Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

International - Page 56

  • IVG : les députés européens ont voté un texte symbolique qui va loin dans l’ingérence

    IMPRIMER

    De Gènéthique magazine :

    IVG : les eurodéputés votent un texte symbolique qui va loin dans l’ingérence

    12 avril 2024

    Le 11 avril, les députés européens ont adopté une résolution non contraignante en faveur de l’inscription du « droit à l’avortement » dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (UE). Un vote avant tout symbolique, mais qui va loin dans l’ingérence.

    La résolution avait déjà été discutée le 7 juillet 2022, mais elle avait alors suscité l’opposition de plusieurs États membres (cf. L’avortement dans la Charte des droits fondamentaux : une simple déclaration symbolique ?). Le débat a été relancé après l’inscription de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dans la Constitution française (cf. Inscrire l’IVG dans la Charte des droits fondamentaux de l’UE ? Un débat au Parlement). Opportunisme politique ?

    La résolution a été présentée par les groupes Socialistes et démocrates (S&D), Renew Europe (centristes et libéraux), les Verts et The Left (gauche radicale). Elle a été approuvée, sans pour autant obtenir la majorité. En effet, le texte a été voté avec 336 voix pour, 163 contre et 39 abstentions, sur les 705 députés européens que compte le Parlement. Parmi les eurodéputés français, seuls 2 se sont opposés à la résolution, Nicola Bay (Reconquête) et Mathilde Androuet (RN).

    Atteinte à la souveraineté des Etats

    Le Parlement européen demande que l’article 3.2 de la Charte soit modifié comme suit : « toute personne a le droit à l’autonomie corporelle, et un accès libre, éclairé, complet et universel aux droits génésiques et sexuels ainsi qu’à tous les services de soins de santé connexes sans discrimination, notamment à un avortement sans risque et légal ». La résolution ne se limite toutefois pas à cela.

    Les députés condamnent « avec la plus grande fermeté le recul des droits des femmes et toutes les tentatives réactionnaires visant à restreindre ou à supprimer les garanties en matière de santé sexuelle et génésique et d’égalité des genres dans le monde ». Ils prient « instamment les États membres de dépénaliser pleinement l’avortement, conformément aux lignes directrices de l’OMS de 2022, et de supprimer et combattre les obstacles à l’avortement sûr et légal » (cf. Comment l’OMS est manipulé pour promouvoir l’avortement et le contrôle démographique). La Pologne et Malte sont ici directement visés, et exhortés d’« abroger leurs lois et autres mesures concernant les interdictions et restrictions à l’avortement » (cf. Avortement : Malte pointée du doigt par l’Europe). Outrepassant les traités de l’UE, le Parlement empiète sur la souveraineté des Etats membres. Conformément au principe de subsidiarité inscrit dans le traité de Lisbonne, la réglementation de l’avortement devrait pourtant être laissée à l’appréciation des pays membres de l’UE.

    Le 9 avril, la Commission des épiscopats de l’Union européenne (Comece) s’est opposée à la résolution, soulignant que la charte « ne peut inclure des droits qui ne sont pas reconnus par tous et qui sont source de division »[1]. Elle a enjoint l’Union européenne de « respecter les différentes cultures et traditions des États membres et leurs compétences nationales », de ne pas « imposer aux autres » « des positions idéologiques sur la personne humaine, la sexualité et le genre, le mariage et la famille » (cf. Avortement : vers un « droit universel et effectif » ?). Un appel qui ne semble pas avoir été entendu des députés.

    « Donner la priorité à des agendas politiques radicalisés au détriment des droits fondamentaux »

    La clause de conscience est également visée par la résolution qui « condamne le fait que, dans certains États membres, certains médecins, voire des établissements médicaux entiers, refusent de pratiquer des avortements, sur la base de la “clause de conscience” ». Encore une remise en cause de cette clause pourtant essentielle pour l’exercice des soignants (cf. IVG : « la disparition de la clause de conscience conduirait des soignants à démissionner »).

    Enfin, les députés invitent la Commission à mettre fin au financement européen « des organisations qui luttent contre l’égalité entre les hommes et les femmes et les droits des femmes, y compris les droits en matière de reproduction ». Il y a de quoi s’interroger sur les conséquences pour la liberté d’expression. L’existence d’un débat restera-t-il possible ? (cf. « Deuil caché » : « une réhabilitation de la souffrance » des femmes qui ont avorté) ou s’agit-il de réduire au silence les associations pro-vie ?

    « Il est profondément inquiétant de voir le Parlement européen donner la priorité à des agendas politiques radicalisés au détriment des droits fondamentaux et des droits de l’homme » a déclaré Marina Casini, présidente de la fédération européenne One of Us. Avec le vote de cette résolution, le Parlement européen s’écarte de manière significative des principes de respect de la vie et de la dignité humaine, qui sont pourtant à la base du projet européen et figurent dans la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne[2] (cf. « L’avortement n’est pas un droit. Il demeure une dérogation au respect de la vie. »). Pour plaire au lobby féministe, faut-il de violer les principes juridiques de l’Union européenne ?

    Comme le rappelait la COMECE dans sa déclaration, l’avortement « ne pourra jamais être un droit fondamental. Le droit à la vie est le pilier fondamental de tous les autres droits de l’homme » (cf. GPA, euthanasie, genre : « dénoncer ces violations de la dignité humaine est un devoir »). L’avortement va « à l’encontre d’une véritable promotion de la femme et de ses droits » (cf. Inscrire le « droit à l’avortement » dans la Charte des droits fondamentaux de l’UE : une initiative politique qui ne sert pas les femmes). « L’être humain est une fin en soi et jamais un moyen pour résoudre d’autres problèmes. Si l’on perd cette conviction, on perd aussi la base solide et durable de la défense des droits de l’homme, qui seront toujours soumis aux caprices passagers des puissants ».

    Un texte qui n’aboutira pas

    La résolution va désormais être transmise au Conseil et à la Commission. Elle n’a toutefois aucune chance d’aboutir, toute révision de la charte nécessitant l’accord unanime des 27 pays membres de l’UE. Or, la manière de légiférer sur le « droit à l’avortement » diffère dans chaque pays. Certains Etats ne l’autorisent que dans des circonstances particulières.

    Ainsi, en Pologne, l’IVG n’est autorisée qu’en cas de viol ou d’inceste, ainsi que lorsque la vie de la mère est en danger (cf. Pologne : la loi sur l’avortement hors de cause dans le décès d’une femme enceinte). Les députés polonais ont toutefois ouvert le 11 avril des discussions visant à assouplir la législation sur l’avortement. La Coalition civique du Premier ministre Donald Tusk a en effet présenté un projet de loi destiné à légaliser l’avortement jusqu’à la 12e semaine de grossesse, et trois autres propositions similaires, émanant de ses partenaires dans la coalition gouvernementale, seront également débattues (cf. Pologne : deux propositions de loi pour légaliser l’avortement). Un premier vote aura lieu le 12 avril. Son issue est incertaine.

    A Malte, la législation a, elle, été assouplie en juin 2023, et l’avortement est autorisé si la vie de la mère est en danger, ou si le fœtus n’est pas viable (cf. Malte : Le Parlement adopte une loi sur l’avortement).

    --------------

    [1] Pour la Comece, l’avortement ne sera jamais un droit fondamental, Vatican news (09/04/2024)

    [2] L’article 1 de la Charte des droits fondamentaux de l’UE stipule que : « La dignité humaine est inviolable. Eelle doit être respectée et protégée ». L’article 2 indique que « toute personne a droit à la vie » et que « nul ne peut être condamné à la peine de mort ni exécuté ».

  • La vie de l’Eglise catholique dans le monde, du 1er décembre 2021 au 31 décembre 2023

    IMPRIMER

    Du site de l'Osservatore Romano :

    Publication de l’annuaire pontifical 2024 et de l’Annuarium Statisticum Ecclesiae 2022

    L’Eglise catholique dans le monde

     L’Eglise catholique dans le monde  FRA-015

    11 avril 2024

    L’annuaire pontifical 2024 et l’Annuarium Statisticum Ecclesiae 2022, dont la rédaction a été réalisée par le Bureau central de statistiques de l’Eglise, sont depuis quelques jours en vente en librairie, édités par la Typographie vaticane.

    La lecture des données rapportées dans l’Annuaire pontifical fait apparaître les informations relatives à la vie de l’Eglise catholique dans le monde, du 1er décembre 2021 au 31 décembre 2023.

    Au cours de cette période, neuf nouveaux sièges épiscopaux et une administration apostolique ont été érigés; deux sièges épiscopaux ont été élevés au rang de sièges métropolitains, et un vicariat apostolique a été élevé au rang de siège épiscopal.

    Les données statistiques de l’Annuarium Statisticum Ecclesiae permettent de dresser un cadre synthétique des principales tendances concernant l’évolution de l’Eglise catholique dans le monde.

    Ci-dessous sont reportées les informations sur certains aspects fondamentaux de l’Eglise catholique entre 2021 et 2022:

    — Le nombre de catholiques baptisés au niveau mondial a augmenté, passant de 1.376 millions en 2021 à 1.390 millions en 2022, soit une augmentation relative de 1,0%.

    Le taux de variation diffère d’un continent à l’autre: en effet, tandis qu’en Afrique, on enregistre une augmentation de 3%, avec un nombre de catholiques qui est passé, au cours de la même période, de 265 à 273 millions, à l’inverse, en Europe, se manifeste une situation de stabilité (en 2021 et en 2022 le nombre de catholiques s’élève à 286 millions). Des situations intermédiaires s’enregistrent en Amérique et en Asie, où la croissance des catholiques est importante (respectivement +0,9% et +0,6%), mais entièrement en ligne avec le développement démographique de ces deux continents. Une situation stationnaire, sur des valeurs absolues évidemment plus faibles, s'applique également à l'Océanie;

    — le nombre des évêques au cours des deux années 2021-2022 a augmenté de 0,25%, passant de 5.340 à 5.353 unités. Ce mouvement de croissance se manifeste en Afrique et en Asie, avec des variations relatives respectivement de 2,1 et 1,4%. Une situation de stabilité s’enregistre en Amérique (avec 2.000 unités) et en Océanie (avec 130), tandis que l’on enregistre une légère baisse (-0,6%) en Europe (de 1.676 à 1.666 unités);

    — l’année 2022 marque une baisse ultérieure du nombre de prêtres par rapport à l’année précédente, en continuité avec la tendance à la baisse qui a caractérisé les années à partir de 2012.

    Le nombre total de prêtres dans le monde en 2022, par rapport à 2021, a subi une diminution de 142 unités, passant de 407.872 à 407.730 unités. Alors que l’Afrique et l’Asie enregistrent une croissance soutenue (respectivement +3,2% et +1,6%) et que l’Amérique se maintient à peu près stationnaire, l’Europe, ayant le poids le plus important sur le total, et l’Océanie enregistrent en revanche des taux de variation négatifs, respectivement de 1,7 et de 1,5%;

    — la population des diacres permanents continue d’enregistrer une évolution dynamique importante: le nombre de diacres augmente, en 2022, de 2% par rapport à la même date un an auparavant, passant de 49.176 à 50.150 unités. Le nombre augmente sur tous les continents à des ryth-mes significatifs. En Afrique, en Asie et en Océanie, où il n’atteignent pas encore 3% du total, ils augmentent de 1,1%, s’attestant à 1.380 unités en 2022. Ce nombre augmente également dans les régions où leur présence est quantitativement importante. En Amérique et en Europe, où résident environ 97,3% de la population totale, le nombre de diacres a augmenté, dans l’intervalle de temps considéré, respectivement de 2,1 et de 1,7%;

    — Le groupe des religieux profès non prêtres constitue un groupe en baisse au niveau mondial: on en comptait 49.774 unités en 2021, qui sont devenues 49.414 en 2022. La baisse est due, par ordre d’importance, au groupe européen, au groupe africain, et au groupe océanique, tandis qu’en Asie, le nombre de ces agents augmente, ainsi qu’en Amérique, bien que dans une moindre mesure;

    — les religieuses professes constituent une population d’une certaine importance: en 2022, elles dépassaient de près de 47% le nombre de prêtres dans le monde entier et sont actuellement en nette diminution. Au niveau mondial, elles passent de 608.958 unités, en 2021, à 599.228 en 2022, soit une baisse relative de 1,6%. L’analyse des évolutions temporelles pour chaque région territoriale fait apparaître des différences de comportements. L’Afrique est le continent ayant connu la plus grande augmentation de religieuses, qui sont passées de 81.832 unités en 2021 à 83.190 en 2022, soit une augmentation relative de 1,7%. Suit la région de l’Asie du sud-est, où le nombre de religieuses professes est passé de 171.756 en 2021 à 171.930 en 2022, soit une augmentation d’à peine 0,1%. Le sud et la région centrale d’Amérique enregistrent une baisse: on passe de 98.081 religieuses en 2021, à 95.590 en 2022, soit une baisse totale de 2,5%. Enfin, trois régions continentales partagent une baisse évidente: il s’agit de l’Océanie (-3,6%), de l’Europe (-3,5%) et de l’Amérique du Nord (-3,0%);

    — La baisse qui caractérise depuis 2012 déjà l’évolution des vocations sacerdotales se poursuit: en 2022, le nombre de grands séminaristes s’élevait à 108.481 unités, soit une variation de

    -1,3% par rapport à la situation un an auparavant. Une analyse sommaire accomplie au niveau des sous-continents révèle une différence dans les comportements locaux. En Afrique, par exemple, le nombre de grands séminaristes, au cours des deux années étudiées, a augmenté de 2,1%. Dans toutes les régions d’Amérique a eu lieu une diminution des vocations qui s’est traduite par une variation de -3,2%. En Asie on enregistre une diminution qui porte le nombre des grands séminaristes en 2022 à un niveau inférieur de 1,2% par rapport à celui de 2021. La crise des vocations qui a touché l’Europe depuis 2008 ne semble pas s’arrêter: au cours des deux années 2021-2022, le nombre des séminaristes a diminué de 6%. En Océanie, les vocations sacerdotales en 2022 dépassent de 1,3% celles de 2021. Sur les 108.481 séminaristes du monde entier, en 2022, le continent qui enregistre le plus grand nombre de sémina-ristes est l’Afrique avec 34.541 unités. Il est suivi de l’Asie avec 31.767, l’Amérique avec 27.738, l’Europe avec 14.461 et enfin l’Océanie avec 974 grands séminaristes.

  • La grande annonce de Trump sur l'avortement est une grande déception

    IMPRIMER

    Du National Catholic Register :

    La grande annonce de Trump sur l'avortement est une grande déception

    ÉDITORIAL : Alors que le document du Vatican "Dignitas Infinita" est moralement cohérent, l'annonce du candidat républicain à la présidence concernant l'avortement, publiée le même jour, est tout sauf cohérente.

    11avril 2024

    Le 8 avril, le Vatican et l'ancien président Donald Trump ont tous deux fait des déclarations importantes sur l'avortement et d'autres questions liées à la vie, ajoutant une dose supplémentaire de drame à la journée de l'éclipse solaire totale ici aux États-Unis.

    Il y avait beaucoup à digérer.

    La bonne nouvelle est que la déclaration du Vatican, intitulée Dignitas Infinita, réitère avec force l'enseignement constant de l'Église contre l'avortement, l'euthanasie, le suicide assisté, la maternité de substitution, la pauvreté, l'idéologie du genre et d'autres graves atteintes à la dignité humaine.

    La mauvaise nouvelle, de l'avis de nombreux membres du mouvement pro-vie, est que M. Trump a révélé qu'il n'était pas favorable à une interdiction fédérale de l'avortement, préférant que les États adoptent leurs propres lois.

    Marjorie Dannenfelser, de Susan B. Anthony Pro-Life America, et Lila Rose, de Live Action, ont fait partie des dirigeants pro-vie qui ont vivement critiqué l'ancien président, l'accusant d'avoir préféré le pragmatisme politique au leadership de principe dans la défense du droit à la vie.

    Deux jours plus tard, ils ont eu d'autres raisons d'être déçus lorsque M. Trump s'est joint aux partisans de l'avortement pour décrier une surprenante décision de justice en Arizona qui a rétabli l'interdiction quasi-totale de l'avortement dans cet État en 1864, qui était encore en vigueur en 1973, lorsque la décision historique Roe v. Wade a interdit de telles restrictions au niveau de l'État, en déclarant que la décision "allait trop loin". Il a également précisé que, s'il était élu, il ne signerait pas une loi fédérale limitant l'avortement à 15 semaines si le Congrès parvenait à l'adopter.

    La tentative de M. Trump de recentrer la politique du Parti républicain en matière d'avortement peut ou non s'avérer astucieuse sur le plan politique, puisque les sondages montrent que l'avortement est la seule question de premier plan sur laquelle il n'a pas d'avance sur le président Joe Biden dans sept États clés. Mais cela signifie que le mouvement pro-vie a perdu son porte-drapeau national (bien qu'inconstant) à l'approche des élections de novembre, qui comprendront une nouvelle série de mesures de vote sur l'avortement dans les États.

    C'est une étrange coïncidence que l'annonce de M. Trump et le document du Vatican soient tombés le même jour. Ce dernier ne contient aucune surprise majeure, mais il démontre de manière convaincante que les positions de l'Église sur une série de questions brûlantes apparemment disparates ont une racine commune : un profond respect pour la dignité inhérente, inaliénable et donnée par Dieu à l'homme.

    Mais si Dignitas est moralement cohérent, l'annonce de Trump est malheureusement tout sauf cela. À l'instar du document du Vatican, M. Trump a tenté de définir sa position à l'aide d'un thème général : la volonté du peuple.

    "Les États détermineront par le vote ou la législation, ou peut-être les deux, et ce qu'ils décideront devra être la loi du pays", a-t-il déclaré. "En fin de compte, a-t-il souligné, il s'agit de la volonté du peuple.

    Certes, M. Trump n'a pas toujours été le porte-parole le plus éloquent de la cause pro-vie. Et l'on peut se demander si une interdiction nationale de 15 semaines, qui n'empêcherait pas la plupart des avortements, est la politique la plus prudente à mettre en œuvre. Il n'en reste pas moins qu'il est affligeant d'entendre Trump parler de l'avortement comme il l'a fait.

    Et si la volonté du peuple était d'autoriser l'avortement à n'importe quel stade et pour n'importe quelle raison ? Si M. Trump estime que le droit à la vie est réellement inaliénable, comment peut-il se satisfaire que les enfants à naître soient protégés dans certains États et laissés sans défense dans d'autres ?

    Si M. Trump a encouragé les États à "faire ce qu'il faut", il n'a jamais précisé ce qu'était ce qu'il fallait faire. "Vous devez suivre votre cœur sur cette question. Mais n'oubliez pas, a-t-il souligné, que vous devez aussi gagner les élections pour restaurer notre culture et, en fait, pour sauver notre pays, qui est actuellement, et très tristement, une nation en déclin".

    Il est également affligeant de constater que M. Trump a profité de l'occasion pour exhorter les républicains à soutenir à fond la fécondation in vitro. Il semble ne pas être informé ou ne pas s'intéresser au fait que la FIV entraîne la destruction massive de vies humaines, ou que la loi de l'Alabama dont il a fait l'éloge lors de son annonce du 8 avril met les cliniques de FIV qui détruisent ou perdent la trace d'enfants embryonnaires par négligence totalement à l'abri des actions en responsabilité des parents. En quoi est-ce une position pro-famille ?

    Le mouvement pro-vie a une énorme dette de gratitude envers Trump pour avoir tenu sa promesse de renverser Roe grâce à ses trois nominations solides à la Cour suprême. Et il ne fait aucun doute que sa position recalibrée reste très éloignée de la promesse de Biden de restaurer Roe en tant que loi du pays.

    Mais cela ne signifie pas que Trump ne peut pas être critiqué lorsqu'il parle de manière aussi confuse du caractère sacré de la vie. À l'avenir, nous ne pouvons qu'espérer qu'il fera preuve de plus de clarté, de sagesse et de leadership sur cette question cruciale. Il serait utile qu'il trouve le temps de lire Dignitas Infinita.

  • Nigeria : les catholiques dénoncent les raisons religieuses des violences actuelles

    IMPRIMER

    De R. Cavanaugh sur le Catholic World Report :

    Les catholiques nigérians dénoncent les raisons religieuses des violences actuelles

    Les médias occidentaux rapportent continuellement des incidents violents au Nigeria, mais la plupart d'entre eux évitent de mentionner les aspects religieux de la violence.

    9 avril 2024

    Année après année, les extrémistes islamiques perpètrent des massacres au Nigeria. Et, année après année, les grands médias occidentaux ont tendance à présenter ces incidents comme des actes de banditisme ou des luttes foncières liées au changement climatique entre des éleveurs majoritairement musulmans et des agriculteurs majoritairement chrétiens.

    Cependant, une série d'attaques meurtrières contre des chrétiens nigérians pendant les vacances de Noël 2023 n'a laissé pratiquement aucun doute quant à la présence d'une motivation religieuse.

    Les violences entre chrétiens et musulmans au Nigeria remontent au début des années 1950, mais sont devenues plus fréquentes dans les années 1980.

    Dans la majeure partie du nord du Nigeria, le gouvernement est peu présent et la loi est pratiquement inexistante. Ceux qui disposent d'une puissance de feu suffisante sont largement libres de se livrer à leur guise. Ils peuvent commettre des actes de banditisme ou des enlèvements contre rançon. Ils peuvent aussi attaquer des gens au nom du djihad.

    Entre 2009 et 2023, plus de 50 000 chrétiens ont été assassinés par des extrémistes musulmans au Nigeria, où plusieurs milliers de musulmans modérés ont également été tués.

    Les violences actuelles ont entraîné le déplacement d'environ 5 millions de chrétiens nigérians.

    Il est sans doute encore plus frappant de constater que près de 90 % des chrétiens tués pour leur foi dans le monde sont nigérians.

    En raison de la violence au Nigeria, "les martyrs sont plus nombreux à notre époque qu'aux premiers siècles", comme l'a déclaré le pape François en 2023.

    Pourtant, en 2021, le département d'État américain a retiré le Nigeria de la liste des "pays particulièrement préoccupants" pour violation de la liberté religieuse. Le Nigeria ne figure pas non plus sur la liste la plus récente.

    Il semble qu'il y ait un décalage, à moins que l'actuelle administration américaine ne souhaite déclarer que les attaques en cours au Nigeria n'ont rien à voir avec la religion.

    "Je reconnais que le changement climatique et l'explosion démographique font partie des causes des crises, mais ces réalités n'affectent pas seulement le Nigeria", déclare Mgr John B. Bakeni, évêque auxiliaire du diocèse catholique de Maiduguri, situé dans l'État de Borno, au nord-est du Nigeria, où les attentats sont fréquents.

    Le père Bakeni cite d'autres pays des régions du lac Tchad et du Sahel qui sont également touchés par le changement climatique et la croissance démographique. Mais en termes de violence, ces autres pays "ne vivent pas ce que vit le Nigeria", affirme-t-il.

    Lire la suite

  • ”Au Congo, le vide du pouvoir est aussi absolu qu’inquiétant” :

    IMPRIMER

    Tshisekedi azali wapi mpo na kusala nini ? Un article d’Hubert Leclercq dans « La Libre Afrique » de ce 10 avril : « Les institutions sont en panne tandis que les rebelles n’ont jamais été aussi proches de Goma » :

    « Notre président est-il vraiment chez vous, à Bruxelles ?”, interroge un parlementaire congolais issu des rangs de la majorité. Depuis dimanche 7 avril, Félix Tshisekedi a quitté la République démocratique du Congo. Selon la responsable de la communication présidentielle, démentant l’information qui prétendait que le président de la République était passé par le Rwanda, “il effectue plutôt un déplacement à l’étranger pour des dossiers urgents liés au pays”.

    Pour l’instant, c’est le black out complet sur l’agenda présidentiel et la porte ouverte à toutes les rumeurs alors que sur le front de l’est la rébellion de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) dirigée par Corneille Nangaa, n’a jamais été aussi proche de Goma.

    Les rebelles ont contourné la ville de Saké qui est le dernier verrou avant Goma”, explique un Belgo-Congolais installé dans le chef-lieu du Nord-Kivu. “Saké est vide. Le centre de la ville est dans une plaine qu’il est difficile de défendre. Occuper saké n’a donc pas beaucoup d’intérêt”, explique-t-on, mercredi après-midi, dans les rangs des rebelles qui disent continuer à progresser vers le sud.

    Paralysie institutionnelle

    Cette avancée continue des rebelles, jumelée à l’absence présidentielle, ne fait qu’aviver les inquiétudes et les interrogations à Kinshasa. “Aucune institution ne fonctionne, c’est très inquiétant”, explique un patron de PME kinoise. “La situation économique se détériore. Socialement, c’est de plus en plus morose et il n’y a aucune perspective, aucun projet politique. On a une nouvelle Première ministre mais elle est incapable de former un gouvernement”, poursuit-il.

    Tshisekedi à Bruxelles: de bonnes intentions, mais rien contre la corruption

     Dans les faits, l’Assemblée nationale est installée mais le bureau de sept personnes qui doit la gérer n’a pas été désigné. En cause, une guerre de tranchées entre plusieurs candidats à la présidence de l’Assemblée nationale. “Les noms de Christophe Mboso, le président sortant de l’Assemblée, de Modeste Bahati, l’ancien président du Sénat, et de Vital Kamerhe, ancien colistier de Tshisekedi en 2018, qui a déjà occupé ce perchoir, sont cités pour ce poste. C’est au président de la République de trancher. Tant qu’il sera absent, l’Assemblée nationale sera paralysée et il n’y aura pas non plus de nouveau gouvernement”, explique un diplomate occidental.

    En effet, pour l’instant, le pays est entre les mains d’un gouvernement démissionnaire depuis un mois et demi. La Première ministre, désignée par le chef de l’État, consulte, confortablement installée dans un des hôtels 5 étoiles de Kinshasa. “Ce qui coûte une fortune à l’État congolais”, explique un fonctionnaire international de passage dans la capitale, qui ne comprend pas “pourquoi ce travail ne peut pas être fait dans un ministère ou un bâtiment qui appartient à l’État. Ce pays à l’art de vivre au-dessus de ses moyens”.

     Mais pour l’instant, les chefs de parti ne se bousculent pas dans les couloirs de l’hôtel Fleuve Congo pour rencontrer la cheffe de l’exécutif. Le formateur, le secrétaire général du parti présidentiel (UDPS), Augustin Kabuya, a revu la clé de répartition des ministères. Auparavant, il fallait 7 députés pour pouvoir prétendre à un ministère. Aujourd’hui, le nombre est passé à 10, ce qui provoque la grogne dans les familles de la majorité qui disposeront de moins de maroquins. “C’est un vrai souci pour beaucoup de partis affiliés à l’Union sacrée”, explique un député. “Mais tant que le bureau de l’Assemblée nationale n’est pas en place, le futur gouvernement ne peut être présenté et ne peut présenter son programme. Le retour rapide du président est donc nécessaire pour débloquer la situation”.

    Quant au Sénat, lui, il est complètement hors délai. Les sénateurs congolais sont élus par les assemblées provinciales qui viennent juste d’être installées et qui doivent aussi élire les gouverneurs des 26 provinces du pays. Le Sénat qui est toujours en place à Kinshasa est illégal, son mandat, prévu par la constitution, est dépassé. Président de la république absent, Assemblée nationale et futur gouvernement paralysés, Sénat hors la loi et gouverneurs non désignés. Le vide institutionnel est total dans un pays qui menaçait il y a peu d’entrer en guerre à la moindre escarmouche avec un de ses petits voisins. » 

    Ref. ”Au Congo, le vide du pouvoir est aussi absolu qu’inquiétant”

  • A Rome, un large panel d'experts appelle à l'interdiction internationale de la GPA

    IMPRIMER

    De l'Institut Européen de Bioéthique :

    GPA : à Rome, un large panel d'experts appelle à l'interdiction internationale de la pratique

    Les 5 et 6 avril derniers, s’est tenue à Rome une conférence internationale pour l’abolition universelle de la gestation par autrui (GPA).

    Cette réunion d’experts internationaux s’inscrit dans le cadre de la Déclaration de Casablanca, signée le 3 mars 2023 à l’occasion de la conférence de lancement de cette initiative (voy. actualité IEB 14/3/23).

    Plus d’une centaine d’experts de 75 nationalités ont depuis lors signé cette déclaration visant à inviter les États et les organisations supranationales à adopter des mécanismes juridiques garantissant l’interdiction de la pratique des mères porteuses.

    La conférence internationale tenue en 2024 à Rome a été l’occasion de rappeler la raison d’être d’une telle déclaration, en particulier l’impact particulièrement dommageable de la GPA sur le respect de la dignité des femmes et enfants, à travers la chosification et la marchandisation du corps de ceux-ci.

    Par ailleurs, les experts ont pu à nouveau insister sur la nécessité, au niveau des États, d’interdire et de lutter concrètement contre la pratique de la GPA, et, sur le plan international, de « s’engager dans une Convention internationale en vue de l’abolition universelle de la gestation pour autrui », comme le prévoit la déclaration de 2023.

    La tenue de cette conférence dans la capitale italienne résonne avec le projet actuel d’adoption d’une loi érigeant en délit le recours à la gestation pour autrui en droit italien, y compris en dehors du territoire italien.

    Parmi les experts signataires de la déclaration de Casablanca, l’on note la présence du Professeur René Frydman, gynécologue obstétricien, « père » du premier bébé éprouvette en France, et auteur du récent ouvrage « La tyrannie de la reproduction ».

    La réunion de Rome a pu compter sur la présence de divers experts issus du monde scientifique (en particulier de nombreux juristes), associatif, médiatique ou intergouvernemental. À ce titre, était notamment présente Reem Alsalem, Rapporteure spécial des Nations Unies sur la violence contre les femmes et les filles.

    Par ailleurs, Olivia Maurel, née de GPA et porte-parole de la Déclaration de Casablanca, a pu témoigner des conséquences traumatiques de la pratique des mères porteuses sur les enfants objets de ces contrats (voy. Actualité IEB 26/1/24), du fait notamment de la séparation précoce et volontaire de l’enfant et de sa mère.

    L’organisation de cette conférence début avril 2024 intervient à quelques jours d’une nouvelle réunion du groupe de travail de la Conférence internationale de la Haye (du 8 au 12 avril), dont le mandat vise notamment à réfléchir à la rédaction d’une convention internationale de reconnaissance transnationale de la filiation issue de GPA. À cette occasion, la Coalition internationale pour l’abolition de la maternité de substitution a rappelé, dans une lettre ouverte publiée sur X, la nécessité de mettre fin à un tel projet de libéralisation de la GPA.

    En Belgique aussi, alors que la légalisation de la GPA figure dans le programme électoral de plusieurs formations politiques en vue des élections du 9 juin prochain, un « Séminaire de réflexion féministe sur la GPA » s’est tenu le 28 mars dernier à Bruxelles, à l’initiative de l’Université des Femmes, de la CIAMS et de 14 associations féministes. Ce séminaire visait à montrer en quoi la GPA viole les droits humains et à dénoncer l’impact physique et psychologique de cette pratique sur les femmes et les enfants. Dans le contexte des élections 2024, ce séminaire était aussi l’occasion d’interpeler les politiques favorables au déploiement de cette pratique en Belgique.

  • Selon la Revue médicale "Lancet", la population mondiale va diminuer

    IMPRIMER

    De kath.net/news :

    Selon la Revue médicale "Lancet", la population mondiale va diminuer

    8 avril 2024

    Les craintes de surpopulation ne se sont pas concrétisées - La population mondiale commencera à diminuer dans les prochaines décennies pour la première fois depuis l'épidémie de peste du 14e siècle

    Londres (kath.net/pl) Les craintes de surpopulation, répandues depuis des décennies, ne se réalisent pas. Au contraire : une nouvelle étude publiée dans la revue spécialisée Lancet prévoit que la population mondiale va diminuer pour la première fois depuis six siècles. Les craintes d'une surpopulation de notre planète sont dénuées de tout fondement. Contrairement aux affirmations idéologiques de divers penseurs et scientifiques qui, pendant trente ans, ont prétendu que le plus grand problème de la Terre était la surpopulation, le dépeuplement est désormais considéré comme une menace bien plus importante. Le résultat pourrait être une crise économique massive dans le monde entier. C'est ce que rapporte la célèbre revue scientifique "Lancet", comme l'indique le portail "Opoka". "Opoka" est un portail financé et géré par une fondation de la Conférence épiscopale polonaise.

    Selon l'article du Lancet, d'ici 2050, les trois quarts des pays du monde seront en dessous du niveau de conservation, ce qui signifie qu'ils ne seront pas en mesure de maintenir leur population stable. On estime que cette proportion atteindra 97 % d'ici 2100. Cela signifie que la population mondiale commencera à diminuer au cours des prochaines décennies pour la première fois depuis la mort noire - l'épidémie de peste du 14e siècle.

    Le taux de fécondité est calculé selon le nombre d'enfants que chaque femme met au monde en moyenne. Pour atteindre le niveau de maintien, il doit être d'au moins 2,1 (tous les enfants n'atteignent pas l'âge adulte et tous n'auront pas d'enfants). En 1950, le taux de natalité mondial était de 4,84 ; en 2021, ce chiffre était tombé à seulement 2,23, soit à peine plus que ce qui est nécessaire pour maintenir le niveau actuel de la population, rapporte encore "Opoka" sur la base de "Lancet". Dans de nombreux pays comme les États-Unis (1,7), le Royaume-Uni (1,6), l'Espagne (1,16) et la Pologne (1,3), les taux de natalité sont déjà nettement inférieurs au niveau de reproduction. Les seuls pays où l'on peut s'attendre à ce que la population continue de croître seront les pays d'Afrique subsaharienne. Les taux les plus élevés seront enregistrés au Niger (6,7), au Tchad (6,1) et dans d'autres pays de la région.

    "Nous sommes confrontés à d'énormes changements sociaux au 21e siècle", a déclaré l'un des auteurs de l'article, le professeur Stein Emil Vollset. "Le monde devra faire face simultanément à un 'baby boom' dans certains pays et à une 'pénurie de bébés' dans d'autres. Alors qu'une grande partie du monde est confrontée à des défis majeurs en matière de croissance économique, liés à la diminution de la population active et à la question de savoir comment prendre en charge le vieillissement de la population et en supporter les coûts, de nombreux pays d'Afrique subsaharienne, dont les ressources sont les plus limitées, auront du mal à soutenir la population la plus jeune et celle qui croît le plus rapidement au monde, dans certains des endroits les plus instables politiquement et économiquement, les plus exposés à la chaleur et les plus touchés par la pauvreté des soins de santé sur la planète".

    "L'impact est énorme", convient le co-auteur de l'étude, le Dr Natalia V. Bhattacharjee, abonde dans ce sens. "Ces futures tendances en matière de taux de fécondité et de naissances vivantes vont complètement remodeler l'économie mondiale et l'équilibre du pouvoir international et nécessiteront une réorganisation des sociétés. La reconnaissance mondiale des défis de la migration et les réseaux d'aide mondiaux seront d'autant plus importants qu'il existe une concurrence féroce pour attirer les migrants en vue d'une croissance économique durable et que le baby-boom en Afrique subsaharienne se poursuit".

    Une grande partie de la peur de la surpopulation, désormais discréditée, peut être attribuée au livre de Paul Ehrlich intitulé "La bombe démographique". Bien que la surpopulation soit un mythe, Ehrlich continue d'agir en tant qu'expert sur le sujet et affirme, contre tous les faits, que la surpopulation constitue une menace, même si les taux de natalité diminuent dans le monde entier. Nombre de ces craintes proviennent d'un racisme de fait ou d'un colonialisme culturel visant à empêcher les pays pauvres et non blancs de "surproduire". Ces pays continuent de se voir imposer un contrôle démographique par des Occidentaux blancs et prospères qui veulent limiter la croissance démographique des pays noirs, latino-américains et asiatiques.

  • « L’Opération militaire spéciale est une Guerre Sainte » (patriarche Cyrille de Moscou)

    IMPRIMER

    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (Diakonos.be) :

    La « Guerre sainte » de Cyrille et Poutine. Naissance et histoire du document qui la déclare

    Fin mars, le qualificatif de « Guerre sainte » donnée par le patriarche orthodoxe Cyrille de Moscou à l’agression de la Russie contre l’Ukraine a fait grand bruit dans le monde entier.

    « L’Opération militaire spéciale est une Guerre Sainte, une guerre dans laquelle la Russie et son peuple, en défense de l’unique espace spirituelle de la Sainte Rus’, accomplit la mission de ‘Celui qui retient’ (‘o Katéchon’, cf. 2 Th 2,7), pour protéger le monde de l’assaut du mondialisme et de la victoire de l’Occident tombé dans le satanisme ».

    Par contre, bien peu savent comment Cyrille justifie la « sainteté » de la guerre déchaînée par Moscou, ou comment est née la déclaration intitulée « Le présent et le futur du Monde russe » qu’il a été le premier à signer.

    À proprement parler, en fait, ce document n’a pas été émis par le patriarcat de Moscou, ni par le Saint Synode de l’Église orthodoxe russe, qui l’a seulement lu et approuvé après coup le 27 mars, mais par une institution appelée « Vsemirnyj Russkij Narodnyj Sobor  », littéralement Concile populaire russe universel, plus communément traduit par Concile mondial du peuple russe, en sigle VRNS, imaginé et fondé en mai 1993 par Cyrille quand il était métropolite de Smolensk et chef du département des relations étrangères du patriarcat de Moscou.

    Une fois devenu lui-même, en 2009, patriarche de Moscou, Cyrille est également devenu président et leader de sa propre créature. Et il l’est encore à l’heure actuelle. Le Concile mondial du peuple russe est une institution à la foi ecclésiale et patriotique. Ses membres sont constitués d’un grand nombre de hiérarques orthodoxes, mais également de hauts fonctionnaires du Kremlin, de chefs militaires, de professeurs d’université et de centaines de jeunes patriotes issus de toutes les régions de Russie. Ses trois vice-présidents actuels reflètent également cette composition : il s’agit du métropolite Grégoire de Voskressensk, premier vicaire du patriarche de Moscou et de toutes les Russies, Alexander Shchipkov, professeur de philosophe à l’Université d’État de Moscou et recteur de l’Université orthodoxe Saint-Jean-le-Théologien et Sergei Rudov, membre du parlement et auparavant secrétaire exécutif du Concile.

    Le tout avec Vladimir Poutine comme chef suprême. Fin novembre 2023, lors de l’avant-dernière réunion du Concile, celle au cours de laquelle la déclaration sur la « Guerre Sainte » a été rédigée avant d’être rendue publique lors de l’assemblée suivante de fin mars (voir photo), Poutine a joué un rôle absolument central, en paroles et en images.

    Lire la suite

  • RDC : nouvelles attaques de djihadistes dans l'est du pays où plus de 30 000 élèves ne peuvent aller à l'école en raison de l'insécurité

    IMPRIMER

    Une dépêche de l'Agence Fides :

    AFRIQUE/R.D. CONGO- Nouvelles attaques de djihadistes dans l'est du pays où plus de 30 000 élèves ne peuvent aller à l'école en raison de l'insécurité

    4 avril 2024  
     
    Kinshasa (Agence Fides) - Au moins 10 personnes ont été tuées et plusieurs bâtiments ont été incendiés à la suite d'une attaque menée par les rebelles ADF dans la nuit du 3 avril dans la commune rurale de Mangina, dans le territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu, à l'est de la République Démocratique du Congo (RDC).

    Parmi les structures prises d'assaut par les assaillants figure le centre de santé local, qui a été partiellement incendié, ainsi qu'une douzaine de maisons et de bâtiments commerciaux.

    Les villageois ne comprennent pas "comment les assaillants ont pu agir aussi facilement", dans une zone où des soldats congolais et ougandais sont présents. L'ADF (Allied Democratic Forces) est un groupe rebelle ougandais qui s'est longtemps implanté au Nord-Kivu et en Ituri, terrorisant les populations locales. En 2019, l'ADF a annoncé son affiliation à l'État islamique, accentuant sa connotation djihadiste (voir Fides 24/6/2023).

    La violence des ADF (aujourd'hui également connus sous le nom d'ISCAP, c'est-à-dire la province centrafricaine de l'État islamique) fait que près de trente mille élèves, dont onze mille filles, ne peuvent plus aller à l'école dans le territoire d'Irumu en Ituri et dans le secteur d'Eringeti au Nord-Kivu.

    Selon une enquête récemment menée par une équipe d'inspecteurs scolaires, soixante-dix-neuf écoles primaires et secondaires de ces zones ont été fermées en raison de l'insécurité. Certains bâtiments scolaires ont été incendiés par les rebelles.

    Fin mars, les habitants du village de Mamove dans le territoire de Beni (Nord-Kivu) ont rapporté que depuis octobre 2023, les ADF avaient tué plus de 80 personnes et enlevé 60 autres. Les rebelles opèrent également de plus en plus dans les banlieues de la ville de Beni ; selon des sources locales, entre le 1er et le 24 mars, plus de huit attaques ont visé la ville de Beni, en particulier la commune de Mulekera. Au cours de ces attaques, des dizaines de personnes ont été sauvagement tuées et de nombreuses autres ont disparu, tandis que divers biens matériels tels que des magasins de cacao, l'un des produits les plus prisés de la région, ont été pillés. (LM) (Agence Fides 4/4/2024)

  • 1,390 milliard de catholiques dans le monde en 2022 mais il y a moins de prêtres, de séminaristes et de religieuses

    IMPRIMER

    De Vatican News (Jean-Benoît Harel) :

    1,390 milliard de catholiques dans le monde en 2022: une hausse de 1%

    Selon les données récemment publiées par l’Annuaire Pontifical 2024 et l’Annuaire statistique de l'Église 2022, le nombre de catholiques baptisés est en légère augmentation dans le monde, tout comme le nombre de diacres permanents. En revanche, les effectifs de prêtres, religieux, religieuses et séminaristes continuent de diminuer. L’Afrique et l’Asie se démarquent, avec des évolutions à la hausse, contrairement à l’Europe où la chute des vocations s’accélère.

    4 avril 2024

    Plus de catholiques mais moins de vocations. Les effectifs officiels des catholiques baptisés et des personnes consacrées sont parus dans l’Annuaire Pontifical 2024 et l’Annuarium Statisticum Ecclesiae 2022 (Annuaire statistique de l'Église 2022).

    Un nombre inédit de catholiques

    D’abord, selon l’Annuarium Statisticum Ecclesiae 2022, entre 2021 et 2022, le nombre global de catholique est en hausse de 1% pour atteindre 1 390 millions de personnes dans le monde, soit une augmentation de 14 millions de personnes dans le monde. Durant cette période, la population mondiale a cru de 0,8%. Les catholiques représentent en 2022 environ 17,5% de la population mondiale.

    Tous les continents observent une augmentation relative de baptisés, de plus de 3% en Afrique (de 265 millions à 273 millions), contre une stabilité autour de 286 millions en Europe. En Amérique et en Asie, la croissance des catholiques est significative (+0,9 % et +0,6 %, respectivement), mais tout à fait conforme à l'évolution démographique de ces deux continents.

    L’essor des diacres permanents

    Ensuite, les données de l’Annuaire Pontifical 2024 offrent un panorama chiffré de la vie de l'Église catholique dans le monde, du 1er décembre 2022 au 31 décembre 2023. Au cours de cette période, 9 nouveaux sièges épiscopaux et une administration apostolique ont été érigés; 2 sièges épiscopaux ont été élevés au rang de sièges métropolitains, et un vicariat apostolique au rang de siège épiscopal.

    Les évêques sont au nombre de 5 353 (+0,25%) avec des fortes hausses en Afrique et en Asie, une stabilité en Amérique et Océanie et une légère baisse en Europe.

    L’évolution significative concerne le nombre de diacres, avec une croissance de 2%. Ils sont désormais plus de 50 000 dans le monde. Toutefois, plus de 97% des diacres exercent leur ministère en Europe et en Amérique.

    Moins de prêtres et de séminaristes

    Entre 2021 et 2022, l’Annuaire observe une baisse d’une centaine prêtres dans le monde, portant leur nombre à 407 730, poursuivant une décroissance qui s’observe depuis 2012. Alors que l'Afrique et l'Asie affichent une dynamique soutenue (respectivement +3,2% et 1,6%) et que l'Amérique reste à peu près stationnaire, l'Europe, dont le poids est le plus important dans le total, et l'Océanie, en revanche, enregistrent des taux d'évolution négatifs, respectivement de 1,7% et 1,5%.

    Cette diminution du nombre de prêtres risque de se poursuivre, car l’Annuaire pontifical constate également une baisse de 1,3% du nombre global de séminaristes. Hormis l’Afrique (+2,1%) et l’Océanie (+1,3%), tous les autres continents connaissent une baisse des effectifs de séminaristes.

     

    Sur les 108 481 séminaristes que comptait le monde en 2022, le continent qui compte le plus grand nombre de séminaristes est l'Afrique, avec 34 541. Il est suivi par l'Asie avec 31 767, l'Amérique avec 27 738, l'Europe avec 14 461 et enfin l'Océanie avec 974.

    La chute du nombre de religieuses

    Une baisse des effectifs concerne aussi les religieux non prêtres: ils étaient 49 774 en 2021 et sont désormais 49 414 en 2022.

    La plus forte décrue s’observe pour les effectifs des religieuses qui chute sous la barre symbolique des 600 000. Elles sont 599 228, soit une baisse de 1,6%. Mais, encore une fois, les chiffres varient selon les continents. L’Afrique connait une forte augmentation (+1,7%), l’Amérique du sud une stabilité (+0,1%) quand trois zones continentales connaissent une contraction marquée: l'Océanie (-3,6 %), l'Europe (-3,5 %) et l'Amérique du Nord (-3,0 %).

  • En Chine aujourd'hui, la situation est pire que jamais

    IMPRIMER

    De Marco Respinti sur Bitter Winter :

    Zhou Fengsuo : "Xi Jinping est le produit naturel d'un système diabolique".

    04/04/2024

    Zhou est un militant bien connu des droits de l'homme en Chine. Il a survécu au massacre de la place Tiananmen et ne se fait pas d'illusions : aujourd'hui, la situation est pire que jamais.

    "La violence et la peur sont les armes du gouvernement communiste chinois. Zhou Fengsuo ponctue les syllabes dans un anglais lent et laconique et va droit au but. Il parle sans hésitation. Ses yeux sont remplis de souvenirs. La place Tiananmen, la nuit du 3 au 4 juin 1989. Les chars ont écrasé les étudiants qui, depuis des jours, réclamaient la liberté. Ils ne s'attendaient pas à ce dénouement, Zhou parmi eux. Étudiant à l'université Qinghua de Pékin, il était l'un des leaders de la contestation. Il a aujourd'hui 56 ans. Né à Xi'an, capitale de la province du Shaanxi, au nord-ouest du pays, il a tout vécu et tout vu. Je lui demande : "Combien de personnes sont mortes dans ce massacre ?" Il me répond : "Il est impossible de le savoir : "Il est impossible de le savoir. Les survivants ont été engloutis dans les prisons. Leurs familles ont vieilli et sont mortes. Le régime a dissimulé ou détruit les preuves. Il a raison. Des sources occidentales avancent toutefois le chiffre choquant de 10 000 victimes. "Le gouvernement a envoyé des troupes d'élite contre nous", affirme Zhou.

    Comment vous en êtes-vous sortis vivants ?

    Nous sommes montés jusqu'au Monument aux héros du peuple. Les balles pleuvent, les chars avancent mais difficilement. Plusieurs étudiants se jetaient en effet au milieu pour leur barrer la route. Ils nous protégeaient. Le prix Nobel de la paix Liu Xiaobo (1955-2017) a négocié une issue de secours. Mais nous étions divisés. Je faisais partie de ceux qui voulaient rester. Des soldats sont venus nous tirer vers le bas. Je conserve encore un drapeau ensanglanté avec lequel nous avons enveloppé l'un de ceux qui étaient tombés. Dans la confusion, certains sont tombés, d'autres, dont moi, ont réussi à se sauver.

    Que s'est-il passé ensuite ?

    Je suis devenu l'ennemi public n° 5. 5. J'ai passé un an dans la prison du village de Qincheng, au nord-ouest de Pékin. Pendant les trois premiers mois, j'avais des menottes aux poignets en permanence. Je mourais de faim - la nourriture était rare et délibérément mauvaise. Nous ne sortions jamais. J'ai vu le ciel moins de dix jours en douze mois. J'étais toujours malade, et ils m'interrogeaient continuellement avec des méthodes dures, essayant de me faire plier. Mais j'ai survécu pour la deuxième fois. J'ai été libéré sous la pression de l'opinion publique pour être envoyé dans un centre de rééducation idéologique dans le comté de Yangyuan, dans le nord de la province de Hebei. Un isolement, dans un endroit reculé. J'ai encore survécu. Enfin libre, j'ai fait des études d'ingénieur. Lorsque j'ai été invité à étudier la physique aux États-Unis d'Amérique, on m'a refusé un passeport. Pendant cinq ans. Finalement, je l'ai obtenu en 1994 ; en janvier, je suis parti. Je suis devenu citoyen américain en 2002 et l'année suivante, en Californie, j'ai été baptisé dans l'église Tree of Life en tant que chrétien protestant, alors que j'étais agnostique.

    Vous coordonnez deux organisations aux États-Unis...

    Je suis le directeur exécutif de l'organisation "Human Rights in China", basée à New York. Cette organisation a été créée en mars 1989, avant Tiananmen, par des étudiants chinois vivant en Amérique, qui souhaitaient faire davantage pour les prisonniers de conscience en République populaire de Chine (RPC). En 2004, j'ai également cofondé "Humanitarian China" pour soutenir financièrement les prisonniers politiques et leurs familles en Chine. Nous aidons une centaine d'entre eux chaque année, plus d'un millier au total. Le régime cherche à les effrayer, à les isoler : nous leur donnons un sentiment d'appartenance.

    Lire la suite

  • Même aux USA, les confessions pèsent de moins en moins. Et aussi bien Biden que Trump reçoivent une mauvaise note en religion

    IMPRIMER

    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (Diakonos.be) :

    Même aux USA, les confessions pèsent de moins en moins. Et aussi bien Biden que Trump reçoivent une mauvaise note en religion

    Ce n’est pas seulement l’Italie – voir l’article précédent – mais les États-Unis également qui ne constituent plus une « exception » dans le déclin général de la vitalité religieuse, dans un Occident toujours plus sécularisé.

    Les États-Unis avaient à leur avantage, à en croire certains experts, les nombreuses confessions se disputant le même « marché », à la différence de la monochromie religieuse qui prévaut sur le Vieux Continent.

    Cette pluralité de confessions est encore présente aujourd’hui aux États-Unis, et les passages d’une croyance à l’autre y sont encore fréquent. Mais l’influence de la religion dans la société est en chute constante depuis des années, selon une bonne partie de la population.

    Le dernier sondage du Pew Research Center de Washington révèle que pas moins de 8 Américains sur 10 affirment que la religion perd de son influence dans la vie publique, bien plus qu’au début des années 2000, où ils n’étaient que 5 sur 10 à poser un tel jugement.

    Le sentiment opposé, c’est-à-dire ceux qui estiment qu’il y a une augmentation de l’influence publique de la religion, ne concerne aujourd’hui plus que 18% de la population, bien moins que les 40% du début de ce siècle.

    Mais quel regard les Américains posent-ils sur ces changements qu’ils affirment percevoir ? Une majorité, pour être exact 57% d’entre eux, voit d’un œil positif l’influence de la religion sur la vie publique, et ne considère donc pas que ce soit une bonne chose qu’elle baisse à ce point.

    La moitié des Américains considèrent comme « important » que leur président également soit une personne dotée d’une foi solide. Et pourtant, là encore ils ne se disent pas satisfaits. Ils ne sont que 13% à juger que ce soit le cas de Joe Biden, et moins nombreux encore, 4% celui de Donald Trump.

    Ils sont peu nombreux – à la seule exception des protestants « evangelical » – à souhaiter que le président partage leur propre confession. Mais presque tous, soit plus de 90% voudraient que dans tous les cas il mène une vie « morale et éthique » irréprochable : cette attente est partagée par les protestants et les catholiques, les juifs et les musulmans, les athées et les agnostiques, les démocrates et les républicains.

    Mais à l’épreuve des faits, aussi bien Biden que Trump sont jugés par la grande partie des sondés comme déjà peu à même de défendre les espaces religieux de chaque citoyen. Les juifs et les protestants noirs font une exception pour Biden, puisqu’ils sont respectivement 73% et 60% à voir en lui un bon défenseur de leurs religions respectives, et pour Trump 69% des protestants « evangelical » blancs. Quant aux catholiques, 44% voient en Biden leur défenseur, contre 41% pour Trump.

    55% des Américains voudraient que le gouvernement fédéral renforce la séparation entre l’Église et l’État et 39% qu’il évite de promouvoir des valeurs chrétiennes.

    Mais 44% des sondés, tout en excluant que le christianisme soit déclaré la religion officielle des États-Unis, voudrait tout de même que le gouvernement fédéral promeuve les valeurs chrétiennes.

    Concernant les tendances actuelles, les opinions sont partagées. La moitié des Américains considère que les chrétiens conservateurs sont allés trop loin pour promouvoir leurs valeurs religieuses dans l’administration et les écoles publiques, tandis que l’autre moitié considère que ce sont les « liberal » séculiers qui ont exagéré en tenant les valeurs religieuses à l’écart des institutions publiques.

    On retrouve dans la première des deux moitiés les juifs, les athées, les agnostiques et les partisans du parti démocrate, et dans la seconde les protestants « evangelical » blancs et les partisans du parti républicain. Même les catholiques sont un peu plus nombreux dans la seconde moitié que dans la première, respectivement 57% contre 43%.

    En résumé, les habitants des États-Unis vivent aujourd’hui avec un malaise grandissant les changements qui se produisent dans le rôle public des religions.

    58% des personnes interrogées (42% il y a quatre ans) affirment ressentir un conflit entre leurs convictions religieuses personnelles et la culture américaine dominante. Un conflit également ressenti par environ la moitié des catholiques.

    Mais pas moins de 41% (33% il y a quatre ans) déclarent que face à quelqu’un avec qui l’on est en désaccord sur des questions religieuses, la meilleure chose à faire est de se taire. Ils ne sont que 5% à affirmer qu’il est préférable de persuader l’interlocuteur de changer d’avis.

    Curieusement, en politique également, ils ne sont que 5% à considérer que c’est une bonne chose de discuter avec ceux avec qui on n’est pas d’accord pour essayer de changer leur opinion.

    Sandro Magister est vaticaniste à L’Espresso.
    Tous les articles de Settimo Cielo depuis 2017 sont disponibles en ligne.