BELGICATHO - Page 1144
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"J'ai vu Jésus en larmes", une expérience de mort imminente; témoignage de Natalie Saracco
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Homélie du pape François à la messe des cendres du mercredi 6 mars 2019 : « De quel côté suis-je ? Est-ce que je vis pour le feu ou pour la cendre ? »
A la Basilique romaine de Sainte-Sabine pour la messe et l’imposition des cendres :
« Sonnez du cor, prescrivez un jeûne sacré » (Jl 2, 15), dit le prophète dans la Première Lecture. Le Carême s’ouvre avec un son strident, celui d’une corne qui ne caresse pas les oreilles, mais organise un jeûne. C’est un son puissant, qui veut ralentir notre vie qui va toujours au pas de course, mais souvent ne sait pas bien où. C’est un appel à s’arrêter - un arrête-toi - , à aller à l’essentiel, à jeûner du superflu qui distrait. C’est un réveil pour l’âme.Au son de ce réveil est joint le message que le Seigneur transmet par la bouche du prophète, un message bref et pressant : « Revenez à moi » (v. 12). Revenir. Si nous devons revenir, cela signifie que nous sommes allés ailleurs. Le Carême est le temps pour retrouver la route de la vie. Parce que dans le parcours de la vie, comme sur tout chemin, ce qui compte vraiment est de ne pas perdre de vue le but. Lorsqu’au contraire dans le voyage, ce qui intéresse est de regarder le paysage ou de s’arrêter pour manger, on ne va pas loin. Chacun de nous peut se demander : sur le chemin de la vie, est-ce que je cherche la route ? Ou est-ce que je me contente de vivre au jour le jour, en pensant seulement à aller bien, à résoudre quelques problèmes et à me divertir un peu ? Quelle est la route ? Peut-être la recherche de la santé, que beaucoup disent venir avant tout mais qui un jour ou l’autre passera ? Peut-être les biens et le bien-être ? Mais nous ne sommes pas au monde pour cela. Revenez à moi, dit le Seigneur. A moi. C’est le Seigneur le but de notre voyage dans le monde. La route est fondée sur Lui.
Pour retrouver la route, aujourd’hui nous est offert un signe : des cendres sur la tête. C’est un signe qui nous fait penser à ce que nous avons en tête. Nos pensées poursuivent souvent des choses passagères, qui vont et viennent. La légère couche de cendres que nous recevrons est pour nous dire, avec délicatesse et vérité : des nombreuses choses que tu as en tête, derrière lesquelles chaque jour tu cours et te donne du mal, il ne restera rien. Pour tout ce qui te fatigue, de la vie tu n’emporteras avec toi aucune richesse. Les réalités terrestres s’évanouissent, comme poussière au vent. Les biens sont provisoires, le pouvoir passe, le succès pâlit. La culture de l’apparence, aujourd’hui dominante, qui entraîne à vivre pour les choses qui passent, est une grande tromperie. Parce que c’est comme une flambée : une fois finie, il reste seulement la cendre. Le Carême est le temps pour nous libérer de l’illusion de vivre en poursuivant la poussière. Le Carême c’est redécouvrir que nous sommes faits pour le feu qui brûle toujours, non pour la cendre qui s’éteint tout de suite; pour Dieu, non pour le monde ; pour l’éternité du Ciel, non pour la duperie de la terre ; pour la liberté des enfants, non pour l’esclavage des choses. Nous pouvons nous demander aujourd’hui : de quel côté suis-je ? Est-ce que je vis pour le feu ou pour la cendre ?
Dans ce voyage de retour à l’essentiel qu’est le Carême, l’Evangile propose trois étapes que le Seigneur demande de parcourir sans hypocrisie, sans comédie : l’aumône, la prière, le jeûne. A quoi servent-elles ? L’aumône, la prière et le jeûne nous ramènent aux trois seules réalités qui ne disparaissent pas. La prière nous rattache à Dieu ; la charité au prochain ; le jeûne à nous-mêmes. Dieu, les frères, ma vie : voilà les réalités qui ne finissent pas dans le néant, sur lesquelles il faut investir. Voilà où le Carême nous invite à regarder : vers le Haut, avec la prière qui nous libère d’une vie horizontale, plate, où on trouve le temps pour le ‘je’ mais où l’on oublie Dieu. Et puis vers l’autre avec la charité qui libère de la vanité de l’avoir, du fait de penser que les choses vont bien si elles me vont bien à moi. Enfin, il nous invite à regarder à l’intérieur, avec le jeûne, qui nous libère de l’attachement aux choses, de la mondanité qui anesthésie le cœur. Prière, charité, jeûne : trois investissements pour un trésor qui dure.
Jésus a dit : « Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » (Mt 6, 21). Notre cœur regarde toujours dans quelque direction : il est comme une boussole en recherche d’orientation. Nous pouvons aussi le comparer à un aimant : il a besoin de s’attacher à quelque chose. Mais s’il s’attache seulement aux choses terrestres, tôt ou tard, il en devient esclave : les choses dont on se sert deviennent des choses à servir. L’aspect extérieur, l’argent, la carrière, les passe-temps : si nous vivons pour eux, ils deviendront des idoles qui nous utilisent, des sirènes qui nous charment et ensuite nous envoient à la dérive. Au contraire, si le cœur s’attache à ce qui ne passe pas, nous nous retrouvons nous-même et nous devenons libres. Le Carême est un temps de grâce pour libérer le cœur des vanités. C’est un temps de guérison des dépendances qui nous séduisent. C’est un temps pour fixer le regard sur ce qui demeure.
Où fixer alors le regard le long du chemin du Carême ? C'est simple: sur le Crucifié. Jésus en croix est la boussole de la vie, qui nous oriente vers le Ciel. La pauvreté du bois, le silence du Seigneur, son dépouillement par amour nous montrent les nécessités d’une vie plus simple, libre de trop de soucis pour les choses. De la Croix Jésus nous enseigne le courage ferme du renoncement. Parce que chargés de poids encombrants, nous n’irons jamais de l’avant. Nous avons besoin de nous libérer des tentacules du consumérisme et des liens de l’égoïsme, du fait de vouloir toujours plus, de n’être jamais content, du cœur fermé aux besoins du pauvre. Jésus sur le bois de la croix brûle d’amour, il nous appelle à une vie enflammée de Lui, qui ne se perd pas parmi les cendres du monde ; une vie qui brûle de charité et ne s’éteint pas dans la médiocrité. Est-il difficile de vivre comme lui le demande ? Oui, c'est difficile, mais il conduit au but. Le Carême nous le montre. Il commence avec la cendre, mais à la fin, il nous mène au feu de la nuit de Pâques ; à découvrir que, dans le tombeau, la chair de Jésus ne devient pas cendre, mais resurgit glorieuse. Cela vaut aussi pour nous, qui sommes poussière : si avec nos fragilités nous revenons au Seigneur, si nous prenons le chemin de l’amour, nous embrasserons la vie qui n’a pas de couchant. Et nous serons certainement dans la joie. »
Ref. MESSE, BÉNÉDICTION ET IMPOSITION DES CENDRES
JPSC
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Des propositions pour vivre le carême en ligne sur internet
* Notre-Dame du WEB : Carême 2019 : Heureux...!
Du mercredi 6 mars au dimanche 21 avril 2019, suivez la retraite en ligne :
Heureux ! Prendre le chemin des Béatitudes.

Le mot “heureux” résonne dans la Bible et il nous invite à nous convertir pour entrer dans un chemin de Pâques qui nous conduit vers nous-mêmes, vers les autres, vers Dieu.
Chaque semaine, vous recevrez :- Un topo, pour entrer dans le thème à partir d’extraits de l’exhortation du Pape François Gaudete et Exsultate
- Deux passages bibliques, à méditer avec les oreilles, les yeux et le cœur.
- Un exercice pratique, à découvrir au long des semaines
- Un média (vidéo/article) qui fait écho à la Béatitude de la semaine
- Une oeuvre d’art à contempler.
- Un fond d’écran pour habiller de lumière son ordinateur.
Le format de la retraite est très simple. Chaque jour, nous vous faisons une proposition de méditation :
- si vous êtes inscrit à la retraite de Carême, vous recevrez un mail par jour avec le lien pour visualiser la proposition
- si vous ne souhaitez pas vous inscrire, pas de problème : il suffit de vous rendre sur le site chaque jour.
www.ndweb.org/careme2019
* L'évangélisation à l'école des saints
Comme l’année dernière, nous vous proposons une retraite en ligne de Carême, cette fois sur le thème « l’évangélisation, à l’école des saints ».
Ainsi, chaque jour, recevez dans votre boîte e-mail :
- Une parole d’un saint sur l’évangélisation
- Un court commentaire
- Une petite prière
- Une action concrète facile à mettre en oeuvre
Et chaque semaine, une courte vidéo-témoignage : un chrétien vous parle de sa façon de vivre l’évangélisation.
Vivre le Carême sur Internet
* « Ta foi t’a sauvée »
En utilisant les supports de communication digitaux, les retraites Carême dans la ville 2019 permettent à plus de 120 000 internautes de tous les continents de vivre intérieurement et avec profit le temps du carême. Le thème de la retraite cette année, « Ta foi t’a sauvée » (Évangile selon St Luc, ch.7, v.50), invite les retraitants à méditer sur leur foi, sur sa puissance de guérison et sa force de vie.
Inscriptions* Approfondir sa foi avec Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix
Pour leur 14ème retraite en ligne, les Carmes de Paris proposent de cheminer vers Pâques avec Édith Stein (Ste Thérèse Bénédicte de la Croix). co-patronne de l’Europe. Avant d’entrer au Carmel sous ce nom, Édith Stein a déjà une longue vie de philosophe et de conférencière. Née en Prusse en 1891, juive devenue agnostique, elle mène sa quête de vérité à travers la philosophie et les évènements de sa vie, jusqu’à la découverte du Christ. Baptisée à l’âge de 31 ans, elle devient une intellectuelle catholique remarquable. Interdite d’enseignement par les nazis, elle entre au carmel de Cologne en 1933 puis doit fuir au carmel d’Echt en Hollande en 1939. Arrêtée avec sa sœur, elle meurt au camp d’Auschwitz le 9 août 1942, laissant une œuvre et un message puissants. Pendant ce carême, ses textes et sa vie nourriront notre méditation pour vivre à la suite du Christ un chemin pascal.
Programme et inscriptions* Aller au désert avec Charles de Foucauld
Le site maVocation.org offre une retraite en ligne avec des méditations de Monseigneur Denis Jachiet, évêque auxiliaire de Paris et directeur de l’Œuvre des Vocations. Recevez trois fois par semaine, du 6 mars au 21 avril 2019, un mail vous invitant à écouter ou à lire, une méditation de Mgr Denis Jachiet, accompagnée du chant des Dei Amoris Cantores. Jésus aimait se retirer au désert pour prier et se retrouver avec le Père. Charles de Foucauld aussi y retrouvait ce contact privilégié avec Dieu. Il est bon pour nous de prendre un temps de désert pour entrer au plus profond de nous-mêmes et y retrouver l’essence de notre vie, la présence de Dieu et se préparer à Pâques.
Programme et inscriptions* Profiter chaque jour d’une pause Carême avec le diocèse de Valence
A l’occasion de l’entrée en carême et du lancement de Pause Carême 2019, le Diocèse de Valence propose des « pauses Carême ». Le thème choisi cette année est « Une Église pauvre parmi les pauvres ». Chaque jour, dès le mercredi des Cendres, retrouvez sur le site Internet du diocèse et dans votre boîte mail les lectures du jour accompagnées d’une méditation ou d’un commentaire d’un laïc, un diacre, un prêtre. Le commentaire sera également retransmis tous les jours sur les ondes de RCF Drôme.
* « 40 jours avec le Pape », par la Minute SpiTous les jours, un mail avec une parole du Pape ou des saints, une intercession, une méditation et une piste d’effort du jour.
* 40 Days for Life : un Carême de prière pour la vie !
Mercredi prochain 6 mars sera le mercredi des Cendres et donc notre entrée dans cette sainte quarantaine qu’est le Carême…
Comme chaque année, nous vous invitons à un effort particulier de Carême : prier, avec tous nos frères des 40 Days for Life dans le monde pour la fin de l’avortement, et pendant toute la durée du Carême.
Du mercredi des Cendres 6 mars au dimanche des Rameaux 14 avril, des dizaines de milliers de chrétiens vont prier devant des centaines d’avortoirs aux États-Unis et dans beaucoup d’autres pays, sept jours sur sept et 24 heures sur 24 pour obtenir la grâce de la fin de l’avortements et celle d’épargner la vie des enfants à naître. Depuis le lancement de ces campagnes des 40 Days for Life, plus de 15 000 enfants à naître ont été sauvés !
Comment ne pas y prendre part, “de l’arrière”, en priant chaque jour une dizaine de Je Vous salue Marie aux intentions fixées par la coordination de la campagne et au moment de la journée que vous trouverez le plus propice ?
Nous comptons sur votre pieux et fructueux engagement.
Si vous y consentez, merci de nous le signaler ici !
En adhérant à cette chaîne de prière “de l’arrière”, vous recevrez la veille de chaque jour de cette campagne, une lettre quotidienne d’information qui vous donnera l’intention du jour, un texte de la Sainte Écriture à méditer, des informations sur la campagne en cours : notamment des photos des différentes vigiles et le nombre des enfants sauvés au cours de ce Carême 2019 dès qu’il nous sra communiqué par la coordination des 40 Days for Life…
En union de prière pour la vie avec les 40 Days for Life !
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Le gouvernement socialiste espagnol retire la subvention qui permettait de faire fonctionner l’Abbaye de la vallée de los Caidos !
Une bêtise sectaire à front de taureau dénoncée par Michel Janva sur le site web « Salon beige » :
« L’allocation pour subvenir aux besoins des enfants et payer les enseignants a été gelée!
L’abbaye bénédictine comprend en effet un chœur d’une cinquantaine d’enfants qui étudient et vivent dans des internats. Le chœur, comme le reste de l’Abbaye, dépend du patrimoine national pour survivre, comme l’établit l’acte fondateur. L’allocation mensuelle du patrimoine national, qui dépend du gouvernement, s’élève à 30 000 euros, un montant qui soutient les enfants qui y étudient le baccalauréat et leurs enseignants. Cependant, le gouvernement a soudainement gelé cette subvention, probablement pour faire pression sur les moines dans leur différend sur l’exhumation des restes de Franco.
Depuis l’Abbaye, il est assuré que les moines commencent à avoir des problèmes économiques et un compte bancaire a été rendu public dans lequel les dons peuvent être faits jusqu’à ce que leur attribution leur soit rendue. »
La Manécanterie de l'Abbaye
Voici peu encore, dans le cadre de la célébration de la Solennité de la Fête-Dieu 2017 par Mgr Jean-Pierre Delville en l’église du Saint-Sacrement à Liège, les chants grégoriens de la messe traditionnelle du « Corpus Christi » étaient assurés par la Schola Antiqua de Madrid dirigés par Carlos Asensio : tous les membres de cette schola remarquable sont issus de la manécanterie du célèbre monastère bénédictin de la Vallée de Los Caïdos, situé sur la route de Madrid vers l’Escurial.
La Schola antiqua de Madrid à l'église du Saint-Sacrement à Liège pour la Fête-Dieu 2017

JPSC
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Mes Oncles, les pères Thomas et Marie-Dominique PHILIPPE, sont-ils des criminels ? Ma contre-enquête.
par Marie PHILIPPE le 1 mars 2019
Dossier destiné à la presse nationale en prévision de l’émission TV d’Arte «religieuses abusées» prévue le 5 mars 2019
Introduction
Je suis Marie PHILIPPE, nièce des pères Marie-Dominique PHILIPPE op (1912-2006) et Thomas PHILIPPE op (1905 -1993). Ils vont faire l’objet d’accusations unilatérales lors d’une émission de télévision sur Arte le 5 mars 2019 à l’occasion d’un reportage sur des « religieuses abusées ». Le communiqué de presse de la chaîne présente le contexte : « Depuis des décennies, des religieuses de tous les continents sont abusées sexuellement par des prêtres prédateurs. ARTE propose une enquête glaçante sur le dernier scandale de l’Église catholique au moment où le pape François vient de reconnaître ces violences sexuelles au sein de l’institution. »
Mes deux oncles ont fait l’objet de dénonciation post mortem pour « abus sexuel ».
Le premier fut fondateur de la Communauté St Jean et fut dénoncé par le Prieur de la Communauté St Jean 7 ans après sa mort le 13 mai 2013 pour avoir posé avec des femmes adultes « des actes contraires à la chasteté ».
Le second fut le cofondateur avec Jean Vanier de l’Arche et fut « condamné » 22 ans après sa mort par le modérateur de la Communauté de l’Arche Patrick FONTAINE au printemps 2015 avec le soutien total de Mgr d’ORNELLAS, Archevêque de Rennes.
Enfin, le Pape François a gravement et publiquement mis en cause mon oncle le 5 février dernier dans l’avion de retour des Emirats Arabes Unis. Il a parlé d’une congrégation féminine où « s’était installé cet esclavage des femmes, esclavage allant jusqu’à l’esclavage sexuel des femmes par des clercs et le fondateur« . Il faisait une référence claire (et confirmée par le Vatican) à la Congrégation St Jean dont tout le monde sait que le fondateur est le père Marie-Dominique PHILIPPE.
Avec ou sans fondement, cette déclaration du Pape « à l’emporte-pièce » est clairement un opprobre post mortem. Elle déshonore un défunt. Cette déclaration est contraire à la justice et la prudence. Venant du Souverain Pontife, elle ne peut que me blesser fortement et jette l’indignité sur la famille PHILIPPE et ses descendants (J’ai 66 ans, marié 7 enfants). Ainsi le Pape a mis en cause mon oncle alors même qu’aucun tribunal civil, ni canonique n’a établi les faits allégués.
Dans la même charge, le Pape a fait une grande confusion en visant une communauté dissoute par Benoit XVI pour esclavage sexuel alors que le motif de cette dissolution (voir plus bas) n’a rien à voir ! … et que la communauté visée n’était plus dans la Famille St Jean !
J’ai demandé au Pape de corriger publiquement ses propos traitant mon oncle d’esclavagiste sexuel et donc de criminel (lettre au pape de Marie PHILIPPE). Un porte-parole du Pape a certes fait un rétropédalage (comme souvent après ses déclarations péremptoires) … mais pas d’amende honorable en vue !
Mon propos vise surtout montrer que les affirmations des plaignantes n’ont pas été évaluées correctement avec discernement et le recul nécessaire par des personnes expérimentées et indépendantes de la Communauté.
Au terme d’une enquête personnelle sur les incohérences des accusations, j’ai pu connaitre certains noms de plaignantes présumées et noter des contradictions. Je vais donc essayer ici d’apporter des éléments probants à la décharge de mes oncles. J’ai l’intime conviction que les «gestes» d’affection souvent posés par mes oncles tant en direction de leurs frères, de religieuses ou de jeunes femmes laïcs principalement à l’occasion de directions spirituelles ou de confessions, étaient empreints d’une intention pure et non équivoque. Les plaintes me semblent donc infondées.
Attention ! Je ne mets pas en cause la sincérité des personnes et leur souffrance. Mais force est de constater que les plaignantes identifiées sont notoirement très fragiles sur le plan psychologique. Je ne mets pas en cause non plus la sincérité du fr Thomas JOACHIM, prieur de st Jean qui a pensé honnêtement que son devoir était de « dénoncer » son fondateur.
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Pourquoi le secret de la confession est et reste inviolable
Une tribune de l'abbé Pierre Amar sur le site aleteia.org :
Pourquoi le secret de la confession est-il inviolable ?
Avis de tempête sur le secret de confession… Il y a quelques mois, par l’intermédiaire d’une commission d’enquête australienne et d’une déclaration du ministre de la Justice du royaume de Belgique, le secret du confessionnal a été brusquement remis en cause. En France, dans le cadre d’une mission d’information sur la protection des mineurs, le Sénat n’a pas manqué d’interroger les représentants de l’Église catholique. Enquête sur ce secret professionnel pas (du tout) comme les autres.
L’existence du secret de confession et son respect strict est — pour le moment — consacré par la loi (articles 226-13 et 14 du Code pénal) comme par la jurisprudence. Mais il est considéré comme un secret professionnel de plus, qui place le prêtre au même rang que le médecin ou l’avocat. Or, dans le cadre par exemple de la protection des plus fragiles ou de la prévention du suicide, des professionnels soumis au secret peuvent déjà partager des informations, en invoquant une option de conscience. Mais qu’en est-il des prêtres ? Même chez des catholiques pratiquants et convaincus, on perçoit un trouble naissant : et si le prêtre entend en confession un cas de pédophilie ? Ne peut-il pas rompre ce secret ? Et s’il peut prévenir un suicide, ne doit-il pas parler ? Toute règle a bien ses exceptions, qui la confirment et la renforcent. Ne devrait-il pas en être de même pour la confession ?
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Le monastère d'Ermeton bientôt fermé
De Cathobel.be :
Fermeture annoncée du monastère d’Ermeton

Le chapitre des Bénédictines d’Ermeton a voté la fermeture du monastère.
Plusieurs raisons motivent cette décision qui mûrissait depuis un certain temps : le petit nombre de sœurs, l’âge et la santé de certaines sœurs mais aussi la charge d’un bâtiment trop grand, trop coûteux et inadapté. Le dossier est déposé à Rome afin que la fermeture soit décidée par la Congrégation pour les religieux.
Chaque moniale doit trouver et choisir un monastère de bénédictines qui accepte de l’accueillir en son sein, qu’elle puisse y transférer sa stabilité.
Dans l’immédiat, le monastère continue d’accueillir des hôtes. La date de l’arrêt des activités sera communiquée par la Communauté en temps voulu.
Cette décision était nécessaire mais douloureuse. Nous recommandons chacune d’entre nous à votre prière.
Merci de garder une discrétion fraternelle afin que nous puissions vivre paisiblement cette fermeture.
La Communauté d’Ermeton
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L'ouverture des archives devrait permettre de faire la vérité sur le pontificat de Pie XII
De Vatican News :
Mgr Pagano: l’ouverture des archives montrera à tous la grandeur de Pie XII
L’ouverture des archives sur Pie XII, décidée par le Pape François, permettra d’approfondir d’une façon objective la figure d’Eugenio Pacelli, souvent critiqué superficiellement : c’est ce qu’explique le préfet des Archives secrètes du Vatican. Dans un an seront disponibles les documents du Pape, de la Curie et des représentations pontificale sur la période allant de 1939 à 1958.
Sergio Centofanti – Cité du Vatican
Le Pape François, recevant les supérieurs, les employés et les collaborateurs des Archives secrètes du Vatican, a annoncé lundi 4 mars son souhait d'ouvrir les archives du Saint-Siège sur le pontificat de Pie XII, le 2 mars 2020. Les chercheurs qualifiés pourront ainsi accéder à une grande quantité de documents conservés au Vatican pour la période allant du 2 mars 1939 au 9 octobre 1958. Il s'agit d'une annonce attendue depuis longtemps par les spécialistes, en coïncidence avec le 80e anniversaire de l’élection de Pie XII.
L’initiative est longuement détaillée par Mgr Sergio Pagano, préfet des archives secrètes du Vatican, dans L'Osservatore Romano de ce lundi et anticipée par la Salle de Presse du Saint-Siège. «L’importante initiative du Pape François a derrière elle une longue période de préparation au cours de laquelle les archivistes des Archives secrètes du Vatican et leurs collègues des autres archives du Vatican ont effectué un travail patient d'organisation, de recensement et d'inventaire des très nombreux documents», écrit Mgr Pagano.Le Préfet rappelle qu’en 2004 saint Jean-Paul II avait déjà mis à la disposition des chercheurs la vaste documentation du bureau d’information du Vatican pour les prisonniers de guerre (1939-1947) des Archives du Vatican, composée de 2349 unités d’archives, divisées en 556 enveloppes, 108 registres et 1685 boîtes de documentation, avec un fichier alphabétique. Ce qui représente environ 2.100.000 fichiers nominatifs, relatifs aux prisonniers militaires et civils, disparus ou internés, dont on cherchait des nouvelles. Cette documentation avait fait immédiatement l'objet de recherches et est toujours aujourd'hui très demandée par des chercheurs privés ou des proches des prisonniers décédés.
LIRE AUSSI : Le Pape annonce l’ouverture des Archives secrètes de Pie XII
Une plus large ouverture
Au moment de l'ouverture des archives du pontificat de Pie XI (1922-1939), qui avait eu lieu en 2006 sur ordre de Benoît XVI, «nous travaillions déjà à la préparation progressive du matériel documentaire de Pie XII, que de nombreux chercheurs demandaient avec une insistance croissante» explique le Préfet. La quantité de travail «a été très lourde» et cette activité a duré jusqu'à aujourd'hui. Suite à la décision du Pape François, le Préfet précise : «On ouvrira jusqu'en octobre 1958 les Archives secrètes du Vatican, les Archives historiques de la Section pour les rapports avec les États de la Secrétairerie d'État, les Archives historiques de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, les Archives historiques de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples, les Archives historiques de la Congrégation pour les Églises orientales, les Archives de la Fabrique de Saint-Pierre, et, selon différentes modalités et formes d'accès, d'autres archives historiques des congrégations, des dicastères, des offices et des tribunaux, à la discrétion de leurs supérieurs».
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Abus sexuels et propagande : quand Arte lance notre Carême...
De Michel Janva sur le Salon Beige :
Abus sexuels et propagande : Arte lance notre Carême…

Les accusations gratuites, sans procès, se multiplient contre des prêtres, ici décédés.
La chaîne ARTE diffusera le mardi 5 mars à 20h50, un documentaire intitulé “religieuses abusées, l’autre scandale de l’Eglise” (déjà visible en ligne), qui comporte différentes accusations sur les personnes des Pères Marie-Dominique (fondateur de la Communauté Saint Jean) et Thomas Philippe, deux frères décédés depuis de nombreuses années. La chaîne se fonde sur un unique témoignage introduit parmi d’autres affaires auxquelles les Pères Philippe ne sont aucunement liés.
Marie Philippe, leur nièce, souhaite faire connaitre sa totale désapprobation pour la mise en cause de ses oncles alors même qu’aucun tribunal civil ni canonique n’a établi les faits allégués. Elle s’étonne ainsi du silence de l’institution catholique face à ce « procès » qui vient atteindre deux hommes qui sont aujourd’hui dans l’incapacité de pouvoir se défendre.
Les faits allégués sont peu crédibles pour ne pas dire grotesques. Qui plus est, par le truchement d’une personne qui n’est plus religieuse depuis… 1974. Vous trouverez sur son site construit spécialement à cet effet toutes les raisons et les pièces qui conduisent à son intervention.
Un ancien frère de la communauté Saint-Jean, aujourd’hui incardiné dans un diocèse, dénonce aussi un article paru dans Famille chrétienne, lequel s’appuie… sur cette émission.
Il ne s’agit pas de nier les graves abus sexuels commis par des clercs. Mais on ne peut pas croire n’importe quelle histoire, n’ayant donné lieu à aucun procès, reposant sur des témoignages douteux, et pratiquer l’amalgame. La famille du père Marie-Dominique Philippe est favorable à la mise en place d’une politique de transparence sur les faits présumés que celle qui a motivée les dénonciations controversées, avec la mise en place d’une véritable commission d’enquête qui aurait pour mission d’infirmer ou de confirmer les faits ayant conduit à la « condamnation » des défunts. Et en attendant, il serait souhaitable que les autorités de l’Eglise protestent contre les violations constantes dans la presse du principe de présomption d’innocence dont devraient bénéficier les défunts Pères Marie-Dominique et Thomas Philippe. Et en particulier au cours de l’émission de télévision d’ARTE prévue le 5 mars.
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"Sodoma" et Maritain : des pages fragiles ou nulles
De Florian Michel et Michel Fourcade sur le site du journal La Croix :
Un « code Maritain » à « Sodoma » ? Une erreur de perspective historique
Par Florian Michel, Université Paris 1, Panthéon-Sorbonne et Michel Fourcade, Université Paul-Valéry Montpellier 3.
Frédéric Martel accorde une grande importance au philosophe Jacques Maritain (1882-1973), au point d’en faire la clé interprétative de Sodoma : « Pour comprendre le Vatican et l’Église catholique, au temps de Paul VI comme d’aujourd’hui, Jacques Maritain est une bonne porte d’entrée. J’ai découvert peu à peu l’importance de ce codex, ce mot de passe complexe et secret, véritable clé de lecture de Sodoma. Le code Maritain (p. 187). »
Dès le premier chapitre, l’auteur inclut Maritain dans une galerie d’« auteurs homosexuels ». Dans l’épilogue, il établit une typologie des clercs-gays et se sert de Maritain pour caractériser le premier type : « Le modèle "vierge folle", fait d’ascétisme et de sublimation, c’est celui qui caractérise Maritain, François Mauriac, Jean Guitton et peut-être aussi quelques papes récents. » Il s’agirait « d’homophiles contrariés », qui ont « choisi la religion pour ne pas céder à la chair ; et la soutane pour échapper à leurs inclinations. L’amour d’amitié est leur penchant naturel. On peut penser qu’ils ne sont guère passés à l’acte (p. 605-606). »
Le chapitre 7 est consacré à définir ce « code Maritain » : l’homosexualité sublimée ou refoulée à travers la chasteté conjugale ou sacerdotale se traduirait par une « homophilie », qui deviendrait in fine « homophobie intériorisée ». Martel aligne les noms des papes et des cardinaux de curie qui partageraient ce « code » : « On ne peut comprendre les papes Jean XXIII, Paul VI et Benoît XVI, ni la majorité des cardinaux de la Curie romaine, si on ne décrypte pas le maritainisme comme une donnée intime sublimée (p. 192). » Étant donné l’importance doctrinale, politique, métaphysique de l’œuvre de Maritain au XXe siècle, si tout cardinal lecteur de Maritain devient aussitôt gay friendly,refoulé, voire openly gay, on arrive tout naturellement à 100 % de cardinaux gays…
« L’auteur entend devenir historien, et c’est là que les choses se gâtent »
Soulignant la nécessité de « remonter aux matrices anciennes, bien qu’elles nous semblent d’un autre temps (p. 199) », l’auteur entend devenir historien, et c’est là que les choses se gâtent. Si, sur le plan épistémologique, l’historien de métier n’a rien à dire sur l’enquête produite, assise pour l’essentiel sur des entretiens privés et des procédés d’écriture littéraires (allusions, associations, name dropping), il a par contre, quant à ce supposé « code Maritain », le devoir et les moyens de clarifier certains points. Erreurs factuelles, ignorance de la bibliographie, anachronismes conduisent ici l’auteur à des affirmations tantôt naïves, tantôt cocasses et réfutables.
Les questions soulevées méritaient pourtant plus de finesse. Mais, quant à Maritain, Martel reste sous la dépendance de Jean-Luc Barré, auteur d’une biographie du philosophe publiée en 1995, par ailleurs éditeur et ardent promoteur de Sodoma.
Depuis cette biographie ont cependant été publiés de nombreux ouvrages historiques et beaucoup de correspondances de Maritain avec les interlocuteurs les plus variés. La seule prise en compte de cette documentation abondante aurait très sérieusement nuancé et souvent corrigé les interprétations ici imprudemment développées.
Il n’en est rien hélas, et l’analyse de Frédéric Martel est de ce fait truffée d’erreurs. Non, Raïssa Maritain ne fut pas une épouse de « contrainte » ou d’alibi comparable à celle d’André Gide (p. 190) et ce n’est rien connaître de leur aventure et de leur rayonnement que de supposer un couple Maritain « en trompe-l’œil ». Non, la sociabilité du philosophe ne fut pas seulement, loin s’en faut, celle des « célibataires, des intellectuels homosexuels et des jeunes éphèbes (p. 191) » : on est certes là au cœur des Années folles, et si les Maritain reçoivent en effet des homosexuels cocaïnomanes (les deux questions sont alors liées), il y a aussi dans leur salon des femmes, des orthodoxes, des juifs, des protestants, des catholiques mariés, divorcés ou pères de famille nombreuse, etc.
Non, Maritain n’a pas « préféré détruire ses carnets de notes intimes pour éviter que ses biographes ne s’aventurent trop loin ». Ces carnets sont en cours de publication depuis cinq ans dans les Cahiers Jacques Maritain… Surinterprétant certains textes en faveur de sa cause, l’auteur pèche également par ses extrapolations.
Non, la correspondance Maritain-Psichari n’a pas été « publiée récemment », et il ne s’agit pas de « 175 lettres d’amour (p. 197) ».
« Toujours fragiles, parfois nulles »
Les fragments équivoques des premières lettres de 1899, entre les deux jeunes gens de 17 ans, exigeaient d’être contextualisés et mis en perspective par la centaine de lettres des quinze années suivantes. Martel suborne en un sens ses témoins et invente un corpus documentaire qui, affirme-t-il, est publié alors qu’il ne l’est pas, et dont il biaise l’interprétation, sans cependant considérer toute la documentation existante.
Comme historiens, il nous faut donc juger les pages de ce chapitre 7 pour ce qu’elles sont : toujours fragiles, parfois nulles. Et il nous faut surtout souhaiter que les débats autour de l’homosexualité dans le milieu Maritain – beau sujet légitime et complexe – ne reposent pas seulement sur des procédés militants, dans une perspective de scandale médiatique délibéré, mais puissent être posés, sans préjugés, outrances ou amalgames, sur une base documentaire intégrale.
Florian Michel et Michel Fourcade
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Abus dans l'Eglise : le syndrome de Contumeliosus
D'Arnaud Join-Lambert (Faculté de théologie de l'Université catholique de Louvain) sur le site du journal La Croix :
Le syndrome de Contumeliosus et les abus dans l’Eglise
Pour tenter de comprendre la gestion calamiteuse des abus sexuels dans l’Église catholique, il est utile de rappeler la situation d’un évêque du VIe siècle dont on ne sait presque rien, mais qui a laissé sa marque dans l’histoire comme un horrible évêque que ses confrères ont dû subir et gérer tant bien que mal. Contumeliosus était évêque de Riez, petit évêché de Provence aujourd’hui disparu. Non seulement il détournait les fonds du diocèse, mais il était dépravé et adultère. Le nom latin qu’il reçut indique son état, « l’outrageant », « l’injurieux », ou les deux. Il était le méchant rêvé et parfait du scénario d’un mauvais film. Lors d’un concile provincial à Marseille en 533, présidé par saint Césaire d’Arles, Contumeliosus, l’outrageant, est condamné à rembourser l’argent volé et à un temps de pénitence dans un monastère. Le plus intéressant pour notre époque de crise ecclésiale actuelle est ce qui suivit. Le pape Jean II conteste le verdict selon lui trop clément et demande le renvoi définitif de l’évêque scandaleux. Après un appel de Contumeliosus, le pape suivant, Agapit Ier, le rétablit dans ses droits après le temps de suspension.
En deux papes, tout est dit de l’impossibilité d’une gestion sereine des mauvais évêques, ou plutôt des « erreurs de casting », ces responsables choisis alors qu’ils n’auraient pas dû l’être. Il est d’abord particulièrement difficile de désavouer son collègue, celui qu’on a choisi et avec qui on travaille. Cette dimension humaine est accentuée en Église, entre des évêques, des pairs unis dans la foi et le don d’eux-mêmes au plus grand service qu’est celui de Dieu en la communauté croyante et célébrante. Le déni et la souffrance profonde ne peuvent que se mêler lorsqu’est révélé le comportement scandaleux d’un des siens. Ceci vaut pour les évêques, mais aussi pour les prêtres. Il est facile de comprendre pourquoi le regard choqué, voire révolté, de l’extérieur, fut indispensable et décisif pour la prise de conscience si tardive de la gravité des abus sexuels commis par des clercs.
Alors que faire ? L’histoire de Contumeliosus nous enseigne que les responsables ecclésiaux ne sont pas préparés à la gestion de telles affaires. Toute situation de pouvoir peut fasciner des individus soit malintentionnés, soit fragiles et aisément corruptibles. La première réponse, une fois que le mal est fait, est collective et par les pairs. Le concile provincial de Marseille a jugé le mouton noir en son sein, sans rien cacher de ses turpitudes, qu’il a lui-même reconnues. Aujourd’hui, on peut légitimement se demander pourquoi il faut attendre les sanctions de Rome. Le retour à l’état laïc pourrait être décidé localement, et sans limite de prescription canonique. Il faudrait ici réviser le droit canon, laissant à Rome la fonction de seconde instance en appel.
Et les papes ? Jean II et Agapit Ier prirent des options différentes, le premier en fonction du mal commis, le second selon les droits de la défense. Pourtant nous ne sommes pas dans le monde de la justice humaine. En toute victime, c’est le Christ qui est abusé, violé, tué. Mais lorsque l’agresseur est un homme qui, par le sacrement de l’ordination qu’il a reçu, agit en la personne du Christ (sacrements, gouvernance), la situation mérite les plus fortes sanctions et le plus rapidement. Voyons concrètement ce syndrome de Contumeliosus. Le retour à l’état laïc de deux évêques chiliens en septembre inscrit le pape François dans la ligne de Jean II, ainsi que la récente sanction la plus forte de l’ex-cardinal McCarrick. Mais ailleurs, on peut se demander pourquoi l’ancien évêque de Bruges, condamné pour inceste et démissionnaire forcé, coule les jours heureux d’une « pénitence » discrète avec sa pension aux frais de l’État belge. Les autres évêques belges demandent pourtant son retour à l’état laïc. Les victimes de l’évêque démissionnaire de Guam ne se réjouissent certainement pas qu’il puisse continuer à célébrer l’eucharistie. Ces deux exemples manifestent une continuité de la ligne d’Agapit Ier. Aujourd’hui, il en va de la survie de l’Église catholique de prendre en tout le parti des victimes.
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Avec Martin Steffens, décrypter le piège de la pornographie (2/2) et réapprendre à regarder
Le piège de la pornographie 2/2 Réapprendre à regarder
Une émission de RCF présentée par Bénédicte Draillard
LA VIE EST UN ART

© Stéphane OUZOUNOFFCIRIC
Stop à la pornographie, c'est le cri du coeur d'un jeune père de famille, philosophe, Martin Steffens.Une colère sourde se perçoit à la lecture de "L'amour vrai - Au seuil de l'autre" (éd. Salvator) : celle d'un homme et sans doute aussi celle d'un père "révolté" par la façon dont la pornographie "défigure" l'amour. Le philosophe Martin Steffens nous aide à déjouer les pièges de la pornographie.
"Ayant touché le cœur de l'homme, ce qu'il y a en lui de plus profond, la pornographie vient tuer ce qu'il y a en nous d'humain."
L'AMOUR DANS LA SOCIÉTÉ DU DIVERTISSEMENT
"Ce qui me fascine c'est cette idée du divertissement qu'a inventée l'homme : endormir les gens en les excitant." Le jeu, l'excitation, le fun et la sexualité sont à l'œuvre dans bien des œuvres dystopiques. Avec subtilité et sans manichéisme, l'essai de Martin Steffens a pour objectif de "nous sortir de cette excitation dans laquelle nous mettent nos vies trop occupées et où on passe d'un travail angoissé à des loisirs débridés".
"Il y a quelque chose de vrai là-dedans." Et c'est sans doute ce qui est le plus dramatique dans la pornographie : elle "offre une image fausse d'un désir qui est profondément bon et vrai en nous". Ce désir, celui "de se donner absolument", est mis en scène dans la pornographie, où "on voit des gens qui se donnent dans un entremêlement des corps". Il y a donc quelque chose "qui vient toucher le cœur de l'homme", et même "ce qu'il y a de plus profond en lui". "Ce désir-là, la pornographie en donne une traduction immédiate, ce qu'elle nous propose, elle nous l'impose et, à partir de là, ayant touché le cœur de l'homme, ce qu'il y a en lui de plus profond, elle vient tuer ce qu'il y a en nous d'humain."
L'ACCÈS À LA PORNOGRAPHIE, DE PLUS EN PLUS TÔT
Il y a quelques années, Martin Steffens a constaté qu'à neuf ans son fils avait la possibilité d'accéder à des vidéos pornographiques sur internet. Pourquoi les jeunes garçons en particulier sont-ils attirés par ce type de contenus ? Il y a un interdit qui plane sur ces vidéos, interdit qui suggère l'idée d'un "secret des adultes". "Et donc on a l'impression que c'est ce que les adultes gardent secret comme on pourrait garder secret quelque chose de précieux : ils accèdent au secret des adultes." Là où l'enfant est supposé grandir avec cette idée que l'adulte est quelqu'un de libre, maître de sa vie, il perçoit au contraire que l'adulte est quelqu'un qui "se perd dans son plaisir, dans son désir".
Enseignant, Martin Steffens a connu un étudiant addict, qui quittait les cours pour aller regarder des images pornographiques. Conscient de son addiction, il confiait lui-même ne plus pouvoir "voir une femme sans la déshabiller et sans même l'imaginer humiliée". Parmi les conséquences néfastes de l'addiction à la pornographie : le "regard blessé". "La grille de lecture que j'aurai de l'autre sera sur-déterminée par la pornographie." Le philosophe parle de "traumatisme pornographique", qui opère comme "une blessure purulente" et se met "à produire en nous des images". Et pousse certains à commettre des viols ou des agressions à caractère sexuel.
LA PORNOGRAPHIE FAIT DISPARAÎTRE LE DÉSIR
Autre conséquence de l'addiction à la pornographie, la disparition du désir. Cette "sur-stimulation du désir" et sa satisfaction immédiate provoquent un épuisement et une exténuation du désir. "Ce qui donne des gens qui n'ont tout simplement plus de désir." Ne plus avoir de désir, est-ce là la sagesse ? Non, c'est "absolument terrible", affirme Martin Steffens.
INVITÉ : Martin Steffens , philosophe
BIBLIOGRAPHIE : L'amour vrai - Au seuil de l'autre par Martin Steffens aux éd. Salvator (2018)




