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Au rythme de l'année liturgique - Page 61

  • Homélie de la Lætare, 4ème dimanche de carême

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    De l'abbé Christophe Cossement sur son blog (avec son autorisation):

    Sois renouvelée, renouvelé!

    Homélie de la Lætare, 4e dimanche de carême, 27 mars 2022

    Parfois nous sommes découragés. Nous avons envie de tout laisser tomber. Les choses du Royaume de Dieu ne nous goûtent plus. Ou bien elles nous semblent inaccessibles tant nous prenons conscience de notre incapacité à croire, à aimer, à espérer. Ou bien le souvenir de nos péchés nous renvoie une piètre image de nous-mêmes et nous fais nous sentir loin de Dieu. Que fait le Seigneur avec nous dans ce cas-là ? Il nous renouvelle pour que nous allions de l’avant. Il me semble que toutes les lectures vont dans ce sens aujourd’hui : laisse-toi renouveler par ton Père du ciel !

    Le peuple hébreu s’était habitué à la manne, c’était un chouette don de Dieu reçu au jour le jour, de quoi s’installer 40 ans dans une vie spirituelle pépère, sans trop pécher, sans trop espérer non plus. Mais non, ça ne marche pas, Dieu ne veut pas que ses enfants s’installent dans ce style de vie. En matière de vie avec Dieu plus que pour tout autre chose, « qui n’avance pas recule ». Il nous faut désirer toujours plus. Non pas parce que nous voulons être des insatisfaits permanents, des râleurs en puissance, mais parce que nous sommes faits pour l’infini et que Dieu veut nous donner toujours davantage. Alors, au moment d’entrer dans la terre promise de cette nouvelle Pâques 2022, souhaitons que notre foi se renouvelle et que notre désir de Dieu grandisse. Et disons à Dieu : Seigneur, agrandis mon cœur, afin que tu puisses y mettre de plus en plus d’amour !

    Ce renouveau que le Seigneur veut préparer pour nous n’est pas qu’un petit plus comme quand on prend des vitamines parce qu’on est raplapla. C’est un renouvellement de fond en comble, un renouvellement de notre cœur de pécheur pour en faire un cœur de fils, de fille. Heureux fils prodigue qui reconnaît qu’il n’aurait pas dû s’éloigner de chez son père ! Il y en a beaucoup qui se sont éloignés de leur Père du ciel et qui ne reconnaissent même pas que c’est pour cela que leur cœur est maintenant insatisfait, sombre ou intempérant. Tandis que ce fils prodigue de la parabole se souvient, et il revient chez son père. Nous avons un avantage par rapport à lui : nous savons que le père, au lieu de lui faire sa fête, organise pour lui une fête. Ainsi, nous pouvons nous dire : je vais revenir à Dieu. Comme disait le curé d’Ars : si j’étais triste, j’irais me confesser ! Et nous pouvons le dire aux autres aussi : et si tu revenais à Dieu de tout ton cœur, ne serais-tu pas plus heureux ?

    Le Christ a payé pour nous le prix de ce retour. Par sa mort sur la croix pour les pécheurs, il a fait en sorte qu’aucun pécheur ne s’estime trop loin de Dieu. Que notre vie soit un grand chant de louange pour cet amour vainqueur qui permet à tous d’espérer.

  • Laetare Jerusalem !

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    Laetare Jerúsalem: et convéntum fácite, omnes qui dilígitis eam: gaudéte cum lætítia, qui in tristítia fuístis: ut exsultétis, et satiémini ab ubéribus consolatiónis vestræ.

    Réjouis-toi, Jérusalem ! et rassemblez-vous, vous tous qui l'aimez : soyez dans le bonheur réjouissez-vous avec allégresse,vous qui avez été dans la tristesse : vous pouvez bondir de joie et vous rassasier du lait de consolation qui est pour vous.

    "Laetare Jerusalem" sung by Discantus, from the album Jerusalem: Gregorian Chant and Early Polyphony

  • La Théotokos en Carême : Réflexions sur l'hymne acathiste

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    De David Paul Deavel sur le CWR :

    La Théotokos en Carême : Réflexions sur l'hymne acathiste

    L'Hymne Acathiste à la Mère de Dieu est peut-être plus connu en Orient, mais il appartient à toute l'Église.

    Réjouis-toi, rayonnement de joie,
    Réjouis-toi, par qui le mal a disparu,
    Réjouis-toi, tu relèves Adam de sa chute,
    Réjouis-toi, par toi Eve ne pleure plus.
    R/ Réjouis-toi, ô mère du Sauveur, Alléluia, Alléluia, Alléluia !

    Réjouis-toi, étoile annonciatrice du soleil levant,
    Réjouis-toi, par qui Dieu devient petit enfant,
    Réjouis-toi, car tu renouvelles toute créature,
    Réjouis-toi, en toi nous adorons le Créateur.
    R/ Réjouis-toi, ô mère du Sauveur, Alléluia, Alléluia, Alléluia !

    Réjouis-toi, par qui les cieux se réjouissent avec la terre,
    Réjouis-toi, par qui la terre jubile avec les cieux,
    Réjouis-toi, bouche silencieuse des apôtres,
    Réjouis-toi, fermeté des témoins du Christ.
    R/ Réjouis-toi, Marie comblée de grâces ! Alléluia, Alléluia, Alléluia !

    Réjouis-toi, mère de la lumière sans déclin,
    Réjouis-toi, aurore du jour véritable,
    Réjouis-toi, qu’illumine le mystère de la Trinité
    Réjouis-toi, allégresse de toutes les générations !
    R/ Réjouis-toi, Marie comblée de grâces ! Alléluia, Alléluia, Alléluia !

    Réjouis-toi, mère de l’Agneau et du Pasteur
    Réjouis-toi, bergerie de l’unique troupeau,
    Réjouis-toi, qui nous libères des oeuvres de ténèbres
    Réjouis-toi, tu nous ouvres les portes du paradis
    R/ Réjouis-toi, ô mère du Sauveur, Alléluia, Alléluia, Alléluia !

    Détail de « Theotokos de Vladimir » (vers 1100/Wikipédia)
    Le chemin du Carême est celui de la suite du Christ. Au fil des siècles, de nombreux hymnes, prières et dévotions carêmes impliquant Marie se sont développés. Rien d'étonnant à cela. Car le Carême, c'est se lever et suivre Jésus, comme sa mère l'a si bien fait.

    Une objection courante des protestants à l'enseignement catholique et à la dévotion à Marie est que le Christ l'aurait réprimandée dans Luc 11. Une femme dans la foule s'était écriée : « Heureux le sein qui t'a portée et les mamelles que tu as allaitées ! » La réponse du Seigneur fut laconique : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et la gardent ! » (Luc 11:27-28).

    Selon la compréhension catholique, le Seigneur ne disait pas que Marie n'était pas bénie ; il déclarait plutôt ce qui était plus béni. Marie est bénie non seulement pour l'acte biologique de porter, d'accoucher ou même d'allaiter le petit Seigneur Jésus. Elle est véritablement bénie parce qu'elle a entendu la parole de Dieu l'appelant à être la mère du Seigneur et a répondu : « Voici, je suis la servante du Seigneur ; qu'il m'advienne selon ta parole » (Luc 1, 38).

    Plus nous suivons le Christ, plus nous ressemblerons à sa mère, qui se considérait comme servante de Dieu et acceptait sa volonté en toutes choses. Il est significatif que, bien qu'elle n'ait pas été impliquée dans tous les aspects de son ministère, elle l'ait accompagné jusqu'au bout. Jean 19 nous dit qu'elle, Marie, femme de Clopas, Marie-Madeleine et Jean le Bien-aimé se tenaient sous la Croix, alors que les autres disciples s'étaient enfuis. C'est alors que le Christ a donné Marie pour mère à Jean, un événement compris par l'Église comme sa transformation en mère de toute l'Église.

    Après tout, les mères montrent à leurs enfants comment les choses se passent. Le Christ est notre rédempteur et notre modèle ultime. Mais Marie est le plus grand exemple de racheté. Elle a entendu la parole du Seigneur et l'a gardée jusqu'au bout. C'est pourquoi nous nous tournons vers elle non seulement pour ses prières, mais aussi pour son exemple.

    Dès les premiers temps de l'Église, les chrétiens ont sollicité l'intercession de Marie et suivi son exemple. Et, accomplissant la prophétie qu'elle avait elle-même faite dans le Magnificat : « Toutes les générations me diront bienheureuse », ils ont chanté ses louanges à maintes reprises. L'un des plus grands hymnes mariaux est l'« Akathiste à la Mère de Dieu ». Bien que sa paternité soit contestée par les spécialistes, il est traditionnellement attribué à Romain le Mélode, un auteur d'hymnes prolifique du VIe siècle. Certains spécialistes modernes pensent que l'Akathiste est beaucoup plus ancien, datant peut-être du IVe siècle.

    L'Akathiste est ainsi appelé car c'est un hymne qui se chante debout. Le « a » signifie « ne pas » et le « kath » désigne un siège ; on retrouve cette racine dans le mot « cathédrale », qui désigne l'église où se trouve le siège de l'évêque. L'Akathiste à la Mère de Dieu, modèle de tous les autres hymnes akathistes, fut apparemment composée pour la célébration de l'Annonciation, mais elle n'acquit sa renommée dans l'Église d'Orient qu'au VIIe siècle.

    Le 7 août 626, les troupes perses et avares qui avaient envahi Constantinople furent vaincues. Le patriarche Serge décida que cet hymne était la réponse appropriée à la délivrance de la ville, après les demandes d'intercession de Marie. Après la délivrance de Constantinople en 718, le patriarche saint Germain choisit également cet hymne pour que le peuple le chante en remerciement. C'était le cinquième samedi du Carême.

    Depuis lors, la tradition veut que, dans l'Église d'Orient, l'une des quatre parties de l'Acathiste soit chantée chacun des quatre premiers vendredis du Carême, lors des petites Complies (prière du soir). Elle n'est pas chantée d'un bout à l'autre. Elle fait plutôt partie d'un petit office comprenant des encensements et des kontakia chantés entre les strophes ou les strophes de l'hymne. Le cinquième samedi du Carême, appelé samedi de l'Acathiste dans de nombreux calendriers, est celui où l'office entier est chanté d'un bout à l'autre.

    Qu'est-ce qui rend ce cantique si particulier ? Les quatre parties sont consacrées à quatre thèmes différents : l'Annonciation, la Nativité du Christ, le Christ et la Mère de Dieu elle-même. Elles sont réparties en vingt-quatre parties plus courtes (« oikoi »), chacune commençant par une lettre différente de l'alphabet grec et comprenant une strophe de sept vers suivie de six distiques. Les strophes les plus longues se concluent par le vers : « Réjouis-toi, épouse inépousée ! » Les strophes plus courtes commencent par la salutation de Gabriel : « Salut ! » et se terminent par « Alléluia ! » (La tradition orientale n'interdit pas l'usage de l'« Alléluia » dans la liturgie du Carême.)

    Les thèmes abordés sont nombreux. S'étendant sur tout le mystère de l'Incarnation, nombre d'entre eux mettent l'accent sur l'humilité et l'amour remarquables de Dieu, venu vivre parmi nous et effacer toutes nos dettes spirituelles et notre orgueil. Ils évoquent en effet la béatitude et l'émerveillement d'une femme devenue mère de Dieu – ce que signifie le titre de « Theotokos ».

    Mais ils s’attardent aussi sur cette plus grande béatitude d’avoir donné naissance à Dieu dans son cœur et d’avoir accompli ce que saint Paul appelle la tâche chrétienne : « Nous détruisons les raisonnements et tout orgueil qui s’oppose à la connaissance de Dieu, et nous amenons toute pensée captive à l’obéissance au Christ » (2 Co 10, 5).

    Dans l'hymne, Marie est l'enseignante, car c'est elle qui reçoit la parole et la garde. L'hymne s'adresse à elle comme à « l'écho mélodieux de la voix des prophètes ». Un verset dit : « Salut, toi qui surpasses la connaissance des sages ; Salut, toi qui illumines l'esprit des fidèles ! » Un autre : « Salut, toi qui nous délivres des doctrines païennes ; Salut, toi qui nous sauves des flammes de la passion. »

    L'Acathiste à la Mère de Dieu est peut-être plus connu en Orient, mais il appartient à toute l'Église. Saint Jean-Paul II le savait. Il l'a récité en public à plusieurs reprises. Les plus marquantes furent en 1981, à l'occasion du 1550e anniversaire  du concile de Chalcédoine, qui conféra le titre de Théotokos à Marie, et en 1999, lors de la fête de l'Immaculée Conception, en préparation du troisième millénaire.

    Le pape Benoît XVI connaissait et aimait lui aussi cette prière. Dans  Verbum Domini , son exhortation apostolique post-synodale sur la Parole de Dieu de 2010, il exhortait les chrétiens à connaître l'Acathiste, qui « représente l'une des plus hautes expressions de la piété mariale de la tradition byzantine ». Il poursuivait : « Prier avec ces mots ouvre grand le cœur et le dispose à la paix qui vient d'en haut, de Dieu, à cette paix qui est le Christ lui-même, né de Marie pour notre salut. »

  • Du 30 mars au 21 avril à la Chapelle Saint Materne (FSP) à Namur

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    ANNONCES FRAT. SAINT-PIERRE

    SAINT-MATERNE
    (rue Notre-Dame, 46, Namur)

    Messe à 10h le dimanche
    (Confessions avant les offices)

    Ce 30 mars, Laetare (4e dimanche de Carême), heure d’été ! Marche pour la Vie à Bruxelles l’après-midi.

    Samedi 5 avril à 10h, récollection pour ceux de la Profession de Foi.

    Dimanche 6 avril, 1er dimanche de la Passion.

    Vendredi 11 avril à 15h, Chemin de Croix à Saint-Materne, suivi de la ste Messe.

    Samedi 12 à 10h, récollection pour Adultes.

    Le 13 avril, dimanche des Rameaux. Catéchismes (les prochaines sessions sont prévues les 27 avril, 18 mai, 1 et 29 juin).

    Jeudi 17 avril, Jeudi Saint, Messe du Mémorial de la Cène à 19h et Adoration durant laquelle nous veillerons un peu avec le Seigneur.

    Vendredi Saint, journée de jeûne. Chemin de Croix à 15h. A 19h, Lectures et Passion, Oraisons, Adoration de la Croix, Communion.

    Samedi Saint, début de la Veillée pascale à 20h30. Procession à la lumière du cierge pascal ; chant de l’Exsultet ; lectures, litanies et renouvellement des promesses baptismales. Messe de la nuit.

    Dimanche de Pâques, sainte Messe à 10h00.

    Lundi de Pâques, le 21 avril, sainte Messe à Saint-Materne à 18h30.

    Laus Tibi, Christe, Rex Aeterne Gloriae !

    >>> Pour les stes Messes en semaine ou pour les visites à domicile, n’hésitez pas à me contacter svpl.
    Pour toute information : abbé Gerald tel 04 72 34 71 58 lumen.veritatis@yahoo.com

  • Troisième dimanche de Carême – Abbayes d’En Calcat (avril 1956) et de Triors (2005)

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    Du site d'Una Voce :

    Troisième dimanche de Carême – Abbayes d’En Calcat (avril 1956) et de Triors (2005)

    « Intr. Oculi mei »Troisième dimanche de Carême - Abbayes d'En Calcat (avril 1956) et de Triors (2005)

  • Il n’est jamais trop tard pour se convertir: c’est urgent, c’est maintenant! Commençons aujourd’hui !

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    De zenit.org :

    « Il n’est jamais trop tard pour se convertir: c’est urgent, c’est maintenant! Commençons aujourd’hui ! », exhorte pape François qui a évoqué la « patience invincible » de Dieu, avant la prière de l’angélus de midi, place Saint-Pierre, dimanche, 28 février 2016.

    « Chacun de nous ressemble un peu à un arbre qui, pendant des années, a donné de nombreuses preuves de sa stérilité », a expliqué le pape en reprenant la parabole du figuier stérile.

    « Mais, heureusement pour nous, Jésus est comme le paysan qui, avec une patience sans limite, obtient encore un délai pour le figuier stérile: ‘Laissez-le encore cette année – dit le maître – Nous verrons s’il portera des fruits à l’avenir’. Une «année» de grâce: le temps du ministère du Christ, le temps de l’Église avant son retour glorieux, le temps de notre vie, ponctuée par un certain nombre de carêmes, qui nous sont offerts comme des occasions de repentance et de salut. »

    « La patience invincible de Jésus ! Avez-vous pensé à la patience de Dieu, et aussi à sa préoccupation irréductible pour les pécheurs ? Comme cela devrait nous provoquer à l’impatience contre nous-mêmes! », s’est exclamé le pape avant d’affirmer : « Il n’est jamais trop tard pour se convertir, on peut se convertir jusqu’au dernier moment. »

    Le pape a donné en exemple l’histoire de sainte Thérèse de Lisieux qui intercède pour la conversion de Pranzini : « Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, quand elle priait pour cet homme condamné à mort, un criminel, qui ne voulait pas recevoir le confort de l’Église, il refusait le prêtre, il voulait mourir ainsi. Et elle, priait (…). Lorsque l’homme arrive au moment d’être exécuté, il se tourne vers le prêtre, prend le crucifix et l’embrasse. »

    Le pape François y voit l’image de Dieu qui « fait la même chose avec nous, avec nous tous! » « Combien de fois sommes-nous là, sur le point de tomber, et le Seigneur nous sauve, nous sauve, car il a beaucoup de patience envers nous. Et c’est cela sa miséricorde ! »

    « Il n’est jamais trop tard pour se convertir, a repris le pape: c’est urgent, c’est maintenant! Commençons aujourd’hui ! »

    A son habitude, le pape a commenté l’évangile du dimanche, tiré de saint Luc, qui évoque des catastrophes de l’époque comme « la répression sanglante des soldats romains à l’intérieur du Temple » de Jérusalem, « l’effondrement de la tour de Siloé », qui a fait 18 morts, à Jérusalem également.

    Il a actualisé le message car aujourd’hui aussi, « des mauvaises nouvelles sont rapportées chaque jour : meurtres, accidents, catastrophes… ».

    « Jésus connaît la mentalité superstitieuse de ceux qui l’écoutent, et il sait qu’ils interprètent ce genre d’événements dans un mauvais sens. Comme s’ils disaient: «ils le méritaient». (…) En effet, ils pensent que si ces hommes sont morts si cruellement, c’est le signe que Dieu les a punis pour une faute grave (…). Et le fait d’avoir échappé au malheur équivalait à se croire «bien» : ‘Eux le méritaient, moi je vais bien’. »

    Au contraire, le pape François a affirmé que personne ne mérite le mal subi : « Jésus rejette clairement ce point de vue, parce que Dieu ne permet pas une tragédie pour punir les péchés, et il affirme que ces pauvres victimes ne sont aucunement pires que les autres. »

    Jésus, a ajouté le pape, « nous invite à tirer de ces événements douloureux, un avertissement qui concerne tout le monde, parce que nous sommes tous pécheurs. » Et Jésus dit à ceux qui lui avait demandé: «Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de la même manière ».

    « Aujourd’hui encore, face à certains malheurs et à des événements tragiques, on peut être tenté de « décharger » la responsabilité sur les victimes, ou même sur Dieu lui-même », a constaté le pape, invitant à s’interroger: « Quelle idée de Dieu nous sommes-nous faite? Sommes-nous certains que Dieu est ainsi? Ou n’est-ce pas notre projection d’un dieu fait ‘à notre image’? »

    Le pape invité à abandonner tout « compromis avec le mal » à renoncer à « l’hypocrisie » pour prendre le « chemin de l’Evangile » : « Mais là encore, fait observer le pape, nous sommes tentés de nous justifier. Le Pape nous met devant notre propre hypocrisie où nous nous disons : « Mais de quoi devrions-nous nous convertir ? Ne sommes-nous pas, dans l’ensemble, de bonnes personnes? Ne sommes-nous pas croyants, et même assez pratiquants? « . Et ainsi nous nous justifions. »

  • "Tu viens à moi par des chemins inattendus" (Homélie pour le 3ème dimanche du Carême)

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    Homélie de l'abbé Christophe Cossement pour le 3ème dimanche du Carême (archive 2010) :

    Tu viens à moi par des chemins inattendus

    Luc 13,1-9

    Les contemporains de Jésus avaient tendance à croire que le bonheur et le malheur sont des choses qui se méritent. De nos jours encore, nous trouvons assez rassurant de penser que si quelqu’un connaît le malheur c’est que pour une part il l’a voulu ou en est responsable. Et cette idée se renforce en considérant qu’il y a vraiment moyen de faire par soi-même son malheur.

    Pourtant les événements heureux ou malheureux de nos vies ne sont pas des récompenses ou des punitions du ciel. Jésus insiste sur ce thème : « Pensez-vous que ces Galiléens [massacrés] étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ? Eh bien non, je vous le dis ! » Et les dix-huit victime de l’effondrement de la tour de Siloé non plus. Que ce soit la maladie, le licenciement, les catastrophes naturelles, rien n’est envoyé du ciel pour nous punir. Et même, il faut aller plus loin : bien souvent rien ne relève en cela de notre faute.

    Le mal n’est donc pas un instrument du ciel, mais pourtant, par la façon dont notre cœur se situe devant lui, il peut devenir occasion d’un changement salutaire. Après avoir écarté la punition de la tête des Galiléens et des pauvres victimes de la tour de Siloé, Jésus poursuit : « et si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous comme eux. » Le mal et la souffrance sont absurdes en eux-mêmes, mais chacun pour lui-même peut y appliquer un sens, et c’est un sens de conversion, de changement, d’ouverture à l’amour. Le week-end passé j’ai eu la chance d’entendre le témoignage d’une dame qui, après avoir connu l’épreuve d’une séparation — et on pourrait assimiler ce drame à ceux évoqués par Jésus — puis la révolte et aussi le doute de soi, est arrivée à se laisser toucher par Dieu au moment d’une grave maladie. Et finalement elle a choisi le chemin de séparée fidèle et y a trouvé une grande pacification. Quand l’épreuve nous désarme, ne nous réarmons pas, mais laissons notre cœur bouleversé crier vers Dieu avec le sentiment que c’est un moment décisif, où se joue notre vie, où se joue plus de vie.

    Quand vient l’épreuve, puissions-nous rapidement dépasser ce mouvement plutôt païen en nous qui nous fait demander des comptes à Dieu. Puissions-nous le dépasser pour accueillir l’appel fulgurant de Jésus : « si tu ne te convertis pas, tu périras comme eux. » C’est un appel à rebondir, un appel à choisir la vie, contre toutes les forces de mort, d’absurdité ou de déni.

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  • Comme Joseph, préparer une maison à Jésus...

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    A Manille, le 16 janvier 2015, le pape François évoquait la figure du père adoptif de Jésus (extraits) :

    Se reposer dans le Seigneur. Le repos est bien nécessaire à la santé de nos esprits et de nos corps, et pourtant souvent il est difficile d’y parvenir, à cause des nombreuses exigences qui pèsent sur nous. Le repos est aussi essentiel pour notre santé spirituelle ; ainsi nous pouvons écouter la voix de Dieu et comprendre ce qu’il nous demande. Joseph a été choisi par Dieu pour être le père adoptif de Jésus et l’époux de Marie. En tant que chrétiens, nous sommes nous aussi appelés, comme Joseph, à préparer une maison à Jésus. Préparer une maison à Jésus ! Vous préparez une maison pour lui dans vos cœurs, dans vos familles, dans vos paroisses et dans vos communautés.

    Pour écouter et accepter l’appel de Dieu, pour préparer une maison à Jésus, vous devez être en mesure de vous reposer dans le Seigneur. Vous devez trouver le temps, chaque jour, de vous reposer dans le Seigneur pour prier. Prier c’est reposer en Dieu. Mais vous pourriez me dire : Saint-Père, nous le savons ; je voudrais prier, mais il y a tant de travail à accomplir ! Je dois prendre soin de mes enfants ; j’ai les travaux de la maison ; je suis trop fatigué même pour bien dormir. C’est vrai. Cela pourrait être vrai, mais si nous ne prions pas, nous ne connaîtrons jamais la chose la plus importante de toutes : la volonté de Dieu pour nous. Et dans toute notre activité, nos occupations, avec notre prière nous accomplirons toute chose.

    Se reposer dans la prière est particulièrement important pour les familles. C’est en famille que nous apprenons d’abord comment prier. N’oubliez pas : quand la famille prie ensemble, elle reste ensemble. C’est important. Là, nous arrivons à connaître Dieu, à grandir comme hommes et femmes de foi, à nous voir comme membres de la plus grande famille de Dieu, l’Église. En famille, nous apprenons comment aimer, comment pardonner, comment être généreux et ouverts, et non pas fermés ni égoïstes. Nous apprenons à aller au-delà de nos besoins, à rencontrer les autres et à partager nos vies avec eux. Voilà pourquoi il est si important de prier en tant que famille, si important! Voilà pourquoi les familles sont si importantes dans le plan de Dieu pour l’Église ! Se reposer dans le Seigneur, c’est prier ensemble, en famille.

    Je voudrais aussi vous dire une chose personnelle. J’aime beaucoup saint Joseph parce c’est un homme fort et silencieux. Et sur mon bureau j’ai une image de saint Joseph en train de dormir ; et en dormant il prend soin de l’Église ! Oui, il peut le faire, nous le savons. Et quand j’ai un problème, une difficulté, j’écris un billet et je le mets sous saint Joseph, pour qu’il le rêve. Cela veut dire : qu’il prie pour ce problème !

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  • Mais qui est vraiment saint Joseph ?

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    De "Marie de Nazareth" (Question du mardi) :

    Qui est vraiment saint Joseph ?

    Père Joseph-Marie Verlinde
    Docteur en science et chercheur au CNRS en chimie nucléaire

    Joseph, « Fils de David », choisi par le Père éternel pour veiller sur ses plus grands trésors, est un modèle admirable et nous sommes appelés à « aller vers lui » pour découvrir le secret de la disponibilité qui fait sa force et sa grandeur.1. Selon les promesses de Dieu, le Messie devait naître de l’arbre de Jessé (Isaïe 11,1), dans la lignée de David (2 Samuel 7,5-16). C’est par Joseph, lui-même « de la maison et de la descendance de David » (Luc 2,4), que s’accomplissent toutes ces promesses. L’Ange l’appelle « Fils de David » (Matthieu 1,20) et Joseph le sera jusqu’à sa mort, après laquelle c’est à Jésus lui-même que sera donné ce titre (Luc 18,38-39). En savoir +

    2. Les Écritures constituent notre seule source d’information directe concernant saint Joseph et elles nous invitent à l’écoute de son silence. Joseph peut être regardé comme le Chérubin qui veille sur l’Arche de la Nouvelle Alliance et sa contemplation du mystère de Dieu le conduit naturellement au silence de l’émerveillement. En savoir +

    3. C’est saint Matthieu qui donne à saint Joseph la plus grande place dans son récit. Contrairement à une iconographie symbolique répandue Joseph n’était sans doute pas vieux quand il épousa Marie. C’était probablement un jeune homme dans la force de l’âge, qui formait avec Marie un couple d’apparence normale, pour cacher, garder et protéger le secret de Dieu de tout mal et de toute curiosité. En savoir +

    4. Jésus, connu comme « fils de Joseph » (Luc 4,22) est « le plus beau des enfants des hommes » (Psaume 44,3) et la Tradition nomme Marie « la plus belle des femmes » (Cantique 1,8) : on peut imaginer aussi que quelque chose la beauté de David (1 Samuel 16,12) a pu passer à ses descendants. C’est ainsi que des saints ont médité sur la beauté de Joseph, sa pureté, son amour, sa sagesse et sa prudence, sa miséricorde et sa compassion, l’imaginant comme un homme au regard clair, et comme une figure évidemment pleine de noblesse, comblée par une vie simple, pauvre et cachée avec Jésus et Marie. En savoir +

    5. Jésus vrai Dieu et vrai homme, devait avoir une vraie famille, car l’Incarnation respecte pleinement les lois de la croissance humaine. Joseph, choisi par le Père éternel pour être le fidèle nourricier et le gardien de ses plus grands trésors, a naturellement été comblé par Dieu de toutes les grâces nécessaires à sa mission unique. En savoir +

    6. Les épreuves n’ont pas été épargnées à Joseph : celle de la « nuit spirituelle » qu’il vécut lors des événements de l’Incarnation bien sûr, mais aussi l’épreuve de la pauvreté à Noël, du danger devant Hérode, de l’émigration en Égypte, et tous les soucis d’une vie simple et pauvre ensuite à Nazareth. Face à tout cela, l’Écriture témoigne qu’il était « un homme juste » (Matthieu 1,19), rempli de foi, qui répondit sans délai aux appels de Dieu (Matthieu 1,24 ; 2,14 ; 2,21). En savoir +

    7. Selon la Tradition, Jésus est le « Nouvel Adam », et Marie « la Nouvelle Ève », mais la sainteté du couple formé par Joseph et Marie répare aussi d’une certaine manière le mal qui est né du couple d’Adam et Ève. La Sainte Famille a été proclamée comme « le prototype et l’exemple de toutes les familles chrétiennes » (Jean-Paul II) et en elle, Jésus a « grandi en sagesse, en taille et en grâce devant Dieu et les hommes » (Luc 2, 52). En savoir +

    8. Comme Jean-Baptiste, Joseph s’efface finalement pour que Jésus soit pleinement révélé. Après Marie, il est incontestablement le plus grand saint de la chrétienté et c’est très justement qu’il a été proclamé Patron de l’Église universelle. En savoir +

    9. La dévotion à saint Joseph a été tardive, mais elle a un bel avenir devant elle. Il nous faut tous avec lui « revenir à Nazareth » (Luc 2,39). Intentionnellement ou non, Marie à Cana a repris les mots de la Genèse adressés au Patriarche Joseph : « Faites tout ce qu'il vous dira » (Genèse 41,55) En savoir +

  • Lection divina pour le 2e dimanche du Carême

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    LECTIO DIVINA (source) (archive 2016) proposée par 

    Mgr Jean-Marie Le Gall 

    Une lectio divina est un commentaire biblique sous le mode d’une lecture spirituelle et priante. C’est une méditation sur les textes de l’Écriture Sainte proposées par l’Église pour la Messe du jour.

    Lectio divina pour le deuxième dimanche de carême

    LE CARÊME? UN TEMPS POUR DEVENIR PAROLE DE DIEU!

    Le dimanche de la Transfiguration est la preuve que notre Carême n’est pas seulement et avant tout un temps de pénitence. C’est aussi et surtout un temps de proximité à Dieu, un partage dans le « secret » avec le Père qui m’enseigne que la relation qu’Il veut avoir avec moi est une relation d’amour et de vie ! Nous sommes habitués, avec nos relents de jansénisme gallican, à considérer le Carême dans son aspect purgatif sans comprendre que cet ascétisme est orienté vers la vie, et qu’à chaque fois que l’Eglise nous montre la Croix – comme ce fut le cas dimanche dernier – c’est pour nous montrer aussi le partage de Vie auquel nous sommes appelés à la suite du Fils – comme avec ce deuxième dimanche, dit de la Transfiguration.

    La Transfiguration, un appel à nous laisser remplir de la Lumière divine

    Quelle révélation nous donne le mystère de la Transfiguration ? Il nous révèle que Jésus, l’Homme nouveau, l’homme parfait et parfaitement homme est investi d’une telle plénitude de la Vie de Son Père que Son âme, que Son corps – ce corps de chair qui fut le nôtre -, resplendit, se transfigure au sommet de la montagne. Et c’est donc pour nous un appel, un appel violent, un appel fougueux que Dieu nous fait en disant : – Puisque mon Fils, homme, est effectivement glorifié, en anticipation de Sa résurrection, c’est que tout homme qui participe de la même chair est appelé à la même gloire ! Il est appelé au même titre que mon Fils, au même partage plénier et sans mesure de la Vie qui est ma vie de Père.

    Nous ne pouvons pas contempler cette Transfiguration de l’Homme nouveau sans, en même temps, ressentir cet appel que Dieu nous lance à la transfiguration de notre âme, de notre corps, par l’investissement total de ce corps, de cette âme par la vie du Père que nous partageons avec Lui. Quelle révélation en plein Carême, en plein temps de pénitence !

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  • 2e dimanche du carême : citoyens des cieux

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    dimanche 24 février 2013 2e dimanche de Carême

    Première lecture : du Livre de la Genèse, chapitre  15, versets 5-12.17-18a

    Le Seigneur parlait à Abraham dans une vision. Puis il le fit sortir et lui dit : « Regarde le ciel, et compte les étoiles, si tu le peux... » Et il déclara : « Vois quelle descendance tu auras ! » Abram eut foi dans le Seigneur et le Seigneur estima qu'il était juste. Puis il dit : « Je suis le Seigneur, qui t'ai fait sortir d'Our en Chaldée pour te mettre en possession de ce pays. »Abram répondit : « Seigneur mon Dieu, comment vais-je savoir que j'en ai la possession ? » Le Seigneur lui dit : « Prends-moi une génisse de trois ans, une chèvre de trois ans, un bélier de trois ans, une tourterelle et une jeune colombe. »

    Abram prit tous ces animaux, les partagea en deux, et plaça chaque moitié en face de l'autre ; mais il ne partagea pas les oiseaux. Comme les rapaces descendaient sur les morceaux, Abram les écarta.

    Au coucher du soleil, un sommeil mystérieux s'empara d'Abram, une sombre et profonde frayeur le saisit. Après le coucher du soleil, il y eut des ténèbres épaisses. Alors un brasier fumant et une torche enflammée passèrent entre les quartiers d'animaux.

    Ce jour-là, le Seigneur conclut une Alliance avec Abram en ces termes : « A ta descendance je donne le pays que voici. »

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  • Sainte Louise de Marillac (15 mars)

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    Sainte Louise de Marillac (1591-1660) (source)

    Sainte Louise de Marillac,

     

    A travers ombres et lumières

    Durant de longues années, Louise de Marillac est une femme habitée par l'anxiété, la culpabilité. Du fait de sa naissance illégitime, hors mariage, elle est rejetée par sa famille, placée dans des institutions : chez les religieuses Dominicaines de Poissy, puis dans un foyer pour jeunes filles à Paris. Louise n'a qu'un désir, s'enfermer dans un cloître, loin du monde et par la prière et les mortifications. « vaincre la justice de Dieu ». Mais son tuteur lui refuse l'entrée au monastère des religieuses Capucines, à cause de sa faible santé. Le mariage lui est imposé. Il est célébré le 5 février 1613. Elle devient Mademoiselle Le Gras. La découverte de l'amour humain et de la maternité l'apaise et lui procure un début de bien-être. La maladie de son mari vers 1622 ravive ses angoisses. Elle s'imagine que Dieu la punit pour n'avoir pas répondu à son appel d'être religieuse. De nouveau, longues prières, jeûnes, mortifications corporelles se multiplient en vain. Nuit de l'âme et état dépressif la plongent dans le noir. Une lumière le jour de la Pentecôte 1623 vient éclairer ses ténèbres. Elle perçoit un avenir dans une communauté où elle pourra se consacrer à Dieu, elle entrevoit son nouveau directeur spirituel et elle comprend surtout qu'elle doit rester près de son mari et son fils qu'elle voulait quitter pour retrouver la paix. Le 21 décembre 1625, elle devient veuve avec la charge d'un enfant de 12 ans. Assez désemparée, elle accepte la direction de Vincent de Paul malgré sa « répugnance » (terme employé par elle dans le récit de sa lumière de Pentecôte)

    Au-delà de l'aspect maladif et tourmenté de cette femme, Vincent découvre peu à peu la richesse enfouie de cette personnalité. Il la conduit vers une relation à Dieu plus sereine, et surtout il l'oriente vers la rencontre du pauvre à travers l'œuvre des Confréries de la Charité.
    Une profonde évolution s'amorce. Louise se décentre d'elle-même, son regard découvre plus pauvre qu'elle. Sa prière ne s'arrête plus sur un Dieu austère, lointain, mais découvre la personne de Jésus-Christ. Dieu a voulu faire connaître son amour de l'homme en envoyant son Fils sur terre. Elle admire la totale disponibilité et l'humilité de la Vierge Marie qui donne au Fils de Dieu son humanité. Elle réalise que Dieu a besoin des hommes et des femmes pour perpétuer son œuvre. Avec Vincent de Paul, elle ose proposer aux paysannes, femmes peu reconnues par la société dirigeante de l'époque, de vivre une vie religieuse, sans cloître, sans voile, vie consacrée au service des rejetés de la société. 
    La méditation de la vie de Jésus est soutien et orientation de ce service. Seul un « amour fort » de Dieu permet d'avoir un « amour suave », compatissant et doux, envers les pauvres. Toute relation aux pauvres que Jésus reconnait comme ses frères a besoin d'être empreinte d'un amour plein de tendresse et d'un vrai respect. L'un ne peut aller sans l'autre. 
    Louise n'hésite pas à regarder ce service comme une suite de l'œuvre rédemptrice du Christ. C'est une joie et une lourde responsabilité de « coopérer avec Dieu au salut du monde ». L'Eucharistie devient pour toutes les servantes des pauvres, source de vie. « Cette admirable invention incompréhensible aux sens humains » manifeste le fort désir de Jésus non seulement de demeurer présent, mais de partager son amour par une forte union. La communion est un moment inoubliable pour Louise.

    Cependant Louise de Marillac reste une femme fragile. Elle connaît des périodes difficiles, notamment lorsque des Sœurs quittent la Compagnie. Elle s'avoue responsable de leur abandon. Il lui faudra du temps pour découvrir la miséricorde de Dieu envers elle, cette miséricorde qui pardonne au-delà de ce que l'homme peut espérer. 

    Après des années obscures, Louise a compris que seul l'amour de Dieu et du prochain pouvait guider sa vie. Elle peut maintenant aller sereinement à la rencontre de son Seigneur. De sa chambre de malade, Vincent de Paul lui envoie ce message. « Vous partez la première, j'espère, si Dieu m'en fait la grâce, vous rejoindre bientôt. » Louise meurt le 15 mars 1660, entourée de son fils avec sa femme et sa petite fille et de nombreuses Filles de la Charité.

    Elisabeth Charpy, fille de la charité
    Auteur du livre Prier quinze jours avec Louise de Marillac, Nouvelle Cité n° 105