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Justice - Page 4

  • Femen : la CEDH soutient le blasphème antichrétien

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    Femen : la CEDH soutient le blasphème antichrétien


    Madame, Monsieur, 

    La CEDH vient de donner raison à la Femen qui a simulé l’avortement du Christ par la Sainte Vierge, sur l’autel de l’église de la Madelaine en 2013. Le jugement, dans l’affaire Bouton contre France, a été rendu aujourd’hui.

    La Cour européenne des droits de l’homme s’est placée une nouvelle fois du côté des blasphémateurs antichrétiens, en défendant la « liberté d’expression » de la « femen » qui a profané l’église de la Madelaine à Paris en 2013. Cette femme s’était exposée, devant l’autel et le tabernacle, seins nus, tatouée, les bras en croix, portant une couronne d’épines et le voile bleu de la Sainte Vierge, et tenant « deux morceaux de foie de bœuf dans les mains, symbole du petit Jésus avorté ». Sur sa poitrine étaient inscrits les slogans « Christmas is canceled » et « 344ème salope » en référence au manifeste des 343 féministes pro-avortement en 1971.

    Difficile d’imaginer plus abjecte. Pauvre femme. 

    Mais dans cette mise en scène macabre, la CEDH y a vu l’action d’une courageuse militante féministe injustement condamnée, alors que son « seul objectif »,  selon la CEDH, était très noble : contribuer « au débat public sur les droits des femmes, plus spécifiquement sur le droit à l’avortement ». La Cour a jugé, de façon spécieuse, que la protection « de la liberté de conscience et de religion » ne pouvait pas justifier cette condamnation, feignant en outre de reprocher aux juridictions françaises de ne pas avoir « recherché si l’action de la [femen] avait un caractère « gratuitement offensant » pour les croyances religieuses, si elle était injurieuse ou si elle incitait à l’irrespect ou à la haine envers l’Église catholique ». Quelle tartufferie ! Comme si cela n’était pas évident.

    Cela rappelle un jugement récent de cette même Cour dans lequel elle rejetait le recours d’un catholique après lui avoir reproché de ne pas avoir indiqué à quelles messes précisément il n’avait pas pu assister pendant la crise du Covid… alors que toutes les messes publiques était interdites.

    Partagez notre pétition pour la défense des chrétiens en Europe

    Pour condamner la France dans l’affaire de la femen, la cour s’est déclarée « frappée de la sévérité de la sanction », qui n’était pourtant que d’un mois de prison avec sursis et 2 000 euros d’amende. Elle a déploré que cette peine soit inscrite au casier judiciaire de la militante, comme si réputation avait à en souffrir, et que le sursis puisse devenir une peine de prison ferme dans l’hypothèse où la femen exercerait une nouvelle fois sa « liberté d’expression ».

    La France est condamnée à lui verser 9800 euros.

    Cela devient une habitude, à la CEDH, de défendre ces attaques proférées dans les églises et contre l’Eglise. En 2018, elle avait déjà jugé que la provocation blasphématoire du groupe punk féministe des « Pussy riots » dans le chœur de la Cathédrale orthodoxe de Moscou était une forme d’expression protégée par la Cour. L’avocat des Pussy riots est devenu juge à la CEDH depuis. La même année, la Cour avait aussi condamné la Lituanie pour avoir sanctionné des publicités blasphématoires mettant en scène le Christ et la Vierge Marie.

    Mais sa position est toute différente s’agissant de l’islam.

    Souvenons-nous en, en 2018, la CEDH a soutenu la condamnation pénale d’une conférencière autrichienne à qui il était reproché d’avoir assimilé à de la « pédophilie » la relation sexuelle de Mahomet avec Aïcha, alors âgée seulement de 9 ans. La CEDH avait jugé que cette conférencière n’a pas cherché à informer objectivement le public mais à « démontrer que Mahomet n’est pas digne d’être vénéré ». À l’appui de cette condamnation, la Cour a considéré que parler de « pédophile » serait une « généralisation sans base factuelle », de « nature à susciter une indignation justifiée » des musulmans. Ces propos constituaient, selon la Cour, « une violation malveillante de l’esprit de tolérance à la base de la société démocratique » susceptibles « d’attiser les préjugés » et « de mettre en danger la paix religieuse ». 

    Comment ne pas voir un « deux poids deux mesures », doublé d’un coupable aveuglement ?

    La conférencière n’a fait que dire la vérité, avec décence et discrétion, tandis que la Femen avait pour objectif de blesser et d’offenser. Pourquoi condamner la première et défendre la seconde ?

    Comment ne pas voir, dans ce « deux poids deux mesures », les propres préjugés de la Cour ?

    Jamais la Cour n’aurait soutenu une telle mise en scène macabre si elle avait eu lieux dans une mosquée ou dans l’enceinte d’un Palais de Justice.

    Les juges de Strasbourg ne voient-ils pas que chaque jour en Europe des églises sont profanées, incendiées, des statues brisées et des croix renversées  ? Ne voient-ils pas l’incompréhension et la haine envers le Christ et les chrétiens se répandre dans la société ? Ne voient-ils pas que, de plus en plus, la Cour elle-même se comporte à l’image de la société ?

    Essayons d’imaginer le monde sans le Christ : nous verrons la guerre et la barbarie. Cette chute, d’ailleurs, nous la voyons déjà.

    Grégor Puppinck

  • CEDH : feu vert à l’euthanasie

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    De Grégor Puppinck en tribune sur le site de Valeurs Actuelles :

    La CEDH donne son feu vert à l’euthanasie

    Grégor Puppinck, docteur en droit, directeur du Centre européen pour le droit et la Justice (ECLJ), revient sur les conséquences d'un jugement de la Cour européenne des Droits de l'Homme dans une affaire d'euthanasie. L’ECLJ est intervenu dans cette affaire et y est cité de nombreuses fois.

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  • INDE, Karnataka : la loi empêchant la libre conversion religieuse est "contraire à la Constitution et à la dignité humaine"

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    Une dépêche de l'Agence Fides :

    ASIE/INDE - La loi empêchant la libre conversion religieuse au Karnataka est "contraire à la Constitution et à la dignité humaine"

    5 octobre 2022

    Bangalore (Agence Fides) - Le récent projet de loi qui vise à réglementer les conversions religieuses dans l'État indien du Karnataka - un État du sud-ouest de l'Inde comptant plus de 64 millions d'habitants - est contraire à la Constitution, viole la dignité humaine, la liberté de conscience et la liberté religieuse : c'est ce que déclare à l'Agence Fides le Père Irudhaya Jothi, un jésuite engagé dans les œuvres et les services sociaux de l'État.

    La législation que la Chambre haute de l'État du Karnataka (le "Conseil législatif du Karnataka", dans le système bicaméral) a finalement adoptée - après approbation par la Chambre basse en décembre 2021 - "est une loi draconienne est injustifiée", observe le religieux. "Son objectif est d'effrayer les chrétiens et les membres d'autres communautés, afin de renforcer le soutien aux partis nationalistes hindous", affirme-t-il. Les clauses actuelles du projet de loi", rapporte le jésuite, "peuvent être utilisées à mauvais escient pour décourager les communautés pauvres et opprimées, en particulier les Dalit (groupes intouchables et marginalisés) et les communautés tribales, d'accéder à l'éducation, à l'emploi et aux programmes de protection sociale".

    M. Zacharias, ancien secrétaire du Bureau pour les Dalits de la Conférence épiscopale indienne (CBCI) est d'accord : " La Constitution de l'Inde, rappelle-t-il à Fides, consacre le droit fondamental d'une personne à professer, pratiquer et propager toute religion choisie en conscience ". La promulgation de la loi anti-conversion est contraire à la Constitution indienne et doit être contestée devant une cour de justice".

    "La procédure de conversion d'une foi à une autre, note-t-il, est si lourde et bureaucratique qu'il est presque impossible de finaliser une conversion religieuse. En particulier, tous les Dalits qui souhaitent se convertir au christianisme seront gênés, note-t-il, "uniquement pour des raisons politiques"

    Le "projet de loi sur le droit à la liberté de religion au Karnataka" a été adopté par la Chambre basse du Karnataka le 23 décembre 2021, mais n'a ensuite pas été présenté à la Chambre haute car le "Bharatiya Janata Party" (BJP), la formation nationaliste hindoue qui en était le promoteur, n'avait pas la majorité dans cette chambre à l'époque. En 2022, grâce à des séances de vote administratif, le BJP a également obtenu la majorité à la Chambre haute, avec 41 membres sur 75. Le 15 septembre, le projet de loi a été introduit par le BJP et adopté.

    "La Cour suprême a dit que la liberté de religion n'autorise pas les conversions forcées. La liberté de se convertir existe, mais pas sous la contrainte et l'incitation", a déclaré Araga Jnanendra, ministre de l'Intérieur de Karantaka, en présentant le projet de loi le 15 septembre et en justifiant la législation

    "La conversion religieuse doit être réglementée : telle est l'intention du projet de loi. Nous ne voulons pas priver qui que ce soit d'un droit, ni violer l'article 25 de la Constitution [qui garantit le droit de pratiquer et de propager une religion, ndlr]", a déclaré le Premier ministre du Karnataka, Basavaraj Bommai, expliquant l'objectif de la lo: "Nous voulons maintenir l'ordre public et prévenir les conflits religieux".

    L'écrivain et journaliste catholique John Dayal a commenté à Fides : "Ce n'est pas la façon de prévenir les conflits. En fait, la loi viole l'État de droit et la liberté de religion. Rappelons que l'Inde est une république démocratique qui a toujours sanctionné et protégé les droits fondamentaux de la personne, y compris la liberté de professer, de pratiquer et de propager sa religion".

    Selon le projet de loi, "nul ne peut convertir ou tenter de convertir, directement ou indirectement, une autre personne d'une religion à une autre par de fausses déclarations, la force, une influence indue, la coercition, l'incitation ou tout autre moyen frauduleux, ni par le mariage ; nul ne peut encourager ou organiser la conversion religieuse d'autres personnes".

    En cas de violation, une peine de prison de trois à cinq ans et une amende de 25 000 roupies indiennes (307 USD) sont prévues, tandis que la peine de prison s'élève à 10 ans et l'amende à 50 000 roupies (614 USD) pour ceux qui convertissent des mineurs, des femmes et des personnes issues des communautés "Scheduled Castes et Scheduled Tribes", considérées comme des groupes marginalisés et vulnérables

    Selon la procédure envisagée, si une personne a l'intention de changer de foi, le ministre du culte doit en informer le magistrat, qui l'annoncera publiquement sur un panneau d'affichage, en attendant les éventuelles objections qui, le cas échéant, seront examinées et étudiées. Par la suite, si aucune question n'a été soulevée, la personne concernée sera convoquée par le magistrat pour vérifier son identité et confirmer le contenu de la déclaration. En outre, une "plainte pour conversion forcée" peut être déposée au tribunal par les membres de la famille, les proches ou les amis d'une personne qui prétend avoir changé de croyance.

    La pratique consistant à proposer des règlements dans les différents États indiens afin de réglementer ou de limiter la conversion religieuse a été mise en place depuis quelques années dans la Fédération indienne, par le parti nationaliste Bharatiya Janata Party. Plusieurs États du nord, de l'ouest et de l'est de l'Inde, comme l'Uttar Pradesh, l'Himachal Pradesh, le Gujarat, le Chhattisgarh, l'Odisha, le Madhya Pradesh, l'Arunachal Pradesh, l'Uttarakhand et le Jharkhand, ont adopté des lois restreignant les conversions religieuses. Le Karnataka, dans le sud de l'Inde, est le dernier à avoir promulgué une telle loi. Les chrétiens indiens se sont toujours opposés à de telles mesures et, dans certains cas, ont déposé des recours judiciaires.

    (PA-SD) (Agence Fides 5/10/2022)

     
  • Affaire Mortier : que dit la Cour européenne des droits de l'homme de la loi belge sur l’euthanasie ?

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    De L. Vanbellingen sur le site de l'Institut Européen de Bioéthique :

    Analyse - Affaire Mortier : que dit la Cour européenne des droits de l'homme de la loi belge sur l’euthanasie ?

    04/10/2022

    Dans un arrêt rendu ce mardi, la Cour européenne des droits de l’homme considère que la Belgique a violé le droit à la vie d’une patiente euthanasiée pour cause de dépression en 2012.

    Cette affaire Mortier c. Belgique – du nom du requérant, fils de la personne euthanasiée – constituait la première affaire dans laquelle la Cour européenne des droits de l’homme était amenée à apprécier la compatibilité d’une euthanasie déjà pratiquée avec la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH). Tom Mortier invoquait la violation du droit à la vie de sa mère, protégé par l’article 2 de la Convention, et du droit au respect de sa vie privée et familiale, protégé par l’article 8 de la Convention.

    Tout en considérant que les conditions prévues par la loi belge sur l’euthanasie ne sont pas contraires à la Convention, la Cour estime néanmoins que, s’agissant de l’euthanasie de la mère du requérant, le contrôle a posteriori était inopérant. De ce fait, les juges concluent à l’unanimité à la violation du droit à la vie par la Belgique, dans la mesure où les autorités n’ont pas pris les mesures positives qui s’imposaient pour protéger ce droit.

    La CEDH ne confère pas de droit à l’euthanasie, mais permet celle-ci sous conditions

    La Cour rappelle sa jurisprudence antérieure, en vertu de laquelle il n’existe pas de droit à mourir avec l’assistance d’un tiers ou de l’État (§ 119, voy. les arrêts Pretty c. Royaume-Uni et Lings. c. Danemark) au sens de la Convention. Réciproquement, aux yeux des juges majoritaires, le droit à la vie tel que consacré par la Convention n’interdit pas en soi la pratique de l’euthanasie (§ 138).

    Le juge Serghides, dans son opinion partiellement dissidente, se démarque de cette interprétation évolutive et considère que « si les rédacteurs de la Convention avaient voulu faire figurer l’euthanasie dans la liste des exceptions au droit à la vie, ils l’auraient incluse » dans la Convention, ce qui n’est pas le cas.

    En l’espèce, la Cour considère que la pratique de l’euthanasie telle que dépénalisée par la Belgique peut être considérée comme compatible avec la Convention, sous réserve du respect de trois conditions, à vérifier dans chaque cas (§ 141) :

     « l’existence dans le droit et la pratique internes d’un cadre législatif relatif aux actes préalables à l’euthanasie conforme aux exigences de l’article 2 de la Convention »

     « le respect du cadre législatif établi dans le cas d’espèce »

     « l’existence d’un contrôle a posteriori offrant toutes les garanties requises par l’article 2 de la Convention »

    Le cadre législatif belge est jugé conforme à la CEDH, y compris pour l’euthanasie en cas de dépression

    En premier lieu, selon les juges majoritaires, les conditions mentionnées dans la loi belge s’avèrent compatibles avec le droit à la vie. La Cour tient également compte des exigences supplémentaires prévues lorsqu’un patient demande l’euthanasie pour cause de souffrance psychique et non physique, alors que sa mort n’est pas attendue à brève échéance (§ 148-153). La Cour cite notamment le délai d’un mois requis entre la demande formelle d’euthanasie et l’acte d’euthanasie, ainsi que l’exigence relative à la consultation d’un médecin supplémentaire, indépendant tant à l’égard du patient qu’à l’égard du médecin traitant, et qui doit être compétent quant à la pathologie concernée (§ 151).

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  • Euthanasie : La Cour européenne des droits de l'homme condamne la Belgique

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    Du site de l'Institut Européen de Bioéthique :

    URGENT - Euthanasie : La Cour européenne des droits de l'homme condamne la Belgique

    04/10/2022

    Dans l'affaire Mortier c. Belgique (voir ICI), la Cour européenne des droits de l'homme (CourEDH) déclare à l'unanimité que la Belgique a violé l'article 2 de la Convention européenne des droits de l'homme, relatif au droit à la vie, du fait de l'absence de contrôle a posteriori effectif de la légalité de l'euthanasie pratiquée sur la mère du requérant.

    Texte intégral de l'arrêt

    A lire : http://www.koztoujours.fr/tweets-euthanasie-la-belgique-condamnee-par-la-cedh

    Euthanasie pour « dépression incurable » : la CEDH ne soulève qu’un problème de procédure

    Et, sur le Figaro (Paul Sugy) :

    Euthanasie en Belgique : la CEDH dénonce une commission de contrôle défaillante

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  • Le procès du Cardinal Joseph Zen : quand le silence lui-même crie justice

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    De Bree A Dail :

    Quand même le silence crie justice : Le procès du Cardinal Joseph Zen

    En 2020, après des mois de protestations qui n'ont reçu aucune attention de la part du Vatican, le cardinal Joseph Zen a tenté de rencontrer le pape François. Puis, l'accès lui a été refusé. Aujourd'hui, c'est lui qui n'est même plus pris en compte.

    1er octobre

    Par une journée ensoleillée de la fin novembre 2019, le président Donald J Trump s'est adressé aux membres de la presse depuis la roseraie de la Maison Blanche. La conférence de presse, qui a duré plus d'une heure, s'est concentrée sur les manifestations historiques - mais sous-estimées - contre le Parti communiste chinois, menées par des étudiants à Hong Kong. C'est au cours de cette conférence de presse que le président Trump a annoncé qu'il signerait un projet de loi - ce projet de loi, le H.R.3289 Hong Kong Human Rights and Democracy Act - qui non seulement imposait des sanctions à ceux qui commettaient des violations flagrantes des droits de l'homme à Hong Kong, mais conférait des privilèges spéciaux à la région, qu'il incombait au président et au Congrès d'examiner.

    Moins de deux mois plus tard, le COVID-19 a tout fermé, y compris l'espoir de la démocratie à Hong Kong.

    Dans ce qui était autrefois considéré comme une région semi-autonome, Hong Kong était protégé par le privilège constitutionnel "un pays, deux systèmes" qui lui était accordé dans la déclaration conjointe sino-britannique de 1984. Des rumeurs selon lesquelles le PCC visait à prendre le contrôle de Hong Kong ont commencé à circuler début 2019, et en mars, un nouveau "projet de loi sur l'extradition" a été proposé - déclenchant de vastes protestations. Des millions de personnes de tout Hong Kong ont protesté pacifiquement, car beaucoup craignaient que les arrestations ne conduisent à des disparitions comme c'est souvent le cas sur le continent.

    Un leader s'est distingué parmi les nombreux manifestants en 2019 : le cardinal Joseph Zen, évêque auxiliaire de Hong Kong. En octobre 2020, le cardinal Zen s'est assis avec moi pendant plus de deux heures, pour discuter des complexités de l'accord secret entre le Vatican et le PCC, et du silence subséquent du pape sur Hong Kong. J'ai alors demandé à Son Éminence s'il reviendrait un jour à Rome, après n'avoir pas été reçu par le pape François. Il a répondu par la négative, sa santé ne lui permettant pas un voyage aussi long et infructueux. Ma source, qui a également assisté à notre petit-déjeuner, m'a dit plus tard qu'ils craignaient que nous soyons témoins d'un martyre en action - que les projecteurs internationaux finiraient par s'éteindre, et qu'avec la loi de sécurité nationale du PCC, imposée pendant le COVID - ce n'était qu'une question de temps avant qu'ils ne le réduisent au silence.

    Le cardinal Zen, cependant, n'a jamais gardé le silence pendant ou après les manifestations - il a dit la messe pour les manifestants, a participé à des rassemblements, a défendu la cause de ceux qui ont été incarcérés par la suite - et a même pris les transports en commun tôt le matin pour entrer dans les prisons où étaient détenus Jimmy Lai, fondateur du média pro-démocratique Apple Daily, et des leaders étudiants, afin de les réconforter et de leur apporter les traditionnels gâteaux de lune. En fait, comme l'a fait remarquer le pape François lors de son récent voyage au Kazakstan - un voyage au cours duquel, apparemment, il avait demandé et s'était vu refuser une rencontre avec le président chinois Xi- "Le cardinal Zen va au procès, ces jours-ci... et il dit ce qu'il ressent, et vous pouvez voir (par les conséquences) qu'il y a des limites là-bas (en Chine)".

    En mai de cette année, le cardinal Zen a été arrêté par le PCC, accusé de "collusion avec des puissances étrangères" en vertu de la loi sur la "sécurité nationale", pour son rôle de leader dans le "Fonds humanitaire 612" - une organisation caritative pour les manifestants pro-démocratie à Hong Kong. Le procès, qui devait commencer le 19 septembre, a été reporté, le juge ayant, semble-t-il, été testé positif au COVID. Alors que le pape est resté silencieux dans l'intervalle, quelques voix se sont élevées pour défendre le cardinal de 90 ans : Les cardinaux Gerhard Muller et Fernando Filoni ont été publiés dans la presse italienne.

    Mardi de cette semaine - le deuxième jour seulement d'un procès qui devait durer cinq jours - la juge Ada Yim a ajourné le procès jusqu'au 26 octobre. Selon les rapports de Radio Free Asia, après avoir laissé à l'accusation le temps de plaider sa cause, la juge a rejeté les contre-interrogatoires de la défense, les jugeant "non pertinents", et a "ajourné avant que la défense ne puisse appeler des témoins ou présenter ses arguments".

    Malgré les injustices auxquelles il est confronté, le cardinal Joseph Zen continue d'édifier, donnant l'exemple des vertus de courage et de longanimité, attendues de ceux qui portent le Rouge. Après avoir supervisé le déplacement de la dépouille de son prédécesseur, le cardinal John Baptist Wu, et célébré une messe en son souvenir, "Son Éminence a écrit ce qui suit sur ses médias sociaux : "Nous remercions Dieu, qui s'est donné entièrement à nous, à la seule condition que nous croyions en lui. Tout au long de sa vie, même face aux difficultés et aux maladies, le cardinal Hu a toujours eu le sourire aux lèvres. Suivons l'exemple du cardinal Hu et continuons à prier pour lui s'il en a besoin ; soyons toujours reconnaissants et consacrons à Dieu les difficultés et les revers que nous rencontrons dans notre vie."

    Espérons, alors que le Vatican envisage de renouveler l'accord secret Sino-Vatican ce mois-ci, que le pape François se demandera si les accords passés avec la Chine ont été respectés... et à quel prix ?

  • Des dirigeants catholiques, des universitaires et des militants des droits de l'homme expriment publiquement leur solidarité avec le cardinal Zen

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    Du National Catholic Register (Courtney Mares) :

    Le procès du cardinal Zen : Plusieurs évêques catholiques et d'autres dirigeants offrent leur soutien

    Des dirigeants catholiques, des universitaires et des militants des droits de l'homme expriment publiquement leur solidarité avec le cardinal Zen alors que son procès s'ouvre.


     (photo : Capture d'écran du livestream de la messe / Livestream)

    Courtney Mares/CNA

    27 septembre 2022

    Alors que le cardinal Joseph Zen entame son procès à Hong Kong, un certain nombre de dirigeants catholiques et de militants des droits de l'homme ont publié des déclarations de soutien à l'évêque émérite de 90 ans.

    Le cardinal Zen et cinq autres personnes sont accusés de ne pas avoir enregistré correctement un fonds qui fournissait une aide juridique aux manifestants pro-démocratie. Critique ouvert du régime communiste de Pékin, le cardinal Zen a été administrateur du "612 Humanitarian Relief Fund", qui a contribué à payer les frais juridiques et médicaux des manifestants arrêtés et blessés lors des manifestations de 2019 à Hong Kong.

    Voici les dirigeants catholiques, les universitaires et les militants des droits de l'homme qui ont publiquement exprimé leur solidarité avec le cardinal Zen alors que son procès s'ouvre :

    Le cardinal Fernando Filoni, préfet émérite de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples, a écrit en soutien au cardinal Zen dans Avvenire le 23 septembre. Le cardinal Zen est un "homme de Dieu", parfois impétueux, mais soumis à l'amour du Christ, qui a voulu qu'il soit son prêtre, profondément amoureux, comme Don Bosco, de la jeunesse", écrit le cardinal Filoni. Il a conclu sa déclaration, qu'il a qualifiée de "témoignage de la vérité", en disant : "Le cardinal Zen ne doit pas être condamné. Hong Kong, la Chine et l'Église ont en lui un fils dévoué, dont il ne faut pas avoir honte."

    L'évêque Thomas Tobin de Providence a lancé un appel à la prière sur Twitter le 19 septembre, alors que le procès du cardinal Zen devait commencer (il a été reporté car le juge a contracté le COVID-19) : "Aujourd'hui, pensez à notre frère dans la foi, le cardinal Joseph Zen, âgé de 90 ans, qui est en procès en Chine, ainsi qu'à l'Église en Chine qui est régulièrement attaquée et limitée par le gouvernement. Et priez pour les chrétiens du monde entier qui sont persécutés pour leur foi", a-t-il écrit.

    L'évêque Joseph Strickland de Tyler a écrit le 18 septembre : Priez pour le Cardinal Zen 

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  • Pour qu'il n'y ait plus de "juges Soros" à la CEDH

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    Du site de l'European Centre for Law & Justice :

    Pour qu'il n'y ait plus de juges Soros à la CEDH


    Madame, Monsieur

    L’ECLJ poursuit son action afin de restaurer la garantie de l’impartialité des juges de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH).

    Depuis trop d’années, la CEDH fait preuve d'activisme en matière notamment de politiques migratoires et promeut un “wokisme juridique” en contradiction avec la Convention européenne elle-même : avortement, euthanasie, bioéthique, féminisme, etc.

    Cet activisme est causé notamment par les liens existants entre des juges de la Cour et des ONG gauchistes financées par George Soros : Open Society FondationsHelsinki CommitteesAmnesty InternationalHuman Rights Watch, etc. Dans des dizaines d'affaires, ces juges ont siégé en situation de conflit d'intérêts.

    Ces conflits d’intérêts que l’ECLJ a mis en lumière de manière flagrante ont obligé la Cour à réviser son règlement d'éthique judiciaire, comme nous vous l’expliquions ici

    Cependant, de nombreuses recommandations émises par l’ECLJ dans son rapport n’ont pas encore été prises en compte. 

    Signez la pétition pour mettre fin aux conflits d’intérêts à la CEDH

    ­Avec le soutien de nombreux membres de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, nous allons enfin remettre la pétition que beaucoup d’entre vous ont déjà signée, mercredi 12 octobre 2022, à la suite d’une réunion organisée dans l’enceinte de l’Assemblée. 

    La fermeture du Conseil de l'Europe durant le coronavirus nous a empêchés de déposer cette pétition plus tôt au Bureau de l’Assemblée. Mais ce retard est aussi dû à l'obstruction du Président de l’Assemblée, le Néerlandais d’extrême gauche Tiny Kox, qui empêche tout débat sur cette question importante. 

    Ce n’est pas étonnant : il est un ancien membre du bureau du Comité Helsinki des Pays-Bas, une des ONG impliquées dans les conflits d’intérêts à la CEDH. Il n’est donc pas pressé de nous voir tenir une conférence sur ce sujet et de déposer notre pétition pour mettre fin aux conflits d’intérêts à la CEDH, déjà signée par plus de 56.000 personnes.

    Cette obstruction de Tiny Kox renforce notre détermination pour améliorer le fonctionnement de la Cour européenne des droits de l’homme. 

    Signez et partagez notre pétition avant le 11 octobre, afin de donner autant de légitimité que possible à notre réunion à l’APCE le lendemain :

    Mettre fin aux conflits d’intérêts à la CEDH

    Pour aller plus loin :

    le Rapport (27 pages) et l’explication en vidéo (6 minutes):

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  • Le procès du cardinal Zen a été reporté

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    De Michael Haynes sur LifeSte News :

    Le procès du Cdl Zen retardé après que le juge ait contracté le COVID

    Alors que le Vatican reste silencieux, un fondateur de Hong Kong Watch a souligné la "marginalisation manifeste du cardinal Zen" par le Saint-Siège et a qualifié son "dialogue" avec la Chine de "faux" et de "naïf".

    21 septembre 2022

    HONG KONG (LifeSiteNews) - Le procès de l'évêque catholique émérite de Hong Kong, le cardinal Joseph Zen, a été retardé après qu'un juge a été testé positif au COVID-19.

    Le Vatican refuse toujours d'offrir un soutien public au cardinal. 

    Les médias de Hong Kong ont rapporté samedi que le procès serait reporté au moins jusqu'au 21 septembre, après que le juge, le Magistrat président Ada Him Shunyee (Shunyi), a été testé positif au COVID-19. Citant des "sources proches de l'affaire", le média catholique The Pillar a rapporté mardi dernier que le procès ne commencerait pas avant la semaine prochaine.

    Le procès devait commencer le 19 septembre et le verdict devait être rendu le vendredi 23.

    Les administrateurs du Fonds 612 risquent des amendes ou une peine de prison

    Le cardinal Zen a été arrêté en mai en vertu de la loi draconienne de 2020 sur la sécurité nationale. Il a été placé en garde à vue avec quatre autres administrateurs du Fonds d'aide humanitaire 612, aujourd'hui disparu, qui l'ont rejoint au tribunal. Ces quatre administrateurs sont l'ancienne députée de l'opposition Margaret Ngoi-yee, la chanteuse Denise Ho Wan-sze, le professeur d'études culturelles Hui Po Keung et le militant Sze Ching-wee.

    Le cinquième administrateur qui rejoint Zen au tribunal, Cyd Ho Sau-lan, était déjà en prison pour "rassemblements illégaux".

    Le fonds a été créé pour offrir "une assistance juridique, médicale, psychologique et financière d'urgence" aux personnes impliquées dans les manifestations de 2019 contre le projet de loi d'amendement de la loi sur l'extradition du gouvernement, qui visait à permettre le transfert de prisonniers en Chine continentale pour y être jugés.

    Tous les administrateurs ont plaidé non coupable lors de leur arrestation en mai. Alors qu'ils ont été arrêtés en vertu de la loi sur la sécurité nationale, ils sont maintenant accusés de ne pas avoir demandé correctement l'enregistrement du Fonds 612. 

    AsiaNews rapporte qu'"au mieux", Zen et ses 5 collègues sur le banc des accusés risquent une amende de 1 750 dollars américains. Une peine de prison pourrait néanmoins être prononcée. 

    Lors d'une audience préliminaire en août, le tribunal a décidé que le procès se déroulerait en chinois, les plaidoiries finales devant être faites en anglais.

    Le Vatican se range de plus en plus du côté de Pékin

    Malgré l'indignation croissante des catholiques concernés et même des médias grand public, le Vatican reste silencieux sur le procès de Zen. En fait, le pape François et le secrétaire d'État du Vatican, le cardinal Pietro Parolin, ont plutôt signalé leur alignement sur Pékin, plutôt que sur le prélat de 90 ans accablé.

    Lire également : Procès du cardinal Zen à Hong Kong, pourquoi le Vatican reste discret

  • Libye : un converti condamné à mort pour apostasie

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    Du site Meconcern.org :

    Libye : Un converti condamné à mort pour apostasie

    12 sept. 2022

    Les chrétiens libyens nous demandent instamment de prier pour un converti au christianisme condamné à mort par une cour d'appel dans une ville de l'ouest de la Libye.
    Le jeune homme, qui a accepté Jésus il y a environ quatre ans, a été arrêté par des milices et détenu à plusieurs reprises au cours des dernières années. Elles ont essayé de le forcer à abjurer sa foi, mais il a refusé. En raison de l'absence d'État de droit et d'organismes officiels chargés de faire respecter la loi en Libye, les milices font office de police, de services de renseignements et d'armée.

    La Libye n'a pas de loi contre l'apostasie, ce qui signifie que les convertis sont généralement jugés pour trahison. Toutefois, ce tribunal a fondé sa décision sur une loi promulguée par le Congrès national général, l'organe législatif élu entre 2012 et 2014. Selon cette loi, un apostat de l'islam doit être exécuté s'il ne se rétracte pas.

    Toutes les lois promulguées par le Congrès national général ont été annulées par l'actuel Parlement de Tobrouk, élu en 2014. Cependant, dans le cadre d'une lutte de pouvoir continue entre les administrations basées à Tripoli et à Tobrouk, la Cour suprême de Tripoli a déclaré illégal le parlement basé à Tobrouk. Cela laisse aux tribunaux la liberté de choisir d'appliquer encore les lois annulées.

    Le converti a été tenu de publier le verdict dans un journal local et sur une station de radio locale, ainsi que de l'afficher à l'extérieur de sa résidence et du tribunal. Il n'a pas bénéficié d'une représentation légale pendant la procédure.

  • Empêchons la pendaison d'Ashfaq Masih pour sa foi en Jésus

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    De Valeurs Actuelles via le site "Veillez!" :

    EMPÊCHONS LA PENDAISON D'ASHFAQ MASIH POUR SA FOI EN JÉSUS

    AU PAKISTAN, UN CHRÉTIEN ACCUSÉ DE BLASPHÈME CONDAMNÉ À MORT

    16/07/2022

    Le 4 juillet, Ashfaq Masih, un chrétien pakistanais, a été condamné à mort pour blasphème. Tout au long de son procès, il n’a cessé de clamer son innocence.

    C’est une histoire pour le moins sordide. Un chrétien pakistanais du nom d’Ashfaq Masih a été condamné à mort le 4 juillet dernier, après avoir été accusé de blasphème par la justice, relaye Infochrétienne, vendredi 15 juillet. Lors de son procès, pourtant, l’homme de 36 ans n’a cessé de clamer son innocence et de marteler qu’il était la victime de fausses accusations.

    Dans cette affaire, tout a commencé en 2017, avec une dispute entre Ashfaq Masih et un client musulman, rappelle le site d’actualités. Dans le détail, ledit client avait refusé de payer la réparation de son vélo, arguant qu’il était un dévot musulman soufi. L’avocat du chrétien, Riaz Anjum, a précisé dans la presse que celui-ci avait « rejeté la demande [du client de la boutique], disant qu’il suivait seulement Jésus et qu’il n’était pas intéressé par les statuts religieux des musulmans ». Après cette altercation, le chrétien avait été arrêté par la police locale. Il lui avait été reproché d’avoir manqué de respect au prophète Mahomet.

    Tout au long de son procès, le trentenaire a toujours revendiqué son innocence. Il a démenti les accusations portées à son encontre, arguant avoir été piégé par le propriétaire de la boutique dans laquelle il travaillait : Muhammad Ashfaq. Selon lui, ce dernier se serait associé avec son concurrent direct, dans le but de lui nuire. « Muhammad Ashfaq avait fait pression sur Masih pour qu’il quitte le magasin, ignorant les appels de ce dernier à ne pas déplacer son entreprise en cours », a confié son avocat, cité par Infochrétienne.

    Les accusations de blasphème sont monnaie courante

    Le magistrat a par ailleurs rappelé au juge qu’aucun blasphème ne figurait dans le premier rapport d’information. Ainsi, cette allégation aurait été faite par Muhammad Ashfaq lorsqu’il a fait sa déclaration à la police. Un élément qui n’a pas permis d’innocenter Ashfaq Masih, à l’issue du procès. Le juge l’a condamné à mort.

    Au Pakistan – un pays classé en huitième position dans l’Index mondial de persécution des chrétiens 2022 de l’ONG Portes Ouvertes – les accusations de blasphèmes sont nombreuses. D’après cette organisation, les chrétiens pakistanais « vivent sous la menace des lois sur le blasphème qui sont souvent utilisées contre eux ». Au quotidien, « ils peuvent être injustement accusés, arrêtés, emprisonnés, voire condamnés à mort, par simple jalousie ou pour régler des conflits personnels ».

    Source : valeursactuelles.com

    Cliquer ici pour signer la pétition pour sauver la vie d'Ashfaq Masih. Cliquer ici.

  • Hong Kong, ouverture du procès du Cardinal Zen

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    D'Aurelio Porfiri sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    Hong Kong, ouverture du procès du Cardinal Zen

    19-09-2022

    Le procès du cardinal Joseph Zen s'ouvre aujourd'hui, dans un Hong Kong de plus en plus soumis à la répression du Parti communiste chinois. "Personne n'a soulevé la question très sérieuse de notre confrère Zen", a déclaré le cardinal Gerhard Müller. Personne : pas même le pape, comme en témoignent ses déclarations à son retour du Kazakhstan.

    À Hong Kong, ces jours-ci, il faut endurer un soleil brûlant. Et ce qui est brûlant, ce n'est pas seulement le temps, mais aussi le climat politique, et pas seulement aujourd'hui. Depuis de nombreuses années, des tensions sociales importantes ont culminé avec les manifestations d'Occupy Central et, plus récemment, avec les manifestations massives de l'année 2019. Ces manifestations visent à exprimer le mécontentement à l'égard de la manière dont les gouvernements local et central gèrent Hong Kong. Avec la loi sur la sécurité nationale adoptée le 30 juin 2020 par le Congrès national du peuple à Pékin, Hong Kong a été rappelé à l'ordre. Depuis lors, une série de procès et d'arrestations ont secoué la ville. Parmi les personnes toujours en état d'arrestation qui ont acquis une notoriété internationale figurent le magnat de l'édition Jimmy Lai et le militant Joshua Wong.

    Mais une vague d'arrestations en mai dernier a dû ébranler plus que quelques âmes pieuses au Vatican, car parmi les personnes arrêtées se trouvait le cardinal Joseph Zen, un combattant acharné pour la protection des droits religieux et civils dans l'ancienne colonie.  Le cardinal a été détenu pendant quelques heures, puis libéré sous caution. Il a également fait l'objet d'une fouille et d'une saisie de son ordinateur et de son téléphone portable.

    Lors du récent consistoire, le cardinal Gerhard Müller a soulevé la question en déclarant : "Le mois prochain, il y aura un procès inéquitable. Personne n'a soulevé la question très sérieuse de notre frère Zen. Ni le doyen, le cardinal Re, ni le secrétaire d'État, Parolin, ni le pape. Il n'y a eu aucun document de solidarité, aucune initiative de prière pour lui". Après des décisions capitales et lourdes de conséquences pour les relations entre la Chine et le Vatican, le pape a clairement indiqué, pendant le vol de retour du Kazakhstan, qu'il n'était pas au courant de la situation, ce qui a surpris certains qui se sont souvenus de l'époque où le Saint-Père avait assuré qu'il était à l'origine de toutes les décisions concernant la Chine.

    Le cardinal Zen est serein et aussi très combatif, comme à son habitude. Pour personne, la maxime qui plie mais ne rompt pas n'est aussi vraie que pour lui. Les années se font sentir sur le corps du cardinal de 90 ans, mais l'esprit est toujours celui d'un guerrier. Le procès qui s'ouvre aujourd'hui, 19 septembre, porte après tout sur une affaire mineure, comparée à la charge pénale qui pèsera sur lui par la suite. Il s'agit du fonds humanitaire "612" dont il était administrateur et promoteur avec l'avocate Margaret Ng, le professeur Hui Po-keung et la célèbre chanteuse Denise Ho. Cette partie du procès en septembre devrait concerner la contestation de l'enregistrement administratif du fonds "612". Bien plus grave sera la partie du procès dans les mois à venir qui concerne l'accusation de collusion avec des forces étrangères. Cette accusation, si elle est confirmée au tribunal, aurait des conséquences bien plus graves. Le fonds "612" (le 12 juin 2019, 6/12 à la manière anglo-saxonne, était une date importante pour les manifestations à Hong Kong) était un fonds humanitaire destiné à offrir une aide aux personnes emprisonnées à la suite des événements de ces dernières années et à leurs familles.