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Patrimoine religieux - Page 63

  • La déchristianisation de l'Occident est-elle inéluctable ?

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    Occident, la fin du sacré ? Suivez le Club Le Figaro Idées animé par Eugénie Bastié: 1 - La déchristianisation : un phénomène inéluctable ? 2 - Seuls face à la mort ?  3 - Une religion identitaire ?

    Retrouvez Le Club Le Figaro Idées, avec Sonia Mabrouk, Laurence de Charette et Guillaume Cuchet, autour d'Eugénie Bastié :

  • Quand le Saint Sépulcre livre ses derniers secrets

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    Lu sur le site du Point :

    Le Saint-Sépulcre livre ses derniers secrets

    EXCLUSIF. La directrice des fouilles archéologiques réalisées au Saint-Sépulcre revient sur les découvertes qu’elle a faites à Jérusalem en juin dernier.

    Propos recueillis par 

    17 juillet 2023

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  • Le Vatican accorde l'indulgence plénière pour les célébrations du jubilé de saint Thomas d'Aquin

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    De Courtney Mares sur le National Catholic Register :

    Le Vatican accorde l'indulgence plénière pour les célébrations du jubilé de saint Thomas d'Aquin
    Saint Thomas d'Aquin a été canonisé le 18 juillet 1323 par le pape Jean XXII.

    The lunette of one of the side doors depicting St. Thomas Aquinas, detail of the facade of the Church of Santa Maria Novella in Florence, Italy.
    La lunette de l'une des portes latérales représentant saint Thomas d'Aquin, détail de la façade de l'église Santa Maria Novella à Florence, Italie. (photo : Zvonimir Atletic / Shutterstock)

    16 juillet 2023

    Le Vatican accorde une indulgence plénière à quiconque participe aux deux années de célébrations jubilaires de saint Thomas d'Aquin qui précéderont le 800e anniversaire de sa naissance.

    En commençant par le 700ème anniversaire de la canonisation d'Aquin le 18 juillet, l'Ordre Dominicain célèbre trois anniversaires significatifs du "Docteur Angélique" pendant le jubilé.

    L'Aquinate a été canonisé le 18 juillet 1323 par le pape Jean XXII. L'Église marquera ce 700e anniversaire ce mardi par une messe à 18 h 30 à l'abbaye de Fossanova, l'abbaye située à une soixantaine de kilomètres au sud de Rome où l'Aquinate est décédé. Le pape François a désigné le cardinal Marcello Semeraro, préfet du bureau des saints du Vatican, comme son envoyé spécial pour la messe.

    Le 7 mars 2024, l'Église commémorera le 750e anniversaire de la mort de l'Aquinate. Le théologien est mort en 1274 alors qu'il se rendait au concile de Lyon. Il est tombé malade pendant le voyage et s'est arrêté à l'abbaye cistercienne de Fossanova. 

    Trois mois avant sa mort, l'Aquinate a vécu une révélation intense en offrant la messe alors qu'il était sur le point d'achever son œuvre la plus importante, la "Summa Theologiae" ou "Résumé de la théologie". Après avoir vécu cette révélation, l'Aquinate dit à son ami et secrétaire, le frère Réginald : "La fin de mes travaux est arrivée. Tout ce que j'ai écrit apparaît comme de la paille après les choses qui m'ont été révélées", et il n'écrivit plus jamais.

    Le corps de l'Aquinate fut conservé à l'abbaye de Fossanova jusqu'à la fin du XIVe siècle, lorsque ses reliques furent transférées à Toulouse, en France, où fut fondé l'Ordre des Prêcheurs et où le tombeau de l'Aquinate peut être vénéré aujourd'hui dans l'église des Jacobins.

    L'année du double jubilé de l'Ordre dominicain culminera avec la fête de saint Thomas d'Aquin, le 28 janvier 2025, date du 800e anniversaire de la naissance de l'Aquinate.

    Thomas d'Aquin est né en 1225 dans la ville italienne de Roccasecca, à environ 75 miles au sud-est de Rome, qui à l'époque faisait partie du royaume de Sicile.

    Le pape François a publié en début de semaine une lettre en latin dans laquelle il fait l'éloge de l'Aquinate pour sa "grande sagesse spirituelle et humaine".

    "Il a brillé par une intelligence et une clarté justes, et tout en examinant avec révérence les mystères divins avec raison, il les a contemplés avec une foi fervente", a écrit le pape. 

    Comment obtenir l'indulgence

    L'indulgence peut être obtenue en effectuant un pèlerinage dans un lieu saint lié à l'Ordre dominicain, soit pour participer aux célébrations du jubilé, soit pour "consacrer au moins un temps approprié à un pieux recueillement", en concluant par la prière du Notre Père, la récitation du Credo et l'invocation de l'intercession de la Vierge Marie et de saint Thomas d'Aquin.

    Toute église, sanctuaire ou chapelle actuellement confiée à l'Ordre dominicain peut répondre aux exigences du pèlerinage.

    Selon un décret de la Pénitencerie apostolique du Vatican, l'indulgence plénière est accessible aux "fidèles vraiment pénitents et charitables" dans les conditions habituelles.

    Les conditions habituelles d'une indulgence plénière exigent que la personne soit en état de grâce, qu'elle se détache complètement du péché et qu'elle prie aux intentions du pape.

    La personne doit également confesser sacramentellement ses péchés et recevoir la communion jusqu'à environ 20 jours avant ou après les prières pour l'indulgence.

    La Pénitencerie apostolique a précisé que l'indulgence peut également s'appliquer "aux âmes des fidèles défunts encore au purgatoire".

    Le Catéchisme de l'Église catholique définit l'indulgence comme "une rémission devant Dieu de la peine temporelle due à des péchés dont la culpabilité a déjà été pardonnée".

    Les personnes âgées, les malades et les personnes qui ne peuvent quitter leur domicile pour une raison grave peuvent également obtenir l'indulgence plénière "si, méprisant tous leurs péchés et avec l'intention de remplir les trois conditions habituelles le plus tôt possible, ils s'associent spirituellement aux célébrations du Jubilé devant une image de saint Thomas d'Aquin, offrant au Dieu miséricordieux leurs prières ainsi que les peines et les maux de leur vie".

    L'indulgence peut être obtenue jusqu'à la fin du jubilé de saint Thomas d'Aquin, le 28 janvier 2025. 

    "Que la célébration du double jubilé de la vie de saint Thomas nous incite à servir Dieu et l'Église avec un grand dévouement et une profonde humilité", a écrit le père Gerard Francisco Timoner III, maître de l'Ordre dominicain.

    Le maître dominicain a rappelé que l'Aquinate avait dit à Frère Reginald "de ne chercher aucune récompense en ce monde si ce n'est d'être avec Dieu - Domine, non nisi Te, 'Seigneur, rien d'autre que toi'".

  • KTO « La Foi prise au Mot » : L’Église et le XIXe siècle

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    Le concile Vatican II est parfois vilipendé comme un moment de rupture avec la Tradition multi-séculaire de l’Église, en particulier avec l’héritage du concile de Trente. Mais est-ce vraiment avec ce concile du XVIe siècle que Vatican II entend rompre, si tant est qu’il y ait réellement rupture ? « A bien des égards, Vatican I opère de nombreux changements sans le dire, là où Vatican II change peu de choses, mais en le disant », explique Jean-Pascal Gay, Professeur d’histoire religieuse à l’Université Catholique de Louvain. « En un sens, c’est aussi le XIXe siècle qui a inventé la Tradition », précise-t-il. Si rupture il y a eu, celle-ci semble donc s’amorcer bien avant le concile de Vatican II. « On mesure mal le traumatisme qu’a été la Révolution française et à quel point celle-ci a polarisé toute une part de l’Église contre la modernité », explique à son tour Frédéric Gugelot, Professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Reims. L’insistance sur la Tradition comme refus du monde moderne serait donc également un héritage de ce XIXe siècle. Pour autant, il serait réducteur de décrire cette période de l’Église comme s’inscrivant dans un simple refus du monde moderne. « C’est un temps qui est marqué par un passage d’une religion de la prescription, à une religion où le fidèle est invité à constituer sa propre foi. » A la fois moderne et anti-moderne, le XIXe siècle semble occuper une place centrale, quoi que mal connue, y compris dans l’histoire contemporaine de l’Église.

    Cela se discute: dans un style simple et direct, des spécialistes dialoguent avec Régis Burnet, en apportant des réponses aux questions que nous pouvons nous poser (émission de juin 2023) :

  • Au risque de l’histoire : Pie XII et la renaissance d’une chrétienté européenne?

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    « L’émission « Au Risque de l’Histoire » nous plonge au coeur de ce que certains ont appelé « l’Europe Vaticane ». Si le débat sur les racines chrétiennes de l’Europe est connu de tous, les relations qu’ont pu entretenir trois pères fondateurs de l’Europe avec le Saint-Siège le sont beaucoup moins. La foi de Schuman en France, Gasperi en Italie et Adenauer en Allemagne n’est donc pas pour rien dans la construction européenne du lendemain de la Seconde Guerre mondiale. De même, la démocratie chrétienne a largement contribué à la propagation d’un certain idéal européen. Quel rôle a donc joué le Saint-Siège et, en particulier, la figure centrale du Pape Pie XII ? Et peut-on véritablement parler d’une « Europe vaticane », avant même l’apparition d’une Europe économique ? « Les relations entre Gasperi et Pie XII n’étaient pas bonnes, Pie XII étant constamment agacé des prises de position de Gasperi qui refusait de prendre ses ordres au Saint-Siège et lui a même refusé une audience. » relativise Philippe Chenaux, Professeur d’Histoire de l’Église moderne et contemporaine à l’Université du Latran. « Ce projet d’Europe est notamment porté par les différents partis démocrates-chrétiens, pas seulement en Italie, mais aussi dans tous les pays d’Europe. » précise Martin Dumont chercheur en Histoire des Religions à Sorbonne Université. Retrouver la suite des échanges dans ce nouveau numéro d’Au Risque de l’Histoire. »

    Mémoires d’un monde disparu…

     

  • Quel est le rôle des évêques et que propose le prochain synode des évêques ?

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    Une analyse du Club des Hommes en noir avec Mgr Schneider comme invité exceptionnel, entouré des abbés Barthe et Célier et du père Thomas : diffusée par le site web de la revue « L’Homme Nouveau » :

  • Il y a quatre siècles : la mort de William Byrd, "papiste obstiné"

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    De Massimo Scapin sur le site de la Nuova Bussola Quotidiana :

    William Byrd, musicien polyvalent et "papiste obstiné".

    4 juillet 2023

    Le 4 juillet, il y a quatre siècles, mourait le compositeur anglais William Byrd, "papiste obstiné" sous le règne d'Élisabeth I. Son corpus compositionnel, qui comprend également des œuvres de musique sacrée, est vaste. Son corpus compositionnel, qui comprend également des œuvres de musique sacrée, est vaste.

    Il y a quatre siècles, le 4 juillet 1623, mourait à Stondon Massey, en Angleterre, le plus grand des polyphonistes anglais, "papiste obstiné" sous le règne d'Élisabeth Ire (excommunié et déposé par le pape saint Pie V en 1570) : William Byrd.

    Il est émouvant de lire son testament, dans lequel on retrouve sa foi catholique inébranlable, ce qui n'est pas courant pour un musicien anglais qui a vécu de près les blessures infligées au corps du Christ au XVIe siècle : "Moi, William Byrd de Stondon Place dans la paroisse de Stondon dans le comté d'Essex, un gentleman, maintenant dans la 80e année de mon âge, mais par la bonté de Dieu en bonne santé et avec une mémoire parfaite, je fais et j'ordonne ceci pour mon testament : Premièrement : je donne et lègue mon âme au Dieu tout-puissant, mon créateur, mon rédempteur et mon conservateur, demandant humblement sa grâce et sa miséricorde pour le pardon de tous mes péchés et de toutes mes offenses, passés, présents et futurs. Cependant, je peux vivre et mourir comme un membre vrai et parfait de sa sainte Église catholique, sans laquelle je crois qu'il n'y a pas de salut pour moi [...]" (B. C. L. KEELAN, The Catholic Bedside Book, New York 1953, p. 421. Notre traduction).

    Né dans le Lincolnshire vers 1540, il fut l'élève et l'ami de l'organiste et compositeur anglais Thomas Tallis († 1585), organiste à la cathédrale de Lincoln (1563) et cantor de la chapelle royale (1570). À partir de 1593, il alla vivre comme gentilhomme campagnard dans un village de l'est de l'Angleterre. Les différences religieuses qui le séparaient de ses contemporains passés à l'anglicanisme ne l'excluaient pas de leur estime, de l'appréciation de ses collègues et de la vénération de ses élèves. L'un de ces derniers, le compositeur anglais polyvalent Thomas Morley († 1603), l'appelle "mon maître bien-aimé, dont aucun musicien ne peut se souvenir du nom sans un profond respect" (T. Morley, A plaine and easie introduction to practicall musicke, Londres 1597, p. 115).

    Son vaste corpus compositionnel, caractérisé par la polyvalence, la fécondité, le sentiment et l'excellence technique, comprend de la musique vocale catholique sacrée, de la musique vocale anglaise sacrée et profane et de la musique instrumentale (notamment pour virginal, un petit clavecin très populaire dans l'Angleterre élisabéthaine).

    Arrêtons-nous brièvement sur les trois messes composées par Byrd, pour 4 voix SATB (soprano, alto, ténor, basse), 3 voix STB et 5 voix SATTB, et publiées respectivement en 1592-93, 1593-94 et 1594-95 (P. CLULOW, Publication Dates for Byrd's Latin Masses, in Music and Letters 47, Oxford University Press 1966, pp. 1-9). Il s'agit d'une musique écrite pour un contexte intime et secret, pour des maisons de campagne, destinée à être interprétée par un petit chœur d'amateurs compétents et écoutée par une petite assemblée, tous prêts à prendre le risque de participer à ces liturgies illégales, punies dans de nombreux cas par l'emprisonnement à vie, voire par l'exécution.

    William Weston († 1615), missionnaire jésuite, décrit un rassemblement daté du 15 au 23 juillet 1586 : "Arrivés à la maison de ce gentleman, nous avons été reçus, comme je l'ai déjà dit, avec toute l'attention que la gentillesse et la courtoisie pouvaient suggérer [...]. Il possédait une chapelle, utilisée pour la célébration des offices de l'Eglise. Il possédait un orgue et d'autres instruments de musique, ainsi que des choristes, hommes et femmes, membres de sa famille. À l'époque, c'était comme si nous célébrions une octave ininterrompue d'une grande fête. M. Byrd, le très célèbre musicien et organiste anglais, faisait partie de la compagnie" (W. WESTON, The autobiography of an Elizabethan, Londres 1955, pp. 70-71, 76-77. Notre traduction).

    Dans les messes, Byrd a un style concis et très personnel par rapport à ses quatre illustres contemporains, le Romain Giovanni Pierluigi da Palestrina († 1594), le Flamand Orlando di Lasso († 1594) et l'Espagnol Tomás Luis de Victoria († 1611). La technique varie : le Kyrie de la messe à 4 voix est riche en imitations, celui de la messe à 3 voix s'articule à travers une litanie ostinato. Les mélodies sont toutes originales, presque audacieuses : elles ne sont jamais basées sur le chant grégorien ou sur des motets connus, comme c'est souvent le cas, notamment dans les messes parodiques de Palestrina. Un autre aspect original des messes de Byrd est la structure des longs mouvements du Gloria et du Credo : le premier comporte une subdivision aux mots Domine filii, avant l'habituel Qui tollis ; le second comporte deux subdivisions, aux mots Qui propter, au lieu de l'habituel Crucifixus, et Et in Spiritum Sanctum.

    Peut-être la musique sacrée de Byrd ne nous enchante-t-elle pas et ne nous fait-elle pas sentir, comme celle de cet homme d'Église, de ce parfait interprète de la liturgie que fut Palestrina, la douceur inexprimable du bonheur du ciel, de la béatitude de Dieu. Mais il est certain que l'art sacré de Byrd est modelé sur la vie des mots qu'il met en musique. Dans la dédicace par laquelle Byrd offre à Lord Northampton son premier livre de Gradualia (1605), il déclare "avoir découvert par expérience un certain pouvoir caché dans les pensées qui se cachent sous les mots ; de sorte que, en méditant sur les mots sacrés et en les considérant constamment et sérieusement, les notes appropriées s'offrent spontanément d'une manière inexplicable".

  • Le déclin du catholicisme : une rupture anthropologique profonde

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    Une tribune de Bruno Dumons (Historien - Directeur de recherches CNRS - Diacre (diocèse de Lyon)) sur le site du journal La Croix :

    Le déclin du catholicisme et l’hypothèse d’une « rupture anthropologique »

    L’historien Bruno Dumons revient sur l’analyse de Guillaume Cuchet sur le déclin du catholicisme en France. Pour lui, il faut surtout y voir une rupture anthropologique profonde, qui affecte le catholicisme dans tous les pays développés.

    « Effondrement », « déclassement », « implosion » : les diagnostics posés sur le catholicisme français sont tous alarmants selon les enquêtes et les sondages les plus récents. Guillaume Cuchet a repris l’analyse du dossier dans un livre Comment notre monde a cessé d’être chrétien (2018). Il a tenté de fournir quelques clés d’explication autour de l’abandon de la pratique obligatoire, de la communion solennelle et de la prédication des fins dernières… bref tout ce qui représentait un catholicisme immuable avec sa « messe de toujours ».

    Aujourd’hui, l’historien constate que « le catholicisme risque de ne plus rester longtemps la première religion du pays » (La Croix du 22 mai 2023) au vu des résultats de l’enquête « Trajectoires et origines » (TEO2) de l’Insee qui pointe les évolutions récentes des diverses religions en France.

    De son côté, le théologien protestant Christophe Chalamet observe (Recherches de science religieuse 2023/1) que la question du salut, centrale dans le christianisme, est désormais incompréhensible pour nos contemporains, du moins en Occident, alors que les paysans du Moyen Âge l’avaient parfaitement intégrée en méditant le Jugement dernier sur les tympans des églises et cathédrales romanes. Et que dire de « la vie éternelle » qui n’a plus aucun sens pour eux. C’est le cœur de la foi chrétienne, c’est-à-dire en un Christ sauveur et donnant la vie (Jean 3, 16-18), qui devient obsolète.

    De nombreux efforts de l’Eglise pour s’adapter

    Le processus de désaffiliation que les historiens et les sociologues observent depuis le début des années 1960, s’est donc progressivement accéléré, surtout dans la décennie 2010 selon TEO2. Et pourtant, que d’efforts pastoraux ont été menés dans l’Église de France depuis le milieu du XXe siècle. Dès 1951, l’épiscopat publie un Directoire pour la pastorale des sacrements. Chacun d’eux sera rénové, de l’initiation chrétienne à la guérison. Certains changent de nom : la réconciliation remplace la confession et l’extrême-onction devient l’onction des malades. Le mariage nécessite une préparation. Les nouveaux militants du CLER sont convaincus qu’une régulation des naissances est possible avec des « méthodes naturelles » conformes à un discours pontifical qui se fige dans Humanæ vitæ (1968).

    Plus timidement émerge une pastorale en faveur des personnes divorcées puis remariées. Pour le sacrement de l’ordre, sa rénovation intervient avec la sacramentalité de l’épiscopat et le renouveau du diaconat comme degré stable et ouvert à l’ordination d’hommes mariés. Malgré des tâtonnements, beaucoup d’efforts sont faits pour rénover et adapter l’économie sacramentelle.

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  • Notre-Dame de Paris : un nouveau mobilier liturgique qui ne fait pas l'unanimité

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    De Cécile Mérieux sur le site du journal La Croix :

    Notre-Dame de Paris : le nouveau mobilier liturgique ne fait pas l’unanimité

    Le projet d’aménagement intérieur de la cathédrale ne fait pas l’unanimité. Dévoilé vendredi 23 juin, les avis sont partagés sur le choix du diocèse de Paris et de son archevêque Mgr Laurent Ulrich, après avis du comité artistique.

    27/06/2023

    Un autel incurvé, en haut de trois marches, une cathèdre design, un pupitre très épuré, un tabernacle stylisé, le tout dans un bronze brun, sombre et massif. C’est le nouveau mobilier liturgique choisi pour la cathédrale Notre-Dame de Paris restaurée. Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Paris, en a confié, vendredi 23 juin, après consultation du comité artistique, sa réalisation au designer Guillaume Bardet.

    Toutefois, le projet de l’artiste, ancien résident de la Villa Médicis à Rome, et auteur d’autres projets liturgiques, n’a pas convaincu tout le monde par son style épuré, jugé austère par certains. Des critiques se sont exprimées sur les réseaux sociaux, notamment sur Twitter avec le hashtag #saccageNotreDame.

    D’autres nouveaux aménagements sont prévus dans la cathédrale : un baptistère rond et doré de Guillaume Bardet, un parterre de chaises au design signé Ionna Vautrin et un reliquaire pour abriter la couronne d’épines du Christ, réalisé par l’artiste Sylvain Dubuisson. Plusieurs personnalités du domaine de l’art sacré ont émis des critiques, à l’instar de Pierre Téqui, historien de l’art.

    Dans une tribune publiée par Famille chrétienne, il regrette notamment que le reliquaire de la couronne d’épines ne fasse pas aussi l’objet d’un concours. « L’une des reliques les plus insignes de toute l’histoire de la chrétienté (…) va donc être placée sur un treillage de bois, s’indigne-t-il, choix qui prive les créateurs du monde entier d’une formidable occasion de faire le don de leur talent. »

    « Une dimension artistique au second plan »

    S’il vante « un ensemble unifié » et une « solide réflexion spatiale », Pierre Téqui regrette l’absence de crucifix, mais plus largement un « manque de monumentalité » et une « omniprésence de l’abstraction »« À toujours reléguer la dimension artistique au second plan, on s’abîme dans le fonctionnalisme. L’Église aurait-elle peur des artistes ? », questionne-t-il.

    Sur Facebook, il émet des critiques sur l’autel lui-même, qui « doit être signe de la présence du Christ ». Selon lui, « cette austérité est mal venue : car elle n’est pas au service d’un Dieu qui s’est fait homme, qui a pris chair pour souffrir la passion et nous guider vers le Père ».

    La créatrice de mobilier liturgique Fleur Nabert alerte, elle, sur des « questions d’ordre purement liturgique et technique » : « La taille de l’autel semble très réduite pour la concélébration. » Elle alerte également sur l’étroitesse des marches autour de l’autel, qui présente selon elle un risque de chute. Elle regrette par ailleurs la présence de seulement deux confessionnaux.

    Débat après débat

    Au lendemain de l’incendie, en avril 2019, le lancement d’un concours d’architecture pour restaurer l’édifice avait déjà suscité beaucoup de réactions. Les défenseurs du patrimoine s’étaient émus que l’on puisse remodeler la cathédrale, avant d’obtenir gain de cause. La cathédrale est en cours de restauration dans la version identique à celle de Viollet-le-Duc, précédant l’incendie.

    L’espace liturgique de la cathédrale a également été le sujet de débats. Le choix de l’architecte a été confié au diocèse de Paris et plus particulièrement à son archevêque. Dans le communiqué du diocèse, Mgr Laurent Ulrich a expliqué vouloir « donner à notre cathédrale un mobilier liturgique d’une “noble simplicité”, qui soit le support le plus respectueux et le plus digne pour notre prière, dans le respect de la liturgie de l’Église catholique, capable de toucher le cœur de chaque visiteur y compris en dehors des célébrations ».

    Une cathédrale qui s’ouvre à tous, aux fidèles et aux touristes : c’est la ligne directrice de l’artiste Guillaume Bardet. « Les pièces doivent avoir une forme d’évidence pour les catholiques et être remarquables pour les non-chrétiens », argue-t-il. « Elles doivent exister pendant et hors la liturgie : sans crier, mais sans se cacher non plus. Être une présence évidente. »

    Écouter et rassurer

    Du côté du diocèse de Paris, on dit être à l’écoute des remarques pour tenter de rassurer ceux qui s’inquiètent sur différents points du réaménagement. Bien conscient qu’un tel projet ne peut pas plaire à tout le monde, il assure prendre en considération les craintes exprimées quant au respect de la vocation du mobilier. Le diocèse souligne le sérieux du travail de sélection de l’artiste avec un cahier des charges très rigoureux, soixante-neuf candidatures étudiées, et neuf mois nécessaires au comité artistique pour se positionner sur le projet.

    Le comité artistique est composé de membres du ministère de la culture, des bâtiments publics, des spécialistes de l’art sacré, de la liturgie et de la création artistique. Parmi eux, des chanoines de Notre-Dame qui connaissent les besoins de la cathédrale. Les images diffusées depuis le choix de l’artiste sont issues de son dossier de candidature. Désormais, un dialogue va s’engager avec l’artiste et le projet est ainsi encore susceptible d’évoluer.

  • Le catholicisme en France pourrait bientôt devenir minoritaire mais plus traditionnel, selon les experts

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    De Solène Tadié sur le National Catholic Register :

    Le catholicisme en France pourrait bientôt devenir minoritaire mais plus traditionnel, selon les experts

    Dans le pays connu comme la "fille aînée de l'Église", l'islam et le protestantisme évangélique pourraient atteindre des positions hégémoniques au cours des prochaines décennies, tandis que le catholicisme s'ancrerait dans une dynamique plus orthodoxe.

    26 juin 2023

    L'annonce aujourd'hui de la démission de deux évêques français souffrant d'épuisement épiscopal et la publication imminente d'un rapport potentiellement dévastateur sur les allégations d'abus sexuels au sein de la Communauté Saint-Jean en France ont attiré une nouvelle fois l'attention sur l'état fragile de l'Église en France. Le catholicisme est-il aujourd'hui en voie d'extinction en France, "fille aînée de l'Église" et patrie de saint Louis et de sainte Jeanne d'Arc ? 

    Des études sur l'évolution du paysage religieux du pays l'ont déjà suggéré au cours des derniers mois. La plus récente d'entre elles montre que le catholicisme est la religion qui connaît le plus fort déclin et le plus faible taux de transmission intrafamiliale.

    Ces résultats ont conduit l'historien et sociologue des religions Guillaume Cuchet à suggérer que, dans quelques décennies, le catholicisme pourrait être minoritaire, dépassé par l'islam, le protestantisme évangélique et, surtout, par les personnes sans religion. Dans le même temps, cette tendance devrait s'accompagner d'une approche plus traditionnelle et plus pratiquante chez les catholiques minoritaires.

    Si ces prévisions se vérifient, le visage de la France, dont l'histoire de 1500 ans a commencé avec le baptême du roi Clovis par saint Remi, sera profondément modifié, tout comme celui de la pratique catholique elle-même.

    L'effondrement de la transmission familiale

    Ce déclin du catholicisme, contre lequel Cuchet a souvent mis en garde ces dernières années, s'est accéléré de façon spectaculaire depuis 2008, comme le montre l'enquête "Trajectoires et Origines 2" (TEO2) commandée par l'INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques). Les résultats de cette enquête ont été rendus publics en avril 2023. 

    En effet, seuls 25 % des Français âgés de 18 à 59 ans se déclarent catholiques en 2020, contre 43 % en 2008 selon l'enquête Trajectoires et Origines 1. Alors que les personnes sans religion sont passées de 45 % à 53 %, l'islam a progressé de 37 % au cours de la même période, et une autre étude indique que les musulmans représentent aujourd'hui environ 10 % de la population totale de la France

    Commentant l'étude dans une interview accordée au magazine La Vie, M. Cuchet a également souligné la "montée spectaculaire" des protestants évangéliques au cours de la dernière décennie, qui représentent une part croissante des 9 % de la population française qui sont des chrétiens non catholiques. 

    Ces données ont conduit le sociologue à émettre l'hypothèse que le catholicisme pourrait devenir, "un jour assez proche", la deuxième, voire la troisième religion du pays.

    Pour l'historien Yann Raison du Cleuziou, spécialiste du catholicisme contemporain et auteur de Qui sont les Cathos aujourd'hui ?, cette théorie est presque une évidence mathématique. 

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  • Le Vatican refuse au pèlerinage Summorum Pontificum l'autorisation de célébrer la messe en latin à Saint-Pierre

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    De Michael Haynes sur LifeSiteNews :

    Le Vatican refuse au pèlerinage Summorum Pontificum l'autorisation de célébrer la messe en latin à Saint-Pierre

    Les catholiques ne pourront pas assister à la messe traditionnelle au Vatican, qui marque le pèlerinage annuel depuis plus de dix ans.

    26 juin 2023

    VILLE DU VATICAN (LifeSiteNews) -- Pour la première fois depuis sa création, le pèlerinage international de la messe traditionnelle qui se tient à Rome chaque année n'obtiendra pas la permission d'organiser une messe traditionnelle à l'intérieur de la basilique Saint-Pierre.

    Depuis ses débuts en 2011, le pèlerinage Summorum Pontificum, désormais connu sous le nom de pèlerinage Ad Petri Sedem, a attiré à Rome des milliers de catholiques du monde entier par amour de la messe et des sacrements traditionnels. À l'exception des perturbations causées par les restrictions imposées par le COVID-19, le pèlerinage a toujours inclus la célébration d'une messe traditionnelle dans la basilique Saint-Pierre.

    Joseph Shaw, président de la Fœderatio Internationalis Una Voce (FIUV), a relaté les détails des précédentes célébrations des messes du pèlerinage à l'intérieur du Vatican. Il a décrit la progression graduelle du pèlerinage, qui est passé de l'utilisation des chapelles latérales autour de la basilique en 2007 à la célébration de la messe sur l'autel du trône.

    C'est ce qui s'est passé l'année dernière, avec environ 1 700 personnes qui se sont rassemblées à Rome pour célébrer les rites traditionnels de l'Église à l'autel de la Chaire de saint Pierre. Monseigneur Marco Agostini, qui fait partie de la Secrétairerie d'État du Vatican et qui est l'un des maîtres de cérémonie du pape, a célébré la messe pour les pèlerins lors de l'édition 2022, alors que les pèlerinages précédents avaient été marqués par des évêques ou des cardinaux offrant la liturgie du Vatican.

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    Cependant, dans une mise à jour fournie par les organisateurs ces derniers jours, la nouvelle de l'arrêt de la messe traditionnelle pour le pèlerinage au Vatican a été communiquée. Evoquant un "changement important et délicat" - le pèlerinage se déroule du vendredi 27 au dimanche 29 octobre - les organisateurs ont révélé que la messe traditionnelle ne pourrait pas avoir lieu.

    La déclaration se lit comme suit :

    Puisque le cardinal (Mauro) Gambetti - certainement en raison d'un ordre supérieur - n'autorise pas la célébration d'une messe cette année (c'est-à-dire que la directive ne concerne que cette année, et même ainsi, sous réserve d'un éventuel changement de dernière minute), notre célébration sur place consistera en.. :

    1. La procession au tombeau du Prince des Apôtres et le chant du Credo.

    2. Le chant de l'office de sexte des saints apôtres Simon et Jude à l'autel de la Chaire.

    3. La vénération des reliques des saints apôtres Simon et Jude (leurs corps se trouvent dans la basilique vaticane), la bénédiction et le chant final.

    Le cardinal Gambetti est l'archiprêtre de la basilique Saint-Pierre, le vicaire général du pape pour la Cité du Vatican et le président de la fabrique de Saint-Pierre depuis février 2021. Peu après l'entrée en fonction de M. Gambetti en 2021, les messes traditionnelles privées ont été pratiquement interdites dans la basilique et les prêtres ont reçu l'ordre de concélébrer les messes du Novus Ordo plutôt que de dire ces liturgies en privé. Ces restrictions émanaient de la Secrétairerie d'État du Vatican, mais certains ont émis l'hypothèse que Gambetti n'était pas à l'origine de cette décision.

    Fin juin 2021, le cardinal a également émis des restrictions sur l'utilisation du latin dans les messes de la basilique papale, stipulant largement l'utilisation de l'italien pour la liturgie.

    Cependant, avec la publication plus récente du motu proprio Traditionis Custodes du pape François et les dubia et Rescript ultérieurs du cardinal Arthur Roche, l'accès à la messe traditionnelle a été largement restreint.

  • Occident : une déchristianisation inéluctable ?

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