L'archevêque de Manille qui vient de recevoir la barette cardinalice serait-il susceptible de figurer parmi les "papabile" lors d'un conclave futur ? C'est en tout cas ce que l'on serait porté à penser à la lecture de ces commentaires de Jean Mercier sur son blog :
... Tagle a quelque chose d'un Wojtyla asiatique. A-t-il ses chances lors du prochain Conclave ? Il semble bien trop jeune (55 ans) pour le poste. Mais l’Esprit Saint a ses raisons que la raison ne connaît point. Et puis, on sait que les favoris que l’on a tôt fait de papabiliser ressortent cardinaux après la fumée blanche. Alors, calmons nous.
(...) Il ne fait pas de doute, selon moi, que le successeur de Benoît XVI sera un homme qui en est proche par l’esprit. Mais, si on fait le compte, on peut trouver des dizaines d’héritiers du pape parmi les cardinaux actuels. Il y a ceux qui se rattachent au pape sur sa vision théologique (l’articulation Foi et Raison) alliée à son combat pastoral (re-catholiciser les catholiques). Il y a ceux, moins nombreux, qui se rattachent à Ratzinger par le style : l’intériorité, l’humilité, la simplicité (hormis dans la liturgie, où la pompe est revenue en force). La joie et l'humilité sont aussi des leitmotivs dans les textes de Benoit XVI.
Il se trouve que Tagle se trouve à la confluence entre le fond et la forme. Sa simplicité et sa vision cadrent parfaitement avec la lecture qu’a Benoît XVI d’une Eglise catholique des petits effectifs numériques, mais à la force prophétique, “l’avenir étant aux minorités créatives”. En même temps, il est très proche de Benoît XVI sur le fond. Le philippin a siégé au sein de la Commission théologique internationale (entre 1997 et 2003, où il s’est fait remarquer par l’excellence de ses contributions alliée à cette façon particulière qu’ont les gens exceptionnels de rayonner tout en essayant de se faire tout petits...
géographique de l’Angleterre avec des cathédrales, des universités et des abbayes, et le reliant solidement aux traditions de l’Eglise d’occident. Une autre image présente à Rome, dans l’église Saint-Thomas de Canterbury, via Monserrato, montre des étudiants prêtres qui sont torturés et exécutés en raison de leur foi catholique. Aucun détail n’est épargné, mais si un doute devait naître, l’image porte les noms, les dates et les méthodes d’exécution. Tel est l’autre aspect de la tradition catholique anglaise : exclusion, persécution et, enfin, martyre. C’est dans ces deux mondes que s’est formé le catholicisme anglais : profondément enraciné dans la dévotion catholique et dans le sens d’unité avec l’antique foi du pays, et se sentant dans le même temps en marge, pas accepté, pas véritablement anglais. Dans une situation incommode ente ces deux réalités, le catholicisme anglais a eu des difficultés à trouver sa propre identité. Le traumatisme que les catholiques anglais doivent affronter est la manière dont une nation, tellement imprégnée par la foi catholique au point d’être connue, au Moyen-Age, comme la « dot de Marie », en l’espace d’une génération s’est révoltée contre l’Eglise antique, en détruisant ses images, en mettant au ban la liturgie et en lui niant son identité anglaise.