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Foi - Page 133

  • Belgique : de plus en plus de jeunes adultes demandent à être baptisés

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    Du site de la RTBF ( et ) :

    De plus en plus de jeunes adultes demandent le baptême en Belgique

    9 mars 2025

    On les appelle des catéchumènes. Ces adolescents et jeunes adultes se préparent à recevoir le baptême après plusieurs mois de réflexion et d’accompagnement. En Belgique, leur nombre est en nette augmentation. Cette année, 71 d’entre eux ont vécu l’Appel décisif à Liège, une étape clé où l’évêque reconnaît officiellement leur engagement avant les célébrations de Pâques. L’an dernier, ils étaient 49, et cette tendance à la hausse se confirme d’année en année. Pour autant, ces chiffres en hausse ne compensent pas les milliers de débaptisations annuelles.

    Un engouement en hausse

    Ce phénomène ne concerne pas que Liège. Partout en Belgique, l’Église observe une hausse des demandes de baptême chez les jeunes adultes. " Le nombre de jeunes adultes qui demandent le baptême a doublé en dix ans ", confirme Jean-Pierre Deleersnijder, directeur de la communication du diocèse de Liège.

    Les chiffres confirment cette tendance :

    • En 2014, 244 adultes ont été baptisés en Belgique.
    • En 2024, ils seront environ 500.
    • Au total, plus de 600 catéchumènes sont en préparation cette année, dont 461 en Fédération Wallonie-Bruxelles.

    Cette hausse s’explique par plusieurs facteurs, notamment une quête de sens plus marquée chez les jeunes et une approche plus accessible du baptême.

    Un cheminement personnel et spirituel

    Anne-Lise, 21 ans, fait partie de ces jeunes qui ont choisi de se faire baptiser. Dans son église de village, elle suit ce parcours depuis plusieurs mois avec une conviction grandissante. "Je me suis questionnée sur à peu près tout. Sur le visible, mais aussi l’invisible", confie-t-elle. Sa décision s’est nourrie de réflexions personnelles, mais aussi d’échanges avec ses proches et de contenus découverts sur les réseaux sociaux.

    "Comme tous les jeunes de mon âge, j’ai Instagram et Facebook, mais c’est vrai que ça m’a influencée parce que j’ai découvert beaucoup de réconfort dans ce genre de choses.", explique-t-elle.

    Les réseaux sociaux, nouveaux vecteurs de foi

    Pour répondre à cet intérêt grandissant, l’Église adapte ses méthodes de communication. " On remarque que les jeunes sont en quête de sens et ils ne reçoivent plus nécessairement l’éducation chrétienne au sein de la famille ou dans les écoles. Aujourd’hui, les réseaux sociaux ont pris une place importante. D’ailleurs, au sein du diocèse de Liège, on développe beaucoup l’information à travers nos pages Facebook, Instagram et YouTube. "

    Loin d’être anecdotiques, ces initiatives permettent à des jeunes comme Anne-Lise de découvrir des témoignages, de poser des questions et d’explorer la foi chrétienne à leur rythme.

    Entre baptêmes et débaptisations : une polarisation qui s’accentue

    Si de plus en plus de jeunes adultes choisissent le baptême, d’autres prennent le chemin inverse. En 2023, plus de 14.000 personnes en Belgique ont demandé à être débaptisées.

    Ce contraste illustre l’évolution des rapports à la foi : certains redécouvrent la spiritualité, d’autres marquent une rupture avec l’Église. Pourtant, le baptême des enfants reste une tradition bien ancrée, avec 34.826 célébrations recensées toujours pour l’année 2023.

  • Woluwe-Saint-Lambert, 13 mars à 20h : « Le Sacré Coeur de Jésus, plus que jamais pour aujourd’hui »

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    Du site de l'Unité pastorale de Woluwe-Saint-Lambert :

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    Le jeudi 13 mars à 20h : « Le Sacré Coeur de Jésus, plus que jamais pour aujourd’hui ».

    Bienvenue à chacun à l’église St Lambert pour écouter l’abbé Edouard Marot et Mme Alicia Beauvisage nous parler du Sacré Coeur de Jésus. Notre église se trouve place du Sacré Coeur à Woluwé St Lambert et dispose d’une très belle statue du Sacré Coeur à l’intérieur de l’église mais aussi sur la place à l’extérieur.

    L’abbé Edouard Marot, administrateur paroissial de Notre-Dame-de-Stockel, a reçu comme seconde mission de diffuser l’Amour du Sacré-Coeur de Jésus dans le monde entier. Une semaine par mois, il quitte la paroisse pour rendre témoignage des grâces que le Cœur de Jésus répand dans les âmes avec Alicia Beauvisage. Née au Salvador, elle habite en France avec sa famille depuis quarante ans ; ayant trouvé, au lendemain de la mort du pape Jean-Paul II, dans une brocante, un petit reliquaire de sainte Marguerite-Marie, elle est devenue l’apôtre infatigable du Cœur de Jésus.

  • Un évêque nigérian dénonce : le meurtre d'un prêtre n'est pas une « tragédie isolée »

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    Du Père Justine John Dyikuk sur The Pillar :

    Un évêque nigérian : le meurtre d'un prêtre n'est pas une « tragédie isolée »

    11 mars 2025

    Note du Pillar : En conclusion de ce rapport, nous trouvons une photographie du Père Sylvester Okechukwu, prise après son assassinat. Cette photographie est troublante. The Pillar a choisi de la publier, comme un témoignage de la violence perpétrée contre le Père Okechukwu et contre des centaines de chrétiens enlevés et tués dans le nord du Nigeria. Les lecteurs doivent faire preuve de prudence avant de la consulter.

    Alors que les chrétiens recevaient les cendres mercredi dernier pour commencer le Carême, la nouvelle a éclaté au Nigeria qu'un prêtre avait été brutalement assassiné par des ravisseurs, qui avaient pris d'assaut son presbytère la nuit précédente et l'avaient kidnappé.


    Père Sylvester Okechukwu. Photo de courtoisie

    Le diocèse de Kafanchan, dans le centre-nord du Nigeria, a exprimé son indignation suite à l'enlèvement et au meurtre du père Sylvester Okechukwu, 44 ans, par des inconnus. Selon les experts, ce meurtre illustre la situation de violence à laquelle sont confrontés les chrétiens au Nigeria.


    « Avec une profonde tristesse et une juste indignation, je condamne dans les termes les plus forts la vague incessante et tragique d’enlèvements visant des prêtres, des agents pastoraux et des fidèles », a déclaré Mgr Julius Kundi lors d’une conférence de presse le 7 mars, exprimant son indignation « face à l’enlèvement et au meurtre brutal » de son prêtre.

    Selon des sources du diocèse, Okechukwu aurait été ligoté par ses ravisseurs et sa tête aurait été battue avec un objet contondant jusqu'à ce que son crâne se fende.

    Mgr Kundi a décrit l’assassinat comme « l’enlèvement horrible et le meurtre horrible de mon fils », insistant sur le fait qu’il s’agit « d’une attaque cruelle contre notre foi, notre humanité et la paix de notre État ».

    La mort d'Okechukwu n'est pas seulement une attaque contre l'Église, mais un affront direct aux valeurs de justice, de paix et de dignité humaine, a ajouté l'évêque. Le diocèse est en proie à l'angoisse et le pays est lourd de colère.

    Mgr Kundi a appelé à la justice et a exhorté les Nigérians à se rappeler que le meurtre d’Okechukwu « n’est pas une tragédie isolée ».

    L'évêque de Kafanchan a noté d'autres violences contre les chrétiens dans son diocèse : le meurtre du catéchiste Raymond Ya'u le 21 juillet 2021, l'enlèvement et le meurtre du père Johnmark Cheitnum en juillet 2022, le meurtre du séminariste de 25 ans Naaman Stephen Ngofe en septembre 2023 et la disparition du catéchiste Istifanus Katunku, enlevé le 4 juillet 2024 et dont on ignore où il se trouve.

    Outre ces violences, l’évêque a noté « l’enlèvement de nombreux fidèles laïcs » dans la région, « où les criminels continuent de faire des ravages sur des vies innocentes ».

    « Les rançons scandaleuses exigées pour leur libération non seulement dévastent les familles, mais constituent également une grave menace pour la sécurité alimentaire et le bien-être général de la population du diocèse de Kafanchan et du sud de Kaduna dans son ensemble », a déclaré l'évêque.

    Ces violences surviennent dans un contexte de montée de la violence et de l'anarchie au Nigeria, en particulier dans les régions du pays. Certaines attaques peuvent être attribuées à des militants islamistes désireux d'accroître leur influence dans la région, tandis que des bandes criminelles armées ont également profité de la présence réduite de la police dans la région.

    Au cours du mois dernier, six prêtres, un séminariste et plusieurs paroissiens ont été kidnappés dans le nord du Nigeria. Beaucoup d’entre eux sont toujours en captivité, leurs ravisseurs n’ayant pas encore été identifiés.

    En 2024, 13 prêtres ont été enlevés au Nigeria. Selon une analyse récente, près de 200 prêtres et séminaristes ont été enlevés au Nigeria depuis 2015, dont au moins 13 ont été tués au cours de leur enlèvement, en plus d’autres tués lors d’attaques de gangs ou de milices contre des églises et des villages.

    Mgr Kundi a expliqué que les enlèvements – au cours desquels des rançons sont extorquées aux communautés pour libérer les personnes kidnappées – ont des conséquences économiques à long terme.

    « Les enlèvements ont semé la peur au sein des communautés, perturbé les moyens de subsistance et intensifié les difficultés économiques dans une région déjà en difficulté », a déclaré Kundi.

    Notant que six personnes avaient été enlevées ces dernières semaines dans la paroisse Saint-Matthieu du village d'Anchuna, l'évêque a déclaré : « Nous ne pouvons pas rester silencieux alors que notre peuple vit dans la peur, incertain de ce que l'avenir lui réserve. »


    Le mois dernier, aux premières heures du 6 février, le père Cornelius Manzak Damulak, étudiant à l’Université Veritas d’Abuja, a été kidnappé à sa résidence.

    Alors qu'il revenait d'une visite à l'hôpital le 12 février, le père Livinus Maurice de l'église Saint-Patrick d'Isokpo, dans l'État de Rivers, a été kidnappé avec deux paroissiens.

    Le 19 février, un prêtre de l'archidiocèse de Jos, le révérend Moses Gyang, a été enlevé dans sa résidence paroissiale de la paroisse St. Mary Maijuju, en compagnie de sa nièce et de Nyam Ajiji, le président du conseil paroissial. Aijiji aurait été tué. Bien que des rumeurs circulent selon lesquelles Gyang et sa nièce ont été libérés, l'archidiocèse de Jos n'a pas encore confirmé leur libération.

    Le père Abraham Saumam et le père Matthew Dusemi ont été enlevés le 22 février au presbytère de la paroisse de Gwedda Mallam, dans l'État d'Adamawa. Les deux prêtres ont depuis été secourus.

    Le 3 mars, des hommes armés ont attaqué l’église catholique Saint-Pierre à Iviukhua-Agenebode, dans l’État d’Edo, enlevant le père Phillip Ekweli et un séminariste. Ils n’ont pas encore été libérés.


    Pour sa part, Mgr Kundi a déclaré la semaine dernière que les responsables gouvernementaux doivent s’attaquer à la montée de la violence dans le pays.

    « Nous exigeons que le gouvernement et les agences de sécurité prennent des mesures immédiates et décisives pour traduire en justice les auteurs de ces crimes odieux. »

    « Le sang du Père Sylvester Okechukwu et de toutes les autres âmes innocentes réclame justice. »

    Okechukwu est né le 11 décembre 1980 et a été ordonné pour le diocèse de Kafanchan le 11 février 2021. Le prêtre a survécu à des enlèvements précédents en 2022 et 2025, avant d'être tué ce mois-ci.

    Le père Sylvester Okechukwu, 44 ans, tué au Nigéria le 6 mars. Crédit : Diocèse de Kafanchan.

  • 15 mars 2025, de Bruxelles à Leuven : pèlerinage en l’honneur de saint Joseph (pour les hommes)

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    La Paroisse des Saints Jean et Étienne « aux Minimes » vous invite au Pèlerinage en l’honneur de saint Joseph :
    Samedi 15 mars 2025, de Bruxelles à Leuven
    Pèlerinage en l’honneur de saint Joseph pour les hommes (à partir 18 ans).
    Le thème de cet année est : « Notre espérance dans le Dieu vivant (1Tm 4, 10) ».
     
    Au programme :
    - Messe à 8h à l'église des Saints-Jean-et-Etienne aux Minimes (62 rue des Minimes, 1000 Bruxelles).
    - Puis rendez-vous à la gare de Bruxelles-Central pour prendre le train jusque Zaventem. De là, marche jusque Leuven (+- 20km), avec chapelets, chants, enseignements, confessions. Retour en train jusque Bruxelles.
     
    Inscription obligatoire par mail à fsspbru@gmail.com
  • "Depuis une cinquantaine d'années, l'Eglise considère ce qu'elle a fait de mal dans son histoire, sans voir ce qu'elle a fait de bien"

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    Lu sur Atlantico :

    Christophe Dickès : « L’Eglise catholique ose-t-elle être ce qu’elle est ? »

    Christophe Dickès a publié "Pour l'Église" aux Éditions Perrin.

     

    Atlantico : Vous publiez un livre de défense de l'Eglise. Qui sont ses pires ennemis aujourd'hui ? Notre indifférence ou de vrais adversaires ?

    Christophe Dickès : Dans la perspective de mon livre, paradoxalement, le pire ennemi de l'Eglise, ce sont ces hommes d'Eglise eux-mêmes qui ne défendent pas ou trop peu ce qu'elle a été. De fait, vous ne pouvez pas défendre quelque-chose que vous ne connaissez pas. Certes, les hommes d'Eglise connaissent naturellement l'Evangile, la théologie mais ils ne connaissent pas ou peu l'histoire de l'Eglise et ses richesses. Plus précisément, c'est l'antiantellectualisme qui est, selon le mot de l'académicien Michel Zink, le plus grand danger dans l'Eglise. Ce contre quoi le grand historien René Rémond mettait déjà en garde dans son essai stimulant Le Christianisme en accusation paru il y a vingt-cinq ans! Il y expliquait par exemple que, dans la presse catholique, le témoignage et la surface des choses étaient favorisés au détriment de la réflexion et de l'étude. Un constat amer qu'il aurait pu faire aujourd'hui au regard de la quasi-absence de l'histoire dans les médias chrétiens. Après, il existe en dehors de l'Église des courants anticléricaux nombreux qui se sont systématisés, pour faire court, à partir du XVIe siècle, au moment de la Réforme protestante. L'anticléricalisme des XVIIIe, XIXe et du début du XXe siècle a produit de nombreux ouvrages et une critique dont s'est imprégnée, là aussi paradoxalement, l'Eglise. Tant et si bien que, depuis une cinquantaine d'années, l'Eglise considère ce qu'elle a fait de mal dans son histoire, sans voir ce qu'elle a fait de bien. Mon livre vise en quelque sorte à rééquilibrer cette balance. 

    Alors que le gouvernement envisage de lancer un grand débat sur « qu'est-ce qu'être Français ? », que répondriez-vous à la question miroir : « qu'est-ce qu'être catholique » ?

    Une phrase me hante depuis de nombreuses années. Elle est de Boileau qui disait "Rarement un esprit ose être ce qu'il est". L'Eglise souhaite-t-elle être ce qu'elle est, à savoir une force de contradiction dans un monde occidental qui la rejette ? Souhaite-t-elle aussi assumer son passé et rendre compte de la vitalité qui l'a habitée pendant des siècles? Voyez-vous, on ne peut aimer les autres, si on ne s'aime pas soi-même. Or, l'Eglise, empêtrée dans la crise des abus sexuels, semble paralysée et sans perspectives. Si elle connaissait son histoire, elle verrait non seulement que la question des abus n'est pas nouvelle mais elle pourrait par ailleurs trouver des clés afin de mieux répondre aux défis du temps présents et de son avenir. Ce que dit autrement l'historien Andrea Riccardi dans son livre L'Eglise brûle : « La culture ecclésiastique, celle des dirigeants de l’Église, est peu attentive à l’histoire et ne la considère pas utile pour comprendre d’où l’on vient et où l’on vit, ni pour gouverner l’Église alors qu’elle insiste fortement sur la philosophie […]. Le manque de culture historique dans l’évaluation des phénomènes a conduit à un appauvrissement de la compréhension du réel. C’est l’une des faiblesses de la culture et du gouvernement des ecclésiastiques de nos jours». Pour répondre à votre question donc, être catholique, c'est aussi être héritier ce qui suppose un minimum de connaissance de ce que nos ancêtres ont réalisé de bien, de beau et de bon. Ce n'est évidemment pas simplement cela mais c'est aussi cela. 

    Pour en revenir à l’identité française, qu’avons-nous perdu en perdant notre culture chrétienne ?

    Je crois que les années 1960 ont joué un rôle particulièrement critique pour la culture chrétienne. En effet, le progressisme a voulu effacer des siècles d'histoire dans une forme d'orgueil afin de renouveler l'image de l'Eglise. Or, ce progressisme a très vite montré ses limites tant et si bien que les pontificats de Jean-Paul II et Benoît XVI ont souhaité, assez schématiquement, réaffirmer l'identité de l'Eglise. D'où le mot du pape polonais "N'ayez pas peur!" qui était aussi une façon de dire "N'ayez pas peur d'être ce que vous êtes". Certes, en 2000, Jean-Paul II fait repentance pour les fautes des hommes d'Eglise dans l'histoire, mais il encourage par ailleurs la recherche historique afin de ne pas tomber dans des conceptions binaires et simplistes comme le fait aujourd'hui la cancel culture. Or, l'Eglise a uniquement considéré cette repentance en oubliant cette culture chrétienne qui, pendant des siècles, a fait la fierté de l'Eglise et lui a permis simplement de croire en elle et en ce qu'elle était. Le meilleur exemple est son rôle pendant la Deuxième Guerre mondiale. Alors que les études historiques montrent l'existence d'une résistance catholique bien plus importante qu'on ne le dit généralement, les évêques ont souhaité faire repentance pour leur liens avec Vichy. Ce qui était en soi très réducteur, voire complètement simpliste. Cela témoignait d'une méconnaissance réelle de la réalité historique.

    Vous dites que l'Etat, comme la laïcité, sont des concepts totalement chrétiens, pouvez-vous nous l’expliquer ?

    L'Etat n'est pas un concept chrétien en soi puisque le pouvoir politique possède une longue histoire depuis l'antiquité archaïque. En revanche, là aussi les recherches historiques ont montré comment l'Etat moderne tel qu'il apparaît à partir du XIVe siècle, trouve son inspiration dans les structures même de la papauté réformée du XIe siècle. Ce qu'on appelle communément la réforme grégorienne du nom du pape Grégoire VII. Quant à la laïcité, elle est un concept tout à fait chrétien. Il ne faut pas confondre laïcité et laïcisme. De fait, l'Occident de tradition chrétienne fait une distinction entre le pouvoir de l'Etat et le pouvoir de l'Eglise, le temporel et le spirituel. Or, cette distinction remonte au moins au pape Gélase Ier qui a régné à la fin du Ve siècle. Il définit les relations entre les deux entités et, en agissant de la sorte, il les distingue. Cette distinction est au fondement de notre civilisation. Elle permet à terme la séparation des Eglises et de l'Etat du début du XXe siècle en France. Cette distinction puis cette séparation n'existe pas dans d'autres civilisations comme la civilisation islamique où la charia mêle à la fois le politique et le religieux..  

    Alors que la santé du pape François décline et que la question du profil d'un éventuel successeur s'installe dans les esprits, quel avenir voyez-vous, à court et moyen terme pour l'Église, notamment au regard de la composition du collège de cardinaux majoritairement nommés par le pape actuel.

    Il est quasiment impossible de répondre à une telle question. Les Italiens disent Morto un papa, se ne fa un altro. C'est-à-dire "Quand un pape meurt, on en fait un autre". La centralisation pontificale et la médiatisation du pape constituent une caractéristique de notre société contemporaine, mais je suis persuadé que les renaissances de l'Eglise ne peuvent venir seulement de la tête de l'Eglise. Dans l'histoire, elles viennent du silence des monastères mais aussi d'un élan de foi des fidèles qui n'ont pas peur d'affirmer ce qu'ils sont. Je vois dans les sociétés occidentales un mouvement bien éloigné de la frilosité des années 1970 et 1980, surtout dans la jeunesse. Dans le monde individualiste du tout à l'ego, dans lequel nous vivons le christianisme peut constituer une alternative en proposant un récit en commun qui trouve ses racines dans l'Évangile. Est-ce à dire que ce mouvement va être suffisant pour sortir l'Église de la crise ? Seul l'avenir le dira.  

    La cathédrale Notre-Dame de Paris attire une foule de fidèles depuis sa réouverture et Donald Trump a récemment évoqué la qualité des travaux de rénovation et a salué les efforts d’Emmanuel Macron sur ce dossier. Que reste-t-il de spécifiquement chrétien dans l’icône qu’est devenue la cathédrale de Paris ?

    Les Français mais aussi le monde occidental ont considéré l'incendie de Notre-Dame comme un glaive planté dans le cœur même de ce que nous sommes : une civilisation aux fondements chrétiens. Notre-Dame s'inscrit à la fois au cœur de notre Histoire mais elle est aussi plus que cela. Plus qu'un édifice de pierre qui dit le génie du christianisme, elle est aussi l'âme de la France et du christianisme occidental. Je crois que Notre-Dame joue aussi le rôle que jouaient les reliques au Moyen Âge: à savoir qu'elle est une passerelle vers la transcendance. Elle nous permet de nous connecter à l'au-delà. Même si nous ne savons pas quelle est la part de Foi chez les visiteurs qui déambulent sous ses voûtes, je suis persuadé qu'il existe chez eux une part d'émerveillement qui conduit inconsciemment à cette transcendance.  N'est-ce pas Dostoïevski qui disait que c'est "la beauté qui sauvera le monde"? 

    Christophe Dickès a publié "Pour l'Église" aux Éditions Perrin.

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  • La vie et l'héritage du cardinal George Pell

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    De Hugh Somerville-Knapman OSB sur le Catholic Herald :

    Pax Invictis par Tess Livingstone : la vie et l'héritage du cardinal George Pell

    8 mars 2025

    Pour ceux qui vivent aujourd'hui, l'héritage de George Pell sera à jamais marqué, voire défini, par la parodie de justice qu'il a subie de la part du système judiciaire de l'État australien de Victoria. L'État de Victoria était l'État d'origine de George Pell, et le traitement épouvantable qu'il y a subi devrait nous alerter sur un élément peu connu de la réalité de sa vie d'adulte : en dépit de son éminence et de son rang, il était en grande partie un étranger. Pour beaucoup, dans ses deux foyers, l'Église et l'Australie, le courage des convictions de Pell était pour le moins déstabilisant. Beaucoup ne voulaient pas l'entendre.

    En effet, il semblait avoir quelque chose de Georgius contra mundum, et Pell s'est souvent retrouvé, sinon seul, du moins isolé. On peut dire que cela a été le plus évident lors de sa nomination au Vatican au Secrétariat de l'économie par le pape François en 2014. Conformément à sa mission avouée de réformer la curie papale, François a nommé un homme dont il savait certainement qu'il avait des principes tout en étant expérimenté dans les réalités de l'administration ecclésiastique, qu'il était loyal sans être un larbin, qu'il agissait plutôt qu'il ne parlait, qu'il était tenace et intrépide, même s'il était parfois trop inflexible, et qu'il était imperméable aux blandices ou aux menaces. Comme François l'a dit à un évêque anonyme : « C'est un homme honnête ». Trop honnête, peut-être.

    Une telle personne est susceptible d'être accueillie avec au moins de l'ambivalence dans la plupart des endroits. Dans sa préface au livre de Tess Livingstone, George Weigel souligne le traitement papal auquel Pell a été confronté à partir de 2014. Après avoir affiché des références réformistes, François les a renforcées en nommant Pell pour faire face à l'enchevêtrement des finances du Vatican. Le pape et le préfet étaient tous deux des outsiders curiaux, et tous deux apparaissaient comme des hommes qui n'accepteraient aucune absurdité. Weigel note que l'outsider Pell avait deux options lorsqu'il est entré dans la fosse aux lions curiale : aller lentement et essayer de gagner les récalcitrants, ou « mettre la pédale au plancher » et faire le maximum dans ce qui pouvait être, et était, une petite enveloppe de temps. Sans surprise, Pell a choisi cette dernière voie : l'ingratitude soyeuse n'était pas sa ligne de conduite.

    Ce choix était basé, selon Weigel, sur l'hypothèse que François était aussi sérieux que Pell dans son intention de réformer les finances du Vatican, et que Pell bénéficierait donc d'un soutien papal sans faille. Dans la pratique, certaines décisions de François ont renforcé le pouvoir des récalcitrants et sapé celui qu'il avait nommé, son compagnon d'infortune, comme le révèle Livingstone. Pell était un outsider, même pour le pape lui-même, et n'a jamais fait partie de la cour parallèle que François a créée entre lui et la curie établie. Pell, qui n'était pas un béni-oui-oui, s'est retrouvé seul à tenir un calice empoisonné : un outsider à la fois pour l'ancienne et la nouvelle curie papale, et de plus en plus une cible.

    Au fur et à mesure que la deuxième édition, entièrement mise à jour, de la biographie de Livingstone, parue en 2002, avance, Pell l'outsider apparaît clairement. Pell a été trahi au cœur même de l'Église à laquelle il avait consacré sa vie, et il a été trahi dans son pays natal par une société dont il était un fier fils. Il était loyal envers les deux, mais n'a jamais pu s'accommoder des faiblesses et des défauts de l'un ou de l'autre. Nous voyons qu'il avait des amis, bons et loyaux, mais peut-être trop peu là où il en avait le plus besoin.

    Livingstone est manifestement une admiratrice de Pell, comme le serait toute personne qui prendrait soin d'examiner objectivement sa vie et son héritage ; son livre permet à cette vie et à cet héritage d'être mieux connus. Il s'agit rarement d'une biographie critique, et elle tend même parfois vers l'hagiographie, mais ce qu'elle présente de la vie et de l'œuvre de Pell justifie son approche positive. Compte tenu de la plume venimeuse de plusieurs journalistes australiens, dont les livres sur Pell sont au mieux des hachettes et au pire des calomnies éhontées, il était impératif qu'un compte rendu plus gracieux, généreux et complet de la vie et de l'héritage de Pell voie le jour, et qu'il le fasse.

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  • Ce qui est requis face à la tentation et aux épreuves

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    De sur le CWR :

    Ce qui est requis face à la tentation et aux épreuves

    Réflexion biblique sur les lectures du dimanche 9 mars 2025, premier dimanche du Carême

    Détail de « La Tentation du Christ » (1854) d'Ary Scheffer (Image : WikiArt.org)

    • Dt 26, 4-10
    • Ps 91, 1-2.10-11.12-13.14-15
    • Rm 10, 8-13
    • Lc 4, 1-13

    « Toute l’histoire de la Tentation est mal comprise », a écrit Monseigneur Ronald Knox, « si nous ne reconnaissons pas qu’il s’agissait d’une tentative de Satan pour découvrir si notre Seigneur était le Fils de Dieu ou non. »

    En écrivant ainsi, il fait écho à de nombreux Pères de l’Église, qui se sont demandé ce que Satan savait et ce qu’il souhaitait accomplir en tentant Jésus dans le désert. Saint Éphrem le Syrien a écrit : « Il tenta Jésus parce qu’un signe certain de la divinité du Christ n’avait pas encore été donné du ciel. » Oui, a noté Éphrem, Satan était au courant du baptême de Jésus, mais pensait que la véritable identité de Jésus ne pouvait être connue qu’après qu’il ait été mis à l’épreuve dans un combat spirituel, par la tentation.

    C’est un point qui mérite d’être médité en ce premier dimanche de Carême pour trois raisons : la tentation révèle la nature de notre ennemi, elle révèle la réalité de notre situation et elle révèle l’identité des fils et des filles de Dieu.

    L'ennemi a de nombreux noms, dont Belzébul, le malin, le chef des démons et de ce monde, le serpent et le tentateur. Il n'est ni une métaphore ni un mythe, mais une créature réelle, un ange déchu. Le pape Paul VI, lors d'une audience intitulée « Confronter le pouvoir du diable » (15 novembre 1972), a déclaré que refuser de reconnaître l'existence du diable ou de l'expliquer comme « une pseudo-réalité, une personnification conceptuelle et fantaisiste des causes inconnues de nos malheurs » constitue un rejet complet de l'Écriture et de l'enseignement de l'Église.

    Ironiquement, le refus de tant de personnes – y compris de nombreux catholiques – d’admettre la véritable identité du diable est en soi un sombre triomphe pour le grand trompeur.

    Le nom « diable » vient du mot grec diabolos (latin diabolus ), qui signifie « calomniateur » ou « accusateur ». Il cherche à accuser et à calomnier chacun de nous devant Dieu dans son désir incessant de détruire les âmes. Ce faisant, il a un certain avantage, à savoir que, par nos propres mérites, nous n’avons aucune défense réelle contre ses accusations. La réalité de notre situation est flagrante : nous sommes des pécheurs qui cédons souvent à la tentation et, ce faisant, nous devenons les sujets du souverain de ce monde.

    Ce fait est inhérent aux quarante jours de Jésus dans le désert. Son séjour dans le désert était une reconstitution délibérée des quarante années d’errance des Israélites dans le désert. Mais alors que les Israélites échouaient à plusieurs reprises à obéir à Dieu, à lui faire confiance et à l’adorer, Jésus surmonta les tentatives du diable de le faire désobéir, se méfier et renier Dieu. « Au cœur des tentations », note le pape Benoît XVI dans Jésus de Nazareth , « comme nous le voyons ici, se trouve le fait de mettre Dieu de côté parce que nous le percevons comme secondaire, voire superflu et ennuyeux, par rapport à toutes les questions apparemment bien plus urgentes qui remplissent nos vies. »

    Nous sommes rarement tentés de nier catégoriquement l’existence de Dieu ou de le maudire publiquement. Nous sommes plutôt tentés de remplacer progressivement Dieu, le bien suprême, par des biens moindres : la nourriture, le confort, la sécurité, les biens matériels et la position sociale. Les gens passent rarement du statut de chrétien à celui d’athée en quelques jours ou semaines. Comme le souligne Benoît XVI, le diable est tout aussi content lorsque nous demandons à Dieu de satisfaire nos désirs que lorsque nous le rejetons complètement. En fin de compte, les deux ne sont pas si différents, surtout lorsqu’il s’agit de détruire la vie de la grâce.

    « Mais Jésus avait un avantage, protestent certains : il est Dieu ! » Or, tous ceux qui sont baptisés dans le Christ ont revêtu le Christ (cf. Rm 6). Nous sommes enfants de Dieu parce que, par l’œuvre de Jésus, nous sommes remplis de l’Esprit Saint. L’épître d’aujourd’hui énonce ce qui est exigé face à la tentation et à l’épreuve : confesser de sa bouche que Jésus est Seigneur et croire dans son cœur que Dieu l’a ressuscité des morts.

    En affrontant l’ennemi et en rejetant la tentation, Jésus s’est révélé. Le Carême est pour nous l’occasion de faire de même, au nom et par la puissance du Seigneur.

    (Cette chronique « Ouvrir la Parole » est parue initialement dans l’édition du 21 février 2010 du journal Our Sunday Visitor .)

  • Le Pape encourage à promouvoir «la culture de la vie»

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    De Vatican News :

    Le Pape encourage à promouvoir «la culture de la vie»

    Dans un message du Pape, lu par le Secrétaire d’État Pietro Parolin, à l’occasion du 50ème anniversaire du Mouvement pour la vie, François exhorte à «continuer à miser sur les femmes, sur leur capacité d'accueil, de générosité et de courage». Il invite à poursuivre la protection sociale de la maternité et à opter pour l'acceptation de la vie humaine à tous les stades.

    Depuis l'hôpital Gemelli, où il est hospitalisé depuis le 14 février, le Pape François a envoyé un message aux pèlerins italiens du "Mouvement pour la Vie", à l’occasion du 50ème anniversaire de sa fondation. Le message, daté du 5 mars dernier, a été lu par le Secrétaire d'État du Saint-Siège, le cardinal Pietro Parolin, lors d’une messe célébrée dans la basilique Saint-Pierre à Rome. 

    Avant la lecture du message du Pape François, le cardinal Parolin a fait part de son regret «que vous ne puissiez pas rencontrer le Saint-Père François comme cela était prévu. Cependant, nous nous sentons profondément unis à lui et nous prions pour sa santé». Le Secrétaire d’État du Saint-Siège s’est ensuite attelé à transmettre le message du Saint-Père qui reconnaît «la valeur du service que vous rendez à l'Église et à la société». Avec la solidarité concrète, vécue dans le style de la proximité avec les mères en difficulté à cause d'une grossesse difficile ou inattendue, «vous promouvez la culture de la vie au sens large», avec «franchise, amour et ténacité, en gardant la vérité étroitement unie à la charité envers tous», souligne François.

    “Vous êtes guidés en cela par les exemples et les enseignements de Carlo Casini, qui a fait du service de la vie le centre de son apostolat laïc et de son engagement politique.”

    Au service de la vie humaine 

    L’évêque de Rome encourage le mouvement à poursuivre la protection sociale de la maternité et l'acceptation de la vie humaine à tous les stades. Au cours de ce demi-siècle, «alors que certains préjugés idéologiques ont diminué et que la sensibilité à la protection de la création s'est accrue chez les jeunes, la culture du rejet s'est malheureusement répandue». C'est pourquoi, poursuit le Pape dans son message, «on a toujours besoin, et plus que jamais, de personnes de tous âges qui se consacrent concrètement au service de la vie humaine, surtout lorsqu'elle est la plus fragile et la plus vulnérable, parce qu'elle est sacrée, créée par Dieu pour un destin grand et beau», et «qu'une société juste ne se construit pas en éliminant les enfants à naître non désirés, les personnes âgées qui ne sont plus autonomes, ou les malades incurables».

    Soutenir les femmes 

    Dans la société actuelle «structurée sur les catégories de la possession, de l'action, de la production et du paraître», «votre engagement, en harmonie avec celui de toute l'Église, indique une autre projection, qui place au centre la dignité de la personne et privilégie les plus faibles», rappelle-t-il. Le Pape invite à miser sur les femmes, sur leur capacité d'accueil, de générosité et de courage. «Les femmes doivent pouvoir compter sur le soutien de toute la communauté civile et ecclésiale, et les Centres d'aide à la vie peuvent devenir un point de référence pour tous».

    “Je vous remercie pour les pages d'espérance et de tendresse que vous contribuez à écrire dans le livre de l'histoire et qui restent indélébiles : elles portent et porteront beaucoup de fruits.”

    Le Souverain pontife conclu son message en confiant à «chacun de vous, vos groupes et votre engagement à l'intercession de Sainte Thérèse de Calcutta, présidente spirituelle des Mouvements pour la Vie dans le monde».

  • 1er dimanche de carême : se tenir à l'ombre du Très-Haut

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    ges_tentazioni1.jpgEvangile du jour : Luc 4, 1-13

    Après son baptême, Jésus, rempli de l'Esprit Saint, quitta les bords du Jourdain ; il fut conduit par l'Esprit à travers le désert où, pendant quarante jours, il fut mis à l'épreuve par le démon. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, quand ce temps fut écoulé, il eut faim.

    Le démon lui dit alors : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain. » Jésus répondit : « Il est écrit : Ce n'est pas seulement de pain que l'homme doit vivre. »

    Le démon l'emmena alors plus haut, et lui fit voir d'un seul regard tous les royaumes de la terre. Il lui dit : « Je te donnerai tout ce pouvoir, et la gloire de ces royaumes, car cela m'appartient et je le donne à qui je veux. Toi donc, si tu te prosternes devant moi, tu auras tout cela. » Jésus lui répondit : « Il est écrit : Tu te prosterneras devant le Seigneur ton Dieu, et c'est lui seul que tu adoreras. »

    Puis le démon le conduisit à Jérusalem, il le plaça au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi à ses anges l'ordre de te garder ; et encore : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. » Jésus répondit : « Il est dit : Tu ne mettras pas à l'épreuve le Seigneur ton Dieu. »

    Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentations, le démon s'éloigna de Jésus jusqu'au moment fixé.

    Homélie du Père Joseph-Marie Verlinde (Homélies.fr) (Archive 2010)

    L’épisode de la tentation au désert fait suite au baptême, où le Père confirme par une voix venant du ciel, que Jésus est son Fils, son Bien-Aimé. Cependant entre les deux récits, l’évangéliste insère de manière inattendue la généalogie de Jésus, qui remonte jusqu’à « Adam, fils de Dieu ». Logiquement on s’attendait à trouver cette généalogie en ouverture de l’Evangile – comme le fait Saint Matthieu. Ce faisant, St Luc veut insister sur le fait que c’est chargé de toute l’humanité livrée au pouvoir du Démon, que Jésus va « être conduit par l’Esprit à travers le désert », pour y être mis pendant quarante jours à l’épreuve. Luc précise d’ailleurs en conclusion de son récit que Jésus a victorieusement « épuisé toutes les formes de tentation » auxquelles l’humanité pouvait être soumise.

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  • Le patron des hôpitaux, des infirmiers et des malades

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    image_10.jpg8 mars - source : missel.free

    Saint Jean de Dieu naquit le 8 mars 1495 à Montemor-O-Novo, au diocèse d’Evora, dans la province portugaise d'Alemtéjo, des artisans André et Thérèse Ciudad. Ses parents l’élevèrent dans des sentiments chrétiens. Jean avait huit ans lorsque ses parents donnèrent l’hospitalité à un prêtre qui se rendait à Madrid ; ce prêtre dit tant de bien des œuvres de bienfaisances qui s’accomplissaient en Espagne, que l’enfant s’enfuit en secret de la maison paternelle pour le rejoindre. Ses parents le rechèrent sans succès puis sa mère tomba malade. Un soir, elle dit à son mari : «  André, ne le cherche plus, nous ne reverrons pas notre enfant en ce monde ; son ange gardien m’est apparu pour me dire : Ne vous désespérez pas, mais bénissez le Seigneur, je suis chargé de le garder et il est en lieu sûr. » Thérèse ajouta : «  Pour moi, je quitte ce monde sans regret ; lorsque je ne serai plus, André, pense à assurer ton salut, consacre-toi à Dieu. » Vingt jours après la disparition de son fils, Thérèse mourut et André, renonçant au monde, entra dans un couvent franciscain de Lisbonne.

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  • Nigéria : le père Sylvester Okechukwu a été tué le mercredi des Cendres, quelques heures après son enlèvement

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    Une dépêche de l'Agence Fides :

    AFRIQUE/NIGÉRIA - Le père Sylvester Okechukwu a été tué le mercredi des Cendres, quelques heures après son enlèvement

    6 mars 2025
     

    Abuja (Agence Fides) – Un prêtre catholique a été enlevé puis tué dans le nord du Nigeria. Il s'agit du Père Sylvester Okechukwu, Curé de la Paroisse Sainte Marie de Tachira, dans la zone de gouvernement local de Kaura, dans l'Etat de Kaduna.

    Selon les informations communiquées par le diocèse de Kafanchan, le père Okechukwu a été enlevé à son domicile de Tachira le 4 mars 2025, entre 21 h 15 et 21 h 40. Son corps a été retrouvé hier, le 5 mars.

    « Après avoir été enlevé par ses ravisseurs, père Sylvester a été cruellement assassiné aux premières heures du mercredi 5 mars, jour des Cendres. La raison de son assassinat reste encore à établir », affirme le communiqué signé par le père Jacob Shanet, chancelier du diocèse de Kafanchan.

    « Cette perte prématurée et brutale nous a laissé le cœur brisé et dévasté. Le père Sylvester était un serviteur dévoué de Dieu, qui a travaillé de manière désintéressée dans la vigne du Seigneur, répandant un message de paix, d'amour et d'espoir. Il était toujours disponible et chaleureux avec ses paroissiens. Sa mort prématurée a laissé un vide indélébile dans notre famille diocésaine et nous partageons la douleur de sa disparition avec sa famille, ses amis et tous ceux qui le connaissaient et l'aimaient », poursuit le communiqué.

    « Unissons-nous en prière comme une seule famille pour le repos de son âme. Nous invitons tous les prêtres, les religieux et les fidèles à offrir des messes, des rosaires et des prières pour le repos éternel du père Sylvester, qui a donné sa vie au service de Dieu et de l'humanité.

    Nous voulons inviter nos jeunes et les membres de la communauté à rester calmes et fermes dans la prière », conclut-il.

    L'enlèvement du père Okechukwu a eu lieu deux jours seulement après qu'un autre prêtre et un séminariste aient été enlevés dans l'État d'Edo au Nigeria (voir Fides 4/3/2025). (LM) (Agence Fides 6/3/2025)

  • Le Carême et une mémoire purifiée

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    De George Weigel sur le CWR :

    Le Carême et une mémoire purifiée

    Le 20 décembre 2002, alors que je déjeunais dans l'appartement pontifical, la conversation à bâtons rompus que Jean-Paul II encourageait toujours prit une tournure inattendue : le pape me demanda comment allait le président Ronald Reagan. Il se trouve que j'avais récemment rencontré l'ancien procureur général de Reagan, Edwin Meese, et que je lui avais posé la même question. La réponse était attristante.

    Meese avait assisté au baptême de l'USS  Ronald Reagan, un  porte-avions de classe Nimitz , et avait rapporté à l'ancien président une des casquettes de baseball traditionnelles portant le nom du navire. Reagan, en parfait gentleman, remercia Meese puis dit : « Mais Ed, pourquoi quelqu'un donnerait-il mon nom à un navire ? » La maladie d'Alzheimer qui le tuerait quelques années plus tard avait effacé sa mémoire à tel point que Ronald Reagan n'avait aucun souvenir d'avoir été président des États-Unis pendant huit ans.

    Quand je lui ai raconté cette histoire, Jean-Paul II, assis juste en face de moi, avait l’air complètement bouleversé, et il s’en est suivi un silence qui m’a semblé durer une minute entière. Le pape était dans un état physique précaire à cause de la maladie de Parkinson. Mais c’était comme s’il imaginait maintenant un sort pire que celui d’être enfermé dans un corps de plus en plus figé : une vie dans laquelle il aurait perdu la capacité de réfléchir à sa vie. Le silence a été rompu par Jean-Paul II qui m’a demandé à voix basse de « faire savoir à Mme Reagan que je prie pour son mari » – un message que j’ai transmis par l’intermédiaire d’Ed Meese à mon retour à la maison.

    Ce fait met en relief une prière autrefois familière à de nombreux catholiques, le  Suscipe de saint Ignace de Loyola :

    Prends, Seigneur, et reçois toute ma liberté, ma mémoire, mon intelligence et toute ma volonté. Tout ce que je suis et tout ce que je possède, tu me l'as donné : je te le remets entièrement pour que j'en dispose selon ta volonté. Donne-moi seulement ton amour et ta grâce ; avec cela je serai assez riche et je ne désirerai plus rien.

    J’ai appris le  Suscipe  quand j’étais enfant et je dois avouer que, pendant un demi-siècle, j’ai hésité à offrir ma mémoire au Seigneur. Cela me semblait aller trop loin, une auto-immolation de caractère presque suicidaire. Que resterait-il de moi si je perdais la mémoire ? Je pourrais perdre ma liberté et rester moi-même. Je pourrais perdre le peu de compréhension que j’avais acquise et rester moi-même, car je pourrais toujours mieux comprendre.

    Quant à la perte de mon entêtement, ce serait sûrement une bénédiction si la volonté divine prenait le dessus dans ma vie, sans réserve. Mais ma mémoire ?

    À première vue, la réaction de Jean-Paul II lorsque je lui ai parlé de la perte de mémoire du président Reagan suggère que lui aussi s'est étouffé, au moins métaphoriquement, à l'idée de perdre sa mémoire en plus de sa mobilité.

    L'arrivée du Carême suggère cependant que le don de sa mémoire à Dieu implique la purification constante de la mémoire tout au long d'une vie, comme le savait sûrement un saint comme Jean-Paul.

    Le pèlerinage annuel de quarante jours à travers le désert du Carême, calqué sur les quarante jours du Seigneur dans le désert de Judée en préparation de son ministère public, est le moment prééminent de l'année de grâce de l'Église pour la purification de la mémoire - en particulier nos souvenirs des succès et des échecs du discipulat missionnaire vivant depuis la Pentecôte 2024 qui a clôturé la saison de célébration pascale de l'année dernière.

    Comme je le note dans  Pèlerinage romain : les églises de la station, le Carême, tel qu'il est actuellement constitué dans la liturgie sacrée, se divise en deux périodes. Les deux premières semaines et demie nous demandent de procéder à un examen de conscience approfondi : qu'est-ce qui en moi a besoin d'être purifié pour que je devienne plus efficacement le disciple missionnaire pour lequel j'ai été baptisé ? Quelles sont les scories de mon âme qui doivent être incinérées pour que je devienne un témoin aussi transparent de l'amour du Christ que je devrais l'être ?

    La seconde moitié du Carême a un caractère baptismal. Alors que nous nous préparons à recevoir la bénédiction de l'eau pascale, qui est l'eau baptismale, à la veillée pascale ou le dimanche de Pâques, nos souvenirs purifiés nous permettent de rencontrer à nouveau, et plus profondément, la soif du Christ pour nous (comme dans l'histoire de la femme au puits de l'Évangile du Carême), l'illumination du Christ pour nous (comme dans l'histoire de l'aveugle-né de l'Évangile du Carême) et le pouvoir du Christ sur la mort (comme dans l'histoire de Lazare de l'Évangile du Carême).

    Le Seigneur purifie notre mémoire afin que nous puissions, le moment venu, « voir sa face… et… régner aux siècles des siècles » (Apocalypse 22:4-5).

    À propos de George Weigel  531 articles 
    George Weigel est membre éminent du Centre d'éthique et de politique publique de Washington, où il est titulaire de la chaire William E. Simon en études catholiques. Il est l'auteur de plus de vingt ouvrages, dont Witness to Hope: The Biography of Pope John Paul II (1999), The End and the Beginning: Pope John Paul II—The Victory of Freedom, the Last Years, the Legacy (2010) et The Irony of Modern Catholic History: How the Church Rediscovered Itself and Challenged the Modern World to Reform . Ses ouvrages les plus récents sont The Next Pope: The Office of Peter and a Church in Mission (2020), Not Forgotten: Elegies for, and Reminiscences of, a Diverse Cast of Characters, Most of Them Admirable (Ignatius, 2021) et To Sanctify the World: The Vital Legacy of Vatican II (Basic Books, 2022).