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Justice

  • Le droit naturel, une ressource pour notre temps

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    De gènéthique.org :

    Le droit naturel, une ressource pour notre temps – sous la direction d'Aude Mirkovic et Yvonne Flour

     Publié le 11 mars 2026

    Le 25 novembre 2023 s’est tenu à Paris le colloque « Droit naturel, une ressource pour notre temps », à l’initiative des associations Juristes pour l’enfance et Famille et liberté, de l’Université catholique de l’Ouest et des éditions Boleine. Alors que le droit est de plus en plus souvent réduit à un rapport de force entre volontés et désirs, à un simple levier pour faire avancer des revendications individuelles, différents experts proposent de revenir à l’essentiel : une vision du droit fondée sur le juste.

    En effet, aujourd’hui il ne semble plus possible d’affirmer qu’il existe une nature humaine. Or, « s’il n’existe pas de nature humaine et que tout est culturel alors il est impossible de fixer de manière définitive la dignité de toute personne humaine dans l’espace et dans le temps ». En niant l’existence d’un droit naturel, l’homme s’est leurré, se croyant tout-puissant dans sa volonté, sans limite. Mais à quel prix ?

    Les experts de cet ouvrage s’expriment à travers différents axes, à commencer par la culture classique de l’homme, la culture classique de la famille ou encore le droit administratif contemporain. La pratique du droit naturel est ensuite évoquée, à travers la fonction d’avocat, de législateur, d’enseignant mais aussi avec le regard d’un économiste. « Cet ouvrage est donc avant tout une invitation à théoriser de nouveau les fondements du droit pour que tous, juristes et législateurs, quel que soit leur positionnement, puissent à nouveau trouver dans cet ordre métajuridique une ressource susceptible de s’incarner dans leur pratique très concrète du droit et d’inspirer leurs décisions justes ».

    Comme le pointe Aude Mirkovic, qui a co-dirigé l’ouvrage : « Certes, la recherche du juste est toujours ardue mais il est tout à fait différent de tâtonner dans la recherche du juste, ou de décréter que ce juste, en soi, n’existe pas. C’est pourtant sur cette négation que repose notre système juridique, pour réduire le droit à un produit de la volonté, volonté générale dans le meilleur des cas, volonté du plus fort le plus souvent ».

    Dans un monde toujours plus en manque de repères, il nous est proposé de retrouver une véritable boussole. Un livre accessible à tous ceux qui veulent redécouvrir cette indispensable ressource.

    Editions : Boleine

    Date de publication : 30/07/2025

    Nombre de pages : 189

     

    "Le droit naturel est universel", affirme la juriste Aude Mirkovic

    Un article rédigé par Mélanie NIEMIEC - RCF, le 5 février 2026
     
    Le droit naturel rappelle que ce qui est légal n'est pas toujours ni légitime ni juste

    Aude Mirkovic, maître de conférences en droits privés et présidente de l'association Juriste pour l'enfance, a co-écrit avec Yvonne Flour experts l'essai Le droit naturel, une ressource pour notre temps. L’ouvrage aborde la distinction entre le droit naturel et le droit positif. Elle affirme que certains droits, tels que le droit à la vie ou la liberté de conscience, subsistent au-delà des lois étatiques.

  • Affaire Galilée : "on est bien loin de l'image d'Épinal du martyr en proie à la persécution de l'Église..."

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    Un podcast de l'Institut de France :

    L’affaire Galilée, ou l’hypothèse sans preuve

    avec l’historien Aimé Richardt
    archive du 3 février 2008
    Avec Christophe Dickès, journaliste

    Dans un ouvrage qui fera date, Aimé Richardt, lauréat de l’Académie française pour sa biographie de Fénelon (1994), décrypte le mythe Galilée en rétablissant une vérité historique fondée sur une étude minutieuse des textes. Dans "La vérité sur l’Affaire Galilée", l’auteur donne les raisons de la condamnation du Florentin en la replaçant dans le contexte des connaissances historiques et scientifiques de l’époque. Un ouvrage préfacé par Mgr Huot-Pleuroux, ancien Secrétaire Général de l’Episcopat.

    Émission proposée par : Christophe Dickès
    Référence : hist318

    Télécharger l’émission (56.14 Mo)

    Le 22 juin 1633, un certain Galilée fut condamné à Rome par le tribunal du Saint Office. La sentence prononcée par des cardinaux de l’Eglise catholique -appelés en la circonstance Inquisiteurs Généraux, fut la suivante : « Nous te condamnons dit le jugement à la prison formelle de ce Saint Office pour le temps qu'il nous plaira de fixer. De plus, au titre d'une pénitence salutaire, nous t'ordonnons de réciter les 7 psaumes de la pénitence salutaire, une fois par semaine, pendant les trois prochaines années... ».

    Et pourtant, Galilée ne fit pas un seul jour de prison… Il ne récita pas plus les psaumes de la pénitence salutaire puisqu’il confia ce pensum à sa fille religieuse qui s’en acquitta dûment. Et Galilée termina ses jours tranquillement à Acerti, près de Florence, où il vécut jusqu’à sa mort en 1642.

    Le nom de Galilée est généralement associé à un symbole, parfois même à un mythe, celui de la résistance à l’obscurantisme religieux en général et catholique en particulier. Pourtant qui connaît réellement Galileo Galilei, fils de Vincenzio Galilei né à Pise le 15 février 1564 ? Quelles furent ses spécialités scientifiques ? Qu’a-t-il inventé et légué à la science et à la postérité ? Peut-on parler à son endroit de victime de l’Eglise et de l'obscurantisme? Bref, pourquoi Galilée fut-il condamné par l'Eglise catholique? C’est le propos de cette émission d'Un jour dans l'Histoire.

    L'auteur.

    Aimé Richardt, historien, est l'auteur de nombreux ouvrages consacrés aux XVIIe et XVIIIe siècles. Il s'est intéressé à l'affaire Galilée, après avoir étudié l'œuvre d'un des plus grands intellectuels de l'histoire de l'Eglise, Robert Bellarmin [[FX de Guibert, 2002]]. Il est aussi l'auteur de Louvois, le bras armé de Louis XIV [[Tallandier, 1998]]; Le Soleil du Grand Siècle, prix Hugues Capet [[Tallandier, 2000]], Les savants du Roi Soleil [[FX de Guibert, 2003]], etc.

    Présentation de l'éditeur.

    Depuis le XIXe siècle, la cause était entendue : l'Église catholique avait condamné, emprisonné et martyrisé Galilée, un astronome génial, qui avait démontré que la Terre tournait autour du Soleil, ce que l'Église refusait d'admettre.

    Or la réalité est tout autre ! Non seulement Galilée n'a jamais passé un jour en prison, n'a jamais été martyrisé, mais Aimé Richardt démontre, en s'appuyant sur des documents irréfutables, que Galilée n'a jamais prouvé la rotation de la Terre autour du Soleil, et que l'Église était fondée à le condamner. En effet, les plus hautes autorités religieuses lui avaient demandé, en 1616, d'apporter une preuve à sa théorie, qui était d'ailleurs celle de Copernic, ou de parler d'hypothèse et, surtout, de ne pas intervenir dans l'explication des textes de la Bible qui paraissaient soutenir la thèse opposée du géocentrisme.

    Après l'avoir promis, Galilée est revenu sur sa parole, il a donc été jugé et condamné, avec une mansuétude toute particulière, réclamée par le pape qui était son ami. On est bien loin de l'image d'Épinal du martyr en proie à la persécution de l'Église...

  • Abus, excommunication, miséricorde : l’éclairage d’un canoniste

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    D'Anne Van Merris sur zenit.org :

    Abus, excommunication, miséricorde : l’éclairage d’un spécialiste du droit canonique

    Interview de Mgr Patrick Valdrini : « Le droit canonique garantit la cohérence de l’action de l’Église dans le monde »

    3 mars 2026

    Zenit a rencontré à Rome Mgr Patrick Valdrini, grand spécialiste français du droit canonique. Professeur émérite à l’Université pontificale du Latran et chanoine de la basilique Saint-Jean-de-Latran, il a joué un rôle majeur dans l’enseignement et dans le rayonnement du droit canonique à l’international.

    Après avoir exercé la charge de doyen dans plusieurs facultés en France, il a été appelé à Rome en 2005, où il vit toujours. Tout en enseignant à l’Université du Latran, il a été conseiller culturel à l’ambassade de France, recteur à Saint-Louis-des-Français et pro-recteur du Latran.

    Il a également présidé la Société internationale des spécialistes du droit canonique, et depuis 2021, il est expert auprès de la Signature apostolique au Vatican.  

    Zenit : Quel rôle le droit canonique joue-t-il dans la vie de l’Église catholique ?

    Mgr Patrick Valdrini : L’Église possède une double dimension, à la fois humaine et spirituelle. Le droit canonique en régit la dimension visible et institutionnelle. À travers sa manière de vivre dans le monde et dans l’histoire, la communauté ecclésiale manifeste, par le droit et à travers le droit, ce qu’elle est spirituellement.

    On peut dire que le droit canonique garantit la « figure juste » de l’Église en tant qu’institution, qui doit vivre et agir dans le monde. Celle-ci doit être le lieu d’une « justice profonde », car elle est le visage du Christ qui agit par elle aujourd’hui dans l’histoire. « Juste », en ce sens, signifie correspondre à ce que le Christ est et veut pour la communauté qui le rend présent.

    Zenit : Comment a-t-il évolué au cours des dernières décennies ?

    Mgr P. Valdrini : Le droit canonique a évolué au fil de son histoire au gré de ce que l’Église a vécu. Au dernier Concile Vatican II, celle-ci a analysé et réévalué ce qu’elle était et ce qu’elle faisait. Le droit canonique a été emporté par cette grande « révision de vie » !

    Lorsque le pape Jean XXIII a annoncé en 1958 qu’il allait convoquer un Concile, il a également indiqué sa volonté de réformer le droit canonique. Dès les premières réunions, on a constaté qu’on ne pouvait pas le faire sans un discours sur l’Église repensé. C’est pourquoi les travaux ont commencé à la fin du Concile, s’inspirant de la Constitution Lumen Gentium de 1964, dans laquelle l’Église exprime ce qu’elle est.

    On comprend que le droit canonique que nous connaissons aujourd’hui se distingue, d’une manière importante, de celui qui était en vigueur avant le Concile Vatican II. Celui de l’après-Concile a bien plus de force du point de vue ecclésiologique.

    Zenit : En quoi le droit canonique n’est-il justement pas un droit comme les autres ?

    Mgr P. Valdrini : Dans le droit canonique, il y a une dimension profondément communautaire : l’Église n’est pas le résultat de la volonté conjointe des croyants ; c’est le Christ qui crée une communion entre les personnes. En conséquence, dans l’Église, tout acte de recherche de justice aura toujours une perspective communautaire : il n’y aura ni vainqueur ni vaincu.

    À cet égard, le terme « excommunication », l’une des sanctions de l’Église, est ambigu, car il donne à penser qu’une personne peut être définitivement exclue de la communion. Ce n’est pas cela en réalité. Autrefois, on appelait cette sanction une « peine médicinale ». Aujourd’hui, on dit une censure. En termes juridiques modernes, on évoquerait une forme de « justice restaurative ».

    Quand on excommunie quelqu’un, on prive la personne d’éléments essentiels à la vie de l’Église, comme la participation à l’Eucharistie et aux sacrements, afin qu’elle revienne à la communion. On l’éloigne de la communion de l’Église, ou bien l’on constate qu’elle s’en est éloignée, afin qu’elle puisse s’amender et réparer les dommages et le scandale qu’elle a créés.

    Cette dimension de miséricorde implique qu’une personne n’est pas définitivement exclue de la communion de l’Église, même si elle ne peut revenir que sous certaines conditions et exigences précisées par le droit. C’est la parabole de l’enfant prodigue, parabole de référence lorsque l’on parle de justice et de miséricorde.

    Zenit : Dans ce désir de miséricorde, n’est-ce pas aussi important pour l’Église de garder l’objectivité face aux faits commis ?

    Mgr P. Valdrini : En Italie, on appelle « buonismo » le fait d’être bon avec tout le monde, sans discernement. Or, le discernement est fondamental. Il n’y a pas d’autre voie que de réfléchir et d’évaluer si ce qu’on va décider est juste. L’un des éléments importants d’évaluation, c’est le scandale qu’une décision peut susciter. Le scandale est une notion, elle aussi, communautaire, nécessaire comme « expression d’une communauté ». On constate que des personnes peuvent se rebeller face à certaines décisions de l’Église si elles jugent l’acte injuste, notamment pour ceux qui ont subi des dommages.

    Pour aborder la question de la « justice et de la miséricorde », il faut donc avoir pour élément de référence cette perspective communautaire, c’est-à-dire le fait que l’Église est une communion où, certes, tout le monde a sa place, y compris ceux qui ont fauté ; mais ces derniers doivent réparer leur lien de communion avec l’Église, c’est-à-dire avec la communauté, car ils ont blessé. En premier lieu, ce sont des personnes qu’ils ont blessées, et rendre justice à ces dernières est un devoir. En second lieu, toute l’Église est blessée.

    Le scandale, il est vrai, n’est pas une chose définie par des critères, il se discerne. Une décision qui s’inscrit dans une logique d’accueil de la personne peut provoquer un scandale au sein de la communauté. Celle-ci a un droit de « réception » des décisions prises par une autorité ecclésiastique. C’est une catégorie traditionnelle du droit canonique que nous dirions aujourd’hui être une expression de synodalité et de participation. Il est donc opportun de déterminer quelle décision serait la plus juste pour la communauté et pour les personnes.  

    Zenit : N’y a-t-il pas aussi un discernement à faire par l’Église quant aux nominations de prêtres ayant commis des actes d’abus graves, ou des abus avec récidives ?

    Mgr P. Valdrini : Aux prêtres qui ont commis de tels actes, s’ils n’ont pas perdu l’état clérical, on n’interdit pas toujours de célébrer la messe, mais on leur interdit au moins de la célébrer en public. Par son sacerdoce, le prêtre a une grande responsabilité : il est une expression visible du Corps du Christ, dans sa vie personnelle comme dans la charge qu’on lui confie.

    Or, l’Église catholique est contrainte par l’obligation d’être, disons, « symbolique » dans son action, car elle est le « symbole » qui manifeste la présence du Christ dans l’histoire : un modèle concret de communion et de respect des personnes, au nom de Dieu lui-même. C’est pourquoi il y a le Christ accueillant et le Christ exigeant. 

    Ainsi, l’Église catholique doit chercher, dans les situations concrètes, à être un exemple de justice et de miséricorde qui ne se fait pas à n’importe quel prix. Il est normal de bien discerner avant de confier à une paroisse un prêtre ayant commis des abus.

    La justice, ici, est donc liée à la justesse du discernement dans les nominations. Et ce n’est pas seulement faire un jeu de mots entre « justice » et « justesse » ! Il est important que l’Église évalue chacune de ses décisions. « Mettre ce prêtre dans cette charge » : est-ce être dans la justesse ? « Vouloir être bon avec lui » n’est pas forcément juste, et de plus, cela choque la communauté, qui ne voit pas d’acte de justice.

    Zenit : Finalement, quel est le plus important pour vous, en termes de justice dans l’Église ?

    Mgr P. Valdrini : Nous devons revenir à ce qui est le fondement même de l’existence de l’Église dans les sociétés. C’est ce que le pape Léon XIV rappelle souvent dans une perspective augustinienne : nous sommes le Corps du Christ. Le droit canonique doit traduire, en termes organisationnels et relationnels, ce qu’est le Corps du Christ aujourd’hui. On ne doit pas prendre pour premier modèle l’idée d’une société qui fonctionne bien ; on doit prendre pour modèle le Christ, en particulier ce qu’il est et ce qu’il fait dans les Évangiles.

    L’équilibre de la justice dans l’Église dépend aussi de chaque personne, en particulier de sa cohérence personnelle vis-à-vis de la communauté ecclésiale. Pour être suivis et compris par ceux qui ne partagent pas notre foi, nous devons être fidèles aux devoirs qui nous incombent par notre appartenance à l’Église catholique. Je crois vraiment que le droit canonique garantit, à sa manière, la cohérence de l’action de l’Église catholique dans le monde, c’est-à-dire la cohérence de la visibilité du Corps du Christ dans la société.

    Abus, excommunication, miséricorde : l’éclairage d’un spécialiste du droit canonique | ZENIT - Français

  • Jimmy Lai écope de 20 ans de prison : verdict du procès spectacle de Hong Kong.

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    De Riccardo Cascioli sur la NBQ :

    Jimmy Lai écope de 20 ans de prison : verdict du procès spectacle de Hong Kong.

     

    Une condamnation à mort, la fin du système judiciaire à Hong Kong, la mort définitive de la liberté dans l'ancienne colonie britannique, une leçon pour Taïwan. Telles sont les premières réactions au verdict prononcé contre l'homme d'affaires et éditeur catholique Jimmy Lai, figure emblématique de la lutte pour la démocratie. Son épouse Teresa et le cardinal Zen étaient présents à l'audience, dans une salle d'audience bondée et empreinte d'émotion.
    – ARTICLE D'UN DE SES JOURNALISTES : « C'est un martyre blanc. »
    – ARCHIVES : Jimmy Lai, un catholique contre le pouvoir.

    09_02_2026

    Vingt ans de prison, soit une peine de mort en substance. Tel est le verdict du tribunal de Hong Kong contre Jimmy Lai, éditeur et entrepreneur de 78 ans, reconnu coupable en décembre dernier en vertu de la loi sur la sécurité nationale promulguée par le gouvernement chinois en 2020 pour réprimer le mouvement démocratique.

    Jimmy Lai, lauréat du prix « Facts for Truth » décerné par La Bussola en octobre dernier, purge déjà une peine de cinq ans de prison pour d'autres chefs d'accusation liés à son combat pour la démocratie et la liberté à Hong Kong. Il a été condamné sur trois chefs d'accusation : deux pour complot et collusion avec des forces étrangères, et un pour publication de contenu séditieux dans son journal Apple Daily , fermé par les autorités en 2021. Outre Jimmy Lai, six autres dirigeants d'Apple Daily et deux militants pro-démocratie ont été condamnés à des peines allant de six ans et trois mois à dix ans de prison.

    Le verdict, prononcé lors d'une audience qui a débuté à 10 heures précises (3 heures du matin, heure italienne), a été lu par le juge en dix minutes dans une atmosphère tendue. Une foule importante s'était massée à l'intérieur et à l'extérieur du tribunal, où les partisans de Jimmy Lai avaient commencé à prendre place dès vendredi soir, sous un important dispositif policier. Son épouse, Teresa, était également présente dans la salle d'audience, aux côtés de l'évêque émérite de Hong Kong, le cardinal Joseph Zen, avec lequel elle a ensuite quitté les lieux. Jimmy Lai est entré dans la salle vêtu d'une veste blanche et de lunettes de soleil, adressant un large sourire à sa famille et à ses partisans. Teresa l'a salué d'un bref signe de la main. Jimmy est resté calme et a esquissé un sourire à la lecture du verdict, tandis que de nombreuses personnes présentes pleuraient.

    La peine infligée à l'éditeur et rédacteur en chef d'Apple Daily est la plus lourde jamais prononcée en vertu de la tristement célèbre loi sur la sécurité nationale : « le dernier clou dans le cercueil de la liberté de la presse à Hong Kong », a déclaré Jodie Ginsberg, présidente de la Commission pour la protection des journalistes (CPJ), qui a également souligné que la Chine est le régime qui compte le plus grand nombre de journalistes en prison : 51, dont 8 à Hong Kong.

    « Aujourd'hui est un jour sombre pour tous ceux qui croient en la vérité, la liberté et la justice », a déclaré Sébastien Lai, le fils de Jimmy Lai, dans un communiqué. Il avait reçu le prix de la Bussola de son père à Vimercate en octobre dernier. Cette condamnation « symbolise la destruction totale du système judiciaire de Hong Kong et la fin de la justice ». Sébastien Lai, qui vit actuellement en exil au Royaume-Uni, avait également vivement critiqué le Premier ministre britannique Keir Starmer ces derniers jours. Ce dernier, après s'être rendu en Chine et avoir rencontré le président chinois Xi Jinping le 29 janvier, a évité d'évoquer le cas de Jimmy Lai (qui possède un passeport britannique) afin de ne pas compromettre les nouveaux accords commerciaux entre le Royaume-Uni et la Chine.

    La fille de Lai, Claire, a qualifié la sentence de « déchirante et cruelle », ajoutant que si elle était appliquée, « il mourrait en martyr derrière les barreaux ». Même en cas de réduction de peine pour bonne conduite, Jimmy Lai ne pourrait quitter la prison qu'à 90 ans, mais Claire a elle-même dénoncé à plusieurs reprises la détérioration de la santé de son père durant ses années d'incarcération, celui-ci souffrant de diabète et d'hypertension.

    C’est pourquoi Caoilfhionn Gallagher, coordinatrice de l’équipe juridique internationale représentant Jimmy Lai, a déclaré : « Maintenant que ce procès-spectacle est terminé, nous appelons les dirigeants du monde entier à parler d’une seule voix et à exiger la libération de Jimmy Lai par la Chine afin qu’il puisse au moins retrouver sa famille à Londres. » L’expulsion de Hong Kong est désormais la seule option pour Jimmy Lai, qui – rappelons-le – est également citoyen britannique, d’être libéré.

    L'affaire Jimmy Lai a également été suivie de près par les autorités taïwanaises, qui subissent depuis longtemps des pressions, y compris militaires, de la part de la République populaire de Chine. Le gouvernement de Pékin a proposé à plusieurs reprises d'appliquer à Taïwan le même régime « un pays, deux systèmes » qu'à Hong Kong. Dans un communiqué, le gouvernement taïwanais a déclaré que l'affaire Jimmy Lai démontre que « dans le cadre du modèle de gouvernance “un pays, deux systèmes”, les libertés et les droits promis au peuple de Hong Kong ne sont que des paroles en l'air ». Le peuple taïwanais doit donc « tirer les leçons de la douloureuse expérience de Hong Kong et défendre les libertés qu'il a acquises au quotidien ».

  • Le projet assumé de la Banque islamique de développement ou la charia comme horizon mondial

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    De Raphaël Lepilleur sur La Sélection du Jour :

    2 février 2026

    La charia comme horizon mondial : le projet assumé de la Banque islamique de développement

    Photo : Via la finance, la Banque Islamique de Développement souhaite imposer un modèle de société basé sur la charia. Crédits : Logo de la Banque Islamique de Développement Via Icon Logo Vector

    La Banque islamique de développement a publié sa stratégie pour les 10 prochaines années. Présenté comme un cadre d'action pour le développement et la finance, ce document va bien au-delà. Il expose une feuille de route visant à structurer l'économie, les institutions et les normes sociales selon les principes de la charia, dans une perspective explicite d'extension au-delà du monde musulman.

    Le document en sélection est le “cadre stratégique sur 10 ans (2026-2035)” du Groupe de la Banque islamique de développement (BID). Il s'agit d'une institution financière, basée en Arabie Saoudite, considérée comme la banque mondiale des pays musulmans. La BID compte 57 États membres, qui font tous partie de l'Organisation de la coopération islamique (OCI). L'adhésion à l'OCI constitue une condition préalable obligatoire pour intégrer la BID. L'OCI se définit elle-même comme « la deuxième plus grande organisation intergouvernementale après les Nations unies », regroupant 57 États (soit tous les pays à majorité musulmane), elle est aussi basée en Arabie Saoudite. Il n'existe aucune autre organisation entre États sur une base religieuse. 

    Pour intégrer la BID, les États doivent donc souscrire à la charte de l'OCI, laquelle place l'islam au cœur de son projet politique, culturel et institutionnel. Derrière un vocabulaire polissé, elle définit notamment comme objectifs : « l'aide aux minorités et communautés musulmanes vivant en dehors des États membres afin de préserver leur dignité et leur identité culturelle et religieuse » ; « la promotion de l'acquisition et de la démocratisation du savoir conformément aux nobles idéaux de l'islam afin d'atteindre l'excellence intellectuelle ». Ces dispositions donnent à la notion de Oummah (la communauté musulmane mondiale, sans distinction de nationalité) un rôle stratégique majeur qui, comme nous le verrons, permet d'agir au-delà du monde musulman. Le texte accorde également une place particulière à Al-Qods al-Charif, expression arabe désignant Jérusalem, considérée dans l'islam comme le 3eme lieu saint après La Mecque et Médine. L'article 21 de la charte de l'OCI stipule ainsi que : « Le siège du Secrétariat général est fixé à Djeddah en attendant la libération d'Al-Qods al-Charif, qui deviendra le siège permanent de l'Organisation ». Le document affirme par ailleurs vouloir « préserver et promouvoir les droits des femmes et favoriser leur participation effective dans tous les domaines de la vie », tout en précisant que cette promotion s'effectue « conformément aux lois et législations des États membres », lesquels sont tous musulmans et une partie applique officiellement la charia. 

    Dans la charia le témoignage d'une femme vaut la moitié de celui d'un homme dans de nombreux domaines, la femme est juridiquement placée sous l'autorité d'un tuteur masculin pour le mariage et l'adultère féminin est pénalement sanctionné par des peines extrêmes (de la torture à la mort). Cette réalité place objectivement le statut des femmes très en-deçà des standards occidentaux. La charia autorise aussi le mariage dès la puberté (généralement autour de 9/12 ans) sur décision masculine, ce que le droit occidental qualifie sans ambiguïté de mariage d'enfants et de pédocriminalité en cas de relations sexuelles. Et cela sans même évoquer la peine de mort pour apostasie (quitter l'islam), le sort reservé aux LGBTQIA+ ou encore la hiérarchisation juridique entre musulmans et non-musulmans. Ces derniers relèvent du statut de dhimmi (individus tolérés mais juridiquement inférieurs, soumis à des restrictions et au paiement d'un impôt humiliant, la jizya). En gros, dans un système régi par la charia, 3 possibilités s'offrent aux non musulmans : conversion, soumission ou mort. A noter que la peine de mort, en Arabie Saoudite par exemple, est pratiquée par décapitation au sabre.

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  • Le pape Léon XIV affirme que l'Église catholique ne peut pas « relativiser » son enseignement sur le mariage

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    De Charles Collins sur Crux :

    Le pape Léon XIV affirme que l'Église catholique ne peut pas « relativiser » son enseignement sur le mariage.

    S'adressant lundi aux membres du Tribunal apostolique de la Rote romaine, le pape Léon XIV a mis en garde contre « une dangereuse relativisation de la vérité » en ce qui concerne l'enseignement de l'Église sur l'indissolubilité du sacrement de mariage.

    L'une des principales fonctions de la Rote romaine est de traiter les appels en matière de nullité de mariage au sein de l'Église catholique. Contrairement au divorce, qui met fin au mariage, une déclaration de nullité – souvent appelée « annulation » – peut être prononcée après qu'une procédure légale a établi qu'aucun mariage valide n'a réellement eu lieu.

    Si l'une des parties à un mariage présumé avait en réalité déjà été mariée et n'avait pas obtenu d'annulation, par exemple, l'Église déclarera le second mariage nul.

    Il existe de nombreuses autres raisons pour lesquelles un mariage peut être nul, toutes énumérées dans le Code de droit canonique de l'Église, et les cas d'annulation peuvent être plus ou moins difficiles à prouver.

    Lundi, Léon XIV a déclaré aux membres de la Rote – qui sont tous des prêtres – qu’il souhaitait parler du lien étroit entre la « vérité de la justice » et la « vertu de la charité ».

    « Il ne s’agit pas de deux principes opposés, ni de valeurs à équilibrer selon des critères purement pragmatiques, mais de deux dimensions intrinsèquement unies qui trouvent leur harmonie la plus profonde dans le mystère même de Dieu, qui est Amour et Vérité », a déclaré le pape Léon XIV.

    Il a déclaré que cette corrélation exige une exégèse critique constante et rigoureuse, « car, dans l’exercice de l’activité judiciaire, une tension dialectique surgit souvent entre les exigences de la vérité objective et les préoccupations de la charité ».

    « Il existe parfois un risque qu’une identification excessive aux vicissitudes souvent tourmentées des fidèles conduise à une dangereuse relativisation de la vérité », a déclaré le pontife.

    « En réalité, une compassion mal comprise, même si elle semble motivée par un zèle pastoral, risque d’occulter la dimension nécessaire à la recherche de la vérité propre à la fonction judiciaire. Cela peut se produire non seulement dans les cas de nullité de mariage – où cela pourrait conduire à des décisions pastorales dépourvues de fondement objectif solide – mais aussi dans tout type de procédure, compromettant ainsi sa rigueur et son équité », a-t-il ajouté.

    Dès le début de son pontificat, le pape François a simplifié la procédure d'annulation de mariage au sein de l'Église locale : en donnant plus de pouvoir aux évêques, en accélérant le processus et en veillant à ce que les fidèles n'aient pas à payer pour être entendus.

    Léon XIV a cependant déclaré aux juges de la Rote que l'objectif de son prédécesseur en rationalisant la procédure de nullité n'était pas d'affaiblir la réalité de l'indissolubilité du mariage sacramentel.

    Il a déclaré que, dans le cadre de la procédure plus courte d'annulation de mariage devant l'évêque diocésain, « la nature prima facie du motif d'annulation qui la rend possible doit être jugée avec beaucoup de soin, sans oublier que c'est la procédure elle-même, dûment mise en œuvre, qui confirme l'existence de l'annulation ou détermine la nécessité de recourir à la procédure ordinaire. »

    « Il est donc essentiel de continuer à étudier et à appliquer le droit canonique du mariage avec rigueur scientifique et fidélité au Magistère », a déclaré le pape Léon XIV.

    Il a déclaré à la Rote romaine que certains aspects des procédures canoniques peuvent être envisagés dans le contexte de la vérité dans la charité.

    « Avant tout, les actions des différents protagonistes de ce processus doivent être entièrement marquées par une volonté sincère de contribuer à faire la lumière sur le jugement juste à rendre, avec une honnêteté intellectuelle rigoureuse, une compétence technique et une conscience irréprochable », a-t-il déclaré.

    Léon a rappelé aux juges que leur rôle principal est la recherche de la vérité, « qui ne se réduit pas à l'accomplissement professionnel, mais doit être comprise comme une expression directe de responsabilité morale ».

    « Cette démarche est motivée avant tout par la charité, mais elle va au-delà des seules exigences de la justice, servant autant que possible le bien intégral des personnes, sans dénaturer sa fonction, mais en l’exerçant avec un plein sens de l’ecclésialité », a-t-il déclaré.

    « Les procédures canoniques doivent inspirer la confiance qui découle du sérieux professionnel, d’un travail intense et réfléchi, et d’un engagement sincère envers ce qui peut et doit être perçu comme une véritable vocation professionnelle. Les fidèles et toute la communauté ecclésiale ont droit à l’exercice juste et opportun des fonctions procédurales, car il s’agit d’un cheminement qui touche les consciences et les vies », a déclaré le pape.

    Le discours de lundi était la deuxième fois que le pape Léon XIV s'adressait à la Rote romaine depuis son élection.

    Le 21 novembre 2025, le pontife nouvellement élu s'est adressé à eux après une journée d'études.

    Il y a deux mois, Léon a rappelé aux juges du Saint-Siège que le jugement humain sur la nullité du mariage « ne peut toutefois pas être manipulé par une fausse miséricorde ».

    Il a déclaré à la Rote que l'Église devait se souvenir que les efforts visant à promouvoir la réconciliation entre époux étaient très importants, « y compris, lorsque cela est possible, par la validation du mariage ».

  • Le regretté George Pell et ses ennemis, deuxième partie

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    De sur le CWR :

    Le regretté George Pell et ses ennemis, deuxième partie

    Le défunt cardinal Pell a été vilipendé par des médias australiens anti-catholiques et il se pourrait qu'il ait été piégé par des employés avides du Vatican pour l'éliminer.

    Vous pouvez lire la première partie de cette chronique ici .

    En 2014, le pape François, nouvellement élu, décida d'assainir les finances du Vatican. Il nomma le cardinal australien George Pell (1941-2023) premier préfet de son nouveau Secrétariat pour l'Économie. Pell était perçu comme un cardinal pragmatique, rigoureux et intelligent, capable de mobiliser ses pairs et de les inciter à redresser la situation.

    Pell a ordonné des audits, établi des directives et lancé une enquête sur les finances des différents services du Vatican. On pourrait croire qu'une simple tentative d'instaurer la transparence dans les finances du Vatican ne susciterait aucune controverse. Ce serait une erreur.

    Alors même que Pell commençait à mettre au jour des problèmes, une série d'accusations d'abus sexuels sur mineurs ont été portées contre lui en Australie en 2017. Alors qu'il aurait pu rester à Rome et éviter le procès comme  d'autres  l'ont fait, il a choisi de retourner dans son pays natal pour laver son nom.

    La police de Victoria n'a apparemment ménagé aucune dépense pour tenter de dénicher des informations compromettantes sur George Pell — et lui seul — remontant à 2013. Elle a présenté des dizaines de témoins devant le tribunal en 2018, mais ces prétendus témoins n'ont pu fournir que des accusations et des témoignages flous, ce qui explique pourquoi le jury n'a pas pu parvenir à un verdict.

    Leur indécision n'est pas surprenante, car les deux accusations les plus graves portées contre Pell paraissent ridicules à quiconque assiste régulièrement à la messe catholique. Deux garçons ont affirmé que Pell s'était exhibé devant eux après la messe, dans la sacristie de la cathédrale. Mais comment Pell aurait-il pu raisonnablement faire cela, alors qu'il portait ses habits liturgiques ? Pourquoi ne se serait-il pas trouvé à l'extérieur de l'église, comme tous les autres prêtres après la messe du dimanche (y compris Pell lui-même), en train de discuter avec ses paroissiens ? Où étaient les autres prêtres qui accompagnent habituellement l'évêque à la messe ? Et n'aurait-il pas été incroyablement stupide pour un prêtre de s'exhiber dans un lieu public comme la sacristie, où un paroissien pouvait arriver à tout moment pour demander la bénédiction d'un nouveau chapelet ?

    Malgré le caractère absurde des accusations, Pell a été reconnu coupable lors d'un nouveau procès. Condamné à la prison en 2019, il y a passé 404 jours, presque entièrement à l'isolement, privé même du droit de célébrer la messe.

    Mais Pell a fait appel de cette décision devant la Haute Cour d'Australie, et celle-ci a cassé son jugement en 2020. Après sa libération, il a publié ses  journaux de prison  pour financer les frais de sa défense.

    Pell souffrait de problèmes cardiaques depuis 2010, en partie à cause de son travail épuisant et de ses nombreux déplacements. Bien que ces problèmes cardiaques rendaient toute intervention chirurgicale dangereuse, il décida de se faire poser une deuxième prothèse de hanche en raison de douleurs constantes. Il craignait également que la santé déclinante du pape François n'entraîne prochainement un nouveau conclave et « était déterminé à faire entendre sa voix » ¹  alors que les cardinaux se réunissaient en amont. Le décès de Pell fut inattendu car il semblait se porter bien immédiatement après l'opération, mais sa mort fut attribuée à son état cardiaque.

    Avec le recul, il est aisé de constater qu'une série de coïncidences fascinantes s'est produite durant le mandat de Pell comme préfet du Secrétariat à l'Économie. Au moment même où il enquêtait sur des irrégularités financières au Vatican, il fut contraint de quitter Rome et de comparaître devant un tribunal pour des accusations si fragiles qu'elles en sont à peine crédibles. Durant cette même période, plusieurs personnes au sein du Secrétariat d'État, dont un cardinal, furent impliquées dans un système financier de détournement de fonds et d'extorsion, ce qui entraîna leur condamnation  (bien qu'ils aient fait appel) en 2023. Après sa libération, Pell découvrit qu'en 2019 – alors qu'il était lui-même en procès – une personne au Vatican avait transféré 2 millions de dollars à un individu en Australie, apparemment sur ordre de ce même cardinal. En 2021,  Pell demanda publiquement au cardinal de s'expliquer sur l'identité du destinataire de ces 2 millions de dollars et sur les raisons de ce transfert. Le monde attend toujours une réponse convaincante.

    Il est clair que le cardinal George Pell avait de nombreux ennemis. Il a été diffamé par des médias australiens anti-catholiques et il est possible qu'il ait été piégé par des employés du Vatican avides de pouvoir pour l'éliminer. Au fil des ans, des manifestants anti-catholiques (dont certains offensés par ses propos sur l'homosexualité) ont organisé des piquets de grève devant ses messes, l'ont menacé et ont tagué sa cathédrale d'attaques personnelles.

    Nous pouvons éprouver plus de sympathie pour un groupe de personnes qui se sont publiquement opposées à Pell. Les Australiens victimes d'abus sexuels (ou leurs proches) ont peut-être cru, à tort, que la condamnation de Pell leur permettrait de se venger de leurs agresseurs. Bien que les abus sexuels soient notoirement difficiles à prouver de manière concluante, des affaires récentes très médiatisées   ont montré que lorsqu'une victime confronte publiquement les véritables agresseurs, d'autres victimes se sentent souvent libres de témoigner également, révélant ainsi l'existence d'un comportement criminel récurrent, et non d'un incident isolé ou non vérifiable. Aucune autre victime ne s'est manifestée pendant ou après les procès publics intentés à George Pell.

    Mais Dieu connaît la vérité sur George Pell, non seulement sur sa culpabilité ou son innocence concernant ces accusations, mais aussi sur le fait qu'il soit désormais un saint au Ciel.

    On pourrait certes contester la sainteté de Pell, car il se montrait parfois brusque lorsqu'il était attaqué verbalement et s'exprimait avec une franchise qui pouvait heurter la sensibilité de beaucoup. Mais il était aussi disposé à s'excuser, à rectifier ses propos et à reconnaître ses erreurs. Il n'a jamais manifesté d'animosité envers ceux qui l'avaient accusé et condamné à tort, allant même jusqu'à plaisanter avec ses amis en disant qu'être en prison, c'était comme être « en retraite spirituelle » .

    Au lieu de cela, il a obéi au commandement de notre Seigneur : « Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent. »  Ses journaux de prison évoquent également les réflexions d'un prêtre catholique lors d'un moment de solitude paisible avec Jésus-Christ, et non celles d'un homme âgé, coupable et confiné à l'isolement, qui sait qu'il finira probablement ses jours en prison. Cela aurait pu arriver à Pell.

    Si certains saints ont été facilement identifiés comme des hommes et des femmes saints de leur vivant — seuls quelques athées étaient perplexes quant à la sainteté de Mère Teresa de Calcutta, par exemple —, ce n'est pas toujours le cas.

    À la mort de saint Jean de la Croix en 1591, deux prêtres répandirent de diffamation à son sujet à travers l'Espagne, et malheureusement, on les crut. Un siècle plus tard, leurs mensonges furent démentis, ses écrits examinés en détail, des miracles se produisirent par son intercession, et Jean fut canonisé. On pourrait raconter des histoires similaires concernant saint Gérard Majella, la bienheureuse Anne Catherine Emmerich et d'autres saints, ainsi que de nombreux martyrs.

    En mars 2025, un garçon de dix-huit mois est tombé dans une piscine et a cessé de respirer pendant cinquante-deux minutes. Il aurait dû mourir ou, à tout le moins, subir de graves lésions cérébrales, cardiaques ou pulmonaires. Ses parents, qui avaient rencontré le cardinal Pell en 2021, ont prié sans relâche pour son intercession afin de sauver leur enfant pendant cette période où il était, littéralement, en danger de mort. Contre toute attente, le bébé a survécu, a été débranché de l'assistance respiratoire et n'a présenté aucune séquelle.

    Est-ce un miracle ? Dieu accordera-t-il des grâces surnaturelles à ceux qui implorent l’intercession de George Pell, ne serait-ce que pour nous convaincre de l’injustice subie par ce prêtre catholique fidèle et dévoué ? L’avenir nous le dira.

    Quoi qu’il en soit, nous pouvons espérer que ceux qui considéraient George Pell comme leur ennemi réfléchiront à leurs propres erreurs passées, demanderont pardon et prieront pour ceux qui leur ont fait du mal. Car c’est précisément ce que le cardinal George Pell, à l’exemple de Jésus-Christ, a fait pour eux.

    Notes de fin : 

    1  Tess Livingstone,  George Cardinal Pell : Pax Invictis  (San Francisco : Ignatius Press, 2024), 27.

    2  Ibid., 465.

    3  Matthieu 5:44

  • Le regretté George Pell et ses ennemis, première partie

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    De Dawn Beutner sur le Catholic World Report :

    Le regretté George Pell et ses ennemis, première partie

    Comment, dans les années 1990, l'archevêque Pell est devenu le bouc émissaire public de tous les crimes commis par les prêtres et les évêques catholiques en Australie.

    Le 10 janvier 2023, George Pell, cardinal-prêtre de l'Église catholique et ancien archevêque de Sydney et de Melbourne, est décédé subitement le lendemain d'une opération de la hanche. Il avait 81 ans.

    Il peut paraître étrange qu'un cardinal ait des ennemis, mais il est indéniable que George Pell en avait. La couverture médiatique laïque de sa carrière, avant comme après sa mort, était ponctuée de rappels constants au public qu'il était ce qu'il y a de pire qui soit : un prêtre catholique orthodoxe et conservateur.

    Mais pourquoi ces ennemis autoproclamés, à l'intérieur comme à l'extérieur de l'Église, le haïssaient-ils autant ?

    George Pell est né à Ballarat, dans l'État de Victoria, en Australie, en 1941. Son père, ancien champion de boxe poids lourd, était un membre peu pratiquant de l'Église d'Angleterre, tandis que sa mère, fervente catholique, veillait à ce que ses trois enfants assistent à la messe tous les dimanches et récitent le chapelet à la maison. Pendant la majeure partie de la jeunesse de George, ses parents ont tenu un hôtel. Un ancien camarade de classe se souvenait l'avoir vu servir des boissons aux employés du pub de l'hôtel le samedi.

    George a fait ses études dans des écoles catholiques et s'est forgé une réputation d'excellent élève et d'athlète de haut niveau. À dix-huit ans, il avait décidé de devenir médecin et avait signé un contrat pour jouer professionnellement dans la Ligue australienne de football.

    Mais alors, « un petit nuage », un  sentiment persistant d'insatisfaction, le poussa à franchir la porte de l'aumônier de son école. Bien que l'aumônier se soit déjà dit que George avait l'étoffe d'un prêtre, George lui-même n'en était pas si sûr. Le père de George était déçu qu'il veuille renoncer à une carrière sportive, mais il lui dit de prendre sa propre décision.

    George choisit d'entrer au séminaire, où il fit rapidement preuve de qualités de meneur. Certains de ses camarades le trouvaient trop agressif, notamment sur le terrain de football, ce qui n'avait rien d'étonnant pour un athlète entraîné. Mais le personnel du séminaire savait comment tirer profit d'un leader né, qui inspirait le respect et possédait un esprit vif : l'envoyer terminer ses études à l'Université pontificale urbanienne de Rome.

    George fut ordonné prêtre à la basilique Saint-Pierre, obtint une licence en théologie sacrée à Rome et un doctorat en histoire de l'Église à Oxford. Peut-être pour inculquer à ce jeune prêtre brillant un peu d'humilité, il fut d'abord envoyé comme vicaire dans une paroisse isolée, où personne ne s'intéressait à ses nombreux diplômes (voire même n'en avait connaissance). Mais il s'y intégra parfaitement. Pendant les vingt années suivantes, il exerça son ministère comme curé, obtint une maîtrise en éducation, dirigea des instituts d'enseignement catholique, fut rédacteur en chef du journal diocésain et recteur de séminaire.

    Tout cela s'est déroulé dans l'Australie des années 1970 et 1980, à une époque où les dévotions catholiques traditionnelles et les enseignements moraux étaient largement délaissés, tandis que l'expérimentation liturgique et l'éthique situationnelle étaient très en vogue. Cela n'a pas empêché George d'exposer les croyances de l'Église.

    Lorsque George, en tant que recteur, tenta de rétablir quelques pratiques dévotionnelles simples dans son séminaire, comme la prière du chapelet en commun et une fréquentation de la messe plus régulière que le seul dimanche, la réaction de son personnel fut si hostile qu'on aurait cru qu'il prônait le martyre. Il s'attira également les foudres des catholiques libéraux par ses nombreux articles en faveur de la morale catholique traditionnelle.

    Intellectuel, George était davantage historien que théologien. Prédicateur, il n'hésitait pas à aborder des sujets difficiles, allant jusqu'à rappeler aux étudiants, lors d'une messe pour les jeunes, le taux élevé de chlamydiose en Australie² afin de souligner que la luxure n'est pas l'amour. Fait intéressant, il intégrait souvent de la poésie à ses homélies, témoignant ainsi de son amour personnel pour la littérature.

    Mais la caractéristique la plus marquante de ses sermons, discours et écrits était sa volonté de parler franchement des questions de foi et de morale, sans pour autant manifester d'animosité. Cette habitude ne changea pas lorsqu'il devint archevêque de Melbourne en 1996, archevêque de Sydney en 2001, puis cardinal en 2003.

    Malheureusement, la plupart des articles consacrés au mandat de George Pell comme archevêque s'attardent non pas sur ses nombreux accomplissements pour ses archidiocèses, mais sur la question des abus sexuels. Bien qu'un nombre alarmant de prêtres australiens aient été accusés de manière crédible d'abus sexuels sur mineurs – comme c'est le cas partout dans le monde touché par la révolution sexuelle –, rien ne prouve que George Pell puisse être considéré comme l'un d'eux.

    En 1996, six ans avant la crise des abus sexuels survenue aux États-Unis durant le Carême prolongé de 2002, l'archevêque Pell a instauré le « Protocole de Melbourne » afin de répondre aux allégations d'abus sexuels sur mineurs dans son archidiocèse. Si les pratiques qu'il a mises en place ne sont pas considérées comme exhaustives selon les normes actuelles, il convient de rappeler qu'il fut le premier évêque du XXe siècle au monde à s'attaquer de front à ce problème.

    Il est également reproché au jeune père Pell d'avoir été complice, car il exerçait son ministère dans la même paroisse que Gerald Ridsdale, un prêtre australien finalement condamné pour de multiples agressions sexuelles sur mineurs et réduit à l'état laïc. En tant qu'évêque auxiliaire, Pell s'est même présenté au tribunal pour soutenir Ridsdale à une occasion, mais apparemment uniquement par obéissance à son archevêque. Comme rien ne prouve que Pell ait jamais eu connaissance des agissements de Ridsdale durant les douze mois qu'ils ont passés dans la même paroisse, il est raisonnable de supposer que Pell n'était qu'une victime parmi tant d'autres. Après tout, quiconque parvient à impunément abuser d'au moins soixante-cinq enfants doit être un maître de la manipulation. Ridsdale est décédé en 2025 à l'âge de quatre-vingt-dix ans, alors qu'il était toujours en prison.

    Pour toutes ces raisons, de nombreux groupes nourrissaient une vive hostilité envers le cardinal George Pell. Sa volonté de s'attaquer aux cas d'abus sexuels sur mineurs au sein de l'Église en Australie a fait de lui la cible de nombreuses critiques, tandis que d'autres évêques préféraient fermer les yeux. Les médias avaient véhiculé l'idée qu'il était proche d'un prêtre pédophile condamné. Son engagement en faveur de la doctrine morale catholique, allant jusqu'à refuser la communion à des militants homosexuels qui exprimaient leurs convictions pendant la messe, a provoqué de vives protestations.

    Avec l'aide de la presse australienne, Pell est devenu le bouc émissaire public de tous les crimes commis par les prêtres et les évêques catholiques du pays.

    Puis vint l'année 2014, où l'obéissance de Pell au pape entraîna une persécution encore plus grande.

    (La deuxième partie de cet essai sera publiée demain.)

    Notes de fin :

    1  Tess Livingstone,  George Cardinal Pell : Pax Invictis  (San Francisco : Ignatius Press, 2024), p. 83.

    2  George Pell,  Test Everything: Hold Fast to What is Good  (San Francisco: Ignatius Press, 2015), 299.

    3  Tess Livingstone,  George Cardinal Pell : Pax Invictis  (San Francisco : Ignatius Press, 2024), 312.


    Dawn Beutner  est l'éditrice d'un nouvel ouvrage intitulé « Tout est possible : Écrits choisis de Mère Cabrini » (Ignatius Press, 2025). Elle est également l'auteure de « Le Levain des Saints : Apporter le Christ dans un monde déchu » (Ignatius Press, 2023) et de « Saints : Devenir une image du Christ chaque jour de l'année », également publiés chez Ignatius Press. Elle tient un blog à l'adresse dawnbeutner.com et s'engage depuis plus de trente ans dans divers ministères pro-vie.

  • Jimmy Lai devrait être reconnu comme un martyr

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    De Benedict Rogers sur le Catholic Herald

     
    20 décembre 2025

    Jimmy Lai devrait être reconnu comme un martyr

    Si, par malheur, mon ami Jimmy Lai venait à mourir dans une prison de Hong Kong, l'Église devrait immédiatement le reconnaître comme un martyr. Car il a été condamné cette semaine par un tribunal hongkongais pour avoir exercé sa liberté de conscience et d'expression – et sa peine, attendue pour le Nouvel An, devrait comporter une peine minimale de 10 ans de prison et potentiellement la perpétuité. 

    À 78 ans, diabétique et voyant sa santé se détériorer, quelle que soit la durée précise de la peine prononcée par le juge, cela pourrait en réalité équivaloir à une peine de prison à perpétuité – à moins que la communauté internationale n'intervienne pour obtenir sa libération.

    Étant donné que M. Lai est citoyen britannique et catholique, deux dirigeants ont plus que tout autre la responsabilité d'exiger sa libération : le Premier ministre britannique, Sir Keir Starmer, et le pape Léon XIV. Ce dernier a au moins précisé un message symbolique en rencontrant récemment l'épouse et la fille de M. Lai . Keir Starmer a été condamné par le verdict. Mais tous deux doivent désormais unir leurs forces pour mobiliser la communauté internationale en faveur de la libération de M. Lai.

    15 décembre, Jimmy Lai – homme d'affaires à succès, entrepreneur médiatique et militant pro-démocratie – a été reconnu coupable de deux chefs d'accusation de complot en vue de collusion avec des puissances étrangères et d'un chef d'accusation de complot en vue de publier des écrits séditieux. 

    Ce verdict, bien que prévisible, constitue l'une des plus scandaleuses erreurs judiciaires de notre époque . Il a été condamné lors d'un procès inique et truqué, par un juge politiquement partiel, dans un tribunal fantoche fonctionnant au sein d'un État policier extrêmement répressif. 

    Que signifient ces accusations ? Comme l'explique si justement Caoilfhionn Gallager KC, chef de son équipe juridique internationale, M. Lai a été reconnu coupable de complot en vue de commettre des actes journalistiques, de complot en vue de discuter de politique avec des politiciens et de complot en vue de discuter des droits humains avec des défenseurs des droits humains. En bref, il a été poursuivi et emprisonné pour ses opinions et ses convictions.

    Dans ce jugement de 855 pages , je figurais parmi les nombreuses « forces étrangères » avec lesquelles M. Lai aurait prétendument « conspiré ». Apparemment, mon nom y est cité au moins 95 fois. 

    J'ai eu le privilège de connaître M. Lai – et sa merveilleuse famille – pendant près de dix ans, et de le rencontrer à plusieurs reprises à Londres, à Taïwan et à New York. Nous communiquons régulièrement par téléphone et WhatsApp , j'ai participé à son podcast, je l'ai interviewé pour une série de vidéos YouTube que j'anime , et j'ai écrit une chronique hebdomadaire pour l'édition en ligne anglophone de son journal Apple Daily . 

    Mais quels étaient les sujets de nos conversations ? Essentiellement, elles tournaient généralement autour de cinq thèmes : la vie à Hong Kong ; la liberté et la démocratie ; le journalisme ; la famille et les amis ; et notre foi catholique commune. 

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  • La Chine est intouchable, le Vatican conspire pour faire taire Jimmy Lai

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    De Riccardo Cascioli sur la NBQ :

    La Chine est intouchable, le Vatican conspire pour faire taire Jimmy Lai.

    Les médias du Vatican et le Saint-Siège ont totalement ignoré la condamnation de l'éditeur catholique hongkongais Jimmy Lai. C'est un autre fruit pervers de l'accord secret sino-vatican : au nom de la raison politique, les catholiques sont abandonnés aux mains de leurs persécuteurs.
    – La condamnation de Jimmy Lai, fruit d'un procès spectacle, par Riccardo Cascioli
    – DOSSIER : Jimmy Lai, un catholique contre le pouvoir

    16/12/2025

    Hier, les condamnations des autorités chinoises et hongkongaises se sont poursuivies suite au verdict de culpabilité pour complot et sédition prononcé contre Jimmy Lai, homme d'affaires et éditeur devenu un symbole de la lutte pour la liberté et la démocratie à Hong Kong. L'Union européenne, par la voix du Service européen pour l'action extérieure, a dénoncé un « procès politique » et « l'érosion de la démocratie et des libertés fondamentales à Hong Kong depuis l'entrée en vigueur de la loi sur la sécurité nationale en 2020 », et a exigé « la libération immédiate et inconditionnelle de Jimmy Lai ». Le sénateur italien Giulio Terzi, membre du parti Frères d'Italie, a fait écho à ces critiques, déclarant que « sous de fallacieuses accusations de sédition et de collusion avec des forces étrangères, les juges ont privé un citoyen britannique de sa liberté et terni la réputation de Hong Kong en tant qu'espace de liberté d'expression, de la presse, de religion et d'affaires ». D'autres déclarations fermes ont également été faites par des organisations humanitaires telles que la Fondation du Comité pour la liberté à Hong Kong, Human Rights Watch, Amnesty International et Reporters sans frontières.

    Mais un détail a été négligé dans ce concert international de protestations : si Jimmy Lai est un symbole de la lutte pour la liberté et la démocratie à Hong Kong, il est avant tout un catholique qui, depuis sa conversion – baptisé en 1997 par le cardinal Joseph Zen, archevêque émérite de Hong Kong – a embrassé d’une manière nouvelle son métier d’éditeur et son combat civique, allant jusqu’à accepter la prison pour vivre pleinement son témoignage de la Vérité.
    Nous nous souvenions, dans l’article que nous lui avions consacré à l’occasion de la remise du prix « Faits pour la Vérité », décerné à son fils Sébastien lors de la Journée de la Boussole le 25 octobre dernier, comment, en 2020, il avait décidé de ne pas quitter Hong Kong, affrontant fièrement son destin : « Si je partais, je renoncerais non seulement à mon destin, mais aussi à Dieu, à ma religion, à mes convictions », avait-il déclaré à l’époque. Son histoire est aussi un symbole de la tragédie que vivent les catholiques de Hong Kong, de plus en plus pris au piège de l'emprise étouffante de Pékin et de son Église catholique patriotique.

    C’est précisément ce qui rend le silence imposé par le Saint-Siège sur son histoire encore plus douloureux et choquant. Non seulement aucune voix ne s’est élevée place Saint-Pierre ces dernières années pour commémorer son emprisonnement en tant que témoin de la Vérité et réclamer sa libération, mais une censure totale s’est abattue sur tous les médias du Vatican. Pour le Saint-Siège, Jimmy Lai n’existe tout simplement pas.

    Comme ces derniers jours, les médias du monde entier couvrent le procès-spectacle et la condamnation de Jimmy Lai, à l'exception des médias du Vatican. Hier, ni Vatican News ni L' Osservatore Romano n'ont consacré une seule ligne au jugement du tribunal de Hong Kong. Cette absence était d'autant plus flagrante que l'attentat de Sydney et les condoléances du pape à la communauté juive, victime du terrorisme, étaient largement médiatisés. Hier après-midi, dans son discours aux donateurs du sapin de Noël et de la crèche de la place Saint-Pierre, le pape a lancé un appel à la fin des violences antisémites. Mais pas un mot, pas une mention de la condamnation d'un catholique à Hong Kong, symbole de la répression subie par tant de catholiques à Hong Kong et en Chine. La page d'accueil de Vatican News traitait de tout, de la migration vers l'Afrique du Sud aux écoles pour enfants de Tegucigalpa, en passant par la révolution non-violente de Martin Luther King, mais pas une seule ligne sur Hong Kong et Jimmy Lai.

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  • Les évêques européens se prononcent sur le récent arrêt de la Cour de justice européenne concernant la reconnaissance des mariages entre personnes de même sexe entre les États membres

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    De Vatican News :

    La Comece à l'UE: le mariage est basé sur l'union entre un homme et une femme

    Dans une déclaration rendue publique ce mardi 9 décembre, les évêques européens se prononcent sur le récent arrêt de la Cour de justice européenne concernant la reconnaissance des mariages entre personnes de même sexe entre les États membres. Rendu le 25 novembre dernier, il «semble pousser la jurisprudence au-delà des limites des compétences de l'Union européenne».

    «Nous nous sentons obligés de commenter certains aspects de l'arrêt, en notant avec inquiétude son impact sur des questions qui relèvent essentiellement des compétences nationales» écrit la Comece, après avoir analysé l’arrêt rendu par la Cour de justice de l'Union européenne dans l'affaire Wojewoda Mazowiecki, C-713/23.

    Le mariage entre personnes de même sexe

    Il s’agit de l’histoire de deux citoyens polonais qui, mariés en Allemagne, et ayant souhaité la transcription de leur acte de mariage dans le registre d’état civil polonais pour que leur mariage soit reconnu en Pologne, se sont vus refusés cette demande par les autorités compétentes, au motif que le droit polonais n’autorise pas le mariage entre les personnes de même sexe. L'arrêt déclare en effet qu'«un État membre a l'obligation de reconnaître un mariage entre deux citoyens de l'Union de même sexe qui a été légalement conclu dans un autre État membre, où ils ont exercé leur liberté de circulation et de séjour».

    La Cour de justice de l'UE reconnaît en effet que l'obligation affirmée dans son arrêt «ne porte pas atteinte à l’institution du mariage dans l’État membre d’origine, laquelle est définie par le droit national» et déclare que «en l’état actuel du droit de l’Union, les règles relatives au mariage relèvent de la compétence des États membres et le droit de l’Union ne saurait porter atteinte à cette compétence. Ces États membres sont ainsi libres de prévoir ou non, dans leur droit national, le mariage pour des personnes de même sexe». Toutefois, selon les évêques européens, la Cour de justice de l'Union européenne «restreint strictement la portée de cette affirmation en soulignant que, dans l'exercice de cette compétence, chaque État membre doit se conformer au droit de l'Union européenne», en particulier «aux dispositions des traités relatives à la liberté des citoyens de l'Union européenne de circuler et de séjourner sur le territoire des États membres».

    30/03/2025

    L'identité nationale 

    Au regard de toutes ces précisions, les évêques européens portent une réflexion, s'appuyant sur «la vision anthropologique de l'Église, fondée sur le droit naturel, du mariage comme union entre un homme et une femme». «Tout en respectant pleinement le rôle du pouvoir judiciaire de l'UE» précise la déclaration de la Comece, «compte tenu de l'importance de reconnaître la richesse et la diversité du panorama juridique et des traditions de l'UE, nous notons également le rôle décevant et limité attribué par la Cour au respect des identités nationales des États membres (article 4, paragraphe 2, du traité UE) et à leur ordre public», peut-on lire.

    La Comece rappelle dans sa note que «pour certains États membres, la définition du mariage fait partie intégrante de leur identité nationale». L'arrêt de la Cour de justice de l'UE, soutiennent les évêques européens, «aura une incidence sur les systèmes juridiques nationaux en matière de droit de la famille et pourrait inciter à les modifier». Il «crée en effet une convergence des effets du droit matrimonial, même si l'Union n'a pas pour mandat d'harmoniser le droit de la famille» et a également «un impact sur la sécurité juridique, car de plus en plus d'États membres ne seront pas en mesure de prévoir clairement quelles parties de leur droit de la famille resteront dans le cadre de leur autonomie».

    Des sentiments antieuropéens dans les États 

    La Commission des épiscopats de l'Union européenne émet une crainte liée au fait que cet arrêt «n'entraîne des développements négatifs dans d'autres domaines sensibles du droit familial transfrontalier, ouvrant par exemple la voie à des approches juridiques similaires concernant la maternité de substitution». Pour conclure, elle note que compte tenu du contexte difficile auquel l'Union européenne est actuellement confrontée, notamment en ce qui concerne la perception dont elle fait l'objet dans divers pays, «il n'est pas surprenant que ce type d'arrêts suscite des sentiments antieuropéens dans les États membres et puisse facilement être instrumentalisé à cet égard».

  • Le stratagème de la Cour de justice de l'Union Européenne pour imposer le « mariage » homosexuel

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    De Tommaso Scandroglio sur la NBQ :

    La manœuvre de la Cour de justice de l'UE pour imposer le « mariage » homosexuel

     

    La Cour de justice de l'Union européenne a statué que chaque État membre de l'UE doit reconnaître un « mariage » homosexuel contracté dans un autre État membre. Les juges instrumentalisent la liberté de circulation, qui n'est en réalité qu'un prétexte pour saper la souveraineté nationale et, à terme, imposer des lois favorisant les « mariages » homosexuels.

    26/11/2025
    Cour de justice de l'Union européenne (photo ImagoEconomica)

    Alors que la contestation woke se replie en désarroi outre-Atlantique, son élan révolutionnaire en Europe semble intact. À titre d'exemple, citons le récent arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne concernant le mariage homosexuel. Voici les faits : deux citoyens polonais se marient en Allemagne, la Pologne ne reconnaissant pas le mariage pour tous. De retour en Pologne, ils souhaitent faire reconnaître leur union par l'état civil. Mais leur commune de résidence refuse, à juste titre, cette reconnaissance. Ce différend aboutit à un litige qui se retrouve devant la Cour de justice.

    Cette dernière a statué comme suit : « Les États membres sont […] tenus de reconnaître, aux fins de l’exercice des droits conférés par le droit de l’Union européenne, l’état civil légalement contracté dans un autre État membre. » Par conséquent, la Pologne, comme tous les autres États, y compris l’Italie, doit reconnaître les « mariages » homosexuels contractés à l’étranger, même si elle n’est pas tenue d’adopter une loi sur les « mariages » LGBTQ+. Et voilà déjà une première contradiction : si un État est obligé de reconnaître les « mariages » individuels entre personnes de même sexe, pourquoi ne devrait-il pas également se doter d’une loi légalisant ces « mariages » en général ? Si le défaut de reconnaissance des « mariages » homosexuels célébrés à l’étranger constitue, comme nous le verrons, une violation du respect de la vie privée et familiale, cette violation ne devrait-elle pas également s’appliquer à tous les citoyens homosexuels qui souhaiteraient se « marier » dans leur pays d’origine mais ne le peuvent pas faute de loi ?

    La contradiction est flagrante, contradiction que la Cour a refusé de résoudre, car elle ne le pouvait pas, sachant pertinemment que sur la question du « mariage », chaque État est souverain. Mais, pourrait-on ajouter, si l’État est souverain en la matière, pourquoi l’obliger à reconnaître un lien contracté à l’étranger qu’il rejette lui-même et dont lui seul, et non l’Europe, peut décider de la légitimation ? Pourquoi, dès lors, affirmer que les « époux » de même sexe, « en vertu du mariage, doivent avoir la certitude de pouvoir poursuivre leur vie familiale à leur retour dans leur État membre d’origine » ? Cet enchaînement de contradictions s’explique peut-être ainsi : la Cour procède par étapes. Commençons par obliger les États à reconnaître les « mariages » individuels célébrés à l’étranger, et nous finirons par exiger d’eux une loi ad hoc.

    Pourquoi la Cour de justice a-t-elle exigé de la Pologne, comme d'autres États, qu'elle reconnaisse les « mariages » homosexuels célébrés à l'étranger ? Pour deux raisons. Premièrement, le refus de le faire violerait la liberté de circulation des citoyens de l'UE, garantie par l'accord de Schengen. Notre commentaire : protéger la liberté de circulation est une chose, mais être contraint de reconnaître un statut qui, pour un pays, est contraire à l'ordre public et à son identité nationale en est une autre. Par exemple, certains États accordent le statut de réfugié politique à des personnes considérées comme criminelles par leur pays d'origine. En appliquant le critère établi par la Cour de justice, qui se réfère à la liberté de circulation, ces personnes, à leur retour dans leur pays d'origine, ne devraient pas se retrouver en prison. La référence à la liberté de circulation est donc fallacieuse : autrement dit, refuser la reconnaissance d'un couple marié n'empêche pas un couple homosexuel de voyager en Europe. De plus, l'affaire ne concerne pas un couple homosexuel allemand « marié » en Allemagne et voyageant en Europe, mais un couple résidant en Pologne de façon permanente, venu en Allemagne uniquement pour « se marier » avant de rentrer chez lui. Par conséquent, l'argument de la liberté de circulation est doublement spécieux.

    Le second motif pour lequel la Cour de justice a réprimandé la Pologne concerne la violation du droit au respect de la vie privée et familiale, garanti par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Cet article visait initialement à traduire en droit le principe suivant : l'État ne doit intervenir que dans la mesure nécessaire. En d'autres termes, « non » à toute ingérence de l'État dans la vie privée des individus et des familles ; « non » à tout contrôle préventif étouffant sur les aspects les plus infimes de la vie ; « non » au principe d'autorité auxiliaire, qui dissimule la volonté de décharger la famille de ses responsabilités et de s'y substituer. Or, la notion de « respect de la vie privée et familiale » a été interprétée de manière très extensive par les juges européens au fil des ans. Par exemple, ce principe est considéré comme violé si l'État n'autorise pas systématiquement l'avortement, l'insémination artificielle, l'euthanasie, etc. Selon cette interprétation, l'État viole l'article 8 s'il ne reconnaît pas le mariage entre personnes de même sexe. Mais dans ce cas, le système juridique ne viole pas la liberté individuelle lorsqu'il estime que certains choix sont contraires au bien-être de l'individu, car la liberté n'est véritable que lorsqu'elle est liée au bien commun. Par conséquent, l'argument des juges de la Cour selon lequel le fait de ne pas reconnaître un enfant entraînerait de « graves inconvénients administratifs, professionnels et privés » ne tient pas. Ces inconvénients surviennent précisément parce que vous avez enfreint la loi. Si vous ne souhaitiez pas de tels inconvénients, vous n'auriez pas dû vous marier.

    En résumé, comme nous l'avons déjà mentionné, l'Union européenne appelle désormais à la reconnaissance des « mariages » homosexuels célébrés à l'étranger afin que chaque pays puisse demain adopter une loi légitimant ces unions. Le drapeau bleu de l'UE se pare de plus en plus des couleurs de l'arc-en-ciel.