De Cyprien Viet sur Vatican News :
22 juillet 2020
L'Académie pour la Vie livre une réflexion sur les bouleversements induits par la pandémie
«La Covid-19 a apporté la désolation au monde», est-il rappelé d'emblée, au sujet d'un phénomène qui a déjà fait plus de 600 000 morts et dont les futurs développements restent encore incertains et angoissants. «Que faire de tout ceci? Comment notre halte nous empêchera-t-elle de tomber dans l’inertie de la complaisance, ou pire, de la connivence dans la résignation?», s'interrogent les rédacteurs de cette note, qui invitent à prendre un «recul réfléchi» qui ne correspond pas à «l'inaction», mais à «une pensée qui pourrait se transformer en remerciement pour la vie donnée, et donc un passage vers la renaissance de la vie».
Transformer le langage guerrier en esprit de compassion
Dans une partie intitulée «La vie prise, la vie donnée : la leçon de la fragilité», l’Académie s’interroge aussi sur le caractère anxiogène du langage guerrier utilisé dans le traitement de cette actualité. «Les métaphores dominantes qui envahissent à présent notre langage ordinaire mettent l’accent sur l’hostilité et sur un sentiment envahissant de menace : les encouragements répétés à "combattre" le virus, les communiqués de presse qui sonnent comme des "bulletins de guerre", les mises à jour quotidiennes sur le nombre de personnes infectées» donnent une impression de champ de bataille.
Dans les hôpitaux, mais aussi dans les prisons, dans les camps de réfugiés ou encore dans les maisons de retraite, de nombreux décès ont pris de court le personnel et l’entourage des victimes. «Nous avons été témoins du visage le plus tragique de la mort : certains ont connu la solitude de la séparation aussi bien physique que spirituelle de tous, laissant leurs familles impuissantes, incapables de leur dire au revoir, même pour leur fournir cette simple piété de base avec un enterrement approprié.»
Mais au-delà de ces situations dramatiques et traumatisantes, cette pandémie offre aussi une chance de revenir à l’essentiel pour saisir la pleine valeur de la vie. «L’évidence douloureuse de la fragilité de la vie peut aussi renouveler notre conscience de sa nature donnée. En revenant à la vie, après avoir savouré le fruit ambivalent de sa contingence, ne serons-nous pas plus sages? Ne serons-nous pas plus reconnaissants et moins arrogants? »






« La crise du coronavirus et, surtout, les réactions qu’elle a suscitées ont une grande valeur révélatrice. Il est incontestable que cette période aura constitué un moment important dans ce XXIe siècle déjà ouvert par le choc du 11 septembre 2001. Événement majeur annonçant l’accès à un gouvernement mondial, ou basculement dans le chaos achevant la décomposition postmoderne des sociétés ? Ou peut-être les deux à la fois ? Il est trop tôt pour trancher. Encore peut-on émettre quelques remarques et entrevoir la confirmation de certaines tendances qui ne manqueront pas de peser dans l’avenir. On ne nous en voudra pas de prendre pour appui principal le cas de la France, même si des faits comparables affectent la plus grande partie de la planète.