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Société - Page 355

  • France : comme si la digue bioéthique s'effondrait sous nos yeux...

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    GRÉGOR PUPPINCK : "C’EST COMME SI LA DIGUE BIOÉTHIQUE S’EFFONDRAIT SOUS NOS YEUX"

    GRÉGOR PUPPINCK Tribune 17 octobre 2019  Loi de bioéthique

    Le projet de loi de bioéthique a donné lieu à des échanges fournis à l’Assemblée nationale française, mais, in fine, le texte, qui remet en cause la vision même de l’homme, n’a fait l’objet que d’aménagements minimes. Docteur en droit et directeur de l'ECLJ (Centre européen pour le droit et la justice), Grégor Puppinck décrypte les évolutions mortifères contenues dans le texte.

    Au-delà de sa mesure phare – la « PMA pour toutes » –, le projet de loi relative à la bioéthique introduit une série de ruptures plus fondamentales encore que celle-ci : il sépare totalement la procréation de la sexualité par l’introduction de la PMA non-thérapeutique ; il rend indépendant de l’âge la faculté de procréer par la légalisation de l’autoconservation des gamètes ; il encourage l’eugénisme par l’extension du diagnostic prénatal et préimplantatoire ; il libéralise l’exploitation et la modification génétique des embryons humains ; il favorise l’avortement par la suppression du délai de réflexion et de l’autorisation parentale pour les mineurs ; il supprime la frontière entre l’homme et l’animal par l’autorisation de la greffe de cellules humaines sur des embryons animaux ; il substitue la volonté à la biologie comme fondement de la filiation.

    La suppression brutale des protections et des interdits patiemment posés par les précédentes lois laisse sans voix. C’est comme si la digue bioéthique s’effondrait sous nos yeux, emportée par la perspective progressiste qui anime la majorité parlementaire. Aussi est-il nécessaire, pour comprendre la philosophie qui sous-tend ce projet de loi et en donne la cohérence, de revenir aux racines même de ce progressisme-scientiste, que l’on nomme aujourd’hui transhumanisme et dans le sillage duquel s’inscrit le député Jean-Louis Touraine, rapporteur de la loi, par ailleurs militant actif de la GPA et de l’euthanasie.

    L’homme infini

    À cet égard, il importe de bien saisir que l’ensemble de ces mesures participent d’un vaste projet de transformation de l’homme qui a des racines profondes dans la pensée des Lumières, en particulier chez Condorcet qui croyait « qu’il n’a été marqué aucun terme au perfectionnement des facultés humaines » et que « la perfectibilité de l’homme est réellement indéfinie » (1795). Ce progressisme a trouvé, dans l’extrapolation de la théorie de Darwin, les bases scientifiques de sa vision philosophique du destin de l’humanité, et ce faisant une nouvelle morale. Selon cette vision, l’homme est un être spirituel (c'est-à-dire doté d’intelligence et de volonté) dont la conscience serait issue de la vie, et la vie de la matière. L’homme serait ainsi un mutant engagé dans un processus constant d’évolution – et d’élévation - par émancipation de la matière inerte puis de la vie animale, pour atteindre une forme de vie consciente, une vie « humaine ». Notre humanité ne serait ainsi pas figée en un état donné, naturel, mais progresserait à mesure que se poursuit le processus de domination de la matière, lequel culmine dans la domination de la volonté individuelle sur son propre corps. Le progrès, comme processus de spiritualisation, devient ainsi la condition et la mesure de notre humanité. Le corps, ce faisant, est dévalorisé, ramené à de la simple matière animale ; et la vie n’est plus qu’un matériau. Cela explique bien sûr l’eugénisme, mais aussi la valorisation contemporaine des diverses formes de sexualité non-fécondantes. Car ces formes de sexualité prouvent que, même dans cet aspect particulièrement animal de notre être, l’esprit individuel est capable d’échapper au donné naturel, de le transcender. Moins animales, ces sexualités seraient donc plus humaines.

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  • Des réponses d'historiens au procès de l'Eglise catholique

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    Du Salon Beige :

    Les croisades étaient-elles une entreprise impérialiste à l’encontre de l’Orient musulman ? La chrétienté médiévale était-elle antisémite ? Les questions ne manquent pas pour faire, en forme de réquisitoire, le procès de l’Eglise catholique. Jean Sévillia donne la parole aux historiens pour, sans tabous et sans anachronismes, sans préjugés et sans œillères, rétablir quelques vérités. Y compris pourquoi l’Eglise a tardé à prendre la menace du scandale des prêtres pédophiles. Un entretien de 20 minutes en forme d’argumentaire.

  • Amazonie : une Eglise qui a perdu 50% de ses fidèles

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    De Sandro Magister en traduction française sur le site Diakonos.be :

    Amazonie « désévangélisée ». Les chiffres d’une Église catholique réduite de moitié

    Pendant la conférence de presse du lundi 14 octobre, quelqu’un a demandé à Paolo Ruffini, le Préfet du dicastère du Vatican pour la communication, pourquoi on n’avait pas communiqué de statistiques à jour sur l’appartenance religieuse des habitants de l’Amazonie, étant donné la croissance effrénée des Églises évangéliques et pentecôtistes aux dépens de l’Église catholique.

    M. Ruffini a répondu que toutes les informations en possession des services du Vatican avaient été mises à la disposition des journalistes accrédités et que de toute façon le synode avait des questions bien plus importantes à traiter que des statistiques sur l’appartenance religieuse.

    *

    Dans la seconde partie de sa réponse, Ruffini est contredit par les Pères synodaux eux-mêmes, ou à tout le moins par certains d’entre eux. En effet, pour se rendre compte à quel point l’érosion de la présence catholique dans la région est une question centrale pour le synode sur l’Amazonie et qu’il ne s’agit pas d’une simple question de statistiques mais bien d’une question de foi, nous nous bornerons à citer ce que déclarait l’un des invités du Pape François, le P. Martín Lasarte, responsable de l’animation missionnaire en Afrique et en Amérique latine de sa congrégation, les salésiens. Il connaît très bien l’Amazonie et voici ce qu’il déclarait en séance le samedi 12 octobre au matin :

    « J’ai visité un diocèse où au début des années 1980, 95% de la population était catholique ; aujourd’hui ils ne sont plus que 20%.  Je me rappelle le commentaire d’un des missionnaires européens qui ont systématiquement « désévangélisé » la région : « Nous ne privilégions pas la superstition mais la dignité humaine ».  Je pense que tout est dit. Dans certains endroits, l’Église s’est transformée en un grand gestionnaire de soins de santé, de services éducatifs, promotionnels, voire en consultant mais très peu en mère de la foi ».

    *

    Mais dans la première partie de sa réponse, en revanche, Ruffini avait raison. En effet, le 3 octobre, la salle de presse du Vatican a envoyé par courrier électronique aux journalistes accrédités un épais dossier en espagnol et en portugais sur la « realidad ecclesial y socioambiental » de la région, préparé en vue du synode par le REPAM, le Red Eclesial Panamazónica de 2014 présidé par le cardinal Cláudio Hummes :

    > Atlas Panamazónico

    Settimo Cielo n’avait pas remarqué que dans ce dossier, qui est presque exclusivement consacré à des questions sociales et environnementales, figure en page 35 un graphique avec les pourcentages de présence en Amazonie des différentes dénominations non catholiques.

    Les voici par ordre décroissant de grandeur :

    Avec 5% du total de la population :

    Testigos de Jehová

    Avec 4% chacune :

    Iglesia Adventista del Séptimo Día
    Iglesia Cristiana Evangélica

    Avec 3% :

    Asamblea de Dios

    Avec 2% chacune :

    Iglesia de los Santos de los Últimos Días
    Iglesia Cristiana Pentecostés del Movimiento Misionero Mundial
    Iglesia Universal del Reino de Dios
    Iglesia Cristiana de Restauración
    Iglesia Cuadrangular
    Otras Iglesias Evangélicas
    Bautistas

    Avec 1% chacune :

    Iglesia Pentecostal Unida de Colombia
    Iglesia de Dios Ministerial de Jesucristo Internacional
    Espírita

    Au total, ces 14 dénominations non catholiques représentent un tiers de la population de l’Amazonie, soit 33%.

    Dans une note en marge du graphique, on précise cependant qu’il faut également ajouter les « Otras Iglesias Cristianas » – parmi lesquelles près de la moitié sont des « iglesias únicas quel no tienen relación aparente entre sí » – qui totalisent ensemble 13% supplémentaires.

    Ce qui veut dire qu’au total, si l’on en croit cet « Atlas Panamazónico » de la REPAM, 46% des 34 millions d’habitants que compte la région ont abandonné l’Église catholique au cours des dernières décennies pour passer à d’autres dénominations religieuses.

    Le cas du Brésil est tout aussi impressionnant. Lors du recensement officiel qui a lieu tous les dix ans dans ce pays, en 1970 les catholiques formaient 91,8% de la population alors qu’au recensement de 2010, ils n’étaient plus que 64,6% et qu’il est prévu qu’ils passent sous la barre des 50% l’an prochain.

    En effet, aujourd’hui déjà, en supposant que 46% des Brésiliens soient passés – comme en Amazonie – à des dénominations non catholiques et qu’environ 10-12% soient composés d’animistes, d’agnostiques, etc., à peine plus de 40% de la population resterait fidèle à l’Église catholique.

    Et cette tendance n’est pas près de s’inverser. À moins que le synode sur l’Amazonie ne parvienne à identifier les raisons de ce désastre et à emprunter de « nouveaux chemins » d’évangélisation qui en soient vraiment.

    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

  • Infanticide et euthanasie sont des composantes du "bien vivre" amazonien...

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    De Sandro Magister en traduction française sur le site Diakonos.be :

    De l’infanticide à l’euthanasie. Le « buen vivir » en Amazonie passe aussi par là

    Marcia María de Oliveira, une Brésilienne, figure parmi les 25 collaborateurs des deux secrétaires spéciaux du synode sur l’Amazonie : le jésuite Michael Czerny, créé cardinal par le Pape François le 5 octobre dernier, et le dominicain David Martínez de Aguirre Guinea, évêque de Puerto Maldonado au Pérou.

    Mme de Oliveira est une spécialiste des sociétés et des cultures amazoniennes et elle a été appelée à collaborer en tant qu’expert, en compagnie entre autres de l’Argentin Carlos María Galli, théoricien de la « théologie du peuple et de l’allemand Paulo Suess, professeur de théologie « inculturée » et coauteur du document de base du synode, le controversé « Instrumentum laboris ».

    C’est à ce titre que Mme de Oliveria a participé à la conférence de presse synodale du mardi 15 octobre. Au cours de celle-ci, en répondant à une question, elle est revenue sur les infanticides pratiqués dans certains tribus amazoniennes, en précisant qu’il s’agissait de questions « très complexes » qui devaient être analysés « sous diverses perspectives », particulièrement en ce qui concerne leur rapport avec le sacré.

    Voici ci-dessous la transcription textuelle de la réponse qu’elle a faite à ce propos, prononcée en langue portugaise avec des traductions simultanées dans d’autres langues.

    Cette transcription est issue de l’enregistrement vidéo de la conférence de presse, de la minute 47’18’’ à la minute 48’17’’.

    « Moi personnellement, je n’ai suivi aucune communauté qui adoptait cette pratique comme une question rituelle ou politique. Il y a certaines communautés qui mettent en place certaines procédures ou certaines initiatives collectives de contrôle des naissances. Tout cela est en lien avec la dimension de la famille et de la taille des groupes. Tout se base sur la conservation, la survie, l’alimentation, le nombre de personnes qui composent le groupe… C’est également très lié aux relations internes, jusqu’à quel point cet enfant, ce vieillard, cette personne adulte est en mesure de suivre le groupe dans ce que sont ses propres mouvements internes. »

    *

    Jusque-là, les déclarations de Marcia María de Oliveira, experte en culture amazonienne, correspondent assez mal avec les éloges appuyés et enthousiastes – avant et pendant le synode – de ce « buen vivir » de ces tribus, qui est décrit dans l’« Instrumentum laboris » comme « harmonie avec soi-même, avec la nature, avec les êtres humains et avec l’être suprême, car il existe une interrelation entre tous les éléments du cosmos, où personne n’exclut personne et dans lequel il est possible de forger entre tous un projet de vie en plénitude »

    Mais ce n’est pas tout. Dans la réponse de Mme de Oliveira, il y a un allusion à l’élimination sélective non seulement des enfants mais également des vieillards, c’est-à-dire à l’objet de la question qui lui avait été posée en conférence de presse par le journaliste suisse Giuseppe Rusconi.

    Quelques jours auparavant, en effet, au cours d’une autre conférence de presse synodale, samedi 12 octobre, Mgr Félix Adriano Ciocca Vasino, l’évêque de São Félix do Araguaia – et successeur de l’ultra-indigéniste Pedro Casaldaliga aujourd’hui âgé de 91 ans – avait déclaré : « Mes indios me disent que les blancs sont cruels parce qu’ils laissent vivre les vieux qui ne sont plus autosuffisants. Et qu’ainsi ils contraignent l’esprit des vieux à rester enchaîné à leur corps. Et leur esprit, ainsi enchaîné, ne peut pas répandre ses bienfaits sur le reste de la famille ».

    Tout cela prononcé avec un détachement imperturbable et sans le moindre jugement de valeur. En poussant jusqu’à l’extrême ce conseil donné par François dans son discours d’ouverture du synode : « Rapprochons-nous des peuples amazoniens sur la pointe des pieds, en respectant leur culture et leur style de ‘buen vivir ‘ ».

    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

  • Inde : 60 millions d'avortements sélectifs en dix ans

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    Du site des Missions Etrangères de Paris :

    60 millions d’avortements sélectifs en dix ans en Inde selon ADF International

    Publié le 15/10/2019

    Au cours des dix dernières années, au moins 60 millions de filles ont fait l’objet d’avortements sélectifs, selon les chiffres publiés le 11 octobre par l’ONG Alliance Defending Freedom (ADF) International, à l’occasion de la Journée internationale de la fille. « Dans notre pays, 50 000 filles sont avortées tous les mois pour une seule raison : ce sont des filles et non des garçons », déplore Tehmina Arora, directrice d’ADF Inde. « Dans notre pays, la proportion des sexes est biaisée ; nous avons abandonné ces filles. »

    Les Nations unies ont établi la Journée internationale de la fille afin d’attirer l’attention sur le sort de millions de femmes et de filles discriminées, marginalisées, exploitées ou abusées à cause de leur sexe. Selon une étude économique officielle de 2018, l’Inde compte environ 21 millions de filles « non désirées », dont les parents auraient préféré avoir un garçon. Outre les programmes de sensibilisation, les militants ont demandé que la loi de 1994 sur les techniques de préconception et de diagnostic prénatal soit appliquée correctement. Cette loi, qui a été votée pour contrer les féminicides, interdit la détection du sexe de l’enfant à naître. Les filles sont « soit avortées ou, une fois née, font l’objet de diverses formes de violences. Il est temps de faire face à ce problème », ajoute Tehmina Arora. Elle poursuit en soulignant que « tous les enfants sont précieux ». « Les filles comme les garçons ont le même droit à la vie et à la liberté. Notre nation ne peut se permettre de perdre ces petites filles », insiste-t-elle. « Le futur de l’Inde est lié aux vies des filles et des femmes du pays. Tous ceux qui sont convaincus que les filles méritent les mêmes droits que les garçons ne peuvent ignorer ce qui se passe aujourd’hui en Inde. » En 2016, ADF Inde a lancé la campagne #VanishingGirls (« filles disparues ») afin de soutenir le droit des filles à la vie et de lutter contre la pratique des avortements sélectifs. Cette année, l’ONG a organisé un concours national de photographie sur le thème #giveherLIFE (« donnez-lui la vie »), afin de poursuivre le travail de sensibilisation auprès de la population indienne. La campagne #giveherLIFE est aussi un acronyme, « life » évoquant en anglais « amour », « héritage », « liberté » et « égalité » (Love, inheritance, freedom, equality).

    (Avec Asianews, New Delhi)

  • Que va-t-il sortir de ce synode ?

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    C'est la question qui se pose lorsqu'on voit ce qui s'y discute (Vatican News) :

    Synode: le besoin d'un organisme panamazonien épiscopal et permanent

    Ce mardi matin, quelque 180 pères synodaux, réunis autour du Pape François, ont pris part à la 11e congrégation générale du synode spécial sur l’Amazonie.

    Vatican News- Cité du Vatican

    Créer d'urgence un organisme épiscopal permanent et représentatif, coordonné par le Repam (Réseau ecclésial panamazonien), pour promouvoir la synodalité en Amazonie : c'est l'une des suggestions émises lors de la 11e Congrégation générale du synode spécial pour l’Amazonie. Cet organisme, intégré au CELAM (Conseil épiscopal latino-américain), devra aider à façonner la physionomie de l'Église en Amazonie, en vue d'une pastorale commune plus efficace, en donnant une forme concrète aux indications que le Pape François donnera après le synode et en travaillant pour la défense des droits des peuples indigènes, la formation intégrale des agents pastoraux et la création de séminaires amazoniens. Cette action pastorale commune, élaborée par toutes les circonscriptions ecclésiastiques d’Amazonie en relation étroite avec le CELAM, sera utile pour faire face aux problèmes communs, tels que l'exploitation du territoire, la délinquance, le trafic de drogue, le traite humaine et la prostitution.

    Un observatoire des droits de l'homme et de la protection de l'Amazonie

    La salle du Synode s’est ensuite penché sur les peuples indigènes, en se concentrant sur les problèmes posés par la colonisation, les migrations internes et la promotion des modèles économiques prédateurs et colonialistes, souvent mortifères. Ces modèles conduisent d'ailleurs à l'expropriation et à l'expulsion des communautés de leurs territoires,  et celles-ci se voient contraintes d’émigrer. Au contraire, les peuples autochtones en mobilité doivent être compris dans leur spécificité à travers une pastorale particulière, afin que leurs droits humains et environnementaux soient toujours garantis, en particulier le droit d'être consultés et informés avant toute action sur leurs territoires respectifs. A cette fin, la création d’un observatoire permanent des droits de l'homme et de la protection de l'Amazonie a été proposé. Le cri de la terre et des peuples amazoniens doit être entendu, en donnant la parole avant tout aux jeunes, car il s'agit d'une question de justice intergénérationnelle.

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  • Avec Rémi Brague, devenir modérément modernes

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    Du site "Canal Académie" (de 2014 mais qui n'a rien perdu de son actualité) :

     

     

     

    Et si nous devenions « modérément modernes » ?

    Entretien avec Rémi Brague, de l’Académie des sciences morales et politiques, à propos de son ouvrage « Modérément moderne »

    Et si nous passions la modernité au crible de l’esprit critique qu’elle prétend promouvoir en toutes circonstances ? Et si nous sortions de l’état de sidération qu’elle provoque chez nombre de nos contemporains ? C’est ce qu’a fait le philosophe Rémi Brague en recourant notamment aux pensées antiques et médiévales dont il est l’un des meilleurs connaisseurs. Il ne s’agit pas là d’un simple exercice d’érudition mais d’une démarche salutaire. Son enjeu ? Découvrir des antidotes à la crise morale que traversent nos sociétés, malades d’un « excès de modernité ».

  • Nombre de prêtres, mariages et enterrements à l'église : l'état alarmant de l'Eglise en Belgique

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    De Sud Presse (14 octobre), p. 13 :

    450 prêtres en moins

    Entre 2011 et 2018, l’Église catholique a perdu quelque 450 prêtres, soit plus de 13 %. Et le problème, c’est que les paroisses ne diminuent pas en proportion... « Pour faire face, en partie, l’Église a nommé des assistants paroissiaux, sur des postes de ministres du culte financés par l’État. Ce sont principalement des femmes et elles peuvent s’occuper de beaucoup de choses, mais pas des sacrements. Ce sont par exemple elles qui donnent le catéchisme. » Les prêtres doivent aussi gérer davantage de paroisses. Avec une conséquence financière directe puisqu’ils peuvent toucher jusqu’à 1,5 fois leur salaire. Soit près de 33.000 euros brut par an au lieu de 21.998 euros. « À l’inverse, certains prêtres âgés continuent d’exercer à mi-temps », précise Caroline Sägesser. … L’Église catholique semble disposée à convertir ses églises. « Elle émet par contre certaines réserves. Il n’est pas question de les transformer en dancings par exemple... » Et Jean-Philippe Schreiber, co-signataire du rapport rédigé par l’Observatoire des religions et de la laïcité d’ajouter : « Une réflexion est en cours afin de fixer des lignes directrices. Mais les fabriques d’églises, qui procèdent aux ventes, restent indépendantes. » … Aujourd’hui, moins d’un mariage sur 5 passe par la case église, soit 4 fois moins qu’il y a 40 ans. Les baptêmes concernent quant à eux 42 % des naissances, contre 85 % en 1977. / Page complète

  • Les trois maladies qui rendent stérile l’évangélisation de l’Amazonie

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    De Sandro Magister en traduction française sur le site diakonos.be :

    Un missionnaire appelé par le Pape au synode sur l’Amazonie explique en quoi l’Église se trompe

    Le P. Martín Lasarte Topolanski, l’auteur du texte que nous vous proposons est un Uruguayen en mission en Angola et il est responsable de l’animation missionnaire en Afrique et en Amérique latine de la Congrégation salésienne à laquelle il appartient.

    Le Pape François l’a inclus parmi les 33 hommes d’Église qu’il a personnellement conviés à participer au synode sur l’Amazonie.

    Le texte qui suit a été rédigé et publié avant de synode. Mais c’est comme si le P. Lasarte l’avait prononcé en séance ces jours-ci, vu la clarté limpide avec laquelle il aborde les questions cruciales, à commencer par la demande répandue – qu’il rejette d’ailleurs – d’ordonner prêtre des hommes mariés.

    Le texte intégral de son intervention est sorti en langue italienne dans « Settimana News » le 12 août 2019. Et « Asia News », l’agence de l’Institut pontifical pour les missions étrangères en a publié un large extrait en deux épisodes le 10 octobre et le 11 octobre, notamment en langue chinoise.

    En voici une synthèse encore plus abrégée. Mais il faut absolument la lire, si on veut aller au cœur de ce dramatique synode sur l’Amazonie.

    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

    *

    Les trois maladies qui rendent stérile l’évangélisation de l’Amazonie

    par Martín Lasarte

    On dit que dans les communautés éloignées, l’ordination sacerdotale de laïcs mariés est nécessaire parce que le prêtre peut difficilement les rejoindre.  De mon point de vue, formuler le problème en ces termes, c’est pécher par excès de cléricalisme.  […] On a créé une Église avec peu ou aucune participation ou sens d’appartenance des laïcs, une Église qui, sans prêtre, ne fonctionne pas.  Mais c’est là une aberration ecclésiologique et pastorale.  Notre foi, comme chrétiens, est enracinée dans le baptême et pas dans l’ordination sacerdotale.

    J’ai parfois l’impression qu’on voudrait cléricaliser le laïcat.  Nous avons surtout besoin d’une Église de baptisés actifs, de disciples et de missionnaires.  Dans différentes régions d’Amérique, on a l’impression d’avoir sacramentalisé et au lieu d’évangéliser. […] Il faut élargir notre horizon et regarder la vie et l’espérance de l’Église.

    Les exemples de la Corée, du Japon, de l’Angola et du Guatemala

    L’Église de Corée est le fruit de l’évangélisation des laïcs.  Le laïc Yi Seung-hun, baptisé en Chine, répand l’Église catholique dans le pays, en baptisant lui-même.  Durant un demi-siècle après sa fondation (1784-1835), l’Église coréenne est évangélisée par des laïcs, avec la présence seulement occasionnelle de l’un ou l’autre prêtre.  Cette communauté catholique a été florissante et s’est énormément diffusée, malgré de terribles persécutions, grâce à l’action des baptisés.

    L’Église du Japon, fondée par Saint François-Xavier en 1549 a connu une croissance exponentielle pendant trois siècles sous les persécutions : les missionnaires avaient été expulsés et le dernier prêtre y a été martyrisé en 1644.  Ce n’est que deux cent ans plus tard que les prêtres (des missionnaires français) sont revenus et qu’ils ont trouvé une Église vivante formée de « kakure kirishitan », les « chrétiens cachés ».  Dans ces communautés chrétiennes, il y avait plusieurs ministères : un responsable, des catéchistes, des baptiseurs, des prédicateurs.  Il est intéressant de noter le critère que les chrétiens avaient gardé jusqu’à l’arrivée des nouveaux prêtres au XIXe siècle : l’Église reviendra au Japon et vous le saurez grâce à ces trois signes : « les prêtres seront célibataires, il y aura une statue de Marie et ils obéiront au pape de Rome ».

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  • Il est inopportun d’ordonner prêtres des hommes mariés

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    mgr-laurent-camiade_article.jpgÉlu président de la Commission doctrinale de l’épiscopat français en avril 2019, Mgr Laurent Camiade est évêque de Cahors. En qualité de pasteur, il estime que le célibat sacerdotal est bien plus qu’un simple règlement disciplinaire dans l’Église latine. Samuel  Pruvot  l’a interrogé   pour l’hebdomadaire « Famille  Chrétienne »:

    "La question de l’ordination des hommes mariés relève-t-elle de la doctrine ?

    En soi, rien n’empêche l’ordination des hommes mariés… Mais, en revanche, cette hypothèse ne me semble ni souhaitable ni opportune par rapport au bien de la communauté.

    Mais ne faut-il justement pas ordonner des hommes mariés – des viri probati – dans des territoires comme l’Amazonie où les communautés n’ont pas accès à l’eucharistie ?

    Il ne faut pas chosifier les sacrements… Évidemment, l’eucharistie est vitale pour une communauté chrétienne, et je suis le premier à célébrer la messe tous les jours, puisque cela m’est donné. L’enjeu n’est pourtant pas d’avoir son sacrement comme une dose quotidienne. Les sacrements sont liés à l’écoute de la parole de Dieu, explique Vatican II ; ce ne sont pas des actes magiques. L’Église ne nous fait pas l’obligation de communier tous les jours, mais au minimum une fois l’an. Sans doute sommes-nous un peu victimes, en Occident, d’une banalisation du mystère de l’eucharistie et de la présence du prêtre…

    Pourtant, la proximité du prêtre semble une réalité capitale pour les fidèles ?

    Nul n’est prophète en son pays… Ce proverbe n’est pas un dogme, puisque Jésus prêche en la synagogue de Nazareth ! Mais il rencontre une sérieuse résistance. Humainement, la proximité a ses limites. Certains prêtres sont restés cinquante ans dans le même lieu… Quand ils sont morts, la communauté est morte avec eux. Ils ont tissé de remarquables liens personnels et affectifs, c’est vrai. Mais ils étaient tellement identifiés à un peuple que cela a tout sclérosé. On peut toujours essayer de faire survivre des communautés, mais on n’est pas vraiment dans une dynamique missionnaire. La logique de la proximité, avec les viri probati, n’est pas évidente. La proximité fait perdre cette liberté de parole qui est nécessaire. Il est difficile de prêcher l’Évangile à des gens que vous connaissez trop bien…

    Mais le Code de droit canon latin n’oblige-t-il pas les évêques à tout faire pour favoriser la distribution des sacrements ?

    Certains voudraient faire dire au Code de droit canonique que les évêques doivent ordonner des gens mariés au nom de l’accès à l’eucharistie ! Ce code stipule, il est vrai, que les fidèles doivent avoir accès aux sacrements. C’est le devoir de l’évêque de faire en sorte qu’ils puissent participer à l’eucharistie. Je note cependant que ce Code ne précise pas la fréquence de la communion. Et c’est quand même le même code de l’Église latine qui impose la continence parfaite aux clercs !

    Au nom de l’eucharistie, ne pouvons-nous pas imaginer des adaptations à cette règle ?

    À propos de l’eucharistie, il faut se souvenir que le concile de Trente [chapitre 26, Ndlr] n’a pas voulu qu’on ordonne des prêtres pour juste dire la messe et recevoir des honoraires ! Le texte interdit l’ordination aux hommes qui chercheraient un gain matériel en se mettant au service par exemple de grandes familles aristocratiques. Ceux qui militent pour l’ordination d’hommes mariés défendent, sans s’en rendre compte, un certain retour au Moyen Âge ! Le concile Vatican II n’a pas voulu revenir à cette époque. Il a promu des prêtres pasteurs et non des prêtres domestiques d’une famille ou d’un lieu.

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  • Le pape consterné par l'ampleur de la violence en Amazonie

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    pape amazonie 816bea4bdd198b8c80e6d927c75.jpegLe mythe rousseauiste du bon sauvage a-t-il fait long feu au synode sur l’Amazonie ? Lu sur le site de l’agence Kathnet (via une traduction):

     « Cité du Vatican (kath.net/KAP).

    Au Synode Amazonas du Vatican, le pape François a été particulièrement touché par les violences dans la région. Dans une déclaration clôturant la première série de séances plénières mercredi soir, le Chef de l'Eglise a résumé ses impressions sur les trois premiers jours du synode, comme l'a dit jeudi "Kathpress" aux observateurs de l’aula du Synode. Outre des informations faisant état de violences contre nature de peuples autochtones, le pape était particulièrement préoccupé par la violence à l'égard des femmes.

    En outre, François a mis en garde contre les idéalisations des peuples autochtones. Leurs traditions et leur sagesse utilisées et liées à l’Evangile sont respectables, une idéalisation, par contre, serait comme une nouvelle idéologie. Face à une plus grande implication des laïcs dans l'Eglise d'Amazonie, le Pape a également mis en garde contre leur cléricalisation.

    Beaucoup d’efforts sont nécessaires pour l’éducation et la formation des religieux et des laïcs.

    En conclusion, le pape a été impressionné par les informations sur le travail des religieux dans les pays de la région amazonienne »

    Ref. Le pape consterné par l'ampleur de la violence en Amazonie

    Un rétropédalage bienvenu dans cette curieuse assemblée, même s'il reste à confirmer.

    JPSC

  • La laïcité nous casse les pieds

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    De  sur le site du Point :

    Matzneff - Les trompettes de la laïcité nous cassent les oreilles  !

    CHRONIQUE. La nature a horreur du vide : si l'islam nous semble envahissant, c'est parce que le catholicisme, vidé de toute ferveur, lui a laissé la place.