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Société - Page 353

  • Halloween est la fête du démon

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    Du blog "Catéchisme et spiritualité" :

    HALLOWEEN VU PAR UN PRÊTRE EXORCISTE : "HALLOWEEN EST LA FÊTE DU DÉMON".

    archive du 31 OCTOBRE 2016

    L’exorciste contre Halloween: “Protégez vos enfants et habillez-les en saints”

    Don Ermes Macchioni, de la paroisse de Sassuolo, nous met en garde et organise une contre-fête pour faire face à la célébration du mal : « amenez vos enfants à l’oratoire vêtus de blanc et protégez-les de ces histoires spirituelles qui ne sont jamais inoffensives »

    Source de l'article. Traduit par Stephix.

    Halloween est la fête du démon. Il se cache derrière des vêtements noirs, des chapeaux à pointe, des citrouilles sculptées et des rites au sens douteux qui commencent tous par « farces ou friandises ». Don Ermes Macchioni, prêtre et exorciste de la paroisse de Sassuolo, nous met en garde et organise pour le 31 octobre prochain une contre-fête pour faire face à la célébration du mal : 

    « Venez à l’oratoire e amenez vos enfants habillés de blanc – a dit le prêtre à ses paroissiens – ou mieux encore, déguisés en saints. Protégez vos enfants cette nuit-là, parce que, même sans le vouloir et à leur insu, ils se réjouiraient et danseraient pour celui qu’on appelle « le grand cornu » et qui ne peut pas les sauver. Amenez-les à la messe le lendemain, le jour des Saints, et protégez-les de ces histoires spirituelles à la mode qui ne sont malheureusement jamais inoffensives ».
    On dirait qu’on parle de croisades du mal contre le bien, où les hordes d’esprits doivent être combattues avec des vêtements blancs et des témoignages chrétiens, et elles arrivent de la province de Modène.
    « À la fin du XIXème siècle – continue Don Ermes – les esprits l’ont avoué. Même si les rites sont devenus superficiels, chaque fois que nous les évoquons, eux se sentent appelés pour la cause et autorisés à revenir. C’est pour cela que je dis, chacun peut faire ce qu’il veut, mais le soir du 31 octobre, si les baptisés ne veulent pas jouer les hypocrites, qu’ils viennent fêter la fête de la lumière habillés de blanc. Là aussi on peut danser, mais en rappelant la lumière et non les ténèbres ».

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  • Et si Ecolo se montrait cohérent ?

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    Une carte blanche publiée sur le site du Vif (opinion) :

    Lettre ouverte au parti Ecolo : pour une écologie cohérente

    30/10/19

    Chers députés, chers mandataires, chère présidente et cher président de parti, dans tous les combats que vous menez, ou peu s'en faut, vous visez juste, nous vous le concédons. Vous parlez avec le coeur, mais aussi avec la voix de la raison.

    Vous cherchez à préserver le monde au sein duquel nous vivons, la vie qui nous entoure, la beauté de notre planète. En toutes choses, vous cherchez à concilier l'écologie avec une nécessaire exigence sociale, en vous préoccupant du sort des plus vulnérables.

    Nous sommes jeunes, nous croyons dans votre combat. Comme vous, nous avons marché pour le climat. De la sphère privée à l'action collective, l'écologie politique est pour nous une lutte quotidienne. Nous adhérons à vos valeurs et nous vous avons soutenu jusqu'ici.

    Mais vous vous engagez aujourd'hui sur une voie où nous ne pouvons vous suivre. Dans le contexte actuel des affaires courantes, loin des médias, en l'absence de tout débat public, vous cherchez en effet à faire passer en grande hâte un projet de loi visant à élargir le délai d'avortement à 18 semaines en vous appuyant sur une majorité de circonstance.

    Outre le fait que le contexte mentionné n'est guère propice à la transparence et au débat démocratique que nous chérissons tant, et dont Ecolo s'est toujours targué d'être l'un des plus fervents défenseurs, nous avons l'intime conviction que ce projet de loi va dans une direction qui ne devrait pas être la vôtre. A l'heure où nous devons rebâtir notre lien avec la communauté, vous participez à la fuite en avant vers une glorification de la liberté individuelle aux dépens des vies vulnérables. Vies vulnérables qui ne sont pas uniquement celles des foetus, mais aussi celles des femmes qui les portent. Cette vulnérabilité ne devrait ni être niée ni être perçue comme une honte et encore moins comme un obstacle à la vie décente. Nous n'avons pas besoin qu'on fasse encore une fois retomber notre échec commun sur les épaules de quelques-unes. Ce dont nous avons besoin, c'est d'un monde auquel les femmes n'ont pas peur d'exposer leurs enfants. C'est d'une société où nous disons à ces femmes pour qui une grossesse apparaît comme impossible à assumer : "Tu vas pouvoir continuer tes études, tu vas pouvoir travailler dans des conditions humaines, car nous sommes là." Ce dont nous avons besoin, c'est de réenchanter la solidarité, et non de se déresponsabiliser du sort d'autrui.

    C'est en tant que jeunes écologistes que nous nous adressons à vous, car nous sommes persuadés de lutter pour la même cause. Nous nous disons écologistes parce que nous luttons contre le mépris dont la nature fait l'objet. Aujourd'hui, l'être humain ne peut plus espérer nier son insertion dans une réalité plus fragile et mystérieuse que la masse de ressources qu'il a espéré avoir à sa disposition. Il nous semble y avoir une grave contradiction entre d'une part militer pour préserver le climat, les écosystèmes et la biodiversité, et d'autre part faire comme si le corps humain et sa propre fécondité pouvaient constituer un monde à part, un empire dans un empire, pour paraphraser Spinoza. Comment peut-on militer pour le respect de la vie, la protection et le bien-être des animaux, en ce compris leurs petits, et dans le même temps permettre d'avorter jusqu'à 18 semaines de grossesse ? Sauf à considérer que la vie d'un foetus de 18 semaines vaut moins qu'une vie animale, n'y a-t-il pas là une incohérence à dénoncer ? La révolution écologique que nous voulons suppose d'accepter que tout est lié, et que le mépris de l'enfant à naître, la violence à l'égard de la femme qui le porte et la destruction de notre maison commune sont les avatars d'un même égoïsme.

    Chaque femme qui fait le choix de l'avortement doit être traitée avec le plus grand respect ; chaque situation est toujours particulière et comporte son lot de difficultés et de peines. Mais nous devons impérativement garder à l'esprit qu'une personne qui avorte est le plus souvent une personne seule face à l'immensité de la tâche qu'est celle d'accueillir un enfant dans ce monde en ébullition. L'extension du délai d'avortement à 18 semaines, c'est par bien des aspects le choix de l'indifférence.

    Nous brisons tous les jours un peu plus la vie qui nous nourrit. N'allons pas jusqu'à nous dissocier de celle que nous engendrons.

    Jean-Baptiste Ghins

    Marie Hargot

    Grégoire Cuchet

    Alix Le Jemtelle

    Fiona Degrave

    Margaux Villebrun

    Marie-Sophie van Kerckhoven

    Priscilla de Hemptinne

  • Le quoc ngu (écriture vietnamienne romanisée) : un don inestimable offert par l’Église catholique au peuple vietnamien

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    Du site des Missions Etrangères de Paris :

    L’Église saluée pour son rôle dans la romanisation de l’écriture vietnamienne

    31/10/2019

    La Commission épiscopale sur la culture de la Conférence des évêques du Vietnam (CBCV) a organisé, du 25 au 26 octobre, une conférence au centre pastoral d’Hô-Chi-Min-Ville afin de marquer les quatre cents ans de la création du système d’écriture romanisé de la langue vietnamienne (1618-2018). L’événement a rassemblé de nombreux catholiques et intellectuels vietnamiens, qui ont salué le rôle de leurs ancêtres catholiques et des missionnaires étrangers. Ceux-ci ont permis de créer et développer le « chu quoc ngu » (transcription latine de la langue nationale, accompagnée de nombreux signes diacritiques), qui a contribué à répandre le catholicisme dans le pays.

    Près de deux cents personnes ont participé à une conférence, les 25 et 26 octobre à Hô-Chi-Min-Ville, organisée par la conférence épiscopale vietnamienne à l’occasion des 400 ans de la création du quoc ngu, la transcription latine de la langue vietnamienne (créée en 1618). Parmi les participants se trouvaient de nombreux experts linguistes et historiens, ainsi que des spécialistes de la culture vietnamienne et de l’histoire de l’évangélisation dans le pays. Mgr Joseph Nguyen Chhi Linh, archevêque de Hué, dans le centre du Vietnam, et président de la CBCV, était présent avec cinq autres évêques vietnamiens et des représentants d’autres confessions religieuses. La conférence marquait aussi le centième anniversaire de l’enseignement du chu quoc ngu dans les écoles – le système d’écriture a été autorisé officiellement en 1919. Mgr Joseph Dang Duc Ngan, responsable de la Commission épiscopale sur la culture, rappelle qu’au début du XVIIe siècle, les missionnaires occidentaux se sont associés à leurs collègues vietnamiens et asiatiques afin de créer la première forme d’un système de transcription de la langue vietnamienne, basé sur la grammaire et l’alphabet latins.

    À l’époque, les Vietnamiens utilisaient le chu han (caractères chinois classiques) et le chu nom (un système de caractères basé sur les caractères chinois et inventé par les Vietnamiens). Mgr Ngan explique qu’au début, le système d’écriture romanisé était utilisé afin d’étudier la langue vietnamienne, tandis que les Vietnamiens l’utilisaient pour apprendre les langues étrangères. L’évêque ajoute que les missionnaires étrangers qui avaient des connaissances linguistiques ont beaucoup travaillé pour l’amélioration du système d’écriture, afin de pouvoir prêcher et répandre le catholicisme plus efficacement auprès de la population locale. Le père Alexandre de Rhodes, un jésuite français en mission au Vietnam de 1625 à 1645, a travaillé à la mise au point du quoc ngu. Il est l’auteur de trois ouvrages sur l’alphabet romanisé, dont un dictionnaire trilingue vietnamien-portugais-latin publié à Rome en 1651, ainsi qu’un livre de grammaire vietnamienne et un livre de catéchisme. Le père Dominique Nguyen Duc Thong, rédemptoriste, explique que les missionnaires étrangers et les catholiques vietnamiens ont utilisé le quoc ngu pendant des siècles afin d’intégrer les valeurs catholiques aux traditions nationales, à la culture et à la société vietnamiennes, en développant la littérature nationale (poésie, théâtre, chansons, dictionnaires…).

    Un don inestimable

    Selon le père Tran Quoc Anh, jésuite, le quoc ngu est devenu un permis un moyen efficace de développer la nation vietnamienne et de communiquer avec le reste du monde. Auparavant, la plupart des gens ne savaient ni lire ni écrire, que ce soit en employant les caractères chu han ou chu nom, plus longs à assimiler. Le père Anh ajoute que les œuvres catholiques écrites en quoc ngu ont pu être apprises par cœur facilement par les catholiques vietnamiens illettrés, ce qui a permis de renforcer leur foi et de soutenir l’influence catholique dans la société vietnamienne. Le prêtre affirme ainsi qu’au cours des cinquante années qui ont suivi l’introduction de la foi, en 1615, par les premiers missionnaires étrangers, plus de 320 000 personnes ont embrassé le catholicisme. Il estime que 130 000 catholiques ont sacrifié leur vie au nom de leur foi durant les persécutions religieuses lancées par les autorités locales aux XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles.

    Parmi eux, 117 martyrs ont été canonisés en 1988, et un jeune catéchiste laïc, André de Phú Yên, a été béatifié en 2000. Le professeur Quyen Si Bui Van Chuc, spécialiste des langues et cultures asiatiques, explique que la clé de la popularité du quoc ngu vient du fait que le système d’écriture était facile à apprendre, à lire et à écrire. Il ajoute que les intellectuels catholiques se sont efforcés de répandre le nouvel alphabet en dehors des églises et dans toute la société. « Le quoc ngu est un don inestimable qui a été offert par l’Église catholique au peuple vietnamien », assure-t-il. « Les catholiques au Vietnam ont le devoir de le maintenir. » Le père Joseph Trinh Tin Y, secrétaire de la Commission épiscopale sur la culture, invite les Vietnamiens d’aujourd’hui à se montrer reconnaissants envers les missionnaires et leurs ancêtres catholiques pour avoir introduit le quoc ngu au Vietnam. Le prêtre souligne qu’ils ont dette de reconnaissance envers tous ceux qui ont contribué au développement du système d’écriture romanisé.

    (Avec Ucanews, Hô-Chi-Minh-Ville)

  • "Pro Europa Christiana" mobilise contre la représentation de "Jeanne d'Arc au bûcher" à la Monnaie

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    "Jeanne d'Arc au bûcher" est au programme de La Monnaie qui nous a habitués à des spectacles provocateurs qui font les délices des spectateurs bobos, tout particulièrement lorsqu'ils sont l'oeuvre de metteurs en scène réputés pour leur goût du scandale comme Romeo Castellucci. "Pro Europa Christiana" a lancé une pétition pour que ce spectacle soit déprogrammé; l'entreprise est sans doute louable mais a fort peu de chances  d'aboutir.

    Jeanne d’Arc dans une pièce obscène et transgenre : STOP !

    Le personnage-symbole de sainte Jeanne d’Arc est à nouveau la cible d’une représentation pornographique, cette fois à Bruxelles ! Une actrice intégralement dénudée prétend la représenter et pousse l’obscénité jusqu’à changer de sexe au cours de la représentation !

    Ça suffit ! Souiller publiquement la figure de sainte Jeanne d’Arc est inacceptable !

    A travers la Pucelle, c’est l’union de la France avec Dieu qui est prise pour cible.

    Réagissez en signant le message ci-dessous adressé au directeur du Théâtre de la Monnaie et au ministre belge des Institutions culturelles fédérales :

    10 352 Signatures

    Depuis le 30/08/19

    Mon message indigné à M. Peter de Caluwe, directeur du Théâtre royal de la Monnaie, et à M. Didier Reynders, ministre belge des Institutions culturelles fédérales

    Insulter sainte Jeanne d’Arc, c’est insulter Dieu et la France !

    Monsieur le Directeur, Monsieur le Ministre,

    Une version dénaturée de l’oratorio dramatique « Jeanne au bûcher » de Claudel et Honegger est programmée au Théâtre royal de la Monnaie du 5 au 11 novembre prochains.

    Au début de la pièce, un homme incarne la sainte, avant de se transformer en une femme hystérique entièrement nue. Pour le metteur en scène, Romeo Castellucci, il s’agit de « s’insurger contre les symboles, contre l’hagiographie, contre la commémoration nostalgique de l’histoire et contre la célébration de l’héroïne céleste ».

    Monsieur le Directeur, Monsieur le Ministre, souiller publiquement la figure de sainte Jeanne d’Arc est inacceptable ! Je vous demande l’annulation immédiate de ce spectacle obscène et offensant pour les chrétiens. 

    Veuillez croire, Monsieur le Directeur, Monsieur le Ministre, à l’expression de ma vigilante considération

    (Pour signer, remplissez le formulaire ICI)

    La Féderation Pro Europa Christiana s'est associée à plusieurs associations pour promouvoir cette pétition.

  • L'Association Médicale Mondiale (AMM) réaffirme son opposition à l'euthanasie et au suicide médicalement assisté

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    LES MÉDECINS DU MONDE CONFIRMENT LEUR OPPOSITION À L'EUTHANASIE ET AU SUICIDE ASSISTÉ

    28 octobre 2019

    Samedi 26 octobre, l'Association Médicale Mondiale (AMM) a réaffirmé son opposition constante à l'euthanasie et au suicide médicalement assisté (cf. L’association médicale mondiale toujours fermement opposée à l’euthanasie et au suicide assisté). Elle a indiqué dans un communiqué qu’elle réitérait « son ferme attachement aux principes de l'éthique médicale », mais aussi « que le plus grand respect doit être maintenu pour la vie humaine ». Par conséquent, l'AMM « est fermement opposée à l'euthanasie et au suicide médicalement assisté ». Cette déclaration, adoptée lors de son Assemblée annuelle à Tbilissi en Géorgie, est le fruit d’une enquête menée auprès de médecins et de non-médecins du monde entier.

    « Aucun médecin, souligne la nouvelle Déclaration, ne devrait être contraint de participer à l'euthanasie ou au suicide assisté, et aucun médecin ne devrait être obligé de prendre des décisions liées à cette fin ». Elle indique aussi, à propos du refus de l’acharnement thérapeutique, que « le médecin qui respecte le droit fondamental du patient de refuser un traitement médical n'agit pas de manière contraire à l'éthique en renonçant ou en refusant des soins non désirés, même si le respect d'un tel souhait entraîne la mort du patient ».

    La Déclaration révisée définit l'euthanasie comme étant l’acte d’« un médecin qui administre délibérément une substance mortelle ou qui intervient pour causer la mort d'un patient ayant la capacité de prendre des décisions » le concernant.

    Le suicide médicalement assisté correspond aux cas où, « à la demande volontaire d'un patient ayant une capacité de décision, un médecin permet délibérément à un patient de mettre fin à sa vie en lui prescrivant ou en lui fournissant des substances médicales dans l'intention d'entraîner la mort ».

    Pour le Dr Frank Ulrich Montgomery, Président de l'AMM : « Ayant tenu des conférences consultatives impliquant tous les continents du monde, nous pensons que cette formulation révisée est en accord avec les points de vue de la plupart des médecins du monde ».

  • Retour sur l'euthanasie de la championne paralympique Marieke Vervoort

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    A PROPOS DE L’EUTHANASIE DE LA CHAMPIONNE PARALYMPIQUE MARIEKE VERVOORT

    28 octobre 2019

    Mercredi 23 octobre, les médias annonçaient la mort par euthanasie de l'athlète paralympique belge Marieke Vervoort (cf. L’athlète paralympique belge Marieke Vervoort a été euthanasiée). Analyse et décryptage avec Carine Brochier de l’Institut Européen de Bioéthique.

    Gènéthique : Dans quelles circonstances cette athlète a-t-elle demandé l’euthanasie ?

    Carine Brochier : Tout d’abord, je dois dire qu’elle était porteuse d’une maladie dégénérative qui lui causait de très grandes souffrances. Elle souffrait vraiment. Elle était dans les 4% de souffrances réfractaires qu’on ne sait pas soulager. Marieke Vervoort a tenu très longtemps grâce à un parcours adapté de prise en charge, soutenue aussi par ses challenges et les compétitions sportives. Mais elle était aussi depuis très longtemps, proche des milieux qui soutiennent et qui font la promotion de l’euthanasie, des médecins militants et euthanasieurs. C’est à se demander parfois si Marieke n’a pas été instrumentalisée par leur cause. De son côté, elle avait tout préparé en vue de son euthanasie et se disait soulagée de pouvoir y recourir quand elle ne pourrait plus aller plus loin. Après les jeux olympiques de Rio où elle a été médaillée d’argent du 400 mètres fauteuil dames, elle a utilisé ce moment de célébrité pour annoncer qu’elle se ferait euthanasier quand la souffrance « ne serait plus supportable », ajoutant qu’elle « aimerait que dans tous les pays, l’euthanasie ne soit plus considérée comme un meurtre, mais que cela signifie un sentiment de repos et de tranquillité » (cf. Une championne paralympique belge demande à être euthanasiée). Depuis lors, un suspens était entretenu autour d’elle.

    G : Est-ce qu’on peut dire que ce faisceau de circonstances a pu l’enfermer dans sa décision ?

    CB : Il est légitime de se poser la question. Mais avant, il faut reconnaitre qu’il est des maladies neurologiques où la souffrance est terrible et inapaisable. La souffrance est la première à susciter un enfermement sur soi. L’athlète, je crois a été très courageuse de durer aussi longtemps. Et c’est précisément cela qu’il convient de saluer. Cependant, quand une personne a déclaré son intention de recourir à l’euthanasie, surtout quand c’est une personne médiatisée, il est difficile pour elle de revenir sur ce qu’elle a dit.

    On touche là quelque chose de très important. Je connais une personne qui souffre jour et nuit et dont les souffrances ne peuvent être apaisées. Elle est accompagnée par plusieurs personnes qui veillent à l’entourer de mille attentions. Par trois fois, elle a été tentée d’en finir, elle a failli demander l’euthanasie, mais chaque fois, elle a dépassé la crise, tout en restant dans un déluge de souffrance. Pourquoi ? Et c’est ici un point extrêmement important : celui de l’entourage immédiat du malade. Le milieu qui le porte, l’environnement, tout cela influe sur le mental de la personne malade, surtout si la douleur est présente. Selon que l’entourage et les amis ne voient aucune malice au fait qu’un médecin provoque la mort de la personne en souffrance, ou selon, au contraire, que l’entourage répugne à cette pratique et décide de s’investir pour l’accompagner à travers la souffrance, l’impact est différent. Les conséquences le sont aussi. Pour cette raison, la façon dont une société soutient ou non les malades est cruciale. Quand elle soutient l’euthanasie, le message qu’elle donne se résume en un « tu souffres, tu décides ! ». La question essentielle est celle de savoir quel est le milieu porteur qui accompagne la personne ? Si ce milieu fait d’elle une figure de proue de son combat, il va lui être difficile de ne pas s’exécuter…et même de faire marche arrière.

    G : Comment expliquez-vous l’importance du milieu, de l’entourage de la personne malade en souffrance ?

    CB : Dans son livre « les souffrances du jeune Werther », Goethe raconte l’histoire d’un jeune homme en quête d’absolu que les souffrances de la vie vont pousser au suicide. Quand le livre a été publié, beaucoup de jeunes gens l’ont imité, se sont identifiés au héros… jusqu’au suicide. Ce roman a été interdit un temps pour cette raison et a fait l’objet de l’analyse de psychologues. Ce qu’on peut en déduire, c’est que la figure du héros a un effet sur ceux qui le regarde et s’y identifient. A contrario, dans « la flûte enchantée » de Mozart, le personnage de Papageno est arrêté alors qu’il s’apprête à se suicider par trois jeunes garçons qui lui indiquent une autre voie ; il renonce à son projet. Encore une fois, ce qui importe c’est de savoir quelle société porte les plus fragiles. Si on en arrive, comme c’est le cas aujourd’hui en Belgique, à banaliser l’euthanasie, si on présente, dans les médias notamment, l’exemple de Marieke Vervoort comme une panacée, on ne sera pas prêts à porter les malades dans une autre direction que ce soit par la pensée, le cœur ou bien plus prosaïquement en moyens financiers.

    G : Comment aider les personnes qui vivre une souffrance inapaisable ?

    CB : Il est difficile de ne pas démissionner face à la souffrance. Ce qui fait la différence c’est la petite vitamine de vie qu’on arrive à insuffler à la personne fragile. Ce que je veux dire, c’est qu’on ne laisse pas un révolver sur la table de nuit d’un suicidaire. La société doit proposer une autre perspective que la mort, elle doit proposer un sens. Dans le cas de Marieke Vervoort, sa vie aurait pu être une leçon de courage malgré la souffrance pour tous, parce que la personne peut faire signe, ou même être un signe. Elle a orienté sa force intérieure vers une quête de reconnaissance : celle des jeux olympiques, et on peut se demander si ultimement, l’euthanasie n’a pas été, alors qu’elle ne maitrisait plus rien, sa dernière médaille. Il faut se demander vers où notre force intérieure est dirigée ? La diriger demande un effort, un entrainement, une résistance à la souffrance, de l’humilité. Encore une fois, le milieu porteur garantit que la personne traversera l’épreuve de la souffrance, qu’elle sera prête à affronter les enfers.

    G : Est-ce qu’elle était en fin de vie ? Est-ce que sa situation entrait dans le cadre de la loi?

    CB : Non, elle n’était pas en fin de vie et on ne pouvait pas lui appliquer de sédation, mais oui, elle entrait complètement dans le cadre de la loi. Sa maladie la conduisait à une souffrance insupportable et inapaisable et comme telle, elle pouvait recourir à l’euthanasie. En Belgique, la fin de vie n’est pas une condition nécessaire. Dans ce cas simplement, ce qui change ce sont les conditions plus nombreuses en termes de qualification des médecins ou de délais qui sont nécessaires pour l’obtenir. Légalement, tout était en règle.

  • Fin de vie : une déclaration commune des religions monothéistes

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    De Vatican News :

    Au Vatican, les religions monothéistes signent une déclaration sur la fin de vie

    Des représentants juifs, musulmans et chrétiens ont signé ce lundi matin une déclaration commune rejetant l'euthanasie et le suicide assisté et invitant à développer les soins palliatifs.
     
    Olivier Bonnel - Cité du Vatican

    Proposé au Pape François par le rabbin Avraham Steinberg, coprésident du Conseil national israélien pour la bioéthique, ce texte a ensuite été validé par l'Académie pontificale pour la Vie qui a réunit un groupe de leaders juifs, chrétiens et musulmans. Ce texte intitulé «déclaration des religions monothésites abrahamiques sur les problématiques de la fin de vie» a été signé lundi 28 octobre à la Casina Pie IV, dans les jardins du Vatican, siège de l'Académie pontificale des Sciences. Parmi les signataires figurent Mgr Vincenzo Paglia, président de l'Académie pontificale pour la Vie, le rabbin Avraham Steinberg, Kyai Marsudi Syuhud, chef de la plus importrante organisation d'oulémas d'Indonésie, ou encore un représentant du patriarcat de Moscou. 

    «Les problématiques morales, religieuses, sociales et juridiques du traitement du patient en phase terminale sont parmi les sujets les plus complexes et les plus débattus dans le domaine de la médecine moderne», peut-on lire en préambule du document. Les thématiques liées à la fin de vie ne sont pas des problématiques simples à aborder en raison des nombreux progrès scientifiques et technologiques de ces dernières années, des changements dans les rapports entre le médecin et le patient, et plus globalement des changements culturels en particulier dans les sociétés occidentales, souligne encore le préambule. 

    Les objectifs de cette déclaration

    Ce texte a pour ambition de mieux présenter la vision des religions monothésites sur ces questions délicates de la fin de vie, mais aussi d'améliorer la capacité des agents de santé à mieux comprendre, respecter, guider, aider et réconforter le croyant et sa famille dans l'exercice de leurs fonctions. «Respecter les valeurs religieuses ou culturelles du patient n'est qu'un problème religieux, souligne encore ce document, mais c'est une exigence éthique pour les personnels soignant qui accueillent des patients de confessions religieuses différentes.»

    L'assistance à ceux qui sont sur le point de mourir, lorsqu'il n'y a plus de traitement possible, est, d'une part, une manière de prendre soin du don divin de la vie, et d'autre part, un signe de responsabilité humaine et éthique, à l'égard de la personne qui souffre, souligne cette déclaration. 

    Refus de l'euthanasie et du suicide-assisté

    Cette déclaration rappelle aussi clairement l'opposition des grandes religions monothésistes à l'euthanasie, et à toute forme d'aide au suicide. L'euthanasie «est un acte direct, délibéré et intentionnel de prendre la vie et l'assistance médicale au suicide,  qui est un suicide direct, délibéré et intentionnel sont des actes  totalement contraires à la valeur de la vie humaine», lit-on dans ce texte. Par conséquent, ces actes «répréhensibles tant du point de vue moral que religieux devraient être interdites sans exception.»

    Le texte évoque également l'importance de développer les soins palliatifs pour mieux accompagner les malades en fin de vie, et rappelle l'engagement des grandes religions monothéistes à sensibiliser le grand public à ces soins. Le document signé a ensuite été présenté au Pape François lors d'une audience privée. 

    Voici les grands points de cette déclaration:

    - L'euthanasie et le suicide assisté sont moralement et intrinsèquement mauvais et devrait être interdite sans exception. Toute pression et l'action sur les patients pour les persuader de mettre fin à leur vie est catégoriquement rejetée.

    - Aucun personnel de santé ne devrait être forcé ou contraint à le faire, d'être associé, directement ou indirectement, au décès délibéré, d'un patient par suicide assisté ou par toute forme de suicide assisté. Au fil des ans, il a été accueilli favorablement le fait que le l'objection de conscience à ces actes contraires à la loi devrait être respectée. Ceci reste valable même si de tels actes ont été déclarées légaux dans certains lieux. L'objection de conscience devrait être universellement respectée.

    - Nous encourageons et soutenons une présence qualifiée et professionnelle des soins palliatif partout et pour tous. Même quand la mort est un poids difficile à supporter, nous nous engageons moralement et religieusement à ne pas nous laisser abattre ainsi qu’à assurer réconfort, soulagement de la douleur, proximité, assistance spirituelle à la personne et sa famille.

    - Nous appuyons les lois et les politiques publiques qui protègent le droit et la dignité de la personne en phase terminale, pour éviter l'euthanasie et promouvoir les soins palliatifs.

    - D'un point de vue social, nous devons nous engager pour que le désir des patients de ne pas être un fardeau ne leur inspirent pas le sentiment d'être inutiles et que leur vie mérite d'être vécue dans la dignité, d’être soignée jusqu'à son terme naturel.

    - Tous les professionnels de la santé devraient être tenus de créer les conditions nécessaires pour qu’une assistance religieuse soit garantie à toute personne qui en fait la demande.

    - Nous nous engageons à utiliser les connaissances et la recherche pour définir des politiques qui favorisent les soins et le bien-être sociaux, émotionnels, physiques et spirituels, fournir un maximum d'informations et de soins aux personnes confrontées à des maladies graves et à la mort.

    - Nous nous engageons à impliquer nos communautés sur les questions bioéthiques, en lien avec la phase terminale afin d’offrir une compagnie compatissante à ceux qui souffrent et meurent.

    - Nous nous engageons à sensibiliser le public aux soins palliatifs à travers  une formation appropriée en développant des ressources liées aux traitements pour la souffrance et la mort.

    - Nous nous engageons à apporter un soulagement à la famille et aux proches des patients qui sont sur le point de mourir.

    - Nous appelons les politiciens et les professionnels de la santé à se familiariser avec le vaste enseignement des religions abrahamiques pour fournir de meilleurs soins pour les patients mourants et leurs familles, en fonction de leurs traditions religieuses respectives.

    - Nous sommes déterminés à impliquer sur ces questions les autres religions et toutes les personnes de bonne volonté dans le monde.

  • Synode amazonien : un document conclusif sans surprise(s)

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    De Sandro Magister en traduction française sur diakonos.be :

    Les prêtres mariés passent difficilement.  Les femmes diacres recalées.  Les critiques d’un Père synodal

    Le Synode sur l’Amazonie a terminé ses travaux aujourd’hui 26 octobre avec le vote point par point du document conclusif.  Mais ce document n’a aucun effet normatif.  Il a été simplement remis au Pape François afin qu’il décide lui-même quoi faire et qu’il le mette par écrit dans une exhortation post-synodale.

    Les lecteurs trouveront ci-dessous une anthologie des points principaux du documents avec les votes respectifs pour et contre.

    Mais comme guide de lecture, il est conseillé de d’abord jeter un œil au bilan de ce synode publié hier en plusieurs langues – y compris en chinois – par « Asia News », l’Institut pontifical des missions étrangères.

    L’auteur est un missionnaire Uruguayen invité au synode par le Pape François, Martín Lasarte Topolanski, que les lecteurs de Settimo Cielo connaissent déjà et dont ils ont pu apprécier le précédent commentaire.

    Il dresse, pour ce synode, la liste des dix choses qui lui ont plu et des neuf choses qui lui ont déplu.

    On trouvera le texte intégral de ce double « vote » sur « Asia News ».  Nous reproduisons ci-dessous une synthèse abrégée de ses commentaires critiques :

    *

    Les neuf choses qui ne m’ont pas plu dans ce synode

    par Martín Lasarte

    1. Une énergie excessive gaspillée sur des problèmes intra-ecclésiaux, en particulier sur celui des « viri probati » et des « diaconesses ». Ce sujet, qui ne faisait pas totalement consensus, a consommé beaucoup de forces au détriment de la qualité des autres aspects qui eux faisaient consensus.
    2. Une auto-référentialité régionale. Synodalité avec ceux qui pensent comme moi.  Autonomie et pluralisme avec ceux qui pensent autrement, comme dans le cas des Églises sœurs en Asie, en Europe et en Afrique.  Je pense que le thème de la synodalité avec l’Église universelle aurait dû être davantage présent en ce qui concerne les ministères ordonnés.
    3. Il a manqué un plus sens plus profond d’autocritique ecclésial. Je fais référence à la faible incidence pastorale de ces cinquante dernières années dans les diverses réalités ecclésiales d’Amazonie.  Quelles sont les causes de cette pauvreté pastorale et de son infertilité ?  À mon avis, on n’a pas suffisamment abordé les thèmes de l’idéologisation sociale du ministère pastorale et du manque d’un témoignage crédible, cohérent et resplendissant de sainteté des ministres (phénomène de nombreux abandons de la vie religieuse et sacerdotale, ou de vue ambigüe).
    4. De nouvelles pièces sur un vieux vêtement. À mon avis, on n’a pas abordé les problèmes les plus profonds de l’évangélisation.  Quelles sont les nouveaux chemins proposés par le synode ?  Uniquement de nouvelles structures et les ordinations de « viri probati ».  Il me semble de ces nouveautés soient extrêmement pauvres.  De mon point de vue, les nouveaux vêtements que nous devrions endosser avec une nouvelle ferveur consistent en un problème de foi : revêtir le Christ.
    5. On parle d’un « rite amazonien » pour la liturgie. On risque de tomber dans une expérimentation théorique de laboratoire.  Il ne fait aucun doute que l’inculturation de l’Évangile dans la liturgie et dans la vie des communautés amazoniennes soit indispensable mais cela devrait être fait dans la vie concrète et petit à petit, avec une adaptation raisonnable et en prenant le temps de décanter ce qui est réellement authentique dans la culture et de ce qui est vraiment susceptible de transmettre le mystère chrétien avec des symboles et des expressions originales, en évitant une « folklorisation » superficielle et générique.
    6. La cléricalisation des laïcs. Il aurait été possible de résoudre le problème des éventuelles ordinations au sacerdoce des hommes mariés par les voies ordinaires déjà possibles et praticables dans l’Église.  Mais, malheureusement, « le » thème du synode a été l’ordination des hommes mariés, tandis que les autres thèmes sont restés dans l’ombre.
    7. Une vision sécularisée des ministères, en particulier de celui de femmes en tant que « diaconesses ordonnées. » Quand ce thème a été abordé, ce sont uniquement des motivations civiles qui sont mises en avant […] sous la forte pression de la culture dominante.  Il m’a semblé qu’’un certain sens parlementaire a été assez présent : « nous sommes les représentants des peuples d’Amazonie et nous devons porter leurs revendications ».
    8. Le danger d’une église transformée en ONG. On réduit le mystère, la vie et l’action de l’Église à des activités de « conseil » et de service social.  Cette réduction me semble être très présente dans la sensibilité de plusieurs participants au Synode.
    9. L’atmosphère du synode a été assez sereine, fraternelle et respectueuse, mais à la fin certains ont présenter les choses de façon assez clivante. D’une part un club de pharisiens qui serait attaché à la doctrine et effrayé par la nouveauté, et donc fermé à l’Esprit Saint et de l’autre ceux qui écoutent le « sensus fidei » du peuple, sans avoir peur, ouvert à la nouveauté et donc dociles à l’Esprit Saint.  Nous ne pouvons qu’admirer cet Esprit Saint venu si bien préparé et si bien organisé.

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  • Le synode sur l’Amazonie, un sujet local à portée universelle ?

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    Le site web « Aleteia » fait le point dans cet excellent « décryptage » :

    « Trois semaines après le début du synode sur l’Amazonie, les pères synodaux prendront connaissance ce samedi 26 octobre du document final résumant leurs travaux. « Le synode apparaît comme une synthèse du pontificat de François qui pose le paradoxe d’une vision locale, tout en prétendant avoir une vocation universelle », assure à Aleteia l’historien Christophe Dickès.

    Prêtrise et viri probati, femme et diaconat, dialogue interculturel et inculturation… Les sujets abordés par les évêques du monde entier lors du synode consacré au thème « L’Amazonie : de nouveaux chemins pour l’Église et pour une écologie intégrale » ont dépassé les frontières du Vatican. Journaliste, historien et auteur de plusieurs ouvrages dont Le Vatican, vérités et légendes et L’héritage de Benoît XVI, Christophe Dickès revient pour Aleteia sur cet événement.

    Aleteia : Que retenir de ces trois semaines de réflexion ?


    Christophe Dickès : Pour pouvoir répondre pleinement à cette question, il faudra attendre l’exhortation apostolique du pape François qui complètera ce long processus. Mais, comme l’écrivait très bien Marie-Lucile Kubacki, le synode apparaît comme une synthèse du pontificat de François qui pose le paradoxe d’une vision locale, tout en prétendant avoir une vocation universelle. La question est de savoir si les décisions du synode puis du Pape, profondément ancrées dans une culture latino-américaine, doivent s’imposer aux églises européennes, africaines ou asiatiques sans qu’elles aient été consultées. De mon point de vue, le synode est représentatif du règne de François : de sa spécificité dans l’exercice du pouvoir, de ses aspirations idéologiques mais aussi de ses limites pratiques et culturelles. Voire donc de ses paradoxes. Sans chercher l’affrontement direct, le Pape et son entourage utilisent le synode pour développer une ecclésiologie inspirée d’une culture locale, ouvrir de nouveaux débats théologiques sans, à mon sens, en mesurer l’ensemble des conséquences. On le voit dans beaucoup d’autres dossiers comme la gestion des crimes de pédophilies ou des réformes financières : il existe des aspirations mais la mise en pratique pose de nombreuses difficultés d’applications, notamment sur le plan du droit canon.

     Lire aussi : Synode pour l’Amazonie : un défi anthropologique et spirituel

    En Amazonie comme ailleurs, « l’Évangile doit s’inculturer », a estimé le pape François. Il a ainsi mis en garde contre les dangers de nouvelles formes de colonisations. Dans cette région, les peuples doivent recevoir l’Évangile avec leur propre culture. Est-ce là le sens de la proposition de certains des groupes de travail du synode pour l’Amazonie de créer un rite amazonien ?


    L’inculturation est loin d’être un nouveau débat dans l’église. Que l’on pense au dominicain Bartholomeo Las Casas qui prit la défense des Indiens au tournant des XVe-XVI siècles ou encore à Mgr Lavigerie, archevêque d’Alger qui affirmait au XIXe siècle qu’il fallait éviter de transformer les populations africaines en « Européens à la peau noire ». Du point de vue du rite, contrairement aux idées reçues, le rite tridentin s’est imposé tardivement dans l’Église. Au XIXe siècle, il y avait par exemple encore en France un rite artésien, franc-comtois, etc. Il existe d’ailleurs toujours des spécificités rituelles dans l’église comme par exemple pour l’église melkite. La question est davantage de savoir si ce rite amazonien, s’il est créé, respecte la nature et la finalité du sacrement de l’eucharistie. S’il évite de sombrer dans le panthéisme et une désacralisation qui transpiraient dans le document préparatoire – l’instrumentum laboris– du synode. Cependant, et pour revenir à la question de l’inculturation, je ne vois pas comment enlever au christianisme sa part grecque. L’Évangile est un texte rédigé en grec dans une culture judaïque, avec une vocation universaliste. Le lien de la Foi et de la raison grecque, admirablement transposé dans l’encyclique de Jean Paul II et dans les textes majeurs du pontificat de Benoît XVI est indissociable du christianisme. L’apport romain juridique sera plus tardif mais, à la base, il y a bien une culture gréco-judaïque. Celle-ci est associée elle-même à la pensée européenne occidentale et orientale qu’il ne me semble pas possible d’écarter, au risque précisément de dénaturer l’Évangile et de lui faire dire des choses qu’il ne dit pas.

    Les « charismes » des laïcs, en particulier des femmes, pourraient être reconnus comme un « travail ministériel », ont espéré des participants au Synode pour l’Amazonie. Qu’est-ce que cela signifie ?


    Cheville ouvrière du Synode, l’évêque autrichien émigré au Brésil Mgr Erwin Kraütler n’a jamais caché sa volonté de voir un jour des femmes accéder au sacerdoce. Il ne parle même pas de Viri probati (mot masculin) mais de personae probatae parce que l’expression ne spécifie pas le sexe de la personne. Cependant, comme pour le synode sur la famille avec la publication mi-août 2015 du motu proprio Mitis Iudex Dominus Iesus sur les nullités de mariage, le Pape a tenté d’anticiper la demande en publiant le motu proprio Aperuit illis, juste avant le Synode sur l’Amazonie. Par ce texte, il crée un dimanche de la Parole de Dieu et évoque un ministère spécifique de proclamation de la parole ouvert aux femmes. Même si certains veulent aller plus loin, je ne pense pas que le pape travaillera dans ce sens. Faut-il le rappeler, dans l’Église antique, comme l’a montré notamment l’historienne Marie-Françoise Baslez, le ministère des femmes n’existait pas. Il est au mieux très localisé en Orient et encore, sur des communautés marginales et même hétérodoxes.

     Lire aussi : Pourquoi n’y a-t-il pas de femmes prêtres dans l’Église catholique ?

    Quant à l’ordination de laïcs mariés et à la création d’un ministère spécifique – qui ne serait qu’un ministère de sanctification alors que le prêtre a trois devoirs : celui de gouverner, d’enseigner et de sanctifier –, des voix se sont élevées pour mettre en garde contre les conséquences d’une telle décision : le père François Glory des Missions étrangères de Paris a expliqué par exemple que l’ordination d’hommes mariés pouvait « renforcer le cléricalisme » et créer l’effet inverse recherché, à savoir la cléricalisation des laïcs. Mgr Gerardo Anton, vicaire apostolique de San Ramon au Pérou, a dit quant à lui que ce n’était pas là le plus urgent. Quant au cardinal Sarah, il a rejeté l’idée « théologiquement absurde » de la création d’une « double classe de prêtres ». Or, comme on le sait, cette question a dominé les débats du synode. Dans les faits, une frange minoritaire portée par les évêques allemands, souhaite imposer un rythme idéologique qui n’est absolument pas représentatif de l’Église. Alors que le Pape lui-même disait à la veille du synode que cela ne devait pas être le point central du synode.

    Les décisions prises à l’issue du synode pour l’Amazonie ont-elles vocation, à moyen terme, à s’appliquer pour tous les pays ?


    Si l’on en croit Mgr Overbeck, évêque d’Essen, « le synode pour l’Amazonie sera un tournant pour l’Église. » Certains, oui, le souhaitent. Plusieurs évêques allemands veulent résolument tourner la page des pontificats de Jean Paul II et Benoît XVI en imposant, sans concertation et comme l’a montré leur volonté de créer leur propre structure synodale, les mêmes réformes que les protestants. Incapables de répondre à la crise que vit l’Église nationale allemande, ils veulent changer les structures, réformer l’ecclésiologie et même la théologie. Et ils font mine de ne pas savoir que la crise du protestantisme perdure en dépit de ces réformes… Si vous me permettez l’expression, on nous rejoue le « concile des médias » ou encore « l’esprit du concile » ; on évoque « la tradition revivifiée de Vatican II » avec une course à l’innovation sous le prétexte qu’il est « urgent de trouver de nouveaux chemins » comme l’a dit un responsable de la DBK, la conférence des évêques allemands. Mais on ne voit pas pourquoi l’Église allemande donnerait des leçons à l’Église occidentale dans son ensemble. En la visitant, Benoît XVI a dit aux évêques allemands que ce ne sont pas de réformes structurelles dont l’Église a besoin, mais de saints. Ce que le pape François a répété partiellement en disant qu’il ne fallait pas que « les réformes soient déconnectées de la spiritualité sans visée évangélisatrice. »

    Qu’est-ce que ce synode pourrait changer à la notion d’Église universelle ?
    Votre question engage l’avenir et pose en filigrane celle du pouvoir des conférences épiscopales qui, je le rappelle, à la différence de l’épiscopat, n’a pas de fondement évangélique. Cela revient à se demander si, demain, ces dernières vont pouvoir légiférer elles-mêmes, quitte à prendre des libertés vis-à-vis du dogme, du droit canon et de la tradition comme le fait l’Église allemande sur les divorcés remariés. Dernièrement, le cardinal Ouellet a retoqué les évêques allemands sur la question d’un synode national en soulignant que leur positionnement portait précisément atteinte à l’universalité de l’Église.

    Dans l’Histoire, là encore, le rôle des églises nationales est loin d’être inexistant. Que l’on songe au gallicanisme en France, à l’anglicanisme en Angleterre ou au joséphisme en Autriche. Les églises nationales ont aussi un rôle essentiel par exemple dans l’orthodoxie. Il y a naturellement un risque dans ces aspirations. Et ce risque à un nom : celui du schisme et/ou de la division. Ce que, là encore, le pape François a critiqué : « Chaque fois que la communauté ecclésiale a essayé de résoudre ses problèmes seule, faisant confiance à ses forces ou à ses méthodes, à son intelligence, à sa volonté ou à son prestige, elle finissait par accroître les maux qu’elle tentait de résoudre. » D’autant que l’Église possède un principe, celui de subsidiarité, qui a pour vocation de donner un pouvoir à l’Église locale. Tant il est vrai que Rome ne peut tout gérer seule.

     Lire aussi : Qu’est-ce que l’infaillibilité pontificale ? »

    Ref. Le synode sur l’Amazonie, un sujet local à portée universelle ?

    Vers une confusion grandissante dans l’indifférence générale? Un pronostic qui reste à confirmer après avoir pris connaissance du texte conclusif des travaux de cette assemblée (consultative) "ad hoc" qui suivra sans aucun doute, à la majorité requise des deux tiers, les volontés de son maître.

    JPSC

  • Bien-être animal : des revendications excessives ?

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    LES EXCÈS DES PARTISANS DU « BIEN-ÊTRE ANIMAL »

    24 octobre 2019

    Depuis 2015, les animaux sont reconnus dans le code civil comme des « êtres vivants doués de sensibilité »[1]. Cette modification obtenue par les défenseurs des animaux a été suivie d’un foisonnement d’initiatives et de prises de position « pour faire de l’animal un sujet central du droit » : les considérer comme « personnalité juridique », ne plus les rattacher au régime des biens, tel est le combat d’associations et protecteurs de la cause. Une éventualité qui séduirait 7 personnes sur 10 selon un récent sondage Ifop pour la Fondation 30 millions d’amis. Et protègerait les bêtes en fonction de leur niveau de conscience et de leur capacité à ressentir la douleur. A l’étranger, le Brésil et l’Argentine ont déjà franchi le pas, déclarant pour le premier l’orang-outan et pour le second la guenon « sujet non humain ayant droit à la liberté ». En Colombie, c’est l’ours qui bénéficie d’une personnalité juridique.

    Des propositions auxquelles s’ajoutent « un panel de convictions plus ou moins contestées » : « prohiber toute manipulation génétique » des animaux, supprimer «tout ce qui peut entraver la liberté des espèces (élevage industriel, zoos) », stopper les expérimentations animales, et même, « éliminer les prédateurs dans la nature ».

    Pour aller plus loin :


    [1] Ce qui « permet à des organismes comme la Fondation 30 millions d’amis de se porter partie civile dans pas moins de 250 affaires par an »

    Sources: Le Figaro, Etienne Jacob (23/10/2019)

  • Ce foetus de quatre mois dont le Parlement belge s'apprête à autoriser l'avortement

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    Foetus de 4 mois (photo) : une majorité politique s'apprête à en autoriser l'avortement

    25/10/2019

    Une majorité se dégage au Parlement pour autoriser l'avortement jusqu'à 18 semaines après la conception, soit 4 mois (sur la photo ci-dessus, le foetus a 18 semaines).

    C'est ce que proposent le MR, l'Open VLD, Ecolo-Groen, le PS, et DéFi.

    Les partis PTB-PVDA et le sp.a vont plus loin : ils veulent permettre l'avortement jusqu'à 20 semaines après la conception, ce qui correspond à la moitié d'une grossesse.

    Voir ICI pour un synthèse des différentes propositions de loi.

    Pour approfondir : Dossier de l'IEB "Avortement : 28 ans d'application de la loi en Belgique".

    Quant aux députés cdH, ils voteront selon leur conscience (!?) :

    Les députés CDH auront la liberté de vote sur les questions bioéthiques” : Un tournant dans l’histoire du CDH. “J’ai annoncé en interne mon souhait d’offrir aux parlementaires la liberté de vote sur les questions bioéthiques, déclare à La Libre le président du CDH, Maxime Prévot, en marge de l’ouverture d’un débat parlementaire sur l’extension du droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Les problématiques bioéthiques sont intimement liées à la liberté de conscience. Nous avons tous des sensibilités qui sont le fruit d’un parcours de vie et qui nous amènent à porter un regard plus personnel sur ces questions. Il n’est plus pertinent, selon moi, qu’une posture venue d’en haut s’impose à l’ensemble des parlementaires.” (La Libre, 25 octobre, p.6)

    Vous avez dit "Ponce Pilate" ?

  • Et si l'athéisme triomphait...

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    De Jean-Michel Castaing sur aleteia.org :

    Et si l’athéisme triomphait ?