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Histoire - Page 5

  • Les bienheureux martyrs dominicains victimes des persécutions religieuses lors de la guerre civile espagnole (5 août)

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    D'Evangile au Quotidien :

    BBx Manuel Moreno Martínez, Maximino Fernández Marínas,
    Víctor García Ceballos, Eduardo González Santo Domingo
    Prêtres o.p. et martyrs en Espagne († 5 août 1936)

    Le 28 octobre 2007, le card. José Saraiva Martins, Préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints, représentant le Pape Benoît XVI, a présidé, à Rome, la Messe de béatification de 498 martyrs des “persécutions religieuses” de la guerre civile espagnole. Ces catholiques ont été tués dans diverses circonstances en 1934, 1936 ou 1937 ; parmi eux il y avait deux évêques, vingt-quatre prêtres, quatre cent soixante-deux religieux, trois diacres ou séminaristes et sept laïcs qui « versèrent leur sang pour rendre témoignage de l'Evangile de Jésus Christ…soient dorénavant appelés du nom de bienheureux et que leur fête soit célébrée chaque année le 6 novembre dans les lieux et selon les modalités établies par le droit. » (>>> Lettre du Pape Benoît XVI).

    Commémoration propre à l’Ordo Fratrum Praedicatorum :

    Manuel, né à Rincón de Soto (La Rioja) le 17 juin 1862, baptisé le 20, profession le 24 septembre 1878 au couvent d’Ocaña, profession solennelle le 30 septembre 1881 à Ávila. Encore diacre, en 1884 on l’envoie à Manille, où il termine ses études et est ordonné prêtre en juillet 1885. Envoyé aux missions de Chine (Fokien), il prêche l’évangile avec un grand zèle durant 26 ans; il écrit sur la Chine des récits du plus grand intérêt religieux et historique. Il est vicaire provincial de la mission de Fogan (en 1902 et 1906). Ensuite il exerce l’apostolat aux Philippines pendant 6 ans, au couvent Saint Dominique à Manille (1911-1913) et à Pampanga (1913-1917). De retour en Espagne en 1917, il vit dans divers couvents : Ávila (1917-1921), La Mejorada (1921-1931) comme confesseur des aspirantes et des moniales dominicaines d’Olmedo (Valladolid), chez qui il laisse une réputation de sainteté; puis il est à Santa María de Nieva (Segovia) (1931-1934), puis supérieur de la maison de Barcelone-Saint Gervais 1934-1935, où il est élu prieur d’Ocaña. Il avait un charme extraordinaire en raison de sa douceur et de sa largeur de jugement, sans rien perdre de son sérieux et de sa rigueur, il fit fleurir l’Ordre séculier dominicain à Ocaña.

    Bien qu’il se soit occupé de faire passer au Portugal les frères les plus âgés, le 22 juillet ils furent surpris par l’assaut du couvent où se trouvaient 32 religieux; sous sa responsabilité il laissa les frères partir où ils voulaient et leur donna de l’argent; les assaillants saccagèrent le couvent, profanèrent l’église, brûlèrent les images et les archives. Avec le P. Maximino Fernández et le frère Eduardo González, il se réfugia dans une maison, de laquelle il se préoccupa de ses subordonnés; ils restèrent là jusqu’au 5 août. Alors il décida d’aller à Madrid chercher un hébergement pour tous. A la gare d’Ocaña on leur donna un sauf-conduit qui en réalité menait à la mort. Ils furent emprisonnés à la « poste de Cuenca »; arrivés à la gare de Madrid-Atocha, ils furent arrêtés et fusillés. Ils moururent en criant « Vive le Christ Roi ! Vive l’Église catholique! ». Il avait 74 ans.

    Maximino, naît à Castañeo (Asturies) le 2 novembre 1867. Profession à Ocaña (Tolède) le 9 septembre 1885, profession solennelle à Ávila le 9 septembre 1888. Envoyé aux Philippines en 1892, ordonné prêtre à Manille en1893. Il reste 6 ans à Cagayán, au nord de Luzón. En 1898, au cours de la guerre d’indépendance des Philippines, il fut arrêté et maltraité. Libéré en 1899, il revient à Manille et de là, très malade, il s’embarque pour l’Espagne en 1902. Il passe deux ans à Ocaña, puis est envoyé au collège Santa María de Nieva (Segovia). En 1914 il est nommé vicaire provincial en Espagne, puis visiteur des maisons de la vicairie. En 1919 il va en Italie, où il est confesseur dans les sanctuaires de Pompéi et Madonna dell’Arco ; économe et sacristain au couvent de la Trinité à Rome (1919-1920). De retour en Espagne (septembre 1920), il réside à Ocaña, sauf pour des missions: chapelain des moniales dominicaines de Santa Inés, à Saragosse (1927-1931); directeur de retraites spirituelles chez les dominicaines d’Olmedo (Valladolid) et Ajofrín (Toledo).
    En mai 1936, il retourne à Ocaña pour protéger les Pères âgés. Le 22 juillet, au début de la guerre, le couvent fut attaqué. Blessé mortellement à la gare Atocha à Madrid, le 5 août, il est transporté à demi-inconscient à l’hôpital près de la gare, avec 11 balles dans le corps. Il meurt 10 jours plus tard, le 15 août, après un supplice atroce, au milieu du plus grand abandon et des moqueries.

    Victor, naît à Carrión le 24 juillet 1880, prêtre au couvent d’Ocaña. Le 22 juillet 1936 les milices pillèrent le couvent et les frères durent fuir; le P. Víctor se réfugia chez le vicaire d’Ocaña. Mais les frères ne se sentent pas en sécurité et pensent qu’ils seraient mieux à Madrid avec d’autres frères. Le 4 août ils cherchèrent un sauf-conduit pour rejoindre leurs frères de Madrid, une sœur malade se joignit à eux, et une femme qui l’accompagnait. Le lendemain ils prirent le train, mais le sauf-conduit s’avéra être un piège car il ordonnait de les tuer en chemin. À l’arrivée à la gare d’Atocha, ils furent assassinés, mais les deux femmes purent se sauver et témoigner de l’événement. Du P. Víctor García on garde à Carrión des bannières qu’il peignit pour les processions.

    Eduardo, naît à Ávila le 5 janvier 1884 ; baptisé le 13, confirmé en 1891. Orphelin de père à 3 ans, sa mère (tertiaire dominicaine) dut travailler comme employée de maison chez Antonio Mata, chapelain des carmélites de San José, qui l’emmena à la résidence provinciale d’Ávila. À 11 ans il revint chez sa mère. Après un temps à Ocaña, il fit profession comme frère coopérateur à Ávila le 27 décembre 1914. Il travailla fidèlement aux offices de sa profession au collège de La Mejorada (1917-1923), Ocaña (1924), Ávila (1925-1930), maison de la Passion à Madrid (1932-1933), couvent du Rosaire, aussi à Madrid (1935-1936). Plein de bonté, travailleur et charitable, joyeux, recueilli et humble. Il se rendait très bien compte de l’hostilité antichrétienne qui régnait à Madrid depuis le début de 1936, il prévoyait le martyre et même le désirait. Le 6 juin il fut nommé à Ocaña, où le 22 juillet il fut victime de l’assaut du couvent. Il alla à Madrid avec les pères Maximino Fernández, Manuel Moreno et Víctor García Ceballos et mourut, avec eux, le 5 août 1936. Il avait 52 ans.

    BBx Manuel Moreno et comp.
  • Saint Pierre Favre, premier prêtre jésuite (2 août)

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    Saint Pierre Favre sj (site des jésuites d'Europe occidentale francophone)

    saint pierre favre

    Ignace de Loyola disait de Pierre Favre qu’il était celui qui donnait le mieux les Exercices spirituels. C’était un homme de Dieu, passionné de la conversation pour “aider les âmes” et favoriser la conversion des cœurs. Pierre Favre est le patron de la Province d’Europe Occidentale Francophone.

    Pierre Favre naît en Savoie en 1506, au village du Villaret ; c’est là qu’il grandit gardant les troupeaux de ses parents. A partir de 1525, il vient étudier à Paris où il a comme compagnons de chambre François-Xavier et Ignace de Loyola ; celui-ci se l’adjoint comme le premier de tous ses compagnons.

    Ordonné prêtre en 1534, il est le premier prêtre de la Compagnie et est l’un des théologiens envoyés par Ignace au Concile de Trente. Sur l’ordre du Souverain Pontife, il parcourt à pieds la France, l’Italie et l’Allemagne, et travaille efficacement à la restauration catholique.

    Il meurt épuisé à Rome le 1er août 1546 et est béatifié par Pie IX en 1872. Il est canonisé en décembre 2013 par le pape François.

    saint pierre favre
    saint pierre favre
    pierre favre
  • La conférence de presse du pape dans l'avion de retour du Canada (texte intégral)

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    De Catholic News Agency :

    Texte intégral : Conférence de presse du Pape François en vol depuis le Canada

    Le pape François s'adressant aux journalistes sur le vol entre le Canada et Rome, Italie, le 30 juillet 2022 | Vatican Media

    Salle de presse de Rome, 30 juillet 2022

    Le pape François est rentré à Rome samedi après un voyage d'une semaine au Canada. Du 24 au 30 juillet, le pape s'est rendu à Edmonton, au Québec et à Iqaluit dans le cadre de ce qu'il a appelé un "pèlerinage pénitentiel" pour présenter ses excuses aux communautés autochtones du pays.

    Vous trouverez ci-dessous la transcription complète de la conférence de presse du pape François sur le vol d'Iqaluit, au Canada, vers l'Italie.

    Pape François : Bonsoir et merci pour votre accompagnement, pour votre travail ici. Je sais que vous avez travaillé dur, et je vous remercie pour la compagnie. Merci.

    Matteo Bruni, directeur du bureau de presse du Saint-Siège : Bien, la première question ce soir est de Ka'nhehsíio Deer, un journaliste canadien d'origine inuit.

    Ka'nhehsíio Deer, CBC Radio [en anglais] : Mon nom est Ka'nhehsíio Deer. Je suis journaliste à CBC Indigenous. En tant que descendante d'un survivant des pensionnats, je sais que les survivants et les familles veulent voir des actions concrètes dans vos excuses, y compris l'annulation de la " doctrine de la découverte ". Étant donné que cette doctrine est toujours ancrée dans la Constitution et les systèmes juridiques du Canada et des États-Unis, où les peuples autochtones continuent d'être dépossédés et privés de leur pouvoir, n'avez-vous pas raté l'occasion de faire une déclaration lors de votre voyage au Canada ?

    Le pape François : Sur la dernière partie, je ne comprends pas le problème.

    Ka'nhehsíio Deer : C'est juste que les peuples autochtones sont encore aujourd'hui dépossédés et privés de leur pouvoir, vous savez, comme si leurs terres leur avaient été enlevées à cause de ces bulles papales et du concept de la doctrine de la découverte. 

    Quand je parle aux autochtones, ils racontent souvent que lorsque les gens sont venus coloniser les Amériques, il y avait cette - la doctrine de la découverte était quelque chose qui donnait le concept que les peuples autochtones de ces terres étaient inférieurs aux catholiques, et c'est ainsi que le Canada et les États-Unis sont devenus des pays. 

    Pape François : Merci pour cette question. Je pense que c'est un problème de chaque colonialisme, chaque - même les colonisations idéologiques d'aujourd'hui ont le même schéma. Ceux qui n'entrent pas dans leur voie ont des manières qui sont inférieures. Mais je veux développer ce point. Ils n'étaient pas seulement considérés comme inférieurs. Un théologien un peu fou se demandait s'ils avaient une âme. 

    Lorsque Jean-Paul II s'est rendu en Afrique, dans le port où les esclaves ont été embarqués, il a fait un signe pour que nous arrivions à comprendre le drame, le drame criminel. Ces personnes ont été jetées dans le navire dans des conditions terribles, puis elles ont été esclaves en Amérique. Il est vrai qu'il y avait des voix qui s'exprimaient, comme Bartolomé de las Casas par exemple ou Pierre Claver, mais elles étaient la minorité.

    La conscience de l'égalité humaine est venue lentement. Et je dis conscience parce que dans l'inconscient, il y a encore quelque chose. Nous avons toujours - permettez-moi de le dire - une attitude colonialiste consistant à réduire leur culture à la nôtre. C'est quelque chose qui nous arrive dans notre mode de vie développé ; parfois nous perdons les valeurs qu'ils ont.

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  • Le remède à la "grande démission" : puiser dans les racines de notre histoire et de notre identité

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    D'Edouard Tetreau sur le site du Figaro via Artofuss.blog :

    Grande Démission, comment réveiller l’Occident endormi?

    28 juillet 2022

    TRIBUNE – Fuir une réalité devenue trop complexe, où l’on se croit battu d’avance, est devenu un phénomène courant dans les démocraties occidentales, analyse finement l’essayiste. Pour espérer rebondir collectivement, il faut, selon lui, puiser dans les racines de notre histoire et de notre identité.


    Dernier ouvrage paru d’Édouard Tétreau: «Les États Généraux en 2022» (L’Observatoire, 2020).


    Le phénomène n’épargne aucun pays du monde occidental. On l’appelle «The Big Quit» aux États-Unis ; plus élégamment «The Great Resignation» ; la «grande démission» en France: cette épidémie de bras baissés, d’aquoibonisme, de démissions de postes. Tous les secteurs de nos économies et sociétés occidentales sont touchés, du BTP à l’hôtellerie en passant par les banques, aux rémunérations élevées et conditions de travail peu éprouvantes. Idem pour les métiers essentiels: à l’exception notable des armées, dans l’Éducation nationale, les hôpitaux, la police, les difficultés de recrutement sont croissantes. Et inquiétantes pour la société qu’elles préparent demain.

    La «grande démission», cette forme d’abattement collectif que nous vivons aujourd’hui, touche jusqu’aux sommets de nos démocraties occidentales. Face aux événements et aux partis extrêmes qu’ils ont cru pouvoir contenir, Boris Johnson lâche prise ; Joe Biden lit son prompteur ad nauseam ; Mario Draghi démissionne ; Justin Trudeau fait semblant de gouverner avec une coalition minoritaire au pouvoir. Le chancelier allemand Olaf Scholz écoute beaucoup mais ne décide de rien, emberlificoté dans une grande coalition sans direction ni vision autre que la conservation du pouvoir. Détaché de la campagne présidentielle, absent de la campagne législative, Emmanuel Macron ne déroge pas à la règle. Son apparent coup de fatigue ou «powerblues» – le pouvoir, mais pour quoi faire au juste? – suggère que le président de la République, à l’image de tous ses pairs, et de l’ensemble des démocraties occidentales, vit un moment d’affaissement, de doute, de perte de sens.

    La tentation de Venise ou du métavers: fuir une réalité devenue trop complexe, où l’on se croit battu d’avance. À quoi bon travailler plus, l’État est là pour subvenir à nos besoins essentiels? À quoi bon économiser: nous ne rembourserons jamais nos dettes. Pourquoi avoir et élever des enfants dans un monde qui en compte déjà trop, disent les statistiques des taux de natalité dans les nouvelles générations? Et que peuvent faire nos petits bras verts face aux dérèglements du climat, dont les principaux sponsors sont la Chine, l’Inde, les États-Unis, et maintenant l’Allemagne avec ses centrales à charbon? Cultivons notre jardin, concluait le Candide de Voltaire. Deux mille ans d’histoire pour finir au rayon bricolage.

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  • Un musée pour les victimes du communisme à Washington

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    De Marco Respinti sur Bitter Winter :

    Un musée pour les victimes du communisme à Washington, D.C.

    28/07/2022

    Le musée inauguré le mois dernier par la Fondation pour le mémorial des victimes du communisme reconstitue la catastrophe la plus meurtrière de l'histoire de l'humanité.

    The wall of remembrance at the Victims of Communism Museum (all photographs by Marco Respinti).
    Le mur du souvenir au Musée des Victimes du Communisme (toutes les photos sont de Marco Respinti).

    Il est important que les spécialistes débattent des statistiques et des critères, mais une chose ne fait aucun doute : Le communisme est la catastrophe humaine la plus meurtrière de toute l'histoire, et le parti communiste chinois a tué à lui seul plus d'êtres humains que quiconque. Environ 1,5 milliard de personnes souffrent encore sous le régime communiste. De dures persécutions communistes se poursuivent dans plusieurs pays, dont un qui siège parmi les cinq membres du Conseil de sécurité des Nations unies, la Chine. Il est courant, et pas illégal, de voir des partis communistes dans des parlements démocratiques et des symboles communistes affichés sans aucune honte, alors que, bien entendu, une promotion similaire de l'idéologie nazie est interdite et impensable, à juste titre.

    Un rappel fondamental de cette tragédie est le Musée des Victimes du Communisme à Washington, D.C. Une initiative de la Fondation du Mémorial des Victimes du Communisme (VCMF), il a été inauguré le 13 juin 2022.

    Le compteur de victimes de la vidéo d'introduction de la première salle affiche des chiffres stupéfiants. " Révolution ", " guerre ", " persécution ", " génocide " : ces mots clés guident les pas des visiteurs au sol. Le rouge, comme le sang, prédomine sur toutes les autres couleurs dans les panneaux, les légendes et les photos. Enfin, dans la dernière salle, une supplique se substitue aux accusations. "Souvenez-vous de nous", disent les photographies accrochées aux murs. La plupart sont des héros et des victimes décédés, certaines sont des témoignages vivants. Parmi eux, je reconnais des amis de l'hiver amer comme Rushan Abbas, président de la Campagne pour les Ouïghours à Washington, D.C., et Dolkun Isa, président du Congrès mondial ouïghour à Munich, en Allemagne.

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  • Premiers assauts contre le wokisme, cette religion du politiquement correct

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    De Cyril de Beketch sur le site de Valeurs Actuelles :

    La guerre contre le wokisme a commencé

    Depuis ses origines, il a petit à petit tout contaminé. Néanmoins, si ses domaines de nuisance sont infinis, on observe les premiers assauts contre cette religion du politiquement correct.

    28 juillet 2022

    C’est au pied d’un arbre, en pleine méditation, que les adeptes du “réveillisme” ont trouvé leur première tête d’affiche en la personne de Bouddha (“l’Éveillé” en sanskrit). Et avec lui, l’idée de la “pleine conscience” dont découle la libération de l’individu. On attendra ensuite 2 400 ans et la sortie du Réveil du Nègre par Booker Washington pour que l’idée de l’émancipation des Noirs par la prise de conscience adopte des allures de manifeste politique. Et l’exercice restera ainsi très concentré autour de l’afro-américanisme jusqu’aux années 2000. C’est d’ailleurs en 2008 que la première utilisation moderne du terme “ woke” apparaît dans un album de la chanteuse de musique soul Erykah Badu. Cependant, contre toute attente, c’est pour s’insurger contre le traitement réservé à des activistes punk en Russie, les Pussy Riot. Voici la genèse (ramassée) quasi officielle du wokisme qui, prenant la suite de la lutte légitime pour les droits civiques des Noirs aux États-Unis, va s’appliquer à identifier toutes les potentielles discriminations que fait peser la majorité sur le champ infini des minorités.

    En vérité, cette volonté d’abattre tous les “carcans” de la société au nom de la justice sociale et des libertés trouve son véritable essor dans la culture populaire dès les années 1960. À la télévision, notamment avec des programmes réservés à la jeunesse. Comme dans la série Star Trek où, sous couvert de science-fiction, à partir de 1966, toutes les avancées sociétales, toutes les “expériences” sont proposées et font voler en éclats les tabous de l’époque. Qu’il s’agisse des unions interraciales, de l’homosexualité, de la place de la femme dans la société : tout passe au tamis fin des “libérateurs” de la pop culture télévisuelle.

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  • Marthe : de Béthanie à Tarascon (29 juillet)

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    Marthe de Béthanie (d'Anne Bernet sur le site de l'Homme Nouveau)

    Il est des inconnus célèbres ; Marthe de Béthanie, que l’Église fête le 29 juillet, en fait partie. D’elle, curieusement, l’on se souvient d’abord parce qu’elle s’est attirée le doux reproche de Jésus, alors qu’elle s’activait à préparer le souper pour les disciples et Lui et se plaignait que Marie, sa sœur, assise aux pieds du Maître, la laissât vaquer seule aux préparatifs : « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes pour beaucoup de choses … Une seule suffit. Marie a choisi la meilleure place ; elle ne lui sera pas enlevée. » Dès lors, l’hôtesse attentive et zélée, patronne des maîtresses de maison, s’est muée, dans les mémoires, en une activiste trop facile à opposer à sa sœur la contemplative.

    Et pourtant, y prend-on garde ? C’est cette même Marthe qui, peu après, devant le tombeau de Lazare, s’écrie  :

    Seigneur, si Tu avais été là, mon frère ne serait pas mort, mais, même maintenant, je sais que, quoi que Tu demandes à Dieu, Il Te l’accordera. »

    et s’entendant répondre :

    - Je suis la Résurrection et la Vie. Celui qui croit en Moi, même s’il meurt, vivra, et quiconque vit et croit en Moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ?»,

    a ce cri d’une foi inébranlable, stupéfiant dans la bouche d’une Juive pieuse :

    « Oui, Seigneur, je crois que Tu es le Christ, le Fils de Dieu qui devait venir en ce monde ! »,

    affirmation qui arrache à Jésus Son plus écrasant miracle avant Sa propre résurrection.

    La foi de Marthe

    Pourquoi n’est-ce pas de la foi de Marthe que l’on se souvient ? Au point que certains exégètes, dans leur admiration pour Marie et leur mépris pour elle, n’hésitent pas à écrire que la confiance de la pécheresse repentie était plus grande puisqu’elle n’avait pas jugé utile de se rendre au tombeau réclamer un secours dont, d’avance, elle était assurée ? Et d’ailleurs, pourquoi vouloir toujours et à tout prix opposer les deux sœurs, en vérité si profondément complémentaires ? De Marthe, l’évangile ne dira plus rien ; la Tradition prendra le relais.

    En 41, Hérode Agrippa déclenche contre la jeune Église de Jérusalem une persécution sanglante dans laquelle périra l’apôtre Jacques le Majeur, frère de Jean. Pierre lui-même échappera par miracle à la mort, un ange l’ayant fait évader de prison. Dès lors, et suivant le conseil évangélique de « fuir dans une autre ville quand on vous persécute », la communauté chrétienne hiérosalémite se disperse.

    C’est en Provence que l’on retrouve Marie, Marthe, Lazare, Rufus, l’un des fils de Simon de Cyrène, Marie Jacobée et Marie Salomé, débarqués en Camargue, dans le grand port romain qu’étaient alors les Saintes Maries de la Mer.

    Voilà quelques années, il était de bon ton de ricaner en évoquant ce que les beaux esprits qualifiaient de légende pieuse. Or, il y a peu, Mgr Dufour, archevêque d’Aix, me disait, dans l’entretien qu’il m’accordait pour Radio Fidélité Mayenne, qu’il prêtait crédit à cette tradition, certes impossible à appuyer sur des preuves documentaires mais parfaitement en accord avec ce que l’Histoire sait de la première implantation du christianisme en Gaule, par la Provence puis la vallée du Rhône.

    Reste à savoir comment les saintes femmes et les disciples y abordèrent.

    Rendez-vous en Provence

    La légende veut qu’Hérode ait fait embarquer ces gêneurs dans une barque sans voile ni gouvernail abandonnée au large, dans la certitude qu’elle ne tarderait pas à couler. À deux cents ans de là, ce serait la méthode, attestée cette fois, qu’utiliseraient les autorités de Nicomédie pour se débarrasser en masse d’une des chrétientés les plus florissantes de l’empire … Rien d’invraisemblable dans ce récit. Reste qu’au lieu de sombrer, « poussée par les anges » et des vents favorables, l’embarcation traversa la Méditerranée et accosta en Gaule.

    Pour Olivier Joachim, qui propose avec Marthe de Béthanie, le pouvoir de l’Amour, (Artège, 95 p, 9,90 €), une vie très romancée de la sainte, il faudrait voir dans cette issue heureuse, non un miracle, éventualité que l’auteur n’aime pas, lui qui n’hésite pas, contre le récit évangélique, à réduire à néant la résurrection de Lazare, mais une intervention bénéfique de Claudia Procula, l’épouse de Pilate, qui aurait soudoyé le patron du remorqueur chargé de tracter l’embarcation au large et payé afin que les condamnés échappent à leur sort …

    Peu importe si, à cette date, Pilate et son épouse avaient quitté depuis plus de douze ans la Judée, où Procula n’avait aucune possibilité de revenir, fût-ce, comme le romancier l’imagine, afin de rassembler, bien tardivement, les documents destinés à innocenter son mari.

    Reste, à l’intention des esprits forts, une autre hypothèse et c’est que le petit groupe de fidèles, désireux d’échapper à Hérode, ait payé son passage vers l’Europe … Quoiqu’il en soit, les voilà en Provence où ils se disperseront entre Marseille, Aix, Avignon, et Tarascon, pour Marthe, ville où elle aurait accompli son plus grand exploit.

    Marthe de Tarascon

    Selon Olivier Joachim, qui imagine l’agression et le viol de Marthe par des brigands, et le meurtre de ceux-ci par les braves paysans du coin, indignés du sort fait à la sainte, « le monstre » ne serait qu’une allusion à la violence déchaînées dans le coin. Cela rejoint l’affirmation, qui eut son heure de gloire, selon laquelle tous les dragons et monstres vaincus par les évangélisateurs seraient des représentations du démon et des cultes païens éradiqués.

    Pourtant, voilà une quinzaine d’années, des érudits provençaux proposèrent, du mythe de la Tarasque, une explication étonnamment plausible. Selon eux, l’un des lourds chalands qui remontaient le Rhône aurait fait naufrage devant Tarascon, accident fréquent, l’archéologie en apporte régulièrement la preuve. La nef transportait des bêtes destinées aux chasses d’un amphithéâtre. Parmi elles, se serait trouvé un très gros crocodile du Nil, comme il en reste de rares spécimens dans la région des grands lacs africains, alors nombreux en Égypte. Le saurien, réchappé de la catastrophe, se serait acclimaté et aurait commencé à dévorer, outre du bétail, les enfants descendus se baigner dans le Rhône et les femmes venues laver leur linge. Il n’est pas inintéressant de noter que la plupart des légendes concernant des monstres aquatiques dévoreurs sont, en France, nées à proximité d’anciennes cités romaines qui possédaient des amphithéâtres …

    Marthe, en bonne Orientale, n’aurait pas eu de mal à identifier la bête et, sachant que, repu, le crocodile digère au soleil sans plus guère montrer d’agressivité, en aurait profité pour le capturer. Hypothèse plausible, mais qui réclame tout de même une belle dose de courage et de confiance en Dieu … Après cet exploit, elle aurait fini ses jours entourée de la vénération générale, transmettant sans peine le message évangélique, et repose toujours à Tarascon où il est loisible de venir la vénérer.

    Pour ma part, c’est une version que je préfère à celle de M. Joachim qui fait de sainte Marthe, cette « valeureuse migrante », une pionnière de la différence, du « vivre ensemble », du métissage. Quant au message qu’elle aurait transmis aux populations locales, assez sages pour ne pas « se fermer à cet ailleurs et détruire la bifurcation fondatrice d’un monde nouveau », il se bornerait à un reflet de l’enseignement humaniste d’un maître dont, au fond, elle ne garantissait pas la résurrection ni la divinité … Et cela aurait suffi, vraiment, à « changer de manière décisive la face du continent » ?

  • Des excuses insuffisantes ?

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    De CBS.NEWS.com :

    Le gouvernement canadien estime que les excuses du pape ne sont pas suffisantes pour les abus commis à l'encontre des enfants autochtones.

    Le gouvernement canadien a clairement indiqué mercredi que les excuses présentées par le pape François aux peuples autochtones pour les abus commis dans les pensionnats administrés par l'église du pays n'allaient pas assez loin, suggérant que la réconciliation sur cette histoire difficile est toujours en cours.

    La réaction officielle du gouvernement est intervenue alors que François est arrivé à Québec pour rencontrer le Premier ministre Justin Trudeau et la gouverneure générale Mary Simon à sa résidence de Québec, la Citadelle, deuxième étape de la visite d'une semaine de François au Canada.

    Les critiques du gouvernement font écho à celles de certains survivants et concernent l'omission par François de toute référence aux abus sexuels subis par les enfants autochtones dans les écoles, ainsi que sa réticence initiale à désigner l'Église catholique comme institution responsable.

    François a déclaré qu'il effectuait un "pèlerinage de pénitence" pour expier le rôle de l'Église dans le système des pensionnats, dans lequel des générations d'enfants indigènes ont été arrachés de force à leur foyer et contraints de fréquenter des pensionnats gérés par l'Église et financés par le gouvernement pour les assimiler à la société chrétienne canadienne. Le gouvernement canadien a déclaré que les abus physiques et sexuels étaient monnaie courante dans ces écoles et que les élèves étaient battus pour avoir parlé leur langue maternelle.

    Lundi, François a présenté ses excuses pour le "mal" du personnel ecclésiastique qui travaillait dans ces écoles et pour l'effet "catastrophique" du système scolaire sur les familles indigènes. Dans un discours prononcé mercredi devant les autorités gouvernementales, François a présenté de nouvelles excuses et a qualifié le système scolaire de "déplorable".

    Francis a noté que le système scolaire était "promu par les autorités gouvernementales de l'époque" dans le cadre d'une politique d'assimilation et d'émancipation. Mais répondant aux critiques, il a ajouté que "les institutions catholiques locales ont joué un rôle" dans la mise en œuvre de cette politique.

    Les peuples autochtones demandent depuis longtemps que le pape assume la responsabilité non seulement des abus commis par des prêtres et des ordres religieux catholiques individuels, mais aussi du soutien institutionnel de l'Église catholique à la politique d'assimilation et de la justification religieuse du XVe siècle par la papauté de l'expansion coloniale européenne visant à répandre le christianisme.

    Plus de 150 000 enfants autochtones du Canada ont été arrachés à leur foyer entre le 19e siècle et les années 1970 et placés dans des écoles dans le but de les isoler de l'influence de leur famille et de leur culture.

    M. Trudeau, un catholique dont le père, Pierre Trudeau, était premier ministre à l'époque où les derniers pensionnats étaient en activité, a insisté sur le fait que l'Église catholique en tant qu'institution était à blâmer et devait faire davantage pour se racheter.

    S'exprimant devant François, il a noté que la Commission de vérité et de réconciliation du Canada avait demandé en 2015 que des excuses papales soient présentées sur le sol canadien, mais que la visite de François "n'aurait pas été possible sans le courage et la persévérance" des survivants des Premières nations, des Inuits et des Métis qui se sont rendus au Vatican au printemps dernier pour réclamer des excuses.

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  • A propos du mea culpa du pape François au Canada

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    De Roberto de Mattei sur Corrispondenza Romana :

    A propos du mea culpa du pape François au Canada

    27 juillet 2022

    L'Église catholique, fidèle au mandat de son divin Maître : "Allez dans le monde entier, prêchez l'Évangile à toute créature" (Mc 16, 15), a accompli, depuis sa fondation, une grande œuvre missionnaire, par laquelle elle a apporté au monde non seulement la foi, mais aussi la civilisation, en sanctifiant les lieux, les peuples, les institutions et les coutumes. Grâce à cette œuvre, l'Église a également civilisé les peuples des deux Amériques, qui étaient plongés dans le paganisme et la barbarie.  

    Au Canada, la première mission jésuite parmi les peuples iroquois, dirigée par le père Charles Lallemant (1587-1674), débarque au Québec en 1625. Une nouvelle mission arrive en 1632, dirigée par le père Paul Le Jeune (1591-1664). Le père Jean de Brébeuf (1593-1649), est revenu en 1633 avec deux pères. De cabane en cabane, ils ont commencé à enseigner le catéchisme aux enfants et aux adultes. Mais certains sorciers ont convaincu les Indiens que la présence des pères provoquait des sécheresses, des épidémies et tout autre malheur. Les Jésuites décident alors de protéger les catéchumènes en les isolant dans des villages chrétiens. Le premier a été construit à quatre miles de Québec. Il avait son fort, sa chapelle, ses maisons, son hôpital et la résidence des Pères.

    Dans le même temps, certains volontaires se sont proposés pour convertir les Indiens : Sainte Marie de l'Incarnation Guyart Martin (1599-1672), une Ursuline de Tours, qui avait fondé avec deux autres religieuses un pensionnat à Québec pour l'éducation des enfants indiens ; Madame Marie-Madeleine de la Peltrie (1603-1671), une veuve française, qui avait créé avec quelques sœurs hospitalières de Dieppe un hôpital, également à Québec ; les membres de la Société de Notre-Dame qui, aidés par le prêtre sulpicien Jean-Jacques Olier (1608-1657) et la Compagnie du Saint-Sacrement, ont construit Ville Marie en 1642, d'où naîtra Montréal.  

    Les Indiens Iroquois, cependant, se sont avérés être catégoriquement hostiles. Ils avaient horriblement mutilé le père Isaac Jogues (1607-1646) et son coadjuteur René Goupil (1608-1642) en versant sur eux des charbons ardents. En mars 1649, les Iroquois martyrisent les Pères de Brébeuf et Gabriel Lallemant (1610-1649). Le père Brébeuf est transpercé de tiges chauffées au rouge et les Iroquois lui arrachent des lambeaux de chair qu'ils dévorent sous ses yeux. Alors que le martyr continuait à louer Dieu, ils lui ont arraché les lèvres et la langue et lui ont enfoncé des braises dans la gorge. Le père Lallemant a été torturé immédiatement après avec encore plus de férocité. Puis un sauvage lui fracassa la tête avec une hache et lui arracha le cœur, buvant son sang, pour assimiler sa force et son courage. Une autre vague de haine fait deux nouveaux martyrs en décembre, les pères Charles Garnier (1605-1649) et Noël Chabanel (1613-1649). Les huit missionnaires jésuites, connus sous le nom de "martyrs canadiens", ont été proclamés bienheureux par le pape Benoît XV en 1925 et canonisés par le pape Pie XI en 1930.

    Ces épisodes font partie de la mémoire historique du Canada et ne peuvent être oubliés. Le pape François, en tant que jésuite, devrait connaître cette épopée, racontée, entre autres, par son confrère le père Celestino Testore, dans son livre 'I santi martiri canadesi', paru en 1941 et réédité en Italie par l'éditeur Chirico en 2007.

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  • Le pape au Canada : entre excuses et mérites de l'Église

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    De Nico Spuntoni sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    Le pape au Canada, entre excuses et mérites de l'Église

    27-07-2022

    Dans son discours à Edmomton, Francis, parlant du système des pensionnats qu'il a qualifié de "catastrophique", a toutefois également reconnu que la "charité chrétienne" était "présente" et qu'il y avait "pas mal de cas exemplaires de dévouement aux enfants".

    Depuis le Canada, François a également porté un coup aux soi-disant traditionalistes lorsque, au cours de la messe célébrée au Commonwealth Stadium d'Edmonton, il a déclaré que "la vraie tradition s'exprime dans une dimension verticale : de bas en haut" et qu'elle ne doit pas être confondue avec la culture de "la marche en arrière" qui est "un refuge égoïste qui ne fait rien d'autre qu'envelopper le présent et le préserver dans la logique du "cela a toujours été fait de cette façon"". 

    Entre-temps, la troisième journée de François au Canada s'achèvera - avec l'une des étapes les plus attendues, le pèlerinage au lac Sainte-Anne. Rebaptisé à la fin du XIXe siècle par des missionnaires catholiques, ce lieu attire chaque année des milliers de catholiques autochtones (mais pas seulement) venus de tout le continent.

    D'autre part, le leitmotiv de ce 37e voyage apostolique a été la réconciliation avec les communautés autochtones canadiennes après la découverte de la page noire des pensionnats confiés à des institutions catholiques. Un pèlerinage pénitentiel", avait présenté le pape avant le départ et également dans le vol avant l'atterrissage. Il l'a confirmé lors de sa deuxième journée sur le sol nord-américain avec les rencontres de lundi avec les Premières nations, les Métis et les Inuits. Le pontife a condamné les "politiques d'assimilation et d'émancipation" qui ont caractérisé l'histoire du Canada et dont les pensionnats, actifs à la fin du XIXe et à la fin du XXe siècle, faisaient partie. Le pape a demandé pardon pour "la manière dont de nombreux membres de l'Église et des communautés religieuses ont coopéré, même par indifférence, à ces projets de destruction culturelle et d'assimilation forcée par les gouvernements de l'époque, qui ont culminé avec le système des pensionnats.

    Bien que l'on dise de nos jours que l'Église catholique n'a jamais présenté d'excuses officielles pour les abus documentés et les politiques d'enlèvement d'enfants qui ont été mis en œuvre dans ces établissements, il faut se rappeler que dans un mémoire présenté à une commission sur les peuples autochtones en novembre 1993 la Conférence des évêques canadiens avait déjà reconnu que "les différents types d'abus subis dans certains pensionnats nous ont poussés à un profond examen de conscience en tant qu'Église" et, deux ans plus tôt, les évêques avaient également publié une déclaration dans laquelle ils se disaient "profondément désolés pour la douleur, la souffrance et l'aliénation que tant de personnes ont vécues" dans ces écoles.

    Dans son discours de lundi à Edmomton, François a évoqué l'impact de l'arrivée des Européens sur le Nouveau Monde, affirmant que, dans une large mesure, le développement d'une "rencontre fructueuse de cultures, de traditions et de spiritualité" qui aurait pu être une opportunité n'avait pas eu lieu. Dans l'histoire de la colonisation du Canada, cependant, le meilleur visage a souvent été celui des missionnaires catholiques, qui ont souvent été les premiers à se lever pour défendre les droits humains des populations autochtones. Le Saint-Père lui-même, parlant du système des pensionnats, qu'il a qualifié de "catastrophique", a reconnu que la "charité chrétienne" était "présente" et qu'il n'y avait "pas quelques cas exemplaires de dévouement aux enfants".

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  • 7 bienheureuses martyres espagnoles victimes des "Rouges" en 1936 (27 juillet)

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    D'Evangile au Quotidien :

    BBses Raymonde Fossas Romans et consœurs

    MARTYRES († 1936)

    Fête Le 27 Juillet

    BBses Ramona Fossas Románs, Adelfa Soro Bo,
    Reginalda Picas Planas,Teresa Prats Martí,
    Ramona Perramón Vila, Rosa Jutglar Gallart,
    Otilia Alonso González. Martyres le 27 juillet 1936

    Le 28 octobre 2007, le card. José Saraiva Martins, Préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints, représentant le Pape Benoît XVI, a présidé, à Rome, la Messe de béatification de 498 martyrs des “persécutions religieuses” de la guerre civile espagnole. Ces catholiques ont été tués dans diverses circonstances en 1934, 1936 ou 1937 ; parmi eux il y avait deux évêques, vingt-quatre prêtres, quatre cent soixante-deux religieux, trois diacres ou séminaristes et sept laïcs qui « versèrent leur sang pour rendre témoignage de l'Evangile de Jésus Christ…soient dorénavant appelés du nom de bienheureux et que leur fête soit célébrée chaque année le 6 novembre dans les lieux et selon les modalités établies par le droit. » (>>> Lettre du Pape Benoît XVI).

     Commémoration propre à l’Ordre en date du 26 juillet

    Ramona Fossas Románs, naît à Ripoll (Gérone) le 1er novembre 1881. Elle fréquente le collège des Carmélites de la Charité. À 19 ans elle perd son père, et étant l’aînée de 4, elle aide sa mère dans son travail de modiste. Elle visite les pauvres et les malades, chez eux ou à l’hôpital. Elle entre chez les Dominicaines de l’Anunciata le 6 juillet 1903. Elle appartient aux communautés de Vic, Villanueva de Castellón (Valencia), Valencia, Sant Viçens de Castellet (Barcelone), Játiva (Valencia), Castell del Remei (Lérida), Gérone, Pineda de Mar, Canet de Mar, monastère de Montserrat, et Barcelone-Trafalgar, comme prieure dans les trois derniers.

    Le 27 juillet 1936 les persécuteurs ordonnent aux sœurs Ramona Fossas, Adelfa Soro, Teresa Prats, Otilia Alonso et Ramona Perramón de sortir de leur couvent de la rue de Trafalgar, pour interrogatoires. Ils déployèrent la plus grande insistance pour qu’elles apostasient leur foi, abandonnent la profession religieuse et accèdent à leurs propositions malhonnêtes, mais elles répondirent avec une sérénité et une foi invincibles. Sous prétexte de les ramener au couvent, ils les firent monter dans un camion, qui prit la direction de la montagne du Tibidabo. Passé le village de Vallvidrera, ils les firent descendre du véhicule et les fusillèrent une à une. Mais deux d’entre elles survécurent quelques heures et purent raconter leur « passion ». La sœur Fossas avait 54 ans.

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  • Canada : l'intox du "pensionnat de l'horreur"

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    Du Salon Beige :

    Kamloops, le pensionnat de l’horreur : c’était une intox

    Les médias affirmaient avec assurance que le nombre de décès d’élèves des pensionnats canadiens, estimé à 3 201, allait bientôt doubler, voire tripler. Un éditorialiste est allé jusqu’à déclarer que “la découverte des tombes des enfants à Kamloops pourrait être le moment de l’Holocauste au Canada”. Partout, on a assisté à des actes d’expiation publique, et de nombreuses célébrations de la fête du Canada du 1er juillet ont été annulées, voire transformées en moment de repentance.

    Cela fait maintenant 14 mois que l’annonce a été faite au sujet des tombes présumées et aucune preuve physique n’a été déterrée. Pas de tombes. Pas de cadavres. Aucun reste humain. Le texte de l’article indiquait notamment que “les restes de 200 personnes, principalement des enfants, ont été découverts dans des tombes non marquées sur les terrains d’un ancien pensionnat en Colombie-Britannique”, ce qui était totalement faux.

    Selon le Centre canadien de vérité et réconciliation, 51 élèves sont décédés durant les 80 ans d’existence du pensionnat. Grâce aux recherches de l’historien Jacques Rouillard, on connaît maintenant les lieux de sépulture de plus de la moitié de ces enfants. Quatre d’entre eux sont inhumés à Kamloops dans le cimetière de leur réserve situé non loin du pensionnat, ce qui fait douter de l’existence d’un autre lieu de sépulture secret. Vingt-quatre autres enfants sont enterrés dans le cimetière de leur propre réserve. L’historien a pu consulter les certificats de décès conservés dans les registres d’état civil de la province. Ces enfants n’ont donc pas disparu. Comment croire alors que les dépouilles de 200 enfants aient pu être enfouies près de l’école, à l’insu des familles ?