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Santé

  • Marche pour la Vie : quand les évêques brillent par leur absence...

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    De Solène Tadié sur le NCR :

    Des milliers de jeunes manifestent pour la vie à Paris, mais l'absence d'évêques risque de creuser un fossé générationnel.

    ANALYSE : À une époque de profonde confusion morale, les Églises nationales ne peuvent se permettre de paraître plus hésitantes quant à leurs propres enseignements que les jeunes qui les adoptent

    Environ 10 000 personnes se sont rassemblées place Vauban à Paris, devant l'emblématique palais des Invalides, pour la Marche pour la vie annuelle, le 18 janvier.

    La foule, majoritairement jeune, visiblement engagée et sans ambages, s'est rassemblée pour défendre la dignité de la vie humaine à un moment où les enjeux législatifs sont particulièrement importants pour la France.

    La marche s'est déroulée deux ans seulement après l'inscription du droit à l'avortement dans la Constitution française et quelques jours avant un débat au Sénat sur la loi relative à l'aide médicale à mourir , un projet de loi visant à normaliser l'euthanasie et le suicide assisté, plaçant ainsi la France parmi les pays ayant la législation la plus permissive au monde en la matière. Pour de nombreux participants, ce contexte a conféré à la marche une dimension historique.

    Pourtant, tandis que les militants pro-vie — pour la plupart de jeunes catholiques — remplissaient la place en grand nombre pour défendre ce qu'ils considéraient comme une question de civilisation, la hiérarchie catholique française brillait par son absence. Seul l'ancien évêque du diocèse de Toulon-Fréjus, Dominique Rey, était présent. 

    Cette absence, constante au fil des ans, invite à une réflexion plus approfondie sur la manière dont les dirigeants de l'Église s'engagent — ou hésitent à s'engager — dans les questions morales publiques à un moment où la foi connaît un renouveau générationnel, porté par une jeunesse en quête de repères moraux.

    Une mobilisation jeune et intransigeante

    Derrière une banderole proclamant « Soigner et soutenir, jamais réprimer », une foule fervente a envahi les rues de la capitale française dimanche après-midi, donnant le ton à une manifestation à la fois pacifique et déterminée. Étudiants, jeunes familles et manifestants novices se sont joints aux militants de longue date. Les organisateurs estiment l'âge moyen des participants à une vingtaine d'années, et la mobilisation a atteint plusieurs milliers de personnes – un succès malgré un soutien institutionnel limité et une couverture médiatique minimale.

    La marche débutera par un défilé dans les rues de Paris.
    La marche débute par un défilé dans les rues de Paris. (Photo : Zofia Czubak)

    « Descendre dans la rue nous paraît essentiel », a déclaré Marie-Lys Pellissier, 24 ans, porte-parole de la Marche pour la Vie en France, au Register. « C’est le seul moment de l’année où nous pouvons exprimer publiquement notre opposition à l’avortement et à l’euthanasie et proposer des solutions concrètes. Le reste du temps, les médias ne nous donnent jamais la parole. »

    Si la marche a rassemblé une majorité de jeunes, expliqua-t-elle, c'est parce que ces questions de bioéthique confrontent les jeunes générations de manière précoce et directe, ne laissant que peu de place à la neutralité ou à l'indifférence. Évoluant dans un contexte de relativisme moral et de législation bioéthique de plus en plus permissive, nombre de jeunes participants se sentent obligés de manifester leur opposition dans la rue.

    Un autre fait marquant de cette année a été la prise de parole de nombreuses femmes, souvent jeunes, qui ont accepté de partager ouvertement leur expérience de l'avortement. Certaines ont témoigné publiquement de leurs avortements passés et des conséquences psychologiques et morales à long terme qu'elles ont subies, cherchant à remettre en question le discours dominant qui présente l'avortement comme une libération. Parmi elles, Emilie Quinson, qui s'est récemment exprimée au Parlement européen pour sensibiliser l'opinion publique aux réalités de l'avortement et au manque d'alternatives offertes aux femmes confrontées à une grossesse non désirée. Mme Quinson a révélé avoir subi trois avortements, avoir vécu un traumatisme profond et avoir ensuite élevé cinq enfants – une expérience qu'elle considère aujourd'hui comme essentielle à son témoignage public.

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  • France : quelles sont les origines du principal promoteur de l’euthanasie et du suicide assisté ?

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    De Grégor Puppinck sur le site de l'ECLJ :

    Aux origines de l’ADMD : eugénisme anglo-saxon et « internationale humaniste »

    18 Janvier 2026

    L’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) est le principal promoteur de l’euthanasie et du suicide assisté en France depuis plus de 40 ans, mais son histoire est peu connue. C’est ce voile que nous allons lever quelque peu, pour montrer que loin de l’image lisse et consensuelle qu’elle cherche à imposer aujourd’hui, l’ADMD est directement issue des mouvements euthanasistes et eugénistes anglo-saxons, ainsi que de l’internationale « humaniste ». Cet article remonte dans le temps pour tracer l’histoire du mouvement pro-euthanasie, puis présente ses traductions politiques. Cet article résume une étude approfondie de l'histoire de La promotion de l'euthanasie au XXe sicècle disponible ici.

    L’ADMD : un « produit d’importation » (1979-1980)

    On ignore généralement que l’ADMD est un produit d’importation. Elle a été fondée en 1980 par un américain, Michel Lee Landa, après que celui-ci a publié dans Le Monde une tribune faisant l’apologie de « l’auto-délivrance »[i] en prenant d’ailleurs pour exemple la pratique américaine. Il publia cette tribune de retour d’un congrès tenu à Londres. D’emblée l’ADMD adopte le logo de l’association euthanasiste britannique Exit représentant la chaine brisée de la vie, marquée par la mort. L’acronyme ADMD figure à l’emplacement de cette brisure, c’est-à-dire de la mort. Le choix du nom « ADMD » est aussi emprunté à l’association américaine pour la légalisation de l’euthanasie qui a adopté le nom « Society for the Right to Die » en 1974. Le programme de l’ADMD est aussi copié des associations britanniques et américaines. Il consistait initialement en la promotion des « testaments de vie » (ancêtre des « directives anticipées »), dont la diffusion a été initiée aux États-Unis dans les années 1970, puis en la traduction et diffusion en France du « Guide de l’auto-délivrance » publié d’abord par Exit au Royaume-Uni, et qui donna la matière au fameux livre Suicide, mode d’emploi publié en 1982.

    L’ADMD-France s’inscrit ainsi complètement dans cette filiation anglo-saxonne ; celle-ci s’ajoute à sa filiation humaniste ou franc-maçonne qui est, elle, beaucoup plus connue. En effet, il est de notoriété publique que les principaux fondateurs de l’ADMD sont fortement engagés dans la franc-maçonnerie. C’est le cas en particulier du sénateur Henri Caillavet et de Pierre Simon.

    Les premières propositions de loi en faveur de l'euthanasie (1969-1978)

    Au Royaume-Uni, la British Humanist Association s’engagea formellement en 1968 à œuvrer pour la légalisation de l’euthanasie. De même, la National Secular Society adopta une résolution reconnaissant « le droit naturel des individus à demander l’euthanasie pour eux-mêmes lorsque leur vie est devenue intolérable, et pour leurs médecins de pouvoir les aider sans risquer d’être poursuivis pour crime »[ii]. C’est ainsi toute la mouvance de la libre-pensée britannique qui s’engagea publiquement en faveur de l’euthanasie. Cet engagement conduisit à l’introduction, à partir de 1969, d’une série de propositions de loi par des membres de cette école de pensée ; mais sans succès.

    En juillet 1974, l’American Humanist Association (AHA) publia un manifeste[iii] en faveur de l’euthanasie cosigné par les présidents des associations humanistes américaine et britannique, ainsi que par trois prix Nobel. Ce manifeste fut traduit et publié le même jour par Le Figaro, donnant le coup d’envoi de la campagne pour l’euthanasie en France. Il s’ensuivit une série de livres et de publications favorables à l’euthanasie, ainsi que le dépôt par les sénateurs Henri Caillavet et Jacques Mezard d’une proposition de loi visant à obtenir la reconnaissance légale de « testaments de vie », en 1978. Ce n’est qu’après l’échec de cette proposition de loi que l’ADMD fut fondée en France, à une époque où le mouvement euthanasiste anglo-saxon entreprit de se diffuser dans le monde.

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  • « Évoquer une loi de fraternité est un mensonge » : la charge des évêques français contre le projet de loi Fin de vie

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    De Famille Chrétienne (Angeline Desdevises / Hans Lucas) :

     
    « Évoquer une loi de fraternité est un mensonge » : la charge des évêques contre le projet de loi Fin de vie

    À la veille du débat dans l’hémicycle, les évêques de France rappellent leur opposition à l’aide à mourir et plaident pour un renforcement des soins palliatifs.

    « Les soins palliatifs sont l’unique bonne réponse », soulignent les évêques de France jeudi dans une tribune, alors que le débat parlementaire sur la fin de vie a repris depuis mercredi en commission au Sénat. Tout en rappelant leur « profond respect pour les personnes en fin de vie », ils rappellent que la France a fait depuis plus de 25 ans le « choix singulier et précieux » de « refuser à la fois l’acharnement déraisonnable et la mort provoquée ». Dans ce texte transmis à la presse et signé par les évêques du conseil permanent de la Conférence des évêques de France (CEF), les prélats interrogent « la question du sens de la vie, de la souffrance et de la mort », et soulignent que leur motivation « n’est pas d’abord ni exclusivement confessionnelle ».

    Un « mensonge »

    Les évêques rappellent que l’accès aux soins palliatifs demeure « très inégal sur le territoire national. Aujourd’hui encore, près d’un quart des besoins en soins palliatifs ne sont pas couverts »« Nous appelons solennellement les responsables politiques à mesurer la portée anthropologique, sociale et éthique de leurs débats et de leurs votes », appuient-ils. « Évoquer une loi de fraternité quand il s’agit de faire mourir, de donner la possibilité de s’administrer une substance létale, ou d’inciter un soignant de le faire contre sa conscience, est un mensonge », écrivent-ils. « Présenter l’euthanasie et le suicide assisté comme des actes de soin brouille gravement les repères éthiques (…) Nous refusons en particulier l’instrumentalisation de notions essentielles telles que la dignité, la liberté ou la fraternité », souligne leur texte.

    Le Sénat a repris depuis mercredi l’examen de ce texte, souhaité par l’exécutif mais reporté à plusieurs reprises en raison des soubresauts politiques. La chambre haute en débattra dans l’hémicycle à partir du 20 janvier, avant un vote solennel prévu le 28 janvier. Puis l’Assemblée nationale devrait s’en saisir à nouveau en février.

  • « Et si la dignité, c’était de protéger la vie ? » 10.000 manifestants sont attendus dans les rues parisiennes

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    « Et si la dignité, c’était de protéger la vie ? » : la Marche pour la vie descend dans la rue le 18 janvier

    15 janvier 2026
     

    « Et si la dignité, c’était de protéger la vie ? » Dimanche, 10.000 manifestants sont attendus dans les rues parisiennes à la veille de l’examen par le Sénat des propositions de loi relatives à la fin de vie, à compter du 20 janvier.

    « L’euthanasie n’est évidemment pas le seul thème de la Marche pour la vie, mais elle en constitue aujourd’hui l’enjeu central », explique Guillaume de Thieulloy, le président du mouvement. « Aujourd’hui, on parle de vie et de mort », souligne Marie-Lys Pellissier, porte-parole du collectif.

    « Les seuls combats que l’on est certain de perdre sont ceux que l’on ne mène pas »

    « Il existe encore en France des personnes qui estiment que la dignité humaine tient à notre condition d’homme, et non à notre état, à notre âge, à notre santé ou à notre richesse », affirme le président de la Marche pour la vie. Parmi les intervenants prévus dimanche, un jeune homme atteint de la myopathie de Duchenne : « Pour toutes les personnes comme lui, qui seraient en soi éligibles à l’euthanasie ou au , cette proposition de loi est une véritable violence, puisque la mort leur est présentée comme un soin », s’indigne la porte-parole (cf. « Droit à l’aide à mourir » : « cette loi nous indique froidement la porte de sortie »).

    Afin d’encourager les Français à rejoindre la place du Trocadéro, le collectif a financé l’affrètement de plusieurs cars, en provenance de différentes villes de France. « Les seuls combats que l’on est certain de perdre sont ceux que l’on ne mène pas », rappelle Guillaume de Thieulloy.

    Sources de la synthèse de presse : Famille chrétienne (14/01/2026) ; Valeurs actuelles, Bertille Vaur (13/01/2026)

  • "Le corps dans tous ses états" : l'Université de la Vie de retour en Belgique

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    Bandeau ieb

    Evénement

    L' UNIVERSITE DE LA VIE DE RETOUR EN BELGIQUE !

    Photo par formulaire PxHere

    Comme chaque année depuis 2015, l'Institut Européen de Bioéthique diffuse et coordonne en Belgique l'excellente formation proposée par Alliance Vita : l'Université de la vie. 

    L’Université de la vie est un cycle de formation en trois séances qui présente et décrypte les enjeux actuels de la bioéthique pour agir en faveur de la protection et la défense de la dignité humaine.

    Sous forme de courtes vidéos et guidée par un fil rouge commun, chaque ville participante s'approprie la formation en la ponctuant de temps d'échange et de réflexion. Aux trois soirées, un témoin local est invité à s'exprimer. 

    Nous vous invitons chaleureusement à participer à l'UDV dans l'une de ces villes : Tournai, Bruxelles, Louvain La Neuve, Namur, Liège, Hannut, Banneux. 

    Les dates des séances ne sont pas identiques à toutes les villes, allant de fin janvier à fin mars. Pour toutes questions d'ordre pratique n'hésitez pas à prendre contact en répondant à ce courriel.

    Le thème de cette année : 

    LE CORPS DANS TOUS SES ETATS 

    3 séances de formation bioéthique : 

    1. PRENDRE CORPS – aux origines du corps, entre mystère et émerveillement  

    2. VIVRE EN CORPS – un corps qui vit, grandit, mûrit, ressent, vieillit… 

    3. FAIRE CORPS – de l’individu au corps social 

    Présentation vidéo de l'UDV

    UDV2026

    Les villes belges qui accueillent l'UDV :

    TOURNAI : lundi 16, 23 et 30 mars à 20H

    BRUXELLES : lundi 16, 23 et 30 mars à 20H

    LOUVAIN LA NEUVE : lundi 9, 16 et 30 mars à 19H30

    NAMUR : lundi 16, 23 et 30 mars à 20H

    LIEGE : Mercredi 11, 18 et 25 mars 19H

    HANNUT : Dimanche 8, 15 et 22 février 18H 

    BANNEUX : Dimanche 18, 25 Janvier, 1 et 8 Février à 17H

    Edito

    Anne-Charlotte Rimaud 

    PRÉSIDENTE D’ALLIANCE VITA

    Merveilleux et mystérieux, notre corps nous fascine autant qu’il nous questionne. Notre époque interroge profondément notre rapport au corps : à la fois célébré, sollicité, maîtrisé, et parfois même "rêvé" autrement. Les innovations scientifiques et technologiques nous émerveillent autant que leurs usages peuvent nous déstabiliser, et se retourner même contre l’homme, en son corps, en sa personne. Elles nous poussent plus que jamais à questionner, à revisiter ce que signifie être un être incarné, vulnérable, relationnel. En effet, tout part de là : pas de corps, pas de personne. 

    C’est dans ce contexte que nous avons choisi le thème de cette nouvelle Université de la vie : « Le corps dans tous ses états ». Nous voulons prendre le temps d’explorer ce lieu si essentiel où se joue toute notre humanité. Car c’est dans et par notre corps que la vie se donne, que les liens se tissent, que la fragilité s’exprime et que la solidarité prend forme. 

    Au fil des trois soirées de l’Université de la vie d’Alliance VITA, nous réfléchirons ensemble à ce qui fonde notre condition corporelle : le début de la vie et l’émerveillement qu’il suscite, les étapes de la vieillesse et de la fin de vie qui appellent tant de présence et de soin, et enfin cette dimension relationnelle qui nous unit au sein d’un même “corps social” : la solidarité. Alliance VITA, engagée auprès des plus fragiles, devait naturellement se saisir de ce thème essentiel. Que cette édition soit pour chacun une source de prise de conscience, d’espérance et d’engagement. Ensemble, redécouvrons la grandeur de notre vie incarnée et apprenons à vraiment faire corps. 

    Bonne Université de la vie ! 

    Université de la vie
  • Belgique : le suicide de trois jeunes filles qui avaient entamé une « transition de genre » pose la question de l’utilité de ces traitements

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    En Belgique, le suicide de trois jeunes filles qui avaient entamé une « transition de genre » pose la question de l’utilité de ces traitements

    12 décembre 2025

    Depuis cet été, 3 jeunes filles se sont suicidées en Belgique. L’une d’entre elles a fait une demande d’euthanasie qui a été acceptée. Le point commun entre ces jeunes filles est qu’elles avaient, peu de temps auparavant, entamé une « transition de genre »[1].

    A partir de 2010 environ, le nombre de jeunes, en grande majorité des filles, qui se déclarent « transgenres » a connu une multiplication spectaculaire dans les pays développés. Certains militants, qui défendent la « transition de genre » pour les mineurs, affirment que le nombre de cas n’a pas évolué, mais qu’à présent, enfin, les « jeunes trans » osent s’affirmer comme tels.

    Un ensemble de facteurs externes à l’origine du phénomène

    Dans Les Ravages du genre [2], la journaliste Pauline Arrighi a analysé le faisceau de causes qui font que, depuis 15 ans, de nombreuses adolescentes sont amenées à qualifier leur mal-être de « dysphorie de genre ». Parmi ces facteurs, on peut compter une détérioration massive de la santé mentale des jeunes avec un assèchement des soins en psychiatrie (cf. En Belgique, la jeune Siska sera bientôt euthanasiée à 26 ans pour trouble dépressif sévère), l’utilisation des smartphones et réseaux sociaux qui entament gravement le rapport au corps, un changement de définition à l’OMS qui a amené à une « inflation de diagnostics », ou encore une pression militante pour imposer la notion d’« identité de genre » jusque dans les écoles (cf. Le programme Evars d’« éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité » de la maternelle à la terminale sera mis en place dans tous les établissements à la rentrée 2025).

    La « contagion sociale par les pairs »

    La chercheuse en santé publique Lisa Littman a forgé la notion de dysphorie de genre à apparition rapide (« rapid-onset gender dysphoria). Des groupes d’adolescentes se déclarent « transgenres » ou « non-binaires » quand rien ne le laissait présager ; alors que dans le cas des personnes transsexuelles, qui comptent surtout des hommes, documentés depuis des décennies, le sentiment d’inadéquation avec le corps sexué est prégnant depuis l’enfance.

    Certains psychologues parlent de « contagion sociale par les pairs » (cf. Transition de genre : une étude documente la « contagion sociale ») et dressent un parallèle avec la vague d’anorexie des années 1990 et 2000. Est-ce que les jeunes filles anorexiques « osaient enfin être maigres » ? Personne n’avancerait une idée pareille. Au contraire, ces adolescentes étaient influencées par des sites web « pro-ana » (pro-anorexie) où elles étaient encouragées à maigrir toujours plus, en signe de maîtrise de soi, et où celles qui reprenaient du poids étaient considérées comme faibles.

    Le danger des bloqueurs de puberté en réponse à une souffrance psychique

    A cette époque, aucun médecin n’aurait dit qu’il fallait « affirmer l’identité anorexique » des jeunes filles en leur prescrivant des coupe-faims. Pourtant, des médecins prescrivent à des adolescentes, et même des enfants, des bloqueurs de puberté en réponse à leur souffrance psychique.

    D’une part, l’efficacité de ces traitements sur la santé mentale des patients n’a jamais été démontrée (cf. Le Royaume-Uni lance la première étude randomisée sur les effets des bloqueurs de puberté sur le cerveau) ; d’autre part, administrer des hormones destinées à « appuyer sur le bouton pause » du processus naturel de la puberté présente de nombreux effets secondaires graves connus (cf. Enfants « trans » : des études, des faits ; La Nouvelle-Zélande interdit l’accès aux « bloqueurs de puberté » pour les mineurs ). La liste des effets délétères est longue : stérilité, ostéoporose précoce, risque multiplié de cancer, infarctus, AVC ou embolie pulmonaire. La prise d’hormones a des effets secondaires définitifs, même après une interruption du traitement : chez les jeunes filles, on observe une voix masculine, une pilosité faciale, une atrophie vaginale qui rend les rapports sexuels quasiment impossibles ; et le développement du cerveau est entravé, ce qui a pour effet un risque de réduction du QI et des troubles cognitifs permanents.

    « Et pendant ce temps, Nathan, Aero et Mélodie-Téo sont mortes, et leurs familles doivent traverser une douleur insoutenable. » Elles avaient 20, 18 et 16 ans.

    [1] La Libre, Dysphorie de genre : trois jeunes vies brisées en trois semaines Rose Kelleher, Muriel Petit, Suzy Eeckelaerts et Vera Schlusmans, Pour les Femmes, Voor Vrouwen (08/12/2025)

    [2] Publié en novembre 2023 aux éditions du Cerf

  • La musique sacrée bénéfique pour le cerveau comme pour l'âme

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    De Terry O'Neill sur CNA :

    La musique sacrée est bénéfique pour le cerveau comme pour l'âme, affirme un neuroscientifique.

    Il y a seize siècles, saint Augustin aurait dit : « Celui qui chante, prie deux fois. » Aujourd'hui, la recherche scientifique montre que chanter, jouer de la musique ou en écouter enrichit et renforce également son cerveau, selon la neuroscientifique catholique Kathlyn Gan.

    De plus, la musique sacrée pourrait produire des effets encore plus bénéfiques.

    Gan, qui dirige un laboratoire de recherche à l'Université de Toronto, a annoncé cette bonne nouvelle à une cinquantaine de personnes lors d'une conférence le 30 octobre à l'église Saint-François-de-Sales de Burnaby, en Ontario.

    Dans sa présentation d'une heure intitulée « La neuroscience de la musique sacrée », Gan, ancienne directrice de chœur et accompagnatrice, a décrit comment des recherches montrent que la musique peut faire partie d'un mode de vie sain qui contribue à lutter contre le déclin mental lié au vieillissement.

    La musique peut également contribuer à prévenir l'apparition de la maladie d'Alzheimer qui, dans près de 95 % des cas, peut être provoquée par des facteurs non génétiques, notamment l'obésité, l'hypertension artérielle, le tabagisme, la surdité, les lésions cérébrales et l'isolement social.

    « Non seulement la musique stimule le cerveau de manière particulière, mais elle favorise également des liens sociaux sains lorsqu'elle est pratiquée en groupe », a déclaré Gan, actuellement musicien liturgique dans l'archidiocèse de Toronto.

    Dans un entretien accordé au journal The BC Catholic, elle a expliqué que la musique est encodée et intégrée par de multiples régions du cerveau, stimulant les voies neuronales qui régulent la mémoire, le mouvement, la récompense, les émotions et l'empathie.

    « Compte tenu de ces effets, la musique peut nous aider à garder l'esprit actif et à favoriser les liens sociaux, ce qui peut contribuer à atténuer le risque de maladie d'Alzheimer », a-t-elle déclaré.

    Gan, qui a obtenu son doctorat à l'Université Simon Fraser de Burnaby et a effectué des études postdoctorales à l'Université Stanford en Californie, a déclaré que la musicothérapie est largement utilisée dans le cadre d'une approche de traitement holistique pour améliorer les problèmes comportementaux et encourager les liens sociaux aux stades intermédiaires et avancés de la maladie d'Alzheimer.

    Gan a noté que Radio-Canada avait récemment rapporté que des médecins de Montréal s'étaient associés à l'orchestre symphonique de la ville pour prescrire de la musique comme médicament.

    « Les médecins recevront des ordonnances qu’ils remettront à leurs patients », a déclaré Mélanie La Couture, directrice générale de l’Orchestre symphonique de Montréal. « Les patients nous appelleront et nous offrirons deux billets gratuits à chacun d’eux. »

    On pourrait concevoir que l'écoute ou le chant de musique sacrée, que Gan définit comme toute musique — du chant grégorien et classique au jazz et au gospel — qui contribue à la solennité et à la beauté de la messe, favorise une réflexion plus profonde sur les lectures bibliques et l'homélie, et glorifie Dieu, apporte encore plus de bienfaits.

    Cela dit, il sera difficile pour les scientifiques de prouver les bienfaits particuliers de la musique sacrée en raison des perceptions subjectives de la musique par les auditeurs ou les musiciens et de leur niveau variable de formation et de compréhension spirituelles, a déclaré Gan.

    À tout le moins, écouter ou interpréter de la musique sacrée aide une personne à approfondir sa foi et à aimer Dieu, a-t-elle déclaré dans sa présentation.

    Outre ses trois diplômes de l'Université Simon Fraser (SFU), Gan est également titulaire d'un diplôme d'études collégiales du Conservatoire royal de musique. Pianiste classique accomplie, elle partage son talent et sa foi dans les églises et au sein de la communauté. Elle se produit notamment avec ses élèves de piano dans des résidences pour aînés et des établissements de soins de longue durée, et intervient également dans des programmes de musicothérapie et d'accompagnement spirituel.

    Elle considère son ministère musical comme une forme de prière qui la pousse non seulement à reconnaître les thèmes et les images des Écritures, mais aussi à les communiquer « d'une manière qui honore le contexte historique des hymnes et qui partage ma propre spiritualité et mon expérience vécue ».

    Ses études et son ministère ont non seulement approfondi son appréciation de la complexité de l'esprit humain et de sa capacité à refléter l'humilité, la compassion, le pardon et l'amour du Christ, mais ils ont également « favorisé ma croissance spirituelle et enrichi ma foi », a-t-elle déclaré.

    Terry O'Neill est un collaborateur régulier du journal The BC Catholic à Vancouver, en Colombie-Britannique.
  • Master Class Soignants & Bioéthique : 6 soirées de formation de novembre 2025 à mars 2026

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    img-1758005189-831.pngRenseignements et inscriptions : https://www.ieb-eib.org/fr/conference.html?id=11

  • Belgique : la « réalisation d’une euthanasie » intègre la nomenclature médicale

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    Belgique : la « réalisation d’une euthanasie » intègre la nomenclature médicale

    27 octobre 2025
     

    En Belgique, suite à un arrêté royal daté du 18 septembre et publié le 30 septembre au Moniteur belge, la « réalisation d’une euthanasie » a intégré la nomenclature médicale[1]. En conséquence, à partir du 1er novembre, les médecins pratiquant une euthanasie toucheront des « honoraires spécifiques », précise l’Institut national d’assurance maladie-invalidité (INAMI). Ceux-ci s’élèveront à 180,24 euros.

    Le montant perçu est destiné à couvrir « le coût du matériel, à l’exception des médicaments, la pratique de l’euthanasie ainsi que la constatation du décès et l’établissement de l’acte de décès » (cf. Belgique : les médecins désormais rémunérés 180,24 euros par euthanasie). L’application du système du tiers payant est en outre « obligatoire ». « Le patient ne paiera aucune quote-part personnelle et le médecin sera directement rémunéré par la mutualité. »

    Une « indemnité » était déjà prévue pour « l’avis médical » délivré dans le cadre d’une demande d’euthanasie. Seuls les médecins « agréés » peuvent y prétendre. En ce qui concerne la « réalisation d’une euthanasie », tous les médecins, « quel que soit leur code de compétence », pourront « attester cette prestation ».

    [1] sous le numéro 107251–107262

    Source de la synthèse de presse : Le Spécialiste, PM/P.S (23/10/2025)

  • Belgique : Siska (26 ans) sera bientôt euthanasiée pour trouble dépressif sévère

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    En Belgique, la jeune Siska sera bientôt euthanasiée à 26 ans pour trouble dépressif sévère

    22 octobre 2025

    Siska De Ruysscher, une jeune Belge de Flandre-Orientale, a eu 26 ans le 17 octobre. Suicidaire depuis ses 13 ans, elle a demandé à être euthanasiée. Avant l’injection qui mettra fin à ses jours, dans quelques semaines, elle raconte son histoire avec l’espoir d’une prise de conscience collective et d’une amélioration de la prise en charge des autres patients.

    Suicidaire depuis ses 13 ans, Siska a enchaîné les passages à l’acte

    Victime de harcèlement dès l’école maternelle, Siska souffre de profonde dépression depuis ses 13 ans. Elle a fait sa première tentative de suicide à 14 ans, et aura tenté une quarantaine de fois, au total, de mettre fin à ses jours (cf. Stimulation cérébrale profonde : trois Espagnols renoncent à l’euthanasie).

    Elle décrit les symptômes de la dépression profonde : « Mon corps, comme mon psychisme, n’en peut plus. Je suis épuisée. Travailler ne m’est plus possible, les plus petites choses du quotidien : se lever, s’habiller, ouvrir les volets… sont des obstacles insurmontables » (cf. Une adolescente qui voulait être euthanasiée traitée par neuromodulation).

    Siska dénonce les insuffisances du système de soins psychiatriques belge

    La jeune femme essaie de soigner ses troubles mentaux depuis ses 13 ans, aujourd’hui elle ne peut que déplorer les manquements dans la prise en charge des troubles psychiatriques en Belgique. De nombreux patients doivent attendre des mois avant de pouvoir commencer un suivi. Les hospitalisations de longue durée en psychiatrie présentent de nombreuses failles. La jeune femme a dû côtoyer des personnes souffrant de troubles dépressifs graves, de troubles du comportement, de toxicomanie ou qui sortaient de centres de détention pour mineurs. Elle explique que les patients « s’entraînent les uns les autres, et certains prennent un mauvais chemin ».

    A 17 ans, Siska a dû passer plusieurs semaines en cellule d’isolement. Il n’y a pas suffisamment de personnel pour veiller à la sécurité du patient, alors celui-ci doit dormir sans oreiller ni couverture. Siska y a terriblement souffert de la solitude, alors que justement, elle avait besoin de soutien. « La porte est verrouillée et tu dois attendre qu’on vienne te chercher (…) ils n’ont pas le temps de venir s’occuper de toi ».

    Peu avant son euthanasie, la jeune femme espère que son discours entraînera une prise de conscience

    Siska ne voit aucune issue. Elle a demandé une euthanasie qui lui a été accordée (cf. Belgique : une victime des attentats euthanasiée à 23 ans). La date est fixée, l’administration d’une substance létale aura lieu dans les prochaines semaines.

    D’ici là, Siska souhaite porter un message en faveur d’une meilleure prise en charge des patients atteints de maladies psychiatriques : « Indépendamment de mon parcours, beaucoup de choses peuvent être différentes et meilleures ».

    « C’est très difficile, surtout pour mon entourage. J’utilise le peu d’énergie et de force qui me restent pour encourager les autres à raconter leur histoire. J’espère ainsi que le mouvement prendra de l’ampleur et marquera le début d’un changement. »

    Sources de la synthèse de presse : VRT, Jens Van Reet et Joppe De Hert (15/10/2025) ; RTL info (18/10/2025)

  • Le genre ne peut pas être changé, mais les cœurs peuvent changer, déclare un évêque de l'Ohio

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    De Matthew McDonald sur le NCR :

    Le genre ne peut pas être changé, mais les cœurs peuvent changer, déclare un évêque de l'Ohio

    Le nouveau document de l'évêque de Tolède, Daniel Thomas, « Le corps révèle la personne », rejette la transition de genre, mais pas la personne qui effectue la transition de genre.

    Tenter de changer de genre est une « automutilation médicalement assistée » et devrait être rejetée, mais les personnes qui souffrent à cause de leur identité de genre devraient savoir que Dieu les aime et veut les amener à lui à travers leurs souffrances, déclare un évêque de l'Ohio dans un nouveau document.

    Avec 7 700 mots, « Le corps révèle la personne : une réponse catholique aux défis de l'idéologie du genre », publié par l'évêque de Tolède, Daniel Thomas, en août, est la plus longue déclaration sur l'identité de genre jamais rédigée par un évêque américain. Elle s'appuie sur les Écritures, la théologie, la philosophie et les sciences sociales pour présenter l'enseignement de l'Église sous une forme que l'évêque espère « lisible, digeste, accessible et charitable ».

    Il reconnaît dans le document que s’opposer à la transition de genre est un message que beaucoup ne veulent pas entendre, en particulier ceux qui voient les changements sociaux, chimiques et chirurgicaux comme un moyen de mettre fin à leur détresse.

    « Lorsque les gens entendent des enseignements qui entrent en conflit avec leur propre compréhension de qui ils sont et de ce dont ils ont besoin pour être heureux, il peut leur sembler qu’aucune explication ne peut justifier de tels enseignements et qu’ils doivent être rejetés d’emblée », écrit l’évêque Thomas.

    « Comment pouvons-nous réagir à une situation apparemment aussi impossible ? » demande-t-il. « La solution n'est certainement pas d'édulcorer les enseignements catholiques, qui visent à clarifier et à défendre, à la lumière de la foi, la vérité sur notre vie corporelle engendrée. »

    Grands nombres

    L’identité de genre a retenu l’attention des évêques américains ces dernières années.

    Les documents catholiques américains précédents sur l'identité de genre comprennent la lettre pastorale d'août 2021 de l'évêque Michael Burbidge à son diocèse d'Arlington, en Virginie, intitulée « Une catéchèse sur la personne humaine et l'idéologie du genre » ; la lettre pastorale d'avril 2023 de l'archevêque d'Oklahoma City Paul Coakley « Sur l'unité du corps et de l'âme : accompagner ceux qui vivent une dysphorie de genre » ; et une lettre conjointe de septembre 2023 ( « L'unité corps-âme de la personne humaine » ) de l'archevêque de San Francisco Salvatore Cordileone et de l'évêque d'Oakland Michael Barber.

    En mars 2023, la Conférence des évêques catholiques des États-Unis a publié une note doctrinale sur l’identité de genre déclarant que la médecine moderne, en particulier dans les hôpitaux catholiques, devrait « véritablement promouvoir l’épanouissement de la personne humaine dans son intégrité corporelle ».

    L'évêque Thomas a déclaré que l'Église a besoin d'une approche pastorale détaillée et bien pensée envers les personnes qui s'identifient à un genre autre que celui qui correspond à leur sexe, en partie à cause de la fréquence de ces cas de nos jours.

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  • Quand le Canada franchit une nouvelle limite : l'euthanasie des nouveaux-nés

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    De Luca Volonté sur la NBQ :

    Quand le Canada franchit une nouvelle limite : l'euthanasie des nouveaux-nés

    Les médecins canadiens ont trop de patients qui refusent de guérir, mais qui souhaitent mettre fin à leurs jours même s'ils ne sont pas en phase terminale. Et la perspective d'avorter des nouveau-nés souffrant de maladies est de moins en moins scandaleuse. Une fois la loi promulguée, la mort est devenue une routine tragique.

    03_09_2025

    CARLO CARINO PAR AI MID - IMAGOECONOMICA

    L'héritage de Trudeau est un Canada au bord du gouffre. La propagation de la culture de la mort dans la société canadienne est devenue courante, surtout en cette décennie de règne du Parti libéral. Deux événements récents démontrent comment, une fois introduite, la culture de la mort devient inéluctable et inquiétante.

    Depuis l'adoption de la loi sur l'euthanasie en 2016, les décès au Canada ont continué d'augmenter et, comme nous l'avons déjà décrit dans ces pages, en 2023, plus de 60 000 personnes auront décidé de mettre fin à leurs jours par cette pratique. Aujourd'hui encore, un décès sur 20 est causé par le « pentobarbital », un produit chimique utilisé pour mettre fin à la vie des patients, malgré les inquiétudes de nombreux médecins qui ont dénoncé une pression croissante et de nombreuses irrégularités juridiques. Un article récent et approfondi paru dans The Atlantic  en septembre, intitulé « Le Canada se suicide », illustre cette situation dramatique. L'euthanasie est devenue si courante au pays qu'il existe des « listes d'attente » ; Les médecins ne sont pas en mesure de les traiter suffisamment, non pas par manque de personnel, mais plutôt en raison du nombre croissant de citoyens lassés de continuer à se battre et de se sentir comme un fardeau pour leurs proches. Parallèlement, il n'existe au pays aucune réglementation ni disposition efficace en matière de soins palliatifs susceptible d'aider les patients à améliorer leur qualité de vie.

    L'adoption de la loi sur l'euthanasie (AMM) promettait une plus grande autonomie individuelle et un soulagement de la souffrance. Au lieu de cela, une « culture de la mort » s'est installée. Comme le soulignait The Atlantic, l'idée de l'euthanasie pour les nouveau-nés gagne du terrain. Dès 2022, le Dr Louis Roy, du Collège des médecins du Québec, avait évoqué l'euthanasie pour les enfants de moins d'un an nés « avec de graves malformations, des syndromes médicaux très graves et très lourds, dont l'espérance de vie et le niveau de souffrance sont tels qu'il serait judicieux de veiller à ce qu'ils ne souffrent pas ».
    Il y a trois ans, le projet d'euthanasie des nouveau-nés avait suscité scandale, protestations et tollé, mais aujourd'hui, nous nous dirigeons discrètement vers cette terrible perspective. Bien que les parents aient déjà la possibilité d'interrompre le traitement des nouveau-nés atteints de pathologies, ce projet précipiterait la mort de l'enfant, soulevant des questions quant au consentement. 

    Le lundi 25 août, le Collège des médecins du Québec a déclaré au Daily Mail : que « le suicide médicalement assisté peut être un traitement approprié pour les nouveau-nés souffrant de douleurs atroces insoutenables et présentant de graves malformations ou des syndromes multisymptomatiques graves… et estime que les parents devraient avoir la possibilité d'obtenir cette aide pour leur enfant dans des circonstances clairement définies. » Les patients n'ont déjà pas besoin d'être en phase terminale pour être admissibles au suicide médicalement assisté, et dans deux ans, les personnes atteintes de maladie mentale pourront demander l'euthanasie, tandis que le Parlement a déjà recommandé d'y accorder également l'accès aux mineurs.

    Les critères fixés par la loi canadienne exigeraient une justification médicale pour l'euthanasie, comme un diagnostic fatal ou une douleur insupportable. Cependant, comme le rapporte l'enquête de The Atlantic, un rapport de 2024 du médecin légiste en chef de l'Ontario a révélé que certains patients ont été euthanasiés en raison d'autres facteurs, notamment un « besoin social non satisfait » ou d'autres souffrances qui auraient pu être soulagées par un soutien financier, de meilleures relations sociales ou un logement adéquat.

    Nous assistons à la preuve vivante du passage de l'aide médicale à mourir à l'eugénisme des « inaptes », qu'il s'agisse d'enfants, d'adolescents, d'adultes ou de personnes âgées, comme dans les années 1920 et 1930.
    La boîte de Pandore de l'euthanasie et de l'eugénisme, une fois ouverte, ne peut être refermée par le cercle vicieux de la médiation. Les libéraux au pouvoir au Canada s'efforcent également d'affaiblir et de limiter les activités des organisations nationales qui défendent la dignité de la vie, de la conception à la mort naturelle, car, comme toujours, les voix dissidentes et sincères irritent les détenteurs du pouvoir. 

    Ainsi, le site d'information canadien Steinbach Online a récemment rapporté la recommandation faite au gouvernement par le Comité permanent des finances du Parlement fédéral d'abolir toute reconnaissance et tout avantage fiscal pour les organisations pro-vie, les privant ainsi de leur statut d'organisme de bienfaisance. Le comité a également recommandé au gouvernement de « modifier la Loi de l'impôt sur le revenu afin d'inclure une définition de l'organisme de bienfaisance qui élimine le statut privilégié de la “promotion de la religion” comme fin de bienfaisance ». Dans les deux cas, la perte du statut d'organisme de bienfaisance s'étendrait également aux actifs appartenant à l'organisme lui-même, qui devraient être transférés à un autre organisme. Les conséquences d'un tel changement seraient considérables et porteraient préjudice aux organisations pro-vie et religieuses.

    Il n'est donc pas exagéré de dire que le Canada se suicide. Et le gouvernement veut faire taire les bons Samaritains qui veulent le sauver. Tout cela dans un pays où – c'est triste à dire – le Premier ministre libéral  Mark Carney a déclaré à plusieurs reprises qu'il était catholique.