Lu sur "euthanasie stop", par Léo C. Jadot, médecin psychiâtre :
Moi, médecin, ce que je pense de l'euthanasie...
Par quel que bout que l'on prenne le problème, l'euthanasie est et reste un homicide volontaire avec préméditation, commis sur personne en situation de faiblesse.
Ce n'est jamais le rôle d'un médecin de donner la mort, même (et surtout) s'il en a évidemment la capacité technique. Tuer n'est pas bien compliqué et n'importe quel citoyen un peu entraîné le ferait très bien. Soigner n'est pas tuer, tuer n'est pas soigner.
Dans ma longue carrière j'ai accompagné un certain nombre de dépressifs dont certains voulaient se suicider. Deux ont effectivement réussi à mettre fin leurs jours. Je le vis comme un échec, comme une insuffisance de ma part. Tous les autres ont pu retrouver une confiance suffisante en eux-même et dans la vie pour reconstruire leur vie autrement. Il m'apparaît comme une trahison que d'encourager et plus encore d'aider quelqu'un à se suicider. (Suicide assisté)
Au-delà des choix éthiques et philosophiques de chaque médecin, se pose effectivement la question de la collaboration, volontaire ou obligatoire, à une mise à mort.
Si l'on refuse de considérer le désir de mort comme autre chose qu'une pathologie mentale grave, n'est-ce pas enfermer un patient dans sa désespérance que de lui laisser croire que ce serait la solution?
Et référer un dépressif à un « confrère » dont on sait pertinemment bien qu'il passera à l'acte mortel, n'est pas encore être complice du meurtre, envoyer quelqu'un délibérément dans un mortel traquenard ?
La seule solution honnête et déontologiquement correcte n'est-elle pas de dire « je ne le ferai pas, je ne puis vous empêcher de le faire, mais vous feriez la plus grosse bêtise de votre vie. Je puis adoucir vos souffrances et vous soutenir dans ces moments difficiles que vous vivez » ?
Et si un tribunal s'égare à ordonner des choses criminelles quand bien même conformes à un quelconque texte de loi, la seule attitude possible moralement n'est-elle pas de refuser encore l'injonction insensée ?
Et de même, une institution n'a-t-elle pas aussi parfois un devoir de désobéissance ?
L’Afrique a-t-elle sauvé le Synode sur la Famille d’une dangereuse dérive pastorale et doctrinale ? Après tant de défaitisme, les paroles élogieuses et optimistes du cardinal Wilfrid Fox Napier, archevêque de Durban, relatées ci-dessous, arrivent comme une bouffée d’air frais, alors que la session de l’assemblée synodale vient d’entrer dans sa dernière ligne droite. Les travaux en carrefours sont terminés. La présentation du rapport final et son vote sont programmés pour le samedi 24 octobre.
Lu sur le site de l’hebdomadaire « Famille chrétienne » :
« Le discours du Saint Père pour le 50ème anniversaire de l’institution du Synode des Evêques, quoique non officiellement traduit dans les autres langues, a déjà fait l’objet de nombreux commentaires, surtout dans un climat de vives discussions synodales où la question de l’autonomie des conférences épiscopales revient souvent. Pour les tenants de cette ligne, le Pape vient les conforter dans leur position. Pour ceux qui craignent un émiettement ecclésial, c’est la perplexité. Le Pape serait-il en train de donner les conclusions du Synode avant la fin des travaux ? Cette forme d’interrogation ne serait pas la première, puisqu’elle a déjà été faite au sujet des Motu proprio sur la nullité en mariage, qui ont été promulgués avant la tenue de la deuxième partie synodale sur la famille. Pourquoi le Pape n’a-t-il pas attendu la fin du processus synodal pour rendre publique ces dispositions ? Est-ce le commencement de l’année de la miséricorde qui demandait cette célérité ? Il y a enfin ceux qui se disent qu’il y a dans ce discours du Pape une voie pour un nouveau départ dans la communion véritable. Devant les cris de victoire des uns, les interrogations des autres, et les lueurs d’espoir d’autres encore, les simples fidèles du Christ, vivant dans un coin perdu de l’Afrique, se demandent bien ce qui se passe. Ils veulent mieux comprendre les enjeux actuels de l’Eglise en synode.
« Ils se sont préparés pour ce Synode dans le but de remplir une mission. Celle d’empêcher leur Église de se renier, selon eux, sur la famille. La cinquantaine d’évêques africains présents à l’assemblée y participe avec leur propre document, 89 pages de commentaire sur l’Instrumentum laboris, le texte sur lequel travaillent les pères synodaux.