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Théologie - Page 13

  • Quelle sera l'influence du cardinal Fernández sur la réponse du Vatican à l'idéologie du genre ?

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    De Jonathan Liedl sur le National Catholic Register :

    Comment le cardinal Fernández influencera-t-il la réponse du Vatican à l'idéologie du genre ?

    ANALYSE : Le Vatican a déjà abordé le sujet, mais le nouveau chef du bureau de doctrine devrait laisser sa marque distinctive sur le document à venir.

    4 avril 2024

    Lorsque le Vatican publiera, le 8 avril, un document sur la dignité humaine qui abordera l'idéologie du genre, ce ne sera pas la première fois que Rome s'attaquera à ce sujet dérangeant. Le pape François s'est souvent exprimé sur ce phénomène, qui soutient que l'identité d'une personne est indépendante de son sexe corporel, et l'a qualifié le mois dernier de "danger le plus affreux de notre temps".

    Mais étant donné que le nouveau document sera la première évaluation complète de l'idéologie du genre publiée par le plus haut bureau doctrinal du Vatican, il s'agira probablement de l'intervention la plus ambitieuse à ce jour, fournissant des conseils aux diocèses catholiques, aux ministères et aux individus dans le monde entier.

    Cependant, Dignitas Infinitas, comme le texte est appelé, se distinguera également des autres interventions notables du Vatican sur le sujet d'une autre manière essentielle : Il portera probablement l'empreinte théologique du cardinal Victor Manuel Fernández, son architecte en chef présumé.

    Depuis qu'il est devenu préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi en septembre 2023, le prélat argentin et confident de longue date du pape François a marqué de son empreinte la doctrine de l'Église à travers un torrent de documents d'enseignement et de clarifications qui, selon certains, ont subverti la vérité doctrinale en faveur d'exceptions pastorales.

    Aucun n'a été plus sismique que Fiducia Supplicans, la déclaration controversée de décembre 2023 qui autorisait les ecclésiastiques à donner des bénédictions non liturgiques aux couples sexuels du même sexe, suscitant la confusion et des réactions négatives dans le monde entier.

    Étant donné que Dignitas Infinitas devrait se concentrer sur un sujet aussi controversé que l'idéologie du genre, ainsi que sur d'autres préoccupations telles que les mères porteuses et la chirurgie de changement de sexe, il pourrait s'agir du document le plus important de la DDF produit pendant le mandat du cardinal Fernández jusqu'à ce jour.

    Compte tenu de la théologie particulière du cardinal Fernández, il convient d'examiner à l'avance comment le préfet de la DDF pourrait influencer non seulement le texte à venir, mais aussi l'engagement de l'Église à l'égard de l'idéologie du genre de manière plus générale.

    Interventions précédentes

    Pour être clair, le cardinal Fernández n'a pas travaillé à partir de rien pour rédiger la réponse du Vatican à la confusion sur le genre et l'identité sexuelle.

    Tout d'abord, le pape François a depuis longtemps critiqué l'idéologie du genre, ce qu'il a fait dans des interviews et des discours, mais aussi dans des documents magistraux tels que Laudato Si et Amoris Laetitia. Dans le premier, par exemple, le pape a écrit que "valoriser son propre corps dans sa féminité ou sa masculinité est nécessaire" et a déclaré que "ce n'est pas une attitude saine qui chercherait à 'annuler la différence sexuelle parce qu'elle ne sait plus comment l'affronter'".

    Le Vatican a également abordé le sujet de manière plus spécifique, la Congrégation pour l'éducation catholique (qui fait désormais partie du Dicastère pour la culture et l'éducation) ayant publié en 2019 un document intitulé "Homme et femme, il les a créés" sur "la question de la théorie du genre dans l'éducation". Le document décrit l'idéologie du genre comme une "désorientation anthropologique" qui est devenue "une caractéristique répandue de notre paysage culturel", déstabilisant la famille et annulant les différences entre les hommes et les femmes.

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  • La théologie du corps : une pastorale à risques

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    De l'abbé Claude Barthe sur Res Novae :

    La théologie du corps : une pastorale à risques

    2 avril 2024

    Alors que le concile Vatican II avait ouvert une brèche libérale dans l’ecclésiologie, l’encyclique Humanæ vitæ de Paul VI du 25 juillet 1968 se porta en défense de la morale traditionnelle concernant l’usage du mariage. Elle souleva de ce fait une opposition en tempête parmi les théologiens et les épiscopats du monde. Contre ce dissensus, une défense de la doctrine du mariage se développa à nouveaux frais, c’est-à-dire en cherchant à la rendre acceptable par le monde actuel en tournant à son profit l’exaltation contemporaine du corps et de la sexualité. Non sans risques.

    Rappel sur les trois biens du mariage

    Il convient, pour bien fixer les idées en ce domaine, de se reporter à la synthèse thomiste, laquelle, comme toute la grande tradition médiévale, dépend de l’établissement par saint Augustin, contre les manichéens, de la doctrine des trois biens du mariage : proles, fides, sacramentum, les enfants, la fidélité (la foi donnée pour l’union des corps), le sacrement[1].

    Or, contrairement aux affirmations aujourd’hui répétées, cette synthèse – certes exigeante par le simple fait qu’elle a une visée vertueuse – est tout le contraire de « négative ». Le bien primaire, au sens de fondamental, du mariage humain, institution naturelle élevée par Jésus-Christ à la dignité de sacrement, est dans les enfants, leur engendrement continué dans leur éducation, qui spécifie l’humanité de l’institution, comme l’explique saint Thomas dans la Somme contre les Gentils[2]. Il y a une « ordination objective du mariage à sa fin première, qui est contenue dans sa nature », dira la Rote romaine dans un jugement particulièrement important, du 22 janvier 1944[3].

    Dans son commentaire de la 1ère épître de saint Paul aux Corinthiens, 7, 2 (« Mais à cause de la fornication, que chaque homme ait son épouse, et chaque femme son mari »)[4], saint Thomas montre que les deux premiers biens, tout naturels qu’ils puissent être dans les mariages non sacramentels des non-chrétiens, sont ordonnés, le premier – la génération – à la vertu de religion, puisqu’il s’agit de se prêter à l’œuvre créatrice de Dieu et de lui donner des enfants pour sa louange, et le second à la vertu de justice (Suppl. q. 41 a. 4). Dans le mariage chrétien, l’échange des consentements est le sacramentum, représentation de l’union du Christ avec son Église (Éphésiens 5, 32). La grâce sanctifie la procréation et donne à la l’union des époux une valeur d’indissolubilité sacrée : on ne peut davantage séparer un époux de sa femme que le Christ de son unique Épouse.

    C’est peut-être dans la Somme contre les Gentils, au l 4, c 78, que se trouve le plus beau texte thomiste sur la question. Il y est rappelé que la res, la réalité sacrée ou grâce signifiée par le signe sacramentel du mariage (à savoir, le consentement des époux) est la participation à l’union du Christ et de l’Église, grâce médicinale d’autant plus importante que les réalités charnelles et terrestres du mariage ne les détachent pas du Christ et de l’Église.

    L’union charnelle est bonne (et donc méritoire), si elle n’est pas désordonnée (Suppl. q. 41 a. 4), sans pour autant être indispensable pour qu’existe l’union essentielle du mariage[5]. C’est le sacrement qui sanctifie l’union charnelle et non l’union charnelle qui conditionne le sacrement.

    La théologie du corps de Jean-Paul II

    Toute la revendication libérale dans l’Église concernant le mariage, à partir des années soixante du siècle dernier, avait précisément consisté, à l’inverse, à valoriser l’union charnelle des époux en elle-même, déconnectée de la fin de procréation, pour légitimer la contraception, stérilisation de la femme en vue de rendre impossible la procréation, ce qui avait été condamné par Pie XII en 1958[6] et le fut dans Humanæ vitæ en 1968[7].

    Jean-Paul II prit le relais et fut sans conteste le grand défenseur d’Humanæ vitæ et plus largement du mariage et de la famille. Mais au lieu d’insister sur l’argumentation essentielle de l’encyclique – la contraception est une violation de la loi naturelle –, estimée peu compréhensible par les mentalités contemporaines, il préféra une démonstration anthropologique dans la perspective personnaliste qui était la sienne, développée autour de l’affirmation de la personne comme sujet et non comme objet dont on se sert pour des fins personnelles.

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  • Selon l'ancien archevêque de Philadelphie, la pensée du cardinal Fernández est « tout simplement fausse » sur des points essentiels

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    De Charles J. Chaput, archevêque émérite de Philadelphie, sur First Things (avril 2024) :

    LE CARDINAL FERNÁNDEZ INDUIT EN ERREUR

    Joseph Ratzinger, mieux connu sous le nom de Benoît XVI, a quitté le ministère papal en 2013. Mais avant cela, il a commencé à rédiger une encyclique sur la nature de la foi chrétienne. Son objectif était d'achever ses réflexions sur les trois vertus théologales - la foi, l'espérance et la charité - et leurs implications pour un véritable développement humain. Pour Benoît, la foi est le fondement et l'énergie informative des deux autres vertus. À son grand mérite, le pape François, nouvellement élu, a adopté le projet de Benoît XVI dès son arrivée au pouvoir. François a ajouté "quelques contributions de son cru". Il a ensuite publié le texte résultant sous le titre Lumen Fidei ("La lumière de la foi"), sa première encyclique et le document inaugural de son pontificat.

    Compte tenu des événements ultérieurs, il est révélateur que certains des plus fervents partisans du nouveau pape n'aient pas été enthousiasmés par le style et le contenu de Lumen Fidei. C'est compréhensible. Le texte est une œuvre classiquement ratzingerienne. En tant que peritus (expert) à Vatican II et préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, Joseph Ratzinger a été l'un des plus grands esprits chrétiens du siècle dernier. Lumen Fidei est un tour de force de réflexion sur la nature de la foi, son rôle dans la recherche de la vérité par la raison et son orientation pour la vie chrétienne.

    C'est la bonne nouvelle. L'autre nouvelle est la suivante : la riche qualité de Lumen Fidei contraste malheureusement avec tous les autres documents de l'ère François. C'est un jugement douloureux, mais vrai. Et sur ce point, la justice exige un certain contexte.

    Très peu d'Américains vivent dans la pauvreté, comme c'est souvent le cas dans d'autres parties du monde. Il nous est donc difficile d'appréhender la souffrance liée à une vie constamment incertaine. Il est facile - trop facile - de rejeter l'hostilité du pape François à l'égard du capitalisme moderne et de l'indulgence matérialiste qu'il engendre, comme une forme d'ignorance marxiste molle. Mais sa compassion pour les pauvres, l'attention qu'il porte aux oubliés des périphéries du monde et son insistance sur la priorité de la miséricorde ne sont pas seulement parfaitement catholiques, elles constituent également un avertissement et une catéchèse nécessaires pour ceux d'entre nous qui vivent dans les nations "développées" et satisfaites d'elles-mêmes. Le dégoût évident du pape pour les dirigeants de l'Église américaine et la vie catholique américaine peut être enraciné dans un manque de connaissance, et c'est profondément frustrant. Mais son attitude critique à l'égard des nations riches du Nord, et en particulier des États-Unis, n'est pas injustifiée.

    À la décharge de François, nous devons également nous rappeler que, tout au long de sa vie, un prêtre entendra des milliers de confessions. Nombre d'entre elles concernent des personnes sincères qui se débattent dans des circonstances extrêmement complexes. François est très sensible à leur fardeau. Se contenter de citer le catéchisme dans de tels cas n'apporte que peu de réconfort. Cela manque également d'humanité. La tentation de confirmer, ou du moins d'apaiser, des personnes par ailleurs bien intentionnées dans leurs comportements et relations pécheurs peut être intense.

    Cela explique en partie les plaintes fréquentes du pape concernant le rétrogradisme, la rigidité et le "fixisme" de la pensée catholique. Cela explique ses nombreuses critiques à l'égard d'un clergé prétendument impitoyable. Elle explique son aversion pour les "docteurs de la loi" et son approche souple des questions canoniques. Elle explique son irritation face à la gravité et à la précision intellectuelles de ses prédécesseurs immédiats. Cela explique son ambiguïté étudiée sur certaines questions de doctrine et de discipline ecclésiale. Elle explique son refus de vivre dans le palais apostolique du Vatican, son dédain pour certaines des formalités normales de sa fonction et son habitude d'alimenter la confusion par des commentaires publics imprudents, voire provocateurs. Cela explique également son hostilité particulière à l'égard de l'ancienne messe en latin et des prétendus réactionnaires qui s'y "accrochent" - certains d'entre eux, oui, sont des rétrogrades amers et des nostalgiques, mais d'autres sont simplement des jeunes et des familles qui recherchent la beauté, la stabilité et un certain lien avec le passé de la foi dans leur culte.

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  • De saint Pie X à Vatican II : Dans la ligne du mouvement liturgique initié par Dom Guéranger (liturgie 44)

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    Liturgie 44 ‒ De saint Pie X à Vatican II : Dans la ligne du mouvement liturgique initié par Dom Guéranger (32 mn)

    https://youtu.be/xgiTNL_VziQ

    Après la première partie du cours qui abordait l'histoire de la liturgie, nous abordons certains points de la théologie de la liturgie. 

    Dans le cadre du mouvement liturgique initié par Dom Guéranger, le pape saint Pie X publiait en 1903 le Motu proprio « Tra le sollecitudini » (Parmi les sollicitudes) ; En 1963, les Pères conciliaires approuvaient la Constitution « Sacrosanctum Concilium ». Ces deux documents méritent une étude comparative. Saint Pie X précise très clairement que la musique liturgique doit être sacrée, c’est-à-dire clairement soustraite des influences de la musique profane ; qu’elle doit relever d’un art véritable, c’est-à-dire qui soit détachée de tout ce qui ferait d’elle un élément fonctionnel en sorte qu’elle puisse ainsi être uniquement attachée à ce qui porte à la contemplation ; enfin, qu’elle doit être universelle, c’est-à-dire capable de parler à toutes les cultures. Et le pape saint Pie X d’ajouter que ces qualités se retrouvent réunies à un degré supérieur dans le chant grégorien.

    COURS DE LITURGIE, PAR DENIS CROUAN, DOCTEUR EN THEOLOGIE, 2022-2024

    Pour accéder à la totalité de la playlist :

    https://www.youtube.com/playlist?list=PLuko328jWH_06CYFfUP8d6v_vzl9f4UbI

    Institut Docteur Angélique

    Cours donné par Denis Crouan, docteur en théologie, en entretien interactif avec Arnaud Dumouch.

    Vidéo du site http://docteurangelique.free.fr/fichiers/InstitutDocteurAngelique.htm, les œuvres complètes en français de saint Thomas d'Aquin.

    Denis Crouan, denis.crouan@wanadoo.fr; 2022-2024

  • 7 mars 2024 : 750e anniversaire de la mort de saint Thomas d'Aquin

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    De KTO télévision :

    Saint Thomas d’Aquin, la sainteté de l’intelligence

    29/12/2023

    En 1244, Thomas entrait, contre l’avis de sa famille, dans l’ordre des prêcheurs de Saint Dominique. Entre Naples, Bologne, Paris, par obéissance pour ses supérieurs, il enseigne dans différentes chairs d’Universités. Son oeuvre majeure, la Somme Théologique qu’il commence en 1268, servira à fonder la pensée théologique de la seconde partie du Moyen Age et lui vaudra le titre de Docteur Commun de l’Eglise. S’il est surtout connu pour ses écrits notamment sur les anges ou l’eucharistie, le documentaire s’intéresse d’avantage à l’homme et à sa recherche personnelle de Dieu. Qui était-il ? Quelle était son aspiration ultime ? « Grâce à la sagesse de Thomas, j’apprends à aimer Dieu », par petites touches, le réalisateur montre un saint Thomas très personnel, celui qui lui a permis « de passer de l’athéisme à la foi chrétienne. » Saint Thomas d’Aquin - La Sainteté de l’intelligence - UNE COPRODUCTION KTO/CERIGO FILMS 2023 - Réalisée par Jean-Yves Fischbach

  • On ne peut invoquer Benoît XVI pour justifier Fiducia Supplicans

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    De Nicola Bux sur InfoVaticana :

    Le théologien Nicola Bux démonte l'article de Tornielli : "Il est trompeur et constitue une falsification flagrante"

    1er mars 2024

    Cette semaine, Andrea Tornielli, responsable des médias officiels du Vatican, est allé jusqu'à comparer le cardinal Victor Manuel Fernandez à Ratzinger.

    Dans un article publié dans Vatican News, le directeur éditorial du Dicastère pour la communication du Vatican insiste sur le fait que Fiducia supplicans "ne change pas la doctrine traditionnelle sur le mariage qui prévoit une bénédiction nuptiale uniquement pour l'homme et la femme qui se marient".

    Or, le père Nicola Bux, ancien consulteur du Dicastère pour la doctrine de la foi et proche collaborateur de Benoît XVI, a écrit un article dans lequel il démonte ce qu'a écrit Tornielli et que nous reproduisons ci-dessous :

    Il n'y a pas de bénédictions non liturgiques

    Vatican News du 27 février 2024 a publié l'article : Fiducia supplicans, non-liturgical blessings and that Ratzinger distinction. Le titre compare la récente Déclaration avec certains passages de l'Instruction Ardens Felicitatis du 14 septembre 2000, promulguée par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, préfet le Cardinal Ratzinger, dans le but de prier pour la guérison de Dieu. Ce document est né de la nécessité de mettre de l'ordre dans la confusion de ces années concernant les réunions de prière et le charisme de guérison.

    La comparaison faite dans l'article de Vatican News entre les prières mentionnées dans l'Instruction Ardens Felicitatis et les bénédictions de la Fiducia Supplicans est totalement erronée. La prière est une question insistante, comme l'indique le mot lui-même, la bénédiction est une formule d'approbation - bien dite - d'en haut, c'est-à-dire de Dieu. Le bon berger, dont il est question dans l'article, qui ne se donne pas la paix tant qu'il n'a pas retrouvé la brebis égarée, ne va pas la bénir parce qu'elle s'est égarée, mais la prendre sur ses épaules pour la ramener au bercail, non sans lui avoir fait comprendre qu'elle s'est égarée.

    Mais revenons à l'éducation. Dès le titre : Instructio de orationibus ad obtinendam a Deo sanationem (sur les prières pour obtenir de Dieu la guérison), le but est expliqué : invoquer la délivrance du mal corporel et spirituel. On ne peut pas prier Dieu pour confirmer l'état de péché dans lequel on est tombé. En effet, le désir de bonheur inhérent au cœur de l'homme se conjugue toujours avec le désir d'obtenir la délivrance des maladies et d'en comprendre le sens lorsqu'elles sont vécues.

    L'Instruction Ardens Felicitatis est également intervenue pour réglementer la nouveauté croissante des réunions de prière, qui sont combinées avec des célébrations liturgiques destinées à implorer Dieu pour la guérison. Il n'est pas rare que des guérisons soient annoncées, ce qui suscite une attente et un intérêt croissants pour ces réunions. Dans ce contexte, on fait appel à un charisme de guérison douteux. Les réunions de ce type, convoquées pour obtenir des guérisons, soulèvent des questions sur la manière dont l'autorité ecclésiastique les évalue, en particulier en ce qui concerne l'aspect liturgique, qu'elle doit surveiller et réglementer, afin qu'il soit correctement réglé. Dans ce but, l'Instruction introduit la partie doctrinale sur les grâces de guérison et les prières pour les obtenir. Tout d'abord, la signification de la maladie et de la guérison dans l'économie du salut. Dans l'Ancien Testament, le malade qui prie Dieu de le guérir reconnaît que ses péchés lui valent de justes châtiments. Mais la maladie touche aussi les justes, et l'homme en demande la raison à Dieu : le cas de Job est célèbre. Il est une figure de Jésus-Christ, dans la passion duquel, selon l'Apôtre, l'homme peut partager sa douleur et même se réjouir ( Col 1,24) : c'est dans cette mesure que le Nouveau Testament élève la souffrance.

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  • L'identité du prochain pape selon "Demos II"

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    De la Nuova Bussola Quotidiana :

    L'identité du prochain pape : notes d'un cardinal

    Deux ans après le texte signé 'Demos' (dont il a été révélé par la suite qu'il avait été écrit par le Cardinal Pell), un nouveau document anonyme, lié au premier, définit les sept priorités du prochain Conclave pour réparer la confusion et la crise créées par ce Pontificat.

    - L'identikit del prossimo Papa (I) II A Profile of the Next Pope (EN) II "Retrato robot" del próximo Papa (ES) II Identität des nächsten Papstes (D) II Identyfikacja następnego papieża (PL)

    29_02_2024

    Le Nuova Bussola Quotidiana publie un document exclusif en six langues, destiné à circuler parmi les cardinaux en vue du prochain conclave et parmi les fidèles comme matière à réflexion sur les priorités de l'Eglise. Le texte a été rédigé principalement par un cardinal qui a recueilli les suggestions d'autres cardinaux et évêques. Ceux-ci ont choisi de rester anonymes pour les raisons expliquées dans la lettre.

    LE VATICAN DEMAIN

    En mars 2022 parut un texte anonyme signé « Demos » et intitulé « Le Vatican aujourd’hui » qui soulevait un certain nombre de questions graves et de critiques à propos du pontificat du pape FrançoisOr, la situation de l’Église depuis la parution de ce texte n’a que peu changé, et certainement pas en mieux. Les pensées ci-dessous visent donc à repartir de ces réflexions originelles pour en bâtir d’autres à la lumière des besoins de l’Église de demain.

    Les dernières années d’un pontificat, quel qu’il soit, sont l’occasion d’évaluer la situation actuelle de l’Église, ainsi que les besoins futurs de l’Église et de ses fidèles. Il est clair que la force du pontificat du pape François est l’accent particulier qu’il a mis sur la compassion envers les plus fragiles, l’aide aux pauvres et aux marginalisés, le souci de la dignité de la création et des problèmes qui en découlent pour l’environnement, ainsi que les efforts pour accompagner ceux et celles qui sont en souffrance et portent des fardeaux insupportables.

    Les limites de ce pontificat sont tout aussi évidentes : un style de gouvernance autocratique et parfois en apparence vindicatif, une incurie juridique, une intolérance envers tout désaccord, fût-il respectueux, et – plus grave encore – une tendance constante à l’ambiguïté en matière de foi et de mœurs qui sème la confusion parmi les fidèles. Or, la confusion engendre la division et le conflit ; elle mine la confiance dans la Parole de Dieu ; et elle affaiblit le témoignage évangélique. Le résultat, aujourd’hui, est une Église plus divisée que jamais dans son histoire récente.

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  • Ratzinger invoqué pour justifier Fiducia Supplicans

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    D'Andrea Tornielli* sur Vatican News :

    Fiducia supplicans, les bénédictions et la distinction de Joseph Ratzinger

    Une instruction publiée en 2000 par le préfet de la congrégation pour la Doctrine de la foi de l'époque distinguait les prières de guérison, rituelles et incluses dans les livres liturgiques, des prières pastorales ou spontanées. Le même critère est utilisé aujourd'hui pour admettre la possibilité de bénir les couples irréguliers.

    La déclaration Fiducia supplicans, publiée par le dicastère pour la Doctrine de la Foi en décembre dernier, de fait et comme beaucoup l'ont souligné, ne change pas la doctrine traditionnelle sur le mariage qui prévoit la bénédiction nuptiale uniquement dans le cas d’un homme et d’une femme qui se marient. Ce qui est approfondi par le document, qui admet la possibilité de simples bénédictions spontanées également pour les couples irréguliers ou de même sexe sans que cela signifie bénir leur union ou approuver leur conduite de vie, c'est plutôt la nature des bénédictions. Fiducia supplicans distingue en effet les bénédictions liturgiques ou rituelles des bénédictions spontanées ou pastorales. En ce qui concerne les premières, les bénédictions liturgiques, il y a deux façons de les comprendre: un sens large, qui considère toute prière faite par un ministre ordonné comme "liturgique", même si elle est donnée sans forme rituelle et sans suivre un texte officiel; et un sens plus étroit, selon lequel une prière ou une invocation sur des personnes n'est "liturgique" que lorsqu'elle est accomplie "rituellement", et plus précisément lorsqu'elle se base sur un texte approuvé par l'autorité ecclésiastique.

    Certains des critiques qui ont remis en question la récente déclaration ne considèrent en fait licite que le sens large et ne retiennent donc pas comme acceptable la distinction entre les prières ou bénédictions "rituelles" et "liturgiques", et les prières ou bénédictions "pastorales" et "spontanées". Prenons en exemple certaines objections défendant que la liturgie a également une importance pastorale. Mais à cet égard, il convient de noter que Fiducia supplicans attribue au mot "pastoral" un sens spécifique: celui d'une attention particulièrement orientée vers l'accompagnement de ceux à qui la bénédiction est offerte; à l'image du "bon pasteur" qui ne se tranquillise pas tant qu'il n'a pas retrouvé tous ceux qui se sont égarés. D'autres objections soutiennent que toutes les prières seraient "liturgiques" et qu'elles seraient donc toutes soumises aux exigences de la liturgie de l'Église. Le Pape François lui-même a répondu à cette objection dans son discours aux participants à l'assemblée plénière du dicastère pour la Doctrine de la foi, le 26 janvier, en insistant sur l'existence de bénédictions pastorales ou spontanées qui, «en dehors de tout contexte et de forme de caractère liturgique», expliquait-il, «n’exigent pas une perfection morale pour être reçues». Les paroles du Souverain pontife confirment ainsi l'orientation qui consiste à considérer le sens le plus strict des bénédictions liturgiques.

    Un précédent important, à propos de la distinction entre ce qui est liturgique et ce qui ne l'est pas, peut-être trouvé dans une instruction de l'année 2000, publiée par l'alors congrégation pour la Doctrine de la foi, signée par le cardinal Joseph Ratzinger et approuvée par Jean-Paul II.

    Cette instruction porte sur les prières pour obtenir de Dieu la guérison. Au point numéro deux de la première partie du document, il est rappelé que «le De benedictionibus du Rituale Romanum comporte un Ordo benedictionis infirmorum, dans lequel se trouvent divers textes de prières qui implorent la guérison». Dans la dernière partie de l'instruction, consacrée aux dispositions disciplinaires, il y a ensuite un article (2) qui dit ceci: «Les prières de guérison sont considérées comme liturgiques, si elles se trouvent dans les livres liturgiques approuvés par l'autorité compétente de l'Eglise; autrement, elles sont non-liturgiques». Il y a donc des prières de guérison liturgiques ou rituelles, et d'autres qui ne le sont pas, mais qui sont légitimement permises. L'article suivant rappelle que celles qui sont «liturgiques se célèbrent selon le rite prescrit et avec les vêtements sacrés indiqués dans l'Ordo benedictionis infirmorum du Rituel romain». Ces citations du texte signé par le cardinal Joseph Ratzinger et approuvé par le Pape Karol Wojtyla montrent que le sens du terme "liturgique" utilisé dans Fiducia supplicans pour définir les bénédictions rituelles, différentes des bénédictions pastorales, représente certes une évolution, mais qui s’insère dans le sillon du magistère de ces dernières décennies.

    Il existe également d'autres distinctions entre les bénédictions: certaines représentent des consécrations, ou le scellement du sacrement célébré par le couple (dans le cas de la bénédiction nuptiale); d'autres représentent des prières d'invocation qui, d’en bas, s'élèvent vers Dieu; d'autres encore (dans le cas des exorcismes) sont destinées à conjurer le mal. Fiducia supplicans précise à plusieurs reprises que le fait de donner une bénédiction pastorale ou spontanée -sans aucun élément nuptial- à un couple "irrégulier" qui s'adresse à un prêtre ou à un diacre ne signifie pas et ne peut en aucun cas représenter une forme d'approbation de l'union entre les deux. Elle ne peut, selon le document, «offrir une forme de légitimité morale à une union qui se présente comme un mariage ou à une pratique sexuelle extra maritale». La bénédiction pastorale ou spontanée représente une invocation à Dieu pour qu'il permette aux semences du bien de croître dans la direction qu’il désire.

    *Directeur éditorial des médias du Vatican

  • Demain : une Église à deux vitesses, post-synodale et décentralisée ?

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    D'Ed. Condon sur The Pillar :

    L'agenda de l'"Église à deux vitesses" pour le synode

    20 février 2024

    La deuxième session de la 16e Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques se réunira le 2 octobre pour une nouvelle série de trois semaines de discussions et de débats. 

    Mais alors que cette deuxième session marathon à Rome est encore dans plusieurs mois, le processus synodal mondial continue de se dérouler en temps réel dans le monde entier. 

    La "synodalité" a ravivé de sérieuses questions sur l'émergence d'un programme synodal occidental visant à modifier l'enseignement et la discipline de l'Église, ce qui pourrait conduire à une confrontation ouverte lors de la prochaine assemblée et même menacer la communion mondiale de l'Église.

    -

    Lundi dernier, les évêques d'Allemagne se sont réunis en assemblée plénière à Augsbourg. A l'ordre du jour ne figurait pas le vote sur l'approbation des statuts d'un "comité synodal" controversé, organe destiné à ouvrir la voie à un "conseil synodal" permanent pour l'Eglise dans le pays.

    Le vote sur le comité synodal a été abandonné après une intervention du Saint-Siège le samedi, avertissant les Allemands qu'aller de l'avant avec le comité serait "contraire aux instructions du Saint-Siège" et risquerait d'avoir des "conséquences juridiques".

    Si les évêques allemands ont supprimé le vote de leur programme de lundi, ils ne se sont pas engagés à abandonner complètement le comité synodal. Au contraire, la question sera probablement réexaminée dans un avenir assez proche dans le cadre de la confrontation synodale entre l'Allemagne et Rome.

    Le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, a souligné les enjeux auxquels sont confrontés ses voisins lorsqu'il a averti lundi que les évêques allemands devraient se demander s'ils "veulent vraiment quitter la communion avec et sous le pape, ou plutôt l'accepter loyalement", et que le fait de ne pas s'aligner déclencherait un schisme.

    Mais l'impasse des évêques allemands avec Rome est un conflit curieux. 

    Dans le cadre de leur programme controversé de "voie synodale", les évêques et leur organisation partenaire, le Comité central des catholiques allemands (ZdK), ont demandé à plusieurs reprises la fin du célibat des clercs, l'ordination des femmes, la révision de l'enseignement de l'Église sur la moralité et la sexualité humaine, ainsi que la décentralisation de l'autorité de l'enseignement doctrinal par rapport au Saint-Siège. 

    Mais alors que les évêques allemands ont insisté à plusieurs reprises pour provoquer le Vatican avec une série de mesures procédurales et structurelles, comme la création du comité synodal et la poursuite des projets de conseil synodal, les évêques voisins ont appelé à leurs propres révisions radicales de l'enseignement et de la pratique de l'Église, sans pour autant contrarier le Saint-Siège.

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  • Fiducia Supplicans affirme-t-elle l'hérésie ?

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    Du cardinal Müller sur First Things :

    Fiducia Supplicans affirme-t-elle l'hérésie ?

    16 février 2024

    Les conclusions sont : sans contenir une hérésie explicite ça engage des positions hérétiques. Les justifications données par Fernandez ou par le pape sont erronées ; on ne peut les approuver et un prêtre ne peut pratiquer ces bénédictions ; se n'est pas manquer à ses devoir envers le pape qu'être en désaccord, mais au contraire honorer sa charge.

    "La récente déclaration du Vatican Fiducia Supplicans contient-elle des enseignements contraires à la foi divine et catholique ? … Le communiqué de presse de la DDF du 4 janvier défend l'orthodoxie de Fiducia Supplicans en la citant, arguant que la déclaration ne change pas l'enseignement de l'Église catholique sur le mariage et la sexualité et ne dit rien d'hérétique. Il soutient que Fiducia Supplicans ne concerne pas la doctrine, mais des questions pratiques, et qu'il doit simplement être adapté à différents contextes et sensibilités.

    En réalité, la critique des évêques n'est pas que la déclaration nie explicitement l'enseignement de l'Église sur le mariage et la sexualité, c’est plutôt qu'en permettant la bénédiction des couples qui ont des relations sexuelles en dehors du mariage, en particulier les couples de même sexe, il nie l'enseignement catholique dans la pratique, sinon dans les mots. La critique est basée sur un principe traditionnel solide : lex orandi, lex credendi – le principe selon lequel la façon dont l'Église prie reflète ce que l'Église croit. Comme le dit le Catéchisme : « Quand l'Église célèbre les sacrements, elle confesse la foi reçue des apôtres ».

    Il y a, en effet, des pratiques catholiques qui ne peuvent être modifiées sans rejeter la doctrine catholique. … Par exemple, si quelqu'un affirmait en paroles l'enseignement catholique sur le baptême, mais qu'il admettait ensuite à l'Eucharistie ceux qui ne sont pas baptisés, il rejetterait l'enseignement catholique. Saint Thomas a dit que de telles contradictions créaient « le mensonge dans les signes sacramentels ».

    La question est donc de savoir si accepter les « bénédictions » « pastorales » et non liturgiques proposées par Fiducia Supplicans pour les couples en situation irrégulière, c'est nier la doctrine catholique – non pas dans une affirmation explicite, mais dans la pratique.

    Tout d'abord, nous devons considérer la distinction entre les bénédictions liturgiques et les bénédictions purement pastorales, car c'est sur cette distinction que s'appuie Fiducia Supplicans. Or, cette distinction entre les bénédictions est une nouveauté introduite par Fiducia Supplicans, qui n'a pas le moindre fondement dans l'Écriture, les Saints Pères ou le Magistère. Fiducia Supplicans affirme que les « bénédictions pastorales » ne sont pas liturgiques, pourtant, elles ont une structure liturgique, selon l'exemple donné dans le communiqué de presse de la DDF (une prière accompagnée du signe de la croix). Et de toute façon, … le fait que ce soit un prêtre, représentant le Christ, qui donne cette « bénédiction pastorale » en fait un acte liturgique dans lequel l'autorité du Christ et de l'Église est en jeu.

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  • Rencontre avec Nathalie Lacroix, vierge consacrée, théologienne et psychologue spécialiste en addictologie à Bruxelles

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    De KTO Télevision :

    Rencontre avec Nathalie Lacroix

    11/02/2024

    Pour ce nouvel entretien, Régis Burnet reçoit une théologienne pas comme les autres, qui a mené pas moins de quatre vies de front ! Vierge consacrée, Nathalie Lacroix est aussi psychologue spécialiste en addictologie à l’hôpital en Belgique et elle a exercé de nombreuses responsabilités au sein du mouvement jésuite Communauté de Vie chrétienne (CVX). « Avec saint Ignace, je me suis dit : il y a un salut pour les gens passionnés et excessifs ! Si on a de grands désirs, c’est une bonne chose, car le désir est le moteur des femmes et des hommes. »

  • La « cancel culture » s’insinue jusque dans l’Église catholique; trois théologiens la critiquent sévèrement

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (Diakonos.be) :

    La « cancel culture » s’insinue jusque dans l’Église catholique. Mais trois théologiens la critiquent sévèrement

    Tout juste sorti d’une liturgie œcuménique concélébrée à Rome, fin janvier, avec l’archevêque de Canterbury Justin Welby (photo), le Pape François partage désormais avec lui le malheur d’une double fracture au sein de leurs églises respectives, l’Église anglicane et l’Église catholique. Dans les deux cas, c’est l’Afrique qui est à la tête de l’opposition et toujours pour la même raison : le refus de bénir des couples de même sexe.

    L’Afrique est le seul des cinq continents dans lequel le catholicisme soit en expansion. Il représente une partie importante de cette « périphérie » de l’Église si chère au Pape François. Et pourtant, c’est de là que provient le refus le plus massif au feu vert donné par le Dicastère pour la Doctrine de la foi à la bénédiction des couples homosexuels, avec la déclaration « Fiducia supplicans » du 18 décembre et le communiqué de presse relatif du 4 janvier.

    Pratiquement toutes les conférences épiscopales d’Afrique se sont prononcées contre, ainsi qu’un cardinal de premier plan : le guinéen Robert Sarah, mais bien d’autres épiscopats, cardinaux et évêques d’Europe et d’autres continents, de l’Ukraine à l’Uruguay en passant par les États-Unis et les Pays Bas sont du même avis.

    Avec une montée en puissance qui vient, aujourd’hui 2 février, de se matérialiser par la publication d’un « Appel filial à tous les cardinaux et évêques », signé par un grand nombre de prêtres et d’intellectuels catholiques du monde entier, avec la double proposition « d’interdire immédiatement dans leur diocèse » la bénédiction des couples aussi bien extraconjugaux qu’homosexuels, et de demander au pape de « révoquer de toute urgence ce document malheureux », au risque d’une « tache qui pourrait le maculer de façon indélébile, non seulement dans l’histoire, mais également dans l’éternité ».

    *

    Mais entretemps, en parallèle à la révolte « pastorale », les critiques philosophiques et théologiques de fond s’élèvent également contre le chemin emprunté par Rome avec « Fiducia supplicans ».

    Sur le plan théologique, une analyse très fine a été publiée dans « La Revue Thomiste » par Thomas Michelet, un dominicain, professeur de théologie sacramentelle et d’ecclésiologie à Rome et à l’Université pontificale Saint-Thomas-d’Aquin, dite « Angelicum ».

    Son essai s’intitule « Peut-on bénir ‘Fiducia supplicans ?’ ». Une question à laquelle le P. Michelet ne répond ni par oui ni par non, au terme de son argumentaire, qui est à son tour très problématique, si l’on s’en tient aux titres de ses chapitres :

    1. Principe de charité interprétative
    2. Bénir le pécheur sans bénir le péché ?
    3. Bénédiction non-liturgique ?
    4. Bénir le pécheur impénitent ?
    5. Situations « irrégulières »
    6. Bénir le couple sans bénir l’union ?
    7. Bénir le couple ou les individus ?
    8. Science du confessionnal et Bien commun

    Ce qui n’enlève rien au fait que le P. Michelet pointe avec clarté les risques graves auxquels s’expose Rome avec ce texte. Il suffit pour s’en assurer de lire quelques passages de son essai :

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