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Ethique - Page 176

  • RDC : Bulu-bulu na bango

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    Violences, corruption, anarchie et instabilité  (même sous le règne autoritaire du « Maréchal »), ruine économique et sociale : au fond rien n’a changé depuis l’effondrement des structures de l’Etat congolais quatre ou cinq jours après que son tuteur belge lui eût jeté l’indépendance à la figure le jeudi 30 juin 1960. Soixante ans plus tard, les élections truquées par un deal inopérant conclu entre les deux fistons des papas Laurent Kabila et Etienne Tshisekedi perpétuent la tradition du poto-poto national. Christophe Rigaud (*) fait le point sur le site Afrikarabia :

    Kabila Tshisekedi 400x225_929973.jpg« Œil pour œil, dent pour dent. Cela fait maintenant plusieurs mois que Félix Tshisekedi et Joseph Kabila sont à couteaux tirés, et passent pas le plus clair de leur temps à se mettre des bâtons dans les roues. Le premier cherchant à grignoter un peu de pouvoir à un FCC tout puissant, et le second tentant de récupérer par tous les moyens le fauteuil présidentiel en 2023. Depuis son arrivée à la tête de la RDC en janvier 2019, Félix Tshisekedi ne démérite pas pour tenter de barrer la route à l’hégémonie du FCC sur les institutions congolaises et use de toutes ses prérogatives, quitte à composer un peu avec la Constitution.

    CENI,justice,armée…Tshisekedi tente de peser

    Lorsque le FCC veut imposer le très contesté Ronsard Malonda à la tête de la Commission électorale (CENI), Félix Tshisekedi bloque sa désignation. Lorsque que des députés pro-Kabila présentent une réforme électorale censée caporaliser les magistrats par le ministre de la justice FCC, le président Tshisekedi obtient la démission dudit ministre et réussit à retarder l’examen du projet loi. Dans l’armée, où les relais de Joseph Kabila sont encore omniprésents, le nouveau chef de l’Etat parvient à écarter John Numbi, un proche de l’ancien président, et à mettre sous les verrous le colonel Christian Ngoy, soupçonné d’avoir participé au double assassinat de Floribert Chebeya et Fidèle Bazana.

    Cet été, Félix Tshisekedi a également voulu faire le ménage au sein de la très stratégique Cour constitutionnelle qui reste, avec la CENI, les deux organes d’organisation et de contrôle des élections de 2023. Le président nomme deux juges de la Constitutionnelle, proches de l’ancien président Kabila, à la Cour de cassation alors qu’ils exerçaient encore leurs mandats. Une permutation très politique qui a provoqué l’ire du FCC, mais aussi de l’opposant Martin Fayulu, qui a accusé Félix Tshisekedi de « trahison » pour avoir « violé la Constitution ».

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  • Rencontre du pape avec une association LGBT

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    De Loup Besmond de Senneville sur le site du journal La Croix :

    Le pape rencontre une responsable d’une association de chrétiens LGBT

    Les faits 

    Le pape François s’est brièvement entretenu, mercredi 16 septembre après l’audience générale, avec la mère d’un homme homosexuel de 40 ans qui « a quitté l’Église parce qu’il ne se sentait pas accueilli ».

    « Le pape aime vos enfants comme ils sont, parce qu’ils sont tous enfants de Dieu. » C’est ce qu’a affirmé François, mercredi 16 septembre à l’issue de l’audience générale, où il s’est brièvement entretenu avec Mara Grassi, l’une des responsables de l’association catholique Tenda di Gionata (« La tente de Jonathan »), qui regroupe des personnes homosexuelles et leurs proches.

    Alors que Mara Gassi, foulard arc-en-ciel autour du cou, lui parlait de son fils homosexuel de 40 ans qui « a quitté l’Église parce qu’il ne se sentait pas accueilli », le pape a répondu : « l’Église aime vos enfants tels qu’ils sont », selon des propos rapportés par plusieurs journaux italiens.

    « Je voulais dire au pape que ce que nous avons compris, c’est que l’Église doit faire en sorte que beaucoup d’autres parents comme moi le comprennent, afin qu’ils ne souffrent pas comme j’ai souffert », a expliqué cette femme dans un entretien accordé au quotidien La Repubblica.

    Expériences difficiles

    En tout, une quarantaine de membres de l’association, tous parents d’enfants homosexuels, assistaient à l’audience dans la Cour Saint Damase, au Vatican. Mara Grassi a remis au pape un livre intitulé « Genitori fortunati » (« parents chanceux », en français), spécialement traduit en espagnol pour l’occasion, qui recueille des témoignages, faisant parfois état d’expériences difficiles, de parents dont les enfants sont homosexuels.

    → EXPLICATION. Propos du pape sur l’homosexualité : pourquoi a-t-il parlé de « psychiatrie » ?

    « Dans l’Église du pape François qui veut abattre les murs et construire des ponts d’accueil et de compréhension surtout avec les personnes les plus fragiles et les plus marginalisées, la rencontre de ce matin est apparue à de nombreux parents comme un tournant extraordinaire », commente dans son édition du 17 septembre le quotidien l’Avvenire, le journal des évêques italiens.

    Fondée en 2018, l’association « La tente de Jonathan » a été fondé par un prêtre qui « rêvait » d’« élargir la tente » – une expression présente dans le livre d’Isaïe- pour donner dans l’Église une place aux personnes LGBT.

    Il est évident que les enfants sont des enfants de Dieu, mais ce qui est embarrassant, c'est le contexte idéologique dans lequel cette rencontre s'est déroulée. Le pape portera-t-il le tee-shirt qui lui a été offert à cette occasion (cfr Aleteia.org)? "Les membres de l’association ont également remis au Pape un tee-shirt aux couleurs de l’arc en ciel avec ce message : « Il n’y a pas de crainte dans l’amour » (1 Jn 4, 18)." On imagine en tout cas l'exploitation qui sera faite de cet "évènement" dans les médias acquis à la cause LGBT et on ne s'étonnera pas que ce soit déjà chose faite dans les colonnes du journal des évêques italiens. Qui défend encore l'éthique catholique en la matière telle qu'elle est exposée dans le catéchisme ?

    2357 L’homosexualité désigne les relations entre des hommes ou des femmes qui éprouvent une attirance sexuelle, exclusive ou prédominante, envers des personnes du même sexe. Elle revêt des formes très variables à travers les siècles et les cultures. Sa genèse psychique reste largement inexpliquée. S’appuyant sur la Sainte Écriture, qui les présente comme des dépravations graves (cf. Gn 19, 1-29 ; Rm 1, 24-27 ; 1 Co 6, 10 ; 1 Tm 1, 10), la Tradition a toujours déclaré que " les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés " (CDF, décl. " Persona humana " 8). Ils sont contraires à la loi naturelle. Ils ferment l’acte sexuel au don de la vie. Ils ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable. Ils ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas.

    2358 Un nombre non négligeable d’hommes et de femmes présente des tendances homosexuelles foncières. Cette propension, objectivement désordonnée, constitue pour la plupart d’entre eux une épreuve. Ils doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse. On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste. Ces personnes sont appelées à réaliser la volonté de Dieu dans leur vie, et si elles sont chrétiennes, à unir au sacrifice de la croix du Seigneur les difficultés qu’elles peuvent rencontrer du fait de leur condition.

    2359 Les personnes homosexuelles sont appelées à la chasteté. Par les vertus de maîtrise, éducatrices de la liberté intérieure, quelquefois par le soutien d’une amitié désintéressée, par la prière et la grâce sacramentelle, elles peuvent et doivent se rapprocher, graduellement et résolument, de la perfection chrétienne.

  • Union Européenne : les manoeuvres des pro-avortement et des LGBT contre la liberté religieuse

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    De Luca Volonte sur le site de la Nuova Bussola Quotidiana :

    L'UE, les manœuvres des pro-avortement et des lgbt contre la liberté religieuse

    16 septembre 2020

    La lettre du 14 septembre, adressée au commissaire Schinas et publiée exclusivement par la Nuova Bussola, est signée par 48 députés européens de l'EPF (dont quatre belges). Elle montre le travail constant contre la confirmation de Jan Figel comme envoyé spécial et contre le bureau pour la liberté religieuse lui-même. Pour les signataires, cette liberté est un obstacle à l'avortement et aux droits des LGBT, et sa protection doit leur être subordonnée, ce qui en fait l'une des tâches du représentant spécial pour les droits de l'homme. Cette position coïncide avec celle exprimée par Bruxelles le 4 juin et porte atteinte à la crédibilité de l'UE.

    LA LETTRE COMPLÈTE

    Ils sont pro-avortement et pro-Lgbt et veulent bloquer la nomination du nouvel Envoyé spécial pour la liberté religieuse dans le monde et pour opposer leur veto au bon Jan Figel qui occupait ce poste jusqu'à l'année dernière. Le document exclusif que nous publions, une lettre datée du 14 septembre, jette de nouvelles sombres lumières sur l'hostilité complice à l'égard de la liberté religieuse en Europe et manifestent la violence anti-chrétienne des avorteurs européens. Que reproche-t-on à Figel ? D'avoir promu la liberté religieuse au lieu de l'avortement et des "droits" Lgbt. Nous sommes dans la folie totale.

    En juin, nous avons fait écho à la position déconcertante de la Commission européenne (voir ici), qui, en réponse à un appel lancé le 30 avril par des centaines d'organisations et de dirigeants religieux du monde entier et de toutes les religions, a répondu laconiquement qu'elle avait "pris la décision de ne pas procéder à la nomination de l'envoyé spécial" pour la liberté religieuse dans le monde, mais que la liberté religieuse restait "une priorité". Un mois plus tard, le 8 juillet, la vice-présidente de la Commission, Margaritis Schinas, commissaire chargée de la promotion du mode de vie européen, a annoncé sur Twitter que la Commission avait décidé de "renouveler le poste d'envoyé spécial pour la promotion de la liberté de religion ou de conviction en dehors de l'UE (...) la nomination à venir montre notre détermination (...)". (voir ici).

    Depuis ce moment, un silence obscur est tombé, que nous avons dénoncé le 22 août dernier, lorsque nous avons évoqué de nombreuses initiatives des "mauvais" pays de l'Est et l'attitude constante de Bruxelles (voir ici).

    La lettre des 48 pro-avortement de l'EPF (European Parliamentary Forum, une organisation liée à la multinationale de l'avortement IPPF) "explique" les raisons du retard et révèle les complots ourdis ces derniers mois. Dans leur lettre au vice-président Schinas, les 48 députés européens se disent "préoccupés par le renouvellement du mandat d'un envoyé spécial pour la liberté religieuse". Bien qu'ils soient d'accord sur l'importance de la liberté religieuse à l'intérieur et à l'extérieur de l'Europe, ils estiment qu'elle fait partie des tâches du représentant spécial européen pour les droits de l'homme.

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  • Biden et Trump se disputent les voix des catholiques tout en s'affrontant sur les questions prioritaires

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    De la Catholic News Agency :

    Biden et Trump se disputent les voix des catholiques tout en s'affrontant sur les questions prioritaires

    Washington D.C., 13 sept. 2020

    Les campagnes présidentielles de Biden et de Trump courtisent toutes deux les électeurs catholiques, et les deux campagnes ont fait des efforts pour suggérer qu'elles représentent un engagement envers l'enseignement social catholique. Mais il existe des différences marquées entre les approches des candidats sur les questions que les catholiques disent importantes pour eux dans l'isoloir, en particulier l'avortement.

    Le président Donald Trump a reçu des éloges de la conférence des évêques américains (USCCB) pour certaines de ses politiques, et des critiques pour d'autres.

    L'administration Trump a mis en place des protections de la conscience pour les travailleurs de la santé, a étendu les protections contre le financement par les contribuables des fournisseurs et des promoteurs d'avortements dans le pays et à l'étranger, a mis fin au financement fédéral de la recherche utilisant des tissus fœtaux avortés et a travaillé pour mettre fin à un mandat du gouvernement qui obligeait les médecins à effectuer des opérations de transition de genre à la demande.

    L'administration a offert une aide juridique aux organisations catholiques qui s'opposent au mandat du gouvernement en matière de contraception, notamment les Petites Sœurs des Pauvres.

    Dans le même temps, l'administration Trump a également repris les exécutions fédérales après un moratoire de 17 ans, a réduit le nombre de réfugiés que les États-Unis autorisent chaque année, a séparé les enfants migrants de leurs parents à la frontière entre les États-Unis et le Mexique, et a commencé à expulser les chrétiens chaldéens de la zone métropolitaine de Detroit, ce qui a valu à l'USCCB (United States Conference of Catholic Bishops) des critiques.

    Trump a également été critiqué pour des questions de caractère personnel, une question qui, selon le camp Biden, devrait être au centre de la campagne. Patrick Carolan est directeur de l'action catholique du groupe Vote Common Good, qui fait campagne pour Joe Biden. Les catholiques devraient suivre les conseils de l'évêque Robert McElroy de San Diego, qui a déclaré que "le caractère d'une personne est ce qui est le plus important dans le choix d'un candidat". Carolan a partagé une anecdote concernant un ami qui, selon lui, est catholique et a voté pour Trump en 2016. Après avoir observé l'interaction amicale de Biden avec un garçon bégayant à la Convention nationale démocrate de 2020, Carolan a dit que son ami se souvenait de l'apparente moquerie de Trump envers un journaliste handicapé en 2015. Il a reconsidéré son candidat préféré, a dit Carolan. "Parce que dans ces deux cas, Joe Biden est définitivement plus proche du Christ que Donald Trump. Non pas qu'aucun des deux ne soit chrétien", a déclaré Carolan à CNA (Catholic News Agency), avant de souligner à nouveau qu'il "ne suggérait pas que Joe Biden soit chrétien". Les catholiques peuvent blanchir le soutien de Biden à l'avortement, mais l'administration ne sera pas aussi extrême sur la question que les critiques le prétendent, a dit Carolan. "Malgré ce que disent les républicains, Joe Biden n'est pas quelqu'un qui pense que les femmes devraient pouvoir avorter même lorsqu'elles sont en train d'accoucher", a déclaré Carolan. Une administration Biden, a-t-il dit, serait "prête à discuter" de politiques qui réduisent les avortements.

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  • Euthanasie : pourquoi Alain Cocq n'intéresse plus les médias

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    De Benedetto Frigerio sur La NBQ, traduction de "Benoît et moi" :

    Cocq, sponsor de l’euthanasie, ne veut plus mourir.

    11 septembre 2020

    « Le chemin de la libération commence et, croyez-moi, je suis heureux », avait dit le Français Alain Cocq, 57 ans. C’est ainsi que l’homme avait fait savoir au monde qu’à cause de sa maladie, il se laisserait mourir de faim et de soif. Mais maintenant, il a changé d’avis. Une histoire qui montre beaucoup de vérités cachées par les promoteurs de la mort.

    « Le chemin de la libération commence et, croyez-moi, je suis heureux », avait dit le Français Alain Cocq, 57 ans. Ainsi, comme nous l’avons déjà dit, l’homme avait fait savoir au monde qu’en raison de sa maladie, il se laisserait mourir de faim et de soif. Mais maintenant, il a changé d’avis.

    Cocq avait annoncé qu’il cesserait de se nourrir le 4 septembre dernier: cela faisait 30 ans que le Français, souffrant d’une pathologie qui avait paralysé ses membres inférieurs, luttait pour l’élargissement de la réglementation au sens euthanasique. Lui, qui se présentait toujours seul et sans famille à son chevet, avait fait de ce combat sa raison de vivre en s’associant aux militants radicaux de l’Association pour le Droit à mourir dans la Dignité, qui lui étaient proches comme on l’est d’un sponsor très efficace. Pourtant, à la toute fin de son combat, Cocq a abandonné et a demandé à être à nouveau nourri et hydraté.

    Ainsi, tandis que Marco Cappato (homme politique italien d’exrême-gauche, membre du Parti Radical) l’invitait à mourir en direct sur Facebbok, dernière chance qui lui restait de changer la loi française (évidemment et cyniquement Cappato le fait toujours sur le dos des autres), il a décidé de ne pas mourir. Préférant littéralement sa vie de malade à une telle mort : « Je n’étais plus capable de mener cette bataille ».

    C’est pourquoi, lundi dernier, l’homme a été admis à l’hôpital de Dijon, où il réside. Et si Sophie Medjeberg, vice-présidente de l’association Handi-Mais-Pas-Que, qui a soutenu Cocq dans son combat mortifère, avait déclaré à la presse qu’elle craignait qu’il ait été « emmené à l’hôpital contre sa volonté » (montrant ainsi qu’elle n’avait pas été à ses côtés alors qu’il souffrait de l’absence de soutien vital), il l’a ensuite démenti lui-même, soulignant que tout s’était passé « avec son consentement » et que « dans 7 jours, dans 10 jours au plus, je serai chez moi ». Car, poursuit-il, « il est temps de se remettre un peu et de créer une équipe d’hospitalisation à domicile ».

    Bien entendu, les projecteurs des médias se sont brusquement éteints et certainement pas grâce à Facebook, qui avait interdit à Cocq de montrer la mort par faim et soif, non pas parce qu’il était contre, mais plutôt parce que le fait de la montrer pourrait bouleverser beaucoup de gens sur ce que cela signifie vraiment de mourir ainsi.

    L’affaire montre en effet qu’en plus du mensonge de la « compassion » alimenté par les promoteurs de l’euthanasie, qui utilisent les personnes désespérées comme des chevaux de bataille politiques et les abandonnent ensuite à eux-mêmes dans les heures les plus difficiles, l’idéologie s’écrase souvent contre la réalité. Que la mort par la faim et la soif, méthode par laquelle Eluana Englaro, Vincent Lambert ou Terry Schiavo ont été tués, est une fin terrible. Exactement comme la mère de Lambert, Viviane, l’a déclaré : « Nous avons été obligés d’assister au crime commis sur Vincent. C’était terrible pour nous. Nous sommes bouleversés et en colère ». Et que face à la maladie et à la souffrance, l’homme peut décider qu’il vaut mieux vivre, même s’il pensait autrement auparavant. Enfin, on comprend que les hommes, surtout ceux qui veulent une euthanasie légale, ne craignent pas la souffrance (comme on le dit souvent) mais la mort, c’est pourquoi ils veulent la vivre inconsciemment et sans y penser. Pas étonnant que Cocq, qui l’a vue en face, ait changé d’avis.

    Mais ce qui ressort surtout de cette histoire, c’est combien il est difficile de vivre avec la maladie et d’affronter la mort tant qu’on pense en termes d' »autodétermination », car la seule façon de le faire est une compagnie qui vous aide à les accepter et qui veut vous accompagner jusqu’au bout, comme le disent ces quelques mots d’un homme qui, après une bataille qui a duré des décennies, a décidé en quatre jours seulement que maintenant « il est temps de se remettre un peu et de créer une équipe d’hospitalisation à domicile ».

  • Derrière le masque : le triomphe de l'individualisme le plus sournois

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    De Philippe Maxence sur le site de l'Homme Nouveau :

    Notre quinzaine : Le masque et le prochain

    Désormais, nous sommes donc appelés à être masqués en permanence. C’est le cas dans beaucoup de grandes villes de France et, sans nul doute, cette obligation va s’étendre à l’ensemble du pays. Masqués au travail ; masqués dans la rue ; masqués dans les transports en commun ; masqués dans les églises ; masqués lors des réunions amicales ou les rencontres sportives, les sorties scoutes et les concours de pétanque. Masqués encore et toujours ! C’est la nouvelle litanie de notre époque, la « prière » publique du laïcisme hygiéniste qui, chaque jour, s’élève pour conjurer le mal.

    Qu’il faille lutter contre la Covid-19, personne n’en disconvient. Que le port du masque fasse partie de l’attirail de protection, nous sommes tout prêts à le croire. Depuis longtemps, l’ensemble du personnel hospitalier travaille ainsi. Mais, désormais, la maladie n’est plus le seul adversaire. Notre prochain devient un suspect en permanence, un ennemi en puissance, un danger perpétuel. Nous ne sommes pas seulement devant l’extension du domaine de l’hygiène à l’ensemble de la vie sociale, la transformation du pays en un vaste hôpital permanent. Plus profondément, nous sommes confrontés à une mise en cause particulièrement pernicieuse de la nature sociale de l’homme. Derrière le masque, dont l’utilité n’est pas remise en question tant qu’il s’agit de protéger les personnes âgées ou celles particulièrement fragiles, se profile en fait le triomphe de l’individualisme le plus sournois. L’ennemi, c’est l’autre. À défaut de pouvoir l’éliminer, il s’agit de s’en prémunir.

    Un horizon qui se rétrécit

    Faut-il s’en étonner ? Pas vraiment ! Une société fondée sur le primat de l’individu (au sens strict, donc, une non-société) ne peut avoir pour horizon que la recherche effrénée du plaisir et des biens matériels qui le procurent. Le philosophe Claude Polin le remarquait déjà naguère : « Quand on n’a d’autre maître que soi, on n’a d’autres maîtres que ses passions1. » Celles-ci constituent la règle ultime, la seule loi qui s’impose vraiment. Et elles ne s’épanouissent vraiment que dans la recherche des biens matériels dont la possession révèle le plus l’individu à lui-même. J’accumule, je profite, je jouis, donc je suis !

    Mais, confronté aux conséquences d’un virus qui lui échappe, l’individu voit son horizon se rétrécir. Tout d’un coup, la mort se rappelle à lui. Gommée de ses préoccupations quotidiennes, renvoyée dans ses foyers au nom des victoires du progrès, elle s’est pourtant à nouveau présentée sans carton d’invitation. Détachée de toute portée eschatologique, il s’agit d’une mort creuse, vide, sans raison ni espérance.

    Elle avait pourtant déjà frappé et marqué les esprits lors des attentats terroristes islamistes de 2015. Le 2 septembre s’est justement ouvert le procès des attaques contre Charlie Hebdo, une policière à Montrouge et l’Hyper Cacher de Vincennes. Il devrait se tenir jusqu’au 10 novembre prochain. Là aussi, l’effroyable ravage de la mort avait sidéré nos contemporains, les laissant sans autre recours que de manifester en se réclamant du nom d’un journal satirique, au point que le sociologue Emmanuel Todd avait parlé de « fièvre Charlie ». Nous avions alors analysé cette situation en faisant appel à des voix hors du politiquement correct, de France et de l’étranger, dans un petit livre collectif qui n’a finalement rien perdu de sa pertinence2.

    Du travail pour plusieurs générations

    Sidération face aux attentats terroristes ou réactions à la Covid-19, ces situations révèlent finalement la faillite de la civilisation matérialiste issue de la modernité ! À force d’aller contre la Création et donc le Créateur, de nier les exigences de la nature humaine, elle semble n’avoir d’autres recours que de se prémunir de l’autre sous prescription étatique. On semble arriver au bout de la logique individualiste : de son exaltation à la réduction de l’autre au rang d’ennemi. La modernité dans sa phase tardive agonise. Nous ne nous en plaindrons pas. Le matérialisme ne suffit plus à calmer les angoisses du monde. À vrai dire, ce n’est pas nouveau. Et, nous, que faisons-nous ? Les chrétiens peuvent-ils se contenter de rester masqués dans l’attente de la fin de cette civilisation ? Il est plus que temps de prêcher à nouveau l’espérance chrétienne, de redire la vérité sur les fins dernières, de redonner le Christ aux hommes. Il est plus que temps de recréer aussi les exigences d’un ordre juste offrant cette tranquillité permettant à l’homme de parvenir à sa vraie fin. Il y a là du travail pour plusieurs générations. Raison de plus pour commencer dès maintenant.

     

    1. Le Totalitarisme, 1982, p. 111.
    2. Face à la fièvre Charlie, Éd. de L’Homme Nouveau, 124 p., 9 €.

  • Avortement : l'intervention de l'Institut Européen de Bioéthique sur le plateau de la RTBF

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    Du site de l'Institut Européen de Bioéthique :

    Réforme de l'avortement en Belgique : l'IEB intervient sur la RTBF

    10/09/2020

    A l'occasion d'un débat télévisé à la RTBF ce lundi 7 septembre, Constance du Bus, juriste à l'Institut Européen de Bioéthique, pointe les défis actuels autour de l'avortement en Belgique. Les situations de détresse des femmes enceintes en difficultés, évoquées dans les rapports de la Commission d'évaluation de l'avortement, posent la question des pressions sociales, économiques et relationnelles à l'origine de la plupart des avortements. 

    Constance du Bus revient également sur l'extension du délai légal pour avorter, telle que prévue par la proposition de loi débattue. L'extension du délai de 3 à 4 mois et demi de grossesse a des implications par rapport à la méthode d'avortement et à la charge psychologique de ce geste pour les professionnels de la santé.

    Un débat avec le Dr Dominique Roynet, médecin au planning familial de Rochefort, et  le Dr Jean-François Legrève, gynécologue-obstétricien à la maternité de Braine-l'Alleud, animé par Julie Morelle.

    Lien vers l'émission : ICI

  • Allemagne : une vidéo publiée par un diocèse appelle à l'abolition de l'enseignement de l'Eglise sur la morale sexuelle

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    De Jan Bentz sur IFamNews :

    Une vidéo scandaleuse publiée par un diocèse catholique allemand appelle à l’abolition de l’enseignement de l’Église sur la morale sexuelle

    Supprimer le terme "morale sexuelle" et accepter "chaque personne avec sa sexualité" - tel est le message de la vidéo, diffusée avec l'approbation de l'Église.

    3 septembre, 2020

    « Examinez et changez l’Église »: sous ce titre, le diocèse d’Essen (en Allemagne de l’Ouest) a publié une vidéo (sur Facebook et YouTube) dans laquelle les employés du diocèse se prononcent en faveur de l’acceptation des « mariages » homosexuels et de l’abolition de l’enseignement moral de l’Église sur la sexualité.

    « Je suis gay, catholique, marié à mon mari depuis 2004 et je travaille pour l’Église catholique depuis 1996. Beaucoup de nos amis demandent toujours: comment est-ce possible? Et, honnêtement, parfois cela me déchire de travailler pour une institution qui me rejette et rejette ma sexualité – notre mariage », déclare Rainer Teuber, membre du personnel du diocèse d’Essen, dans la vidéo.

    Le programme de « Changer l’Église » comprend non seulement l’acceptation des actes homosexuels , mais aussi l’acceptation de la fornication sous forme de cohabitation prénuptiale, ainsi que celle de la communion pour les divorcés remariés.

    « L’Eglise blesse les gens », affirme Sabrina Kuhlmann, conseillère pastorale du diocèse. « Tous ceux qui ne sont pas hétérosexuels; tous ceux qui ne se marient pas mais veulent quand même vivre ensemble; tous ceux dont les mariages ont échoué et qui osent une nouvelle tentative, tous ceux-là ne se conforment pas à la norme de l’Église, aussi fidèles soient-ils. »

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  • La philosophie d’Emmanuel Macron

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    L’inqualifiable loi bioéthique, votée en catimini cet été par l’Assemblée nationale française ( 101 députés seulement sur 557 ont voté le projet de loi bioéthique en 2e lecture, par 60 voix pour, 37 contre et 4 abstentions) oblige à s’interroger sur la philosophie profonde du pouvoir actuel et de son principal responsable, Emmanuel Macron. Un billet de Gérard Leclerc publié sur le site web de « France Catholique » :

    "Même si le président n’apparaît pas directement dans cette affaire gravissime, sa responsabilité n’en est pas moins directement engagée, et c’est bien lui qui a pensé et mûri les lignes directrices d’un programme qui s’impose aujourd’hui en termes législatifs. Ce programme va bien au-delà des options classiques de la politique, il comporte des dimensions que l’on peut appeler métapolitiques, pour ne pas dire métaphysiques. Lorsqu’on évoque des changements de civilisation, on désigne forcément des options qui mettent en jeu notre conception de l’homme, sa nature, sa destinée. Et de ce point de vue, l’on est obligé de constater aujourd’hui des bouleversements qui portent atteinte aux principes même de notre tradition telle qu’elle s’est formée depuis les lois non-écrites d’Antigone, les commandements bibliques et la charte des béatitudes évangéliques.

    On est en droit d’interpeller Emmanuel Macron à ce propos. Quels sont ses choix philosophiques, en fonction de quelle doctrine se détermine-t-il pour formuler ses réformes aux enjeux anthropologiques évidents, celles que l’on appelle « sociétales » ? On ne saurait, sur un tel sujet, en rester à des intuitions partielles ou des impressions lacunaires. La pensée du président de la République, qui se veut absolument novateur par rapport à ses prédécesseurs et aux systèmes idéologiques en cours, se doit d’être analysé avec rigueur. C’est pourquoi on sait gré au professeur Frédéric Rouvillois d’avoir entrepris ce travail indispensable, avec le mérite d’aller jusqu’au bout, c’est-à-dire de mettre en évidence ce qu’on pourrait appeler un credo personnel. L’auteur défend une thèse, celle de l’étroite connivence de l’intéressé avec le saint-simonisme, cette idéologie du XIXe siècle, qui a tant marqué les esprits et s’offre comme un système complet d’interprétation du monde, avec y compris ses aspects religieux. Saint-Simon se voulait inventeur d’un nouveau christianisme.

    Sans doute peut-on se demander si notre président adopte des conclusions aussi extrêmes. Mais Frédéric Rouvillois nous oblige à envisager très sérieusement la question avec sa lecture acérée du fameux discours des Bernardins. Les catholiques eux-mêmes n’ont-il pas été bercés par ce discours, d’ailleurs admirablement écrit par une plume experte, par tout ce qu’il comportait de bienveillance et d’éloge à l’égard de leur foi. Mais justement, notre auteur se charge de démontrer combien l’orateur enfermait ses auditeurs dans un piège redoutable. Ce christianisme dont il faisait l’éloge n’était-il pas, sous des aspects essentiels, dépassé par l’évolution générale ? Macron rejoignait ainsi le saint-simonisme dans sa prétention à assumer un devenir auquel toutes les religions du passé ne sauraient prétendre. Dans son essai intitulé Révolution, et qui formule ses convictions dans la bataille électorale, il est radical dans l’énoncé de sa certitude : « Dans les temps qui sont les nôtres, il est nécessaire de placer l’amour de nos projets communs, la République et le respect des autres, la morale des droits, au-dessus de nos croyances quelles qu’elles soient. » Autrement dit, même le christianisme ne saurait apporter de lumière et de solutions décisives aux questions actuelles de civilisation. C’est pourquoi, assène Macron dans son discours des Bernardins, « la voie de l’Église ne peut être injonctive (…). Elle ne peut dès lors être que questionnement. »

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  • Euthanasie en direct sur facebook, un scénario écrit à l'avance

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    De Tommaso Scandroglio sur La NBQ, traduction de "Benoît et moi" :

    Euthanasie en direct sur facebook, un scénario déjà écrit

    7 septembre 2020

    Le cas d’Alain Cocq, le Français immobilisé dans son lit qui, ne pouvant obtenir l’euthanasie légalement, a déclaré vouloir se laisser mourir en direct sur Facebook, respecte un canevas qui a fait ses preuves dans les combats idéologiques. Cocq est un militant pro-mort qui se bat depuis 30 ans pour obtenir l’euthanasie et aujourd’hui rendre la loi française plus permissive. Son histoire n’est donc pas seulement un cas d’euthanasie, mais aussi et surtout l’exécution d’un protocole de caractère culturel-opérationnel bien étudié et bien préparé afin d’atteindre certains objectifs précis.

    Histoire d’une nouvelle euthanasie [en français dans le texte]. Alain Cocq, résidant à Dijon, souffre depuis des années d’une pathologie grave très rare qui, depuis un certain temps , l’immobilise dans son lit. A présent, il a décidé de débrancher la prise.

    Cependant, aux termes de la loi, ce désir funeste ne peut être satisfait. En fait, la loi Claeys-Leonetti de 2016 autorise « une sédation profonde et continue jusqu’à la mort », mais seulement si certaines conditions sont remplies, notamment la présence d’une pathologie incurable – et le tableau clinique de Cocq pourrait répondre à cette exigence – et l’imminence de la mort, condition absente dans le cas de notre homme de 57 ans. Entre parenthèses: chez nous, Cocq aurait déjà trouvé la mort grâce à l’application de la loi 219/17. Comme il ne peut être tué légalement, Cocq aura recours au bricolage : il se laissera mourir de faim et de soif.

    Alain Cocq est un militant pro-mort. Symbole de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité, il s’est rendu en fauteuil roulant à la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg en 1993 et a parcouru la France pour tenter de rendre la loi française sur la fin de vie encore plus permissive. En somme, il a utilisé son cas malheureux comme une arme pour accroître l’accès aux chambres mortuaires des hôpitaux.

    D’où la volonté de construire une affaire médiatique autour de sa personne.

    D’où la décision d’écrire au président Emmanuel Macron pour que quelqu’un l’aide à fermer les yeux pour toujours. Le président, avec cette tristesse typique de ceux qui ont les mains liées, a tweeté: « Avec émotion, je respecte son approche ».

    Pour sa part, Cocq a fait le grand saut et, en véritable martyr de la cause de l’euthanasie, il a commenté : « Mon état s’aggrave de plus en plus. Je suis dans une phase où je n’ai plus de vie ». Et il a ajouté : « Je veux montrer qu’en France, on ne peut pas mourir dans la dignité ». Et comment va-t-il le montrer ? En se montrant sur Facebook et en diffusant en direct sa lente agonie jusqu’à la mort par famine. Aux experts, la réponse à la question de savoir si cela est légalement autorisé.

    Nous, par contre, nous tenons à souligner combien l’histoire de Cocq respecte un canevas désormais consolidé dans des combats idéologiques.

    • Tout d’abord, nous avons toujours une loi qui nous permet de pratiquer l’euthanasie, l’avortement, d’accéder à l’insémination artificielle et à la maternité de substitution, de faire des expériences sur les embryons, de divorcer, de contracter un « mariage » gay, de « changer » de sexe, de faire taire ceux qui défendent la vérité. Donc, des règles qui légitiment le mal, mais pas de manière absolue. Dans ces lois, en effet, certaines contraintes juridiques subsistent, vestiges ténus d’une époque où tous ces comportements étaient interdits. D’où la volonté de certains d’éliminer ces enjeux en dépeignant le droit – injuste au regard du droit naturel – comme injuste au regard des droits civils. Une mauvaise loi parce qu’elle n’est pas assez mauvaise.
    • A ce stade, la stratégie prévoit le concours des juges pour autoriser ce que la loi ne veut pas autoriser, car les lois commandent et interdisent jusqu’à ce que les magistrats en décident autrement. Si, en revanche, les juges tergiversent, il faut se présenter à l’opinion publique comme des victimes du système judiciaire, des martyrs du système législatif qui vont jusqu’à être contraints de donner leur vie (voir l’affaire Cocq) ou de risquer leur liberté pour faire triompher la cause.
    • L’étape suivante consiste à exécuter précisément les comportements interdits par la loi (par exemple, le suicide assisté) soit dans un pays étranger, soit dans le pays d’origine. Dans les deux cas, le délinquant ne sera jamais poursuivi car, dans le sentiment populaire et dans la jurisprudence, ce ne sera pas le choix du pauvre homme qui, par exemple, veut s’ôter la vie, mais la loi qui, comme nous l’avons déjà dit, est injuste, mauvaise et inhumaine en raison de ses lacunes.

    À ce stade, l’illégitimité de fait génère magiquement une conduite légitime de jure, en ce sens que le cas humain devient un instrument pour orienter idéologiquement les consciences des politiciens et rendre encore plus laxiste une loi qui, en ce qui concerne le mal moral, était déjà abondamment élargie auparavant. Cela explique, par exemple, la mise en spectacle de la mort en direct sur les réseaux sociaux, qui sont une caisse de résonance nécessaire pour être entendu y compris dans les salles du Parlement.

    L’affaire Cocq n’est donc pas seulement un cas d’euthanasie, mais c’est aussi et surtout l’exécution d’un protocole de nature culturelle-opérationnelle bien étudié et bien préparé pour atteindre des objectifs précis.

  • Elections américaines : Donald Trump pourrait-il être réélu ?

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    De Thierry Boutet sur Smart Reading Press :

    DONALD TRUMP PEUT-IL ÊTRE RÉÉLU ?

    La campagne pour l’élection présidentielle américaine entre dans sa dernière ligne droite. Le 20 août avait lieu la Convention démocrate, désignant sans surprise Joe Biden comme candidat du Parti. Le 25 août, Donald Trump était officiellement investi par le Parti républicain. Pour la plupart des médias français et pour les grands médias américains, Donald Trump devrait être battu. Mais faut-il se fier aux indications des sondages ?

    Selon les agrégateurs de sondages de septembre 2019 à aujourd’hui, le candidat à la primaire démocrate, Joe Biden, a un retard de votes moyen de 7,5 points (de %) par rapport au président sortant Donald Trump, le candidat républicain. Cet écart suffira-t-il pour que Trump l’emporte ? Plusieurs raisons suggèrent d’être prudent sur le pronostic.

    L’INCONNUE DES SONDAGES

    En premier lieu, il convient d’être circonspect sur les sondages. Le système électoral américain n’est pas le système français. Il est indirect. Dans chaque État, les Américains désignent des grands électeurs, au total 360. Ce sont eux qui, en définitive, élisent le Président. Or, dans chaque État, le parti dont les grands électeurs arrivent en tête remporte la totalité des voix de l’État, et chaque État n’a pas le même nombre de grands électeurs. À ce compte, il est possible d’être majoritaire en voix et de perdre l’élection. Ainsi, à la même époque en 2016, Hillary Clinton avait dans les sondages 6 points d’avance sur Donald Trump. Elle a remporté le vote populaire avec 2,1 points d’avance, mais cette avance en voix ne lui a pas permis d’obtenir la majorité du vote des grands électeurs, et Donald Trump a été élu Président.

    C’est donc le nombre de grands électeurs qui importe pour le résultat final, et non le nombre de voix de citoyens. Or les chiffres de sondages dont on dispose et qui sont communiqués par les médias permet un pronostic sur le nombre de voix, pas sur celui des grands électeurs. Pour extrapoler le nombre de grands électeurs à partir du nombre de voix, il faudrait avoir des sondages États par État réalisés dans des conditions identiques. Ceux dont on dispose ne permettent donc pas de donner un pronostic précis. Des écarts relativement importants peuvent se produire. Même si la cote de popularité de Donald Trump est basse (38 % selon Gallup), des surprises sont encore possibles.

    La campagne électorale, déjà perturbée par l’épidémie de Covid, va entrer dans une phase très dure. À 77 ans, Joe Biden n’est pas dans une forme olympique et n’est pas le meilleur candidat que les démocrates aient connu. Il est loin d’avoir le charisme de Barak Obama ou l’allant d’Hillary Clinton. À cela s’ajoute la situation économique et sociale des États Unis. D’un point de vue économique et financier, le bilan de Trump est loin d’être catastrophique pour beaucoup d’Américains. En revanche, depuis l’affaire Floyd, le pays est en proie à la violence.

    Mais il n’est pas certain que cette situation joue contre Donald Trump. Les classes moyennes n’aiment ni le chaos ni l’insécurité, et elles cherchent spontanément des personnalités fortes. De ce point de vue, Joe Biden ne passe pas pour être un lion, et Donald Trump, malgré sa personnalité clivante, peut en définitive apparaître plus rassurant. Le reflexe sécuritaire peut jouer sur une fraction de l’électorat et, comme le résultat risque de se jouer dans un mouchoir de poche, il peut faire basculer l’élection.

    LE VOTE DES CATHOLIQUES

    L’un des autres facteurs importants du résultat sera le vote des catholiques. Ils sont 70 millions et représentent 28 % de la population américaine. Ils votent aussi plus que la moyenne des Américains. En cas de forte abstention, leur vote pèse donc d’autant plus lourd.

    EWTN News/RealClear Opinion Research vient de publier le deuxième de ses quatre sondages sur le vote des catholiques en vue de l’élection de 2020. Il donne une image assez précise de l’opinion catholique américaine. Celle-ci, comme en France, n’est évidemment pas homogène. Entre les catholiques qui acceptent l’enseignement de l’Église, les catholiques pratiquants et engagés, et les catholiques culturels, il existe de notables différences, y compris politiques.

    Le vote des catholiques est d’autant plus favorable à Donald Trump que la pratique religieuse et l’adhésion à l’enseignement de l’Église est fort. Il reste que, globalement, 47 % des catholiques auraient aujourd’hui une opinion favorable de Donald Trump. Ils n’étaient que 44 % en novembre 2019 selon le même institut. 34 % affirment que leur choix est définitif et 12 % d’indécis estiment qu’ils le feront probablement, contre 10 % qui estiment que c’est peu probable et 36 % qu’ils ne le feront jamais. Parmi les plus fervents, environ les deux tiers des catholiques (63 %), un chiffre très élevé, approuvent le Président sortant, et 53 % sont déjà décidés à voter pour lui. C’est dire si le vote des catholiques, surtout si on y ajoute celui des protestants conservateurs, sera déterminant.

    Rien de surprenant à cela : sur toutes les questions sociétales, l’enjeu est de taille. Aucun Président des États-Unis n’a été aussi pro life que Trump. Depuis le début de son mandat, il n’a pas cessé de soutenir, contre l’intelligentsia, les médias et les universités, le combat de tous ceux qui se battent pour le respect de la dignité de la personne de la naissance à la sénescence et le respect de la différence homme/femme fondée sur le sexe biologique.

    En définitive, le 3 novembre prochain, les Américains, qu’ils soient croyants ou non, ne choisiront pas seulement entre deux politiques étrangères ou deux politiques économiques, mais entre deux visions de l’Homme. Jamais, dans l’histoire des États-Unis, les questions éthiques et culturelles n’ont été liées à ce point au débat politique. Quoi que l’on pense de la personnalité de Donald Trump ou de celle de Joe Biden, la portée de l’élection présidentielle sera considérable pour la société américaine. Bon nombre d’Américains le savent, ce qui explique l’âpreté de la lutte et l’incertitude sur son issue.

    Thierry Boutet

    Lire également : CE QUE LES CATHOLIQUES DOIVENT SAVOIR SUR LE PROGRAMME DE JOE BIDEN

  • La pratique des mères porteuses devant la Cour européenne des droits de l'homme

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    Du site de l'Institut Européen de Bioéthique :

    La pratique des mères porteuses devant la Cour européenne des droits de l'homme

    03/09/2020

    La gestation pour autrui (GPA) pose de nombreuses et délicates questions sur le plan juridique, en particulier sur le plan du lien de filiation avec le père biologique ou la mère d'intention.

    La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a eu l'occasion de se prononcer à plusieurs reprises, ces dernières années, au sujet de la pratique de la GPA, du point de vue de son articulation avec les droits fondamentaux, en particulier le droit au respect de la vie privée et familiale.

    L'Institut Européen de Bioéthique vous propose une synthèse de la jurisprudence de la CEDH publiée à ce jour sur cette question : 

    Cour européenne des droits de l'homme & Gestation pour autrui