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Patrimoine religieux - Page 5

  • Les nouveaux vitraux de la cathédrale Notre-Dame déclenchent une nouvelle polémique

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    De Solène Tadié sur le NCR :

    Les nouveaux vitraux de la cathédrale Notre-Dame déclenchent une nouvelle polémique.

    Les critiques affirment que l'accent mis sur la diversité et l'expression émotionnelle risque de traduire un mystère central de l'Église dans le langage visuel de l'époque actuelle, affaiblissant ainsi la cohérence symbolique d'une cathédrale gothique construite autour de la lumière, de la hiérarchie et de la transcendance.

    Un an après la réouverture solennelle au public de la cathédrale Notre-Dame de Paris suite à l'incendie dévastateur de 2019, une vieille querelle entre les défenseurs du patrimoine et l'État français — cette fois-ci centrée sur ses célèbres vitraux — a été ravivée. 

    On espérait que la restauration après l'incendie, qui a également conduit à la décision de reconstruire la flèche et la charpente médiévale à l'identique, mettrait un terme à ce chapitre douloureux de l'histoire de la cathédrale. Au lieu de cela, elle a relancé le débat entre la préservation de l'art traditionnel dans ce chef-d'œuvre de l'architecture gothique et l'intégration de l'art contemporain.

    La dernière controverse a été déclenchée par une exposition au Grand Palais à Paris présentant les projets sélectionnés pour les futurs vitraux de Notre-Dame, dont l'installation est prévue en 2026. Sélectionnée en 2024 à l'issue d'un concours soutenu par l'État, la peintre française Claire Tabouret a été chargée de créer six vitraux contemporains destinés à remplacer les vitraux intacts du XIXe siècle conçus par Eugène Viollet-le-Duc pour les chapelles du bas-côté sud de la nef. 

    La présentation publique du projet a ravivé des tensions que beaucoup croyaient apaisées après un débat similaire concernant la flèche, également conçue par Viollet-le-Duc. La controverse autour des vitraux serait-elle une revanche tardive de la part de ceux qui n'ont pas réussi à imposer un style contemporain à l'extérieur du monument, quitte à laisser leur empreinte sur les parties ayant survécu à l'incendie ?

    Les vitraux proposés sont au cœur du débat, et l'exposition les a enfin dévoilés au public. Ces nouveaux vitraux forment un cycle figuratif consacré à la Pentecôte, représentant la Vierge Marie et les apôtres réunis au Cénacle. Les compositions, peintes dans un style figuratif, mettent en scène de grandes figures frontales, privilégiant la présence corporelle et l'expression des émotions. Tabouret, artiste vivant et travaillant en Californie, a déclaré avoir été attirée par la Pentecôte, qu'elle perçoit comme un moment d'« harmonie, de paix et de respect dans la diversité », une formulation que les partisans interprètent comme une tentative de rendre la scène immédiatement accessible au public contemporain. Les critiques, quant à eux, y voient l'introduction d'un langage moral actuel dans un cadre sacré et liturgique.

    « Un caprice à 4 millions d'euros »

    La réaction fut immédiate, notamment parmi les spécialistes du patrimoine et les personnalités de droite. Stéphane Bern, l'un des plus éminents défenseurs du patrimoine historique en France, a qualifié le projet, dès son origine, de caprice présidentiel. 

    L'ouverture de l'exposition le 10 décembre n'a fait qu'attiser la colère de ses opposants. 

    L’historien du patrimoine Éric Anceau l’ a dénoncé comme un fait inacceptable du prince , avertissant que les vitraux de Viollet-le-Duc — qui avaient « miraculeusement résisté au feu » — allaient maintenant être enlevés au mépris du Code du patrimoine français. 

    Plusieurs élus ont fait part de cette consternation. Le député du Rassemblement national, Jean-Philippe Tanguy, a qualifié les vitraux proposés d’« indescriptiblement laids », tandis que l’ancienne députée Laurence Trochu a dénoncé ce qu’elle a qualifié de « caprice à 4 millions d’euros », remplaçant des œuvres intactes et protégées à un moment où une grande partie du patrimoine culturel français se détériore. Plus nuancé, le philosophe Benjamin Olivennes, spécialiste d’art contemporain, a estimé : « Je ne crois pas qu’ils “se feront remarquer” au sens de dissonance, de laideur ou de profanation du lieu. Cependant, ils risquent de paraître de moindre qualité que les autres… »

    Soutien de l'Église parisienne

    Pourtant, réduire la controverse à un simple affrontement entre le président Emmanuel Macron et ses détracteurs occulte le fait qu'une grande partie du commandement catholique a soutenu le projet. L'archidiocèse de Paris a ouvertement appuyé l'introduction de vitraux figuratifs contemporains à vocation catéchétique explicite et était représenté au sein du comité qui a sélectionné l'œuvre de Tabouret pour ce projet. L'archevêque Laurent Ulrich lui-même a salué cette initiative comme une manière légitime d'aborder les enjeux de notre époque. 

    Le père Paul-Adrien, frère dominicain et figure influente du monde culturel français, a défendu le projet en rappelant que les murs des chapelles avaient été dépouillés de leurs ornements au XXe siècle. Selon lui, les nouveaux vitraux redonnent couleur, symbolisme et une dimension théologique intelligible, notamment grâce à leur thématique de la Pentecôte. « Ceux qui s'opposent au projet ne veulent pas que l'on parle de la Pentecôte », a-t-il affirmé avec conviction. 

    Les partisans de cette restauration affirment plus généralement que la netteté des figures et l'intensité des couleurs répondent aux tons pâles de l'intérieur restauré et redonnent de la profondeur visuelle à la cathédrale. 

    Mais les critiques restent sceptiques. Leur objection ne porte généralement pas sur l'art contemporain en tant que tel, mais sur ce qu'ils perçoivent comme un glissement de sens. À leurs yeux, l'accent mis sur la diversité et l'expression émotionnelle risque de transposer un mystère central de l'Église dans le langage visuel de l'époque actuelle, affaiblissant ainsi la cohérence symbolique d'une cathédrale gothique bâtie autour de la lumière, de la hiérarchie et de la transcendance. 

    Rejet des recours contre une pétition populaire

    Pour Didier Rykner, rédacteur en chef de la revue La Tribune de l'Art et l'un des plus fervents opposants au projet, le problème fondamental ne réside pas dans le style de l'artiste, mais dans la logique de leur intégration. Il a maintes fois soutenu que des vitraux contemporains pourraient légitimement trouver leur place dans des parties de Notre-Dame qui n'en ont jamais possédé, notamment la tour nord, dont les travées ont été endommagées par l'incendie. Une telle solution, affirme-t-il, permettrait à la création contemporaine de s'exprimer sans pour autant démanteler les éléments intacts conçus par Viollet-le-Duc comme faisant partie d'un ensemble architectural cohérent.

    Rykner, qui a qualifié le projet d’acte de « vandalisme », a également lancé une pétition demandant le maintien des fenêtres de Viollet-le-Duc, qui a depuis dépassé les 325 000 signatures – un chiffre fréquemment cité par les opposants comme preuve d’une résistance publique soutenue.

    Sur le plan institutionnel, le projet a toutefois atteint un stade où un revirement de la décision de remplacer les fenêtres semble de plus en plus improbable. Le recours formé par l'association patrimoniale Sites & Monuments contre ce projet a récemment été rejeté par le tribunal administratif de Paris. À l'inverse, la Commission nationale du patrimoine et de l'architecture a émis un avis favorable en juin dernier, soutenant l'installation des nouvelles fenêtres. Bien que Sites & Monuments devrait déposer un ultime recours, les critiques reconnaissent que les options juridiques et administratives restantes se réduisent comme peau de chagrin.

    Au-delà des querelles de procédure, les opposants insistent sur le fait que les vitraux ne sauraient se réduire à un simple élément décoratif. En filtrant la lumière, ils façonnent l'expérience spirituelle et visuelle d'une cathédrale gothique. Cet argument a été avancé par Maryvonne de Saint-Pulgent, ancienne directrice générale du patrimoine au ministère de la Culture, et par l'Académie des Beaux-Arts, qui a mis en garde contre l'introduction d'œuvres contemporaines au détriment du décor épargné par l'incendie.

    L'exposition des dessins de Tabouret a mis en lumière les divergences, sans pour autant rapprocher le différend d'une résolution. Alors que les recours juridiques sont presque épuisés et que le projet avance, la controverse autour des vitraux de Notre-Dame risque de laisser un goût amer chez les défenseurs du patrimoine, même si leurs partisans insistent sur le fait que les vitraux du XIXe siècle, conçus par Viollet-le-Duc, ne seraient pas détruits mais démontés et exposés ailleurs.

  • Comment célébrer Noël si la foi a disparu ? Un excellent article de Mgr Aguer

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    D'InfoVaticana :

    Un excellent article de l'archevêque Aguer

    Images de la naissance de l'enfant Jésus

    La sécularisation de Noël

         Avec le début de l'Avent, la publicité pour certains produits liés aux fêtes de Noël commence également. Bien que le mot lui-même ne soit pas mentionné explicitement, il serait surprenant pour quiconque l'ignore que ce terme signifie  Nativité, c'est-à-dire la naissance de Jésus-Christ. On y voit notamment un petit sapin, des ballons et autres décorations, ainsi qu'une figure corpulente et barbue vêtue de rouge et de blanc. Cette représentation de la période précédant le 25 décembre est typique de l'hémisphère nord et du monde protestant.

         Il y a quelques années, en flânant dans le centre de Naples, j'ai remarqué que, dans les semaines précédant Noël, chaque magasin proposait des crèches, de tailles et de qualités variées.  La crèche  est la représentation catholique de la venue de Jésus au monde : la grotte, ou une petite maison, la Vierge Marie, saint Joseph et l'Enfant, accompagnés de la vache et de l'âne. N'oublions pas les Rois mages, mentionnés dans l'Évangile selon Matthieu :  astronomes  et sages, ils représentaient toute l'humanité attendant le Sauveur. La tradition populaire, s'appuyant sur les apocryphes, les a érigés en rois et leur a donné à chacun un nom. Dans la crèche, leur arrivée est prévue jusqu'au 6 janvier. La tradition catholique s'est sécularisée. De même, les anges et leurs chants ont disparu ; toutefois, ils sont préservés dans le  Gloria  et le  Sanctus  de la messe. On retrouve quelque chose de ces origines dans les chants de Noël, qui ont su franchir le mur de la sécularisation. Le souvenir de Naples évoque une foi populaire qui s'est affaiblie ces derniers temps et qui, dans de nombreux pays, semble avoir disparu.

         L’Église devrait proclamer le mystère de l’Incarnation du Fils de Dieu pendant l’Avent. La foi en ce mystère doit s’enraciner dans les familles ; c’est pourquoi l’exhortation à « installer la crèche » est tout à fait appropriée. Même lorsque la pratique religieuse s’est raréfiée, voire a disparu, la contemplation de la crèche ravive le sentiment de foi transmis au sein de la famille ou lors de la catéchèse de la Première  Communion (et souvent de la seule ).

         Comment célébrer Noël si la foi a disparu ? Il s'agit donc d'une sécularisation de la fête chrétienne, souvent associée au Nouvel An. On parle des « fêtes » – comme d'une période récurrente – et l'on souhaite, en guise de vœux, « Bonnes fêtes » ou même le plus courant « Félicitations ». Dans ce contexte culturel, Noël a disparu. La publicité commerciale exploite le souvenir d'une époque où l'on conservait encore quelque chose des premiers enseignements. L'Église doit recréer ces origines en proclamant Jésus-Christ comme Rédempteur ; chaque Avent est une nouvelle occasion de cette proclamation confiée aux Apôtres. Il s'agit donc d'inverser la sécularisation de Noël. Et pour cela, une Église véritablement ouverte sur le monde est essentielle ; une Église qui recherche ceux qui se sont égarés et ceux qui n'ont jamais été pleinement présents.

          Dans cet esprit, je vous souhaite à tous un très saint et donc un très joyeux Noël. Que personne ne nous vole l'Enfant Jésus !
     
    + Hector Aguer
    Archevêque émérite de La Plata
     
    Buenos Aires, lundi 22 décembre 2025. 
  • O Emmanuel (antienne du 23 décembre)

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    O EMMANUEL, rex et legifer noster,
    expectatio gentium et salvator earum:
    veni ad salvandum nos, Dominus Deus noster.

    Ô Emmanuel (Isaïe 7, 14), notre roi et notre législateur (Isaïe 33, 22), espérance et salut des nations (Genèse 49, 10; Jean 4, 42): viens nous sauver, Seigneur notre Dieu (Isaïe 37, 20).

  • Éloge de Frère Louis de Grenade, « l’écrivain de l’empire espagnol »

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    De Casey Chalk sur le CWR :

    Éloge de « l’écrivain de l’empire espagnol »

    En 35 ans d'écriture, le vénérable Louis de Grenade a écrit 49 ouvrages de théologie spirituelle, d'apologétique, d'hagiographie, d'éloquence sacrée et de traductions, dont quatre sont considérés comme des chefs-d'œuvre de théologie spirituelle.

    Le vénérable Louis de Grenade (1504-1588), représenté dans un dessin de Francisco Pacheco, est l'auteur de nombreux ouvrages de théologie et de spiritualité. (Images : Wikipédia / TAN Books)
    Il y a cinq cents ans cette année, un Espagnol de vingt et un ans prononçait ses vœux religieux chez les Dominicains, l'ordre des Prêcheurs. Cet homme, aujourd'hui connu sous le nom de Vénérable Louis de Grenade, bien que peu célèbre de nos jours, fut jadis qualifié d'« écrivain de l'empire espagnol ».

    En effet, Frère Louis mourut en 1588, année de la défaite désastreuse de l'Armada espagnole face à l'Angleterre protestante. Une nouvelle édition de l'un de ses ouvrages les plus célèbres, Le Guide du pécheur , traduction publiée en 1883 (et approuvée par l'archevêque de Boston de l'époque), offre l'occasion de redécouvrir ce maître théologique souvent méconnu.

    L'un des plus grands écrivains spirituels du XVIe siècle

    Né dans la misère, le courage et l'intelligence de Louis attirèrent l'attention du comte de Tendilla, maire de l'Alhambra, qui le prit sous son patronage. Après une excellente éducation, Louis reçut l'habit de frère prêcheur en 1524. En 1534, il se proposa comme missionnaire au Mexique, mais son supérieur lui ordonna d'annuler son voyage. Cinq ans plus tard, en 1539, il écrivit un court traité sur la méthode de prière pour un étudiant qui lui avait demandé conseil. Contrastant avec le style des humanistes de la Renaissance, le texte demandé était d'une simplicité surprenante. Il fut par la suite transformé en une œuvre qui allait faire la renommée de frère Louis : le Livre de la prière et de la méditation .

    À la fin des années 1540, Frère Louis était très recherché comme prédicateur et directeur spirituel, même auprès des familles royales européennes. Vers 1552, la reine Catherine de Portugal, sœur de l'empereur Charles Quint, le choisit comme confesseur et conseiller. Il passa la majeure partie du reste de sa vie au Portugal. On faisait régulièrement appel à lui pour aider à résoudre les problèmes de la famille royale, bien qu'il considérât une telle implication dans les affaires du monde comme une distraction, voire une épreuve.

    Frère Louis était un homme d'une humilité incroyable. Il refusa l'archevêché de Braga que lui offrait la reine Catherine, ce qui aurait fait de lui le primat de tout le Portugal. De même, il déclina les honneurs du cardinalat que lui proposait le pape Sixte V. « Frère Louis aurait pu vivre au palais, mais depuis son enfance, il était attaché à la pauvreté et dédaignait les plaisirs et les conforts du monde », écrit le père Alvaro Huerga, OP. « Il s'habillait avec une telle pauvreté qu'il porta le même chapeau pendant quarante ans et sa cape noire était usée et rapiécée après douze ans d'utilisation. » Il se levait à quatre heures du matin et passait deux heures en prière, suivies de la célébration quotidienne de la messe, à une époque où les prêtres n'avaient pas l'habitude de célébrer la messe tous les jours.

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  • O Rex Gentium (22 décembre)

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    Les antiennes O de l'Avent (voir ICI)

    22 décembre

    O Rex gentium, et desideratus earum, lapisque angularis, qui facis utraque unum : veni, et salva hominem, quem de limo formasti.

    O Roi de l’univers, ô Désiré des nations, pierre angulaire qui joint ensemble l’un et l’autre mur : Force de l’homme pétri de limon, viens, Seigneur, viens nous sauver

  • Hymne de l’Avent : Rorate caeli desuper

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    L'hymne du « Rorate Cæli desuper » est par excellence le chant grégorien du Temps de l'Avent. Son refrain est tiré du Livre d'Isaïe (45, 8) : « Cieux, épanchez-vous là-haut, et que les nuages déversent la justice, que la terre s’ouvre et produise le salut ». Cette rosée qui tombe du ciel pour féconder la terre et faire descendre le Juste, c'est-à-dire Dieu Lui-même, c'est le Saint-Esprit, et la terre qui s'ouvre sous cette influence céleste et fait germer le Sauveur, c'est bien évidemment le sein très pur de la Vierge Marie.  

    1. Roráte caeli désuper, et nubes pluant iustum.
    2. Cieux, répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le Juste. 
    1. Ne irascáris, Dómine, ne ultra memíneris iniquitátis:
    2. Ne te mets pas en colère, Seigneur, ne garde plus souvenir de l’injustice.

    ecce cívitas Sancti tui facta est desérta:

    Voici, la cité sainte est devenue déserte,

    Sion desérta facta est : Ierúsalem desoláta est:

    Sion a été désertée, Jérusalem est en désolation,

    domus sanctificatiónis tuae et glóriae tuae, ubi laudáverunt te patres nostri

    la maison de ta sanctification et de ta gloire, où nos pères avaient dit tes louanges.  

    1. Peccávimus, et facti sumus tamquam immúndus omnes nos,
    2. Nous avons péché et sommes devenus impurs.

    et cecídimus quasi fólium univérsi

    Nous sommes tombés comme des feuilles mortes

    et iniquitátes nostrae quasi ventus abstúlerunt nos :

    et nos iniquités nous ont balayés comme le vent.

    abscondísti fáciem tuam a nobis, et allilísti nos in manu iniquitátis nostrae.

    Tu as détourné de nous ta face, et nous as brisés sous le poids de nos fautes.

    1. Vide Dómine, afflictiónem pópuli tui
    2. Vois, Seigneur, l’affliction de ton peuple,

    et mitte quem missúrus es :

    et envoie celui que tu dois envoyer :

    emítte agnum dominatórem terrae, de petra desérti, ad montem fíliae Sion :

    envoie l’Agneau, le maître de la terre, de Pétra dans le désert jusqu’à la montagne de ta fille Sion,

    ut áuferat ipse jugum captivitátis nostrae

    afin qu’il ôte le joug de notre captivité.

    1. Consolámini, consolámini, pópule meus, cito véniet salus tua.
    2. Consolez-vous, consolez-vous, mon peuple : vite viendra ton salut,

    Quare mærore consúmeris, quia innovávit te dolor ?

    Pourquoi es-tu consumé dans l’affliction, pourquoi la douleur se renouvelle-t-elle en toi ?

    Salvábo te, noli timere; Ego enim sum Dóminus Deus tuus,

    Je te sauverai, n’aie pas peur, moi, je suis le Seigneur Dieu,

    Sanctus Israël Redémptor tuus.

    Le Saint d’Israël, ton Rédempteur.

    JPSC

  • Les pièces grégoriennes du 4ème dimanche de l'Avent

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    Du site d'Una Voce :

    Quatrième dimanche de l’Avent

    « Intr. Roráte caéli » Quatrième dimanche de l'Avent
     

    Les moniales bénédictines de l’abbaye Notre-Dame d’Argentan dirigées par notre amie Denise Lebon chantaient les cinq pièces de cette messe, isolées pour les choristes. Le disque “Dominus veniet” a paru en 1998.

    Continuer sur le site d'Una Voce

  • O Oriens (21 décembre)

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    Les antiennes O de l'Avent (voir ICI)

    21 décembre

    O Oriens, splendor lucis aeternae, et sol iusticiae : veni, et illumina sedentes in tenebris et umbra mortis.

    O Orient, splendeur de la lumière éternelle et soleil de justice : Viens, Seigneur, illuminer ceux qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort

  • Christine l’Admirable : une visionnaire et ses envolées

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    De Paul Vaute sur le Passé belge :

    Une visionnaire et ses envolées

    A la mystique hesbignonne Christine l’Admirable sont attribués nombre de faits surnaturels, culminant dans son retour à la vie pour témoigner de l’au-delà. Elle figure parmi ces nombreuses femmes qui ont cherché une voie religieuse autonome, tout en recevant le soutien d’hommes d’Eglise de premier plan (1180-1220)

       Lire la vie de Christine l’Admirable, c’est se plonger, croirait-on, dans une sorte de roman fantastique, truffé de visions impressionnantes et de phénomènes paranormaux. Mais il s’agit de tout autre chose qu’une fiction, comme vient nous en convaincre l’édition de cette biographie, en latin avec traduction, accompagnée des commentaires de Sylvain Piron, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (Paris) [1].

       Selon la tradition, la sainte – dont Pie IX autorisera la vénération – est née vers 1150 à Brustem, aujourd’hui une section de Saint-Trond, dans le comté de Looz qui relève alors du diocèse de Liège. Elle sera commémorée, surtout localement, le 24 juillet, jour anniversaire de sa mort en 1224 à l’abbaye bénédictine Sainte-Catherine, à Saint-Trond également. Les témoins des prodiges qui lui sont attribués sont encore légion dans toute la région quand, en 1232, Thomas de Cantimpré, un jeune religieux, futur dominicain, entreprend de les relater. Son texte aujourd’hui publié a été établi en confrontant dix-sept manuscrits complets, un nombre qui en dit long sur le succès du récit, « l’un des plus souvent lus et recopiés jusqu’au XVe siècle » , précise le médiéviste (p. 10).

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  • O Clavis David (20 décembre)

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    Les antiennes O de l'Avent (voir ICI)

    20 décembre

    O Clavis David, et sceptrum domus Israël ; qui aperis et nemo claudit ; claudis et nemo aperit : veni et educ vinctum de domo carceris, sedentem in tenebris et umbra mortis.

    O Clé de David, ô Sceptre d’Israël, tu ouvres et nul ne fermera, tu fermes et nul n’ouvrira : Viens, Seigneur, et arrache les captifs établis dans les ténèbres et la nuit de la mort.

  • Saint Dominique de Silos (20 décembre)

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    De Marie-Christine Lafon sur le site de Famille Chrétienne :

    Saint Dominique de Silos - Père parmi ses frères

    "Señor ! Dom Domingo est ici. - Un saint vient à nous, quelle aubaine !" Ferdinand le Grand, roi de Castille et d'Aragon, s'empresse d'accueillir dans son palais celui qu'il considère comme un envoyé de Dieu. Mais ce dernier demande au monarque de se retirer dans un ermitage hors de Burgos, loin des fastes et des honneurs de la Cour. Permission accordée.

    En cette fin 1040, qu'est-ce qui amène Domingo chez le roi de Castille où, semble-t-il, sa réputation de sainteté l'a précédé ? L'exil. Parce que l'abbé bénédictin de San Millan (près de Nájera, en Navarre) osa refuser humblement une somme exorbitante au gouverneur pris par les nécessités de la guerre.

    Après quelques semaines de vie solitaire, le moine fugitif se voit offrir un abbatiat par son protecteur.

    Silos. Au coeur de la Vieille-Castille, entre Burgos et Osma, un site montagneux et austère à plus de 980 mètres d'altitude, où l'air est pur et l'hiver sévère. Le monastère Saint-Sébastien, probablement fondé au VIe siècle et ruiné par les guerres arabes, est quasi abandonné. Lorsque Domingo, la quarantaine, y arrive en janvier 1041, une poignée de moines y végètent tristement. Lorsqu'il y meurt, parmi ses nombreux fils, en décembre 1073, l'abbaye - qui portera désormais son nom - est fervente.

    Tout d'abord, l'abbé y rétablit la louange divine jour et nuit. Puis il y ouvre un atelier d'écriture - bientôt très réputé - où les moines copient de magnifiques manuscrits. En outre, le bon père fait libérer quantité d'esclaves détenus chez les Maures : il devient l'un des hommes les plus populaires d'Espagne.

    Domingo entrera dans l'Histoire de l'art en faisant ciseler à Silos le joyau le plus original dans son style : un cloître à deux étages dont les colonnes sont surmontées de merveilleux chapiteaux et accompagnées de lumineux bas-reliefs. Dans ce cloître, les pèlerins d'Emmaüs côtoient Jessé, le Déposement de Croix fait écho à la Cène, les rois de l'Ancien Testament tutoient Joseph, le Cénacle voisine avec l'arche de Noé, et l'on met sa main dans le côté du Ressuscité avec l'apôtre Thomas, etc. Un ensemble magnifiquement et évangéliquement orchestré, qui donne une joyeuse catéchèse à Ciel ouvert.

  • 19 décembre : O radix Jesse

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    Les antiennes O de l’Avent (source)

    Par Monique Brulinthéologienne, Professeur honoraire à l’ICP

    Avec les antiennes des Vêpres qui se chantent au Magnificat dans les sept jours qui précèdent Noël, du 17 au 23 décembre, la liturgie de l’Avent atteint sa plénitude. Ces antiennes, que l’Eglise romaine chantait déjà avec une grande solennité au temps de Charlemagne, commencent toutes par l’interjection O : O Sagesse, O Adonaï et Chef de la maison d’Israël, O Rameau de Jessé, O Clé de David, O Soleil de justice, O Roi des nations, O Emmanuel.

    Elles donnent lieu à une forme originale d’énoncé des noms divins inspirés des Saintes Ecritures dans l’admirable articulation du Premier et du Nouveau Testament. Vers l’an 830, Amalaire de Metz faisait remarquer à propos de ces grandes antiennes que les ô marquent l’admiration et introduisent dans l’ordre de la vision et du regard, plus que dans celui de la narration et de l’exhortation (De Ordine Antiphonarii, ch. 13). L’horizon qu’elles laissent apercevoir ouvre sur une dimension eschatologique, celle de la nouvelle venue du Seigneur. Leur Veni est porteur de toute l’espérance actuelle de l’Eglise.

    Les fidèles de l’époque baroque seront très sensibles à cette attente vibrante si proche de leur ethos. Comme l’observait un commentateur du XVIIe siècle, ce sont « des exclamations en forme de désir » auxquelles l’âme fidèle doit se disposer et qui prendront tout leur effet à partir « des actes de vertu, de foi, d’espérance, du double amour de Dieu et du prochain ».

    « Il n’y a guère de chrétien qui ne se sente touché d’une piété plus particulière dans ces saints jours, et lorsqu’il voit cette union de toute l’Eglise, les ministres de Dieu dans le chœur, les âmes religieuses dans leur solitude ; les laïcs de toute condition et de tout sexe dans les églises ; enfin tous les fidèles occupés d’un même désir, faire retentir les mêmes voix, réitérer si souvent les mêmes prières ; il éprouve en lui-même que son cœur s’attendrit et que les désirs si ardents des âmes saintes, attirent la grâce de Dieu sur les autres, qui les fait aussi désirer comme elles. Le zèle des parfaits en donne aux imparfaits et ces derniers se trouvant heureusement mêlés avec les premiers, ils se sentent échauffés par le feu des autres. » (Les ô de l’Avent selon l’usage de Paris et de Rome avec l’office de Noël, Paris, 2e édition, 1690).

    Ces antiennes inspireront bien des musiciens – notamment, Marc-Antoine Charpentier. Elles ont été l’objet, dans l’ancienne France, d’un investissement de piété populaire en des cérémonies où, dans certains villages, on pouvait faire participer les enfants.

    Comme le faisait observer Dom Guéranger, « l’instant choisi pour faire entendre cet appel à la charité du Fils de Dieu est l’heure des Vêpres, parce que c’est sur le Soir du monde (vergente mundi vespere) que le Messie et venu. » On chante ces antiennes à Magnificat pour marquer que le Sauveur que nous attendons nous vient par Marie.

    O Radix Jesse, qui stas in signum populorum, super quem continebunt reges os suum, quem gentes deprecabuntur : veni ad liberandum nos, jam noli tardare.

    O Rameau de Jessé, étendard dressé à la face des nations, les rois sont muets devant toi tandis que les peuples t’appellent : Viens, Seigneur, délivre-nous, ne tarde plus.