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Société - Page 650

  • Le message du Roi pour la fête nationale 2015

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    Message Royal Juillet 2015 par lalibre

  • Qu’est-ce que la théologie du peuple ?

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    XVM0f739a66-2651-11e5-9800-dd50c08405a9.jpgTout au long de son récent voyage en Amérique du Sud, le pape François a déployé, avec une conviction sans retenue, un discours politique, économique et social qui s’appuie sur un avatar non marxiste de la théologie de la libération, baptisé « théologie du peuple ». De quoi s’agit-il ? Le journal « La Croix » tente de l'expliquer :

    « Variante essentiellement argentine de la théologie latino-américaine de la libération, la théologie du peuple trouve son origine dans la commission épiscopale de pastorale (Coepal) créée en 1966 par les évêques argentins soucieux de mettre en œuvre le concile Vatican II dans leur pays. Cette commission regroupait des évêques – comme Mgr Enrique Angelelli, qui sera assassiné en 1976 par les militaires – et des théologiens à la tête desquels on trouve notamment les P. Lucio Gera et Rafael Tello.

     > A lire : Mgr Enrique Angelelli a considérablement marqué le pape François  

    Sous l’influence du P. Justino O’Farrell, professeur à l’Université nationale de Buenos Aires, la Coepal utilise aussi la sociologie, mais avec le souci de se démarquer tant des catégories de la sociologie libérale que de celles de la sociologie marxiste. « Ils voulaient penser la relation entre le peuple de Dieu et les peuples de la terre, explique le jésuite Juan Carlos Scannone (1), un des plus éminents représentants actuels de la théologie du peuple. Mais c’était à la fois contre le marxisme et le libéralisme. Pour éviter une conceptualisation de type libéral ou de type marxiste, la solution était de recourir à la culture et à l’histoire argentines et à celles de l’Amérique latine, là où le thème du peuple était très présent. » 

    Qu’est-ce que le peuple ?

    La théologie du peuple envisage le peuple comme un ensemble dynamique d’interactions personnelles et comme le vrai sujet de l’histoire à travers l’élaboration d’une culture propre. « Gera définit le peuple à partir de la culture mais une culture enracinée, poursuit le P. Scannone. Le peuple ne se constitue pas seulement autour du partage d’une culture, c’est-à-dire d’un style de vie, mais il y a aussi un projet commun, un projet politique partagé, un projet de bien commun. » 

    Mais, à l’inverse des politiques qui n’envisagent le peuple que comme nation, la théologie du peuple cherche aussi à comprendre l’Église comme peuple de Dieu, en dialogue avec les peuples de la terre et la culture. Elle s’inscrit ainsi dans la pensée du concile Vatican II qui avait redécouvert la notion de peuple de Dieu. « Croisant l’ecclésiologie de Lumen gentiumavec l’importance que Gaudium et spes reconnaît à la culture comme lieu par excellence de l’humanisation, la théologie du peuple considère que l’Évangile doit se faire “culture” dans la vie des hommes », relevait en 2014 le P. Serge-Thomas Bonino, secrétaire général de la Commission théologique internationale.

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  • Le pape François aurait-t-il légitimé la théologie de la libération ?

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    D'Isabelle Schmitz sur FIGAROVOX :

    Le pape François et la théologie de la libération: les liaisons dangereuses ?

    Après le voyage du pape en Amérique du Sud, ses discours continuent de faire débat. Isabelle Schmitz nous rappelle quel fut le rapport du Cardinal Bergoglio avec la théologie de la libération.

    Parmi les cadeaux remis au pape François par le président bolivien, Evo Morales, un Christ couché sur une croix en forme de faucille et de marteau a déclenché la polémique.

    Le crucifix offert par le président bolivien Evo Morales est une réplique de celui en bois que tailla, dans les années 1970, le jésuite espagnol Luis Espinal, en forme de faucille et marteau, sur lequel il fixa le Christ de ses premiers vœux de religieux (il fut ordonné en 1962 en Catalogne). Il mena à partir de 1968, date de son arrivée en Colombie, un apostolat engagé auprès des pauvres, comme journaliste et réalisateur de films qui dénonçaient les injustices et les abus de la dictature militaire. Il participa également aux grèves des mineurs et des travailleurs. Le 21 Mars 1980, il fut enlevé, torturé, et finalement abattu sur ordre du dictateur luis Garcia Meza Tejada.

    Avant son entretien avec le président Morales, le pape François alla se recueillir devant la croix érigée à l'entrée du quartier d'Achachicala, à La Paz, où fut retrouvé le corps supplicié du prêtre, et loua le courage de ce défenseur du droit des opprimés: «Il prêcha l'évangile, cet évangile qui nous apporte la liberté, qui nous rend libre, comme tout enfant de Dieu»

    En recevant le cadeau, le pape a laissé paraître un certain embarras démenti le lendemain par son porte-parole, le père Federico Lombardi: selon les précisions du père Lombardi, ce crucifix n'aurait pas été, pour le père Espinal, un signe idéologique, mais le signe d'une réflexion intime sur le christianisme et le marxisme. «Il n'était pas communiste, mais c'était une manière de chercher le dialogue avec les ouvriers et les paysans, qui était selon lui absolument nécessaire», déclara le père Albo, jésuite, un ami proche d'Espinal. Ce crucifix «revisité» illustre l'influence que put avoir sur l'Eglise latino-américaine la théologie de la libération, apparue dans les années 1960 en réponse à des situations de grande instabilité politique et d'injustices sociales criantes.

    Il mettait cependant en garde contre la tentation d'idéologiser le message évangélique par une « réduction socialisante », « une prétention interprétative sur la base d'une herméneutique selon les sciences sociales, (qui) recouvre les champs les plus variés : du libéralisme de marché aux catégories marxistes ».

    En acceptant ce cadeau, et en allant de recueillir sur la tombe du père Espinal, le pape François aurait-il légitimé la théologie de la libération?

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    ... et une autre "lecture" ICI

  • Quand l'image du pape telle que les médias la fabriquent risque de poser un réel problème pour les temps à venir

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    Sur Belgicatho, nous nous refusons à entrer dans un débat que nous considérons délétère et contreproductif à propos de gestes, de paroles ou d'attitudes du pape François qui peuvent surprendre voire scandaliser certains. Il est vrai que les médias n'en ratent pas une pour tenter de présenter les faits et gestes du pape actuel comme des actes "révolutionnaires" et des signes de rupture par rapport à la façon dont les papes précédents, particulièrement Benoît XVI, ont exercé leur charge et proclamé l'enseignement de l'Eglise.

    La position exprimée sur son blog par le Père Hunwicke qui distingue d'une part le pontificat réel de François - interprété comme conforme à l'enseignement traditionnel de l'Eglise - et d'autre part le pontificat tel que le présentent les médias nous paraît plus proche de la réalité. Cependant, tout comme pour le concile Vatican II dont l'image fabriquée par les médias a fini par prendre le pas sur la réalité même de ce qu'il a été, il est à craindre que l'image que les médias donnent du pape actuel vienne occulter la réalité de ce qu'il est et de ce qu'il enseigne vraiment, en jetant ainsi le trouble dans les esprits. Il suffit d'entendre ce que les gens racontent, persuadés que François est favorable à tout ce que véhicule l'air du temps. Et au-delà du pontificat actuel, un pape à venir, moins doué pour la communication, risquerait de faire les frais d'un décalage trop sensible entre l'image médiatique de son prédécesseur et un mode plus classique de l'exercice du souverain pontificat.

    On trouvera sur le site "Benoît-et-moi" la traduction de l'article du Père Hunwicke : http://benoit-et-moi.fr/2015-II/actualite/le-prochain-pontificat.html 

    Extrait :

    "Après le pontificat actuel, les loups, les journalistes qui haïssent le Christ, les prêtres infidèles, vont oublier, effacer, le véritable 'dossier' d'orthodoxie et d'impeccable fidélité ecclésiale du pape François. Tout comme le Malin a promu une fausse image du Concile, de la même façon, il présentera une fausse image du pape François comme quelqu'un qui a «refusé de condamner», quelqu'un qui «n'a eu aucun problème» avec le divorce, l'homosexualité et autres aberrations du Zeitgeist ; un pape «doux», «humble», «aimant» et «miséricordieux». Et tout comme la fausse image de Vatican II a sapé et entravé la vie de l'Eglise pendant plus d'un demi-siècle de même la fausse image du pape François entravera les pas de ses successeurs. Quoi qu'ils fassent, ils seront accusés d'«essayer de reculer l'horloge juqu'à l'ère d'avant le bon pape François». Une image totalement faussée, un "Pape François" totalement anti-historique, sera sans cesse brandi pour harceler les futurs papes, faire obstacle à leur ministère et tenir à distance le doux souffle de l'Esprit Saint."

  • Zones islamistes radicalisées : le comportement de ceux qui se rallient et trahissent leurs voisins non musulmans interpelle

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    Lu sur le site d'eecho.fr :

    L’opinion de Raymond Ibrahim (copte) spécialiste des questions islamiques outre-atlantique, n’est jamais à négliger. On peut ne pas être d’accord et signaler que les sunnites qui combattent l’Etat islamique forment même la majorité de l’armée nationale syrienne. Cette question se pose néanmoins : sans au moins la passivité de populations sunnites, les massacres et génocides commis sous l’autorité de responsables musulmans se référant à l’Islam seraient-ils possibles ? Et sans une culture de l’impunité quand il s’agit de victimes chrétiennes ? Aujourd’hui, en 1915 ou même avant ? L’histoire des Coptes (R. Ibrahim en est un) est jalonnée de ces massacres ; et c’est toutes les semaines qu’il y a des meurtres de chrétiens en Egypte. 

    Comme René Girard l’a indiqué (par exemple dans Achever Clausewitz, Carnets Nord, 2007, p. 358), le problème de l’islam par rapport à la société civile existe fortement. Il ne peut y avoir de dialogue que dans un minimum de vérité.

    Lire la suite sur le site d'eecho.fr

  • Les activités criminelles du planning familial américain

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    De la synthèse de presse de gènéthique.org :

    PLANNING FAMILIAL AMÉRICAIN : AVORTEMENTS PAR NAISSANCE PARTIELLE, LEVÉE DE VOILE SUR UN TRAFIC D’ORGANES DE FŒTUS

    Hier, le 14 juillet, une vidéo tristement éloquente, filmée par des enquêteurs du Center for Medical Progress, a été publiée. Après trois ans d’enquête, cette vidéo dévoile les "activités criminelles" du planning familial américain.

    Dans cette vidéo, filmée en caméra cachée lors d’un repas d’affaire, Deborah Nucatola, directrice des services médicaux du planning familial, détaille la « revente de ‘pièces’ d’embryons humains » à laquelle se livre le Planned Parenthood. Cette vidéo lève le voile sur un trafic d’organes de fœtus issus d’avortements tardifs.

    Deborah Nucatola décrit en détail comment le Planned Parenthood vend des parties de corps de fœtus avortés. Elle s’étend longuement sur l’efficacité de l’avortement par naissance partielle, qu'elle reconnaît être pratiquée au planning familial et qui permet de mieux récupérer des organes et des corps intacts pour répondre de manière optimale à la demande. « Nous sommes très bons pour récupérer le cœur, les poumons, les reins intacts », explique-t-elle.

    Elle précise le prix de vente de ces organes : « 30 à 100 dollars le ‘specimen’». La vente et l’achat de tissus fœtaux humains constituent un crime fédéral punissable de 10 ans de prisons et d’un demi-million de dollars d’amende. A ce crime s’ajoute celui d’homicide, le fait de tuer des bébés « intacts » ayant survécus aux avortements par naissance partielle constituant un meurtre au regard de la loi.

    Le planning familial apparaît conscient des risques juridiques encourus, « mais je peux vous dire qu’une fois les portes closes, on en parle avec nos affiliés », déclare Deborah Nucatola le plus simplement du monde.

    Le responsable du projet « capital humain » du Center for Medical Progress affirme que « la conspiration criminelle du Planned Parenthood pour faire de l’argent avec des morceaux de bébés avortés va jusqu’au plus haut niveau de l’organisation. Les élus doivent faire que le planning rende compte devant la loi afin qu’il soit mis fin à ce business barbare ».

    Le gouverneur de Louisiane, Bobby Jindal, a réagi à ces révélations dans un communiqué où il annonce « l’ouverture d’une enquête à l’encontre du planning familial ». « Cette vidéo d’un officiel du planning familial parlant d’un système de trafic de parties de corps humain est choquante et horrible », déclare-t-il. « J’ai demandé une enquête immédiate sur cette activité mauvaise et illégale. Je demande aussi au FBI d’assister le Département de la santé et des hôpitaux pour enquêter sur les activités criminelles reprochées à cette organisation ».

    Sources: Aleteia (14/07/2015)

  • Les moines, jardiniers de l’Europe

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    media-27587-6.jpg« Loué sois-tu » : dans une encyclique très médiatisée, le pape François présente un catalogue de réflexions sur ce que devrait être une « écologie intégrale » : un nouveau concept, peut-être, mais une réalité dont les abbayes nous offrent une illustration multiséculaire. C’est ce que remarque Aymeric Pourbaix dans  un éditorial de « Famille chrétienne » publié à l’occasion de la fête estivale de saint Benoît :  

    « Une des plus belles fleurs de notre civilisation réside dans l’esprit d’enfance. Bel acte de reconnaissance de l’Unesco, qui vient d’inscrire les terres viticoles de Champagne et de Bourgogne au patrimoine de l’humanité ! Cet hommage aux « coteaux, maisons et caves de Champagne », et aux «climats de Bourgogne », est d’autant plus réjouissant qu’il honore – sans le savoir ? – les racines chrétiennes de l’Europe ! En effet, cette tradition séculaire n’existerait pas sans le travail des moines, qui ont défriché la terre tout autant que les âmes de ces régions fertiles : combien d’illustres domaines ont été créés par de grandes abbayes ? C’est l’une des marques de la civilisation chrétienne que cette incarnation dans le temporel, jusque dans les moindres détails de son terroir, de ses maisons, et dans l’art d’y vivre et d’y manger le mieux possible. « Ce n’est pas d’abord à la façon dont quelqu’un me parle de Dieu que je vois s’il a connu le feu de l’amour, disait Simone Weilc’est à la manière dont il me parle des réalités humaines. » Il y a de la sagesse dans cette affirmation, celle de porter attention à ce que rien de la vie terrestre n’échappe à la douce tutelle divine.

    C’est ainsi que la religion catholique s’est rendue aimable, par ce lent travail de civilisation accompli notamment par les moines bénédictins au cours des siècles, à travers un savant équilibre entre vie de prière et travail. «Ces domaines monastiques, écrivait La Varende, avec leurs fermes, leurs écoles, leurs hôpitaux, créaient une immense poétique humaine, une candeur, une bonhomie, une paix, un bonheur contre lesquels rien ne pouvait prévaloir.» La « paix bénédictine » en somme…

    Même la famille, première com­munauté naturelle, a fait l’objet d’attentions de ces jardiniers de la Création, puisque les monastères eux-mêmes ont été bâtis sur le modèle de la famille romaine : le Père abbé remplaçant le pater familias qui organisait la vie communautaire avec, en son cœur, un autel domestique. Voilà qui éclaire cette affirmation paradoxale d’un historien de l’ordre bénédictin, pour qui «le moine est un enfant qui chante et qui joue ». Une des plus belles fleurs de la civilisation chrétienne réside dans cet esprit d’enfance, fait de confiance en la Providence divine.

    Mais ce bel édifice n’est pas arrivé là par hasard. Lorsque Paul VI, en 1964, fait de saint Benoît le patron de l’Europe, c’est, disait-il, pour promouvoir «l’unité spirituelle» du continent. Et le pape d’ajouter alors que la paix n’est pas seule­ment l’absence de guerre, encore moins l’inertie ou l’immobilisme. Elle suppose la vertu, fondée sur la foi. Aujourd’hui que l’Union européenne fondée sur l’économique semble remise en cause par la question grecque, et par les entorses au droit de la famille – reconnaissance implicite de la gestation pour autrui (GPA) – il serait temps de revenir à cet enracinement bénédictin, pour reconstruire l’Europe sur des réalités autrement plus solides. »

    Ref. 11 juillet, fête de saint Benoît – Les moines, jardiniers de l’Europe

    Photo: abbaye Sainte-Madeleine du Barroux (Vaucluse)

    JPSC

  • Journal parlé du pape François dans l’avion de retour d’Amérique latine : crise grecque, économie capitaliste, accès de la Bolivie à la mer, crucifix marxiste et plante de coca.

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    Comme le veut la tradition, le pape a donné une conférence de presse dans l'avion du retour de son voyage apostolique. Morceaux choisis par le site web « aleteia » (JPSC):

    « L'occasion pour le Souverain Pontife de revenir en détails sur les temps forts et les rencontres de son voyage apostolique de huit jours en Amérique Latine, l'occasion aussi de parler de sujets brûlants d'actualité comme la crise grecque.
    L’actualité s’est en effet invitée lors de la conférence de presse.

    Grèce : les gouvernements ont conduit le pays à cette situation

    Que pense François du cas grec ? « Ce serait trop facile de dire que la faute est celle d’un seul camp », a t-il répondu. Le Pape se refuse de donner raison à qui que ce soit. « Les gouvernements grecs qui ont conduit le pays à cette situation de dette internationale ont une responsabilité. Avec le nouveau gouvernement ont a vu une révision assez juste ». Le Pape espère qu’une voie sera trouvée pour résoudre le problème grec, mais aussi un outil de « surveillance » pour que d’autres pays « ne tombent pas » dans le même problème, car « cette voie des prêts et des dettes ne finit jamais ». Le Pape argentin s’interroge : si une entreprise fait faillite pourquoi un pays ne le pourrait-il pas, afin qu’on lui apporte de l’aide ?
    Le Pape a également été interrogé à plusieurs reprise sur son discours devant les mouvements populaires, le pape avait alors, notamment, critiqué les politiques d’austérité, mais aussi le système économique actuel qui impose le profit à tout prix.

    Le crucifix en forme de marteau et de faucille

    Concernant le cadeaux d’Evo Morales, un crucifix en forme de faucille et de marteau, Le pape s’est dit tout d’abord « étonné ». « Je ne savais pas que le père Luis Espinal était sculpteur et aussi poète, je l’ai su ces jours-ci et ce fut pour moi une surprise ». Cette œuvre relève de « l’art de la contestation, qui peut, dans certains cas, être offensif ». Dans ce cas concret : le père Espinal a été tué en 1980, au moment de la théologie de la libération, une théologie qui avait de nombreuses déclinaisons, et une de celles-là utilisait l’analyse marxiste de la réalité, et le père Espinal adhérait à ce courant. Le Pape rappelle qu’à l’époque le Supérieur général des jésuites, le père Arrupe a écrit une lettre adressée à toute la Compagnie de Jésus sur l’analyse marxiste de la réalité pour tâcher de l’enrayer. « Non, cela ne va pas ».
    Quatre année plus tard, François souligne qu’en 1984, la Congrégation pour la Doctrine de la foi a publié « un petit volume le premier sur la théologie de la libération pour la critiquer ». François invite à faire l’herméneutique de cette époque. « Espinal était enthousiasmé par cette analyse de la réalité marxiste, ainsi que de la théologie utilisant le marxisme. C’est de là que vient cette œuvre. Les poésies d’Espinal appartiennent également à ce genre de la contestation, mais c’était sa vie , sa pensée, c’était un homme spécial, avec tant de génialité humaine, et qui luttait de bonne foi. En faisant une herméneutique de genre, je comprends cette œuvre. Et pour moi, (ce cadeau) n’a pas été une offense. Mais j’ai dû faire cette herméneutique et je vous le dis pour qu’il n’y ait aucune opinion erronée. » Le Pape a conservé le Christ offert par le président bolivien.
    Tout au long de la conférence de presse, le pape François a insisté sur ce concept d’herméneutique. Il a même donné un conseil aux journalistes : « un texte ne peut s’interpréter avec une seule phrase, l’herméneutique doit se faire selon le contexte. Si on parle du passé, il faut interpréter ce fait avec l’herméneutique de cette époque ».

     « L’économie d’aujourd’hui tue »

    Expression revendiquée de François qu’on retrouve dans Laudato Si et Evangeli Gaudium. Un propos qui est mal perçu aux Etats Unis, terre capitaliste, souligne un journaliste. Le Pape dit avoir pris connaissance de critiques, mais n’a pas encore eu le temps de les étudier pour pouvoir dialoguer. Il le fera avant septembre, date de son prochain voyage à Cuba et aux Etats Unis. Deux pays dont il se réjouit du rapprochement historique annoncé le 17 décembre dernier.

    La diplomatie du Saint-Siège, la médiation ?

    Concernant le rôle du Saint-Siège, le Pape réfute le terme de « médiation ». Il a assuré avoir seulement prié, et que le mérite revenait à la bonne volonté des deux pays . « Nous n’avons presque rien fait, seulement de petites choses ». François se félicite que les deux pays aient ensemble « gagné la paix, la rencontre, l’amitié, la collaboration ». Il se dit en revanche préoccupé par les négociations de paix en Colombie. « Après 50 ans de guerre et tant de morts, nous devons prier pour que ce procession ne s’arrête pas ». Prière exaucée, puisque dimanche, le gouvernement colombien et la guérilla des Farc ont conclu un accord portant sur la désescalade du conflit, dans un contexte pourtant de recrudescence des combats.
    Le Pape accepterait-il de servir de médiateur entre le Chili et la Bolivie pour que La Paz ait, comme il le souhaite, un accès à la mer ? La Bolivie a déposé un recours auprès de la Cour internationale de justice de La Haye. Respectueux, François estime qu’« il faut attendre la décision du tribunal international ». Le pape s’abstient de commentaires. Il ne veut « s’immiscer dans la souveraineté d’un autre Etat ». Il souhaite cependant que de saines négociations puissent avoir lieu entre les deux pays.

    L’Eglise ne cautionne pas l’anarchie

    Mais pourquoi ne François ne parle-t-il pas plus aux classe moyennes ? « Je vous remercie pour votre aide »,  lance le Pape au journaliste qui l’interroge. Tout en soulignant la valeur « des personnes communes », François reconnait qu’il s’adresse aux puissants et aux pauvres, car « le monde est polarisé. La classe moyenne devient de plus en plus petite, et la polarisation entre les riches et les pauvres est grande », et s’il parle des pauvres, « c’est parce qu’ils sont au cœur de l’Evangile ».
    S’il se focalise sur les mouvements populaires, c’est que ces derniers représentent « une réalité très grande dans le monde » en Amérique latine, mais aussi en Orient, en Inde, aux Philippines, en Thaïlande... « Ceux sont des personnes qui ne se sentent pas représentées par les syndicats parce que disent-ils les syndicats sont une corporation qui ne s’intéressent pas aux plus pauvres ». Or, l’Eglise ne peut être  indifférente, elle a une doctrine sociale et dialogue avec eux. François précise qu’en soutenant ces mouvements populaires, « l’Eglise ne fait pas un choix pour la voie de l’anarchie ». D’ailleurs, « ces mouvements s’organisent entre eux, pas seulement pour protester »,  « ce ne sont pas des anarchistes, ils travaillent » « pour aller de l’avant et pouvoir vivre ». Sur ce chemin, « l’Eglise n’est pas lointaine, elle les aide à lutter ».

    Enfin comment a-t-il tenu le rythme tout au long de ce voyage ? François a misé sur le maté, il précise qu’il n’a pas touché aux feuilles de coca. « Que ce soit clair ! » a t-il conclu, dans un sourire ! »

    Ref. Grèce, crucifix marxiste, diplomatie… Ce que le Pape a dit dans l'avion du retour d'Amérique Latine

  • En visite au Paraguay, le pape François tance le président

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    4680040_6_5605_le-pape-francois-au-deuxieme-jour-de-sa_a9f8a0c0002d7f6dee75d82c8e152883.jpgAu Paraguay, le président ne s’appelle pas Moralès mais Horacio Cartes. Il n’est pas dirigeant syndicaliste ni chef de file du mouvement vers le socialisme mais ingénieur en aéronautique et homme d’affaire, démocratiquement élu. Il a fait les frais de la rencontre avec François. Le journal « Le Monde » commente (JPSC) :

    « Avis aux présidents qui seraient tentés de tirer un bénéfice politique de la venue d’un pape très populaire dans leur pays : avec François, l’expérience pourrait au contraire leur en cuire. C’est la mésaventure qui est arrivée, samedi 11 juillet, au président du Paraguay, Horacio Cartes, un conservateur au pouvoir depuis deux ans. Une rencontre publique à laquelle participait le pape argentin a tourné à l’humiliation publique pour le chef de l’Etat, conspué par la salle, morigéné en public par Jorge Mario Bergoglio.

    La veille, la visite au Paraguay, troisième et dernière étape de la tournée pontificale en Amérique du sud, avait pourtant bien commencé pour cet ancien élève des jésuites, à l’aéroport puis au palais présidentiel, en compagnie de tout ce que la République paraguayenne compte d’officiels. Mais samedi, au palais des sports Leon Condou, le public était différent. Réunies par le recteur de l’université catholique, Narciso Velazquez, cinq mille personnes représentants différentes associations et acteurs de la société civile attendaient de François un encouragement pour faire face aux multiples maux du pays, de la pauvreté à la marginalisation de populations indigènes en passant par la corruption.

    Lire : Le pape au Paraguay, ancienne terre de mission jésuite

    « La dictature, c’est fini ! »

    Pour faire patienter la salle, chants et danses alternent avec des prises de parole dans une atmosphère fervente et bon-enfant. Mais des sifflets commencent à surgir lorsqu’une économiste vante longuement les succès économiques du pays. Elle doit s’arrêter sous les huées lorsqu’elle affirme que son taux d’endettement est le plus faible de la région. La salle s’échauffe un peu plus encore lorsque des membres du service d’ordre veulent s’emparer d’une banderole rappelant un affrontement entre policiers et paysans sans terre qui a fait 17 morts il y a trois ans. « La dictature, c’est fini », crie la salle. Le calicot passe de main en main et est mis à l’abri au dernier rang, bien visible.

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  • Pilule du lendemain en Espagne : les pharmaciens bénéficient de la clause de conscience

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    De la synthèse de presse de gènéthique.org :

    PILULE DU LENDEMAIN : EN ESPAGNE, PROTECTION DE LA CLAUSE DE CONSCIENCE POUR LES PHARMACIENS

    En Espagne, la Cour Constitutionnelle a rendu une décision protégeant la conscience des pharmaciens qui refusent de délivrer la pilule du lendemain. Les conclusions de la Cour se basent sur la liberté de conscience et de religion, inscrite dans la Constitution espagnole (article 16).

    Les juges ont débattu le cas d’un pharmacien de Séville qui avait été condamné en 2008 à 3 000€ d’amende par le gouvernement de l’Andalousie, car il avait refusé de délivrer pilules du lendemain et préservatifs dans son officine. La Cour a donc renversé la décision en appel, et reconnu que les pharmaciens ne sont pas légalement tenus de vendre un produit qui va à l’encontre de leurs convictions. La décision n’a pas été unanime, et plusieurs juges dissidents ont marqué leur opposition.

    La Cour a tenu compte du fait que ce pharmacien était inscrit sur la liste officielle des objecteurs de conscience. Elle a également pris en compte le fait que la pharmacie concernée se trouvait en centre ville : le client peut donc facilement se fournir ailleurs.

    Enfin, cette décision reconnait que la pilule du lendemain pose un problème de conscience du fait de son potentiel caractère abortif.

    Sources: The telegraph (07/07/2015)

  • France : une large majorité opposée à ce que les églises deviennent des mosquées

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    De Philippe Oswald sur Aleteia.org :

    Les Français ne veulent pas que leurs églises deviennent des mosquées

    Selon un sondage IFOP/Valeurs Actuelles, une large majorité de Français est opposée à l’utilisation d’églises pour la prière de musulmans, comme l'a proposé le président du CFCM, Dalil Boubakeur.

    Le 15 juin, sur Europe 1, au micro de Jean-Pierre Elkabbach, Dalil Boubakeur, recteur de la grande mosquée de Paris et président du Conseil français du culte musulman, a proposé que des églises désaffectées puissent accueillir des fidèles musulmans (Aleteia). Bien que le recteur soit revenu sur sa proposition, des réactions en grande majorité négatives n’ont cessé d’affluer : 67% rejettent cette proposition dans le sondage réalisé par l’IFOP pour Valeurs actuelles.  

    "La haute mémoire de notre pays"

    Dans cet hebdomadaire, l’écrivain Denis Tillinac a lancé un appel " Touche pas à mon église !", co-signé par de nombreux intellectuels et personnalités politiques (dont Nicolas Sarkozy), qui a déjà recueilli plus de 40 000 signatures. "Une église n’est pas une mosquée, écrit notamment Denis Tillinac, et prétendre que 'les rites sont les mêmes' relève d’un déni de réalité scandaleux. Croyants, agnostiques ou athées, les Français savent de la science la plus sûre, celle du cœur, ce qu’incarnent les dizaines de milliers de clochers semés sur notre sol par la piété de nos ancêtres : la haute mémoire de notre pays. Ses noces compliquées avec la catholicité romaine. Ses riches heures et ses sombres aussi, quand le peuple se récapitulait sous les voûtes à l’appel du tocsin. Son âme pour tout dire."

    C’est principalement la dimension symbolique que revêtirait une telle mesure qui est récusée, comme l’avait relevé aussitôt le père Pierre Amar sur Padreblog : "Le fait qu’une église devienne une mosquée serait évidemment un symbole fort. Il sonnerait en quelque sorte la 'victoire' du croissant sur la croix, une perte d’influence de l’Église sur des terres considérées jusque-là comme des zones de culture chrétienne. Par son histoire et son attraction dans le monde arabe, la France apparaîtrait alors comme une terre idéale de conquête".

    Des propos qui doivent réveiller

    Les précédents ne manquent pas d’églises transformées en mosquées depuis les conquêtes de Mahomet jusqu’à nos jours, dans les territoires tombés aux mains du "Califat" en Syrie et en Irak (Aleteia). En outre, l’interdiction absolue d’ériger un édifice religieux autre qu’une mosquée dans plusieurs pays musulmans, à commencer par l’Arabie saoudite, n’incite pas à baisser la garde… Que la proposition faite pour la France concerne des églises plus ou moins abandonnées ne changerait pas la donne symbolique puisque chacun y verrait le signe de la victoire d’une foi conquérante sur une foi chrétienne… laissée en déshérence par une majorité de Français. C’est là évidemment que le bât blesse, comme l’écrivait encore le père Amar : "Si les propos de M. Boubakeur peuvent nous choquer, ils peuvent aussi, doivent aussi, nous réveiller. Car notre infidélité est plus choquante encore. Si les Français tiennent à leurs églises, il faudrait qu’ils en reprennent le chemin…".

    Sur ce point, même réaction de Mgr Michel Dubost, évêque d’Évry et président du Conseil pour les relations interreligieuses à la Conférence des évêques de France, commentant le sondage de l’IFOP et de l’appel de Valeurs Actuelles dans La Croix : "Je me réjouis que les Français veuillent défendre leur patrimoine ecclésial qui a une grande valeur symbolique ! Et la meilleure manière de défendre les églises est d’y célébrer la gloire de Dieu". Mgr Dubost rappelle que "sur les 45 000 paroisses et chapelles recensées par le ministère de l’intérieur, plus de 40 000 – celles ayant été construites avant 1905 – n’appartiennent pas à l’Église catholique mais aux communes. (…) Cela suppose que les catholiques utilisent un tant soit peu les églises, pour honorer les efforts que font un grand nombre de mairies pour les entretenir. Sinon, lorsqu’une église ne sert plus à la prière, la puissance publique peut la vendre".

    Au risque d'être provocateur à son tour, l’évêque d’Évry ajoute : "À tout prendre, je préfère qu’elle [une église] soit vendue à une association musulmane… J’aime mieux qu’une ancienne chapelle devienne un lieu de prière musulman qu’un lieu de débauche", ce qui ne manquera pas de faire rebondir les débats ! Il conclut cependant à la quasi-impossibilité qu’une commune vende une église à une communauté musulmane, et exclut le partage des lieux de culte : "Déjà, entre protestants et catholiques, c’est difficile, ne serait-ce que pour honorer la présence réelle…".

  • L'encyclique "Laudato si" : une réponse aux "papo-sceptiques"

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    De Jean-Yves Naudet sur Liberté Politique :

    Laudato si’ : réponse aux “papo-sceptiques”

    On connaissait les eurosceptiques, les climato-sceptiques, etc. L’encyclique Laudato si’ nous a permis de découvrir la catégorie des « papo-sceptiques ». Rarement un texte pontifical aura provoqué, à côté de réactions positives, voire enthousiastes, autant de réactions négatives, ironiques et parfois même insultantes. Des critiques infondées, qui appellent à la lecture du texte dans sa totalité, et dans la continuité de l’enseignement social de l’Église.

    CHACUN est libre de ses opinions, même dans un commentaire, une discussion, voire une polémique, mais il y a, sinon le respect de la fonction, au moins le respect de la personne et de la vérité du texte qu’on commente. Laissons donc de côté les articles inutilement agressifs, et les commentaires, que permettent notamment les médias numériques, parfois odieux. Tout ce qui est excessif est insignifiant et dire que le pape n’est qu’un homme politique ou qu’il ne cherche qu’une gloire humaine ou encore qu’il est communiste ne montre guère que leurs auteurs aient compris quoi que ce soit à un texte qu’ils n’ont probablement pas lu. (François emploie d’ailleurs sans hésitations au n. 104 l’expression de « régimes totalitaires » pour qualifier aussi bien le nazisme que le communisme).

    Trois critiques

    En revanche, en France comme à l’étranger, on trouve trois critiques majeures, n’émanant pas toujours des mêmes personnes, vis-à-vis du texte de l’encyclique et donc des prises de position du pape François. Il y a d’abord ceux qui considèrent que François rompt avec la doctrine sociale de l’Église, qu’il serait un pape de rupture, ou de régression.

    Il y a ensuite ceux qui trouvent qu’il a totalement condamné l’économie de marché et donc qu’il se situe dans une toute autre logique économique, étatiste et collectiviste, ce que la plupart du temps ils réprouvent.

    Enfin, il y a ceux qui pensent que le pape François s’aligne purement et simplement sur les thèses des partis écologiques, qui seraient les seuls à trouver grâce à ses yeux et dont il approuverait, comme le ferait un militant, toutes les thèses.

    Ces trois critiques transforment leurs auteurs en « papo-sceptiques » radicaux et systématiques et il faut retourner au texte de Laudato si’ pour montrer que ces critiques sont peu ou pas fondées. Encore une fois, on peut ne pas apprécier les analyses du pape, mais on ne peut le faire sans partir du texte complet ou en s’appuyant seulement sur quelques phrases isolées de leur contexte, ou sur le fait que tel ou tel homme politique ait approuvé les propos du pape.

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