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Santé - Page 96

  • Rome investigue sur la décision des Frères de la Charité belges de procéder à des euthanasies dans leurs maisons

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    Nous avons fait écho à cet appel du frère Stockman adressé aux évêques belges pour qu'ils prennent position sur la décision des Frères de la Charité relative à la pratique de l'euthanasie dans leurs murs; apparemment, Rome se pencherait sur ce dossier :

    Du Catholic Herald :

    Le Vatican enquête sur la décision d'un ordre belge de permettre l'euthanasie dans ses hôpitaux

    Le cardinal Parolin, secrétaire d'État du Vatican, étudierait l'affaire

    Le Vatican étudie la décision d'un groupe de centres de soins psychiatriques dirigés par un ordre religieux catholique en Belgique consistant à permettre aux médecins d'effectuer une euthanasie des malades mentaux en situation non terminale dans leurs institutions.

    Le frère René Stockman, supérieur général des Frères de la Charité, a déclaré à Catholic News Service que le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Vatican, examine personnellement la situation.

    Le frère Stockman s'est plaint directement à Rome après que la section belge des Frères de la Charité, qui dirige 15 centres pour les patients psychiatriques en Belgique, a rejeté une demande formelle de revenir sur sa nouvelle politique.

    Dans un courriel du 4 mai adressé à CNS, le frère Stockman a déclaré: "Etant donné que que c'est une question de la section belge, j'ai informé la conférence des évêques de Belgique afin de demander leur avis et de leur demander une déclaration claire.

    "En même temps, je suis en contact avec le Vatican - la Congrégation (pour les Instituts) de la Vie Consacrée (et les Sociétés de Vie Apostolique) et avec le Secrétaire d'Etat qui m'a demandé plus d'informations", a déclaré le frère Stockman, un spécialiste en psychiatrie.

    "J'espère qu'il y aura une réponse claire des évêques belges et du Vatican", at-il poursuivi. "J'ai confiance en lui".

    Il a suggéré que la nouvelle politique pourrait forcer les frères à dispenser des soins psychiatriques en Belgique.

    Le frère Stockman a déclaré: «J'attends la réponse claire de l'Eglise et cette réponse sera présentée à notre organisation, dans l'espoir qu'elle adaptera sa vision ... J'espère que nous n'allons pas devroir dégager notre responsabilité dans le domaine de la santé mentale à l'endroit où, il y a plus de 200 ans, nous avons commencé en tant que congrégation délivrant ces soins."

    Les Frères de la Charité ont été fondés en 1807 à Gand, en Belgique, par le père Peter Joseph Triest, dont la cause de la béatification a été ouverte en 2001.

    Inspiré par la spiritualité de saint Vincent de Paul et dédié à travailler avec les personnes âgées et les malades mentaux, l'ordre était connu sous le nom des Frères Hospitaliers de Saint-Vincent et s'est répandu dans 30 pays.

    Dans la région de Flandre en Belgique, le groupe est considéré comme le 'fournisseur' le plus important de services de santé mentale, desservant 5 000 patients par an. L'ordre couvre également des écoles, employant environ 12 000 personnes à l'échelle nationale.

    Le groupe belge des Frères de la Charité a annoncé en mars, dans un document de neuf pages, qu'il permettrait l'euthanasie dans ses locaux, environ un an après qu'une maison de repos catholique privée à Diest, en Belgique, a été condamnée à une amende de 6 600 $ pour avoir refusé l'euthanasie d'une dame âgée de 74 ans souffrant d'un cancer du poumon.

    12 patients psychiatriques environ soignés chez les Frères de la Charité sont présumés avoir demandé l'euthanasie au cours de la dernière année, deux d'entre eux étant transférés ailleurs pour recevoir les injections pour mettre fin à leur vie.

    Le nouveau document politique harmonise les pratiques des centres du groupe avec la loi belge sur l'euthanasie. Il a cherché à équilibrer la croyance catholique dans l'inviolabilité de la vie humaine innocente avec le devoir de soins en vertu de la loi et avec les exigences de l'autonomie des patients.

    Le Frère Stockman a déclaré, cependant, que pour les frères, «le respect de la vie est absolu et ne peut être sacrifié pour l'autonomie du patient».

    Une grande partie du conseil d'administration du groupe (belge), a-t-il déclaré, considère l'euthanasie comme un acte médical, mais les frères «ne peuvent l'accepter comme un acte médical».

    "Enfin, ils conviennent que l'euthanasie devrait se faire dans nos institutions", a-t-il déclaré. "Nous avons toujours refusé de pratiquer l'euthanasie dans les murs d'un de nos centres".

    Il a rejeté les suggestions selon lesquelles beaucoup de frères eux-mêmes étaient favorables à la politique (d'euthanasie), en insistant plutôt sur le fait que l'ordre maintient la doctrine catholique et «ne peut pas accepter la loi sur l'euthanasie».

    Le frère Stockman a déclaré: "Toute la mentalité en Belgique évolue très rapidement et il y a une pression du gouvernement contre tout refus d'euthanasie. Mais jusqu'à maintenant, les instituts ont eu le droit de refuser. "

    "Je le vois comme une crise réelle et je considère que cette porte une fois ouverte ne peut plus être refermée", a-t-il ajouté. "De plus en plus de groupes seront touchés par cela: cela a commencé avec la souffrance somatique, maintenant la souffrance psychiatrique, les personnes handicapées sévères, les personnes âgées, etc."

    La Belgique a légalisé l'euthanasie en 2003, un an après les Pays-Bas qui sont devenus le premier pays depuis l'Allemagne nazie à introduire cette procédure.

    Techniquement, l'euthanasie en Belgique reste une infraction, la loi protégeant les médecins des poursuites uniquement s'ils respectent des critères spécifiques.

    En 2014, la loi a été étendue aux «enfants émancipés», et les médecins délivrent de plus en plus d'injections mortelles à des personnes handicapées, démentes ou malades mentales.

  • Euthanasie : les évêques belges sommés de se prononcer sur la décision des Frères de la Charité

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    Du Katholiek Nieuwsblad :

    Le Supérieur Général: les évêques belges doivent se prononcer sur la décision des Frères belges de la Charité relative à l'euthanasie

    Le Frère René Stockman, Supérieur Général des Frères de la Charité, attend une « prise de position claire de la Conférence des évêques belges » sur l'autorisation de principe de l'euthanasie dans les établissements de soins de la branche belge de l'ordre. Il est aussi très critique à l'égard des déclarations de l'évêque d'Anvers Johan Bonny.

    C'est ce qu'il a confié lors d'un entretien avec le Katholiek Nieuwsblad. Stockman a ajouté avoir reçu « par un canal informel une promesse de soutien » de la part des évêques belges. Il a également souligné que «le cardinal De Kesel a convenu que les institutions ont le droit légal de refuser l'euthanasie»

    La responsabilité de prendre position

    « Nous sommes en consultation avec la conférence des évêques de Belgique. Ils ont la responsabilité de prendre position et de s'exprimer à ce sujet. Il est également en contact avec un responsable de haut niveau au sein du Vatican. Je lui ai exposé clairement la situation. Les nouvelles ont également atteint Rome ".

    Protéger la dignité absolue de la vie

    Stockman réagit au nouveau document exprimant la vision de la branche belge des Frères de la Charité. Tertio a rapporté la semaine dernière que le document prévoit que l'euthanasie active ne sera plus exclue dans les centres psychiatriques des Frères de la Charité en Belgique, y compris pour des cas de détresse psychologique dans des situations non terminales.

    Stockman "désapprouve complètement cette décision. C'est incompatible avec la vision de notre congrégation. Ce n'est certainement pas la vision des Frères de la Charité. Le respect de l'inviolabilité de l'être humain est d'une importance capitale; nous considérons l'inviolabilité de la vie comme absolue. L'organisation en Belgique s'écarte de cette position de principes fondamentale".

    Une vision sécularisée

    Il voit le document comme « le résultat de la sécularisation profonde en Belgique et en Flandre. Je suis Flamand mais je n'ai pas travaillé en Belgique depuis 2000. J'ai depuis lors constaté beaucoup de changements. On se laisse entraîner dans la tendance à la sécularisation. Le texte ne fait pas référence à Dieu, à la Bible ou à la vision chrétienne de l'homme. C'est une vision tout à fait sécularisée ».

    Mgr. Bonny doit se rendre compte qu'il s'exprime en tant qu'évêque

    Stockman est également critique au sujet de la première réaction de Mgr. Johan Bonny sur le document. L'évêque d'Anvers dit, selon deredactie.be, n'avoir pas lu le texte en entier, « mais il me semble constituer un ensemble équilibré », dit Bonny. « Je peux imaginer que pour une congrégation comme les Frères de la Charité active dans le monde entier il est difficile de trouver une position identique sur les questions morales. Plus précisément, les frères dans notre société occidentale doivent trouver un modus vivendi entre des connaissances médicales, des considérations morales, l'opinion publique et la culture dominante ».

    En outre, a déclaré l'évêque Bonny à propos de ce texte « Il est possible que leur vision ressemble étroitement à la façon dont nous pensons cela comme évêques. En matière d'éthique, il est difficile d'aligner tout le monde sur la même position dans le monde entier. Les cultures et les mentalités dans les congrégations spécifiques, mais aussi dans l'Église elle-même, sont si différentes."

    Selon Stockman, Mgr. Bonny a exprimé son opinion. « Il n'est pas correct qu'un évêque - sans avoir lu le texte en entier - indépendamment des décisions des Conférences épiscopales à ce sujet s'exprime de cette façon. Cela me dérange beaucoup. En fait, il dit que l'euthanasie devrait être possible. Cela m'a dérangé énormément. Il doit se rendre compte qu'il parle en tant qu'évêque ".

    Continuer à se battre pour les valeurs fondamentales

    Le Frère Stockman a également affirmé avoir agi en coulisses pour essayer d'ajuster la vision de la branche belge de sa congrégation. Dans un livre et dans une contribution au Katholiek Nieuwsblad, il a soutenu que le rôle de la psychiatrie est d'aider les gens qui souffrent psychologiquement, pas de mettre fin à leur vie, et que la vie doit être protégée à tout moment.

    « Telle est l'essence et la mission de notre congrégation », dit Stockman. « Le Conseil général a exhorté le Conseil belge à se distancer formellement du document de perspective. Maintenant, c'est à eux de répondre ».

    Le Supérieur général reste combatif: « Cette évolution confirme la nécessité de continuer à se battre pour des valeurs fondamentales. »

  • Belgique : le don d'organes après euthanasie encouragé pour des donneurs en "quasi mort cérébrale"

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    Du Bulletin d'nformation de l'Institut Européen de Bioéthique :

    Belgique : 684 organes auraient pu être disponibles après euthanasie en 2015

    Sur base des données relatives aux personnes euthanasiées en Belgique en 2015, dont l’utilisation anonymisée a été autorisée par la Commission fédérale de Contrôle et d’Évaluation de l’Euthanasie, le Dr Jan Bollen, du Centre Médical de l’Université de Maastricht, est arrivé à la conclusion qu’au moins 10% des personnes euthanasiées auraient pu donner au moins un organe.

    Expliquant sa méthode de calcul dans une Lettre publiée dans le JAMA (Journal of American Medical Association, Avril 2017), le Dr Bollen affirme que, sur les 2023 personnes euthanasiées en Belgique en 2015, 204 étaient donneuses potentielles et que, sur 1.288 demandes d’organes en attente, 684 auraient pu être couvertes par le don d’une personne euthanasiée.

    Le détail par organe figure dans le tableau ci-dessous.

     

    Exclusion à cause de l'âge

    Exclusion à cause d'une maladie incompatible avec le don

    Nombre de dons potentiels

    Don de rein

    0

    4

    400

    Don de poumons

    0

    25

    179

    Don de foie

    125

    4

    75

    Don de pancréas

    174

    0

    30

       

    Total d'organes pouvant être donnés

    684

    Source : Jama April 11,2017. Volume 317, Number 14

     

    Actuellement, en Belgique, près de 1.500 personnes sont en attente d’une transplantation d’organe, et des voix commencent à s’élever pour encourager le don d’organes après euthanasie. De même, le Pr Jean-Louis Vincent, intensiviste à l'hôpital universitaire Érasme à Bruxelles, affirme dans Le Journal du Médecin du 21 avril 2017 qu’il conviendrait d’encourager les DCD, c’est-à-dire les « Donation after Circulatory Death ». Dans ces cas de figure, les donneurs ne sont alors pas en état de mort cérébrale mais en « quasi mort cérébrale » ou « mort circulatoire. (…) Parfois, tout espoir de récupération d’une vie relationnelle est perdu mais le cerveau œdématié ne conduira pas à la mort cérébrale (…) ».

    Dans le même article, le Pr Vincent mentionne que le prélèvement d’une personne à « mort non cérébrale » est une « option qui est maintenant d’application dans une dizaine de pays dont la Belgique pour les malades qui arrivent irrémédiablement en fin de vie mais dont certains organes au moins sont suffisamment sains pour être transplantés ».

    Le Prof Vincent considère qu’il serait « hypocrite d’attendre les bras croisés que le cœur soit complètement arrêté, (NDLR. pour prélever les organes), alors que c’est bien l’évolution escomptée (…) Le résultat est évident : non seulement la qualité des organes prélevés est meilleure, mais  «  le nombre de donneurs – près de 300 cas de mort cérébrale par an en Belgique – peut être plus que triplé. »

    Source : JAMA, Journal du Médecin

  • La mère d'un garcon atteint de spina bifida lance une campagne pour stopper les avortements tardifs

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    MÈRE D'UN GARÇON ATTEINT DE SPINA BIFIDA, ELLE LANCE UNE CAMPAGNE POUR STOPPER LES AVORTEMENTS TARDIFS D'ENFANTS HANDICAPÉS

    Au Royaume-Uni, Shelly Wall a lancé une campagne pour modifier la loi sur l’avortement, qui autorise les interruptions de grossesse d’enfants handicapés jusqu’au jour de leur naissance. Elle-même est maman d’un petit garçon, Noah, atteint de spina bifida (cf. Un petit garçon atteint d’une complication rare de spina bifida défie les prédictions des experts). Elle exhorte les futures-mamans à ne pas avorter de bébés « qui ne sont pas parfaits » : « qu’est-ce qu’un bébé parfait ? Noah est un bébé parfait pour moi (…) Tous les enfants handicapés devraient avoir une chance ». Les médecins lui avaient conseillé à maintes reprises d’avorter, mais son fils a survécu et il est aujourd’hui heureux et âgé de cinq ans.

    Elle s’est associée au combat de Lord Shinkwin, un parlementaire handicapé, pour déposer le projet de « loi Noah ». Pour Lord Shinkwin, « la tragédie, c’est que certains professionnels de santé voit encore dans le handicap une tragédie qui doit être éradiquée par l’avortement. C’est de l’eugénisme. Ce que personne ne peut expliquer, c'est pourquoi, après la naissance, je suis assez bien pour que la reine m'envoie à la Chambre des Lords mais avant la naissance, je ne suis bon que pour l'incinérateur ». Son premier projet de loi qui interdisait les avortements après 24 semaines a été rejeté le mois dernier (cf. Royaume Uni : les Lords « ne souhaitent pas que les bébés handicapés voient le jour »). 

    Sources: Daily mail, Claire Ellicott (25/04/2017)

  • Belgique : les Frères de la Charité veulent autoriser l'euthanasie dans leurs institutions

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    Lue sur le site du quotidien De Standaard (notre traduction), une information troublante qui ne manquera pas, espérons-le, de susciter une réaction de la part des évêques belges :

    Les Frères de la Charité veulent autoriser l'euthanasie

    Le conseil d'administration du groupe belge des Frères de la Charité a décidé que l'euthanasie dans ses centres psychiatriques serait possible, même pour ceux qui ne sont pas en phase terminale.

    C'est le magazine chrétien Tertio qui rapporte cette nouvelle significative dans son édition de mercredi prochain.

    Jusqu'ici, les Frères de la Charité ont refusé de pratiquer l'euthanasie dans toutes leurs institutions de par le monde, mais il y a donc à présent un changement dans notre pays. C'est ce qui ressort d'une lettre émanant du conseil belge des Frères de la Charité adressée à toutes les directions et au corps médical des centres psychiatriques au sein du groupe.

    La lettre indique que le conseil a approuvé un texte "reflétant la vision du groupe des Frères de la Charité en Belgique sur la question importante et complexe de l'euthanasie pour souffrance psychologique dans une situation non-terminale."

    En outre, il déclare que « si elle répond à certaines exigences d'urgence, le médecin et le patient peuvent choisir le lieu où l'euthanasie sera effectuée en tenant compte du contexte, y compris de l'impact sur les autres patients. (...)

    Il est frappant de constater que la lettre se termine par l'affirmation selon laquelle le conseil général des Frères à Rome, dirigé par le Flamand René Stockman, rejette explicitement ce changement de cap. « Nous déplorons cette nouvelle vision, » a déclaré René Stockman ce matin sur Radio 1. « Nous partageons les mêmes préoccupations, mais pour en arriver à une décision différente. » Stockman est clair: il n'y a pas d'euthanasie pratiquée dans les murs de leurs institutions. « La ligne entre Rome et les Frères de la Charité en Belgique a été perturbée », conclut-il.

  • Belgique : oui, l'avortement d'un enfant presque à terme est bel et bien pratiqué

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    L’avortement d’un enfant presque à terme est bien possible

    En droit belge, il est possible d’avorter un enfant à la veille de sa naissance. C’est le constat douloureux qui alimente la polémique dans les médias suite aux propos de la porte-parole de la Marche pour la Vie, Constance du Bus. La jeune demoiselle n’a en effet pas hésité à déclarer dimanche que la loi sur l’avortement est interprétée largement, et que des avortements tardifs se pratiquent parfois pour des motifs légers, tels une surdité ou des doigts manquants, « jusqu’au jour avant l’accouchement ». Des propos, qui n’ont pas manqué de faire réagir, violemment parfois à l’encontre de la jeune femme. La RTBF s’en est vivement emparé puis a partiellement rectifié son propos[1].     

    Un examen de la loi nous apprend que « Au-delà de 12 semaines, l’interruption volontaire de grossesse ne pourra être pratiquée que lorsqu’il est certain que l’enfant à naître sera atteint d’une affection d’une particulière gravité ET reconnue comme incurable au moment du diagnostic »[2]. La loi ne fixant pas de limite maximale au-delà de 12 semaines pour ces cas, l’interruption volontaire de grossesse est donc possible tant que l’enfant n’est pas né.

    Reste l’affirmation la plus contestée des déclarations de Mme du Bus, à savoir si de tels motifs pourraient donner lieu à un avortement pour raisons médicales, lesquels seraient réservés uniquement « à des cas très graves ».

    La loi prévoit qu’il doit être certain que l’enfant sera atteint d’une affection grave et incurable, ces trois critères étant cumulatifs. Ces critères sont aujourd’hui, contrairement au texte de loi, pris de façon isolée, la Commission d’évaluation de la loi sur l’avortement parlant elle-même « d’affection grave OU incurable ». Et cela change tout !

    Une affection peut être grave, mais parfaitement curable, une autre sera incurable, mais pas nécessairement grave, et beaucoup d’autres seront possibles, mais non certaines. De plus, si l’incurabilité est facile à objectiver, le législateur n’a pas jugé bon de spécifier ce qu’il entend par une « affection d’une particulière gravité ». Or, ce qui est « grave » pour l’un ne l’est pas pour l’autre, et certainement pas pour la totalité des médecins. Il n’existe aucune liste des pathologies pouvant justifier un avortement jusqu’au 9ème mois (une telle liste serait légitimement perçue comme stigmatisante par les patients atteints de ces affections). Il appartient donc à chaque patient et médecin d’en décider, ce dernier ayant l’obligation de demander un deuxième avis.

    Les rapports de la Commission d’évaluation de la loi sur l’avortement détaillent les raisons invoquées pour justifier un avortement pour raisons médicales au-delà de 12 semaines (et donc théoriquement sans délai maximum). Le rapport 2006[3] mentionne bel et bien la surdité congénitale parmi les motifs invoqués. Un enfant de ma famille proche, atteint de ce type de surdité, a été opéré il y a quelques années dans un hôpital bruxellois. Accompagné par des parents et une équipe formidable, aujourd’hui il entend, est joyeux, bilingue et excelle à l’école, même si certains sports lui sont interdits. Autres motifs relevés en 2012 : l’absence du bras gauche, motif pour lequel l’avortement n’est pourtant pas autorisé en France en raison des grands progrès en matière de prothèses ; l’hémophilie, de mieux en mieux prise en charge ; des infections au cytomégalovirus (dont 90% sont asymptomatiques à la naissance, et 75% asymptomatiques au cours de la vie de l’enfant), etc…

    Qu’en est-il des chiffres ?

    Le rapport de la « Commission avortement » mentionne qu’en 2011, 95 avortements pour affections graves ou incurables ont été déclarés.

    Or les chiffres du réseau EUROCAT[4], réseau européen qui a pour but de surveiller l’occurrence des malformations congénitales dans différentes régions d’Europe - dont trois provinces belges - démontrent que la plupart des avortements tardifs ne sont pas déclarés.  On pourrait même aller jusqu’à estimer à plus de 360 avortements[5] pour cause d’affections graves ou incurables chez l’enfant. La différence est significative.

    EUROCAT nous apprend aussi que si la plupart des avortements sont effectués avant 24 semaines, un nombre significatif sont exécutés entre 24 et 25 semaines, et même au-delà de 26 semaines. Comment justifier un avortement à 7 mois de grossesse, là où un prématuré de 6 mois serait protégé de l’infanticide? Sans vouloir entrer dans le débat sur le bien-fondé de l'avortement, ne faudrait-il pas au moins fixer pour cette pratique des repères plus précis et établir un contrôle plus rigoureux?

    Par ailleurs, même si la plupart des médecins aident les patients par leur expérience et leurs conseils bienveillants dans certains cheminements douloureux, il me semble urgent de mener une réflexion approfondie sur l’accueil et l’accompagnement du handicap et de la différence en Belgique. Il en va de l'égalité des chances pour tous. Nous pouvons saluer l’audace et le courage d’une nouvelle génération qui aujourd’hui nous le rappelle.

    Eléonore Delwaide, juriste

    Présidente de l’Institut Européen de Bioéthique

    Ancien membre de la Commission d’évaluation de la loi sur l’avortement

    [1] https://www.rtbf.be/info/societe/detail_en-belgique-on-avorte-meme-la-veille-de-l-accouchement-quand-la-porte-parole-de-la-marche-pour-la-vie-raconte-n-importe-quoi?id=9564854

    [2] Loi du 3 avril 1990 relative à l’interruption de grossesse

    [3] Rapport 2006, p.42 : http://www.ieb-eib.org/fr/pdf/rapport-20080801-com-avortement-part-4-annexes-p.pdf

    [4] http://www.eurocat-network.eu/pubdata et aussi

    http://www.eurocat-network.eu/prevdata/resultsPdf.aspx?title=A6&datefrom=2011&dateto=2011&allanom=false&allregf=&allrega=&anomalies=1&registriesf=2&registriesa=&winx=1342&winy=628

    [5] Pour les seules provinces du Hainaut et Namur : 57 avortements pour raison médicale en 2011. Si l’on extrapole ce nombre pour l’entièreté de la Belgique, on arrive à environ 360 avortements pour affection grave et incurable chez l’enfant à naître (en admettant que le comportement des parents face à l’annonce d’un handicap soit le même dans tous les provinces belges).

  • Pays-Bas : accroissement de 10% des cas d’euthanasie en 2016

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    Du Bulletin d'information de l'Institut Européen de Bioéthique :

    Pays-Bas : accroissement de 10% des cas d’euthanasie en 2016

    6091 euthanasies et suicides assistés ont été enregistrés en 2016 aux Pays-Bas. Cela signifie que 4% des personnes décédées (148.973) ont demandé à ce qu’un médecin provoque leur mort ou les y assiste (216 suicides assistés). Comment expliquer cette hausse importante ? Dans le Rapport annuel 2016 des comités régionaux d'examen de l'euthanasie (Regionale Toetsingcommissies Euthanasie, RTE) qui vient d’être publié, les membres desdites commissions ne font que poser des questions. Les médecins déclareraient-ils plus facilement les euthanasies pratiquées ? Hésitent-ils moins à répondre à la demande de leurs patients ? Serait-ce que les patients sont plus décidés et fermes dans leur choix de demander la mort ? Aucune réponse n’est fournie.

    Les pathologies

    Si l’on examine les chiffres selon les pathologies, il ressort entre autres que 68% des personnes ayant demandé à être euthanasiées souffraient d’un cancer. Alors qu’en 2012, 41 personnes atteintes de démence avaient été euthanasiées, ce chiffre est par ailleurs multiplié par trois en 2016, puisque cela a concerné 141 personnes. Quant aux euthanasies de malades atteints de troubles psychiatriques, elles ont concerné 60 personnes en 2016. Enfin, 244 personnes âgées souffrant d’une accumulation de maux dus à la vieillesse ont été euthanasiées.En ce qui concerne les patients atteints de démence, c’est en... Suite Flash Expert :  ICI

  • La Belgique en flagrant délit d'eugénisme

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    De genethique.org :

    LA BELGIQUE EN FLAGRANT DÉLIT D’EUGÉNISME

    En Belgique, le Conseil supérieur de la santé vient d’émettre un avis concernant le « dépistage généralisé en contexte de procréation ». Ce dépistage est proposé pour identifier les futurs parents en bonne santé porteurs d’une maladie génétique récessive.

    Ces tests génétiques préconceptionnels, remboursés, doivent permettre d’identifier « des troubles graves autosomiques et liés à l'X récessifs chez les couples ayant un projet de grossesse ». Ce dépistage pourra être élargi aux couples suivis pour des questions de fertilité ou pour une maladie génétique connue, qui pourraient également « bénéficier de l'identification d'autres risques génétiques susceptibles d'affecter leurs enfants ».

    La pertinence de cette démarche et son systématisme ne lassent pas d’étonner, car elle s’apparente clairement à un procédé eugéniste : il s’agit d’éclairer les parents, avant la conception de leur futur bébé, afin qu’ils puissent prendre « des décisions en matière de procréation ». Le procédé est justifié par les auteurs de l’Avis en ce qu’il doit leur permettre « de renforcer leur autonomie en matière de procréation » : l’Etat se met en situation de dépister des maladies qui sommeillent potentiellement chez des porteurs sains, sans antécédents familiaux, pour inviter les couples à ne pas avoir d’enfant, à recourir à la Procréation médicalement assistée (PMA) avec despistage pré-implantatoire, ou bien, en dernier recours si la femme est enceinte, à interrompre la grossesse... Le Comité estime en effet que le dépistage génétique « doit être réalisé pour des troubles suffisamment graves pour justifier une adaptation des projets en matière de procréation », et qu’il devra « se concentrer sur les troubles qui se manifestent dans la petite enfance plutôt qu'à l'âge adulte ». Sur la base de quels critères ces choix sont-ils opérés ?

    La motivation économique de cet avis pointe dans un discours qui se veut bienveillant puisqu’il vise à éviter toute souffrance. En effet, le dépistage doit « comprendre des troubles graves pour lesquels des interventions thérapeutiques existent, lorsque le traitement peut générer une importante charge physique, émotionnelle ou financière »…

    Cependant, quelle fiabilité accorder à ces tests ? Quelle sera la part d’enfants qui ne verront pas le jour dans la crainte de les savoir potentiellement imparfaits, puisque malades ? Quels nouveaux ressorts de culpabilité vont s’imposer aux parents qui ne souhaiteront pas entrer dans ce marchandage affectif et financier ? Toute vie, même fragile, ne vaut-elle pas d’être vécue ? En ouvrant sur un monde encore irréel mais terrorisant, ce document laisse une impression nauséeuse.

    Timidement, les auteurs reconnaissent que « l'identification du statut de porteur d'un individu en bonne santé peut impliquer des questions éthiques et juridiques importantes » et il préconise de de demander l’avis du Comité consultatif de bioéthique. Quelles seront ses conclusions ?

    Pour l’heure, une étude pilote doit être mise en place pour réfléchir aux questions juridiques, éthique et de vie privées, définir les troubles à dépister, organiser le Conseil préconceptionnel, évaluer l’impact économique…

  • Quatre spécialistes mettent en cause la légitimation de l'euthanasie pour souffrances psychiques

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    Du site "EuthanasieStop" :

    Euthanasie pour souffrances psychiques : le terrain glissant qui bascule de l'autre côté

    Ces quatre auteurs, à savoir le Fr. Dr. René Stockman, Dr. Marc Calmeyn, Dr. Marc Eneman et Prof. Dr. Herman De Dijn, ont écrit un essai qui est maintenant publié en format livre sur la question de la légitimation de l'euthanasie pour souffrances psychiques. Ils l'analysent d'un point de vue médical, philosophique et croyant, et arrivent à la conclusion que l'on prend un chemin très dangereux en pratiquant l'euthanasie pour souffrances psychiques. Ils fournissent ici une précieuse contribution dans le débat public qui en laisse peu indifférents.

    Depuis 2002, l'euthanasie pour des maladies sans espoir de guérison et souffrances intolérables sont légalisées sous certaines conditions. Si, au départ, on ne prenait en compte que les souffrances physiques pour envisager l'euthanasie, les patients avec des souffrances psychiques sont, ces dernières années, de plus en plus devenus également sujets d'euthanasie. Aujourd'hui, même les mineurs peuvent sans accord de leurs parents demander l'euthanasie, et les votes s'élèvent pour étendre cela aux personnes âgées démentes et aux personnes handicapées. Dans l'un des journaux, nous avons pu lire aujourd'hui, 1 Flamand sur 20 meurt par euthanasie. Nous nous situons clairement sur un terrain glissant qui est en train de basculer totalement. Ce qui était autrefois considéré comme une exception, devient maintenant une règle et bientôt élevée à un droit de patient, où l'euthanasie devra être acceptée sur simple demande du patient. Ou comment l'euthanasie est maintenant aussi élevée à une nouvelle forme de thérapie.

    Une réflexion d'un point de vue médical

    Les auteurs de l'essai sont, outre leur opposition fondamentale à toute forme d'euthanasie, profondément préoccupés par l'approche ...

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  • Le Parlement européen met clairement à mal la clause de conscience du personnel soignant

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    Du bulletin de l'Institut Européen de Bioéthique :

    Le Parlement Européen désavoue l’objection de conscience des professionnels de la santé.

    Le rapport Ernest Urtasun sur « L’égalité entre les femmes et les hommes dans l’Union européenne » a été adopté mardi 14 mars 2017 par le Parlement Européen malgré un paragraphe 47 comportant une entrave évidente à l’objection de conscience.

    En appelant « les Etats membres à faire en sorte que les clauses d’objection de conscience n’empêchent pas les patients d’accéder à des soins médicaux licites », y compris la contraception et l’avortement mentionnés dans les paragraphes 46 et 48, le Parlement met clairement à mal la clause de conscience du personnel soignant et sa liberté de l’invoquer.

    Cette précision vise à contrer les « difficultés d’accès aux services de santé sexuelle et génésique » que semble causer le recours croissant au droit fondamental qu’est l’objection de conscience. De plus, en qualifiant le recours aux clauses d’objection de conscience d’« excessif », on sous-entend qu’il y aurait des limites dans l’application même de cette liberté.

    A ce stade, ce rapport n’a aucune valeur contraignante dans l’Union Européenne. Toutefois, la vigilance est de mise, surtout si le Parlement et la Commission décidaient de produire un rapport législatif qui pourrait alors déboucher sur un acte législatif contraignant.

    En Belgique : Brochure "Clauses de conscience au profit des professionnels de la santé"

    Pour nous demander la Brochure cliquer ICI

  • Euthanasie : 15 ans après sa dépénalisation en Belgique, qui sont les victimes collatérales ?

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    Lu sur le site Gènétique :

    « En Belgique, l’euthanasie a été dépénalisée le 28 mai 2002. 15 ans après, la pratique s’est développée et la loi a été étendue. Mais les conséquences sont lourdes pour l’ensemble de la société. 

    Votées à l’origine pour accompagner la fin de vie de personnes confrontées à des souffrances physiques ou psychiques insupportables, les lois dépénalisant l’euthanasie ou le suicide assisté ont engagé les pays sur une pente glissante. En Belgique, l’euthanasie peut désormais être demandée par des mineurs, des personnes en détresse psychique, ou des personnes atteintes de polypathologies dues à l’âge... Aux Pays-Bas, alors qu’un médecin vient d’administrer contre son gré un cocktail létal à une personne démente, la ministre de la santé parle d’élargir l’accès de ce « service » aux personnes de plus de 75 ans qui estiment avoir eu une « vie complète ». Il y a un an, la France a ouvert la boîte de Pandore en autorisant la sédation profonde et continue jusqu’au décès avec arrêt des traitements. Une euthanasie qui ne dit pas son nom. A l’autre bout du monde, la Nouvelle Zélande s’interroge à son tour sur l’opportunité d’une telle législation. Mais à mesure que se multiplient les lois permissives, les conséquences délétères de l’euthanasie se disent.

    15 ans après la dépénalisation de l’euthanasie en Belgique, Carine Brochier de l’Institut Européen de Bioéthique (IEB) en analyse pour Gènéthique les dommages collatéraux.

    Gènéthique : Quel est votre premier constat ?

    Carine Brochier : Les promoteurs de l’euthanasie affirment que « tout est maîtrisé ». Je ne le crois vraiment pas. L’application de la loi sur l’euthanasie est difficile à contrôler principalement parce qu’elle est soutenue par deux concepts : celui de l’autonomie du patient et celui de la souffrance physique ou psychique insupportable qu’il est difficile d’appréhender. Ce concept n’est ni mesurable, ni quantifiable. Il est donc forcément tributaire d’une évaluation ou d’un ressenti purement subjectif qui, de ce fait, échappe à tout contrôle. L’individu autonome en est le seul maître, car il peut même refuser que le médecin allège sa souffrance. La justification de l’acte a par ailleurs évolué. Actuellement, l’argument de la souffrance inapaisable est difficilement recevable parce que la prise en charge en soins palliatifs, lorsqu’ils sont performants et disponibles, permet de la soulager dans 96% des cas. Le diktat aujourd’hui est celui de l’autonomie du patient tout puissant qui s’impose aux médecins : « Faites ce que je vous ai demandé ! Faites ce que je veux ». Et ce, quelles que soient les alternatives possibles comme, par exemple, les soins palliatifs. C’est tellement fort que l’euthanasie est en passe d’être banalisée, de devenir un « acte de soin » comme un autre, accessible plus ou moins facilement, et même intégré dans la dénominatif des « Soins palliatifs intégraux ». L’euthanasie est présentée par les médias comme étant la meilleure façon de mourir sans souffrance, sans souci, en toute liberté pour ne pas se sentir « passer ».

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  • Quand, face à Trump, l'Union Européenne s'entête à faire de l'avortement un enjeu majeur

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    De genethique.org :

    FACE À DONALD TRUMP, L’UNION EUROPÉENNE S’ENTÊTE À FAIRE DE L’AVORTEMENT UN ENJEU MAJEUR

    L’union européenne s’accorde pour dénoncer les décisions prises par l’administration Trump au sujet de l’avortement, mais oublie que cette question est en dehors de sa compétence et étouffe les voix qui dénoncent l’IVG.

    La « politique de Mexico » rétablie par Donald Trump en janvier interdit aux organisations non gouvernementales internationales financées par les Etats-Unis de pratiquer des avortements ou de fournir des informations à ce sujet dans les pays en développement. Rebaptisée « règle du bâillon mondial » au Parlement Européen, cette mesure et ses conséquences ont été débattues en session plénière à Strasbourg mardi dernier, sous la houlette du commissaire européen en charge de l’aide humanitaire, Christos Stylianides.

    Le commissaire s’est dit « préoccupé »  par les « effets néfastes » de cette décision, qui « pourrait avoir un impact sur les objectifs [européens] de développement dans le monde ». C’est pourquoi il souhaite définir une position commune au sein de l’UE pour contrer cet impact. Selon lui, « les politiques de l’Union européenne sont fondées sur nos priorités et nos valeurs, et pas sur ce que d’autres acteurs dans le monde font ou cessent de faire ». Suivant son raisonnement, faut-il conclure que l’avortement est une valeur européenne ?

    De nombreux eurodéputés ont partagé son « indignation », et exhorté à l’engagement de fonds européens pour pallier aux futurs manques de financements des organisations concernées. Un amendement au projet de budget de l’UE a notamment été déposé par l’eurodéputé hollandaise Sophia in’t Veld. Selon ces députés le risque serait de voir augmenter la mortalité des femmes du fait d’avortements clandestins. Ils plaident donc au nom de la « santé », de la « sécurité » et même de la « protection de l’enfance ». Une « question de vie ou de mort pour les femmes dans le monde » a déclaré Malin Björk (Suède). Un soutien aux « médecins qui sauvent des vies » en avortant, a-t-on pu entendre dans la bouche du luxembourgeois Charles Goerens. Pendant ce temps, en Afrique, on attend des aides pour que les femmes puissent accoucher sans risque (cf. « She decides » : Objaniju Ekeocha demande à l’occident des accouchements dans risque plutôt que des avortements sans risque). L’incompréhension semble totale.

    Face à ce déferlement accusant Donald Trump de « haine envers les femmes », quelques députés ont vaillamment tenté de faire entendre leurs arguments. « Pourquoi se plaindre ? », a interrogé Branislav Skripek (Slovaquie), « L’IVG est un génocide (…) avorter c’est tuer un enfant, il ne s’agit ni d’un soin de santé, ni d’un soin de base ». Au nom de son groupe politique (Conservateur et réformateur européen, ECR), il a déclaré « ne pas soutenir la tentative de la Commission de dépenser des millions pour exporter cette cruauté dans les pays en voie de développement ». Beatrix von Storch (Allemagne) a pour sa part rappelé que « l’UE n’a aucune compétence dans ce domaine » et émis l’idée avec Marek Jurek (Pologne) que l’UE devrait plutôt s’ « engouffrer dans la brèche ». Marie-Christine Arnautu, eurodéputé française, a elle aussi tenu une position engagée, déplorant au passage le délit d’entrave à l’IVG créé dans notre pays (cf. Délit d’entrave à l’IVG : l’Assemblée nationale censure la liberté d’expression). En appelant au bon sens de ses collègues, elle a mentionné qu’il « appartenait au gouvernement américain de décider de ses propres critères de financement des ONG ». A l’heure où « près de 50 millions d’avortements sont pratiqués chaque année à travers le monde, la réduction du recours à l’avortement devrait réellement  devenir un objectif de santé publique », a-t-elle ajouté, « ainsi que l’information sur les alternatives ». Marijana Petri (Croatie) a pointé, quant à elle, que la principale ONG en jeu était « le planning familial, basé sur l’avortement ».

    Malgré ces quelques interventions sensées, le débat a été un long dialogue de sourds, employant un vocabulaire biaisé. L’avortement est désormais un « enjeu humanitaire » pour le Parlement européen, qui « sauve des vies ». Une définition qui n’admet aucune contradiction, aucune remise en cause, fut-elle sur la forme ! Reste à savoir si ces « débats » se cantonneront au stade d’une simple agitation « bien pensante » ou bien si ils se traduiront en actes par des financements. A surveiller.