Sandro Magister, le vaticaniste probalement le mieux informé, met en ligne les documents relatifs au procès annoncé où le majordome du pape aura à répondre de ses "indélicatesses". Mais les enquêtes se poursuivent "dans plusieurs directions" :
Les textes intégraux du réquisitoire et de la mise en accusation de Paolo Gabriele. Mais les fuites de documents confidentiels ont continué au Vatican même après son arrestation. Il y en a même un avec le "placet" de la secrétairerie d'état.
L’avenir judiciaire de Paolo Gabriele, le majordome infidèle de Benoît XVI, est défini. Il fera l’objet, cet automne, d’un procès pour vol aggravé de documents confidentiels, qu’il a soustraits sous forme de copies dans l'appartement pontifical.
Le dernier jour de travail avant la fermeture estivale des tribunaux du Vatican, le juge d’instruction Piero Antonio Bonnet a accepté les requêtes du promoteur de justice Nicola Picardi et il a émis une sentence de mise en accusation. Celle-ci s’applique également à un second accusé, Claudio Sciarpelletti, informaticien de la secrétairerie d’état ; toutefois ce dernier est poursuivi pour le délit mineur de complicité, concrètement pour entrave aux enquêtes concernant ses relations avec le principal accusé.
Les textes intégraux du réquisitoire et de la sentence, longs l’un comme l’autre d’une quinzaine de pages, ont été publiés par le bureau de presse du Vatican.

(…) Une série télévisée, « Inquisitio », diffusée cet été sur une chaîne de service public condense ainsi sur l’Inquisition tous les stéréotypes, les plus abominables que l’on puisse imaginer. Tous les clichés sont réunis pour rendre détestable cette institution devenue synonyme de tribunal arbitraire et violent des âmes. Or, il faut toujours soupçonner dans les opinions trop unanimes dans la curée quelque intention maligne empruntée plus à la légende fabuleuse qu’à l’histoire réelle. Reconnaissons que la série « Inquisitio » fait encore plus fort dans la démesure, et plus extravagant. Les personnages, véritables caricatures répugnantes -physiquement et plus encore dans leurs comportements- sont en tous points invraisemblables : borgne, haineux, dépourvus de bon sens et d’humanité, immodérés dans leurs expressions et leurs sentiments, névrosés, luxurieux en diable, furieux et prodigieusement superstitieux, monstrueusement cruels, dépravés etc. Que reste-t-il de vraiment religieux, chrétien, dans ces clercs exaltés en proie au délire du fanatisme ? L’Église eût été vite désertée et ruinée si elle n’avait présenté que de tels types de personnages psychopathes et frénétiques. À l’inverse, les non-catholiques de la série sont doux, gracieux, séduisants, en un mot aimables : une caricature manichéenne flagrante et insoutenable. Il y a, n’en doutons pas, une intention perverse derrière le tableau qui nous est offert de l’Inquisition : nous faire réprouver ce tribunal afin de douter aussi de l’Église qui le créa. Mais qu’était donc exactement l’inquisition ? (…)