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Spiritualité - Page 44

  • Saint Olivier Plunkett, primat d'Irlande martyrisé à Londres en 1681 (1er juillet)

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    Saint Olivier Plunket, Archevêque et Martyr. Fête le 01 Juillet.

    Notice de l'Encyclopaedia britannica :

    Saint Oliver Plunket, Plunket également orthographié Plunkett, (né en 1629, Loughcrew, County Meath, Irlande. mort le 1er juillet 1681, Londres ; canonisé en 1975 ; fête le 11 juillet), primat catholique romain de toute l'Irlande et dernier homme à avoir souffert le martyre pour la foi catholique en Angleterre.

    Plunket a fait ses études et a été ordonné à Rome, où il a été professeur de théologie au College de Propaganda Fide et représentant des évêques irlandais auprès du Saint-Siège. Nommé archevêque d'Armagh et primat de toute l'Irlande en 1669, il arrive l'année suivante à un moment où, après une répression prolongée, l'Église catholique est fortement désorganisée, avec un seul évêque âgé en liberté. S'efforçant de rétablir l'ordre et la discipline conformément aux préceptes du Concile de Trente, Plunket reste en bons termes avec les Anglais et les protestants jusqu'en 1673, date à laquelle il est obligé de se cacher en raison de nouvelles persécutions. Pendant les cinq années qui suivirent, il travailla dans des conditions de plus en plus difficiles, portées à leur paroxysme par la terreur inspirée par le complot de Titus Oates en 1678. L'année suivante, il fut trahi, arrêté et emprisonné au château de Dublin. Son procès à Dundalk fut rendu absurde par les témoignages ignominieux de l'accusation ; il fut emmené à Londres où, après de longues procédures judiciaires, il fut condamné à être pendu, éventré et écartelé ; la sentence fut exécutée à Tyburn devant une grande foule. Plunket a été béatifié par Benoît XV en 1920 et canonisé par le pape Paul VI le 12 octobre 1975. Sa tête est conservée à Drogheda et son corps à l'abbaye de Downside, près de Bath.

  • Le cardinal Müller aux ordinands : "Vous n'êtes donc pas comme des mercenaires, des fonctionnaires, bien ou mal payés, d'une organisation humanitaire..."

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    De kath.net/news :

    « Vous ne pouvez répondre à cette élection et à cet appel qu’avec une volonté inconditionnelle… »

    30 juin 2025

    « Vous n'êtes pas comme des mercenaires, des fonctionnaires, bien ou mal payés, d'une organisation humanitaire créée par l'homme et fournissant des services spirituels et sociaux. » Sermon de consécration par Gerhard Card. Müller du 28 juin 2025, à l'occasion de l'ordination des prêtres et des diacres en 2025 à Courtalain (France) au Séminaire de Saint Vincent de Paul.

    Chers frères et sœurs !

    Lors de cette sainte célébration, dix jeunes gens recevront le sacrement de l'Ordre. Cinq d'entre eux au niveau du presbytérat et quatre autres au niveau du diaconat. Le fait que l'installation au ministère spirituel s'accomplisse par un « sacrement au sens propre et véritable » – comme le précise le Concile de Trente – signifie que la grâce d'être un ministre du Christ, prêtre, enseignant et pasteur de l'Église, lui est conférée par lui-même, en tant que Chef de l'Église. 

    Lors de l'ordination liturgique, l'évêque n'est que l'instrument entre les mains du Christ qui, par le signe de l'imposition des mains et de la prière, consacre ceux qu'il a appelés au ministère apostolique. 

    Le ministère des apôtres, fondé sur l'institution divine, est exercé dans la succession apostolique par les évêques, les prêtres et les diacres, qui forment l'office originellement sacramentel de l'ordination de l'Église catholique. Vatican II décrit ainsi le caractère spécifique du presbyterium : « Bien que les presbytres ne possèdent pas le plus haut degré d'ordination sacerdotale et dépendent des évêques pour l'exercice de leur pouvoir, ils leur sont néanmoins unis dans la dignité sacerdotale et, en vertu du sacrement de l'Ordre, ordonnés à l'image du Christ, Prêtre suprême et éternel, pour proclamer la Bonne Nouvelle, être pasteurs des fidèles et célébrer le culte divin, et sont ainsi véritablement prêtres de la Nouvelle Alliance. Au niveau de leur charge ministérielle, ils participent à la fonction de l'unique Médiateur, le Christ, et annoncent à tous la Parole de Dieu. Ils exercent leur office sacré plus particulièrement dans la célébration ou l'assemblée eucharistique, agissant en la personne du Christ et proclamant son mystère, unissant les prières des fidèles au sacrifice de leur Chef et offrant l'unique sacrifice de la Nouvelle Alliance, à savoir le sacrifice du Christ, qui s'est offert une fois pour toutes comme un don immaculé au Père, dans le sacrifice de la Messe jusqu'à la seconde venue du Christ. Rappelle-toi. du Seigneur et tournez-vous vers lui. (Lumen gentium 28). 

    Et en ce qui concerne le degré diaconal d'ordination, le Concile œcuménique déclare avec une autorité doctrinale suprême : « Un degré plus bas dans la hiérarchie sont les diacres, qui reçoivent l'imposition des mains "non pour le sacerdoce mais pour le ministère". Forts de la grâce sacramentelle, ils servent le peuple de Dieu dans la diaconie de la liturgie, de la parole et de la charité, en communion avec l'évêque et son presbyterium. » (Lumen gentium 29).

    Chers frères, lorsque vous entendrez et accueillerez cet enseignement, fondé sur la Révélation, ses origines christologiques et sa tradition apostolique, vous serez touchés par la dignité que le Christ lui-même vous a conférée. « Il vous a rendus capables d'être ministres d'une alliance nouvelle, non de la lettre, mais de l'Esprit » (2 Co 3, 6). Vous ne pourrez répondre à cette élection et à cet appel que par une volonté inconditionnelle de donner votre vie pour les fidèles qui vous sont confiés, à l'exemple du Christ, le Bon Pasteur (Jn 10, 11).

    Vous n'êtes donc pas comme des mercenaires, des fonctionnaires, bien ou mal payés, d'une organisation humanitaire créée par l'homme et fournissant des services spirituels et sociaux. Nous, les « ministres du Christ et intendants des mystères de Dieu » (1 Corinthiens 4:1), ne pouvons jamais, par amour-propre trompeur, nous préoccuper de notre propre honneur, du pouvoir et de l'influence dans la société, des privilèges, du snobisme de classe et du carriérisme au sens séculier. Nous ne devons pas non plus nous laisser intimider par les accusations de cléricalisme, alimentées par la même source toxique de la mentalité compétitive.

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  • Le pape Léon XIV affirme que l'unité de l'Église « se nourrit du pardon et de la confiance mutuelle »

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    MESSE ET BÉNÉDICTION DES PALLIUMS POUR LES NOUVEAUX ARCHEVÊQUES MÉTROPOLITAINS 
    EN LA SOLENNITÉ DES SAINTS APÔTRES PIERRE ET PAUL

    CHAPELLE PAPALE

    HOMÉLIE DU PAPE LÉON XIV

    Basilique Saint-Pierre
    Dimanche 29 juin 2025

    ________________________________________

    Chers frères et sœurs,

    nous célébrons aujourd'hui deux frères dans la foi, Pierre et Paul, que nous reconnaissons comme les colonnes de l'Église et que nous vénérons comme patrons du diocèse et de la ville de Rome.

    L'histoire de ces deux apôtres nous interpelle aussi de près, nous qui formons la communauté des disciples du Seigneur qui pérégrine en ces temps. En regardant leur témoignage, je voudrais souligner deux aspects en particulier : la communion ecclésiale et la vitalité de la foi.

    Tout d'abord, la communion ecclésiale. La liturgie de cette solennité nous montre en effet comment Pierre et Paul ont été appelés à vivre un destin unique, celui du martyre, qui les a unies définitivement au Christ. Dans la première lecture, nous trouvons Pierre qui, en prison, attend l'exécution de la sentence (cf. Ac 12, 1-11) ; dans la seconde, l'apôtre Paul, lui aussi enchaîné, affirme dans une sorte de testament que son sang va être versé et offert à Dieu (cf. 2 Tm 4, 6-8.17-18). Pierre et Paul donnent tous deux leur vie pour la cause de l'Évangile.

    Cependant, cette communion dans l'unique confession de la foi n'est pas une conquête pacifique. Les deux apôtres l'atteignent comme un but auquel ils parviennent après un long cheminement, au cours duquel chacun a embrassé la foi et vécu l'apostolat d'une manière différente. Leur fraternité dans l'Esprit n'efface pas les différences qui étaient les leurs au départ : Simon était un pêcheur de Galilée, Saul était un intellectuel rigoureux appartenant au parti des pharisiens ; le premier a tout quitté immédiatement pour suivre le Seigneur ; le second a persécuté les chrétiens jusqu'à ce qu'il soit transformé par le Christ ressuscité ; Pierre prêche surtout aux Juifs ; Paul est poussé à apporter la Bonne Nouvelle aux nations.

    Entre les deux, comme nous le savons, les conflits n'ont pas manqué au sujet de la relation avec les païens, au point que Paul affirma : « Quand Céphas est venu à Antioche, je lui ai résisté en face, car il était manifestement dans son tort » (Gal 2, 11). Et cette question, comme nous le savons, sera traitée par le Concile de Jérusalem, où les deux apôtres s'affronteront à nouveau.

    Très chers amis, l'histoire de Pierre et Paul nous enseigne que la communion à laquelle le Seigneur nous appelle est une harmonie de voix et de visages qui n'annule pas la liberté de chacun. Nos Patrons ont suivi des chemins différents, ont eu des idées différentes, ils se sont parfois confrontés et affrontés avec une franchise évangélique. Pourtant, cela ne les a pas empêchés de vivre la concordia apostolorum, c'est-à-dire une communion vivante dans l'Esprit, une harmonie féconde dans la diversité. Comme l'affirme saint Augustin, « un seul jour est consacré à la fête des deux apôtres. Mais eux aussi étaient une seule chose. Bien qu'ils aient été martyrisés à des jours différents, ils étaient une seule chose » (Discours 295, 7.7).

    Tout cela nous interroge sur le chemin de la communion ecclésiale, qui naît de l'élan de l'Esprit, unit les diversités et crée des ponts d'unité dans la variété des charismes, des dons et des ministères. Il est important d'apprendre à vivre ainsi la communion, comme unité dans la diversité, afin que la variété des dons, reliée dans la confession de l'unique foi, contribue à l'annonce de l'Évangile. C'est sur cette voie que nous sommes appelés à marcher, en regardant précisément à Pierre et à Paul, car nous avons tous besoin de cette fraternité. L'Église en a besoin, les relations entre les laïcs et les prêtres, entre les prêtres et les évêques, entre les évêques et le Pape en ont besoin ; tout comme en ont besoin la vie pastorale, le dialogue œcuménique et les relations d'amitié que l'Église souhaite entretenir avec le monde. Engageons-nous à faire de nos différences un laboratoire d'unité et de communion, de fraternité et de réconciliation, afin que chacun dans l'Église, avec son histoire personnelle, apprenne à marcher avec les autres.

    Les saints Pierre et Paul nous interpellent également sur la vitalité de notre foi. Dans l'expérience du disciple, en effet, il y a toujours le risque de tomber dans l'habitude, dans le ritualisme, dans des schémas pastoraux qui se répètent sans se renouveler et sans relever les défis du présent. Dans l'histoire des deux Apôtres, en revanche, nous sommes inspirés par leur volonté de s'ouvrir aux changements, de se laisser interroger par les événements, les rencontres et les situations concrètes des communautés, de rechercher de nouvelles voies pour l'évangélisation à partir des problèmes et des questions posés par nos frères et sœurs dans la foi.

    Au cœur de l'Évangile que nous avons entendu, il y a précisément la question que Jésus pose à ses disciples, et qu'il nous adresse aussi aujourd'hui, afin que nous puissions discerner si le cheminement de notre foi conserve son dynamisme et sa vitalité, si la flamme de la relation avec le Seigneur est encore allumée : « Mais vous, qui dites-vous que je suis ? » (Mt 16, 15).

    Chaque jour, à chaque heure de l'histoire, nous devons toujours prêter attention à cette question. Si nous ne voulons pas que notre être chrétien se réduise à un héritage du passé, comme nous l'a souvent rappelé le pape François, il est important de sortir du risque d'une foi fatiguée et statique, pour nous demander : qui est Jésus-Christ pour nous aujourd'hui ? Quelle place occupe-t-il dans notre vie et dans l'action de l'Église ? Comment pouvons-nous témoigner de cette espérance dans notre vie quotidienne et l'annoncer à ceux que nous rencontrons ?

    Frères et sœurs, l'exercice du discernement, qui naît de ces questions, permet à notre foi et à l'Église de se renouveler continuellement et d'expérimenter de nouvelles voies et de nouvelles pratiques pour l'annonce de l'Évangile. Cela, avec la communion, doit être notre premier désir. Je voudrais aujourd'hui m'adresser en particulier à l'Église qui est à Rome, car elle est appelée plus que toute autre à devenir signe d'unité et de communion, Église ardente d'une foi vivante, communauté de disciples qui témoignent de la joie et de la consolation de l'Évangile dans toutes les situations humaines.

    Dans la joie de cette communion que le cheminement des saints Pierre et Paul nous invite à cultiver, je salue les frères archevêques qui reçoivent aujourd'hui le pallium. Très chers, ce signe, tout en rappelant la tâche pastorale qui vous est confiée, exprime la communion avec l'évêque de Rome, afin que, dans l'unité de la foi catholique, chacun de vous puisse la nourrir dans les Églises locales qui vous sont confiées.

    Je désire ensuite saluer les membres du Synode de l'Église gréco-catholique ukrainienne : merci de votre présence ici et de votre zèle pastoral. Que le Seigneur donne la paix à votre peuple !

    Et c'est avec une vive reconnaissance que je salue la délégation du Patriarcat œcuménique, envoyée ici par mon très cher frère Sa Sainteté Bartholomée.

    Chers frères et sœurs, édifiés par le témoignage des saints apôtres Pierre et Paul, marchons ensemble dans la foi et dans la communion et invoquons leur intercession sur nous tous, sur la ville de Rome, sur l'Église et sur le monde entier.

  • L’Église catholique, héritière des promesses du Christ (homélie pour la fête des saints Pierre et Paul)

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    homélie de la fête des saints Pierre et Paul, 29 juin 2025

    Nous pouvons être surpris de la différence de traitement entre les apôtres Jacques et Pierre. Le chapitre 12 des Actes des apôtres vient de nous raconter comment Jacques est arrêté et décapité par les autorités, tandis que Pierre est libéré de sa prison par un ange et échappe à ceux qui en voulaient à sa vie. Une petite trentaine d’années plus tard, il n’y aura plus d’ange pour délivrer Pierre, et il donnera alors sa vie en témoignage de fidélité à son Seigneur. Comme Paul, il pourra dire qu’il a terminé sa course, qu’il a mené le bon combat. Pierre est exécuté à Rome en 64 ou 65, et très vite son tombeau, aux abords du cirque du Vatican où il donna vraisemblablement sa vie, est devenu un lieu important. Vers 150 est construit, non loin de là, le mausolée de la famille Valerii, avec l’inscription : « Pierre, prie pour les chrétiens ensevelis près de ton corps ». Il y a là l’indication certaine que l’Église primitive demandait l’intercession des saints et priait pour ses morts.

    Pourquoi Pierre est-il sauvé par un ange tandis que Jacques périt sous les coups de l’adversaire ? Sans doute à cause de la mission que le Christ lui a confiée sur la route de Césarée, lorsqu’il lui dit : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux… » (Mt 16,18). Plus tard, juste avant sa passion, Jésus dira à Pierre : « j’ai prié pour toi, Simon, pour que ta foi ne défaille pas ; quand tu seras revenu, affermis tes frères ! » (Lc 22,32).

    Cette mission d’affermir ses frères dans la foi, Pierre doit l’accomplir jusqu’au bout. Puis il donnera l’ultime témoignage, et d’autres continueront la mission reçue de Jésus. Nos frères protestants déploient beaucoup d’énergie à prétendre que ce que Jésus dit à Pierre, sur qui il fonde son Église, ne concerne que lui, ou que sa profession de foi, et n’entend pas du tout parler de successeurs qui poursuivraient cette charge. Mais alors, quel serait le sens de la promesse de Jésus qui concerne tous les temps qui viendront : « la puissance de la mort ne l’emportera pas sur mon Église » ? Cela n’a pas de sens que Jésus fasse une promesse pour tous les temps si elle ne repose que sur la courte vie de Pierre.

    En réalité, l’Église de Rome est devenue très tôt la référence pour toutes les autres Églises lorsque des questions de foi surgissaient. Saint Irénée, vers 190, affirme que toutes les Églises doivent se régler sur la foi de l’Église de Rome, parce que cette Église garde fidèlement la tradition reçue des apôtres Pierre et Paul, qui y ont donné leur vie pour le Christ. À cette époque on retrace la lignée des évêques de Rome depuis Pierre, et jusqu’à aujourd’hui il est question du pape, de l’évêque de Rome comme du successeur de Pierre, avec la même mission d’affermir ses frères chrétiens dans la foi.

    Lorsque les protestants veulent rompre avec le siège de Pierre, il y a en effet de quoi être choqué par le comportement de ceux qui se disent successeurs de Pierre. Et c’est un fait remarquable de constater que les papes de cette époque, malgré beaucoup de comportements indignes, n’ont pas abîmé le dépôt de la foi. Cela renforce notre confiance dans ce que nous appelons le « magistère », la mission d’enseignement qui revient à l’Église de Rome et à l’ensemble des évêques successeurs des apôtres. Dans la grande Église, nous sommes assurés de recevoir tous les dons du Christ et d’être abrités de la puissance du mal. Il y a un lieu où notre salut est assuré, c’est dans cette Église fondée sur l’apôtre Pierre qui a entendu pour lui-même et pour toutes les générations : « je te donnerai les clés du royaume des cieux ».

    Nous sommes dans l’année jubilaire, et ces clés du royaume, l’Église les actionne résolument par les indulgences, que nous pouvons demander pour nous-mêmes ou pour des défunts : l’assurance du salut, de la vie auprès de Dieu, à cause de la promesse du Christ. Ces indulgences, nous les obtenons par des actions de prière et de générosité, et elles mettent en œuvre cette parole du Seigneur : « tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux ».

    Réjouissons-nous des promesses du Christ et de ce que ces promesses sont palpables directement dans son Église ! Avançons avec confiance, poussés vers l’avant par ces géants de la foi que sont Pierre, Paul et tant d’autres.

  • Nunc scio vere (Introït pour la fête des saints Pierre et Paul)

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    Introitus Introit
    Act. 12, 11 Act. 12,11
    NUNC scio vere, quia misit Dóminus Angelum suum: et erípuit me de manu Heródis, et de omni exspectatióne plebis Iudæórum. Ps. 138, 1-2 Dómine, probásti me, et cognovísti me: tu cognovísti sessiónem meam, et resurrectiónem meam. ℣. Glória Patri. Maintenant, je reconnais d’une manière certaine que le Seigneur a envoyé Son ange : qu’Il m’a arraché de la main d’Hérode et à toute l’attente du peuple juif. Ps. 138, 1-2. Seigneur, Tu m'as sondé, et Tu me connais : Tu sais quand je m’assieds, et quand je me lève.

    Les pièces grégoriennes de la fête des saints Pierre et Paul (Una Voce)

  • "Le ministère sacerdotal est un ministère de sanctification et de réconciliation pour l’unité du Corps du Christ" (Léon XIV)

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    MESSE ET ORDINATIONS SACERDOTALES 
    EN LA SOLENNITÉ DU SACRÉ-CŒUR DE JÉSUS 

    JUBILÉ DES PRÊTRES

    HOMÉLIE DU PAPE LÉON XIV

    Basilique Saint-Pierre, autel de la Confession
    Vendredi 27 juin 2025

    ________________________________________

    Aujourd’hui, solennité du Sacré-Cœur de Jésus, Journée pour la sanctification des Prêtres, nous célébrons avec joie cette Eucharistie à l’occasion du Jubilé des prêtres.

    Je m’adresse donc tout d’abord à vous, chers frères prêtres, venus près de la tombe de l’apôtre Pierre pour franchir la Porte Sainte, afin de replonger dans le Cœur du Sauveur vos vêtements baptismaux et sacerdotaux. Pour certains d’entre vous, ce geste s’accomplit en un jour unique de votre vie : celui de l’Ordination.

    Parler du Cœur du Christ dans ce contexte, c’est parler de tout le mystère de l’incarnation, de la mort et de la résurrection du Seigneur, qui nous a été confié de manière particulière afin que nous le rendions présent dans le monde. C’est pourquoi, à la lumière des Lectures que nous avons entendues, réfléchissons ensemble à la manière dont nous pouvons contribuer à cette œuvre de salut.

    Dans la première Lecture, le prophète Ézéchiel nous parle de Dieu comme d’un berger qui passe en revue son troupeau, comptant ses brebis une par une : il cherche celles qui sont perdues, soigne celles qui sont blessées, soutient celles qui sont faibles et malades (cf. Ez 34, 11-16). Il nous rappelle ainsi, en cette période de grands et terribles conflits, que l’amour du Seigneur, auquel nous sommes appelés à nous abandonner et façonner, est universel, et qu’à ses yeux – et donc aussi aux nôtres – il n’y a pas de place pour les divisions et les haines de quelque nature que ce soit.

    Dans la deuxième Lecture (cf. Rm 5, 5-11), saint Paul, nous rappelant que Dieu nous a réconciliés « alors que nous n’étions encore capables de rien » (v. 6) et « pécheurs » (v. 8), nous invite à nous abandonner à l’action transformatrice de son Esprit qui habite en nous, dans un chemin quotidien de conversion. Notre espérance repose sur la certitude que le Seigneur ne nous abandonne pas : il nous accompagne toujours. Mais nous sommes appelés à coopérer avec lui, tout d’abord en plaçant au centre de notre existence l’Eucharistie, « source et sommet de toute la vie chrétienne » (Conc. œcum. Vat. II, Const. dogm. Lumen gentium, n.11) ; ensuite « par la réception avec fruit les sacrements, spécialement par la confession sacramentelle fréquente » (Id., Decr. Presbiterorum ordinis, n. 18) ; et enfin par la prière, la méditation de la Parole et l’exercice de la charité, en conformant toujours davantage notre cœur à celui « du Père des miséricordes » (ibid.).

    Cela nous conduit à l’Évangile que nous avons entendu (cf. Lc 15, 3-7), où il est question de la joie de Dieu – et de tout pasteur qui aime selon son Cœur – pour le retour à la bergerie d’une seule de ses brebis. C’est une invitation à vivre la charité pastorale avec le même grand cœur que le Père, en cultivant en nous son désir : que personne ne se perde (cf. Jn 6, 39), mais que tous, à travers nous aussi, connaissent le Christ et aient en lui la vie éternelle (cf. Jn 6, 40). C’est une invitation à nous unir intimement à Jésus (cf. Presbiterorum ordinis, n. 14), semence de concorde au milieu de nos frères, en chargeant sur nos épaules ceux qui se sont perdus, en accordant le pardon à ceux qui ont fait des erreurs, en allant chercher ceux qui se sont éloignés ou sont restés exclus, en soignant ceux qui souffrent dans leur corps et dans leur esprit, dans un grand échange d’amour qui, jaillissant du côté transpercé du Crucifié, enveloppe tous les hommes et remplit le monde. Le Pape François écrivait à ce sujet : « Un fleuve qui ne s’épuise pas, qui ne passe pas, qui s’offre toujours de nouveau à qui veut aimer, continue de jaillir de la blessure du côté du Christ. Seul son amour rendra possible une nouvelle humanité » (Lett. enc. Dilexit nos, n. 219).

    Le ministère sacerdotal est un ministère de sanctification et de réconciliation pour l’unité du Corps du Christ (cf. Lumen gentium, n. 7). C’est pourquoi le Concile Vatican II demande aux prêtres de faire tout leur possible pour « conduire tous à l’unité dans l’amour » (Presbiterorum ordinis, n. 9), en harmonisant les différences afin que « personne ne se sente étranger » (ibid.). Il leur recommande d’être unis à l’évêque et au presbyterium (ibid., nn. 7-8). En effet, plus il y aura d’unité entre nous, plus nous saurons conduire les autres vers la bergerie du Bon Pasteur, pour vivre comme des frères dans la maison unique du Père.

    À ce propos, saint Augustin, dans un sermon prononcé à l’occasion de l’anniversaire de son ordination, parlait d’un fruit joyeux de la communion qui unit les fidèles, les prêtres et les évêques, et qui trouve sa racine dans le sentiment d’être tous rachetés et sauvés par la même grâce et la même miséricorde. C’est dans ce contexte qu’il prononçait cette phrase célèbre : « Avec vous, je suis chrétien, pour vous je suis évêque » (Sermo 340, 1).

    Lors de la messe solennelle d’ouverture de mon pontificat, j’ai exprimé devant le peuple de Dieu un grand désir : « Une Église unie, signe d’unité et de communion, qui devienne ferment pour un monde réconcilié » (18 mai 2025). Je reviens aujourd’hui pour le partager avec vous tous : réconciliés, unis et transformés par l’amour qui jaillit abondamment du Cœur du Christ, marchons ensemble sur ses traces, humbles et déterminés, fermes dans la foi et ouverts à tous dans la charité, portons dans le monde la paix du Ressuscité, avec cette liberté qui vient du fait de nous savoir aimés, choisis et envoyés par le Père.

    Et maintenant, avant de conclure, je m’adresse à vous, très chers Ordinands, qui, dans quelques instants, par l’imposition des mains de l’évêque et par une effusion renouvelée de l’Esprit Saint, deviendrez prêtres. Je vous dis certaines choses simples, mais que je considère importantes pour votre avenir et pour celui des âmes qui vous seront confiées. Aimez Dieu et vos frères, soyez généreux, fervents dans la célébration des sacrements, dans la prière, surtout dans l’adoration, et dans le ministère. Soyez proches de votre troupeau, donnez votre temps et votre énergie à tous, sans vous ménager, sans faire de différences, comme nous l’enseignent le côté transpercé du Crucifié et l’exemple des saints. À cet égard, rappelez-vous que l’Église, au cours de son histoire millénaire, a eu – et a encore aujourd’hui – de merveilleuses figures de sainteté sacerdotale : depuis les communautés des origines, elle a engendré et connu, parmi ses prêtres, des martyrs, des apôtres infatigables, des missionnaires et des champions de la charité. Profitez pleinement de toute cette richesse : intéressez-vous à leur histoire, étudiez leur vie et leurs œuvres, imitez leurs vertus, laissez-vous enflammer par leur zèle, invoquez souvent et avec insistance leur intercession ! Notre monde propose trop souvent des modèles de réussite et de prestige discutables et inconsistants. Ne vous laissez pas séduire ! Regardez plutôt l’exemple solide et les fruits de l’apostolat, souvent caché et humble, de ceux qui ont servi le Seigneur et leurs frères avec foi et dévouement, et perpétuez leur mémoire par votre fidélité.

    Confions-nous enfin tous à la protection maternelle de la Bienheureuse Vierge Marie, Mère des prêtres et Mère de l’espérance : qu’elle accompagne et soutienne nos pas, afin que chaque jour nous puissions configurer toujours davantage notre cœur à celui du Christ, Pasteur suprême et éternel.

    Lire également :

    Message du Saint-Père aux prêtres à l'occasion de la Journée de la sanctification sacerdotale (27 juin 2025) en français

  • Irénée de Lyon, défenseur de l'orthodoxie catholique (28 juin)

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    Saint Irénée de Lyon

    Le 28 mars 2007, Benoît XVI a consacré sa "catéchèse" du mercredi à ce grand témoin de la Foi (IIe siècle) que l'on fête aujourd'hui : saint Irénée de Lyon

    Chers frères et sœurs!

    Dans les catéchèses sur les grandes figures de l'Eglise des premiers siècles, nous arrivons aujourd'hui à l'éminente personnalité de saint Irénée de Lyon. Les informations biographiques à son sujet proviennent de son propre témoignage, qui nous est parvenu à travers Eusèbe, dans le livre V de l'Histoire ecclésiastique. Irénée naquit selon toute probabilité à Smyrne (aujourd'hui Izmir, en Turquie), vers 135-140, où, encore jeune, il alla à l'école de l'Evêque Polycarpe, lui-même disciple de l'Apôtre Jean. Nous ne savons pas quand il se rendit d'Asie mineure en Gaule, mais son transfert dut coïncider avec les premiers développements de la communauté chrétienne de Lyon:  c'est là que, en 177, nous trouvons Irénée au nombre du collège des prêtres. C'est précisément cette année qu'il fut envoyé à Rome, porteur d'une lettre de la communauté de Lyon au Pape Eleuthère. La mission romaine qui permit à Irénée d'échapper à la persécution de Marc-Aurèle, dans laquelle au moins 48 martyrs trouvèrent la mort, parmi lesquels l'Evêque de Lyon lui-même, Pothin, âgé de 90 ans, mort des suites de mauvais traitements en prison. Ainsi, à son retour, Irénée fut élu Evêque de la ville. Le nouveau Pasteur se consacra entièrement au ministère épiscopal, qui se conclut vers 202-203, peut-être par le martyre.

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  • La mémoire du Coeur Immaculé de Marie

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    CŒUR IMMACULÉ de MARIE - Mémoire (source : Evangile au Quotidien)

             La propagation de la dévotion au Cœur de Marie remonte au XVIIe siècle où saint Jean Eudes la propagea en l'unissant à celle du Sacré-Cœur de Jésus.

             Au cours du XIXe siècle, sa sainteté Pie VII d'abord, et Pie IX ensuite, accordèrent à plusieurs églises une fête du Cœur très pur de Marie fixée au dimanche dans l'octave de l'Assomption, puis au samedi suivant la fête du Sacré-Cœur. Le 13 juillet 1917, la Sainte Vierge apparaissait au Portugal pour déclarer aux petits voyants de Fatima que Dieu voulait établir la dévotion à son Cœur immaculé pour le salut du monde. Elle demanda aux chrétiens la pratique du premier samedi du mois par la communion réparatrice et la récitation du chapelet accompagnée de la méditation des mystères du Rosaire.

             Le 31 octobre 1942, le jour de la clôture solennelle du Jubilé des Apparitions de Fatima, le pape Pie XII s'exprimant à la radio, consacra le monde au Cœur immaculé de Marie pour répondre à l'appel de notre Mère du ciel. Il renouvela ce geste important le 8 décembre 1942. En 1944, en pleine guerre mondiale, le même souverain pontife consacrait encore tout le genre humain au Cœur immaculé de Marie pour le mettre sous sa toute-puissante protection. À l'occasion de cette même cérémonie, il décréta que l'Église entière célébrerait chaque année une fête en l'honneur du Cœur immaculé de Marie afin d'obtenir par l'intercession de la Très Sainte Vierge, « la paix des nations, la liberté de l'Église, la conversion des pécheurs, l'amour de la pureté et la pratique des vertus. » Il fixa la date de cette fête au 22 août, jour octave de la fête de l'Assomption.

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  • Le Coeur Immaculé de Marie

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    De Benoît XVI (30/05/2009) via "Evangile au Quotidien" : 

    «Sa mère gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur»

          Dans le Nouveau Testament, nous voyons que la foi de Marie « attire », pour ainsi dire, le don de l'Esprit Saint — avant tout dans la conception du Fils de Dieu, mystère que l'archange Gabriel lui-même explique ainsi : « L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre » (Lc 1,35)… Le cœur de Marie, en parfaite harmonie avec le Fils divin, est le temple de l'Esprit de vérité (Jn 14,17), où chaque parole et chaque événement sont conservés dans la foi, dans l'espérance et dans la charité. 

          Nous pouvons ainsi être certains que le très saint cœur de Jésus, pendant toute la période de sa vie cachée à Nazareth, a toujours trouvé dans le cœur immaculé de la Mère un foyer toujours ardent de prière et d'attention constante à la voix de l'Esprit. Ce qui s’est passé aux noces de Cana (Jn 2,1s) témoigne de cette harmonie particulière entre mère et fils pour rechercher la volonté de Dieu. Dans une situation chargée de symboles de l'alliance, tel que le banquet nuptial, la Vierge Marie intercède et provoque, pour ainsi dire, un signe de grâce surabondante : le « bon vin », qui renvoie au mystère du Sang du Christ. Cela nous conduit directement au Calvaire, où Marie se tient sous la croix avec les autres femmes et avec l'apôtre Jean. La mère et le disciple recueillent spirituellement le testament de Jésus : ses dernières paroles et son dernier souffle, dans lequel il commence à diffuser l'Esprit, et ils recueillent le cri silencieux de son Sang, entièrement versé pour nous (Jn 19,25s). Marie savait d'où venait ce sang (cf Jn 2,9) : il s'était formé en elle par l'opération de l'Esprit Saint, et elle savait que cette même puissance créatrice allait ressusciter Jésus, comme il l'avait promis. 

          Ainsi, la foi de Marie a soutenu celle des disciples jusqu'à la rencontre avec le Seigneur ressuscité, et a continué à les accompagner également après son ascension au ciel, dans l'attente du « baptême dans l'Esprit Saint » (Ac 1,5)…. Voilà pourquoi Marie est, pour toutes les générations, l'image et le modèle de l'Église qui, avec l'Esprit, avance dans le temps en invoquant le retour glorieux du Christ : « Viens, Seigneur Jésus » (Ap 22,17.20).

  • Le Coeur immaculé de Marie

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    Le Cœur immaculé de Marie

    Le "Cœur immaculé de Marie" est célébré le samedi de la troisième semaine après la Pentecôte, le lendemain de la solennité du Sacré coeur de Jésus.

    Le "Cœur immaculé de Marie" est une expression qui concerne toute la personne de Marie.

    Les lectures liturgiques sont :
    Is 61, 9- 11
    et Luc 2, 41-51 (Jésus perdu et retrouvé au temple).
    L'Evangile révèle le coeur de Marie parce qu'il montre comment Marie a cherché et suivi Jésus : la pureté du coeur, c'est de suivre Jésus !
    Marie n'a pas compris immédiatement, mais a médité ce qu'elle n'a pas compris, avec un coeur ouvert, attendant de mieux comprendre : son coeur est humble, docile, ouvert à une révélation toujours plus profonde, ouvert à une lumière toujours plus forte.

    Un peu d'histoire :
    La dévotion au Cœur immaculé de Marie est fondée sur la théologie mariale de saint Bernard, les révélations privées à sainte Gertrude et à sainte Mechtilde, les visions de sainte Marguerite-Marie Alacoque au XVII° siècle, et elle fut largement répandue par saint Jean Eudes. Au XIX° siècle, l'ordre des Augustins puis le diocèse de Rome en célèbrent la fête. Et finalement, la fête entre dans le calendrier liturgique universel.

    Après les apparitions de Fatima (1917), la dévotion au cœur immaculé de Marie augmente partout dans le monde. Le pape Pie XII institue une autre fête en 1954, celle de Marie Reine, (initialement prévue le 31 mai puis déplacée par Paul VI au 22 août), en ordonnant que "ce jour-là, on renouvelle la consécration du genre humain au Cœur Immaculé de la Bienheureuse Vierge Marie." (Pie XII, Ad Cœli Reginam § 34).

    On peut donc dire qu'il y a une croissance dans la liturgie de l'attention portée au Cœur Immaculé de Marie.
    Cependant, dans sa réforme liturgique de 1969, Paul VI fait descendre la fête du Cœur Immaculé de Marie au rang de simple mémoire.

    Mais depuis 1986, dans la Messe votive en l'honneur de la Vierge Marie (n°28) « Le cœur immaculé de Marie », la préface eucharistique s'adresse à Dieu le Père en lui rendant gloire car :

    Tu as donné à la Vierge Marie un cœur sage et docile pour qu'elle accomplisse parfaitement ta volonté ;

    un cœur nouveau et doux, où tu pourrais graver la loi de l'Alliance nouvelle ;
    un cœur simple et pur, pour qu'elle puisse concevoir ton Fils en sa virginité et te voir à jamais ;
    un cœur ferme et vigilant pour supporter sans faiblir l'épée de douleur et attendre avec foi la résurrection de ton Fils.

    Voir également : https://p8.storage.canalblog.com/88/90/249840/26242629.pdf

  • Vocations : "Dieu continue d'appeler et reste fidèle à ses promesses" (Léon XIV)

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    Commençons par le signe de la croix, car nous sommes tous ici parce que le Christ, qui est mort et ressuscité, nous a donné la vie et nous a appelés à servir. Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. La paix soit avec vous !

    Chers frères dans le sacerdoce,

    Chers formateurs, séminaristes, animateurs de services de vocations, amis dans le Seigneur !

    C'est pour moi une grande joie d'être ici aujourd'hui avec vous. Au cœur de l'Année Sainte, nous voulons témoigner ensemble qu'il est possible d'être des prêtres heureux, car le Christ nous a appelés, le Christ a fait de nous ses amis (cf. Jn 15, 15) : c'est une grâce que nous voulons accueillir avec gratitude et responsabilité.

    Je tiens à remercier le cardinal Lazzaro et tous les collaborateurs du Dicastère pour le clergé pour leur service généreux et compétent : un travail vaste et précieux, qui se déroule souvent dans le silence et la discrétion et qui produit des fruits de communion, de formation et de renouveau.

    Grâce à ce moment d'échange fraternel, un échange international, nous pouvons valoriser le patrimoine d'expériences déjà acquises, en encourageant la créativité, la coresponsabilité et la communion dans l'Église, afin que ce qui est semé avec dévouement et générosité dans tant de communautés puisse devenir lumière et stimulant pour tous.

    Les paroles de Jésus « Je vous ai appelés amis » (Jn 15, 15) ne sont pas seulement une déclaration affectueuse envers les disciples, mais une véritable clé de compréhension du ministère sacerdotal. Le prêtre, en effet, est un ami du Seigneur, appelé à vivre avec Lui une relation personnelle et confiante, nourrie par la Parole, par la célébration des sacrements, la prière quotidienne. Cette amitié avec le Christ est le fondement spirituel du ministère ordonné, le sens de notre célibat et l'énergie du service ecclésial auquel nous consacrons notre vie. Elle nous soutient dans les moments d'épreuve et nous permet de renouveler chaque jour le « oui » prononcé au début de notre vocation.

    En particulier, très chers amis, je voudrais tirer de ce mot-clé trois implications pour la formation au ministère sacerdotal.

    Tout d'abord, la formation est un cheminement relationnel. Devenir amis du Christ, c'est être formés dans la relation, et pas seulement dans les compétences. La formation sacerdotale ne peut donc se réduire à l'acquisition de notions, mais elle est un cheminement de familiarité avec le Seigneur qui engage toute la personne, le cœur, l'intelligence, la liberté, et la façonne à l'image du Bon Pasteur. Seul celui qui vit en amitié avec le Christ et est imprégné de son Esprit peut annoncer avec authenticité, consoler avec compassion et guider avec sagesse. Cela exige une écoute profonde, la méditation et une vie intérieure riche et ordonnée.

    Deuxièmement, la fraternité est un style essentiel de la vie presbytérale. Devenir amis du Christ implique de vivre comme des frères entre prêtres et entre évêques, et non comme des concurrents ou des individualistes. La formation doit donc aider à construire des liens solides au sein du presbytérium, comme expression d'une Église synodale, dans laquelle on grandit ensemble en partageant les peines et les joies du ministère. En effet, comment pourrions-nous, ministres, être des bâtisseurs de communautés vivantes, si une fraternité effective et sincère ne régnait pas d'abord entre nous ?

    De plus, former des prêtres amis du Christ, c'est former des hommes capables d'aimer, d'écouter, de prier et de servir ensemble. C'est pourquoi il faut veiller avec soin à la préparation des formateurs, car l'efficacité de leur travail dépend avant tout de l'exemple de leur vie et de la communion entre eux. L'institution même des séminaires nous rappelle que la formation des futurs ministres ordonnés ne peut se faire de manière isolée, mais exige l'engagement de tous les amis du Seigneur qui vivent en disciples missionnaires au service du Peuple de Dieu.

    À ce sujet, je voudrais dire quelques mots sur les vocations. Malgré les signes de crise qui traversent la vie et la mission des prêtres, Dieu continue d'appeler et reste fidèle à ses promesses. Il faut qu'il y ait des espaces adéquats pour écouter sa voix. C'est pourquoi il est important d'avoir des environnements et des formes de pastorale des jeunes imprégnés de l'Évangile, où les vocations au don total de soi puissent se manifester et mûrir. Ayez le courage de faire des propositions fortes et libératrices ! En regardant les jeunes qui, en ces temps qui sont les nôtres, disent avec générosité « me voici » au Seigneur, nous ressentons tous le besoin de renouveler notre « oui », de redécouvrir la beauté d'être des disciples missionnaires à la suite du Christ, le Bon Pasteur.

    Très chers amis, célébrons cette rencontre à la veille de la solennité du Sacré-Cœur de Jésus : c'est de ce « buisson ardent » que prend son origine notre vocation ; c'est de cette source de grâce que nous voulons nous laisser transformer.

    L'encyclique du pape François Dilexit nos, si elle est un don précieux pour toute l'Église, elle l'est tout particulièrement pour nous, prêtres. Elle nous interpelle fortement : elle nous demande de concilier mystique et engagement social, contemplation et action, silence et annonce. Notre époque nous interpelle : beaucoup semblent s'être éloignés de la foi, et pourtant, au fond de beaucoup de personnes, surtout des jeunes, il y a une soif d'infini et de salut. Beaucoup font l'expérience d'une absence de Dieu, et pourtant chaque être humain est fait pour Lui, et le dessein du Père est de faire du Christ le cœur du monde.

    C'est pourquoi nous voulons retrouver ensemble l'élan missionnaire. Une mission qui propose avec courage et amour l'Évangile de Jésus. Par notre action pastorale, c'est le Seigneur lui-même qui prend soin de son troupeau, rassemble ceux qui sont dispersés, se penche sur ceux qui sont blessés, soutient ceux qui sont découragés. En imitant l'exemple du Maître, nous grandissons dans la foi et devenons ainsi des témoins crédibles de la vocation que nous avons reçue. Quand quelqu'un croit, cela se voit : le bonheur du ministre reflète sa rencontre avec le Christ, qui le soutient dans sa mission et son service.

    Chers frères dans le sacerdoce, merci d'être venus de loin ! Merci à chacun pour son dévouement quotidien, en particulier dans les lieux de formation, dans les périphéries existentielles et dans les lieux difficiles, parfois dangereux. Alors que nous nous souvenons des prêtres qui ont donné leur vie, parfois jusqu'au sang, nous renouvelons aujourd'hui notre disponibilité à vivre sans réserve un apostolat de compassion et de joie.

    Merci pour ce que vous êtes ! Parce que vous rappelez à tous qu'il est beau d'être prêtre, et que tout appel du Seigneur est avant tout un appel à sa joie. Nous ne sommes pas parfaits, mais nous sommes amis du Christ, frères entre nous et fils de sa tendre Mère Marie, et cela nous suffit.

    Tournons-nous vers le Seigneur Jésus, vers son Cœur miséricordieux qui brûle d'amour pour chaque personne. Demandons-lui la grâce d'être des disciples missionnaires et des pasteurs selon sa volonté : en cherchant ceux qui sont perdus, en servant les pauvres, en guidant avec humilité ceux qui nous sont confiés. Que son Cœur inspire nos projets, transforme nos cœurs et nous renouvelle dans la mission. Je vous bénis avec affection et je prie pour vous tous.

  • Lettre encyclique "Dilexit nos" du pape François sur l'amour humain et divin du Coeur de Jésus-Christ

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    LETTRE ENCYCLIQUE DILEXIT NOS DU SAINT-PÈRE FRANÇOIS
    SUR L’AMOUR HUMAIN ET DIVIN DU CŒUR DE JÉSUS-CHRIST

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    1. « Il nous a aimés » dit saint Paul, en parlant du Christ (Rm 8, 37), nous faisant découvrir que rien « ne pourra nous séparer » (Rm 8, 39) de son amour. Il l’affirme avec certitude car le Christ l’a dit lui-même à ses disciples : « Je vous ai aimés » (Jn 15, 9.12). Il a dit aussi : « Je vous appelle amis » (Jn 15, 15). Son cœur ouvert nous précède et nous attend inconditionnellement, sans exiger de préalable pour nous aimer et nous offrir son amitié : « Il nous a aimés le premier » (1 Jn 4, 19). Grâce à Jésus, « nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous et nous y avons cru » (1 Jn 4, 16). 

    I L’IMPORTANCE DU CŒUR

    2. On utilise souvent le symbole du cœur pour parler de l’amour de Jésus-Christ. Certains se demandent si cela a encore un sens aujourd’hui. Or, lorsque nous sommes tentés de naviguer en surface, de vivre à la hâte sans savoir pourquoi, de nous transformer en consommateurs insatiables, asservis aux rouages d’un marché qui ne s’intéresse pas au sens de l’existence, nous devons redécouvrir l’importance du cœur [1].

    Quelle compréhension avons-nous du “cœur” ?

    3. Dans le grec classique profane, le terme kardia désigne le tréfonds des êtres humains, des animaux et des plantes. Il indique chez Homère, non seulement le centre corporel, mais aussi le centre émotionnel et spirituel de l’homme. Dans l’ Iliade, la pensée et le sentiment relèvent du cœur et sont très proches l’un de l’autre. [2] Le cœur apparaît comme le centre du désir et le lieu où se prennent les décisions importantes de la personne. [3] Le cœur acquiert chez Platon une fonction de “synthèse” du rationnel et des tendances de chacun, les passions et les requêtes des facultés supérieures se transmettant à travers les veines et confluant vers le cœur. [4] C’est ainsi que nous voyons depuis l’antiquité l’importance de considérer l’être humain non pas comme une somme de diverses facultés, mais comme un ensemble âme-corps avec un centre unificateur qui donne à tout ce que vit la personne un sens et une orientation.

    4. La Bible affirme que « vivante, en effet, est la parole de Dieu, efficace […] elle peut juger les sentiments et les pensées du cœur » (He 4, 12). Elle nous parle ainsi d’un centre, le cœur, qui se trouve derrière toute apparence, même derrière les pensées superficielles qui nous trompent. Les disciples d’Emmaüs, dans leur marche mystérieuse avec le Christ ressuscité, ont vécu un moment d’angoisse, de confusion, de désespoir, de désillusion. Mais au-delà et malgré tout, quelque chose se passait au fond d’eux : « Notre cœur n’était-il pas tout brûlant au-dedans de nous, quand il nous parlait en chemin ? » (Lc 24, 32).

    5. En même temps, le cœur est le lieu de la sincérité où l’on ne peut ni tromper ni dissimuler. Il renvoie généralement aux véritables intentions d’une personne, ce qu’elle pense, croit et veut vraiment, les “secrets” qu’elle ne dit à personne et, en fin de compte, sa vérité nue. Il s’agit de ce qui est authentique, réel, vraiment “à soi”, ce qui n’est ni apparence ni mensonge. C’est pourquoi Dalila déclarait à Samson qui ne lui révélait pas le secret de sa force : « Comment peux-tu dire que tu m’aimes, alors que ton cœur n’est pas avec moi ? » (Jg 16, 15). Ce n’est que lorsqu’il lui confia son secret, si caché, qu’elle « comprit qu’il lui avait ouvert tout son cœur » (Jg 16, 18).

    6. Cette vérité propre à toute personne est souvent cachée sous beaucoup de feuilles mortes, au point qu’il est difficile de se connaître soi-même et plus difficile encore de connaître l’autre : « Le cœur est rusé plus que tout, et pervers, qui peut le pénétrer ? » (Jr 17, 9). Nous comprenons ainsi pourquoi le livre des Proverbes nous interpelle : « Plus que sur toute chose, veille sur ton cœur, c’est de lui que jaillit la vie. Écarte loin de toi la bouche perverse » (4, 23-24). L’apparence, la dissimulation et la supercherie abîment et pervertissent le cœur. Nombreuses sont nos tentatives pour montrer ou exprimer ce que nous ne sommes pas ; or, tout se joue dans le cœur. On y est soi-même, quel que soit ce que l’on montre extérieurement et ce que l’on cache. C’est la base de tout projet solide pour la vie, car rien de valable ne se construit sans le cœur. L’apparence et le mensonge n’offrent que du vide.

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