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Actualité - Page 1262

  • Comment discréditer et délégitimer l'Eglise

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    Sur la Nuova Bussola Quotidiana, Robi Ronza met le doigt sur les mobiles qui sous-tendent la campagne actuelle de dénigrement de l'Eglise :

    Corbeaux au Vatican, vautours et hyènes dans les journaux depuis Libero jusqu’à La Répubblica : une Eglise des criminels

    A la une :

    Libero : Le Vatican a aussi volé l'argent des messes

    La Repubblica : les comptes secrets du Vatican. Des dépenses fantômes pour des millions

    Il Corriere della Sera : le Vatican, les autres documents volés

    Il Giornale : Voici les documents du pape. Richesse, gaspillages et jeux de pouvoir

    Il Fatto Quotidiano : Casting vatican : acteurs et voyages en or, tailleurs et tv porno

    La Stampa : Vatileaks, gaspillages et privilèges. Le pape: « des serpents venimeux »

    Il Messaggero : Des corbeaux au Vatican, de nouveaux suspects

    Il Tempo : Voici les gaspillages du Vatican...

    Deux livres dénonçant des cas réels ou présumés de détournement et d’escamotage de fonds du Saint-Siège, de mauvais usage de son patrimoine, écrite l’une par un journaliste qui travaille pour le plus grand groupe d'édition italien d'orientation radicale-progressiste (l'Espresso-Repubblica) et l'autre par un collègue qui travaille pour le groupe d'édition italien qui appartient à la famille Berlusconi , sont présentés au public le même jour. Des traductions de ces deux livres ont déjà fait l’objet de contrats et sont programmées dans plus de quinze langues. L'édition en Français de l'un des deux sera présentée le 11 novembre prochain, quelques jours après la sortie de l'édition italienne.

    Dans un pays comme le nôtre, où même les actes de procédure secrète atterrissent au grand galop sur les premières pages des quotidiens, on ne sait rien du contenu des livres malgré toutes les copies du texte inédit qui doivent pourtant circuler lors des tractations pour la vente de leurs droits de traduction et pour les traductions elles mêmes. Pour ne rien dire de leur impression et de la distribution de copies imprimées aux distributeurs des livres et aux librairies de toute l'Italie. Dans une lettre au directeur d'Avvenire que le journal a publiée hier, don Maurizio Patriciello a révélé que Gianluigi Nuzzi, le journaliste animateur de l’émission Quarto Grado sur la Rete4, auteur de l'un des deux livres, avait cherché à le convaincre de participer à sa présentation, mais sans pourtant lui donner un exemplaire à lire à l'avance mais en se limitant simplement à le lui raconter de vive voix.

    Après, quand tout est prêt, l’affaire éclate suite à l'arrestation au Vatican du prélat et de la consultante considérés comme responsables d’avoir livré aux journaux des documents confidentiels et des enregistrements illégaux dont les deux journalistes se sont servis pour écrire leurs livres. Passe alors le temps nécessaire pour que la nouvelle fasse son effet et, ensuite, à l'avant-veille de leur présentation en Italie, certaines pages vont commencer à circuler en avant-première et les interviews télévisées des deux auteurs, le susmentionné Nuzzi et Emiliano Fittipaldi, journaliste à L'Espresso, vont se multiplier.

    Etant donné que l’entièreté du contenu n’est pas encore disponible, et déjà rien que pour cela, il n’est pas sérieux d’en parler. Tout au plus les deux titres et les sous-titres qui sont connus méritent-ils quelques commentaires. « Via Crucis / des dossiers et des documents inédits ; la lutte difficile de François pour changer l'Eglise » sont le titre et les sous-titres du livre de Nuzzi, édité par Chiarelettere, tandis que sur la couverture de celui de Fittipaldi, publié par Feltrinelli, on peut lire : « Avarice/les documents qui révèlent la richesse, les scandales et les secrets de l'Eglise ». Intéressant : le contenu est équivalent, mais les deux titres sont taillés sur mesure pour ceux qui aiment que l'Eglise soit là et pour ceux qui seraient tout simplement désireux qu’elle disparaisse de la surface de la terre. (...) 

    Et autant qu’on puisse le voir dans le cas évoqué ci-dessus, on ne peut que dire que nous sommes confrontés à une vaste opération visant à discréditer l'Eglise, et plus particulièrement le Saint-Siège, à partir d’indéniables zones d’ombre de la Curie romaine. Cependant, le doigt n’est pas pointé sur ces zones d’ombre pour y porter remède, parce qu'elles constituent un mal en soi, mais aussi parce qu’elles couvrent de boue une réalité autrement riche de grande sainteté et de grand dévouement ; en somme pour l’amour ou tout au moins pour l’estime que l’on a pour l’Eglise. Mais il n’en est rien ; il s’agit d’utiliser ces zones d’ombre pour en faire un levier pour discréditer et délégitimer l’Eglise.

    Que le diable assaille le cœur de l'Eglise est tout à fait prévisible ; qu'une structure d’aussi grande valeur symbolique puisse attirer des ambitieux et des profiteurs est tout à fait évident. Ce qui surprend en revanche est l'apparente insuffisance des mécanismes de sélection et de vigilance à l’égard de ceux qui y travaillent : il y a évidemment beaucoup à faire, en choisissant des gens solides tant moralement que professionnellement. Parfois il y a des paroisses et des congrégations qui se mettent dans les ennuis parce que, comme administrateurs, elles ne choisissent pas des professionnels appropriés, mais peut-être des prêtres considérés capables d’exercer ce métier parce qu’ils avaient étudié la comptabilité avant d'entrer au séminaire ; ou elles ne choisissent pas pour assurer des fonctions techniques des ingénieurs mais des prêtres jugés adaptés à ces rôles parce qu’ils seraient enfants ou frères d'ingénieurs. Il semble que même à l'échelle planétaire du Saint-Siège, trop souvent il arrive plus ou moins la même chose. Il est temps à présent de changer.

  • Mgr De Kesel succédera(it) à Mgr Léonard : annonce, démenti et confusion

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    1847721839.jpgDe la Libre.be (Christian Laporte) :

    Mgr. Jozef De Kesel sera le prochain archevêque de Malines-Bruxelles. La Libre Belgique l'a appris de bonne source jeudi après-midi : le Vatican a tranché dans le dossier de désignation du successeur de Mgr. André-Joseph Léonard. Contrairement à ce que l'on a longtemps cru, ce ne seront pas en définitive ni Mgr. Johan Bonny, l'évêque d'Anvers, ni l'abbé d'Orval, Lode Van Hecke mais bien l'actuel évêque de Bruges, Mgr. Jozef De Kesel. La nouvelle sera annoncée officiellement ce vendredi à 11h30 à la fois à Rome et à Bruxelles.

    Mais... le porte-parole de la Conférence épiscopale ne confirme pas l'information, comme l'indique lesoir.be:

    "Tommy Scholtès, le porte-parole de la conférence épiscopale belge refuse cependant de confirmer l’information de nos confrères. Contacté par Le Soir à l’instant, il déclare : «  Non, je ne confirme pas l’information.  » L’information de La Libre serait-elle fausse ? «  Il n’y a pas d’information. D’ailleurs, aucune conférence de presse n’est prévue demain.  » Nos confrères affirment pourtant que la nouvelle sera annoncée officiellement ce vendredi, à 11h30, simultanément à Rome et à Bruxelles. Or, l’annonce officielle se fait toujours par une conférence de presse à Bruxelles. Tommy Scholtès va plus loin : «  Le Pape n’a pas encore pris sa décision, affirme-t-il.Je ne pense pas que Christian Laporte (le journaliste qui a révélé l’information. NDLR) soit le premier sur la liste des personnes à être informées, avant qu’on ne le soit…  » Vraisemblablement énervé, le porte-parole a coupé court à notre conversation : «  Je pense qu’on va en rester là  »."

    Cependant, sur le site des Médias Catholiques, Jean-Jacques Durré confirme la tenue d'une conférence de presse demain :

    Le nom du nouvel archevêque de Malines-Bruxelles sera officiellement connu demain.

    Selon plusieurs sources, que la presse a relayées, le successeur de Mgr André-Joseph Léonard à la tête de l’archevêché de Malines-Bruxelles est connu.

    Depuis nombreuses semaines, plusieurs noms circulaient concernant le nom du successeur de Mgr Léonard à la tête de l’archevêché. Le journal italien La Stampa a avancé cet après-midi que le nouvel archevêque serait Mgr Johan Bonny, évêque d’Anvers. Le nom de Mgr Joseph De Kesel, actuel évêque de Bruges, est cité et de façon officielle, rien n’est confirmé. Mais, une conférence de presse est convoquée demain à 11h30, à la Conférence épiscopale, rue Guimard, pour annoncer de manière officielle la désignation du nouvel archevêque de Malines-Bruxelles, annonce qui se fera simultanément à Rome, par les services de presse du Vatican.

    Mais Christian Laporte persiste et signe...

     
    Qui a dit que tout cela faisait un peu (!) désordre ?
  • René Girard est mort

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    Sur Metablog, l'abbé Guillaume de Tanoüarn rend hommage à René Girard :

    J'attendais cette triste nouvelle depuis quelques mois déjà : René Girard est mort le 4 novembre à Stanford en Californie, à l'âge de 91 ans, et il faut bien dire que la nouvelle a tardé à venir en France. Elle est capitale, pourtant, cette nouvelle à deux titres :

    René Girard a offert la dernière pensée globale du monde humain, qui ne soit pas seulement une déconstruction, qui ne se contente pas non plus de régner sur quelques détails de la condition de l'animal humain, mais qui soit véritablement une anthropologie. Il y avait eu Marx ; il y avait eu Freud ; il y avait eu Levi Strauss... Qui d'autre ? Michel Foucault ? Il faudra demander à François Bousquet ce qu'il en pense... Y a-t-il une vision de l'homme chez Foucault ? Oui, dit Paul Veyne, lorsque, à la fin de sa vie, dans ses Cours au Collège de France, il se rapproche du christianisme (cf. par ex. Subjectivité et vérité). Qui d'autre ? René Girard, lecteur aigu de ses prédécesseurs, auxquels il a opposé sa vision de l'homme et du désir.

    René Girard a montré que le christianisme représentait le salut historique de l'humanité, en tant qu'il venait mettre fin aux constructions sociales archaïques, issues d'un désir obstinément mimétique et qui engendrait la montée aux extrêmes et la sanctification de la violence. Le christianisme représente une inversion de ces "valeurs" issues de démonstrations violentes. "Heureux les artisans de paix car ils seront appelés fils de Dieu". Le Christ prêche cette paix n'est pas issue de la stabilité d'un rapport de force, mais d'une intention humaine. Dans le Christ et dans le nouveau système de valeurs qu'il offre à l'humanité, il devient possible de rechercher la paix pour elle-même.

    Je me souviendrai toute ma vie de ce jour où mon ami François et moi, nous nous sommes annoncés chez lui dans le VIIème. Il avait la gentillesse de nous recevoir alors qu'il était au milieu de sa famille. Il nous parlait. O temps suspends ton vol. Le monde familier qui l'entourait n'existait plus pour lui. Cette longue conversation qui n'était pas la première, m'a beaucoup fait réfléchir sur le mal. François, passionné de Thomas d'Aquin, trouvait Girard pessimiste. Quant à moi, j'ai décidé ce jour-là de remonter, avec Girard, de saint Thomas à saint Augustin.

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  • Synode discordant. Vers un "schisme de fait" dans l’Église?

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    Le théologien dominicain Thomas Michelet met à nu les ambiguïtés du texte du rapport conclusif du synode d'octobre 2015: un synode qui n’a pas fait l’unité mais a couvert les divisions, le conflit entre "herméneutique de la continuité" et "herméneutique de la rupture" , et le dilemme du pape François (à supposer que celui-ci se pose la question en ces termes).  C’est, sur le site « Chiesa » de Sandro Magister, une analyse à lire ci-dessous. Les italiques et les grasses ajoutées au fil de la lecture du texte, sont de notre fait.

    La conclusion du Père Michelet est claire : si un document magistériel sans équivoque se situant dans la ligne de la tradition n’est pas publié, les différentes pratiques pastorales qui existent déjà continueront à se développer. J'ouvre ici les guillemets :« les unes étant pleinement conformes à l’orthodoxie, les autres ne l’étant pas, ce qui aura comme conséquence inéluctable un schisme de fait ».  JPSC.

    Que dit vraiment le synode sur les divorcés remariés ?

    par Thomas Michelet O.P.

    Il n’aura échappé à personne que la question des "divorcés remariés"  (que l’on devrait plutôt appeler "séparés-réengagés") aura été la plus âprement discutée tout au long de ce synode sur la famille, tant parmi les pères synodaux que chez les fidèles, et jusque dans le grand public – faisant même régulièrement la "une" des journaux, ce qui ne s’était pas vu depuis longtemps. Peu de questions auront finalement suscité autant d’intérêt que celle-là. 

    La complexité du débat se traduit dans les documents officiels, les points directement concernés étant ceux qui ont recueilli à chaque fois le moins de votes positifs, malgré des rédactions successives en vue d’obtenir un large consensus. Mais cela se retrouve également dans les conclusions les plus contradictoires des médias, qui crient selon les cas à la victoire de l’un ou l’autre camp, que ce soit d’ailleurs pour s’en réjouir ou pour le déplorer : les uns retenant l’accès au cas par cas des divorcés remariés à la communion comme inaugurant la révolution tranquille d’une Église nouvelle ; les autres, au contraire, son absence criante dans le rapport final et donc le maintien ferme du "statu quo ante". 

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  • Rapport du synode sur la famille : l’assemblée des évêques de France réagit « en sens divers »

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    Lu sur le "Forum catholique":

    Le sujet des divorcés remariés, débattu durant les 2 années de synode, se retrouve au sein de l’assemblée des évêques de France, réunie jusqu’à dimanche. Ce sujet a fait l’objet d’échanges d’abord informatifs et assez consensuels, puis au ton plus aigre-doux mercredi à Lourdes.

    Les évêques attendaient d’être éclairés sur le rapport final du synode, dont la version en français n’a été publiée que mardi. Mais ce texte consensuel respire l’ambiguïté, ouvrant la voie à leur « plus pleine participation à la vie de l’Église ».

    Le président de la Conférence des évêques de France, Mgr Georges Pontier, a relevé « des questions à creuser, qui ont été animées entre nous »:

    « Comment parler d’état de péché pour un couple certes remarié, mais qui vit pendant trente ans ensemble ? Peut-on parler d’adultère ? »

    « Est-ce qu’on peut figer la vie de quelqu’un sans l’accès aux sacrements ? Que signifie le fait de désacraliser notre vie chrétienne ? »

    L’évêque d’Ajaccio, Mgr Olivier de Germay, s’est montré perplexe devant l’article le plus discuté (n°85) du document final, qui n’a obtenu que d’une voix la majorité requise des deux tiers, sur le « discernement » pour accompagner les divorcés remariés.

    « On risque de tomber dans le subjectivisme et dans des situations d’injustice ».

    L’évêque de Pontoise, Mgr Stanislas Lalanne, a enchaîné :

    « L’intervention de mon prédécesseur mériterait débat entre nous ».

    Le jeune archevêque de Fort-de-France, Mgr David Macaire, a rétorqué :

    « Houston, we have a problem » (référence au message transmis par les astronautes d’Apollo XIII après une explosion). « On va entrer dans une ère de test pastoral ».

    L’évêque de Gap, Mgr Jean-Michel Di Falco-Léandri, a commenté :

    « Les clivages qu’il y a eu devant le synode, on les trouve dans notre assemblée ». « Cela fait parfois mal d’entendre certaines interventions, on se dit: +dans quel monde vivent-ils+ ? Ils sont pourtant confrontés à la diversité des situations et aux souffrances des personnes ».

    Ref. Divorcés-remariés : une ère de test pastoral

    JPSC

  • Mise au point du Vatican concernant la reprise du débat médiatique sur les problèmes économiques du Saint-Siège

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    Mise au point du P.Lombardi

    Cité du Vatican, 4 novembre 2015 (VIS). Voici des réflexions proposées par le Directeur de la Salle de Presse à propos de la reprise du débat médiatique sur les problèmes économiques du Saint-Père:

    "La publication imminente de deux livres ayant pour sujet les institutions et les activités économico-financières du Saint-Siège attise la curiosité et provoque une multiplication de commentaires. Quelques observations sont nécessaires. D'abord, une bonne partie de ce qui est publié résulte d'une fuite d'informations et de documents confidentiels. Il s'agit donc d'une démarche illégale qui doit être punie avec détermination par les autorités judiciaires vaticanes. Mais ce n'est pas ce dont nous voulons parler aujourd'hui, d'autant que l'argument est déjà l'objet d'une excessive attention. Réfléchissons plutôt au contenu des fuites. On peut déjà dire que pour la plupart d'entre elles, il s'agit d'informations déjà connues, certes avec bien moins d'ampleur et de détails. La documentation exposée est principalement liée à une collecte de données mise en mouvement par le Saint- Père lui-même, en vue de lancer une réflexion sur l'amélioration ou la réforme des structures administratives de l'Etat du Vatican et du Saint-Siège. A cet effet, la Commission d'études et de propositions relatives aux structures économico-administratives avait été instituée par le Pape en juillet 2013. Son mandat rempli, la COSEA a été dissoute en février suivant. On ne peut parler d'informations obtenues contre la volonté du Pape ou des chefs des différents organismes et institutions, mais d'informations obtenues ou fournies avec la collaboration de ces institutions, afin de contribuer aux réflexions communes sur les réformes à projeter. Bien sûr, beaucoup d'informations de cette nature doivent être étudiées, perçues et interprétées avec prudence, équilibre et attention. D'autant que des lectures différentes sont souvent possibles à partir des mêmes données. Par exemple, la situation du Fonds des retraites, sur lequel ont été exprimées des évaluations très différentes, certains évoquant avec inquiétude un profond déficit, tandis que d'autres fournissaient une lecture rassurante (communiqués officiels publiés par la Salle de Presse du Saint-Siège).

    Il y a aussi le débat relatif aux objectifs et à l'utilisation des biens du Saint-Siège. Bien qu'effectivement considérables, ils sont destinés à soutenir les services gérés par le Saint-Siège ou les institutions qui lui sont liées, à Rome comme de part le monde. La propriété de ces biens est très variée, et tout le monde dispose les outils permettant de connaître leur histoire et leur évolution. Il est par exemple utile se s'informer sur les accords économiques passés entre l'Italie et le Saint-Siège dans le cadre des Accords du Latran, mais aussi sur les efforts déployés par Pie XI avec le concours d'experts et collaborateurs remarquables, afin de disposer d'une administration efficace, au point que la gestion du Vatican fut reconnue comme un exemple de sagesse et de clairvoyante, y compris sous l'aspect des investissements à l'étranger. En ce qui concerne le Denier de saint Pierre, il est nécessaire de savoir qu'il est employé de manières variables, en fonction des situations et des priorités du Saint-Père, à qui les fidèles l'ont offert pour soutenir son ministère. Les ?uvres de charité du Pape en faveur des pauvres sont certainement l'objectif essentiel. Mais les fidèles n'entendent pas contester au Pape la liberté d'évaluer par lui même les situations d'urgence ni la façon d'y répondre pour le bien de l'Eglise universelle. Or cela comprend également outre la charité du Pape, ses initiatives hors du diocèse de Rome, la diffusion de son enseignement pour les fidèles des parties du monde les plus pauvres, la Curie Romaine comme un instrument de son service, le soutien aux 180 missions diplomatiques pontificales, l'assistance aux Eglises locales dans le besoin, etc. L'histoire du Denier démontre tout cela avec clarté.

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  • Un véritable tsunami de désespérés va s'abattre sur l'Europe

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    De swissinfo.ch :

    «Un tsunami de désespérés va s'abattre sur l'Europe»

    Par Gemma d'Urso, Lugano

    Pour Grégoire III Laham, seul un miracle a permis aux chrétiens de Syrie de survivre à cinq ans de guerre civile.

    De passage à Lugano, le patriarche de l’Eglise catholique melkite basée à Damas a lancé un véritable cri d’alarme à propos de la guerre qui secoue son pays depuis près de cinq ans. Grégoire III Laham a enjoint les évêques suisses à organiser une conférence épiscopale ayant pour but de ramener la paix dans le berceau de la chrétienté.

    Arrivé expressément de Rome, où il a participé au récent synode de l'Eglise catholique, le patriarche de l’Eglise catholique melkite était l'hôte du Collège Pie XII de Lugano. En 2001, c'était lui qui avait accueilli le Pape Jean-Paul II à Damas et l'avait fait entrer dans une mosquée. Une première dans l'histoire.

    Orateur principal de la conférence sur la situation des chrétiens au Moyen-Orient, organisée par l'association «Chrétiens sans frontières» qui vient de se constituer au Tessin, Grégoire III a lancé un cri d'alarme: «Un véritable tsunami va s'abattre sur l'Europe, celui de l'exode de tous les désespérés et persécutés qui vont fuir la guerre et la stratégie de la terreur mise en place par l’Etat islamique. Pour endiguer ce flux qui représentera un véritable danger pour l'Europe laïque et auquel vous n'êtes pas préparés, les chrétiens et les musulmans modérés du monde entier doivent s'unir pour ramener la paix. Seule une coalition internationale interreligieuse sera plus efficace que les bombes, soyons-en conscients.»

    Grégoire III Laham, un Syrien né au Liban et qui s'exprime couramment en plusieurs langues, dont le français et l'italien, a rappelé l'importance de la Syrie dans l'histoire du christianisme, «né à Damas», a-t-il précisé. Il a souligné que, de tout temps, le gouvernement de la famille Assad a garanti la liberté de culte aux chrétiens de Syrie. Aujourd'hui cependant, l'avancée des combattants islamistes menace la vie même de ses coreligionnaires, notamment à Alep et Homs, deux villes prises pour cibles par les troupes de l'Etat islamique.

     

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  • Question pour un champion : lequel des deux est-il le plus légitime d'euthanasier ?

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    http://www.lameuse.be/1410865/article/2015-11-03/region-liegeoise-au-nom-de-l-ethique-marie-une-maman-de-30-ans-pourrait-mourir-f

    Marie, une mère de famille de 30 ans, a besoin d’un foie. En région liégeoise, un homme pourrait lui sauver la vie. Il se trouve dans un état de conscience minimale depuis 5 ans. L’euthanasie a été refusée à sa famille qui, en lisant l’histoire de Marie parue dans une précédente édition, a demandé au médecin de réévaluer le cas. Le refus est toujours d’actualité… La famille plaide pour une flexibilité de la loi sur l’euthanasie.
  • Le rapport final du Synode sur la famille est disponible en français (La Croix)

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    Pour recevoir par email le rapport final du Synode sur la famille, cliquer sur le lien suivant : 
     

  • L'Afrique aime la famille

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    966815759.jpgEntretien de Mgr Pascal N’Koué, archevêque de Parakou (Bénin) avec  Christophe Geffroy, directeur de la revue mensuelle « La Nef » (Source : La Nef N°275 de novembre 2015):

    "Mgr Pascal N’Koué a été nommé évêque de Natitingou, au Bénin, en 1997, puis archevêque de Parakou en 2011. Il évoque pour nous l’importance de la famille en Afrique.

    La Nef – Pourquoi la famille est-elle un sujet si important pour l’Église ?

    Mgr Pascal N’Koué – La famille, c’est important pour toute l’humanité. Ce n’est pas seulement pour l’Église. Mais si l’Église s’intéresse tant à la famille, c’est parce que Dieu lui-même est famille. Il est paternel, il est maternel. Il est un (uni), il est trine (diversité). Il a créé Adam et Ève pour vivre en famille avec lui et pour fonder une famille. Dans les deux cas, on parle d’alliance. L’esprit de famille est quelque chose de constitutif pour l’humanité et pas seulement pour l’Église. La famille est un patrimoine indispensable de l’humanité. C’est le lieu privilégié où toute personne apprend à vivre en société. C’est le lieu privilégié d’éveil à la foi, à l’amour, au partage, à l’attention réciproque. La transmission des valeurs humaines, morales et spirituelles se fait d’abord en famille.

    Les Évêques africains se sont organisés au synode en présentant une approche commune cohérente pour défendre la famille : pourquoi ce front commun ?

    Longtemps l’Afrique s’est tue. Il est temps qu’on parle d’une seule et même voix, surtout sur ce thème si cher à notre Créateur qui ne veut que notre bonheur. Ce front commun est un genre d’intifada. Notre intifada est un non à la culture de la mort et un oui à la culture de la vie. On dit non à tout ce qui défigure, avilit, et détruit la famille. Ce n’est pas parce que l’Afrique est faible économiquement, militairement, politiquement que les puissances d’argent, dans un mépris souverain de Dieu et des pauvres, ont le droit de nous imposer des idéologies suicidaires contre nature, et cela, moyennant quelques aides internationales. Nos hommes politiques ont souvent peur des représailles. Ils n’osent pas toujours dire tout haut ce qu’ils pensent tout bas. Tous ces nouveaux droits de l’homme, c’est du poison. Dans beaucoup de domaines en Afrique, il n’y a que l’Église pour éclairer, dénoncer, instruire, former les consciences, accompagner les jeunes, et aguerrir les populations blessées et abandonnées à elles-mêmes. L’Église joue souvent le rôle du bon samaritain. L’Afrique n’a plus rien en propre. Nos terres sont vendues à vil prix, notre sous-sol appartient aux multinationales, nos jeunes sont tournés vers l’Occident à cause des médias qui sèment et entretiennent des illusions dans les esprits… Ce qu’il nous reste encore à défendre, c’est la famille.

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  • Catholicité, synodalité et… crustacé

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    Une chronique d'Eric De Beukelaer dans "La Libre" de ce jour:

    Jadis au synode, les évêques osaient de timides nuances. Aujourd’hui, ils expriment ouvertement des désaccords. Cette nouvelle culture du débat, nuit-elle à "la catholicité" de l’Eglise - c’est-à-dire à son universalité ? Nullement. L’Eglise renoue ce faisant, avec la séculaire tradition de la disputatio - la controverse théologique - qui fleurit en son sein jusqu’à la Révolution française. La catholicité n’est pas monolithique. Il s’agit de l’universalité d’une famille, où coexistent des approches divergentes autour d’un unique credo. D’où la synodalité. Ce 17 octobre dernier, le pape François enseigna qu’ "une Eglise synodale est une Eglise de l’écoute. Peuple fidèle, collège épiscopal, évêque de Rome : l’un à l’écoute des autres et tous à l’écoute de l’Esprit Saint" .

    Cela insécurise ? J’aime rappeler que le défi spirituel du baptisé est de devenir un vertébré plutôt qu’un crustacé. Si le homard est doté d’une carapace, c’est parce qu’il est mou à l’intérieur. De même, le chrétien-crustacé se protège du réel, en se forgeant une cuirasse de principes amidonnés. A ses yeux, toute évolution est signe de dégradation et de relativisme. Le chrétien-vertébré - lui - est souple et doux, car il construit sa foi autour d’une colonne vertébrale. Animé de fortes convictions, il les applique avec résilience, en rebondissant sur les imprévus de la vie. En termes philosophiques, le vertébré chrétien concilie la sophia - mot grec qui désigne la sagesse de contemplation - et la phronesis - ou sagesse d’action. La sophia l’invite à vivre selon la radicalité de l’Evangile. La phronesis mobilise son sens pratique, sans jamais renier l’idéal. Face à la complexité du réel, l’ingénieur, le juge, le médecin, le politicien, le parent, l’éducateur social, l’enseignant, etc. ne prend jamais de décision parfaite. Il recherche la moins mauvaise solution, compte tenu des circonstances (exemple : le patron chrétien de PME doit chercher à laborieusement concilier les idéaux de la doctrine sociale de l’Eglise avec la rigueur d’un bilan comptable).

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  • Le Dialogue des Carmélites dénaturé

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    Un ami revient sur le jugement de la Cour d'appel de Paris concernant la mise en scène par Tcherniakov du Dialogue des Carmélites :

    Dans un jugement de la Cour d'appel de Paris, la Justice a jugé qu'une mise en scène "moderne" du sublime "Dialogue des carmélites" dénaturait complètement l'intention de l'auteur, au point que ses ayants-droits- qui réclamaient l'arrêt de sa diffusion- ont obtenu gain de cause. Dans un arrêt d'une finesse remarquable (qu'on vous laisse savourer ci-dessous) et témoignant d'une compréhension profonde de cette oeuvre majeure de Poulenc et Bernanos, le juge prends ses responsabilité et évite la tentation de se laver les mains dans la nébuleuse de "la liberté d'expression", fait suffisamment rare que pour être souligné.

    Appelant un chat un chat, le juge ose statuer sur le fond de l'affaire en donnant raison aux descendants de l'auteur, au grand dam des critiques bien-pensantes,hurlant au vol de la sacro-sainte "liberté d'expression" de l'auteur de cette mise en scène, par ailleurs poids lourd du "nouvel opéra". Ainsi cet article de France Musique, qui s'interroge :

    Mais comment être certain que cette vision proposée par Tcherniakov aurait déplu à Bernanos ou Poulenc ?

    Et bien... en le lisant par exemple ?