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Actualité - Page 1186

  • Le pape, un dévot du Padre Pio ?

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    Lu sur aleteia.org (Domenico Agasso) :

    Quels liens unissent le pape François et Padre Pio ?

    Enquête du vaticaniste italien Ignazio Ingrao sur les "mystères" d‘une dévotion murie avec le temps.

    Jamais le Pape n’avait cité saint Pio de Pietrelcina dans ses discours et ses homélies. On a beau chercher, aucun livre ni publication ne parle d’un quelconque lien entre le pontife argentin et le saint de Gargano, dans les Pouilles (Italie). Pourtant, le Saint-Père a voulu, au grand étonnement de beaucoup, que son corps soit exposé à la basilique Saint-Pierre, durant le Jubilé extraordinaire de la miséricorde. La dépouille du capucin – transportée en procession en même temps que saint Léopold Mandic ce vendredi 5 février – y restera jusqu’au 11 février prochain. (voir ICI)

    De quoi avoir envie de creuser ce « mystère ». Ce que fait l’écrivain et vaticaniste italien Ignazio Ingrao du magazine hebdomadaire Panorama, dans un livre intitulé Il segno di padre Pio. Da santo perseguitato a simbolo della Chiesa della Misericordia di papa Francesco (en français : « La marque de Padre Pio. Un saint persécuté devenu symbole de l’Église de la miséricorde du pape François »). Le vaticaniste dénoue les fils de l’énigme, remontant au tout début de la dévotion du Souverain Pontife pour Francesco Forgione, au siècle Padre Pio.

    Premier indice

    Le vaticaniste est parti d’un premier indice : la phrase prononcée par le Pape en avril 2014 en bénissant un statue de Padre Pio que lui apportèrent les frères capucins de San Giovanni Rotondo où leur confrère avait vécu toute sa vie et reçu les stigmates : « Padre Pio, nous voici maintenant plus proches, je te bénis, mais toi protège-moi… ». Ignazio Ingrao comprend que des liens spirituels se sont noués entre le pape François et Padre Pio mais rien de plus. Cette phrase lui donne envie d’en savoir plus, il fait alors appel à « un témoin d’exception », le père Marciano Mora, qui fut pendant 25 ans secrétaire général des groupes de prière de Padre Pio. Celui-ci raconte : « Quand il était archevêque de Buenos Aires, en Argentine, Jorge Mario Bergoglio ne recevait que des informations fragmentaires sur Padre Pio, des nouvelles qu’on lui rapportait.

    Mais en 2002 – il est alors cardinal – deux épisodes très importants attirent son attention : la canonisation à Rome de saint Pio, le 16 juin, et la découverte à cette occasion de l’immense diffusion de ses groupes de prières dans toute la capitale argentine ». Le battage médiatique autour de la canonisation de Padre Pio est tel que le cardinal Bergoglio, pris d’une grande curiosité, se met en quête d’informations plus approfondies sur la présence et les activités de ces groupes de prière dans la ville. À sa grande surprise, il en découvre 80.

    Les groupes de prière, la clé de l’énigme

    Le phénomène intrigue tellement le cardinal Bergoglio qu’il décide d’envoyer à Rome deux personnes de confiance – son porte-parole le père Guillermo Marcó, et une de ses amies Ana Cristina Cernusco, secrétaire personnelle de l’ancien président argentin Fernando de la Rùa – pour prendre des renseignements sur ces groupes de prière. Arrivés en Italie, les deux émissaires rencontrent Mgr Riccardo Ruotolo, le président de la Casa Sollievo della sofferenza et des groupes de prière de padre Pio ». Ils lui posent beaucoup de questions surtout sur les groupes : « Combien étaient-ils ? Comment étaient-ils organisés ? Qui les suivait ? ». Le père Morra, qui avait assisté à la rencontre, rapporte qu’ils sont sortis des discussions avec une proposition des deux Argentins à venir dans leur pays rencontrer personnellement le cardinal Bergoglio. Cette proposition, reconnaît-il, « nous avait quelque peu désarçonnés mais nous comprenions bien l’importance de l’opportunité que cela représentait pour nous, alors nous y sommes allés ».

    Marciano Mora poursuit son récit : « Nous sommes partis à deux, Mgr Giuseppe Ruotolo, le frère de Ricardo, et moi-même. À notre arrivée à l’archevêché de Buenos Aires nous étions un peu tendus. On ignorait ce que le cardinal nous demanderait. Au bout de quelques minutes, celui-ci est arrivé et nous a accueillis comme de bon vieux amis. Quelle magnifique rencontre nous avons eue ! Je fus frappée par toute cette douceur, toute cette amabilité et ce grand sens de l’amitié qui éclairaient son visage, par les paroles qui sortaient de sa bouche. Nous avons longuement parlé. La première chose qu’il voulait savoir concernait le statut juridique des groupes de prières. Nous lui avons expliqué que leur statut est approuvé par la Secrétairerie d’État dont ils dépendent directement et qui représente une garantie pour l’Église et pour les évêques diocésains.

    Puis le cardinal Bergoglio a voulu en savoir plus sur la finalité de ces groupes de prière. « Apporter paix et sérénité dans le monde », lui avons-nous répondu. En effet, ces groupes sont nés suite au fameux message radio de Pie XII, en 1942, à un moment particulièrement crucial pour l’Europe prise dans le terrible drame de la seconde guerre mondiale. Pie XII, dans le sillage des enseignements de Padre Pio, leur avait demandé de prier pour la paix.

    « Les groupes se nourrissaient de la Bible et de la Parole de Dieu, poursuit le frère capucin. Ce fait, à l’époque de Pie XII et bien avant le concile Vatican II, était tout à fait nouveau. Padre Pio a en effet toujours cherché à aider les fidèles à prier en leur apprenant à se servir des Saintes Écritures ». Un aspect qui avait beaucoup frappé le cardinal Bergoglio, se souvient bien le père Mora, et sur lequel il revient continuellement aujourd’hui qu’il est Pape en recommandant aux fidèles de lire l’Évangile et de se faire accompagner par les paroles de Jésus ».

    « Oeuvres de charité » et confession

    Les œuvres de charité sont un autre aspect que l’archevêque de Buenos Aires a voulu creuser pendant cette rencontre. Car il faut savoir que ces groupes ne sont pas seulement des groupes de prière, ils sont également très actifs, apportant solidarité et soutien matériel aux plus pauvres. La Casa Sollievo della sofferenza, l’hôpital de San Giovanni Rotondo, est un témoignage vivant de leur dévouement voulu personnellement par Padre Pio. Et puis la confession, troisième et dernier aspect et non des moindres, très apprécié par le cardinal Bergoglio : saint Pio était un vrai « apôtre du confessionnal ». Il confessait de 15 à 19 heures par jours. Le nombre de personnes voulant se confesser devant lui devint si important qu’il a fallu ouvrir un bureau pour distribuer des tickets. Certains étaient obligés d’attendre deux ou trois semaines leur tour.

    De cette rencontre à Buenos-Aires sont nés de profonds liens entre Jorge Mario Bergoglio et padre Pio, liens restés « cachés », conclut Ignazio Ingrao, « pratiquement invisibles », pendant 11 ans, avant qu’ils n’explosent dans toute leur force, quand le cardinal argentin, entretemps devenu pape, fera de ce saint un symbole du jubilé de la miséricorde.

  • Le pape rencontrera le patriarche de Moscou à Cuba le 12 février prochain

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    De Radio Vatican :

    Le Patriarche Cyrille et le Pape François se rencontreront à Cuba le 12 février

    (RV) Cuba accueillera le 12 février 2016 un évènement historique dans l’histoire du christianisme : le Pape François, qui fera escale à La Havane sur le chemin du Mexique, va y rencontrer le patriarche de Moscou, chef de l’Église orthodoxe russe.

    Voici le communiqué diffusé ce vendredi midi par le Saint-Siège et le Patriarcat de Moscou :

    «Le Saint-Siège et le Patriarcat de Moscou ont la joie d’annoncer que, par la grâce de Dieu, Sa Sainteté le Pape François et Sa Sainteté le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie, se rencontreront le 12 février 2016. Leur rencontre aura lieu à Cuba, où le Pape fera escale avant son voyage au Mexique, et où le Patriarche Cyrille sera en visite officielle. Elle comprendra un entretien personnel à l’aéroport international José Marti de La Havane, et se conclura avec la signature d’une déclaration commune.

    Cette rencontre des Primats de l’Église catholique et de l’Église orthodoxe russe, préparée depuis longtemps, sera la première dans l’histoire et marquera une étape importante dans les relations entre les deux Églises. Le Saint-Siège et le Patriarcat de Moscou souhaitent que cela soit aussi un signe d’espérance pour tous les hommes de bonne volonté. Ils invitent tous les chrétiens à prier avec ferveur pour que Dieu bénisse cette rencontre, et qu'elle porte de bons fruits.»

    Le père Federico Lombardi, directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, a précisé que l'entretien durerait environ deux heures. Le Pape François et le Patriarche Cyrille prendront brièvement la parole après la signature de la déclaration commune. Seront également présents, pour l'Église catholique, le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour l'Unité des chrétiens, et pour l'Église orthodoxe russe, le métropolite Hilarion, responsable des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, que le Pape François a déjà reçu plusieurs fois au Vatican.

    Par ailleurs, le président Raul Castro accueillera le Pape François à sa descente d'avion sur le tarmac de l'aéroport. Il s'agira donc de la deuxième visite du Pape à Cuba, après celle effectuée du 19 au 22 septembre 2015. Mais celle-ci ne durera qu'un peu plus de trois heures.

    Le départ de l'avion papal depuis Rome sera avancé à 7h45 du matin, le vendredi 12 février, au lieu de 12h30. Malgré cette escale cubaine, le voyage du Pape au Mexique garde son programme inchangé.

  • Parlement Européen : les atrocités commises par le groupe terroriste Daesh / ISIS en Syrie et en Irak sont qualifiées d’ « actes de génocide », de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre

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    Lu sur le site "la Nouvelle Gazette.fr" (Claire Bréguet) :

    Le Parlement européen vote la qualification de génocide pour les actions de Daesh en Syrie et en Irak 

    L’ensemble du Parlement européen a voté ce  jeudi une résolution dans laquelle les atrocités commises par le groupe terroriste Daesh / ISIS en Syrie et en Irak sont qualifiées d’ « actes de génocide », de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre. La résolution est le résultat du débat qui a eu lieu le 20 Janvier, dans lequel de nombreux députés ont qualifiés de génocide l’extermination des minorités religieuses, en particulier chrétiennes et Yézidis de ces pays.

    Le 27 janvier, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe avait adopté presque à l’unanimité la résolution « 2091 (2016) Combattants étrangers en Syrie et en Irak » par laquelle elle reconnaît que «les individus qui agissent au nom de l’organisation terroriste appelée Daesh  » ont commis des actes de génocide et d’autres crimes graves punissables en vertu du droit international ». L’Assemblée a également « rappelé qu’en vertu du Droit international, les états ont une obligation positive de prévenir le génocide, et devraient donc faire tout leur possible pour empêcher que ses citoyens prennent part à de tels actes. » L’eurodéputé suédois, Lars Adaktusson, qui a initié la présente résolution au Parlement européen, a déclaré: «Je suis responsable d’une résolution qui appelle les États membres de l’UE à définir des exactions contre les chrétiens et les Yézidis comme génocide et ainsi d’agir dans le cadre des Nations Unies pour développer des interventions humanitaires et militaires précises. »

    Le 15 décembre, le Parlement lituanien avait adopté une résolution sur le génocide des chrétiens et d’autres minorités religieuses au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Des initiatives similaires sont promues au Congrès américain. Des dirigeants comme Hillary Clinton ont utilisé ce terme ainsi que le pape François qui en juillet dernier déclarait qu’un « génocide est en cours et devait cesser. » Par conséquent, il est temps pour l’Union européenne et les Nations Unies d’appeler la réalité par nom et d’être conséquents avec les exigences du droit international. Le «crime de génocide» a une définition précise en droit international: il concerne les crimes « commis avec l’intention de détruire, tout ou partie, d’un groupe national, ethnique, racial ou religieux ». Il est donc bien évident que les chrétiens et les Yézidis en Irak et Syrie sont victimes de génocide.

    Le droit international impose aux États et à la communauté internationale des obligations pour prévenir le génocide, défendre les groupes qui sont objet d’un génocide et poursuivre et punir les responsables. Est également punissable la tentative, la complicité, le complot ou l’incitation à commettre le génocide. Par conséquent, toute personne ou organisation où qu’elle soit -y compris dans l’Union européenne ou aux États-Unis – et qui commet, tente de commettre, aide au génocide, ou y incite, devrait être pénalement poursuivi. La reconnaissance du génocide est la première étape essentielle pour obtenir que la communauté internationale agisse. L’utilisation du terme de génocide n’a pas seulement une signification symbolique forte; dans la pratique, la communauté internationale se montre plus disposée à agir quand un génocide est déclaré.

  • Bruxelles et Liège : dialogue entre religions à l'initiative de la communauté Sant'Egidio

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    Lu sur le site de Sant Egidio :

    Interfaith Breakfasts à Bruxelles et à Liège – Echos et photos

    Durant la première semaine de février, a lieu ”l’Interfaith Harmony Week”, une initiative lancée par le Roi Abdullah II de Jordanie et soutenue par les Nations Unies. De nombreuses initiatives sont organisées en Belgique et partout dans le monde afin de promouvoir le dialogue et la rencontre entre les religions.

    Ce lundi 1er février 2016, plus de 30 leaders religieux de Belgique et de l’Europe se sont retrouvés à l’hôtel Le Plaza, à Bruxelles, pour un Interfaith Harmony Breakfast. Pendant cette rencontre, ils ont discuté des défis actuels du terrorisme, de l’arrivée des migrants en Europe, du vivre ensemble et de l’éducation des jeunes générations. 

    A l’invitation de la Communauté de Sant’Egidio, le Grand Rabbin Albert Guigui, l’archevêque de Malines-Bruxelles Jozef De Kesel, le président du Conseil des Ouléma marocains, Tahar Toujgani et le Métropolite Athenagoras du Patriarcat œcuménique de Constantinople étaient présents aux côtés du Premier Vice-Président de la Commission européenne, Frans Timmermans, et du Ministre belge de la Justice, Koen Geens. 

    Dans son introduction, Hilde Kieboom, vice-présidente de Sant’Egidio, a rappelé l’importance de renforcer le dialogue et trouver la force positive et constructive des religions pour développer un monde plus humain. Elle a souligné trois signes du temps qui vont dans le sens du dialogue interreligieux: le futur concile pan-orthodoxe qui se tiendra en Crète en juin prochain, la déclaration de Marrakech soutenue par 250 leaders musulmans rappelant le rôle des minorités dans les pays à majorité musulmane et l’obligation de les protéger, ainsi que la considération donnée au dialogue entre les religions dans le cadre du Jubilé de la miséricorde inauguré par le Pape François.

    Le Vice-Président de la Commission, Frans Timmermans, a souligné combien ce dialogue est essentiel lorsqu’il ne se limite pas à un échange de gentillesses, mais qu’il laisse la place aux désaccords, à une confrontation d’où peuvent naître des solutions.

    Le défi de la radicalisation des jeunes et la responsabilité des religions vis-à-vis de celle-ci ont été au centre de la discussion. Le Ministre Koen Geens a souligné l’importance de l’éducation religieuse et philosophique des jeunes dans la construction d’une identité qui ne craint pas l’autre, rappelant que la radicalisation violente n’est pas propre à l’islam. Cette radicalisation, comme l’ont souligné d’autres participants, est un phénomène qui a de multiples facettes, dont font partie l’absence d’éducation religieuse, l’expérience de la discrimination et la soif d’idéaux. La participation passe principalement via internet, mais elle peut être stoppée.

    Parmi les propositions concrètes, des participants ont accentué l’importance de garder les heures de religion pour pallier à cette méconnaissance et de créer ’une police d’internet’, pour empêcher la radicalisation des jeunes via le web, à l’image de ce qui s’est fait pour contrer la pédophilie sur le net.

    Dans le combat qui se joue actuellement pour les cœurs et les raisons des jeunes, les leaders religieux sont parfois trop timorés. Ils doivent être plus attractifs, tout en travaillant à la construction d’une identité inclusive. Construire ensemble la paix, pour une Europe accueillante, pluraliste et ouverte. Car la vraie paix se trouve dans la complémentarité. 

    Un petit-déjeuner a aussi eu lieu à Liège, à l’initiative de Sant’Egidio. Des représentants religieux chrétiens, musulmans et juifs ont échangé sur l’importance de désamorcer la violence qui se trouve en chacun et d’éviter toute instrumentalisation des religions. Le Gouverneur de la Province de Liège, Hervé Jamar, est revenu sur le rôle des autorités publiques à s’engager dans le dialogue entre religions et convictions. Pour concrétiser son discours, il a invité tous les participants à se retrouver pour une rencontre au Palais provincial.

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  • L'Islam et la sexualité

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    D'Annie Laurent :

    L'Islam et la sexualité (Petite feuille verte n°36 de l'Association "Clarifier")

    Durant la nuit du 31 décembre au 1er janvier dernier, dans plusieurs villes d’Allemagne (Cologne, Hambourg, Stuttgart, Bielefeld) et dans d’autres pays d’Europe : Suisse (Zurich), Autriche, Pays-Bas, Suède et Finlande, des centaines de femmes fêtant le Nouvel An ont été victimes de violences sexuelles commises contre elles par des immigrés. Les autorités des pays concernés ont signalé que ces actes avaient été planifiés. Par ailleurs, périodiquement, les médias se font l’écho de mauvais traitements infligés aux femmes dans les sociétés musulmanes, pas seulement arabes. Les événements de la Saint-Sylvestre ont conduit l’ancienne ministre allemande de la famille, Kristina Schröder, à poser la question de savoir si « les normes de la masculinité en Islam légitiment la violence faite aux femmes ».

    Telle est l’interrogation à laquelle la présente Petite Feuille verte (n° 36) que nous vous proposons voudrait s’efforcer de répondre. 

    « La prééminence masculine est fondamentale en Islam », explique le spécialiste tunisien Abdelwahab Bouhdiba dans l’un des livres de référence sur le sujet, La sexualité en Islam (PUF, coll. Quadrige, 1986, p. 31).

    Le récit coranique de la création affirme l’inégalité constitutive entre l’homme et la femme. « Les hommes sont supérieurs aux femmes à cause des qualités par lesquelles Dieu a élevé ceux-ci au-dessus de celles-là » (4, 34). Ce verset reflète sans doute l’héritage patriarcal des sociétés arabes mais, du point de vue islamique, cela résulte d’une volonté divine, donc immuable. Il s’agit d’un choix arbitraire de Dieu en faveur de l’homme qui instaure une différence de dignité entre l’homme et la femme et une subordination certaine de la femme à l’homme. Ce qui explique le machisme si caractéristique de l’Islam, que le poète syrien Adonis (de confession alaouite) dénonce dans un livre récent : « L’islam assujettit la femme et fixe cette servitude par le Texte ». Il en a fait « un instrument pour le désir et le plaisir de l’homme ; il a utilisé la nature pour établir et asseoir davantage sa domination » (Violence et Islam, Seuil, 2015, p. 81 et 85).

    Certes, le machisme se trouve à des degrés divers dans toutes les cultures, religieuses ou non, mais, selon la perspective biblique, il s’agit d’une conséquence du péché originel, faute qui a abîmé la création initiale et mis le désordre dans la relation entre l’homme et la femme, ce dont Dieu a pris acte en disant à Eve : « Ta convoitise te poussera vers ton mari et lui dominera sur toi » (Gn 3, 16). Or, le Coran occulte cette séquence biblique ainsi que le dessein de salut de Dieu destiné à racheter l’humanité pécheresse. En restituant à l’homme et à la femme leur commune dignité d’enfants de Dieu, le baptême corrige les effets pervers des débuts de l’histoire et donne à l’homme la grâce nécessaire pour éviter la tentation machiste ou misogyne. Saint Paul enseigne : « Que chacun aime sa femme comme soi-même, et que la femme révère son mari » (Ep 5, 33).

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  • Les propos interpellants de Michel Onfray

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    Extrait de son interview au Corriere della Sera :

    "L’islam manifeste ce que Nietzsche appelle “une grande santé”: il dispose de jeunes soldats prêts à mourir pour lui. Quel occidental est prêt à mourir pour les valeurs de notre civilisation : le supermarché et la vente en ligne, le consumérisme trivial et le narcissisme égotiste, l’hédonisme trivial et la trottinette pour adultes?"

    L'ensemble de l'interview mérite d'être lu avec esprit critique et sens du discernement...

  • Avec un million de participants, le 51e Congrès eucharistique international à Cebu (Philippines) a été un succès manifeste

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    10337801454391576.jpgLu sur Eglises d'Asie (site des Missions Etrangères de Paris) :

    51e Congrès eucharistique international : un succès manifeste

    Ce dimanche 31 janvier, dans la ville de Cebu, aux Philippines, près d’un million de personnes ont assisté à la messe de clôture du 51e Congrès eucharistique international, au cours de laquelle le pape François s’est adressé à la foule dans un message vidéo.

    « Voilà un an à peine, j’ai visité les Philippines après le passage du typhon Haiyan. J’ai pu constater par moi-même la foi profonde et la résilience de son peuple », a rappelé le pape argentin par vidéo interposée. « En même temps que la protection de Santo Nino [de Cebu - NDLR], le peuple philippin a reçu l’Evangile de Jésus Christ il y a bientôt 500 ans, a-t-il poursuivi. Depuis, les Philippins ont été, pour le monde entier, un exemple de fidélité et de dévotion profonde au Seigneur et à son Eglise. C’est également un peuple de missionnaires, portant la lumière de l’Evangile dans le reste de l’Asie jusqu’aux confins de la terre. »

    Si la police locale a avancé le chiffre de 450 000 participants minimum lors de la messe finale organisée à Cebu, deuxième ville des Philippines, Radio Vatican évoque le chiffre de deux millions de fidèles massés sur la Plaza Independencia, au milieu de laquelle se dresse un obélisque en mémoire de Miguel Lopez de Legazpi, acteur majeur de l’évangélisation de l’archipel, aujourd’hui principal pays catholique d’Asie. Au total, 12 000 délégués venus de 90 pays ont pris part au congrès, qui s’est tenu du 25 au 31 janvier et qui était placé sous le thème : « Christ en nous, l’espérance de la gloire ».

    L’annonce par le pape de la tenue du prochain Congrès eucharistique international, en 2020, à Budapest a suscité l’enthousiaste des quelques Hongrois présents parmi la foule massée à Cebu. Comme pour les Philippines, c’est la seconde fois que ce pays accueillera un tel congrès (Budapest avait accueilli le 34ème Congrès eucharistique international en 1938). Organisé tous les quatre ans, ce rassemblement mondial de catholiques vise à célébrer la centralité de l’Eucharistie dans la vie de l’Eglise, attirer l’attention sur la dimension sociale de celle-ci, ainsi qu’à fortifier l’engagement missionnaire des chrétiens.

    Un an presque jour pour jour après la visite du pape François dans l’archipel, visite marquée par la plus grande messe de l’histoire, l’épiscopat philippin observe aujourd’hui une plus grande affluence dans les paroisses. « ll y a plus de monde à l’église et cela nous a également aidé à nous préparer à ce congrès », assure Mgr Honesto Ongtioco, évêque de Cubao, au nord de Manille, sur le site de la Conférence des évêques philippins (CBCP), sans pour autant fournir de chiffres détaillés. « La visite papale a renforcé à la fois notre foi et notre pratique de la religion », insiste Mgr Ongtioco.

    « S’il y a une chose à signaler à propos des Philippins, dont la population est composée de beaucoup de pauvres, c’est bien leur foi qui les maintient debout. A Tacloban, les pauvres ont attendu sous la pluie que le pape arrive pour célébrer la messe. A Manille, le pape a aussi célébré la messe sous la pluie, à Rizal Park, mais je ne me souviens pas avoir vu de Philippins fortunés bravant la pluie durant des heures, dans l’attente de célébrer la messe avec François », indique également à Eglises d’Asie, Melo Acuna, journaliste à la CBCP.

    Dans son intervention au congrès, le cardinal archevêque de Manille, Mgr Luis Antonio Tagle, a dénoncé la « culture de l’accumulation » pouvant conduire au « tout jetable ». « Qui a quelque chose à jeter ? Ceux qui ont trop accumulé, parce qu’ils se sont enrichis avec ce dont ils n’ont pas besoin », a souligné le président de Caritas Internationalis, dans un pays où un quart de la population vit sous le seuil de pauvreté, et où l’Eglise catholique se définit d’abord comme au service des plus démunis.

    Au début du congrès, d’autres avaient d’ailleurs dénoncé la mise à l’écart par les autorités locales des plus démunis sur les lieux du congrès, ainsi que des frais de participation trop élevés. « En vivant dans la modération, nous pouvons aller à l’encontre de la culture du tout jetable », a poursuivi le cardinal Tagle, à l’adresse des délégués du congrès, dont des prêtres, des évêques et des membres de diverses congrégations.

    Mgr Charles Maung Bo, cardinal de Rangoun et représentant personnel du pape au Congrès, a décerné au peuple philippin le titre de l’accueil « le plus chaleureux », rapporte l’agence Ucanews. « (...) Malgré toutes les catastrophes naturelles, l’une des principales choses qu’on n’ôtera pas aux Philippins, c’est leur foi », a-t-il déclaré. Après avoir appelé à une « troisième guerre mondiale contre la pauvreté et l’injustice », Mgr Charles Bo s’est rendu dans un quartier pauvre du village de Pasil (île de Cebu), où il s’est joint à des danses avec la jeunesse locale, avant la messe de clôture.

    « Le Christ et l’Eucharistie sont présents partout où nous allons », a témoigné pour sa part, le P. Thammarat Ruanngam, originaire de Thaïlande. Lors d’une cérémonie organisée au cours du congrès, cinq cents enfants, pour la plupart enfants des rues, ont pu faire leur première communion. De son côté, Mgr Thomas Menamparampil, administrateur apostolique du diocèse de Jowai, dans le Nord-Est de l’Inde, a salué un « sentiment d’appartenance religieuse » très fort chez les Philippins.

    D’après les organisateurs, les pèlerins taïwanais étaient parmi les plus représentés, après les Philippins.
    « Ce congrès est comme le rassemblement des premiers disciples partageant avec joie le récit de leur rencontre du Seigneur, au travers des Saintes Ecritures et également de la cérémonie du partage du pain », s’est réjouit, dans son communiqué final, le président de ce 51ème Congrès, l’archevêque de Cebu, Mgr Jose Palma. « Nous revivons désormais la belle expérience des disciples d’Emmaüs », a-t-il poursuivi, en référence à leur première rencontre avec le Christ ressuscité, symbole du renouvellement de la foi.

    (eda/md)

  • Bruxelles et Liège ont participé à l'Université de la Vie sur le thème "Panser la Société"

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    12301651_1666536956961680_6570431628359242090_n.png« Panser la société » : un événement suivi en direct par plus de 6 000 participants dans 122 villes en France et à l’étranger

    L’édition 2016 de l’Université de la vie, organisée par Alliance VITA, a rassemblé cette année plus de 6000 personnes dans 122 villes autour du thème : « Panser la société. Comment agir en faveur d’une culture de vie ? ». Elle s’est clôturée lundi 1e février 2016, par l’intervention de Tugdual Derville sur le thème « Choisir l’Homme ! » qui était également proposée en direct sur Youtube.

    Pour la troisième année consécutive, l’Université de la vie s’est déroulée simultanément par un système de visioconférence en direct. Au total, plus de 6 000 personnes se sont inscrites à cet événements dans 111 villes de France et 11 villes à l’étranger : Berlin, Bruxelles, Liège, Luxembourg, Londres, Rome, Zürich, Lausanne, Mohammedia au Maroc, New-York et au Québec. Le succès de cette formation dénote un grand désir de formation et d’engagement chez les participants, et de leur soif d’agir au service d’un changement culturel. Pour Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA, « Cette année, nous avons proposé aux participants d’effectuer un parcours personnel pour leur offrir la chance d’ajuster leur implication dans la société selon leur compétence, leur histoire personnelle et leurs désirs. Les premiers retours nous confirment la pertinence de notre projet : grâce à de multiples initiatives, un ‘tissu d’humanisation’ diversifié est en train de couvrir notre pays. Il est fondé sur une anthropologie solide. La boussole de l’humanisme intégral qui nous donne la direction à prendre s’exprime en effet en deux expressions à la fois simples et exigeantes : ‘tout l’homme et tous les hommes’, ‘toute la vie et la vie de tous’. Il s’agit finalement de travailler ensemble à ce que personne ne soit exclu de l’Humanité. »

    Le programme

    Sur le thème « Panser la société – comment agir en faveur d’une culture de vie ? », les 4 soirées ont permis d’approfondir :

    • Les ressorts personnels de l’action (identité, histoire, compétences, aspirations de chacun) ;
    • L’action humanitaire auprès des plus fragiles ;
    • L’action politique pour le droit et la justice ;
    • L’action globale pour une culture de vie.

    Ce programme a été abordé avec l’approche spécifique d’Alliance VITA nourrie d’une part, de l’expérience de ses services d’écoute des personnes confrontées aux épreuves de début ou de fin de vie, et d’autre part, de son travail de sensibilisation du public et des décideurs. François-Xavier Pérès, Tugdual Derville, Caroline Roux, Henri de Soos, Valérie Boulanger, le docteur Xavier Mirabel ainsi que Blanche Streb qui animait les soirées, ont partagé leurs analyses et les façons d’agir de l’association.

    Les temps fort de ces soirées

    Ces interventions ont été complétées par l’apport de cinq experts : les philosophes François-Xavier Bellamy, Thibaud Collin et Martin Steffens, la spécialiste en accompagnement Anne Davigo-Le Brun et le docteur en droit Grégor Puppinck. Ils ont pu éclairer plusieurs concepts indispensables à l’action, comme par exemple : épreuve, deuil, démocratie, loi naturelle, droits de l’homme, culture…

    Alliance VITA a également demandé à quatre fondateurs d’œuvres destinées aux personnes fragiles ou fragilisées de témoigner de leur parcours et de leur regard sur la société : Laurent de Cherisey (Simon de Cyrène), Etienne Villemain (Association Lazare), Christian de Cacqueray (Service catholique des funérailles) et Jean-Marc Potdevin (Réseau Entourage). La façon dont leurs innovations sociales sont nées et ont été conduites contient pour tous une valeur d’exemple et d’émulation.

    Plus de 100 experts et témoins (médecins, universitaires, professionnels) sont intervenus localement dans de nombreuses villes, à l’issue des séances nationales, chaque soirée se terminant par un temps de « décrochage en région » permettant d’animer une phase locale dans chaque ville qui le souhaitait.

    Le grand direct de la dernière soirée

    L’Université de la vie a eu un fort rayonnement sur les réseaux sociaux, portant l’évènement en tête des tendances twitter lors des 3 dernières soirées. Et devant le succès de ce cycle de formation original, la toute dernière intervention a été proposée en direct depuis le site Internet d’Alliance VITA afin de partager au plus grand nombre les enjeux bioéthiques d’aujourd’hui qui se posent à notre société. Tugdual Derville a donc conclu le cycle sur le sujet “Choisir l’homme !”, un enjeu crucial, à la fois personnel et collectif, auquel l’Humanité est aujourd’hui confrontée. Au total : plus de 1 200 internautes s’y sont connectés venant s’ajouter aux 6 000 inscrits, soit un bond de participation de 15%.

  • Le grand péché, c'est de colmater la brèche que nous sommes (Martin Steffens)

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    A lire sur lerougeetlenoir.org (Henri de Begard):

    Martin Steffens : « le XXe siècle est la terrible histoire de cette volonté de clore la création sur elle-même »

    Agrégé de philosophie, Martin Steffens est professeur de philosophie en khâgne. Auteur de plusieurs ouvrages dont« Petit traité de la joie, consentir à la vie », « La vie en bleu » et « Rien que l’amour. Repères pour le martyre qui vient », il a bien voulu répondre aux questions du Rouge & Le Noir.

    R&N : Comment sont perçues la souffrance et la maladie dans notre société moderne ?

    Martin Steffens : Je ne sais pas s’il y a une façon propre à notre temps de percevoir la souffrance et la maladie : quand on voit, dans la Bible, les figures de Job ou de Rachel, laquelle, ayant perdu ses enfants, ne voulait pas être consolée ; quand on considère d’autre part les sagesses humaines et cette volonté qui les travaille d’en avoir un jour fini avec la souffrance (voyez le stoïcisme ou l’épicurisme), on se dit que maladie et souffrance sont et seront toujours d’abord perçues par l’homme comme un scandale, comme un mal auquel il est difficile, peut-être impossible, de se faire. C’est peut-être la réponse à ce scandale qui change : quand Job crie vers Dieu son innocence, quand le psalmiste dit, dans sa prière, « Je crie, mon Dieu, alors réponds-moi », on est loin de la soumission à la nécessité des Stoïciens ou aux stratégies d’évitement de la souffrance développées par Épicure.

    Du côté juif, puis chrétien, la souffrance fait à l’homme une blessure qui le contraint de crier vers Dieu ; du côté grec, ou plus généralement païen, elle est davantage un défi qui est lancé à l’homme et qui appelle une réponse technique, une sagesse. Étant sorti du christianisme, je veux dire d’une façon chrétienne de recevoir le monde, nous revenons aujourd’hui à la réponse la plus naturelle à l’homme : celle païenne. Sauf que la réponse technique n’est pas du côté d’une sagesse, via une École philosophique, mais à travers des dispositifs technologiques. On espère, par la science, guérir l’homme de sa blessure, cette blessure que le christianisme, au risque du dolorisme, percevait comme un chemin vers Dieu. Et quiconque refuse de se laisser ainsi guérir apparaît aujourd’hui comme quelqu’un de morbide. Je pense à ces femmes qui ont le courage de s’opposer à un milieu médical parfois fermé et dogmatique, et qui choisissent de porter, jusqu’au terme de leur grossesse, l’enfant dont la fragilité a été dépistée, considérant qu’une vie, même courte, reste une vie à vivre et à partager. En général, quand leur enfant, au bout d’un, deux ou six mois, décède, on leur fait porter la responsabilité de cette mort, comme si elles avaient inventé la mort ! C’est que, accueillant un enfant qui vivra peu, non seulement elles rappellent le scandale de la finitude humaine, mais elles suggèrent que nous avons aussi contre lui autre chose qu’une réponse technique.

    R&N : Nous sommes donc passés de la volonté de soigner et d’améliorer les conditions de vie humaine à la recherche de l’élimination de toute faiblesse. Comment expliquer ce glissement ?

    Martin Steffens : Si l’on suit ce que je viens de dire, on en conclut que ce “glissement” est plutôt un retour à la normale : c’est un glissement qui nous fait rebasculer dans un ordre plus humain (et moins divin) des choses. C’est un glissement qui corrige un premier glissement. Quel premier glissement ? Celui qui a consisté, à partir de l’ère chrétienne, à lire la finitude humaine comme un bien, parce qu’elle nous destine à plus que nous-mêmes, parce qu’elle nous confie à Dieu. C’est l’idée chrétienne qu’il ne faut pas guérir de la souffrance humaine si, pour la guérir, il fallait faire taire ce cri que chacun de nous est. “Ou souffrir, ou mourir” dit Sainte Thérèse d’Avila : si ma faiblesse me confie à l’amour de Dieu et à celui de mon prochain, elle m’est un trésor. Ma faiblesse est comme ce manque inscrit en Adam afin qu’il ne demeure pas seul : une côte lui est enlevée, un creux est fait en l’homme pour que l’autre (en l’occurrence Eve) soit. Le glissement moderne dont vous parlez, et qui consiste à vouloir éliminer toute faiblesse, est donc le rejet d’un premier glissement, de ce renversement de perspective qui fait de la faiblesse de l’homme sa force, qui révèle cette faiblesse comme le lieu où Dieu peut se révéler comme le dit Saint Paul (2 Cor 12,9) : « Ma puissance se déploie dans ta faiblesse ».

    Le véritable glissement, ce n’est donc pas notre époque qui le vit, puisqu’elle revient en quelque sorte à la façon antique, humaine, naturelle, de lire la souffrance. Le grand glissement, hors d’une façon seulement « mondaine » de voir les choses, est la façon chrétienne de lire la chair comme ce sur quoi viennent s’imprimer le mal et la caresse, la blessure et la joie, de telle sorte que toutes les tentatives pour se protéger de la souffrance (et je mettrai dans un même sac les thérapies du détachement et l’armure techno-scientifique) apparaissent comme des refus de s’incarner, des refus de la vie.

    Lire la suite sur "Le Rouge et le Noir"

  • Une institution de soins peut-elle refuser l'euthanasie?

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    Récemment Mgr Joseph De Kesel, archevêque de Malines-Bruxelles, a pris position en faveur de l’objection de conscience institutionnelle vis-à-vis de l’euthanasie. Il y a peu, une maison de repos d’inspiration chrétienne de Diest a refusé de laisser pratiquer l’euthanasie dans ses murs. 

    La loi belge reconnaît l’objection de conscience personnelle, mais la question est de savoir si des hôpitaux, des homes et d’autres institutions de soins jouissent également de ce droit. Dans une interview du 6 janvier, publiée sur Gènéthique, Grégor Puppinck éclaire le débat à la lumière des droits fondamentaux. Didoc.be y fait écho ici :

     — Que pensez-vous de la polémique belge sur l’objection de conscience ?

    Le fait que la maison de repos ait refusé l’accès à un médecin venant pratiquer l’euthanasie sur l’un de ses résidents n’est en soi pas étonnant. La polémique qui a suivi est une conséquence de la libéralisation de l’euthanasie et manifeste une confrontation des « valeurs », de plus en plus fréquente dans la société. Aujourd’hui, nous vivons dans une société qui se veut tolérante et pluraliste, et qui, de ce fait, instaure un double niveau de moralité.

    L’esprit démocrate contemporain incite à accepter une extension du champ de la liberté individuelle contre la morale dite traditionnelle, ce qui conduit à une grande tolérance au niveau collectif. En effet, les individus tolèrent la légalisation de l’euthanasie, de l’avortement ou du « mariage homosexuel », car ils estiment ne pas être individuellement légitimes pour s’opposer à ce qui est présenté comme la liberté d’autrui. Mais cela ne veut pas dire pour autant que ces individus adhèrent à ces pratiques. C’est d’ailleurs souvent en invoquant la tolérance et le respect de la diversité que ces pratiques sont légalisées. On assiste donc à un double niveau de moralité : un niveau collectif qui se veut tolérant, pluraliste et finalement assez neutre, et un niveau individuel, où chaque personne individuellement conserve ses convictions.

    Ce double niveau de moralité suscite des conflits. C’est le cas dans cette polémique, où une personne invoque la loi collective contre les convictions de la maison de repos religieuse. Ce faisant, cette personne va à l’encontre de l’esprit du pluralisme, en prétendant obliger une institution catholique à collaborer à une euthanasie.

    — Les établissements de santé ont-ils le droit de faire objection de conscience ?

    Au sens strict, le droit à « l’objection de conscience » n’est garanti qu’aux personnes qui ont une conscience morale. Les institutions n’ont pas cette conscience ontologique. Cela étant, les institutions fondées sur des convictions morales ou religieuses ont le droit de fonctionner conformément à leurs convictions.

    Ainsi, en l’espèce ce n’est pas vraiment le droit à l’objection de conscience qui est en cause, mais la combinaison de deux droits fondamentaux : le droit d’association, et le droit à la liberté de religion.

    Ils garantissent aux entreprises ou aux associations le droit de fonctionner conformément à leurs convictions. Ce droit garantit en particulier « l’autonomie des institutions et des communautés religieuses ». Ce droit est reconnu au niveau international et européen. A de nombreuses reprises, la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) a reconnu ce droit, notamment celui des hôpitaux catholiques de s’opposer à l’avortement. C’est applicable à l’euthanasie. D’ailleurs, l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe a elle aussi affirmé ce droit dans sa résolution relative au « Droit à l’objection de conscience dans le cadre des soins médicaux légaux ». Cette résolution pose, en son paragraphe premier que : « Nul hôpital, établissement ou personne ne peut faire l’objet de pressions, être tenu responsable ou subir des discriminations d’aucune sorte pour son refus de réaliser, d’accueillir ou d’assister un avortement, une fausse couche provoquée ou une euthanasie (…) quelles qu’en soient les raisons » (APCE, Résolution 1763 [2010] du 7 octobre 2010 sur « Le droit à l’objection de conscience dans le cadre des soins médicaux légaux »).

    — Un des arguments invoqués contre l’objection de conscience des établissements repose sur le fait qu’ils sont financés par la collectivité. Qu’en est-il ?

    Un établissement privé n’est pas obligé de faire tout ce que la loi permet au seul motif qu’il est subventionné. Plus encore, l’accord qui lie l’Etat et l’établissement de santé ne peut le priver totalement de la jouissance de ses droits fondamentaux. Il est clair que cet établissement n’a jamais renoncé à la jouissance de la liberté religieuse, et je n’imagine pas que le gouvernement belge ait eu l’intention de violer cette liberté.

    L’objection de conscience n’est pas liée à une question de financement. Le fait d’être subventionné ne change rien au jugement moral que l’on peut porter sur l’euthanasie. Dans certains pays, une large proportion des médecins est payée par l’Etat ; ils conservent néanmoins leur droit à l’objection de conscience.

    — Comment résoudre les conflits issus du double niveau de moralité ?

    Il faut adopter une démarche de conciliation et non pas d’opposition des droits. C’est l’approche de la Cour européenne : il revient à l’Etat de garantir à la fois le droit fondamental à l’objection de conscience (et par analogie le respect du principe d’autonomie), et en même temps, le droit de recourir à des pratiques légalisées, en l’occurrence l’euthanasie. La CEDH l’a affirmé au sujet de l’avortement. C’est au gouvernement d’organiser le système médical ou social de façon à respecter à la fois l’un et l’autre droits. Mais en aucun cas, le « droit d’avorter » reconnu dans un pays ne peut restreindre le droit fondamental à l’objection de conscience garanti par les droits de l’homme. C’est la même chose pour l’euthanasie : la liberté de religion et de conscience est un droit de l’homme, elle prime donc le « droit d’être euthanasié » qui n’est qu’une valeur légale interne à la Belgique.

    En l’occurrence, le résident de cette maison de retraite a choisi la confrontation afin de contraindre cette institution religieuse à se plier à ses propres convictions pour faire prévaloir son droit sur celui de cette institution : c’est tout sauf tolérant et pluraliste. C’est d’autant plus choquant qu’il devrait savoir, en demandant à être admis dans une institution catholique, que celle-ci s’opposerait à accueillir une euthanasie. Cette attitude n’est pas correcte.

    A l’inverse, c’est bien une approche de conciliation qu’il faut choisir. La conciliation, en l’espèce, ce serait, pour cette personne, de choisir un autre endroit pour se faire euthanasier, comme cela lui a été proposé.

    Choisir la confrontation revient à vouloir faire dominer le droit de la majorité sur celui de la minorité. Or dans une société démocratique, ce n’est pas toujours le droit de la majorité qui prime — sinon il s’agit d’une dictature de la majorité — mais la recherche de l’égalité des personnes dans leur faculté d’exercer de façon effective leurs droits fondamentaux.

    Grégor Puppinck est, depuis 2009, Directeur du Centre Européen pour le Droit et la Justice (ECLJ-Strasbourg). Il est expert au Conseil de l'Europe. Cette interview a été publiée le 6-1-16 sous le titre « Objection de conscience des établissements de santé : entre morale collective et morale personnelle ».

    Source :http://genethique.org/fr/objection-de-conscience-des-etablissements-de-sante-entre-morale-collective-et-morale-personnelle.

    JPSC

  • F.-X. Bellamy : « Vivons-nous la fin de notre civilisation ? ».

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    François-Xavier Bellamy est professeur de philosophie et maire adjoint de Versailles. Il est l’auteur d’un essai intitulé Les Déshérités ou l’urgence de transmettre (aux éditions Plon) sur la crise de la culture occidentale.

    À l’occasion de cette conférence  donnée à Moscou, François-Xavier Bellamy a développé le thème de la crise de la culture vue comme une crise de la transmission. La « fin de notre civilisation » : c’est le diagnostic que le philosophe pose sur la crise de confiance des sociétés occidentales

     

    Ref. Vivons-nous la fin de notre civilisation ?

    JPSC

  • Les circonstances perturbantes de l'euthanasie d'une femme de 38 ans : amateurisme et désinvolture

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    Le sur le site du Vif :

    Un témoignage glaçant pousse le CD&V à demander une révision de la loi sur l'euthanasie

    Le partenaire chrétien-démocrate (CD&V) de la majorité fédérale souhaite une révision de la loi sur l'euthanasie. La législation actuelle ne prévoit pas de barrières suffisantes pour des "cas extrêmes", a réagi le sénateur Steven Vanackere, chef de groupe CD&V, suite à un reportage diffusé dans l'émission flamande Terzake (VRT) à propos de l'amateurisme de l'euthanasie, selon les dires de ses proches.

    L'euthanasie de Tine Nys, 38 ans, a été approuvée il y a cinq ans sur base de souffrances psychiques, liées à une séparation. Selon ses soeurs, Tine a pris conseil auprès de trois médecins qui n'ont pas échangé d'informations entre eux. Tine ne bénéficiait plus d'un suivi psychiatrique depuis 15 ans. Les soeurs dénoncent l'amateurisme de l'euthanasie qui a été pratiquée.

    Selon elles, Tine ne souffrait pas d'une maladie psychique incurable. Deux mois avant son décès, les médecins avaient posé un diagnostic d'autisme. Les soeurs estiment que les médecins sont passés trop rapidement à l'euthanasie et déplorent qu'ils n'aient pas proposé d'autres traitements.

    Interrogées par la VRT, elles qualifient le médecin qui a pratiqué l'euthanasie de "nonchalant". Ce dernier aurait en effet comparé l'euthanasie de Tine à une "injection létale administrée à un animal domestique favori pour mettre fin à ses souffrances".

    Le médecin aurait également négligé d'apporter le matériel nécessaire et à moment donné la perfusion serait même tombée sur le visage de la mourante. "Tremblant, mon père a dû tenir la seringue, parce que le médecin n'avait pas pensé prendre des pansements" explique une des soeurs de Tine. Et comble de la perversion, estiment les soeurs, après le décès, le médecin a demandé aux parents d'écouter le coeur de leur fille à l'aide de stéthoscope, afin de les assurer qu'elle était bien morte".

    Il est absolument nécessaire d'évaluer la loi

    Aussi pour le CD&V, qui n'a pas soutenu la législation, une évaluation de la loi est-elle "absolument" nécessaire. "Il y a beaucoup de manquements dans la loi, ce qui signifie que ceux qui font preuve de négligence connaissent la protection de cette loi", a clarifié M. Vanackere sur Radio 1. La loi prescrit que trois médecins doivent être consultés, mais ne reconnaît pas, selon lui, la nécessité d'un suivi à plus long terme. Le libéral Jean-Jacques De Gucht (Open Vld), partisan de la loi, se dit prêt à ouvrir le débat. "Mais les barrières que nous avons prévues existent", avance-t-il. "Trois médecins professionnels doivent, en leur âme et conscience, poser le diagnostic que le patient n'est plus en mesure d'être traité et c'est toujours le patient lui-même qui décide."

    Le sp.a estime pour sa part que la législation laisse aussi place "à trop d'incertitudes", et souhaite les diminuer autant que possible. Mais "le droit à l'euthanasie pour des souffrances psychiques doit demeurer", souligne la députée Karin Jiroflée. La socialiste pense se tourner vers la commission d'évaluation qui peut enquêter sur des problèmes et transmettre les dossiers problématiques au Parquet.

    M. Vanackere s'interroge pour sa part sur la commission d'évaluation. "Je pense que nous avons établi une commission qui est trop juge et partie et n'est pas suffisamment indépendante", estime le chrétien-démocrate dans une antienne chère à son parti. Il insiste sur le fait que la commission d'évaluation doit se pencher sur le suivi des procédures pour une décision, et pas sur l'octroi concret de l'euthanasie.