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Foi - Page 130

  • Le prochain pape : ce dont nous avons besoin

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    De

    Le prochain pape

    Le pape François est célébré comme le pape de la réforme, mais ce dont nous avons besoin aujourd’hui, c’est d’un pape du renouveau.

    Statue de Saint-Pierre devant la basilique Saint-Pierre. (Crédit : Vatican Media)
    Alors que les cardinaux se préparent à vivre ce qui pourrait être le jour le plus important de leur vie, nous, fidèles, prions pour eux avec ferveur. Le diable est sans doute à l'œuvre pour perturber et détourner leurs délibérations. La tâche du conclave ne repose pas seulement sur les 135 cardinaux votants, mais sur tous les fidèles, car l'élection d'un pape est un acte ecclésiastique qui vise le bien de l'Église tout entière. Nous sommes tous investis dans son issue ; nous devons donc tous offrir nos prières et jeûner, afin que le Saint-Esprit guide son issue.

    Le fait qu'un vote solennel ait lieu dans la Chapelle Sixtine ne suffit pas à en faire un vote inspiré. En fait, je soupçonne que certains cardinaux risquent de trop s'appuyer sur les circonstances du conclave, avec son cérémonial et sa majesté, et de négliger les facteurs humains qui influencent les votes dans un sens ou dans l'autre.

    Je ne suis pas cardinal, mais j'ai eu le privilège d'en connaître plus d'une poignée, tant professionnellement que personnellement. Je me souviens d'une conversation avec un cardinal qui avait voté lors du dernier conclave. Il n'avait rien révélé des délibérations internes du conclave, mais, exaspéré par mes questions peut-être excessives, il avait déclaré : « Jayd, nous ne savions pas ce que nous faisions. »

    Quelle déclaration ! Un cardinal a admis que lui et certains de ses confrères cardinaux ne savaient pas qui ils élisaient.

    Lors du dernier conclave, les cardinaux se connaissaient grâce à des consistoires réguliers ou à d'autres réunions qui les réunissaient. Cette fois, il est largement admis qu'ils ne se connaissent pas bien. Le pape François ne les a pas convoqués, ce qui les a empêchés de faire connaissance. Il semble que le Saint-Père ait voulu intentionnellement les séparer autant que possible.

    Pourquoi ? On ne peut que spéculer.

    Bien que les cardinaux ne se connaissent peut-être pas aussi bien qu'ils le devraient, ils ont un avantage sur le dernier conclave, du moins comme je le déduis de la conversation mentionnée ci-dessus et d'autres plus récentes. Les discussions que j'ai eues avec un large éventail de cardinaux semblent révéler une intentionnalité qui n'existait pas la dernière fois. Peut-être qu'après le grand saint Jean-Paul II et Benoît XVI, les cardinaux pensaient que tout était entre de bonnes mains et que le Saint-Esprit trouverait à nouveau un leader fort pour l'Église. Or, l'élection du cardinal Bergoglio semble bien différente de ce que beaucoup d'électeurs attendaient.

    Ils espéraient que quelqu'un de fort pour réformer la Curie romaine, qui perpétuerait l'ecclésiologie de Jean-Paul II et de Benoît XVI et témoignerait du dynamisme d'une Église vivante. Ce n'est pas le lieu ici de revenir sur le bilan du pape François, mais il est juste de dire que son pontificat a été différent de ce qu'attendaient nombre de ses électeurs.

    Ainsi, les nouveaux électeurs, dont la plupart ont été nommés par François, ont, espérons-le, tiré les leçons de l'histoire et devraient savoir qu'il est nécessaire de savoir véritablement qui ils élisent. C'est une bonne nouvelle. Plutôt que de laisser un effort limité et coordonné influencer les premiers votes du conclave, il y a lieu d'espérer que les cardinaux seront moins naïfs et mieux préparés à juger eux-mêmes les qualités d'un candidat. Ils devraient également, espérons-le, se renseigner dès maintenant et apprendre à connaître leurs confrères cardinaux afin de pouvoir choisir positivement un candidat présentant des caractéristiques particulières.

    Quelles sont ces caractéristiques ? Il me semble qu'il s'agit avant tout de quelqu'un capable d'exprimer clairement sa foi, ce qui sera source d'unité pour l'Église. Il règne aujourd'hui une trop grande confusion sur ce que signifie être catholique, ce qui engendre inévitablement des divisions. Une guerre civile sourde règne au sein de l'Église, en grande partie due au manque de clarté de son enseignement et au manque apparent de confiance de certains quant à la prétention unique de l'Église à la plénitude de la vérité. Le monde a besoin d'une clarté que seule l'Église apporte. Sacrifier la clarté au nom de la « pertinence » n'a servi ni l'Église ni le monde.

    Dans ce contexte, la plus grande menace pour l'Église aujourd'hui vient de l'intérieur. L'incertitude quant à ce que l'Église enseigne sur des questions fondamentales est un cancer pour notre foi, car une fausse notion du  sensus fidelium  est utilisée pour obscurcir le  depositum fidei . Notre généreuse invitation à « venir et voir » est devenue la porte ouverte à une foi confuse. Tel est le danger de la vision synodale qui a dominé une grande partie de l'énergie et des ressources de l'Église ces dernières années. Une consultation sans clarté doctrinale est le meilleur moyen de créer de profondes divisions, comme l'a produit la dernière expression de la synodalité.

    Une Église synodale est une bonne chose en théorie, mais la façon dont elle a été mise en œuvre ces dernières années a fait plus de mal que de bien. L'Église n'est pas une institution démocratique et ne devrait pas être remodelée pour le devenir. Le sensus fidelium émane de ceux qui croient et s'efforcent de vivre ce que l'Église enseigne depuis 2 000 ans. Il n'est pas déterminé par des voix qui ne croient pas à ce que l'Église enseigne. Il est donc important que le prochain pape définisse plus clairement ce que signifie la synodalité pour l'Église universelle et corrige la façon dont elle a été détournée pour semer la confusion chez les fidèles.

    Nous avons également besoin d'un pape qui incarne la foi par sa sainteté et soit accueillant, mais aussi capable d'exprimer clairement ce que nous croyons et pourquoi. Il n'est pas nécessaire qu'il le fasse lors d'entretiens spontanés (auquel cas il devrait s'abstenir), mais il doit le faire par son enseignement formel. Il n'est pas nécessaire qu'il soit un théologien du calibre de Jean-Paul II ou de Benoît XVI, mais il doit avoir une pensée et une vision théologique claires. Il doit se tenir au-dessus des débats qui nous détournent si facilement du Christ et de notre foi. Le Catéchisme est un bon point de départ et devrait être un outil central du prochain pontificat.

    L'unité de l'Église naît d'une foi commune au Christ et à la vie à laquelle il nous appelle. Lorsque le Christ n'est pas le point de départ de la foi, l'Église devient autre chose que ce qu'elle est. Aujourd'hui, il est parfois difficile de discerner la place du Christ dans la vie de l'Église, lorsque la sociologie ou les sondages semblent souvent en être le point de départ. Le prochain pape devra être centré sur le Christ et entraîner les fidèles dans une relation plus profonde avec lui. Tout renouveau commence par une conversion plus profonde au Christ. C'est ainsi que naissent les saints, et telle est la mission première du prochain Saint-Père, le Vicaire du Christ.

    Nous avons également besoin d'un pape qui comprenne les défis de notre époque. Nos divisions théologiques internes sont en grande partie dues aux fausses ecclésiologies qui ont dominé l'après-Vatican II et qui ont ressuscité ces dernières années. Les vieux débats, traités par Jean-Paul II et Benoît XVI, sont ressuscités. Le prochain pape devrait revenir à l'interprétation officielle du Concile, donnée par les deux papes-théologiens profondément impliqués dans le Concile. Ce retour n'est pas un retour en arrière, mais un retour aux sources qui guident l'Église vers l'avenir. Le renouveau ne peut se faire indépendamment de notre Sainte Tradition. On entend beaucoup parler de réforme de l'Église, alors que c'est peut-être de renouveau dont nous avons réellement besoin. Réformer implique de transformer l'Église en quelque chose de différent, de lui donner une nouvelle forme. Le renouveau consiste à la rendre davantage conforme à sa vocation. Le pape François est célébré comme le pape de la réforme, mais ce dont nous avons besoin aujourd'hui, c'est d'un pape du renouveau.

    Nous avons également besoin d'un pape respectueux de l'État de droit. Le droit ecclésiastique est un don qui guide l'Église. Il n'est pas bon que le droit soit ignoré ou appliqué arbitrairement, comme ce fut le cas sous le pape François. Et nous ne voulons surtout pas donner l'impression que des faveurs sont accordées aux amis du pape. Un retour au droit, qui est juste, est le premier pas vers une authentique réforme curiale. Sans justice sous le droit, aucun renouveau institutionnel n'est possible.

    Enfin, une Église des marges est une bonne chose si l'on entend par là une Église en contradiction avec notre époque laïque. Nous le constatons sous diverses formes et dans toutes les cultures. L'Église ne s'exprime pas d'une seule manière, mais elle a une foi unique. Il est encourageant de voir l'Église s'épanouir dans les régions pauvres du monde. Il y a beaucoup à gagner de témoins fidèles des marges, mais ce témoignage doit être enraciné dans la foi unique et apostolique. Nos convictions sont plus importantes que les modes passagères.

    Le prochain pape, d'où qu'il vienne, devrait être un homme qui incarne le catholicisme. Accueillant et compatissant, certes, mais aussi quelqu'un qui comprenne clairement ce que signifie être catholique et ce que croient les catholiques. Ce dont nous avons besoin maintenant, c'est d'un pape qui vienne du cœur de l'Église : un homme de foi profonde, capable de gouverner et d'enseigner avec clarté et détermination.

    Viens, Esprit Saint, guide les cardinaux électeurs pour qu'ils nous donnent un tel homme.

    Note de l'éditeur :  cet essai a été publié à l'origine sur le site « What We Need Now ».)

  • Le mois le plus beau

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    <p>La Vierge adorant l'enfant Jésus par Giovani Ambrogio Bevilacqua. Fin du XVe siècle. Pavie, Italie.</p>

    "C'est le mois de Marie, c'est le mois le plus beau..."

    Origine du "mois de Marie"

    La dédicace d'un mois à une dévotion particulière est une forme de piété populaire. La dévotion du mois de Marie (mois de mai) est apparue à Rome au début du 18ème siècle. Elle s'est répandue d'abord en Italie sous l'influence des jésuites et est arrivée en France à la fin du 18ème siècle. Elle a été approuvée par le pape Pie VII au début du 19 ème (21 novembre 1815) après avoir subi l'opposition des jansénistes.

    (Voir l'historique détaillé ici : http://missel.free.fr/Sanctoral/05/mois_marie.html)

    Célébration du mois de Marie

    Le mois de Marie était très suivi autrefois. Actuellement encore dans beaucoup de paroisses durant le mois de mai, on récite le chapelet et on médite le rosaire; on adresse aussi personnellement beaucoup de prières à Marie. Le mois de Marie en mai et le mois du Rosaire en octobre sont les temps forts de la piété mariale.

  • Comment le mois de Mai est-il devenu le mois de Marie ?

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    Du site de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseille :

    Comment le mois de Mai est devenu le mois de Marie ?

    Pourquoi le mois de mai est le mois de Marie ? Ou plutôt Comment le mois de Mai est devenu le mois de Marie ?

    La vierge Marie

    Le choix du mois de Mai pour spécialement honorer Marie est un beau voyage au cœur de la piété populaire pour la mère de Dieu. En effet, les raisons de ce choix sont multiples et ont convergé au fil des siècles. Ces raisons sont de 3 ordres historique, populaire et ecclésiale, et enfin spirituel.

    Tout d’abord, au plan historique, le fait d’attribuer un culte particulier à chaque mois était une habitude romaine. Ainsi le nom de chaque mois correspondait à une divinité particulière du panthéon païen de l’antiquité; Janus en janvier, Februa dieu de la mort chez les étrusques en Février, Mars Dieu de la guerre en Mars, Aphrodite pour Avril, Maiai déesse de la fertilité et du printemps pour Mai, etc …

    Au XIII° siècle, le roi de Castille, Alphonse X le Sage (1239 + 1284), avait déjà associé dans un de ses chants la beauté de Marie et le mois de mai et, au siècle suivant, de nombreuses communautés aimaient à honorer Marie par des dévotions particulières:
le bienheureux dominicain Henri Suso avait, durant l’époque des fleurs, l’habitude de tresser des couronnes pour les offrir, au premier jour de mai, à la Vierge.

    En 1549, un bénédictin, V. Seidl, publia un livre intitulé le mois de mai spirituel, alors que saint Philippe Néri exhortait les jeunes gens à manifester un culte particulier à Marie pendant le moi de mai où il réunissait les enfants autour de l’autel de la Sainte Vierge pour lui offrir, avec les fleurs du printemps, les vertus qu’il avait fait éclore dans leurs jeunes âmes.

    Au XVII° siècle, à Cologne, en 1664, les élèves des Jésuites pratiquaient déjà, au mois de mai, des exercices de piété en l’honneur de Marie, tandis qu’en Alsace, des jeunes filles, appelées Trimazettes, quêtaient de porte en porte pour orner de fleurs l’autel de la Sainte Vierge1.

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  • Saint Joseph : l'exhortation apostolique "Redemptoris custos" de saint Jean-Paul II

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    EXHORTATION APOSTOLIQUE REDEMPTORIS CUSTOS DE SA SAINTETÉ JEAN-PAUL II SUR LA FIGURE ET LA MISSION DE SAINT JOSEPH DANS LA VIE DU CHRIST ET DE L'ÉGLISE

    (15 août 1989 - source)

    Aux évêques 
    Aux prêtres et aux diacres 
    Aux religieux et religieuses 
    A tous les fidèles laïcs

    INTRODUCTION

    1. Appelé à veiller sur le Rédempteur,«Joseph fit ce que l'Ange du Seigneur lui avait prescrit: il prit chez lui son épouse » (Mt 1, 24).

    Dès les premiers siècles, les Pères de l'Eglise, s'inspirant de l'Evangile, ont bien montré que; de même que saint Joseph a pris un soin affectueux de Marie et s'est consacré avec joie à l'éducation de Jésus Christ (1), de même il est le gardien et le protecteur de son Corps mystique, l'Eglise, dont la Vierge sainte est la figure et le modèle.

    En ce centenaire de la publication de l'encyclique Quamquam pluries du pape Léon XIII (2) et dans la ligne de la vénération multi-séculaire pour saint Joseph, je désire proposer à votre méditation, chers Frères et Soeurs, quelques réflexions sur celui à qui Dieu « confia la garde de ses trésors les plus précieux » (3). C'est avec joie que j'accomplis ce devoir pastoral afin que grandissent en tous la dévotion envers le Patron de l'Eglise universelle et l'amour pour le Rédempteur qu'il a servi de façon exemplaire.

    Ainsi, non seulement le peuple chrétien tout entier recourra avec plus de ferveur à saint Joseph et invoquera avec confiance son patronage, mais il aura toujours sous les yeux sa manière humble et sage de servir et de « participer » à l'économie du salut.(4)

    J'estime en effet qu'une réflexion renouvelée sur la participation de l'Epoux de Marie au mystère divin permettra à l'Eglise, en marche vers l'avenir avec toute l'humanité, de retrouver sans cesse son identité dans le cadre du dessein rédempteur, qui a son fondement dans le mystère de l'Incarnation.

    Joseph de Nazareth a précisément « participé » à ce mystère plus qu'aucune autre personne en dehors de Marie, la Mère du Verbe incarné. Il y a participé avec elle, entraîne dans la réalité du même événement salvifique, et il a été le dépositaire du même amour, par la puissance duquel le Père éternel « nous a prédestinés à être pour lui des fils adoptifs par Jésus Christ » (Ep 1, 5).

    I LE CONTEXTE ÉVANGÉLIQUE

    Le mariage avec Marie

    1. « Joseph, fils de David,ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse: ce qui a été engendré en elle vient de l'Esprit Saint et elle enfantera un fils auquel tu donneras le nom de Jésus, car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés » (Mt 1, 20-21).

    Ces paroles contiennent le noyau central de la vérité biblique sur saint Joseph, sur le moment de son existence auquel se référent en particulier les Pères de l'Eglise.

    L'évangéliste Matthieu explique la signification de ce moment, en précisant comment Joseph l'a vécu. Mais pour comprendre pleinement son contenu et son contexte, il est important d'avoir présent à l'esprit le passage parallèle de l'Evangile de Luc. En effet, en référence au verset qui dit « Voici quelle fut l'origine de Jésus Christ. Marie, sa mère, était accordée en mariage à Joseph; or, avant qu'ils aient habité ensemble, elle se trouva enceinte par le fait de l'Esprit Saint » (Mt 1, 18), l'origine de la maternité de Marie « par le fait de l'Esprit Saint » est décrite de façon plus détaillée et plus explicite dans ce que nous lisons en Luc à propos de l'annonce de la naissance de Jésus: « L'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée du nom de Nazareth, à une jeune fille accordée en mariage à un homme nommé Joseph, de la famille de David; cette jeune fille s'appelait Marie» (Lc 1, 26-27). Les paroles de l'ange: « Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi » (Lc 1, 28) provoquèrent un trouble intérieur en Marie et l'amenèrent aussi à réfléchir. Le messager tranquillise alors la Vierge et en même temps lui révèle le dessein spécial de Dieu sur elle: « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas être enceinte, tu enfanteras un fils et tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père » (Lc 1, 30-32).

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  • Saint Joseph, patron des travailleurs

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    SAINT JOSEPH, travailleur (source : Evangile au Quotidien)

            La fête de saint Joseph, travailleur, a été fixée au 1er mai par le pape Pie XII en 1955. Le monde du travail prend une conscience grandissante de son importance et c'est le rôle de l'Église de lui enseigner toute sa dignité ; la figure de saint Joseph y contribue merveilleusement. Cette fête de saint Joseph est une triple fête patronale : fête de l'Église, fête de la famille et du foyer, fête du travail.

             La présence de Jésus dans l'atelier de Nazareth enseigna à saint Joseph le prix des heures pénibles, et le dur labeur accepté comme une réparation pour le mépris de l'homme des lois de Dieu, a acquis grâce au Christ, une valeur rédemptrice. Artisan avec Dieu créateur, frère de travail de Jésus-Ouvrier, associé avec Lui au rachat du monde, saint Joseph n'attirera jamais trop les regards et la prière de notre siècle.

             C'est pourquoi l'Église, s'inspirant de la Tradition qui baptisa autrefois quantité de fêtes païennes pour les doter d'un contenu chrétien tout nouveau, plaça la fête civile du travail sous le puissant patronage de saint Joseph. Ouvrier toute sa vie, qui mieux que lui rendit grâces à Dieu le Père en son labeur de chaque jour ? C'est ce modeste artisan que Dieu choisit pour veiller sur l'enfance du Verbe incarné venu sauver le monde par l'humilité de la croix.

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  • 1er mai : fête de saint Joseph Artisan

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    la-tour-Georges-de_Joseph-charpentier-16421.jpgDu site Magnificat.ca :

    Saint Joseph Artisan

    La fête de saint Joseph Artisan, fixée au 1er mai par le pape Pie XII, succède à la solennité de saint Joseph qui se célébra jusqu'en 1955. Le monde du travail prend une conscience grandissante de son importance et c'est le rôle de l'Église de lui enseigner toute sa dignité; la figure de saint Joseph y contribue merveilleusement. Cette fête de saint Joseph est une triple fête patronale: fête de l'Église, fête de la famille et du foyer, fête du travail et de l'atelier. En était-il une qui fût davantage dans l'esprit de l'Évangile et dans l'esprit des temps nouveaux?

    La présence de Jésus dans l'atelier de Nazareth enseigna à saint Joseph le prix des heures pénibles, et le dur labeur accepté comme une réparation pour l'impudence de l'homme à faire fi des lois de Dieu, a acquis grâce au Christ, une valeur rédemptrice. Artisan avec Dieu créateur, frère de travail de Jésus-Ouvrier, associé avec Lui au rachat du monde, saint Joseph n'attirera jamais trop les regards et la prière de notre siècle.

    C'est pourquoi l'Église, s'inspirant de la Tradition qui baptisa autrefois quantité de fêtes païennes pour les doter d'un contenu chrétien tout nouveau, plaça la fête civile du travail sous le puissant patronage de saint Joseph. Ouvrier toute sa vie, qui mieux que lui rendit grâces à Dieu le Père en son labeur de chaque jour? C'est ce modeste artisan que Dieu choisit pour veiller sur l'enfance du Verbe incarné venu sauver le monde par l'humilité de la croix.

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  • "Papabile du jour" : le cardinal Jean-Marc Aveline, un rassembleur doté d'une vision globale

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    De John L Allen Jr/ (Crux) sur le Catholic Herald :

    Pape du jour : le cardinal Jean-Marc Aveline apparaît comme un rassembleur doté d'une vision globale

    cardinal aveline

     
    29 avril 2025

    D'ici le conclave du 7 mai destiné à élire le successeur du pape François, John Allen dresse chaque jour le portrait d'un  papabile différent,  terme italien désignant un homme susceptible de devenir pape. Il n'existe aucun moyen scientifique d'identifier ces prétendants ; il s'agit principalement d'évaluer leur réputation, leurs fonctions et leur influence au fil des ans. Il n'y a également aucune garantie que l'un de ces candidats en sortira vêtu de blanc ; comme le dit un vieux dicton romain : « Qui entre dans un conclave en tant que pape en sort cardinal. » Ce sont pourtant les noms les plus en vue à Rome en ce moment, ce qui garantit au moins qu'ils seront remarqués. Connaître ces hommes permet également de se faire une idée des enjeux et des qualités que d'autres cardinaux jugent souhaitables à l'approche de l'élection.

    ROME – Le pape François a osé défier les conventions en habitant non pas l'appartement papal traditionnel du Palais apostolique, mais la Maison Sainte-Marthe. Mais imaginez que ce pontife anticonformiste ait poussé les choses plus loin et décidé de déménager non seulement d'un lieu du Vatican à un autre, mais aussi hors de Rome ?

    On pourrait soutenir que, compte tenu des priorités sociales et politiques du pontife, il aurait bien pu choisir Marseille en France – où il aurait trouvé un hôte très sympathique en la personne du cardinal Jean-Marc Aveline, 66 ans, souvent décrit comme l'évêque préféré du défunt pontife.

    Marseille est, et a toujours été, une ville portuaire, ce qui en fait un carrefour naturel de peuples, de cultures et de religions. Aujourd'hui, environ 25 % de la population est musulmane, principalement composée d'immigrés d'Afrique du Nord. C'est aussi un lieu de contrastes entre une grande richesse et une pauvreté déchirante dans les quartiers d'immigrés de la périphérie nord de la ville, appelés «  Quartiers Nord ».  C'est un point de rencontre essentiel pour toute la région méditerranéenne, que François a souvent qualifié de plus grand cimetière à ciel ouvert du monde pour tous les migrants et réfugiés morts en tentant de rejoindre l'Europe. En tant que ville côtière, c'est un endroit idéal pour évaluer l'impact du changement climatique, notamment la hausse des températures, la fréquence accrue des vagues de chaleur et l'érosion côtière.

    Le pape François s'est rendu à Marseille en septembre 2023, un voyage au cours duquel l'affection du pape pour la ville et pour son pasteur en chef semblait évidente.

    Né en Algérie dans une famille de  pieds-noirs , c'est-à-dire d'Européens (ici des Espagnols) installés en Algérie à l'époque de la colonisation française, Aveline et sa famille furent contraints à l'exil à l'âge de quatre ans après une sanglante guerre d'indépendance. Ils finirent par s'installer à Marseille en 1965, ce qui donna au futur cardinal une sympathie naturelle pour les migrants et les réfugiés, ayant lui-même vécu leur expérience. Aveline parle notamment l'arabe, ce qui lui permet de communiquer avec la population immigrée de sa ville dans sa langue maternelle.

    Aveline avait deux sœurs, toutes deux décédées, mais ses parents sont toujours en vie et vivent à Marseille, où il consacre une partie de son temps personnel à les aider à prendre soin d'elles.

    Après avoir discerné une vocation au sacerdoce, Aveline étudiera dans des séminaires à Avignon et à Paris, et sera ordonnée en 1984. Perçue comme une intellectuelle douée, Aveline enseignera la théologie et dirigera un séminaire interdiocésain à Marseille, puis deviendra professeur de théologie à l'Université catholique de Lyon.

    Aveline était connu comme le « fils spirituel » du regretté cardinal Roger Etchegaray, qui avait lui-même été archevêque de Marseille avant de diriger le Conseil pontifical Justice et Paix du Vatican. Tout au long de sa carrière, Etchegaray s'est distingué par sa grande culture et sa grande ouverture d'esprit, attaché à l'écoute et au dialogue – autant de qualités que la plupart des observateurs attribuent également à son protégé.

    Après son élection à la papauté en mars 2013, François n'a manqué presque aucune occasion de propulser la carrière d'Aveline, le nommant évêque auxiliaire de Marseille en décembre 2013, puis archevêque de Marseille en août 2019, et enfin le nommant cardinal en août 2022.

    Ce n'est pas seulement le défunt pontife qui a manifesté affection et confiance en Aveline ; plus tôt ce mois-ci, il a été élu nouveau président de la conférence des évêques de France, avec l'un de ses collègues prélats, Mgr Renauld de Dinechin, évêque de Soissons, Laon et Saint-Quentin, qui s'est exclamé : « Le cardinal est fraternel, joyeux et encourageant, doté d'une grande intelligence... il est apprécié de tous. »

    Il reçoit également de bonnes critiques dans les cercles laïcs, ayant été intronisé à la prestigieuse  Légion d'honneur du pays  en 2002 par le président français Emmanuel Macron.

    Les catholiques progressistes apprécient particulièrement Aveline. Dans certains cercles catholiques français, il est surnommé « Jean XXIV », une référence non seulement à l'esprit réformateur du « bon pape Jean » et au concile Vatican II, mais aussi à la ressemblance physique frappante d'Aveline, souriant, un peu mal fagoté et rondouillard, avec Jean XXIII.

    Pourtant, Aveline n’est pas un idéologue et, à plusieurs reprises au cours de sa carrière, il a été prêt à s’opposer à l’orthodoxie libérale.

    Par exemple, il n’est pas un partisan de l’immigration incontrôlée et a déclaré que quiconque l’est « ne vit certainement pas dans certains quartiers de nombreuses villes marqués par un taux de chômage élevé, le trafic de drogue, la dégradation et le manque de sécurité ».

    Aveline a également manifesté une certaine sympathie pour la petite mais influente aile traditionaliste du catholicisme français. Il a notamment tenté, sans succès, de régler un conflit dans le diocèse de Toulon entre Mgr Dominique Rey, un ami personnel, et le Vatican, sur des questions telles que l'accueil des mouvements traditionalistes et l'ordination d'un grand nombre de prêtres attachés à l'ancienne messe latine. Finalement, Mgr Rey a été contraint de démissionner en janvier, mais les traditionalistes se souviennent néanmoins des efforts d'Aveline pour apporter son aide.

    En général, Aveline est considérée comme une figure presque impossible à ne pas aimer sur le plan personnel, une figure avec des positions largement progressistes mais qui est ouverte à ceux qui ont des inclinations plus conservatrices, et un prélat avec un esprit agile, une solide éthique de travail et un bon cœur.

    Les arguments en faveur d’Aveline comme pape ?

    Si vous cherchez quelqu'un pour continuer l'héritage du pape François, mais peut-être avec un peu plus de considération pour les catholiques de tempéraments différents, quelqu'un capable de réduire les tensions internes dans l'Église plutôt que de les exacerber, Aveline pourrait avoir beaucoup d'attrait.

    De plus, son expérience marseillaise a certainement permis à Aveline de faire face à la plupart des grands défis sociaux et culturels du début du XXIe siècle, de l’immigration et des relations interconfessionnelles à la pauvreté et à l’environnement.

    La personnalité affable et le charme d'Aveline feraient de lui une figure incontournable sur la scène internationale, aux antipodes de la dynamique agressive des Donald Trump. Ce serait une belle image pour l'Église catholique, et contribuerait peut-être même à relancer son action missionnaire.

    Tout cela explique pourquoi Aveline semble susciter un vif intérêt, et pas seulement parmi les habituels Européens. À l'heure actuelle, par exemple, plusieurs cardinaux latino-américains seraient favorables à sa candidature, le considérant comme une figure dotée d'une vision véritablement mondiale de l'Église.

    Les arguments contre ?

    D'une part, Aveline est français, ce qui a été considéré pendant des siècles comme un obstacle à un pape potentiel en raison de l'héritage de la captivité de la papauté à Avignon, un sombre chapitre de l'histoire que personne ne souhaite revivre. Près de sept siècles plus tard, cependant, les électeurs sont peut-être enfin prêts à abandonner ce vieux préjugé, d'autant plus qu'Aveline est un fervent partisan non seulement de l'intégration européenne, mais aussi méditerranéenne.

    De plus, Aveline ne parle pas vraiment italien, ce qui constitue un handicap évident pour un éventuel évêque de Rome. Il a cependant des dons pour les langues et pourrait probablement apprendre ; en attendant, sa façon de réveiller les souvenirs de Jean XXIII pourrait suffire à lui assurer toute la crédibilité italienne dont il a tant besoin.

    L'âge d'Aveline, 66 ans, pourrait constituer un obstacle pour certains cardinaux. S'il restait en poste jusqu'au même âge que le pape François, 88 ans, cela donnerait un pontificat de 22 ans, ce qui pourrait être perçu comme extrêmement long – même si d'autres pourraient trouver la stabilité qu'un tel scénario impliquerait rassurante.

    En résumé, si vous êtes cardinal et que vous avez trouvé convaincante la récente prière pour le conclave publiée par le cardinal Camillo Ruini, âgé de 94 ans, et notamment son plaidoyer en faveur de « la certitude de la vérité et de la sécurité de la doctrine », il n'est pas certain qu'Aveline soit votre candidat. Bien qu'il n'ait pas pris de position publique ferme sur la plupart des questions théologiques controversées, jouant la carte de la discrétion, sa vision généralement progressiste ne rassurera probablement pas ceux qui recherchent une approche plus prévisible et conventionnelle.

    Aveline aurait dit un jour à quelqu’un qui craignait que le cardinal soit surmené : « Chaque fois que le poids de votre charge de travail augmente, vous devez allonger le temps de votre prière. »

    Reste à savoir s'il devra recourir à cette règle d'une toute nouvelle manière s'il est l'homme qui foulera la loggia centrale de la basilique Saint-Pierre vêtu de blanc. Si cela se produit, on imaginera le pape François contemplant le ciel avec satisfaction ; après tout, il a plus d'une fois prédit que son successeur s'appellerait Jean XXIV.

  • Saint Joseph-Benoît Cottolengo (30 avril)

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    Présenté par Benoît XVI le 28 avril 2010 : 

    Joseph Benoît Cottolengo naquit à Bra, une petite ville de la province de Cuneo, le 3 mai 1786. Aîné d'une famille de douze enfants, dont six moururent en bas âge, il fit preuve dès l'enfance d'une grande sensibilité envers les pauvres. Il suivit la voie du sacerdoce, imité également par deux de ses frères. Les années de sa jeunesse furent celles de l'aventure napoléonienne et des difficultés qui s'ensuivirent dans les domaines religieux et social. Cottolengo devint un bon prêtre, recherché par de nombreux pénitents et, dans la ville de Turin de l'époque, le prédicateur d'exercices spirituels et de conférences pour les étudiants universitaires, auprès desquels il remportait toujours un grand succès. A l'âge de 32 ans, il fut nommé chanoine de la Très Sainte Trinité, une congrégation de prêtres qui avait pour tâche d'officier dans l'Eglise du Corpus Domini et de conférer leur dignité aux cérémonies religieuses de la ville, mais cette situation ne le satisfaisait pas. Dieu le préparait à une mission particulière, et, précisément à la suite d'une rencontre inattendue et décisive, il lui fit comprendre quel aurait été son destin futur dans l'exercice de son ministère.

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  • Saint Pie V (30 avril)

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    saintPieV.jpgSaint Pie V, pape († 1572)(source)

    C'est précisément l'Église réorganisée par le concile de Trente que le pape saint Pie V réussit à promouvoir au cours d'une activité sans faille au service de la foi. En effet Michel Ghislieri - jusque-là professeur, maître des novices et prieur, inquisiteur provincial à Côme et à Bergame -, entre dans la grande machine ecclésiastique romaine comme Commissaire général de l'Inquisition en 1551. Son protecteur, le cardinal Carafa devenu Paul IV, le nomme en 1556 évêque de Nepi et Sutri, puis de Mondovi, tout en le faisant Inquisiteur général de la chrétienté.

    Il devient cardinal en 1557. Nicole Lemaître, sa récente biographe, montre qu'il commence à modifier l'image sociale du cardinalat. Jusqu'alors, dans un État temporel comme celui du Pape, les cardinaux restaient des princes. " Religieux mendiant, sans famille brillante [...] il pouvait se permettre de faire de sa vie un modèle. " Il limite ses dépenses à l'extrême, aux dépens peut-être du mécénat qui était alors attendu des gens de sa sorte.

    Le cardinal Ghislieri connaît des années un peu plus difficiles sous le pontificat de Pie IV qui réussit à terminer le concile de Trente à la fin de 1563. Deux ans après, il lui succède après une élection unanime. Pie V va alors s'employer à mettre en oeuvre les décisions du concile de Trente qui, comme celles de Latran V l'ayant précédé un demi-siècle, auraient pu rester lettre morte. On lui doit la promulgation du Catéchisme tridentin et surtout une refonte de la liturgie par le bréviaire et le missel. (...)

    Le pape Pie V est un des grands artisans de la Réforme catholique par la purification des moeurs, à la Curie, dans la ville de Rome et les États pontificaux. Il a voulu en donner l'exemple par une vie pieuse, sainte et désintéressée, ce qui l'a amené à renoncer à tous les avantages que sa famille pouvait attendre de son élévation. Pour sa famille religieuse, Pie V, tout en accordant une préséance aux prêcheurs sur les autres ordres, intervint pour les réformer en s'appuyant sur les maîtres de l'ordre.

    Un des grands succès de la politique de saint Pie V fut la bataille navale de Lépante contre les Turcs, le 7 octobre 1571. Attribuant cette victoire à la protection de la Vierge Marie, le Pape engagea les prêcheurs à célébrer chaque année une fête de Notre-Dame de la Victoire qui devint ensuite Notre-Dame du Rosaire. Pie V mourut le 1er mai 1572 et fut béatifié exactement un siècle après. (...) Pie V, avec ses limites, ses échecs et son immense travail, a surtout rendu à l'Église le service, après les turpitudes des papes de la Renaissance, de présenter la figure d'un pontife irréprochable, modèle des princes-serviteurs. (Source : Quilici, Alain; Bedouelle, Guy. Les frères prêcheurs autrement dits Dominicains. Le Sarment/Fayard, 1997)

  • Quand un pape nettoyait les écuries d'Augias... (saint Pie V, 30 avril)

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    De Christophe Dickès sur le site "Storia Voce" (web radio) :

    Quand un pape nettoyait les écuries d’Augias du Vatican

    Pour les catholiques, le nom de saint Pie V est généralement associé à la messe en latin. Pour les autres, ce nom nous renvoie aux pires heures de l’Eglise : à la persécution des juifs, à l’inquisition bien évidemment mais aussi à la croisade. Or l’historien se doit avant tout de se replacer dans une époque. Il ne doit pas juger le passé avec des lunettes anachroniques, mais au contraire comprendre les faits à travers les mentalités et les conceptions du temps. Or si nous nous replaçons précisément dans cette époque du XVIe siècle, nous observons que l’Eglise est à une charnière de son histoire. Elle opère même une mutation majeure grâce à une réforme en profondeur. Pour l’Eglise, cette idée de réforme n’est pas anodine. Il y eut par le passé de nombreuses réformes : que l’on songe à Grégoire le Grand au VIe siècle, à la réforme grégorienne du XIe siècle ou encore à celle du Concile de Latran IV au XIIIe siècle. La réforme vise à retrouver la pureté des origines. Il s’agit de « re » former et de renouer les liens avec les valeurs évangéliques. Dans ce mouvement, le rôle de Pie V au XVIe siècle est essentiel et même historique puisque son empreinte va durer pas moins de quatre siècles… Pourtant, le pontificat n’a duré que six ans. Philippe Verdin o. p. lui consacre un essai historique. Il est interrogé par Christophe Dickès.

    L’invité: Philippe Verdin est dominicain. Il est l’un des animateurs du site Internet Retraite dans la Ville. Il a publié une douzaine de romans, essais, livres d’entretiens. Il est l’auteur entre autres de Saint Pie V, le pape intempestif paru aux Editions du Cerf (226 pages, 18€)

    Attention, la vidéo ci-dessous est une reprise de l’enregistrement audio. L’image est donc fixe.

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  • Une époque s’est terminée avec le pontificat du pape François. Quelle ère va s'ouvrir maintenant ?

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    De sur Il Giornale :

    « L'Église ne doit pas être une ONG. Le risque est de décevoir les fidèles. »

    Le cardinal Gerhard Ludwig Müller, ancien préfet de l'ancien Saint-Office, à propos de la Chine : « Nous ne pouvons pas dépendre d'un système athée »

    Le cardinal Gerhard Ludwig Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, s'exprime sur l'avenir de l'Église catholique, quelques jours avant le conclave auquel il participera. Le même qui élira le successeur du pape François.

    Votre Éminence, vous avez dit qu’une époque s’est terminée avec le pontificat du pape François. Quelle ère va s'ouvrir maintenant ?

    « Lors de la magnifique homélie du cardinal Re samedi, à laquelle ont participé des centaines de milliers de fidèles, les gens ont applaudi lorsque les gestes et les actions sociales et humanitaires du pape François ont été évoqués. La grande participation à sa mort dans le monde entier, même de la part de communautés et d’organisations non chrétiennes critiques envers l’Église, a démontré comment le pape François a su affirmer et reconnaître l’autorité morale de la papauté pour la paix et la conscience de l’unité de toute la famille des nations. Nous ne devons cependant pas oublier que le Christ a fondé l'Église comme sacrement du salut du monde, afin que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité par l'unique médiateur entre Dieu et les hommes : le Christ Jésus.

    De nombreuses questions doctrinales sont abordées : de la communion pour les divorcés remariés à l'ouverture aux homosexuels, en passant par le rapport aux autres religions, notamment à l'islam.

    « À proprement parler, les questions évoquées ne sont pas ouvertes. Parce que l'enseignement de l'Église, qui résulte de la révélation de Dieu fondée sur l'Écriture Sainte et sur l'enseignement continu de l'Église, est clair et évident. L’autorité magistérielle de l’Église a le devoir, au nom de Dieu, de démasquer les idéologies athées qui se fondent sur une fausse image de l’humanité et de protéger les personnes des effets dévastateurs d’une fausse morale qui a caché son poison sous une douce apparence. Mais il s’agit d’aider pastoralement et personnellement les personnes en difficulté existentielle, comme le ferait Jésus, le bon pasteur, à trouver le bon chemin qui nous conduit au salut en Dieu. Le dialogue interreligieux est subordonné à la vérité qui vient de Dieu et que les hommes recherchent, mais il ne relativise pas la vérité ni ne la divise entre les partenaires individuels comme des morceaux d'un gâteau.

    Ces dernières années, le risque d’un schisme a été redouté. Est-ce un problème persistant ?

    « Un schisme est toujours un événement historique d’une importance énorme. Mais tout comme il y a une émigration interne, il y a aussi un schisme interne, une émigration interne ou une protestation silencieuse. Le Magistère a pour tâche de confirmer les fidèles dans la foi révélée et contraignante de l’Église. Il faut éviter les fonctions idéologiques qui remplacent l’enseignement authentique de l’Évangile, fondé sur l’Écriture sainte et la tradition apostolique. Il faut également éviter cela lorsqu’on le présente sous le prétexte de la modernisation, qui n’est en réalité qu’une falsification moderniste de la foi.

    La question de l’accord avec la Chine sur la nomination des évêques sera-t-elle au centre du Conclave ? En parlez-vous dans les Congrégations ?

    « Je ne sais pas si et qui soulèvera cette question. En tout cas, l’Église ne doit jamais dépendre d’un système athée.

    L’Église du futur sera-t-elle contre le relativisme ? Ou plutôt une Église de type ONG ?

    « Le problème aujourd’hui n’est pas seulement le relativisme mais sa conséquence, c’est-à-dire le totalitarisme. L'Église est un fondement de Dieu et non une organisation construite par les hommes selon leurs caprices.

    Le futur pape pourrait-il convoquer un nouveau concile ?

    « Un concile œcuménique a pour tâche d’exposer la foi de l’Église et de l’interpréter de manière authentique. De nombreuses questions d’actualité doivent d’abord être discutées par les théologiens.

  • Le conclave va décider de l'orientation de l'Eglise

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    De kath.net/news :

    George Weigel : Le conclave est une décision d'orientation

    29 avril 2025

    Avec l'élection du prochain pape, les cardinaux électeurs décident également de l'orientation que prendra l'Eglise dans ses relations avec le monde moderne, écrit le théologien et biographe du pape américain.

    Lors du prochain conclave, une question qui préoccupe l'Eglise catholique depuis la fin du 18e siècle se trouve en arrière-plan : L'Église doit-elle s'adapter au monde moderne, comme l'a fait le protestantisme libéral et comme tente de le faire aujourd'hui le catholicisme allemand ? Ou l'Église doit-elle travailler à convertir le monde actuel et à donner aux aspirations modernes à la liberté, à l'égalité et à la solidarité un fondement solide dans les vérités que la religion biblique enseigne depuis des millénaires ? C'est le thème du prochain conclave, écrit George Weigel, théologien renommé et biographe de Jean-Paul II, dans une tribune publiée dans le Wall Street Journal du 23 avril.

    Depuis le concile Vatican II, la ligne de fracture au sein de l'Église catholique est déterminée par deux approches concurrentes sur la relation de l'Église avec le monde moderne. L'une des interprétations voit dans le Concile un nouveau départ pour l'Eglise, même si cela implique de modifier ou d'abandonner des vérités qui ont prévalu pendant près de deux mille ans. L'autre approche voit dans Vatican II une réforme de l'Eglise en « continuité dynamique » avec la tradition, écrit Weigel.

    Les deux orientations veulent rendre l'Église attractive pour les chrétiens et les autres qui cherchent une compréhension et une orientation spirituelles dans notre monde chaotique. Mais seule la deuxième direction, que Weigel qualifie d'« orthodoxie dynamique » (dans le sens d'« orthodoxie »), a réussi à attirer les gens en plus grand nombre dans les églises.

    Bien que l'Allemagne, avec le cardinal Reinhard Marx, le cardinal Rainer Maria Woelki et le cardinal Gerhard Ludwig Müller, ne comptera que trois cardinaux électeurs lors du prochain conclave, la situation de l'Eglise en Allemagne influencera les délibérations des cardinaux. Le catholicisme allemand est le « laboratoire le plus important » pour une Eglise adaptée à la modernité, écrit Weigel. L'Eglise en Allemagne est « immensément riche, fortement bureaucratisée et socialement acceptable pour la gauche allemande, notamment en raison des opinions de ses dirigeants sur les questions LGBT, l'idéologie du genre et le mouvement trans », poursuit-il textuellement.

    Mais sur le plan religieux, elle court à sa perte, constate-t-il. Dans certaines zones urbaines, le pourcentage de personnes assistant à la messe le dimanche est inférieur à 2 pour cent. Mais cela n'empêche pas la grande majorité des évêques allemands de considérer leur conception de l'Eglise - que l'on pourrait qualifier d'« Eglise du peut-être » ou de « catholique light » - comme la seule voie possible pour le catholicisme au 21e siècle, remarque Weigel.

    Cette opinion est notamment contredite par le fait que la partie la plus vivante de l'Eglise aux Etats-Unis se trouve dans le camp de « l'orthodoxie dynamique ». Elle est surtout démentie par la croissance considérable de l'Eglise en Afrique subsaharienne, où l'« orthodoxie dynamique » a amené des millions de personnes au Christ. A la fin de ce siècle, l'Afrique sera le « centre démographique » de l'Eglise catholique, prédit Weigel.

    Lors de rencontres internationales d'évêques en 2014 et 2015, les dirigeants du catholicisme allemand auraient fait savoir à leurs homologues africains qu'ils n'étaient pas assez progressistes sur les questions soulevées par la révolution sexuelle. Les dirigeants de l'Eglise africaine ont averti les évêques allemands de ne pas imposer leur décadence occidentale à leurs jeunes communautés en pleine croissance.