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Patrimoine religieux - Page 65

  • La clique de Sant'Anselmo qui mène la guerre contre le rite ancien

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    De Luisella Scrosati sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    La clique de Sant'Anselmo en guerre contre le rite ancien

    27-02-2023

    Du secrétaire Viola aux sous-secrétaires García Macías et Marcjanowicz, jusqu'à Ravelli et Midili qui dirigent les célébrations pontificales : ils viennent tous de l'Athénée Sant'Anselmo et ne se déplacent qu'animés par un aveuglement idéologique face à la réalité. Ce sont les personnes qui font la guerre à l'ancienne Messe. 

    Toute personne, même si elle n'est pas très douée intellectuellement, est capable de comprendre que la croisade menée contre le rite ancien, depuis Traditionis Custodes jusqu'au récent Rescrit, n'est rien d'autre qu'un désir de vengeance, une fureur aveugle et morbide. Le constat est simple : l'Église catholique se retrouve presque exsangue, avec des évêques qui saluent l'homosexualité, des prêtres "choyés" qui abusent des religieuses et sont protégés par les plus hautes instances, des couvents fermés de force, des églises et des séminaires de plus en plus vides, des catholiques qui fuient l'Église.

    Si l'on exclut la Pologne, dans les pays occidentaux, la participation à la messe, au moins hebdomadaire, est nettement inférieure à 50 % : l'Italie se situe honteusement à 34 %, mais semble même faire bonne figure par rapport à l'Espagne (27 %), l'Autriche (17 %), l'Allemagne (14 %) et les deux derniers, la France et les Pays-Bas, où moins d'un catholique sur dix va à la messe dominicale.

    Avec ce scénario, le Dicastère du Culte Divin ne songe qu'à perdre du temps et des ressources pour accabler ceux qui vont à la Messe, mais selon un rite qui ne leur convient pas. Dans n'importe quelle entreprise, le préfet dudit dicastère, Mgr Arthur Roche, aurait été licencié sur le champ : non seulement incapable de revitaliser le marché, mais aussi suffisamment incompétent pour stériliser les quelques branches saines.

    A y regarder de plus près, le seul problème de Roche est qu'il est la mauvaise personne au mauvais endroit, ce qui n'est pas rien. Son impréparation liturgique radicale n'est pas un mystère ; mais à l'époque, la seule place vacante était le Culte divin, libéré par le cardinal Sarah ; et Roche a donc dû s'asseoir là, comme un batelier présidant le syndicat des guides de montagne.

    Le résultat est que d'autres personnes sont en charge du Culte Divin ; et ces autres personnes ont toutes une caractéristique commune : elles viennent de l'Athénée Pontifical Sant'Anselmo. À commencer par le secrétaire, Monseigneur Vittorio Viola, qui y enseigne la liturgie depuis 2000 et y occupe toujours la chaire de professeur de liturgie sacramentelle. Viola, en tant que professeur chargé de cours, a le droit de participer au Conseil de l'Institut, un droit qui soulève une question de conflit d'intérêts. Il y a ensuite les deux sous-secrétaires, Mgr Aurelio García Macías et Mgr Krzysztof Marcjanowicz, tous deux docteurs en liturgie de Sant'Anselmo ; Macías est également toujours professeur. Une situation tout à fait inhabituelle dans un dicastère de la Curie romaine, où les différentes écoles théologiques, philosophiques et liturgiques devraient être représentées, et qui se trouve au contraire blindé au sommet par la clique de Sant'Anselmo. Par l'intermédiaire de ses anciens élèves et de ses professeurs occupant des postes à responsabilité au sein du Culte divin, Sant'Anselmo exerce une influence unilatérale sur la liturgie mondiale et tisse des liens bien trop étroits avec la Curie, terrain fertile pour les escalades personnelles au nom des "services" rendus à la Sainte Église.

    Mais l'invasion de Sant'Anselmo est encore plus vaste. Pour remplacer Monseigneur Guido Marini, ordonné évêque et nommé à la tête du diocèse de Tortona, on trouve Monseigneur Diego Giovanni Ravelli, originaire de la Brianza, lui aussi licencié et docteur de Sant'Anselmo. Et puis, l'Office liturgique du Vicariat de Rome ne pouvait pas manquer. Servant comme directeur, depuis 2011, et responsable des célébrations liturgiques du diocèse (à partir de 2019), le père carme Giuseppe Midili, grand ami du père Marko Ivan Rupnik, également titulaire d'une licence et d'un doctorat à l'Athénée, où il est professeur ordinaire de pastorale liturgique.

    Le cas de Midili soulève également des questions sur le respect des Statuts de Saint Anselme eux-mêmes, qui, à la suite de Veritatis Gaudium, 29, affirment que, "pour être "stables" [...] les professeurs doivent être libres de tâches incompatibles avec leurs devoirs de recherche et d'enseignement". Il y a, à vrai dire, d'autres personnes dont on peut difficilement dire qu'elles respectent ce principe : le père Francesco De Feo, abbé du monastère de Grottaferrata, le père Stefano Visentin, abbé de Praglia, et S.E. Monseigneur Manuel Nin, exarque apostolique de Grèce et évêque de Carcabia.

    Pour ces messieurs de Sant'Anselmo, la liturgie a dû être quelque chose de très théorique, puisqu'ils ne peuvent pas faire face à la réalité qui afflige nos églises ; et aussi de très idéologique, étant donné la rage aveugle contre les jeunes, les enfants, les familles, qui dans leur esprit se retrouvent tous sous l'étiquette d'"opposants au Concile", juste parce qu'ils aiment l'Ancien Rite.

    Christophe Dickès, historien et journaliste français, frère du poète Damien, tente de ramener ces liturgistes de bureau à la réalité avec un splendide article paru dans rien moins que les colonnes du Figaro. Dickès souligne que le problème de ce pontificat semble être le petit monde traditionaliste qui, en France, où il est particulièrement répandu, représente environ 4% des catholiques ; donc "une minorité dans une minorité". Une minorité évidemment considérée comme subversive, puisque dangereusement ceux qui en font partie enseignent "le catéchisme à leurs enfants, leur faisant apprendre les dix commandements et les prières que les catholiques doivent connaître", et avec des sacrifices considérables essaient de préserver leurs enfants de la "culture du cachet", en les envoyant dans des écoles privées ou parentales, qu'ils doivent autofinancer.

    Ces familles aiment aller à la messe traditionnelle. Tous snobs ? Tous anti-conciliaires ? Tous lefebvristes ? En vérité, après leur ordination sacerdotale en 1988, ces personnes " ont voulu montrer leur fidélité au Saint-Siège en manifestant leurs besoins spirituels, comme le permet le droit canonique (can. 212 § 2) ". Fidélité qui aujourd'hui est payée par des claques retentissantes.

    Mais que trouvent-ils dans la messe en rite ancien ? Il y a là, reconnaît Dickès, "une verticalité et une sacralité" qui sont moins évidentes dans le rite approuvé par Paul VI. De plus, c'est décidément " un rite moins clérical ", un rite dans lequel tout " personnalisme est banni : les fidèles prient dans un face-à-face avec Dieu ", sans que le prêtre ne prétende être leur interface.

    Il est en effet curieux que, précisément au cours du pontificat qui a fait de la synodalité son pivot - sous la devise "Elargis l'espace de ta tente" !  - et de l'anticléricalisme son uniforme, ce sont précisément eux qui sont frappés. Et sans aucune pitié. Personne n'a pensé à recevoir une délégation d'entre eux, à écouter leurs demandes, à répondre à leurs besoins, comme c'est le devoir précis des pasteurs de le faire. Rien. Seuls deux représentants de la Fraternité Saint-Pierre ont été reçus. "Quant aux laïcs, les mères de prêtres, âgées de 50 à 65 ans, qui ont marché 1500 kilomètres de Paris à Rome pour déposer une pétition aux pieds du Vicaire du Christ, ont été reçues pendant à peine trois minutes. 1500 kilomètres pour une poignée de secondes".

    Ce comportement révèle la fausse rhétorique qui est maintenant devenue la règle à Rome : on dit que tout le monde doit trouver une place dans l'Église, mais pas le "Tridentin" ; on parle de valoriser les laïcs, mais pas ceux qui vont à l'ancienne Messe ; on se démène pour montrer combien les familles et les enfants sont appréciés et aimés, mais seulement ceux qui vont à la "nouvelle Messe" ou qui ne mettent même pas les pieds à l'église. Pas d'accueil, pas de pitié, pas d'écoute de ceux qui sont traités d'"indiétristes" chaque semaine ; envers ceux de la messe latine, il semble n'y avoir qu'un seul commandement : "rééduquez-les. Par la force des choses ou par la ruse. La synodalité semble être à la mode, mais "ils" n'ont qu'un seul droit : celui de souffrir en silence", conclut Dickès.

    Il semble y avoir à Rome une version particulière de la parabole du fils prodigue, où le père chasse le fils aîné parce qu'il en a assez de l'avoir toujours avec lui.

  • L’Église dans tous ses états

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    Lu dans le mensuel « La Nef » n° 356 Mars 2023 :

    « Mgr André Léonard, archevêque émérite de Malines-Bruxelles, nous offre des mémoires passionnants brossant 50 ans de débats dans l’Église.

    La Nef – Vous évoquez à propos du concile Vatican II un « agenda caché » et un « méta-concile » : que voulez-vous dire ? Le concile est-il une des causes de la crise que connaît l’Église ?

    Mgr André Léonard – Tous les textes du concile sont doctrinalement corrects, sans quoi ils n’eussent pu être adoptés à une large majorité. Mais le contact avec certains experts et journalistes me donna à penser que certains textes seraient interprétés ensuite de manière tendancieuse. Ce que me confirma plus tard mon évêque, secrétaire de la Commission doctrinale. Il avait contribué, judicieusement, à ce que la Constitution sur l’Église parle de l’ensemble du Peuple de Dieu et, seulement après, de la hiérarchie. Il comprit après le concile que l’agenda caché de certains théologiens était d’en conclure que l’autorité des évêques découlait démocratiquement du peuple et non du Christ lui-même. Ce fut le début de ce que certains appelèrent le « méta-concile », à savoir le concile revu et corrigé « par après » (« méta », en grec).

    Que retenez-vous de plus marquant de votre formation philosophique ? Où en sont les études de philosophie dans les séminaires et que faire pour rendre ces derniers plus « attractifs » pour les futures vocations ?

    Le plus important pour moi fut de confronter la pensée de Thomas d’Aquin avec la philosophie moderne (Descartes, Kant, Hegel) et la philosophie contemporaine (Sartre, Husserl, Heidegger). Je le fis dans un ouvrage intitulé : Foi et philosophies. Guide pour un discernement chrétien (Bruxelles, Culture et Vérité/Lessius). Pas mal de séminaires en Europe se servent encore de ce livre pour confronter la pensée chrétienne avec la culture contemporaine.

    Quant aux Séminaires, ils doivent posséder trois qualités pour attirer les jeunes d’aujourd’hui : une vie liturgique et spirituelle intense, une doctrine irréprochable et une initiation pratique au contact pastoral avec les croyants et les incroyants.

    Vous expliquez l’importance d’Humanae vitae (1968) : en quoi cette encyclique fut-elle un tournant ? En quoi la contraception « artificielle » a-t-elle été une révolution sous-estimée ?

    L’enjeu essentiel était, pour Paul VI, de protéger le lien étroit entre l’amour conjugal et le don de la vie. Il eut le tort d’avoir raison trop tôt. Aujour­d’hui, nous constatons le grand danger d’une dissociation entre les deux aspects : d’une part, une vie sexuelle qui tourne en rond sur elle-même et, d’autre part, une procréation sans lien avec une union conjugale concrète.

    Paul VI et Jean-Paul II n’ont pas réprouvé la contraception parce qu’elle est « artificielle ». Les méthodes non contraceptives, très fiables aujourd’hui, pour pratiquer une parenté responsable, sont aussi « artificielles » à leur manière, en exigeant quelques observations. Mais elles ont le grand mérite de mettre l’homme et la femme sur pied d’égalité, par la concertation, tandis que la contraception hormonale est toujours à charge de la femme seule…

    Comment analysez-vous la réforme liturgique de Paul VI et la situation présente, avec un mouvement traditionaliste fermement attaché à la messe dite de saint Pie V ?

    Les Églises d’Orient connaissent plusieurs rites. L’Église latine d’Occident en connaît deux formes, celle qui dérive de Vatican II et celle qui fut fixée par saint Pie V. Ce fut sagesse de la part de Benoît XVI de conserver l’une et l’autre. On ne peut pas proscrire un rite qui a nourri tant de saintes vies et attire toujours aujourd’hui des catholiques épris de recueillement, de silence et de chant grégorien. Le nouveau missel est parfaitement correct. Il a même l’avantage d’avoir une très riche liturgie de la Parole. Célébré le plus souvent par un prêtre faisant face à l’assemblée (ce qui n’a pas été voulu par le concile et n’avait jamais existé auparavant et n’existe toujours pas en Orient), il comporte le danger du « cléricalisme », l’individualité du prêtre risquant d’être trop importante. L’idéal serait que, de part et d’autre, un certain nombre de prêtres soient disposés à célébrer dans les deux formes du rite romain selon les nécessités pastorales. Un peu de souplesse…

    Que retenez-vous de votre expérience d’évêque ? Comment être évêque dans notre Europe déchristianisée avec des diocèses dont le nombre de fidèles et de prêtres ne cesse de baisser ?

    Je n’ai pas de leçons à donner. Mais je fus bien inspiré de pratiquer ce que le concile de Trente demandait aux évêques : la visite régulière de toutes les paroisses. Durant mes 25 années d’épiscopat (19 à Namur et 6 à Bruxelles), j’ai passé près de 5 ans, hors de l’évêché, visitant, en habitant sur place, tous les doyennés et presque toutes les paroisses des deux diocèses. Ce furent des occasions splendides de connaître les gens, croyants ou incroyants, d’apprendre beaucoup, d’enseigner et d’évangéliser.

    Propos recueillis par Christophe Geffroy »

    Ref. L’Église dans tous ses états

     

  • Le Vatican se méfie des évêques sur la messe en latin. Mais le mécontentement grandit

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    Les nouvelles restrictions au rite tridentin voulues par le préfet Arthur Roche donnent plus de pouvoir à Rome, mais mécontentent fidèles et prêtres. Un article de Nivo Spunti ce 26 février, lu sur le site web « Il Sismografo »

    « La nouvelle était dans l'air depuis un certain temps, mais l'annonce officielle n'est arrivée que cette semaine. En effet, mardi dernier était le jour de la publication d'un Rescrit avec lequel le Pape a entériné la ligne dure de son préfet du Dicastère du Culte Divin et de la Discipline des Sacrements, le Cardinal Arthur Roche sur l'application de la controversée Traditionis custodes . C'est le motu proprio avec lequel, en juillet 2021, François a de facto abrogé la libéralisation de la messe dite latine accordée par son prédécesseur en 2007 avec le Summorum pontificum.

    Des fêtes plus difficiles

    Les custodes Traditionis, avec Benoît XVI vivant, avaient déjà été accueillies avec douleur par des prêtres et des fidèles amoureux de la forme extraordinaire de l'unique rite romain. Ce document confiait le contrôle de ce type de célébrations aux « gardiens de la tradition » ou aux évêques diocésains, définis comme les seuls à pouvoir autoriser les célébrations eucharistiques avec l'usage du missel promulgué par saint Jean XXIII en 1962. Il appartenait aussi d'autoriser les prêtres qui célébraient déjà la messe dite latine, tandis que pour ceux ordonnés après l'introduction du motu proprio une consultation avec Rome était nécessaire avant que le feu vert ne soit donné. Et les évêques devaient toujours surveiller les groupes stables, s'assurer de l'absence de contestations sur la validité de la réforme liturgique et du Concile Vatican II et permettre les célébrations en Vetus Ordo en dehors des églises paroissiales.

    Malgré le coup évident porté aux soi-disant traditionalistes par le renversement de ce qui était prévu dans le Summorum pontificum avec lequel Benoît XVI avait pris soin de rechercher l'harmonie entre cette sensibilité liturgique particulière des fidèles avec la pastorale ordinaire de la paroisse, en le Vatican il y en a eu qui en cette année et sept mois depuis la promulgation de la Traditionis custodes a jugé que son application n'était pas suffisamment exhaustive.

    Plus de pouvoir à Rome, moins aux évêques

    Le préfet du Dicastère pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, le cardinal britannique Arthur Roche, a dû être mécontent de la manière dont les évêques diocésains ont mis en pratique le motu proprio si déjà cinq mois plus tard, en décembre 2021, il a entendu le besoin faire publier la Responsa ad dubia avec des notes explicatives annexées dans lesquelles les évêques diocésains ont reçu l'ordre de refuser la célébration des sacrements autres que l'Eucharistie aux groupes stables. Vraisemblablement, les réponses de Roche n'étaient pas suffisantes pour s'assurer que les évêques diocésains appliquaient les custodes Traditionis dans le sens voulu par le Dicastère du Culte Divin et ainsi, suite à une audience accordée au cardinal britannique par François lundi dernier, une nouvelle douche froide est arrivée pour les fidèles qui aiment la messe dite latine : un Rescrit publié dans L'Osservatore Romano dans lequel on sent le besoin de rappeler que « l'octroi de la licence aux prêtres ordonnés après » le motu proprio traditionis custodes et « l'usage d'une église paroissiale ou l'érection d'une paroisse personnelle pour la célébration de l'Eucharistie à l'aide du Missale Romanum de 1962 » sont des dispenses réservées à Rome et sur lesquelles l'évêque diocésain ne peut décider lui-même, mais il doit demander au Dicastère dirigé par Roche.

    Un soulignement qui semble pourtant en contradiction avec l'esprit proclamé par le motu proprio originel et avec ce que François affirmait dans la lettre de présentation où il avait écrit qu'avec la Traditionis Custodes il avait voulu « affirmer qu'il appartient à l'évêque, comme  promoteur, gardien et modérateur de la vie liturgique dans l'Église, de régler les célébrations liturgiques ». Le fait que l'intervention de Roche intervienne si peu de temps après la promulgation du motu proprio et de sa Responsa ad dubia pourrait être interprété comme un rejet des manières dont les évêques se sont comportés jusqu'à présent, au point de ressentir le besoin de réitérer que presque toutes les décisions sur les célébrations sous forme extraordinaire appartiennent à Rome.

    Mécontentement

    Le rescrit a provoqué l'inévitable mécontentement des prêtres et des fidèles liés à la messe dite latine, mais pas seulement. En effet, à l'intérieur comme à l'extérieur de l'Église, beaucoup se sont interrogés sur l'opportunité de nouvelles mesures restrictives moins de deux ans après l'entrée en vigueur de la Traditionis custodes . De plus, certains ont évoqué des urgences beaucoup plus importantes auxquelles l'Église doit faire face.

    François lui-même s'est montré conscient des controverses soulevées par le rescrit. Lors d'une audience générale mercredi, le pape a déclaré que "tout dans l'Église doit se conformer aux exigences de l'annonce de l' Évangile , non pas aux opinions des conservateurs ou des progressistes, mais au fait que Jésus atteint la vie des gens" parce que "  L'Evangile n'est-il pas une idée, ce n'est pas une idéologie : c'est une annonce qui touche le cœur et vous fait changer d'avis ». En attendant, les nouvelles restrictions à la messe latine semblent loin d'avoir atteint cet objectif de « service de l'unité" que François s'est fixé : en témoigne, par exemple, la réaction critique de l'évêque de la Providence, Monseigneur Thomas Joseph Tobinqui a noté dans un tweet à quel point « la façon dont le Vatican traite la messe traditionnelle en latin ne me frappe pas comme 'le style de Dieu' ».

    Ref. Le Vatican se méfie des évêques sur la messe en latin. Mais le mécontentement grandit

  • "Il diritto nativo" : un nouveau motu proprio concerne le patrimoine du Siège Apostolique

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    "... le nouveau Motu Proprio sur le " droit originaire " clarifie la nature publique ecclésiastique des biens acquis par les entités du Saint-Siège. "Les biens immobiliers et mobiliers ont une destination universelle et les institutions et entités qui les ont acquis ou qui les ont enregistrés comme tels en sont les dépositaires et non les propriétaires privés, ayant agi et devant toujours agir au nom et sous l'autorité du Pape". 

    Et encore : " Aucune Institution ou Entité ne peut donc prétendre à la propriété ou au titre privé et exclusif des biens du Saint-Siège, ayant toujours agi et ayant toujours dû agir au nom, pour le compte et aux fins du Saint-Siège dans son ensemble, compris comme une personne morale unitaire, ne le représentant que lorsque cela est requis et permis par le droit civil ". (...)

    Dans le Motu Proprio, il est expliqué que "le droit originaire, indépendant du pouvoir civil, du Saint-Siège d'acquérir des biens temporels est l'un des instruments qui, avec le soutien des fidèles, une administration prudente et des contrôles opportuns, assurent au Siège apostolique la possibilité d'agir dans l'histoire, dans le temps et dans l'espace, pour les fins propres de l'Église et avec l'indépendance nécessaire à l'accomplissement de sa mission", précise le document papal." (Franca Giansoldati sur Il Messaggero)

    LETTRE APOSTOLIQUE
    SOUS LA FORME D'UN "MOTU PROPRIO".

    DU SOUVERAIN PONTIFE FRANCOIS

    Il diritto nativo

    Concernant le patrimoine du Siège Apostolique

    source

    Le droit originaire, indépendant du pouvoir civil, du Saint-Siège d'acquérir des biens temporels (CJC c. 1254 et 1255) est l'un des instruments qui, avec le soutien des fidèles, une administration prudente et des contrôles appropriés, assurent au Siège apostolique la possibilité d'agir dans l'histoire, dans le temps et dans l'espace, pour les fins propres de l'Eglise et avec l'indépendance nécessaire à l'accomplissement de sa mission.

    La destination universelle des biens du Saint-Siège leur confère une nature publique ecclésiastique. Les entités du Saint-Siège les acquièrent et les utilisent, non pas pour elles-mêmes, comme le propriétaire privé, mais, au nom et sous l'autorité du Pontife Romain, pour la poursuite de leurs fins institutionnelles, qui sont également publiques, et donc pour le bien commun et au service de l'Église universelle.

    Une fois qu'elles leur ont été confiées, les entités les administrent avec la prudence que requiert la gestion du bien commun et selon les règles et les compétences que le Saint-Siège s'est donné récemment avec la Constitution apostolique Praedicate Evangelium et, plus tôt encore, avec le long chemin des réformes économiques et administratives.

    En conséquence, après avoir soigneusement examiné la question en cause et m'être dûment consulté, j'établis et précise ce qui suit :

    §1 Tous les biens, meubles et immeubles, y compris les liquidités et les titres, qui ont été ou seront acquis, de quelque manière que ce soit, par les Institutions curiales et par les Institutions rattachées au Saint-Siège, sont des biens publics ecclésiastiques et, en tant que tels, appartiennent, en titre ou autre droit réel, au Saint-Siège dans son ensemble et appartiennent donc, indépendamment du pouvoir civil, à son patrimoine unitaire, indivisible et souverain.

    §2 Aucune Institution ou Entité ne peut donc prétendre à la propriété ou au titre privé et exclusif des biens du Saint-Siège, puisqu'elle a toujours agi et doit toujours agir au nom, pour le compte et aux fins du Saint-Siège dans son ensemble, compris comme une personne morale unitaire, ne le représentant que là où le droit civil l'exige et le permet.

    §3 Les biens sont confiés aux Institutions et aux Organismes afin que, en tant qu'administrateurs publics et non pas en tant que propriétaires, ils puissent en faire usage conformément aux normes en vigueur, dans le respect et dans les limites données par les compétences et les finalités institutionnelles de chacun, toujours pour le bien commun de l'Eglise.

    §4 Les dispositions des normes en vigueur concernant le patrimoine et les investissements des Entités qui se réfèrent au Saint-Siège et figurent dans la liste visée par les Statuts du Conseil pour l'Economie restent valables.

    Je décrète que ce qui a été établi aura une force pleine et stable, abrogeant également toutes les dispositions incompatibles. Je décrète que la présente Lettre apostolique, sous forme de Motu Proprio, sera promulguée par publication dans L'Osservatore Romano et insérée ensuite dans les Acta Apostolicae Sedis.

    Donné à Rome, à Saint-Pierre, le 20 février de l'an 2023, dixième année de mon pontificat.

    FRANCOIS

  • Traditionis custodes : « Le rescrit du Pape n’a pas été une grande surprise »

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    Lu sur le site web aleteia, cet article signé Agnès Pinard Legry publie ce 24.02.23 :

    « Dans un rescrit publié mardi 21 février le Saint-Siège a renforcé le contrôle de l’application du motu proprio Traditionis custodes. "Ce document confirme seulement ce qui avait été dit dans Traditionis Custodes tout en rappelant que certaines dispenses relèvent exclusivement du Siège Apostolique", explique à Aleteia l’abbé Benoît Paul-Joseph, supérieur du district de France de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre (FSSP). Entretien.

    Le pape François a décidé par un rescrit en date du 21 février que les prêtres ordonnés après la promulgation du motu proprio Traditionis custodes – le 16 juin 2021 – devront demander l’autorisation au Saint-Siège pour pouvoir célébrer la messe tridentine. Les évêques doivent ainsi demander une autorisation au dicastère pour le Culte divin et la discipline des sacrements pour que de jeunes prêtres célèbrent avec le Missel romain de 1962, ainsi que pour l’utilisation ou l’érection d’une église paroissiale pour la messe tridentine. « Ce rescrit confirme simplement les normes générales établies par le Motu Proprio concernant les autorisations relevant du Siège Apostolique », explique à Aleteia l’abbé Benoît Paul-Joseph, supérieur du district de France de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre (FSSP).

    Aleteia : Que retenez-vous du rescrit publié ce mardi 21 février ?
    Cela n’a pas été une grande surprise, puisque des rumeurs circulaient depuis quelques semaines sur la publication d’un texte romain visant à encadrer de façon plus stricte la liturgie selon l’ancien ordo. J’en retiens, tout d’abord, qu’il s’agit d’un rescrit, c’est-à-dire, en quelque sorte, d’un procès-verbal faisant état, par écrit, de décisions prises au cours d’une discussion. Publié avec l’autorisation du Saint-Père, le document est signé par le préfet du Dicastère pour le Culte divin. Ensuite, ce rescrit confirme simplement les normes générales établies par Traditionis Custodes concernant les autorisations relevant du Siège Apostolique, à savoir l’octroi de la permission aux prêtres ordonnés après la publication du Motu Proprio de célébrer la messe selon le missel romain de 1962, et l’usage des églises paroissiales pour la liturgie romaine selon l’ancien rite.

    Cela va-t-il changer beaucoup de choses pour la FSSP ?
    Le 11 février 2022, donc après la publication de Traditionis Custodes et des Responsa ad dubia (18 décembre 2021), actes qui font l’objet des explications du présent rescrit, le pape François, dans un décret signé de sa main, a accordé, à tous les membres de la Fraternité Saint-Pierre, la faculté de célébrer la messe et d’administrer les sacrements selon les livres liturgiques en usage en 1962. Tout prêtre membre de la Fraternité Saint-Pierre jouit donc de cette autorisation qui a été donnée, je le répète, par le Saint-Père lui-même, après le Motu Proprio du 16 juillet 2021 et après les Responsa. Par ailleurs, le décret du Pape précise que cette permission vaut pour les oratoires propres de la Fraternité Saint-Pierre, et que partout ailleurs il faudra le consentement de l’Ordinaire du lieu, c’est-à-dire de l’évêque. Cette disposition du décret du Saint-Père donne à l’évêque diocésain la faculté d’autoriser, par lui-même, la célébration de la liturgie selon l’ancien ordo par des prêtres de la Fraternité Saint-Pierre dans les églises de son diocèse qui lui semblent adaptées.

    Notre attachement à la liturgie ancienne n’a rien d’idéologique ; il s’agit pour nous de vivre en profondeur des richesses spirituelles dont elle nous abreuve.

    Comment analysez-vous ces allers-retours ?
    À vrai dire, le rescrit du 21 février 2023 confirme seulement ce qui avait été dit dans le Motu Proprio Traditionis Custodes tout en rappelant que certaines dispenses (autorisation de célébrer la messe selon l’ancien ordo pour un prêtre ordonné après la publication de Traditionis Custodes, ou l’accueil de cérémonies selon l’ancien ordo dans les églises paroissiales) relèvent exclusivement du Siège Apostolique. C’est d’ailleurs le Saint-Père lui-même qui autorise par son décret du 11 février 2022 tous les membres de la Fraternité Saint-Pierre à user des livres liturgiques de 1962 et, avec le consentement de l’Ordinaire du lieu, de pouvoir célébrer en telle ou telle église de son diocèse. Le Saint-Père a pris cette décision compte tenu de notre histoire et de notre spécificité, en particulier la fidélité de nos fondateurs au successeur de Pierre au moment des sacres de quatre évêques par Mgr Lefebvre sans mandat pontifical. Le pape François nous a dit lors de l’audience privée du 4 février 2022 que cette attitude de nos fondateurs devait être « honorée, protégée, encouragée ». Cette histoire est commune à toutes les communautés ex-Ecclesia Dei, qui relèvent depuis lors, par leur droit propre (Constitutions définitivement approuvées par le Saint-Siège), d’un régime spécifique dérogeant à la loi générale en vigueur.

    Alors que nous entrons en Carême, quelle est votre Espérance ?
    Elle est de saisir les grâces de ce temps liturgique si fécond, en prenant de la distance par rapport à l’agitation du temps, pour revenir à l’essentiel, pour vivre davantage en présence du Seigneur, en nous retirant un peu à l’écart, en le suivant au désert. La liturgie romaine traditionnelle peut ici nous être d’un puissant secours, puisqu’une messe propre est prévue pour chaque jour du Carême, avec de magnifiques textes à méditer, dont nous allons nous nourrir. Notre attachement à la liturgie ancienne n’a rien d’idéologique ; il s’agit pour nous de vivre en profondeur des richesses spirituelles dont elle nous abreuve. Ce Carême en est l’occasion, et pour nous tous, c’est l’heure d’une conversion intérieure, qui nous établira dans la vraie Paix. »

    Ref. Traditionis custodes : « Le rescrit du Pape n’a pas été une grande surprise »

     

  • Confessions : « De plus en plus de jeunes ! »

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    saint louis d'antin 1280px-eglise_saint-louis_d_antin___paris__35155445671_-ff2ba.jpgPropos recueillis par Émilie Pourbaix et publié sur le site web de France Catholique ce 23.02.23 :

    " Dans une période de désaffection des sacrements, le sanctuaire Saint-Louis-d’Antin, qui propose des confessions toute la journée, ne connaît pas la crise. Explications du curé de la paroisse, le Père Antoine Devienne.

    Comment évolue la fréquentation de la confession à Saint-Louis ?

    Père Antoine Devienne : Cela fait soixante ans que la paroisse Saint-Louis d’Antin propose des confessions, treize heures par jour. Nous assurons un accueil environ six fois plus important que dans les autres sanctuaires parisiens. Or, nous constatons que la fréquentation des confessionnaux est stable sur une vingtaine d’années. Cela ne baisse pas.

    Et quelle est la tranche d’âge de vos pénitents ?

    Contrairement à ce qu’on pourrait croire, la confession ne concerne pas une tranche d’âge vieillissante de fidèles : dans mes quinze heures de confession par semaine, depuis cinq ans, je constate avec étonnement que les personnes qui y ont recours sont de plus en plus jeunes ! La part des pénitents de moins de 45 ans qui se confessent est largement majoritaire : étudiants, jeunes professionnels… Les têtes blanches vénérables sont minoritaires.

    Comment expliquez-vous cette stabilité : est-ce l’offre qui crée la demande ?

    Ici, les gens savent qu’ils trouveront toujours un prêtre pour se confesser, ce qui n’est pas le cas sur les paroisses classiques, en raison des nombreuses occupations des prêtres. C’est également l’anonymat que les gens recherchent ici. Enfin, il y a un effet d’émulation collective : voir autant de gens en train de faire la queue pour se confesser permet de comprendre que c’est une démarche normale de la vie chrétienne, qui participe de la démarche de conversion. "

    Ref. Confessions : « De plus en plus de jeunes ! »

    Extrait du même site web « France Catholique » rédigé par un jeune homme au cours d’une retraite, voici un guide pour se préparer à la confession. Lire ici : Examen de conscience : pour bien se confesser

  • Mais qui sont donc ces catholiques traditionalistes ?

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    De Christophe Dickès sur le Figaro Vox (via le Forum Catholique) :

    «Pourquoi retirer aux traditionalistes ce que Jean-Paul II et Benoît XVI avaient accordé?»

    23/02/2023

    Le carême des catholiques traditionalistes commence dans la peine. En charge des questions liturgiques au Vatican, le cardinal Roche qui, dans les faits, n’a jamais caché son opposition à l’œuvre de Benoît XVI, vient de publier un nouveau texte validé par le pape François sur la pratique de l’ancien rite. Contrairement à l’esprit même que le pape a souhaité donner à son pontificat, il réduit drastiquement la liberté des évêques et leur autonomie en la matière. Mais qui sont donc ces catholiques traditionalistes?

    À l’échelle de l’Église de France, ils font partie des rares pratiquants réguliers. Soit moins de 4 % des catholiques français. Ils sont donc une minorité d’une minorité. Ils catéchisent leurs enfants en leur apprenant les dix commandements et les prières que les catholiques doivent connaître. À cet égard, ils pratiquent souvent en famille. Certains d’entre eux, souhaitant préserver leurs enfants de la cancel culture qui se développe dans l’environnement scolaire, mettent leurs enfants dans les écoles hors contrat. Ces écoles étant très chères, ils font donc des sacrifices et se privent. Ils savent cependant que l’instruction vaut tous les trésors du monde, notamment l’instruction religieuse assurée par des prêtres.

    Ces gens assistent surtout à la messe en latin. Non pas parce qu’ils préfèrent la langue universelle de l’Église, ni par snobisme. Non. Parce qu’il existe une verticalité et une sacralité dans le rite improprement qualifié de tridentin, moins évidentes dans le rite «communautaire» de la messe Paul VI. Ils aiment aussi ce rite parce qu’il est le moins clérical: le prêtre, en effet, leur tourne le dos au moment du Canon. Dans l’ancien rite, nul personnalisme: les fidèles prient dans un face-à-face silencieux avec Dieu.

    Or, depuis près de deux ans, ces gens se sont vus retiré par Rome ce que les deux papes précédents avaient accordé après de longues et bienveillantes tractations. Rappelons que ces gens, après le fameux «schisme» de Mgr Lefebvre en 1988, avaient voulu montrer au Saint-Siège leur fidélité en faisant part de leurs besoins spirituels comme le permet le droit canon (C. 212 § 2). Cet acte de fidélité avait été récompensé à sa juste mesure par le pouvoir pontifical. Ces gens savent aussi que, depuis les origines du christianisme et le concile de Jérusalem (acte 15), l’Église tire son unité non pas de la liturgie mais bien de la profession d’une même foi (CEC 814). Pour cette raison, ils savent qu’il existe dans l’Église plusieurs rites romains (anglican, zaïrois) et de très nombreux autres rites reconnus par Rome: alexandrin, byzantin, arménien, etc.

    Aujourd’hui, ces gens sont pointés du doigt. On aurait pu se demander pourquoi ils remplissent leurs églises quand bien d’autres se vident. On aurait pu aussi se demander si ces gens ne font pas partie de ce que Benoît XVI a appelé les minorités créatives: écoles, groupes de scouts, chorales, assistance aux personnes âgées, œuvres missionnaires, médias et surtout… conversions et vocations. Les tradis font fleurir leur figuier, mais il semble que cela n’ait pas d’importance.

    Surtout, comme saint Paul appelé à Jérusalem par les colonnes de l’Église (Galates 2), on aurait pu essayer de recevoir les chefs des instituts et des fraternités concernées pour les entendre. On aurait même pu leur demander de faire des efforts en travaillant sur certains points. Au même titre que la Fraternité saint Pie X ou les anglicans furent engagés à travailler avec Rome sur une réintégration, toujours sous le pontificat de Benoît XVI. On aurait pu, en cas de mauvaise volonté, faire une correction fraternelle, voire une réprimande et même faire preuve de sollicitude pastorale. Ce qui est œuvre de justice dans le droit canon (C. 1 341). Mieux, comme la parole est aujourd’hui aux laïcs, on aurait pu aussi inviter quelques-uns de ces fidèles de la base, représentatifs de ce courant si singulier de l’Église.

    Il n’en fut rien: seul le supérieur de la Fraternité Saint-Pierre a été reçu. Il a eu gain de cause. Quant aux laïcs, des mères de prêtres âgées de 50 à 65 ans, qui ont fait 1500 km à pied de Paris à Rome afin de déposer au pied du vicaire de Pierre une supplique, ont été reçues à peine trois minutes. 1500 kilomètres pour une poignée de secondes… Dans ce groupe, goutte d’eau d’espérance dans un océan d’indifférence, il y avait même une fidèle de la communauté de l’Emmanuel qui, prise de compassion, avait souhaité faire un bout de chemin avec ce petit monde étrange. Cette femme avait créé un pont. Elle fut accueillie par des larmes et aimée selon les mots de Tertullien: « Voyez comme ils s’aiment» (Apologétique, n. 39 § 7).

    Aujourd’hui, on donne à ces tradis des noms pour mieux les disqualifier. Ils sont nihilistes nous explique-t-on ou bien encore restaurationnistes. Un critique anglais les considère même comme des nouveaux jansénistes! On leur dit de reconnaître le concile Vatican II alors que l’écrasante majorité d’entre eux n’a lu et ne lira jamais le concile Vatican II. Pas plus quela plupart des fidèles qui assistent à la messe Paul VI. On leur reproche leur ecclésiologie sans se demander si les 96 % des catholiques qui ne pratiquent pas en ont une. On souhaite au fond les rééduquer. De gré ou de force. La synodalité est semble-t-il à la mode, mais «eux» n’ont qu’un seul droit: celui de la souffrance dans le silence.

  • La guerre contre l'ancienne messe révèle le bluff de la synodalité

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    De Stefano Chiappalone sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    La guerre contre l'ancienne messe révèle le bluff de la synodalité

    22-02-2023

    Du Saint-Siège vient un nouveau coup subtil au rite traditionnel, déresponsabilisant encore plus les évêques (libres de refuser mais pas d'accorder). Dans l'Église du synode permanent, ce n'est que face à la tradition liturgique que se dressent les murs qu'on dit vouloir abattre ailleurs.

    Alors qu'on parle partout de synodalité, laissant chacun choisir la voie qu'il préfère, qu'elle soit " à la française ", " à l'allemande " ou " à la sauce amazonienne ", le Saint-Siège ne transige pas sur un point : cette messe-là ne doit pas être faite. "Cette" messe, c'est-à-dire la forme de la liturgie célébrée pendant des siècles jusqu'en 1970, quand soudain - après quelques années d'expérimentation sauvage - un nouveau rite a été composé et imposé, et le précédent destiné à s'éteindre. Cependant, ce rite ne s'est pas éteint, et maintenant on essaie de le résoudre avec... la pitié (entre autres significations, la pitié était aussi le nom de la dague utilisée pour donner le coup de grâce à un adversaire blessé).

    Le nouveau coup stylistique porté au rite romain traditionnel a pris la forme d'un rescrit rendu public hier et daté du 20 février, qui soustrait pratiquement à l'évêque diocésain précisément ce rôle de "modérateur, promoteur et gardien" de la liturgie, pourtant affirmé à l'article 2 et dès les premiers mots du motu proprio Traditionis custodes ("Gardiens de la tradition" se réfère en fait aux évêques). Un rôle qui fait soudainement défaut sur deux aspects que le Saint-Siège a pris en charge depuis hier. En effet, le rescriptum ex audientia Sanctissimi indique que, lors de l'audience du 20 février, le Saint-Père a réservé "de manière spéciale au Siège apostolique" la concession de l'usage des églises paroissiales ou l'établissement de nouvelles paroisses personnelles et l'autorisation de célébrer selon le Missale Romanum de 1962 pour les presbytres ordonnés après Traditionis Custodes. Le Pape confirme l'autre ligne "fermetureniste" déjà exprimée (et appliquée) par le Cardinal Arthur Roche avec les Responsa du 18 décembre 2021, qui sont en fait explicitement cités et approuvés dans le rescriptum.

    Dans la foulée du motu proprio, certains évêques avaient dérogé à l'interdiction de célébrer en rite ancien dans les églises paroissiales - d'autres lieux de culte comme les chapelles, les oratoires, etc. sont répandus en Italie, mais pas dans tous les pays - tandis que la possibilité d'autoriser les nouveaux prêtres à utiliser le missel avant les réformes était établie par la même Traditionis Custodes comme une prérogative de l'évêque (art. 4), assignant au Saint-Siège un rôle de consultation et non de décision finale - en ce sens, on peut parler d'une modification encore plus restrictive du motu proprio de juillet 2021. Mais Roche a parlé et agi différemment, et le soutien du pape est désormais explicite. Même les décisions déjà prises ne sont pas sauvées, puisque le rescriptum précise que "si un évêque diocésain a accordé des dispenses dans les deux cas mentionnés ci-dessus, il est tenu d'en informer le Dicastère pour le culte divin et la discipline des sacrements, qui évaluera les cas individuels". La direction dans laquelle il évaluera semble assez claire, étant donné les précédents, par exemple à Savannah, en Géorgie, où l'année dernière l'évêque, bien que favorable, a dû "consulter" le dicastère, qui a imposé une "date limite" pour les célébrations.

    Au moins, maintenant, c'est écrit noir sur blanc : les évêques sont libres, oui, mais seulement pour refuser, avec tout le respect dû à la synodalité.  Les trop bienveillants devront compter avec Roche, dont l'hostilité à l'égard de l'ancien rite est bien connue depuis l'époque du Summorum Pontificum de Benoît XVI, comme le rappelait récemment le blog Messainlatino. Le mystère demeure entier quant à la raison pour laquelle le pontife de l'époque l'a appelé à Rome en 2012, précisément pour s'occuper de la liturgie (un fait curieux, qui montre à quel point les voix de la dissidence étaient plus libres précisément sous le pontificat du soi-disant "pasteur allemand"). Par rapport à la rumeur d'une "constitution apostolique" (qui pourrait encore arriver) ou à tout autre document plus percutant, ce bref rescrit arrive doucement, presque en sourdine, mais touche une corde plus profonde, laissant entre les mains du cardinal Roche les éventuelles failles restantes pour les fidèles et les prêtres liés à la liturgie traditionnelle. Avez-vous besoin de prêtres ? Et je ne les autorise pas. L'église non paroissiale la plus proche est à 50 km ? Et je refuse la dispense. Ils visent l'extinction, comme cela a déjà été dit explicitement, de l'article 6 du motu proprio aux déclarations répétées du pontife et du cardinal.

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  • Tu as pitié de tous, Seigneur, et Tu ne hais rien de tout ce que Tu as fait (Introit du Mercredi des Cendres)

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    Introitus Introït
    Sap. 11, 24, 25 et 27  
    MISERÉRIS ómnium, Dómine, et nihil odísti eórum quae fecísti, dissímulans peccáta hóminum propter paeniténtiam et parcens illis: quia tu es Dóminus Deus noster. Ps. 56, 2 Miserére mei, Deus, miserére mei: quóniam in te confídit ánima mea. V/. Glória Patri. Tu as pitié de tous, Seigneur, et Tu ne haïs rien de tout ce que Tu as fait, et Tu dissimules les péchés des hommes à cause du repentir et Tu leur pardonnes, car Tu es le Seigneur notre Dieu. Ps. 56, 2. Aie pitié de moi, ô Dieu, aie pitié de moi, car mon âme a confiance en Toi. V/. Gloire au Père.
  • Le carnaval : un héritage catholique ?

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    De Bosco d'Otreppe sur La Libre de ce 21 février, p. 33 :

    Pourquoi la Belgique est-elle une terre de carnavals ?

    Patchwork de bourgades et de communes catholiques, le pays a particulièrement soigné les carnavals qui participaient notamment à l’affirmation de soi.

    Binche, Malmedy, Alost, Eupen, La Roche, Ninove, Nivelles, Morlanwelz, Lobbes… Sans oublier les Lætares de La Louvière, Fosses-laVille, Tilff ou Stavelot. Des gilles aux Blancs Moussis, la Belgique est bel et bien une terre de carnaval.

    "D’autres régions du monde cultivent de tels folklores", note Clémence Mathieu, directrice du musée international du Carnaval et du Masque (Binche), mais le carnaval trouve chez nous "un écho spécifique dans le cœur des gens." "Sans doute est-ce parce que notre pays est composé de petits villages et de communes qui soignent leur identité ; et le carnaval participe de celle-ci."

    Citoyens de communes et de bourgades, les Belges seraient donc soucieux de leur folklore, peut-être davantage que dans des pays plus "jacobins" et centralisés autour d’une capitale. "Notez que si l’on pense à la France, on remarque que dès que l’on s’avance dans des régions plus reculées et moins tournées vers une capitale - les Alpes par exemple - l’on retrouve de telles coutumes régionales", poursuit Clémence Mathieu.

    Président de la Société de géographie à Paris, Jean-Robert Pitte propose une hypothèse comparable. "Le carnaval est souvent une affirmation des libertés urbaines. Ainsi, de nombreuses villes carnavalesques sont aussi des villes ‘à beffroi’", historiquement soucieuses de leur indépendance. "Il suffit de penser au Carnaval de Dunkerque lors duquel le maire et ses adjoints lancent des harengs depuis l’hôtel de ville et son beffroi. C’est aussi le cas du Carnaval de Venise, affirmation haute en couleur de la Sérénissime."

    Face aux protestants

    Célébration de la transgression, de la mascarade, du burlesque et de l’inversion des rôles, le carnaval trouve son origine dans les fêtes antiques qui jalonnaient le printemps. Si ces fêtes ont été reprises par le catholicisme pour en faire le carnaval - dernier exutoire avant l’entrée en Carême -, c’est qu’elles s’accordent bien à cette religion qui octroie une grande importance à la bonne chère et aux cinq sens. Le catholicisme a toujours pris très au sérieux l’incarnation, c’est-à-dire le fait que son Dieu "s’est fait homme", qu’il a cassé la croûte en partageant le poisson sur les berges du lac de Tibériade, qu’il a multiplié les banquets et changé l’eau en vin pour sauver une noce à la dérive.

    Dans le sillage de l’Église, "la nourriture rayonne de sainteté", note le philosophe Rémi Brague, et la tradition catholique a dès lors toujours pris au sérieux l’exultation du plaisir. Les fêtes catholiques - et les carnavals en sont un bon exemple - "mélangent cérémonies religieuses et réjouissances profanes, écrit Jean-Robert Pitte dans son ouvrage La planète catholique (Tallandier, 2020).

    Tous les arts sont concernés, au premier rangs desquels la musique et la danse, l’art vestimentaire, la gastronomie, mais aussi le théâtre, etc." Le catholicisme veille cependant à ce que cette recherche des plaisirs soit maîtrisée dans les limites du respect de l’autre et de soi-même. Le Carême qui débute au lendemain du carnaval est en ce sens une période de frugalité qui rend le primat à Dieu.

    À côté du catholicisme, le protestantisme rigoureux se présente à certains égards comme une religion plus austère et iconoclaste qui ne connaît d’ailleurs pas de carême en tant que tel. Pour cette raison, la culture du carnaval est moins répandue dans les villes protestantes, bien que les Carnavals de Bâle ou Hambourg - parmi d’autres - aient survécu à la Réforme en tant qu’affirmations des libertés urbaines.

    Jean-Robert Pitte avance dès lors une deuxième hypothèse. Si les carnavals sont si nombreux aux confins du monde réformé, chez nous au nord de l’Europe ou dans la vallée du Rhin, c’est qu’ils ont pu, tout au long de l’histoire, se présenter comme un geste d’affirmation catholique face aux voisins protestants. Le géographe propose cette explication avec prudence, mais il note que ce fut aussi le cas pour l’architecture baroque et rococo qui s’est épanouie en Autriche ou en Bavière pour mieux y défier l’iconoclasme et l’austérité protestante.

  • Mardi gras et Mercredi des Cendres

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    Du Père Roch Valentin sur le site du diocèse de Belley-Ars :

    Mardi gras et mercredi des cendres

    Après le carnaval et ses festivités, nous entrons dans le temps du carême. Pour tout savoir sur le sens du mardi gras et du mercredi des cendres, début du temps liturgique du carême.

    Le Carnaval et mardi gras

    La semaine précédant le mercredi des Cendres, c'est le carnaval, temps de fantaisie avant l'austérité. Et le dernier jour du carnaval, c'est le mardi gras. Ce sont les dernières réjouissances avant de se lancer résolument dans le temps de la pénitence. C'est le dernier moment pour consommer les provisions d'aliments « gras » dont on se passera en carême. Il est de tradition de faire des crêpes ou des bugnes (appelées merveilles ou oreilles suivant les régions). Cela nous rappelle le temps où, pour écouler les oeufs avant de n'en plus manger pendant le carême, on les consommait dans la pâte à crêpe, à beignet... Mais les oeufs sans réfrigérateurs ne se conservent pas six semaine, et les poules ne cessent pas de pondre parce qu'on ne mange pas leurs oeufs, alors, à la mi-Carême (4e dimanche dit de Laetare), on recommencera, avant de se replonger avec sérieux dans nos efforts. Et enfin, à Pâques, on les décorera avant de les cacher dans le jardin.

    Le mercredi des Cendres

    La Bible

    Dans la Bible, les cendres sont la manière de confesser publiquement sa faute et d'exprimer sa volonté de changer de vie. Pensons à la grande ville de Ninive dont le roi, en entendant la prédication de Jonas annonçant la destruction dans quarante jours, ordonne à tous les habitants, hommes et animaux, de jeûner et de faire pénitence avec un sac comme habit et dans la cendre. Se couvrir la tête de cendre, c'est aussi dans l'Ancien Testament, la manière de se préparer à prier le Seigneur de façon à être entendu. Nous voyons cela par exemple avec la reine Esther qui quitte tous ses atours et se couvre de cendre pour prier avant de se parer à nouveau pour se présenter devant le roi et intercéder en faveur du peuple juif. Les livres de Sagesse, eux, montre par cette réalité poussiéreuse la fugacité de la vie, la pauvreté de l'existence, invitant à ce confier davantage au Seigneur.

    L'origine

    Dans l'Antiquité chrétienne, le carême était la période de préparation à la réintégration des pénitents. Les pénitents étaient des chrétiens ayant commis des fautes graves et désirant retrouver la communion avec Dieu dans l'Eglise. Pour cela, ils confessaient en secret à l'évêque leurs péchés et étaient admis ensuite publiquement dans l'ordre des pénitents en recevant les cendres sur la tête. A la fin de la période de pénitence faite de renoncements, de charité et de prière intense, ils recevaient l'absolution de l'évêque le Jeudi Saint et retrouvaient leur place parmi les fidèles pour célébrer Pâques. Jusqu'au VIe siècle, cette cérémonie avait lieu le 6e dimanche avant Pâques, mais avec Grégoire le Grand, elle a été avancée au mercredi précédant pour totaliser 40 jours de pénitence, car les dimanches n'en sont pas. Mais dès cette époque, le Pape lui-même se faisait imposer les cendres en signe de pénitence et de préparation à Pâques. Cela se faisait à la basilique Sainte-Anastasie au Palatin, avant de monter pieds nus à Sainte-Sabine sur l'Aventin pour la première prédication de carême. Elle lui rappelait que, tout pape qu'il était, il était poussière et y retournerai. Ce signe de la pénitence est désormais reçu par tous les fidèles catholiques. Mais se souvenir de son origine doit nous inciter à bien nous confesser avant la grande fête, même si nous ne faisons plus publiquement notre pénitence, à entrer véritablement dans une logique de conversion et d'intensification de la vie chrétienne.

    Aujourd'hui

    La liturgie du mercredi des cendres, de nos jours, peut être célébrée soit au cours d'une célébration de la Parole, soit au cours de la messe. On entend toujours l'évangile selon saint Matthieu (chapitre 6) dans lequel le Christ nous apprend à faire l'aumône, à prier et à jeûner dans le secret, sous le seul regard de notre Père. Ça sera notre feuille de route pour le carême. Après l'homélie, le prêtre bénit les cendres, produites en principe par l'incinération des rameaux de l'année précédente. Puis il s'impose à lui-même la cendre, s'il n'y a pas d'autre prêtre pouvant le lui faire, et ensuite il l'impose à chaque fidèle, soit en en répandant un peu sur la tête, soit en marquant le front en signe de croix. Il joint à ce geste ces mots : « Convertissez-vous et croyez à l'Evangile. » C'est l'exhortation à entrer en vérité dans le carême. Ou encore : « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière. » C'est l'invitation à accepter notre condition mortelle du fait du péché, dans la confiance que Dieu peut nous pardonner et nous ressusciter.

    Jour de jeûne et d'abstinence

    Ce jour est l'un des deux seuls jours de jeûne et d'abstinence de l'année (avec le Vendredi Saint), ne passons pas à coté. Pour mémoire, tous les vendredis de l'année, c'est abstinence. C'est-à-dire qu'on s'abstient de viande, d'alcool, de tabac... et on prend plus de temps pour la prière et le partage. Les vendredis de carême, en France, c'est spécifiquement de viande que l'on s'abstient. Les jours de jeûne, on s'abstient de viande et se prive substantiellement de nourriture selon son âge et ses forces.

  • Le pape s'apprête-t-il à interdire la messe traditionnelle ?

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    De Riposte catholique :

    Le Pape prêt à interdire la messe traditionnelle ?

    Le 19 février 2023 - (E.S.M.) - Des sources vaticanes bien informées ont confirmé au Remnant, qui avaient averti avec précision de Traditionis custodes avant sa publication en 2021, que le projet de document, sous la forme d’une constitution apostolique, a été présenté au pape François fin janvier par les supérieurs de le Dicastère pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements dirigé par le Cardinal Arthur Roche.

    19 février 2023

    Le journal traditionaliste américain The Remnant évoque la publication potentielle d’une nouvelle constitution apostolique sur la messe traditionnelle. Diana Montagna qui signe l’article est en général très bien informée… mais pour l’instant le document n’est ni signé ni publié.

    Des sources vaticanes bien informées ont confirmé au Remnant, qui avaient averti avec précision de Traditionis custodes avant sa publication en 2021, que le projet de document, sous la forme d’une constitution apostolique, a été présenté au pape François fin janvier par les supérieurs de le Dicastère pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements dirigé par le Cardinal Arthur Roche.

    Ce document aurait été rédigé par des officials du dicastère, sous la direction de son secrétaire, l’archevêque Vittorio Francesco Viola, OFM, en collaboration avec au moins un consulteur du bureau du Vatican pour les célébrations liturgiques papales.

    Alors que Traditionis custodes visait principalement à contrecarrer la croissance de la messe et des sacrements traditionnels au sein du clergé diocésain, ce nouveau document porterait un coup particulièrement dur aux communautés ex-Ecclesia Dei , en interdisant les ordinations diaconales et sacerdotales dans l’ancien rite, en interdisant aussi l’administration des autres sacrements aux fidèles, et exigeant la concélébration de tous les prêtres, y compris les membres de ces instituts.

    Une interdiction des messes dominicales dans l’ancien ordo serait également sur la table.

    The Remnant a également appris qu’un italien créé Cardinal en 2022 cherche à persuader le pape François de promulguer une constitution apostolique alternative, qui pourrait à première vue sembler moins dure mais en fait être pire en cherchant une fois pour toutes à enterrer la traditionnelle liturgie latine.

    Dans sa conclusion, le journal parle d’une nouvelle division.

    Mais rien n’est gravé dans la pierre à ce stade, nous dit-on, et il y a une résistance considérable de la part des membres de la Curie romaine, qui croient que la promulgation par le pape François de l’une ou l’autre version de cette constitution apostolique enverrait l’Église dans des eaux inexplorées, blesserait davantage le corps mystique du Christ, et serait vu (par les catholiques et les non-catholiques) comme un acte cruel et diviseur.

    Nous l’avons écrit à plusieurs reprises… on est très loin de synodalité ! Mettre un coup de plus sera peut-être le coup de trop !

    The Remnant parle d’ “eaux inexplorées”… nous pensons plutôt à l’effet d’une bombe nucléaire dont les retombées seront incontrôlables pour l’épiscopat.