de la Croix-Africa :« Vendredi 13 avril, en marge de l’Assemblée générale ordinaire de leur institution financière, les évêques congolais ont fait le point sur le processus électoral et ses enjeux sociopolitiques actuels de la RD-Congo. L’épiscopat congolais s’est dit « peiné » de constater les tensions entre l’État congolais et la communauté internationale.
À lire aussi : Cardinal Laurent Monsengwo : « On ne peut refuser de l’aide quand on a les mains vides »
Les divergences entre la communauté internationale et le gouvernement de RD-Congo se sont cristallisées autour de deux crises diplomatiques : la fermeture fin janvier de la Maison Schengen et le refus l’État congolais de participer à la conférence des donateurs en faveur de la RD-Congo qui a eu le 13 avril.
Fermeture de la Maison Schengen
La Maison Schengen, représentation consulaire en RD-Congo commune à dix-sept pays de l’Union Européenne et à la Norvège, est gérée par la Belgique. Elle a été fermée par les autorités congolaises après la décision de la Belgique de confier ses 25 millions d’aide en RD-Congo à des organismes humanitaires et acteurs de développement. Cette décision de la Belgique était intervenue en guise de protestation contre la répression des manifestations organisées par l’Église catholique et les mouvements citoyens entre décembre 2017 et février 2018.
La déclaration des évêques congolais a été faite le jour où avait lieu à Genève la conférence des donateurs en faveur de la RD-Congo. Cette rencontre, qui avait pour but de collecter 1,7 milliard d’euros en vue d’aider la RD-Congo, a été boudée par le gouvernement congolais. La situation humanitaire est jugée particulièrement dramatique dans trois provinces de ce pays d’Afrique centrale : Tanganyika, Sud-Kivu et Kasaï. Cette conférence a été boudée par le gouvernement congolais.
Le refus de Kinshasa de participer à la conférence des donateurs fait suite au classement de la RD-Congo au niveau L3, le plus haut degré de crise humanitaire. Dans le monde, seuls trois pays sont classés à ce niveau maximum d’alerte humanitaire : la Syrie, le Yémen et l’Irak.
« On ne peut pas assister quelqu’un contre son gré »
« Ce classement projette une image de catastrophe extrême et généralisée assimilant la situation en RD-Congo à certains pays du monde où se déroulent des guerres à haute intensité, a réagi le ministre congolais des Affaires étrangères, Léonard She Okitundu, mardi 3 avril. Ce n’est absolument pas le cas de la RDC qui fait plutôt face à des attaques non conventionnelles et asymétriques de groupuscules terroristes et groupes armés criminels ».
La RD-Congo estime, en outre, n’avoir pas été associée à l’organisation de cette conférence des donateurs de Genève. « Nous ne permettrons pas à des gens de faire un travail si nous n’avons pas participé au programme, a déclaré Lambert Mendé, ministre de la communication, à RFI. On ne peut pas assister quelqu’un contre son gré ».
Dans sa déclaration du 13 avril, la Cenco a plaidé pour que le « soulagement de la souffrance du peuple congolais soit mis au-dessus des revendications politiques que peuvent avoir les uns et les autres ». Elle a déploré que les citoyens congolais soient les victimes collatérales des tensions entre Kinshasa et la communauté internationale.
À lire aussi :Joseph Kabila : « Nulle part, dans la Bible, Jésus-Christ n’a jamais présidé une commission électorale »
Machines à voter
Les évêques congolais se sont aussi prononcés sur la controverse liée aux machines à voter. La Commission électorale nationale indépendante de la RD-Congo (Céni) ambitionne d’introduire un système de vote par écran tactile lors des élections du 23 décembre 2018. La fiabilité de ces machines est remise en cause par les États-Unis et l’opposition congolaise qui craignent qu’elles ne soient des instruments de tricherie massive.
La Cenco, dans sa déclaration du 13 avril, a exigé la certification de ces machines à voter par des « experts nationaux et internationaux afin de trouver un consensus capable de rassurer toutes les parties prenantes sur le volet technique et sur le volet juridique. »
Ref. En RD-Congo, l’Église s’inquiète des tensions entre le gouvernement et la communauté internationale
Et comme d’habitude, d’une dictature à l’autre, la Belgique se trouve dans le rôle du bouc émissaire du pouvoir en place : un vieux fantasme post-colonial qui peut toujours servir.
JPSC
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Encore une histoire belge : la Ville de Bruxelles dédie une statue et une place de la Capitale à Patrice Lumumba
L’annonce vient d’être faite ce mardi par le bourgmestre Philippe Close sur l’antenne de la Première: Bruxelles-Ville inaugurera le 30 juin prochain sa place et sa statue Patrice Lumumba à l’entrée du quartier Matonge ixellois. Lu sur le site de La Libre Afrique :« La décision passera lundi prochain au Conseil communal et on est extrêmement fiers car la communauté d’origine congolaise attendait ce geste depuis extrêmement longtemps » a précisé le bourgmestre Philippe Close sur la radio RTBF, juste avant le journal de 8h ce matin. « C’était un tabou en Belgique, reconnaît-il et je suis très fier d’être le bourgmestre qui a permis cela. »
Longtemps imaginée et réclamée sur le territoire de la commune d’Ixelles, où se trouve le quartier Matonge riche d’une importante population d’origine congolaise, la place sera finalement inaugurée dans la commune voisine de Bruxelles-Ville. Mais l’emplacement reste tout aussi symbolique puisque ce sera «devant le square du Bastion à l’entrée du Quartier Matonge, près de la Porte de Namur » a précisé le bourgmestre Philippe Close. « Ce n’est pas une grande place mais elle est située à l’entrée d’un quartier important pour Bruxelles. On a rencontré beaucoup d’associations pour en discuter et nous voulions poser ce geste qui permet de tourner une page importante de l’histoire de la Belgique. »
« Est-ce que ce choix est le résultat du refus de la commune ixelloise », sous-entend le journaliste François Heureux.
« Non, non, lui a répondu Philippe Close. On s’est mis d’accord avec nos collègues d’Ixelles pour trouver le meilleur endroit. »Il était en effet plus aisé de « créer » une nouvelle place que d’en débaptiser une autre, déjà connue du public et de l’administration sous un autre nom, a précisé Phlippe Close. La place devrait en outre être ornée d’une statue du Premier ministre de l’histoire du Congo indépendant ou d’une « oeuvre d’art rappelant l’importance de son héritage ».
C’est la fin d’un très long combat pour la communauté congolaise de Bruxelles. Depuis plusieurs années en effet, des militants réclament l’inauguration d’une « place Lumumba » à Ixelles en hommage à Patrice Emery Lumumba, figure de l’indépendance du Congo.
Chaque 17 janvier, jour de l’assassinat du Premier ministre du Congo fraîchement devenu indépendant, des militants se rassemblent dans le quartier Matonge ixellois pour reformuler cette demande. Cette requête, longtemps repoussée et ignorée, cristallise les relations parfois tendues entre Belges et Congolais puisqu’il fut longtemps impossible d’en discuter sereinement ou de faire avancer ce dossier.Cette décision est d’autant plus importante qu’elle est rendue publique le jour même où l’on fête le 60e anniversaire de l’Exposition 58 qui avait laissé des souvenirs humiliants et douloureux aux ressortissants du Congo à travers le «village congolais» de sinistre mémoire.
Karin Tshidimba »
Ref. Le 30 juin, Bruxelles aura sa place Patrice Lumumba
Lumumba était un idéologue doublé d’un caractériel instable auquel la Belgique a trouvé bon de donner les clés du premier gouvernement congolais en juin 1960, alors que le résultat des élections législatives ne l’imposait pas (son Mouvement National Congolais, le MNC, disposait de 35 sièges sur 137). Dans le plus pur esprit amateur de « compromis » à la belge, un haut magistrat auprès de la cour de cassation de Bruxelles, l’avocat général Walter Ganshof van der Meersch, nommé à titre transitoire « ministre-résident » à Léopoldville, s'obstina à marier l'eau et le feu des deux tendances les plus excitées: celles du nationalisme minoritaire à la sauce Sékou-Touré (MNC-tendance Lumumba) et de l’Abako, le mouvement régionaliste radical des Bakongo de Kasa-Vubu : un cocktail politique absurde qui ne manqua pas d’exploser tragiquement dès les premiers jours qui suivirent l’indépendance octroyée le 30 juin 1960. Dédier aujourd’hui une place de la ville de Bruxelles à l’un des protagonistes majeurs d’un drame dont le Congo n’a pas encore fini de subir les tristes conséquences est un geste qui le confirme bien : la Belgique est le pays du surréalisme.
JPSC
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Hiver démographique européen : une résolution de la FAFCE
Résolution pour un printemps démographique
Bruxelles, le 16 Avril 2018

Le Conseil de Présidence de la Fédération des Associations familiales catholiques en Europe réuni cette la semaine dernière à Vienne pour sa réunion de printemps a publié la résolution suivante.
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L’hiver démographique est une urgence silencieuse qui concerne tous les pays européens. Pour cette raison, rassemblés à Vienne pour notre réunion de printemps, nous les Présidents et les délégués du conseil de Présidence de la Fédération des Associations familiales catholiques en Europe (FAFCE) souhaitons attirer l’attention sur cette situation qui est au cœur de problèmes financiers et sociaux qui doivent être traités. Il n’y a pas le temps d’attendre. Il n’y a plus d’excuses à invoquer. Nous devons agir pour le bien des personnes âgées, les droits de notre jeunesse et le futur de nos enfants.
- Rappelant sa déclaration pour son 20e Anniversaire : Les familles sont le trésor de l’Europe et la pierre angulaire du futur (Rome le 31 mai 2017), demandant aux Gouvernements des états européens de créer et promouvoir des politiques familiales au niveau national et de promouvoir des politiques favorable à la famille au niveau européen tout en respectant le principe de subsidiarité;
- Considérant la résolution du Parlement européen du 4 juillet 2017 sur les normes européennes pour le XXIe siècle (2016/2274 (INI)) soulignant la nécessité de prendre en compte le vieillissement démographique de l’Europe;
- Considérant le pronostic démographique pour l’Union européenne (Décembre 2017) qui reconnait que l’Europe vieillit de manière dramatique ;
- Considérant le document de politique publié par la Fondation Schuman sur Europe 2050 : le suicide démographique (27 février 2018) ;
La FAFCE demande aux dirigeants de l’Union européenne et de ses Etats membres de :- Elever le niveau de prise de conscience sur l’hiver démographique et l’urgence d’agir en ce domaine par des initiatives internationales ;
- Mettre en œuvre une politique qui reconnaisse la place unique, fondamentale et irremplaçable de la famille dans la société et qui la considère comme la première « entreprise », par qui le désir de vie pour notre continent s’exprime non seulement par des initiatives économiques mais spécialement par le fait d’élever des enfants puisque « l’esprit d’entreprise reste étroitement lié à l’esprit de famille » (Cf. Europe 2050 : le suicide démographique, p. 6) ;
- Considérer qu’une véritable politique familiale n’est pas qu’un simple soutien social, mais représente une politique tournée vers l’avenir pour le bien commun dans une société vieillissante ;
- Soutenir activement la demande des jeunes gens qui envisagent de prendre leurs responsabilités et de construire une famille avec plusieurs enfants, mais sont souvent découragés par des politiques inadéquates et individualistes qui sont hostiles à la famille ;
- Soutenir des soins palliatifs et des politiques de soins à domicile avancés, qui protègent la dignité de chaque personne jusqu’à la mort naturelle ;
- Mettre la famille au centre des politiques nationales afin que l’hiver démographique puisse devenir un printemps démographique pour donner sa forme au futur de l’Europe.
Vienne, le 12 Avril 2018 -
Les déclarations du cardinal Tauran au siège de la Ligue Islamique Mondiale à Ryad
De Sandro Magister, traduit sur le site diakonos.be :
Ce qu’on avait encore jamais dit en Arabie Saoudite. La première fois de Tauran
Le cardinal Jean-Louis Tauran, qui est président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, se trouve depuis le 13 avril dans la capitale d’Arabie Saoudite où il restera jusqu’au 20 avril pour rendre la visite faite au Vatican, le 20 septembre 2017, par le Secrétaire général de la Ligue Islamique Mondiale, le Sheikh Mohammed Abdul Karim Al-Issa.
Accueilli par le principe Mohammed ben Abderrahmane ben Abdelaziz, vice-gouverneur de Ryad, le cardinal Tauran a tenu au siège de la Ligue Musulmane, pendant sa rencontre avec le Sheikh Al-Issa, un discours sans précédent dans l’histoire des rapports entre le christianisme et l’islam, non pas pour les choses qu’il a dites mais bien pour le lieu dans lesquelles il les a dites.
C’est en effet la première fois qu’en Arabie Saoudite, dans la patrie du wahhabisme, c’est-à-dire de l’un des courants les plus radicaux de l’islam, un haut représentant de l’Eglise catholique s’exprime publiquement et avec netteté sur des questions cruciales telles que la liberté de religion et l’égalité des droits entre les croyants de toutes confessions.
Voici une brève anthologie des déclarations que le cardinal Tauran a faites à Ryad, reprises par « l’Osservatore Romano » du 17 avril.
Lire la suite sur diakonos.be
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Syrie : l'inquiétude du cardinal Raï face aux bombardements occidentaux
Bombardements occidentaux en Syrie: l'inquiétude du cardinal Raï (source)
Les frappes conjointes opérées par la France, les États-Unis et le Royaume-Uni sur des cibles militaires en Syrie suscite l'inquiétude quant à un risque d'internationalisation de la guerre qui ravage le pays depuis sept ans.
Après ces frappes occidentales l’inquiétude se fait sentir chez de nombreux acteurs de la région, à commencer par les chrétiens. C’est le cas du patriarche d’Antioche des maronites, le cardinal Bechara Boutros Raï.
Dans un appel destiné à la communauté internationale, daté du 12 avril, alors que les menaces de frappes occidentales se précisaient, le patriarche maronite fustige le jeu des grandes puissances qui « battent le tambour d’une nouvelle guerre contre la Syrie ».
Il fustige aussi vertement les pays occidentaux « qui n’ont pas le moindre sentiment humain envers les millions de Syriens innocents contraints de fuir leur terre », alors que le Liban a reçu des millions de réfugiés syriens sur son sol.
Interrogé par Olivier Bonnel, le cardinal Raï s’inquiète de cette nouvelle escalade et évoque la nécessité de trouver une issue diplomatique à la guerre en Syrie.
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Bombarder la Syrie; et après on fait quoi ?
Même si les frappes ont eu lieu, les réflexions de Marc Fromager publiées hier conservent toute leur pertinence. Du site de l'Aide à l'Eglise en Détresse (France) :
Syrie : “On va bombarder et après, on fait quoi ?”
Publié le 13 avril 2018
Alors que les États-Unis et la France se disent prêtes à bombarder la Syrie pour répondre à une attaque chimique qu’ils imputent au gouvernement de Bachar el Assad, Marc Fromager, dans un interview à Valeurs Actuelles, appelle plutôt la France à participer à la reconstruction du pays.
Valeurs Actuelles: Les déclarations se multiplient pour une intervention occidentale en Syrie. Vous vous y opposez, pour quelles raisons ?
Marc Fromager: A vrai dire, on a du mal à voir pour quelles raisons on devrait bombarder la Syrie. Officiellement, l’objectif est de ne pas laisser impunie l’utilisation d’armes chimiques et de fait, si cela était avéré, ce serait un crime auquel la communauté internationale devrait trouver une réponse adéquate. Simplement, les questions qui surgissent à ce stade sont extrêmement nombreuses. Tout d’abord, l’argument de l’utilisation d’armes chimiques ou de destruction massive a été tellement employé ces dernières années pour des situations qui se sont avérées fausses ou dont les preuves n’ont toujours pas été fournies qu’une certaine suspicion a fini par apparaître.
Ensuite, on ne voit pas très bien pourquoi l’Etat syrien aurait autorisé l’emploi d’armes chimiques alors que la bataille de la Ghouta orientale était en passe d’être gagnée. Pourquoi compromettre les derniers réglages de l’accord d’évacuation des rebelles avec une décision qui ne pouvait qu’exposer la Syrie à une condamnation internationale ? Enfin, il est tout de même difficile d’évacuer le fait que depuis sept ans, ceux qui insistent si lourdement pour bombarder la Syrie (Etats-Unis, Grande-Bretagne et la France) ont participé activement à ce conflit dont l’issue semble leur échapper. En bref, l’explication émotionnelle de la défense de la population civile en Syrie que les Occidentaux agitent constamment peine à nous convaincre. La population civile yéménite, pour ne citer que celle-là, aurait-elle moins de raisons d’être défendue ?
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« Vie accomplie » : une pathologie pouvant justifier un acte d’euthanasie ?
Du Bulletin d'Information de l'Institut européen de Bioéthique :
Euthanasie pour "vie accomplie" aux Pays-Bas : Dossier
Faut-il incorporer la notion de « vie accomplie » parmi le nombre de pathologies pouvant justifier un acte d’euthanasie ?
Aux Pays-Bas, cela fait plusieurs années déjà que cette question occupe l’opinion publique. Elle suscite la réflexion éthique et renouvelle le débat politique sur la fin de vie.
Le présent dossier retrace une partie de cette réflexion. Il reprendra tout d’abord la réponse politique donnée par le gouvernement néerlandais à la question des euthanasies pour « vie accomplie ».
Il présentera ensuite deux définitions du concept, élaborées par différentes instances néerlandaises, qui se sont chacune penchée sur le phénomène de « vie accomplie » avec leur regard propre.
Il abordera enfin la thèse de doctorat de la chercheuse néerlandaise Els van Wijngaarden. Cette thèse représente la première enquête sur le terrain et recherche scientifique de cette ampleur sur le sujet.
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RDC : les agressions contre des prêtres se multiplient
De l'agence Fides.org :
AFRIQUE/RD CONGO - Témoignages ecclésiaux après l’agression subie par deux prêtres
Kinshasa (Agence Fides) – Deux autres prêtres ont été agressés en République démocratique du Congo. Selon des nouvelles parvenues à l’Agence Fides, le Curé de la Paroisse Bienheureux Isidore Bakanja, sise dans le district de Seka-Mbote de Boma, dans l’extrême ouest du pays, le Père Pierre Mavinga, et son Vicaire, ont été attaqués au soir du 10 avril. « C’était au tour de 20 heures. Près d’une dizaine de bandits encagoulés, certains en tenue militaire, ont envahi notre presbytère. Ils ont tiré à bout portant à balles réelles. Ils nous ont roué de coups et ont emporté nos téléphones, ordinateurs, et un peu d’argent » indique le Père Mavinga.
Le Père Mavinga est actuellement hospitalisé. Il a eu une entorse au bras gauche, suite à un coup de marteau reçu des assaillants. L’agression contre les deux prêtres de Boma a eu lieu deux jours après le meurtre du Père Etienne Sengiyumva, Curé de Kitchanga, dans l’est du pays (voir Fides 09/04/2018).
Depuis quelques temps, l’Eglise catholique fait l’objet d’intimidations et de menaces de la part du gouvernement et de groupes armés. « Des convocations au tribunal ou des arrestations arbitraires, des enlèvements et/ou des tueries. Tel est le sort de plusieurs prêtres et autres consacrés en République Démocratique du Congo depuis un certain temps » indiquent à Fides des sources de l’Eglise congolaise. « Cette situation on n’en peut plus inquiétante persiste depuis que l'Eglise catholique a pris le devant dans la recherche des solutions par rapport à la crise politique qui paralyse ce pays depuis longtemps ».
Les Evêques avaient négocié l’accord de la Saint Sylvestre, en 2016, pour porter le pays aux urnes après que les élections présidentielles qui devaient théoriquement se tenir d’ici la fin de l’année, n’avaient pas eu lieu. La non application de cet accord a poussé par la suite le laïcat catholique à organiser une série de manifestations afin d’en demander le respect intégral, manifestations qui ont cependant été réprimées dans le sang. (P.M.B.) (L.M.) (Agence Fides 12/04/2018)
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La Marche pour la Vie, une initiative et une organisation de jeunes qui réunit toujours plus de jeunes
D'Antoine Pasquier sur le site de l'hebdomadaire Famille Chrétienne :
En Belgique, « La Marche pour la vie étonne parce qu’elle est jeune »

Marche pour la vie en Belgique ©DR
En Belgique, la prochaine Marche pour la vie se déroulera le 22 avril à Bruxelles. L’événement aura pour mot d’ordre « Sont-ils voués à disparaître ? » et alertera sur le développement progressif de l’eugénisme. Entretien avec sa porte-parole, Constance du Bus.
La prochaine Marche pour la vie se déroule le 22 avril en Belgique. Cette édition 2018 porte-t-elle sur un thème en particulier ? Quel est son mot d’ordre ?
Cette année, nous tirons la sonnette d’alarme de l’eugénisme qui s’installe progressivement dans notre société. « Sont-ils voués à disparaître ? ». C’est ainsi que s’intitule l’affiche de l’édition 2018, illustrée par les visages de personnes menacées par l’avortement (comme les enfants à naître chez qui est détecté un handicap) et par l’euthanasie (comme les personnes âgées, ou celles en grande souffrance physique ou psychologique). Le message souligne aussi le paradoxe qu’il peut y avoir à vouloir sauver les espèces animales en voie de disparition quand des catégories entières de l’espèce humaine sont éliminées par toutes ces pratiques portant atteinte à la vie humaine. On pense bien sûr aux questions soulevées dans l’actualité de cette année, par rapport à l’utilisation du nouveau dépistage prénatal non invasif (DPNI), promu pour dépister plus systématiquement certains handicaps et ouvrant la porte à encore davantage d’avortements. On pense aussi aux débats sur l’euthanasie pour « fatigue de vie » ou « vie accomplie », soi-disant souhaitée par 7 Belges sur 10 selon certaines enquêtes. La situation est très grave : notre société s’embarque dans un tri sélectif des êtres humains en fonction de leurs caractéristiques génétiques ou de leurs circonstances de vie. Le problème est que cela passe sous le vocable de liberté, de disposition de son corps ou de sa vie… Alors que c’est un signe de détresse profonde. Il faut réagir en tant que citoyen, par solidarité, devant tant de dévalorisation de l’humain.
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Les USA et leurs alliés cherchent-il à plonger le monde dans la guerre ?
De Patrick Garro sur le site de l'Homme Nouveau :
Les Etats-Unis et leurs alliés cherchent-ils à plonger le monde dans la guerre ?

Dans les prises de paroles concernant les présumées attaques du régime Syrien contre sa population, à l'aide d'armes chimiques, il est difficile de comprendre les véritables objectifs poursuivis par les États-Unis et leurs alliés. Les mots se font chaque jour plus menaçants, la tension s'accroît... Sous le nom de Patrick Garro, l'auteur, avocat au Barreau de Paris, livre son analyse à l'Homme Nouveau.
M. Vassili Nebenzia, ambassadeur russe à l’ONU, s’y est récemment adressé aux diplomates étasuniens, avec une rare liberté, pour leur dire : « Partout où vous allez, tout ce que vous touchez ; vous ne laissez que le chaos derrière vous ». Partout, en effet, la politique militaire américaine, depuis la 2e guerre mondiale, ne conduit qu'à des ruines. Et il y aurait long à écrire au sujet des ruines morales qu’a partout propagées la sous-culture qui l’accompagne ou la fonde, et qui s’est répandue « pacifiquement » à travers le monde depuis 70 ans. Qui peut raisonnablement le nier ?
Quel « chaos » prépare-t-on dès lors aujourd'hui en Syrie, après ceux d’Afghanistan, d'Irak [environ 200 000 morts civils depuis 2003, selon l’Irak Body Count], de Libye ? Qui peut encore se laisser convaincre par les « bonnes intentions » déjà invoquées hier par le gouvernement Bush, et invoquées toujours aujourd’hui par l'ambassadeur américain à l’ONU, Mme Nikki Haley, qui nous parle de « protéger le peuple syrien » pour justifier les présents projets de guerre et masquer le fanatisme économico-militaire qui les anime ? Que manque-t-il encore aux gens pour ouvrir les yeux, en particulier sur le fait que toutes ces opérations destructrices ont toujours été justifiées par l’hypocrisie et le mensonge ? L'affaire irakienne et l’affaire libyenne sont-elles déjà effacées des mémoires ? Comment expliquer la démission intellectuelle et morale de tant de journalistes, en particulier, devant des manœuvres et des manipulations qui devraient pourtant susciter leur indignation, à tout le moins leur méfiance ? Même leur sensibilité prétendument de gauche ne leur sert plus d’aiguillon.
La Russie est coupable dans l'affaire Skripal ; peu importe qu'aucune preuve de son implication n'ait été apportée. Elle doit être coupable, car cela est utile à la politique américaine, et que celle-ci l’exige parce qu’en définitive il lui est insupportable qu’un monde libre puisse subsister hors de son joug économique. Le président Poutine l’a exactement analysé depuis longtemps en faisant état de la volonté des états-Unis de contrôler un monde monopolaire. La Russie est coupable dans l'affaire de l'attaque chimique de la Ghouta ; peu importe que la presse, ce matin encore, fasse état « d'attaque chimique présumée en Syrie » (Europe 1, Paris-Match, France Bleue, etc.), ou que les politiciens assortissent cette attaque d’un conditionnel ou en soulignent les incertitudes, de M. Mélenchon à M. Dupont-Aignan. Peu importent les sources d’information de ceux qu’il est convenu d’appeler, pour radicaliser l’affrontement de deux camps, les « occidentaux » ; peu importe aussi, dit en passant, que Daech utilise des armes chimiques sur le terrain, ainsi qu’en témoignait récemment encore M. Régis Le Sommier, journaliste remarquable de Paris-Match ; peu importe que les russes avancent que des instructeurs américains ont formé, en Syrie, des groupes islamistes à l’usage d’armes chimiques dans la Ghouta orientale pour en attribuer l’utilisation à l’armée syrienne.
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L'Etat islamique est bien vivant en Asie
Ce que vous devez savoir sur l’émergence de l’État islamique en Asie
Lorsque les militants de l’État islamique ont dévoilé leur projet de califat en 2014, il se sont d’abord emparés de territoires en Irak et en Syrie. Mais, ces 2 dernières années, des militants faisant allégeance au groupe ont mené des attaques en Afghanistan, au Bangladesh, en Indonésie, en Malaisie et aux Philippines. Le groupe a également des sympathisants en Inde et au Pakistan.
Selon World Watch Monitor, les défaites en Irak et en Syrie ont fait perdre du territoire à l’État islamique, et ont poussé les dirigeants du groupe islamiste à encourager les actions de « loups solitaires », notamment en Europe, et à coordonner des actions fortes en Asie, comme à Marawi l’an passé. L’intérêt de l’État islamique pour certains pays asiatiques, serait dû à la présence importante d’une forme d’islam de plus en plus radicalisée, véritable vivier de recrues potentielles.
Aux Philippines, l’île de Mindanao par exemple a longtemps été le théâtre d’insurrections séparatistes islamistes, attirant des combattants de Malaisie et d’Indonésie. L’instabilité de ces zones, le trafic d’armes endémique dans ces régions, la jungle et les frontières maritimes poreuses de ces pays constituent un terreau fertile pour l’idéologie conquérante de Daech. Des centaines de militants recrutés en Malaisie et Indonésie auraient d’ailleurs rejoint les rangs de Daech en Irak et en Syrie.
Cette radicalisation de l’islam dans ces pays asiatiques s’accompagne d’une intolérance croissante à l’égard des chrétiens. C’est ainsi que le gouverneur indonésien chrétien Ahok avait été condamné pour blasphème en mai dernier, suscitant l’indignation des défenseurs des libertés à travers le monde. Le sort d’Alvaro et d’autres enfants lors d’un attentat devant une église en novembre 2016, avait ému l’opinion et révélé ces violences. En juin 2017, l’effroyable prise de Marawi désormais libre, et le déchaînement de violence qui y fut associé, avaient provoqué la stupeur. On se souvient de ce célèbre écrivain musulman qui avait alors empêché la décapitation de 64 chrétiens en les cachant dans sa maison.

