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Mgr Athanasius Schneider publie ce jour un texte intitulé « Quelques réflexions sur le concile Vatican II et la crise actuelle de l'Eglise », afin de clarifier sa position sur le Concile. Il y insiste respectueusement sur le fait qu’il n’est pas favorable au rejet radical de Vatican II, une position récemment exprimée ouvertement par certains membres du clergé. Les présentes réflexions de Mgr Schneider, tirées pour partie du chapitre correspondant de son livre d’entretiens avec Diane Montagna, Christus Vincit, Christ’s Triumph Over the Darkness of the Age, développent certains points de sa discussion à propos de Vatican II, à la lumière des débats récents. D’abord publié en anglais par Angelico Press en octobre 2019, Christus Vincit doit paraître cette semaine en allemand et en portugais. La version française, Christus vincit, Le triomphe du Christ sur les ténèbres de notre temps paraîtra à la rentrée et sera disponible via ce blog.
[Pour recevoir l’annonce de la parution de ce livre qui propose une vaste réflexion sur la situation présente de l’Eglise et ses rapports avec le monde, mais aussi des propos plus personnels de Mgr Schneider sur son enfance, sa vocation, l’islam, la perte du sens du surnaturel, Fatima, les anges et bien d’autres sujets, je vous invite à m’envoyer une courriel à jeanne.smits.blog@gmail.com et je vous avertirai le moment venu.] Son Excellence Mgr Schneider a donné le texte officiel de ces réflexions en exclusivité à The Remnant pour l’anglais, à Corrispondenza Romana pour l’italien et l’espagnol, et au Blog de Jeanne Smits pour le français.
Le dernier jour de la courte visite du pape émérite Benoît XVI a commencé avec une surprise, qui, en définitive, n’en était pas une. Benoît avait décidé de passer, avant son départ en avion, encore une fois dans la Luzengasse et d’y rencontrer son frère une toute dernière fois. Ainsi, la boucle s’est bouclée. La première rencontre comme la dernière ont eu lieu au chevet de son frère, malade et affaibli par l’âge.
A l’aéroport, nous attendaient le Ministre-Président [de Bavière] Markus Söder ainsi que le Ministre d’Etat Florian Hermann, déjà présent pour saluer Benoît à son arrivée. Beaucoup de médias étaient là également.
Le Ministre-Président a parlé d’un grand honneur pour la Bavière et d’une grande joie.
Benoît a très chaleureusement exprimé sa gratitude pour l’accueil qui lui fut réservé et pour la marque d’estime que constituait la présence du Ministre-Président.
Pour terminer, je lui ai, encore une fois, souhaité la bénédiction de Dieu pour son voyage et lui ai promis que nous veillerions bien sur son frère.
Avec cet adieu s’achevait une visite, chargée d’émotion, imprévue et organisée très vite, au pied levé, – un défi pour tous ceux qui y ont pris part –, mais qui s’est en fin de compte magnifiquement déroulée.
Je peux vous dire que je suis, naturellement, bien soulagé et heureux que cette rencontre, – un souhait qui tenait au cœur des deux frères –, ait été pour tous les deux réconfortante et visiblement aussi revigorante.
Benoît XVI, pape émérite depuis 2013, a passé cinq jours à Ratisbonne : un homme rend visite à son frère, très malade et très âgé, parce qu’il s’inquiète de ne plus le revoir sur cette terre.
Il a visité sa patrie, la tombe de ses parents, sa maison à laquelle l’attache le désir de toute une vie et où il aurait aimé vivre ses dernières années. Il a visité aussi l’Institut « Papst Benedikt », où l’on étudie, dans toutes ses dimensions, son œuvre théologique et où se prépare l’édition de ses œuvres complètes. Nous avons prié devant le reliquaire de saint Wolfgang dans la cathédrale. Les choses se sont arrangées de telle façon que cette visite imprévue a coïncidé avec le début de la « semaine de Wolfgang », la semaine de fête diocésaine préparatoire aux ordinations.
Il devait s’agir d’une visite purement privée, sans protocole officiel ou diplomatique. Ce qui, naturellement, est quasi impossible pour un personnage public.
Lu sur le site web de la revue « France Catholique » :
« La première chose à dire, et qui surprendra peut-être, c’est que Luther n’a jamais nié la présence réelle du Christ dans l’hostie au moment de la consécration. Il l’a même affirmée avec l’emportement et la brutalité argumentative qui sont sa marque de fabrique. Contre ceux qui prétendaient qu’en disant « Ceci est mon corps », le Christ avait seulement voulu faire une métaphore, il tonnait : « Qui, sinon le Diable, peut s’autoriser à triturer ainsi les mots de la sainte Écriture ? A-t-on jamais vu dans les Écritures que “mon corps” soit équivalent à “signe de mon corps” ? Ou bien que “est” soit la même chose que “signifie” ? ». Là-dessus, donc, Luther n’a pas dévié. Ce sont ses épigones – Calvin et Zwingli – qui abandonnèrent la Présence réelle pour lui substituer une présence spirituelle pour le premier, et seulement symbolique et commémorative pour le second. Au point d’en arriver à ce qui était écrit sur les fameux « placards » cloués jusque sur la porte de François Ier le 18 octobre 1534 : « Il ne peut se faire qu’un homme de vingt ou trente ans soit caché dans un morceau de pâte. »
Luther a en revanche refusé la doctrine catholique de la « transsubstantiation » pour lui préférer la « consubstantiation ». Quelle différence, me direz-vous ? Selon la première, adoptée par le quatrième concile du Latran (1215), la substance du corps du Christ remplace totalement la substance du pain lors de la consécration, alors que selon la seconde théorie, elle vient seulement s’y ajouter… Hérésie bien vénielle diront certains : l’essentiel n’est-il pas que le Christ soit réellement présent sous les apparences du pain et du vin ?
Une chose est sûre : là n’est pas le plus grave. Le véritable problème, c’est le sens même de la messe. Dans son ouvrage intitulé De la captivité babylonienne de l’Église, Luther présente la « messe papiste » comme un véritable « scandale » car, selon lui, les prêtres ont fait de l’eucharistie une sorte de rite sacrificiel païen, par lequel nous serions censés fléchir Dieu en notre faveur et acquérir à ses yeux un certain mérite. Or, dit Luther, il n’y a qu’un seul sacrifice – celui du Christ –, qu’il est impossible de répéter, et aucun homme n’a le pouvoir de mériter quoi que ce soit par des œuvres sacrificielles, qui appartiennent à l’Ancienne Alliance. Seule compte la foi dans le Salut.
Unique sacrifice
À vrai dire, si la doctrine catholique disait le contraire, il faudrait se faire luthérien. Mais quand l’Église dit que la messe est un « sacrifice propitiatoire », elle ne veut pas dire que le prêtre réalise, par lui-même, un sacrifice censé amadouer le Bon Dieu ; elle signifie que le prêtre rend présent sur l’autel l’unique sacrifice du Christ, seule source de sanctification. Le sacrifice du Christ n’est pas « recommencé » par la Messe, il est « présentifié » miraculeusement, comme si nous nous retrouvions au pied du Golgotha. Ce que le Christ a demandé à ses disciples de faire en mémoire de lui, ce n’est pas partager du pain, ni même donner son corps sans plus de précision, comme semble le penser Luther, mais offrir son « corps livré », son « sang répandu » (Lc 22, 19). Autrement dit, ce que le Christ a demandé à ses apôtres de rendre présent, c’est bel et bien son sacrifice. En offrant l’hostie à Dieu, ce que le prêtre offre, c’est le Christ lui-même en train de s’offrir à son Père. En toute rigueur, ce n’est donc pas le prêtre qui offre quelque chose, c’est le Christ qui s’offre lui-même par l’intermédiaire du prêtre qui agit in persona Christi. En un sens, Luther a raison : la messe n’est pas un sacrifice ; mais il a tort, car elle est le sacrifice.
Continuité avec l’Ancienne Alliance
Ce que Luther, par ailleurs, ne voit pas, dans sa détestation de l’Offertoire et de tout ce qui rappelle les sacrifices anciens dans la liturgie, c’est la continuité dynamique entre les sacrifices du Temple et l’Unique sacrifice. J’y reviens toujours, car c’est la clé de tout : le Christ n’est pas venu abolir, mais accomplir. On ne peut pas comprendre pourquoi le Christ nous donne son corps à manger – demande étrange quand on y pense – si on ne le relie pas à la manducation des victimes des sacrifices anciens. Pourquoi, en effet, le Christ nous aurait-il demandé de « manger son corps », s’il n’avait pas voulu montrer que son sacrifice était l’accomplissement – c’est-à-dire à la fois la réalisation et le dépassement – des sacrifices du Temple ? Et s’il nous l’a demandé, c’est pour que nous puissions nous unir et participer, comme membres du corps mystique, à son propre sacrifice – en reconnaissant la nullité absolue de nos mérites. S’il avait compris cela, au lieu de vouloir « faire tomber la messe pour que la papauté s’écroule » (sic), Luther fût peut-être devenu le plus fervent des papistes. À moins qu’il n’eût cherché, et c’est le plus probable, un autre prétexte pour provoquer la rupture avec Rome. »
En conformité avec les « normes sanitaires » imposées, près de 80 fidèles, de tous âges et de tous milieux, ont pu se réunir, en l'église du Saint-Sacrement au Bd d'Avroy, autour de l’évêque de Liège pour assister à cette grande fête d’origine liégeoise. La messe était chantée selon la forme extraordinaire du rite romain.
Voici le texte de l’homélie prononcée par Monseigneur Delville :
« Chers Frères et Sœurs,
La Fête-Dieu de cette année est placée sous le signe des retrouvailles. C’est la première fête que nous pouvons célébrer en étant corporellement présents, même si notre nombre est limité. C’est pourquoi cette messe est aussi retransmise par les médias pour tous ceux qui n’ont pas pu être matériellement présents. Nous avons découvert durant la période de confinement combien la participation directe à la liturgie nous manquait et combien nous désirions la communion au corps du Christ. Le sens même du sacrement, comme signe sacré de la grâce de Dieu, nous apparaissait d’autant plus que nous en étions privés. Or voici que nous pouvons nous retrouver lors de la seule fête liturgique qui soit consacrée à un sacrement, la fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ, la Fête-Dieu.
Si sainte Julienne de Cornillon a reçu l’inspiration de faire célébrer cette fête, c’est qu’elle avait compris combien le sacrement actualise en nous la vie du Christ. En effet la vie du Christ ne se résumé pas à son aspect historique ; elle se prolonge en chacun de nous par un signe qui nourrit chacune de nos vies. Nous fêtons donc aujourd’hui autant le signe – l’hostie consacrée – que la réalité personnelle qu’elle représente, le Christ lui-même.
Or ce fut la volonté de Jésus lui-même que de prolonger sa vie terrestre par un signe perpétuel. C’est le geste qu’il a fait à la dernière cène, comme nous le raconte saint Paul dans sa 1e lettre aux Corinthiens (1 Cor 11,23-26) : « Le Seigneur Jésus, la nuit même où il fut livré, prit du pain et rendant grâces, le rompit et dit : prenez et mangez, ceci est mon corps, qui sera livré pour vous ; faites ceci en mémoire de moi ». Donc Jésus, face à la souffrance et à la mort, partage le pain et le vin, en tant que son corps et son sang. Face à la fragilité de sa vie, à l’échec apparent de sa mission, face à la pauvreté des disciples qui vont se sentir abandonnés, Jésus ne baisse pas les bras, il ne tombe pas dans la déprime, encore moins dans la fuite. Il partage cette nourriture essentielle d’un repas, que sont le pain et le vin, en disant qu’ils sont son corps et son sang. Ils représentent une vie fragile, une vie qui va être enlevée. Mais ils représentent en même temps un partage de cette vie et une démultiplication de ses effets : « faites ceci en mémoire de moi ». Le corps et le sang du Christ, donnés en communion, nous associent aujourd’hui à sa vie, à sa mort et à sa résurrection. Notre pauvreté est dépassée, nous sommes rassasiés ; nous recevons une vie nouvelle, par notre communion à la pauvreté du Christ.
Certes, on pourrait se moquer de l’eucharistie et dire : « Mais ce n’est qu’un bout de pain, que voulez-vous que cela fasse ? Pourquoi le vénérez-vous tellement ? » Et pourtant nous déployons toute une liturgie et toute une vénération, comme ce soir, pour ce bout de pain. Pourquoi ? Parce que c’est la pauvreté partagée par le Christ, et ce partage nous révèle sa divinité. Dieu est dans ce partage de la pauvreté et nous communique sa divinité. Et c’est pourquoi, en abrégé, nous appelons « Fête-Dieu » la fête d’aujourd’hui. Nous la célébrons ici dans cette église du Saint-Sacrement d’une manière particulièrement solennelle, dans la forme extraordinaire du rite romain, parce qu’elle nous permet de garder la richesse de la liturgie ancienne, dans la beauté de ses gestes, ses mots et de ses chants, qui évoquent le mystère d’amour de Dieu qui se donne à nous.
Cette communion au Christ par la liturgie nous invite à l’action concrète, puisque le Christ nous dit : « faites ceci en mémoire de moi ». Comme lui-même s’est livré à nous et s’est donné à nous, il nous invite à nous donner aux autres. Nous rejoignons l’intuition de sainte Julienne de Cornillon qui, au 13e siècle, était d’abord au service des malades comme directrice d’un hôpital, la léproserie de Cornillon, avant d’être aussi la promotrice de la fête du Saint-Sacrement, fête destinée à favoriser l’union du chrétien au Christ par la communion eucharistique. Et nous portons fortement dans notre prière tous ceux qui se sont donnés pour leurs frères et sœurs durant cette crise du coronavirus. Je pense au personnel soignant, aux personnels des maisons de retraite, à tous ceux qui ont accompagné une personne en difficulté. Cette période difficile nous a aussi stimulés à trouver des gestes nouveaux pour nous soutenir les uns les autres. Elle a fait apparaître l’importance de l’affection et de la solidarité, surtout quand celles-ci faisaient défaut.
Frères et Sœurs, cette pauvreté partagée est un secret de vie. Jésus nous dit (Jn 6,56-59) : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. » « Celui qui mange ce pain vivra éternellement ». Dans la communion au Christ nous trouvons la vraie vie, et dans la communion à celui qui souffre, nous trouvons la vraie joie. Plusieurs personnes me l’ont dit durant cette période : les services d’entraide ont accueilli de nouveaux bénévoles; leur venue était particulièrement appréciée, car il y avait parfois plus de service à assurer, plus de repas à distribuer; et ces bénévoles y ont trouvé une vraie joie. Ainsi la communion au Christ débouche dans une communion en Église.
Alors recevons avec foi le corps du Christ qui nous est donné en communion et soyons des témoins de la vraie vie dans notre monde !
De Sandro Magister (Settimo Cielo) en traduction française sur Diakonos.be :
Du synode d’Allemagne au monastère de Bose. Anatomie des révolutions catholiques
Rien ne semble pouvoir ralentir la course du « chemin synodal » entrepris par l’Église catholique d’Allemagne. Ni les critiques ni les défections des rares évêques dissidents, ni les sérieuses préoccupations de Rome :
À la tête de la Conférence épiscopale, c’est l’évêque du Limbourg, Georg Bätzing (photo) qui a succédé au cardinal Reinhard Marx, mais sans infléchir la trajectoire. Non moins loquace que son prédécesseur, le nouveau président a immédiatement enchaîné une série de déclarations téméraires sur les questions les plus brûlantes à l’agenda du synode, du sacerdoce féminin aux couples de même sexe, avec en plus la prétention de dicter à l’Église universelle la ligne à suivre :
Les objectifs de la faction de l’Église allemande qui est à la manoeuvre sont sous les yeux de tous, dans les textes que le synode a produit jusqu’à présent :
Mais derrière cette entreprise, il y a la volonté évidente de subvertir la structure originelle de l’Eglise, non seulement allemande mais universelle, au nom d’une démocratisation en ligne avec les temps.
Le professeur Pietro de Marco, philosophe et historien de formation, ancien professeur de sociologie de la religion à l’Université de Florence et à la Faculté théologie d’Italie centrale s’était déjà exprimé mi-mai contre cette dérive.
Mais les déclarations du nouveau président de la Conférence épiscopale d’Allemagne ont poussé le professeur De Marco a apporter de nouveaux éléments à sa critique du « Synodale Weg », dans lequel sont à l’œuvre les mécanismes révolutionnaires typiques d’une certaine « intelligentsia » catholique qui n’est pas seulement allemande, à l’instar de la communauté de Bose en Italie et son fondateur Enzo Bianchi, que le Pape François a puni récemment en l’exilant de son monastère.
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Synode allemand. Sur le nouveau président de la Conférence épiscopale et autres mésaventures
de Pietro De Marco
Dans les aventures révolutionnaires, les formulations de la culture « critique » voient alterner – en fonction des interlocuteurs et des situations – les énoncés radicaux avec leurs grands objectifs subversifs et les énoncés circonscrits, plus ciblés, banaux à premier vue. Ce double langage idéologique appartient également à l’opinion publique critique catholique, en ce qu’elle s’inscrit elle aussi dans la catégorie des « sociétés de pensée » révolutionnaires analysées par Augustin Cochin.
La pandémie de Covid a donné lieu à de multiples interprétations et interrogations, des plus classiques aux plus farfelues, notamment à propos de l’idée de « châtiment divin ». Petit retour ici aux réalités avec l’abbé Christian Gouyaud sur le site du mensuel « La Nef » :
« Il faudra le temps du recul pour analyser cette étrange séquence de pandémie et de confinement.
Les chrétiens ont pu vivre la privation sacramentelle en termes de désir ou de frustration, un carême inachevé, un Samedi Saint sans issue, un matin de Pâques encore en réclusion sépulcrale sans que quiconque descelle la pierre tombale. Entre, d’une part, la prudence sécuritaire des gestes barrières et, d’autre part, la décontraction de minimiser l’ampleur de la contagiosité ; entre, pour certains, la révolte face à l’interdit de la liberté de culte public et, pour d’autres, l’accoutumance à une pratique religieuse virtuelle par les moyens télématiques, chacun a placé le curseur là où il a pu dans un contexte exceptionnel. Les pasteurs de l’Église, de leur côté, resteront durablement sidérés par des célébrations sans peuple et légitimement interpellés par des brebis détournées du pâturage eucharistique. Plus profondément, sans doute, la réalité nous a rappelé que l’histoire est tragique.
Plutôt que de recourir à la catégorie de la « fin des temps » – puisque, selon le philosophe Agamben, nous sommes plutôt, depuis l’Incarnation, aux « temps de la fin » –, le phénomène de l’épidémie massive nous a en effet mis en face de ce que le cardinal Ratzinger a nommé « la déliquescence interne de l’histoire ».
On sait qu’il y a deux lignes divergentes de lecture dans le Nouveau Testament : la première récusant tout pronostic qui postulerait la venue du Christ comme immanente à l’histoire, au terme d’un processus de maturation suprême ou, au contraire, d’involution dialectique ; la seconde évoquant la vigilance à l’égard de signes avant-coureurs de la Parousie, au nombre desquels figurerait la circonstance traversée. En réalité, même si nous l’avions oublié, chaque génération a connu de tels bouleversements, depuis des ébranlements cosmiques jusqu’aux situations de relégations. L’histoire est tragique car structurellement inaccomplie. Tous les millénarismes en sont confondus : le maître de l’histoire ne surgit en son retour qu’à l’extérieur de l’histoire. C’est ainsi qu’une disponibilité eschatologique du croyant est constamment requise et que le calfeutrage nous a paradoxalement projetés vers l’au-delà.
Anne Soupa, une essayiste de 73 ans, en postulant le siège archiépiscopal de Lyon, a relancé le débat. Elle jouait sur du velours sachant que son initiative serait amplement relayée par les médias chrétiens "progressistes" et bénéficierait d'un large soutien de tous les faiseurs d'opinion, compte tenu du courant ultra-féministe omniprésent dans la culture actuelle. C'est ainsi que le Père Charles Delhez s.J. sur La Croix, l'abbé Borras dans Dimanche, pour ne citer que ceux-là, se déclarent favorables à une évolution qui conduirait à l'ordination sacerdotale de femmes dans l'Eglise catholique. Pourtant, l'enseignement de l'Eglise des origines à nos jours est constant sur cette question et le pape actuel malgré toutes ses ouvertures ne s'éloigne pas de cette ligne. Le point sur la question tel que présenté sur un site bien documenté :
Et l’ordination des femmes ?
1. Mouvement pour l’ordination des femmes
Il y a actuellement dans l’Église un mouvement en faveur de l’ordination sacerdotale des femmes. Depuis 1994, l’Église anglicane ordonne prêtres des femmes. L’église catholique ne reconnaît pas comme valide ces ordinations.
Une première rencontre mondiale pour l’ordination de femmes catholiques a eu lieu à Dublin (29 juin-1er juillet 2001).
Le 29 juin 2002, le fondateur d’une communauté schismatique, nommé Romulo Antonio Braschi, a conféré l’ordination sacerdotale aux dames catholiques Christine Mayr-Lumetzberger, Adelinde Theresia Roitinger, Gisela Forster, Iris Müller, Ida Raming, Pia Brunner et Dagmar Braun Céleste, qui s’est présentée en cette circonstance sous le nom d’Angela White.
Une femme catholique mariée a voulu être ordonnée prêtre le 1er juillet 2005 à Lyon, sur un bateau naviguant sur la Saône et le Rhône, par trois femmes évêques venues d’Allemagne, d’Autriche et d’Afrique du sud. Elle est excommuniée par l’Église catholique.
Neuf femmes nord-américaines ont prétendu recevoir l’ordination sacerdotale ou le diaconat le 25 juillet 2005 lors d’une cérémonie présidée par Christine Mayr-Lumetzberger (Autriche) et Gisela Forster (Allemagne) devenues évêques au printemps 2003. L’événement se déroulera sur un bateau naviguant dans les eaux internationales du golfe du Saint-Laurent.
2. Enseignement du Vatican sur l’ordination des femmes
Depuis longtemps, l’Église a pris fermement position contre ce mouvement.
Sous le pontificat de Paul VI en 1976, la Congrégation pour la doctrine de la foi a formulé les fondements de la position de l’Église sur l’ordination des femmes.
Jean-Paul II, par sa Lettre apostolique "Ordinatio sacerdotalis" (22 mai 1994), à l’occasion des ordinations de femmes dans l’Église anglicane, a réaffirmé la position de l’Église catholique en affirmant que l’Église n’a pas le pouvoir de donner le sacrement de l’ordre, l’ordination à des femmes.
Le Pape François a écrit que : " Le sacerdoce réservé aux hommes, comme signe du Christ Époux qui se livre dans l’Eucharistie, est une question qui ne se discute pas, mais peut devenir un motif de conflit particulier si on identifie trop la puissance sacramentelle avec le pouvoir. Il ne faut pas oublier que lorsque nous parlons de pouvoir sacerdotal « nous sommes dans le concept de la fonction, non de la dignité et de la sainteté ».[73] Le sacerdoce ministériel est un des moyens que Jésus utilise au service de son peuple, mais la grande dignité vient du Baptême, qui est accessible à tous. La configuration du prêtre au Christ-Tête – c’est-à-dire comme source principale de la grâce – n’entraîne pas une exaltation qui le place en haut de tout le reste. Dans l’Église, les fonctions « ne justifient aucune supériorité des uns sur les autres ».[74] De fait, une femme, Marie, est plus importante que les évêques." (Evangelii gaudium, n.104).
L’excommunication des sept femmes catholiques ordonnées prêtres a été confirmée par la Congrégation pour la doctrine de la foi le 21 décembre 2002.
Place de la femme dans la société moderne et dans l’Église (1 - 5) Le fait de la tradition (6 - 8) L’attitude du Christ (9 - 12) La pratique des apôtres (13 - 16) Valeur permanente de l’attitude de Jésus et des apôtres (17 - 23) Le sacerdoce ministériel à la lumière du mystère du Christ (24 - 34) Le sacerdoce ministériel dans le mystère de l’Église (35 - 41)
Dans le rite byzantin, le dimanche après l'ascension commémore les 318 pères du concile de Nicée (325) qui définit le Credo trinitaire et la double nature de Jésus-Christ. Voici à ce sujet l'homélie prononcée ce 24 mai 2020 à l’abbaye de Chevetogne par le P. Ugo Zanetti et reproduite sur le site web du Père Simon Noël, osb:
Les textes de l’office n’ont cessé de louer les Pères de Nicée, dont nous fêtons la mémoire aujourd’hui, d’avoir délivré l’Église de l’hérésie d’Arius. C’est peut-être l’occasion pour nous de nous interroger sur ce que signifie la foi au Christ, Fils de Dieu fait homme, 2e personne de la Sainte Trinité, signifie pour nous-mêmes et pour notre salut. Nous ne cessons de répéter, dans le Credo, que « pour nous les hommes et pour notre salut, Il descendit du ciel, Il a pris chair de la Vierge Marie et s’est fait homme ». Et c’est bien sûr à partir de ce que Jésus lui-même nous a révélé que l’Église peut l’affirmer.
Mais pourquoi donc fallait-il que Dieu se fasse homme?
Le premier point à voir, c’est que Dieu est à peu près le contraire de ce qu’en pensent les hommes. Il suffit de voir ce que disent de Dieu les religions naturelles, et ce qu’en pensent les incroyants, qui s’imaginent que nous avons peur d’un dieu tout-puissant qui exercerait son pouvoir comme le ferait un dictateur, ou d’un père fouettard qui se chargerait de châtier tous nos manquements. Et nous devons bien constater que c’est une image que l’on retrouve aussi dans l’Ancien Testament (« celui qui punit les fautes des pères jusqu’à la troisième et quatrième génération » Ex 34,7 etc. etc.), et même quelque peu dans la terrible image du Jugement Dernier de l’évangile (Mt 25). Rien d’étonnant à cela: comme nous allons le dire, Dieu ne pouvait pas nous parler autrement qu’à travers un langage que nous pouvons comprendre, et Il a respecté le cheminement intellectuel de l’humanité, même s’il n’est pas le chemin le plus court pour arriver à la connaissance de Dieu…
Si nous pouvons résumer en quelques mots – une gageure ! – le message de Jésus, c’est d’abord que Dieu est Trinité ; même si nous ne pouvons pas réaliser vraiment ce que cela signifie, nous pouvons en comprendre au moins l’essentiel, à savoir que Dieu, tout en étant tout-puissant et absolument indépendant de qui et et quoi que ce soit, existant par lui-même, n’est pas un « isolé »; certes, Il est Dieu absolument indépendant, mais cette indépendance ne signifie pas absence de « relation », si l’on ose appliquer des termes humains à cette réalité qui nous dépasse infiniment.
Jésus nous a aussi appris que Dieu a voulu que cette relation s’exerce non seulement à l’intérieur de la Trinité divine, mais aussi avec des êtres créés, dont nous sommes. Et que, tout en étant tout-puissant, Dieu n’est pas celui qui domine, voire écrase, mais au contraire qu’Il est Amour (cf. 1 Jn 4,8), et que, justement parce qu’Il est amour, Il ne peut pas ne pas respecter entièrement la liberté de ceux qu’Il aime. Il la respecte tant et si bien qu’Il ne se permet pas de nous imposer quoi que ce soit, mais veut que nous acceptions librement son salut. C’est bien là le sens dernier du récit de la création et de l’histoire d’Adam et Ève dans la Genèse : Dieu a créé l’humanité pour être un partenaire, mais forcément un partenaire qui ne peut pas, par nature, être égal à Dieu, puisque créé par Lui – et l’humanité a refusé cette relation, car elle a voulu son indépendance totale (c’est bien là ce que suggère le serpent en disant à Ève : « si vous en mangez, vous serez comme des dieux » Gen 3,5), ce qui est une impossibilité radicale, puisque nous sommes des créatures ; c’est donc une illusion mortelle, et le fruit en sera, en effet, la mort.
« 29 mai 2020 ( LifeSiteNews ) - Mgr Georg Bätzing, Président de la Conférence épiscopale allemande, a insisté sur le fait que le rejet des femmes prêtres par les papes récents n'est pas concluant et qu'il doit y avoir plus de discussions «car la question est présente, au milieu de l'Église »!
D'autres projets mentionnés par lui sont la communion pour les protestants et une bénédiction pour ceux qui ne peuvent pas recevoir le sacrement du mariage - les couples homosexuels et les couples divorcés et civilement «remariés». Il propose de «transporter» les conclusions de la «voie synodale» qui se déroule actuellement en Allemagne à Rome, «au niveau de l'Église universelle».
"Ce qui est développé par le biais d'un synode doit également être clarifié et répondu avec l'aide d'un synode", a-t-il déclaré, "parce que c'est le nouvel élément qui est devenu fort sous le pape François." Cet évêque souhaite également changer le catéchisme de l'Église concernant la sexualité humaine.
S'exprimant avec la revue en ligne allemande Publik-Forum l'évêque du diocèse de Limbourg indique clairement qu'il n'y a pas d'alternative aux changements initiés par les évêques allemands, en collaboration avec l'organisation laïque catholique le Comité central des catholiques allemands (ZdK). Il a récemment été élu président de la Conférence épiscopale allemande, après que le cardinal Reinhard Marx, dans un geste surprenant, ait déclaré qu'il ne serait pas disponible pour un autre mandat.
La voie synodale allemande a été fortement critiquée pour avoir remis en question les enseignements de l'Église sur la sexualité (y compris l'homosexualité, la contraception et la cohabitation), l'ordination féminine et la hiérarchie cléricale de l'Église, ainsi que le célibat sacerdotal.
L'évêque auxiliaire Dominik Schwaderlapp, de Cologne, vient d'annoncer qu'il a retiré sa collaboration du forum de discussion sur la sexualité humaine puisque la majorité de ses membres sont contre l'enseignement de l'Église dans ce domaine. En outre, Mgr Rudolf Voderholzer, de Ratisbonne, vient de critiquer publiquement les méthodes «autoritaires» de la direction de la voie synodale - parmi eux Mgr Bätzing - qui a décidé, sans consulter l'Assemblée générale, d'établir des réunions de discussion régionales, ainsi que de ajouter un nouveau sujet - la crise corona - à la discussion.
«Si vous décidez de suivre une procédure participative», a déclaré Mgr Voderholzer, «il faut également s'y conformer et éviter d'agir de manière autoritaire et solitaire.»
Dans ce contexte, la nouvelle interview du chef de la Conférence épiscopale allemande revêt une importance particulière.
« La pandémie que nous vivons actuellement est un événement qui pose un immense défi à l’Église.
Nous en sommes réduits à espérer que le marasme dans lequel se trouve l’Église - en partie de par sa propre faute - ne mènera pas au naufrage définitif de cette barque baptisée « communauté ecclésiale » et qu’après la sortie du confinement il ne faille constater qu’il n’y a plus le moindre souffle d’air dans les voiles de la barque de Pierre pour faire avancer l’Église.
Certains se posent déjà la question : « L’annonce de l’Évangile est et doit rester la mission fondamentale de l’Église : mais comment mener à bien cette mission face aux divers contextes de la vie actuelle ? Dans une société gouvernée par le numérique, il n’est plus possible de négliger l’apprentissage d’une bonne maîtrise de tous les médias disponibles. Il ne s’agit pas simplement de contrôler une technologie, mais d’apprendre nouveau langage théologique capable d’exprimer les recherches et les succès des hommes de notre temps. Nombreux sont ceux qui se servent aujourd’hui de réseaux sociaux comme Facebook, Instagram, Twitter ou Youtube... Au point que l’on peut se demander dans quelle mesure l’annonce de l’Évangile est encore en relation avec un lieu donné, avec une communauté ecclésiale précise. Ces médias ont leurs propres lois, et on ne saurait échapper à une étude approfondie de leur adéquation à la situation actuelle et de leurs limites. » C’est en des termes de ce genre que des diocèses invitent leurs collaborateurs-trices à participer à des “formations” en leur demander de se munir de leurs tablettes et autres téléphones portables.
Je repense avec nostalgie à une époque où prêtres et diacres avaient dans leurs bagages, pour seul soutien de formation pastorale, une Bible, un Missel et un livret de chants usuels. En tant que prêtre, je me suis souvent demandé, ces dernières semaines, si ma mission première n’était pas de célébrer les sacrements au lieu de me préoccuper des divers moyens de communiquer en streaming ou de me demander si « je passe bien » à l’écran. Et j’en suis arrivé à une première conclusion, à savoir qu’au milieu de ces nombreuses heures passées devant mon ordinateur, je devais prioritairement dégager du temps pour prier mon chapelet.
Soyons clair : si un virus mortel se répand sur le monde entier, je me dois d’adopter un comportement responsable envers moi-même et les autres. Cette attitude relève d’une application pratique de l’amour du prochain. La distanciation physique et les divers moyens de désinfections sont des mesures importantes et non des élucubrations de quelques hypocondriaques. Je ne cherche pas à faire croire que les prières à elles seules peuvent vaincre efficacement toutes les infections, toutes les pandémies.
Ces derniers temps, les médias ont débordé du matin au soir de propositions de célébrations religieuses : on a pu, d’un seul clic, passer d’une messe à une autre, d’une célébration à une autre, d’un texte de prière à un autre... Mais ces propositions ont-elles été suivies d’effet sur le plan proprement catholique ? Cela reste à établir…
En Belgique, le déconfinement de la célébration du culte n’a apparemment fait, jusqu’ici, l’objet d’aucun examen sérieux avec les pouvoirs publics et, contrairement à leurs homologues français, les évêques belges n’ont, jusqu’à présent, dévoilé aucune indication sur la manière dont ils proposent d’avancer: prudence tactique, indifférence ou mollesse servile ?
L'impossibilité présente pour les catholiques de participer à la messe, sinon par des représentations virtuelles, incite plus d’un à vouloir retrouver au plus vite, à sa juste place, l’eucharistie réelle, absente de leur vie depuis plus de deux mois de confinement presque planétaire.
Le site web de « La Vie » publie aujourd’hui en ce sens une réflexion du Père Jean-Baptiste Nadler, curé de paroisse à Vannes et auteur des « Racines juives de la messe » (Ed. de l’Emmanuel) :
“Corps du Christ et chair de l’Église :
la messe est un mariage“
« Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous » (Jn 6,53). Alors que l’immense majorité des catholiques est actuellement empêchée de participer à la messe et de communier au corps du Christ, la liturgie de ces derniers jours nous a pourtant invités à manger la chair eucharistique du Fils de Dieu. Cruelle coïncidence !
Vu le principe de laïcité, sans doute le gouvernement français est-il dans son rôle lorsqu’il traite les principales religions sur le même plan en donnant ses consignes de reprise des « offices religieux ». Mais ce que la laïcité peut difficilement prendre en compte, c’est que ces diverses religions ont des conceptions très différentes les unes des autres de la notion de culte et des rassemblements religieux : les prières à la mosquée n’ont évidemment pas les mêmes significations ni règles que les offices à la synagogue, le culte au temple protestant n’est pas non plus la messe catholique. Ajoutons que toutes ont des traditions de prières domestiques, ce qui relève donc du cadre de la vie privée, et des prières dans le lieu du rassemblement des croyants – mosquée, synagogue, église – obéissant aux normes ERP (établissement recevant du public). Au sein d’une même religion, les croyants eux-mêmes ont des rapports différents à leur propre culte : tel pratique sa foi sans jamais mettre les pieds dans une église, tel autre ne manquera aucune messe mais ne priera guère dans le secret de sa chambre.
La messe est l’acte religieux le plus complet qui soit, et, parce que l’homme est « une âme dans un corps »
Exclu : Covid-19 et culte chrétien, une lettre du cardinal Sarah
Préfet de la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des Sacrements, le cardinal Robert Sarah a confié à l'Homme Nouveau la publication en langue française de sa lettre sur « sur le culte catholique en ces temps d’épreuves ».
Dans de nombreux pays, l’exercice du culte chrétien est perturbé par la pandémie de covid-19. Les fidèles ne peuvent se réunir dans les églises, ils ne peuvent participer sacramentellement au sacrifice eucharistique. Cette situation est source d’une grande souffrance. Elle est aussi une occasion que Dieu nous donne pour mieux comprendre la nécessité et la valeur du culte liturgique. Comme Cardinal Préfet de la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, mais surtout en profonde communion dans l’humble service de Dieu et de son Eglise, je désire offrir cette méditation à mes frères dans l’épiscopat et le sacerdoce et au peuple de Dieu pour essayer de tirer quelques enseignements de cette situation.
Un culte suspendu ?
On a parfois dit que, à cause de l’épidémie et du confinement décrété par les autorités civiles, le culte public était suspendu. Ce n’est pas exact.
Le culte public est le culte que rend à Dieu le Corps mystique tout entier, Tête et membres, comme le rappelle le concile Vatican II :
« Effectivement, pour l’accomplissement de cette grande œuvre par laquelle Dieu est parfaitement glorifié et les hommes sanctifiés, le Christ s’associe toujours l’Église, son Epouse bien-aimée, qui l’invoque comme son Seigneur et qui passe par lui pour rendre son culte au Père éternel. C’est donc à juste titre que la liturgie est considérée comme l’exercice de la fonction sacerdotale de Jésus Christ, exercice dans lequel la sanctification de l’homme est signifiée par des signes sensibles, est réalisée d’une manière propre à chacun d’eux, et dans lequel le culte public intégral est exercé par le Corps mystique de Jésus Christ, c’est-à-dire par le Chef et par ses membres. Par conséquent, toute célébration liturgique, en tant qu’œuvre du Christ prêtre et de son Corps qui est l’Église, est l’action sacrée par excellence dont nulle autre action de l’Église ne peut atteindre l’efficacité au même titre et au même degré » (Sacrosanctum Concilium 7).
Ce culte est rendu à Dieu chaque fois qu’il est offert au nom de l’Église par les personnes légitimement députées et selon les actes approuvés par l’autorité de l’Église (Code de Droit Canonique, c 834).